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 (priance) divines idylles
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Sujet: (priance) divines idylles Jeu 1 Juin - 11:01 ()

Priance

why do we fall


il y avait dans le ciel d’étranges stries d’un orange profond, presque angélique. les courbes abruptes de nuages fantomatiques se peignaient de rose, de jaune et de violacé dans une incessante valse colorée, comme si chaque teinte avait entamé un éternel combat pour la domination. perché sur le bord de son balcon, il observait en silence paris la merveilleuse s’endormir en rythme avec le chant décadent des rats volants et du doux refrain des bagnoles embouteillées. quel spectacle désolant. il jeta un coup d’oeil en bas de son immeuble. on avait entassé les poubelles les unes sur les autres, tagué l’immeuble d’en face dans la journée et la rue ressemblait à un hôtel pour jeunes tarés. chaos poussa un long soupir. qu’avaient-ils fait de son monde adoré, les hommes? qu’avaient-ils fait à la mère terre, les hommes? en tendant l’oreille, ils auraient pu entendre ses cris macabres, sa douleur sans fin. qu’avaient-ils fait de cette terre, les hommes? rien d’autre qu’un vieux tas de cendre bon à jeter.
« chéri, j’allume la télé ? » oui, vas-y. calliope se dédiait à ses affaires de bonne femme irréprochable tandis que priam s’affalait sur le canapé en cuir noir qu’elle avait visiblement ciré la veille. le sofa avait reculé de quelques centimètres lorsqu’il vint le rencontrer, comme si tout le poids du monde s’y était déchargé en même temps que lui. grognement de la part de madame. « et merde priam, combien de fois je t’ai dit de … » - « ne pas me jeter dans le canapé sinon ça raye ton précieux foutu parquet. je sais, c’est bon. » elle ne dit rien pendant un instant - peut-être se préparait-elle à s’excuser, comme toujours, d’une faute qu’elle n’avait pas commise. il l’entendit reposer son tube de crème de nuit sur l’étagère en verre au dessus du lavabo. là, elle devait sans doute se fixer dans le blanc des yeux en hésitant à dire quoi que ce soit de supplémentaire. oh ç’aurait été une erreur fatale. « comprend moi, je passe des heures à m’occuper de ce parquet et de ces foutus meubles. » vide intersidéral, ses tympans ne répondaient plus présents. il voyait ses lèvres remuer frénétiquement en expliquant sans doute à quel point elle se crevait à prendre soin de cet appartement, à quel point elle l’avait chéri pendant son absence et comment elle avait besoin qu’il respecte cette implication, ce coeur qu’elle mettait à l’ouvrage. « j’ai besoin de prendre l’air. »
« reviens-moi vite. »

il avait, en fouillant les papiers de son hôte, découvert l’existence d’une petite propriété familiale sur la côte ouest du pays dont il avait hérité. un microcosme éloigné de la frénésie de paris et de toutes les complications qu’elle impliquait. un petit bout de vide, un petit bout de tout où le monde semblait peut-être plus beau à ceux qui osaient en fouler les terres. il avait roulé toute la nuit, sans fermer une fois l’oeil. il avait roulé à vive allure sur des petites routes de campagne, armé d’une carte qu’il peinait à décrypter. il s’était arrêté plusieurs fois sur le bas-côté pour suivre du bout du doigt les chemins dissimulés dans les fourrés, compter les villages qu’il traversait et vérifier qu’il n’avait percuté aucun animal trop idiot pour ne pas sauter sous ses roues. et il s’était maudit, aussi, de n’avoir pensé qu’à elle, elle, elle et elle à nouveau. parfois il priait pour la voir apparaître sur le siège passager, habillée d’une simple robe blanche et d’un sourire radieux ; comme auparavant. il se serait damné pour une légère caresse dans sa crinière brune, pour quelques mots murmurés à l’oreille, soufflés tout contre sa joue. chaos invoquait un peu plus à chaque instant le fantôme de la discorde et c’était indéniable : elle était une drogue dure dont il était en manque. Le souffle court, les pupilles dilatées et le visage ruisselant, il arriva tôt le matin au port de la rochelle. il voulait réquisitionner le premier bateau et quitter le plus rapidement possible cette terre maudite et hantée par le spectre d’une femme qu’il avait tant aimée.
le moteur ronflait à l’arrière de l’embarcation. l'écume les traquait, défiant les quelques vagues qui heurtaient de plein fouet la proue et faisait quelques fois tanguer le tout. il avait embarqué sur un bateau de pêche, rien de bien extravagant, qui avait accepté de le conduire sur l’île d’aix en échange de quelques sous. ses pensées et ses souvenirs défilaient comme ils s'éloignaient de la côte : rapidement et inévitablement. un noeud au ventre, il se rendit à l'évidence ; garance lui manquait beaucoup trop et l'attente de la revoir lui était insupportable. prisonnier du coeur, quémandant une dernière liche d'attention de sa part, il sentait tout le poids du monde s'abattre sur ses épaules d'un coup sec et brutal. et il avait mal. très mal.

le capitaine sonna la cloche lorsque l'embarcation approcha de l'île. ils flirtèrent avec la pointe saint-eulard et chaos se surprit à apprécier les courbes splendides du morceau de terre pure. quelques enfants passaient à vélo sur les routes fines du bout du monde, les saluant joyeusement au passage. tout respirait le bonheur et la joie de vivre, et chaos n'appréciaient pas tellement le délire. le capitaine lui tapota l'épaule. « si ça vous intéresse, on repasse par aix dans deux jours. on mouillera près du fort de la rade, de l'autre côté de l'île. » le dieu lui adressa un léger hochement de tête en guise de remerciement et mit finalement pied à terre. le vieux ponton ne lui inspirait aucunement confiance ; il remuait un peu plus à chacun de ses pas et menaçait de s'effondrer sous son poids. mais sa priorité était de trouver du réseau, de quoi pouvoir rester malgré tout en contact avec la réalité.


    J'ai besoin de te voir. Le plus rapidement possible, s'il te plaît. Je suis sur l'île d'Aix, dans la propriété familiale de Priam. Rejoins moi.  

il avait envoyé son texto comme on jette une bouteille à la mer, nécessiteux et profondément désespéré. il le voyait déjà traverser la france pour arriver à sa destinataire qui, peut-être, le lirait sans trop y faire attention, verrouillerait son téléphone et l'oublierait une semaine ou deux avant de s'en souvenir et d'en rire. chaos n'oubliait pas à qui il se frottait, mais il n'avait plus peur de s'y piquer. parce que la douleur qu'elle pouvait bien lui infliger lui prouvait qu'il était encore bel et bien vivant.




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Dernière édition par N. Priam Ackerman le Dim 18 Juin - 18:47, édité 1 fois
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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: (priance) divines idylles Dim 11 Juin - 17:01 ()
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J'ai comme envie que ce soit terrible, et que ça se passe juste en bas de chez toi.


J'ai besoin de te voir. Le plus rapidement possible, s'il te plaît. Je suis sur l'île d'Aix, dans la propriété familiale de Priam. Rejoins moi.

Jolis mots en apparats. Jolis mots en éclats, là, quelque part à côté d'une aorte, d'une artère. Ils sont maudits, ces mots, si jolis soient-ils, trop tentateurs et dangereux sous leurs beaux atours. Parce que Priam a besoin de la voir, et qu'elle a besoin de voir Priam... Mais qu'elle ne peut pas, parce qu'il parle, Priam, et qu'elle va devoir le tuer, le Dieu. Ou du moins essayer. Encore et encore. Parce qu'elle va devoir le dénoncer, trahir son secret... Et elle se refuse, à tant de fourberies. Ou peut-être est-ce juste parce qu'elle ne veut pas le partager, pas le révéler. Elle ne veut pas brutaliser l'équilibre précaire sur lequel repose sa vie, ce quotidien nouveau qu'elle a conquis frasque après frasque...

Une heure s'est écoulée, déjà, depuis que les mots contrastés sur l'écran blanc sont venus la frapper. Le téléphone est désormais posé comme un coupable, sur la table basse du salon, dans leur appartement vide qu'elle a rejoint par réflexe, arrachant sa silhouette à la réunion mondaine qui l'occupait toute entière. Une heure, déjà, et elle continue de rôder autour de l'appareil comme une âme en peine, le regard noir et les gestes électriques. Elle s'approche, un peu, recule d'autant, un pas en avant pour deux pas en arrière, à chaque fois. Elle veut mais ne peut pas. Elle aimerait mais se détesterait de le faire. Et le chat s'approche, dès qu'il oublie les violences de sa maîtresse, pour miauler et réclamer sa tendresse. Et le chat repart, presque aussitôt, quand le Monstre dévoile les crocs et menace de le tuer sans équivoque, animal acculé par quelques mots abandonnés.

Le plus rapidement possible, s'il te plaît.

On n'en est plus à une éternité près, tu sais... La lèvre inférieure martyrisée par la porcelaine de ses dents, elle tourne en rond comme une bête en cage, prédatrice aliénée qui n'en peut plus d'avancer, de reculer, de grogner et de tout briser. Les cadres au mur ont volé, ont été éclatés, piétinés. Sans un regard, les escarpins de la belle écrasent leurs visages heureux à l'indécente perfection. Elle voudrait incendier, tout ça. L'appartement, eux, les souvenirs, les réminiscences de son parfum et de sa peau. Son sourire, leurs errances candides et la naïveté de leurs ébats. Elle voudrait tout embraser, pour oublier, pour effacer. Ses mots, ses regards et ses caresses. Sa bouche et ses yeux. L'insolente arrogance de sa mâchoire. Et son nom. Surtout son nom.

Rejoins moi.

Le temps s'allonge, sous la contrariété. Après un quart d'heure de folie pure, la Bête s'apaise et s'assoit, face à la machine et à ses mots, qui brillent toujours en direction du plafond. Elle ne sait pas, pourquoi il fait ça. Pourquoi tu nous fais ça. Quand il serait si simple d'oublier, de tourner la page, de passer à autre chose... Pour ne pas déranger, ne pas déséquilibrer, ne pas sombrer, ne rien gâcher. Quand il serait si simple pour lui d'arrêter, tout simplement... Et elle se rappelle, vaguement, les appels auxquels elle n'a pas répondu, les tiraillements de l'âme qui l'ont invoquée et qu'elle a choisi d'ignorer. Les genoux ramenés contre sa poitrine, d'apparence frêle dans le vaporeux de sa robe blanche et le confort de son gilet en laine gris, elle se sent céder et cherche encore à résister. En vain. La main se tend et s'empare du téléphone, tout maudit soit-il, pour taper deux mots.

Invoque-moi.

*

« Je suis là. », murmure-t-elle si tôt qu'elle le voit, après être apparue dans ce qu'elle se figure être la propriété familiale dont elle ignore tout. Elle est là, la tête haute et le dos droit, juste devant lui. Juste devant toi. Et ses prunelles se fondent aux siennes, sans la moindre pudeur, pour s'emparer de son regard et de son attention, pour une seconde ou pour une heure. La raison de sa venue lui échappe encore, comme celle de sa fuite et de ses silences. Bêtement désarmé devant l'homme qui l'a invoquée, Malphas serre doucement les mâchoires, ramène ses bras contre sa poitrine, comme pour tenter de se dissimuler, de lui masquer l'âme qu'elle le soupçonne de dévisager à travers sa carcasse qui n'est bonne qu'à le désirer.

« Qu'y a-t-il de si urgent ? De quoi as-tu besoin ? »

Et elle demeure interdite, la sale bête, le visage penché et l'air impassible... Et tu sais déjà que tu as gagné, n'est-ce pas ? Puisque je suis là. Puisque tu es là. Sa poitrine se soulève d'un soupir fatigué, las des guerres qu'elle entend mener et dans lesquelles elle se sait déjà échouer. Parce qu'il est devant elle, et qu'il l'appelle quand elle ignore jusqu'à son nom. Et qu'elle est faible, Malphas, désespérément faible sitôt qu'il se tient près d'elle.

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Sujet: Re: (priance) divines idylles Mar 13 Juin - 0:04 ()

PRIANCE

Divines idylles



L’Île faisait ressurgir des démons dont il n’avait plus conscience. Le visage de Garance lui apparaissait sans cesse, mais il ne savait plus s’il voulait l’effleurer du bout des doigts ou l’oublier pour de bon. Il dénombrait ses défauts un à un, tentant de se convaincre qu’il serait sans doute plus sain d’esprit sans elle pour lui susurrer sa propre destruction au creux de l’oreille. Mais Chaos réalisait amèrement qu’après elle, il n’y avait qu’un vide effrayant, froid et solitaire. Ses rêves de vie paisible à ses côtés s’étaient brisés au fil des disputes et des non-dits; peut-être avait-il compris trop tard que jamais un démon ne prendrait sagement la voie qu’il avait décidé d’emprunter et que c’était à lui de marcher silencieusement dans ses pas. La révélation avait été pour lui d’une violence insoupçonnée. Il s’était senti profondément trahi. Par elle. Par eux. Par lui-même. Par sa faiblesse d’esprit et par les sentiments qu’il avait pu développer au fil des années. Sa vengeance serait terrible et il laisserait son terrible courroux s’abattre d’abord sur lui, puis sur les autres. Ils avaient tous tant mérité de souffrir pour lui.
Chaos se rêvait enlacé par le corps chaud de La Femme. Il brûlait d’envie pour ses bras infidèles qui l’avaient tant de fois bercé et réconforté dans ses élans de brutalité. Il voulait parcourir sa peau du bout des lèvres et en redécouvrir les coins les plus secrets, la sentir vulnérable le temps d’une étreinte. Et il la réclamait tristement à la mer, effondré dans le sable blanc. Le dieu voulait tout recommencer, tout effacer d’un revers de la main et recommencer. Juste recommencer. Les plus grandes erreurs de sa vie défilèrent dans son esprit comme une fatalité. Son antique silence. Sa passivité dans l’oubli. Laisser Garance passer après Calliope. Lui mentir, encore et encore, jusqu’à ce que ses mensonges ne le corrompent et ne le submergent. L’Île faisait ressurgir des démons dont il n’avait plus conscience, des élans d’âme sombres qu’il aurait préféré ensevelir à jamais.

*

Invoque-moi.
C’est ce qu’elle lui avait répondu. Le message avait été clair et précis, sans bavure. Mais Chaos hésita d’abord. Etait-ce si raisonnable de la faire venir, de la confronter à nouveau? Etait-ce si raisonnable de se faire violence et de plonger dans son regard pour ce qui lui semblait être la dernière fois? Il se massa les tempes, pesant le pour et le contre. Mais même si la négative l’emportait encore et encore, il ne put se résigner à épargner son cœur balafré. Et elle était là. Splendide, radieuse surtout, dans la robe blanche dont il avait pensé un peu plus tôt. Mais le dieu resta de marbre. Il contempla progressivement Malphas dans un silence de plomb qu’il ne briserait pas avant un moment. Il le savait, qu’il ne détenait pas la propriété exclusive de son corps. Et y penser le consumait lentement de l’intérieur, dans une souffrance qu’elle ne pouvait certainement pas imaginer. Priam se l’était appropriée sans pré-avis deux ans plus tôt et il n’avait pas été foutu de protéger ce qui lui appartenait.
Faible.
Lâche.
Peut-être la faisait-il souffrir. Peut-être était-elle lassée de ce jeu sans fin. Peut-être perdait-elle patience. Et Chaos ne savait plus quoi lui offrir pour la combler hormis un nom divin et un pouvoir infini. Hormis son identité et le Vide qui la définissait. Il se contenta d’avancer vers elle, les traits tirés par la tristesse et la solitude. De quoi as-tu besoin? De toi. C’est tout. La réponse sonnait en son âme comme un coup d’éclat niais, faible mais bien trop vrai. Sa main se posa délicatement sous son menton qu’il releva à sa hauteur et vint frôler sa joue. Qu’elle était belle la Garce avec ses faux airs blasés. Qu’elle était belle après la tempête, après les larmes et la haine déversée en son nom. Le contact avec sa peau recollait les morceaux brisés de son être tout entier, mais l’Origine se sentait faible. Vulnérable. Destructible.
Il avait envie de plus, de moins. D’un tout, d’un rien. Les mots s’accumulaient sur le bout de sa langue, oh il avait tant travaillé son discours avant de l’invoquer. Il voulait tout lui révéler, lui expliquer tout ce qu’elle avait besoin de savoir pour enfin le comprendre. Lui cracher son nom comme une terrible insulte, mais Chaos n’osait plus. Il voulait l’embrasser et l’embraser en silence, avec pour seul orchestre les vagues de l’Atlantique.
- Y’a beaucoup trop de choses dont j’ai besoin là, maintenant, tout de suite. Ses bras s’enroulèrent autour d’elle et il l’attira contre son torse. Là, le moment lui semblait parfait, éternel. Il aurait aimé figer le temps et profiter de cette étreinte pour plus que quelques secondes. Mais ma priorité, je l’ai invoquée.
Et il saisit son visage entre ses mains et l’embrassa, comme si c’était la première et dernière fois. Il revoyait chaque fois que ses lèvres avaient effleuré les siennes, chaque fois que son corps avait dansé avec le sien puis pleuré son absence. Priam avait enterré la hache de guerre assez profondément pour qu’aucun d’entre eux n’ose tenter de la récupérer. Il ne désirait que deux choses. Le silence et Elle. Surtout Elle.

@garance m. lesquen
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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: (priance) divines idylles Mar 20 Juin - 18:06 ()
Divines Idylles
J'ai comme envie que ce soit terrible, et que ça se passe juste en bas de chez toi.


Tu n'aurais pas dû. M'invoquer. Me réclamer. M'appeler. Parce qu'il ne peut nullement compter sur elle pour être raisonnable, modérée ou irréprochable, et qu'il le sait. Depuis le premier jour, depuis la première heure, Malphas n'a été que violence et passion, déraison et provocation... Priam ne peut l'ignorer et l'a pourtant invoquée. Et elle est là, elle reste là, immobile et distante, mais bien présente. Le regard neutre, à deux étincelles près, le démon tente de garder les pieds sur terre, fièrement campé sur ses talons, le port de tête altier... La raison de sa présence lui échappe, encore, autant que la raison de son appel. Et ses yeux se plissent, légèrement, quand le menteur se met en marche et s'approche, semblant victime d'un irrépressible chagrin, d'une insupportable tristesse. La souffrance qu'elle lit dans l'être qui lui fait face ne lui procure aucun plaisir, aucune joie, pas une once de fierté. Il n'y a que le Vide, là, le néant et le silence, vibrants d'injustice. Il n'y a que leurs carcasses orphelines et leurs idées délirantes, les mensonges qu'ils se sont racontés pendant deux ans jusqu'à y croire. Comme si un démon pouvait aimer, choyer, chérir. Il n'y a que leurs solitudes et leurs rêves brisés, décharnés. Peut-être qu'elle fait un pas dans sa direction, finalement, quand il est déjà trop proche et qu'elle ne peut plus se résoudre à le laisser s'enfuir. Sans doute place-t-elle son visage entre ses doigts pour chercher son contact et sa chaleur. Elle sourit, doucement et malgré elle, inconsciente de son rictus et de sa tendresse. Parce qu'elle perd pied et contrôle, comme à chaque fois qu'il est si proche, qu'il est trop proche. Tu ne devrais pas, tu sais, être gentil avec moi, et tendre, et prévenant. Tu ne devrais pas m'appeler, me rappeler, me cajoler. Ce serait mieux, pour nous deux, de résister un peu. Mais elle se sent faiblir, avec ses idées. Tu finiras bien par me quitter. Et tout cela suffit, sûrement, à la rassurer, à se dire que ce n'est pas grave, que cette histoire a une durée limitée, toute relative soit-elle. Et tout cela suffit, immédiatement, à l'attendrir et à étirer son sourire, tandis qu'il l'attire contre son torse et qu'elle se fond à son étreinte, et qu'elle effleure son nez du sien, et qu'elle se perd dans son regard.

Mais ma priorité, je l’ai invoquée.

Un soupir d'aise s'échappe de ses lèvres pour venir caresser les siennes, quand il achève de céder aux appels de la chair et que leurs bouches se rencontrent, possessives et égoïstes. Ces paires de lippes qui se fichent bien de savoir que leurs propriétaires se font la guerre, ou l'amour, qui préfèrent ne pas avoir à subir leurs tribulations ni leurs batailles insensées. Tout lui revient à la gueule, la douceur de sa peau et le réconfort de sa chaleur, son odeur et son goût, ce qu'il peut lui faire juste en l'enlaçant, juste en l'embrassant. Priam est une symphonie à son organisme, au rythme de son cœur et au chant de ses bronches, au bruissement léger des chairs qui frissonnent, à l'harmonie de ses courbes qui cherchent ses reliefs pour s'y ancrer. Bercée par leurs retrouvailles, Malphas peine à comprendre la chorégraphie des gestes qui la précèdent, qui s'accrochent au col de l'avocat et qui l'attirent davantage à elle, à mesure que ses lèvres se scellent aux siennes et que sa langue vient chercher sa jumelle. Il la consume, des pieds à la tête, il lui crame l'intellect et réduit à néant tous ses plans de guerre, toutes ses tactiques militaires. Au bord du précipice et en proie au vertige, elle s'éloigne, doucement, ayant la plus grande difficulté à abandonner ce baiser. Et elle sourit, elle caresse, elle halète, un peu.

« Je ne peux pas rester, ment-elle. J'ai des rendez-vous à assurer... » Et elle reprend son souffle, sans s'arracher à ses bras, sans parvenir à partir avant qu'elle ne rende les armes dans un fracas. « … Mais je suis contente de te voir. » consent-elle à ajouter, pathétique et faible, aussi hautaine et câline, paradoxale jusque dans ses sourires, dans le plus petit détour de ses mots.

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Sujet: Re: (priance) divines idylles ()
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(priance) divines idylles
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