boom bitch
Après un long dimanche, mais pas de fiançailles, nous voilà de retour !
Pour tout savoir sur les nouveautés de la version, c'est par .
dying to be born again
L'intrigue est de retour, pour vous jouer de mauvais tours... ou pas.
Dans tous les cas, c'est par .
paris versus the apocalypse
Quoi de mieux pour lutter contre l'apocalypse qu'un apéro ?
Pour vous inscrire à l'event, c'est par là.
quand on est un vrai
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 Dead Inside.
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the last young renegades
homecoming : 18/01/2017
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julius caesar : Ava by Babine / Code sign by Kariboo Troublant / Gif by Zazou mon petit chou, tumblr & moi / Icons by me
legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Dead Inside. Ven 9 Juin - 23:26 ()
Dead inside
You left me here to die alone


Des jours. Tout ça dure depuis des jours. Des jours d'errance, de souffrance, de silence... Alors elle rit, la carcasse, d'un éclat qui gargouille dans le fond de sa gorge écarlate, abîmée et fatiguée. Elle rit doucement, comme une hystérique, un jouet cassé, tandis qu'elle se tire, se traîne, comme elle peut, dans l'obscurité... Le corps en naufrage, Malphas titube dans les ténèbres d'une nuit trop fraîche, à l'air trop lourd, moite. De coins en recoins, dans une ruelle vide et humide, impersonnelle, elle évite les lampadaires et puise dans ses dernières forces, pour atteindre son point de chute. Pas à pas, petit à petit, son vieux rire coincé dans le gosier et son indécrottable sourire sur ses lèvres tordues par la douleur, elle finit par arriver à bon port ou mauvais cimetière, ouvre une porte en métal oxydé, à la peinture rongée par la rouille et s'écroule sur le béton froid, et rêche, et inconfortable. Il lui fallait juste une tanière, un trou d'ombre où aller enterrer sa silhouette ravagée... Il lui fallait juste un peu de temps. De temps, qui s'égraine en secondes, au rythme de sa respiration sifflante et difficile, une épaule abandonnée au mur nu qu'elle ne perçoit qu'à peine à la lumière du néon indiquant une hypothétique sortie de secours. Un absurde échappatoire dont elle ne connaît rien, la Garce. C'est la fin. Et son menton s'écrase contre sa clavicule, la tête trop lourde, la nuque trop fatiguée. Et elle porte une main lasse à son abdomen, maquillant ses doigts porcelain d'un carmin qui paraît noir, ce soir. Et elle rit, encore. Douloureusement. Tout ça dure depuis des jours déjà, elle ne sait plus très bien comment elle en est arrivée là.

*

« Pourquoi tu décroches pas ton putain de téléphone ??? »

Ils fuient, les autres. Ceux qu'elle ne veut pas voir, ceux qu'elle tuera sans réfléchir. Ils fuient tant qu'ils peuvent, les autres, parce qu'ils ne sont pas Lui et qu'Il ne décroche plus depuis des jours, des éons, deux éternités et trois cadavres. Elle a les humeurs assassines, la Terrible, et la méchanceté pour seule réponse, unique question, éternelle attitude. Cruelle jusqu'au bout des griffes, ses élans défient la lune dans leur inconstance, plus versatile que jamais, délirante et dangereuse comme un animal blessé. Parce qu'il se tait. Il se tait. Il se tait et il ne dit plus rien, l'Ange. Alors qu'il devrait, lui dire, au moins ce qu'elle doit faire, au moins ce qu'il lui ordonne d'accomplir pour lui. Mais tu ne dis rien, rien du tout.

D'injonctions en violences, elle balance son téléphone, pauvre appareil à l'existence trop courte qui s'éclate au sol, pulvérisé dans un excès d'humeur. C'est le troisième, cette semaine. C'est le douzième depuis qu'Azazel n'a pas répondu à ses quatre jours d'attente responsable, ses cinq messages inquiets, ses dix-sept appels sans réponse, ses neuf mails paranoïaques, ses dix suppliques sur son répondeur et sa cinquième menace déguisée. Et elle l'a invoqué, elle l'a prié, elle l'a cherché. Et elle a cassé des téléphones, retourné Paris, torturé des innocents, et des coupables.

Ils fuient, les autres. Ils ont raison. Ils devraient tous le faire, avant la fin, avant l'Apocalypse.
Elle n'est qu'humeur destructrice.

*

Et elle ne sait plus très bien, comment elle est arrivée là, Malphas, plantée haut sur ses talons, flanquée d'une demie douzaine de démons aux regards affamés. Elle ne sait même plus pourquoi elle est là, exactement. Elle s'ennuyait, elle cherchait un but, quelque chose, rongée par la folie. Elle a fui, elle aussi, ses indépendances et le quotidien de Garance. Elle ne sait plus, vraiment. Elle ne sait même plus comment le contacter. Ses sourcils se froncent, sur ce toit du monde, en périphérie parisienne. Pourquoi, déjà ? Pourquoi est-elle là ? Pourquoi est-ce qu'il ne rappelle pas ? Discorde avance, d'un pas puis de deux. Ils sont venus chasser, ceux d'en bas, parce que ceux d'en haut ont caché quelque chose. Ou peut-être sont-ils venus récupérer quelque chose, pour que ceux d'en haut ne le trouvent pas. La raison de sa présence ici lui échappe un peu, elle ne se rappelle pas avoir pris d'ordres. Les hommes attendaient, là, et ils cherchaient quelqu'un, pour mener la barque, le bateau ou la baraque. Et elle s'ennuyait, elle avait envie, elle avait faim. Ils attendaient un Lieutenant et elle a leur a offert un Commandant. Alors les ombres avancent, sur ce toit à la tombée de la nuit, et ils descendent dans les entrailles de l'arrondissement maudit. Ils déambulent dans les couloirs dédaléens de caves désaffectées, abandonnées. Ils cherchent. Parce qu'ils seraient là, leur a-t-on dit... Et ils ne trouvent que la violence. La violence ailée et mesquine, celle qui se dit divine mais n'est que sauvagerie. Et elle rit, Malphas, elle rit à gorge déployée quand ils s'en prennent aux pantins, d'abord. Parce qu'elle n'a plus de sens, et qu'elle se noie, et qu'elle ne voit pas vraiment, les carcasses qui se déchirent et le sang qui gicle. La rage l'aveugle depuis trop longtemps, maintenant, quand elle se jette entre les corps et qu'elle ne distingue plus ses ennemis de ses alliés. Peut-être qu'elle aurait dû. Elle rit, de toutes façons, à s'en arracher les cordes vocales. Et elle saisit, l'objectif, le parchemin. Il y en a qui fuit, d'autres qui la poursuivent. Il y en a qui meurent, aussi. Beaucoup. Et elle disparaît, la Garce, puisqu'avant de rencontrer le créateur pour la seconde fois, elle entend bien retrouver le Sien.

*

Le regard fiévreux et la peau moite de sueur, elle serre ses doigts sur le parchemin maudit, la Terrible. Et elle se dit qu'elle a merdé, qu'elle a perdu le contrôle. Et qu'elle a mal, aussi. Rien n'est beau ou grandiose, dans la douleur qui roule le long de ses nerfs, à la fois diffuse et lancinante, omniprésente. Elle l'écrase, l'étouffe, la déchire. De l'intérieur, de l'extérieur. Du bout de ses doigts noircis, elle essaye d'établir un maigre état des lieux, en comptant les soupçons de fractures et les blessures à l'arme blanche. Et elle se terre dans son trou, la Monstruosité, se tapit dans un coin de ce local poubelle, ou de cette cave, de cette entrée de garage. À des kilomètres du champ de bataille qu'elle a ravagé puis abandonné... Parce qu'elle se refuse à cesser d'exister, tout en se résignant à la pauvreté de sa situation. Son corps se révolte en silence, et grogne. À la lueur blanchâtre et verte, seuls les rebords acérés de l'endroit daignent exister, lui offrant tout l'anonymat dont elle a besoin. Les raisons lui échappent, comme les déraisons et ce prénom, là, qu'elle lâche dans un rauquement animal. Et de Morphée ou Thanatos, elle ignore qui possède les bras qui s'enroulent autour de sa silhouette brisée. T'avais qu'à rappeler.

- a game of shadows, shall we play ?  -

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Connasse
" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Sam 10 Juin - 20:44 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Il ne veut pas qu'elle voit. Il ne veut pas qu'elle touche. 
Planqué dans son monde-crasse, il ne réfléchit plus. Si ce n'est à ses désordres, là, engendrés par une rencontre impossible, par des disputes absurdes. L'être crevé d'impostures et de douleurs qui ne finissent pas de démolir sa conscience. Il a la raison qui se flingue. Il a les perceptions délitées par ce trop plein de tout, qu'il ressent. Graine de poison logé sous les côtes, ayant germé et infecté les tripes, les nerfs, l'entrelacs de veinules qui lui court-circuitent les organes. 
Alors, il s'est enfermé en lui-même, Azazel. Loin d'Elle, surtout. En feignant n'être que lui, devant les autres. Ces autres qui ne distinguent jamais plus que son aura fuligineuse et son regard de cannibale. Ce regard où rien jamais n'éclot si ce n'est la colère et la démence – cette démence vertigineuse qui depuis des jours et des jours et des jours, lui démonte l'encéphale. 
La malédiction de Némésis lui colle à la peau. 
Et il n'y comprend rien, à ce déluge. Et il n'y discerne qu'un funeste brouillard. Aveugle au nom de la divine pétasse, aveugle à ce blâme qu'il traîne, pour avoir corrompu les âges et les âmes de ses mains fracturées de haine. 
Il a longuement supposé se défaire du lugubre horizon. De ce putain de chemin tracé, qu'il entrevoit s'ouvrir sous ses pieds. Qu'il se pressent endurer à l'éternité. Et il a retourné, la chose. Cette chose étrange, sans forme, insipide, entre les serres de sa cognition ; pour trouver un bout à tenir. Un morceau à trancher. Ne serait-ce qu'un fil à tirer. Un corps à ouvrir. Mais il n'y a rien de plus que ses ignominies et ses  failles ; béances élargies par Malphas, des semaines plus tôt. Béances qui ne font que s'accroître depuis sa rencontre avec la vengeance tombée du ciel. Ce ciel dont il ignore les fondements, lui, le déchu. Lui qui ne pense qu'au Père cerclé d'ailes trop blanches. Lui qui n'imagine pas une seconde qu'il puisse exister, au-delà de ses certitudes, un univers où ses frères honnis et ses enfants damnés, ne sont pas maîtres des destinés. 

- - - - -

Dans la rue glauque, l'univers paraît le vomir. 
Il s'extrait du néant pour venir s'affaler sur le bitume. Désorienté, la face tordue par une fureur renouvelée. Et la peur, cette peur incroyable qui lui calcine le cortex. Il halète, Azazel. Le buste convulsé d'horreur tandis qu'il la sent, se débattre à l'intérieur. Au profond d'Eux. Les prunelles s'esquintent sur le lointain. Il cherche. Il cherche sa femelle. Et il ne trouve pas. Miettes après miettes. L'entendement largué, éclaté en limailles qui lui griffent et crevassent l'os du crâne. 
Il avance. Pousse son ombre dans une direction qu'il sait déjà ne pas être la bonne. Et il trébuche, se tient le crâne. Fort. Entre ses paluches énormes. Ces sanglantes paluches qui par erreur,  pourraient broyer sa propre tête. Il retient les hurlements, coincés sous la glotte. Enfoncés dans les bronches. Il les ravale, et claque des mâchoires. Et s'avance derechef. Le bras tendu, pour rencontrer le mur le plus proche. Trouver un équilibre et non plus cogiter mais ressentir. L'instinct dictant la voie de cette avalanche sensorielle qui le rend inattentif au réel. Et on pourrait bien le démolir, l'ogre, sans qu'il ne réussisse plus à réagir. Les pupilles disparues dans l'abîme de ses globes occulaires. Billes noires enfoncées dans les cavités de cette boîte crânienne qu'il ambitionne évider tant la terreur lui bousille la vue, lui bousille ses intuitions. Le bousille lui, entièrement. 
L'épaule heurte la brique, et il choit jusqu'au sol. Un bras pressant son ventre comme pour l'empêcher de craquer et répandre ses entrailles. Il délire, le bel ange. Corporalité écrasée par l'Essentiel, trempée par l'averse qui sur Paris jamais ne cesse.
Azazel est captif. Captif de son absence, qu'il devine croître au plus les minutes les étreignent. Elle, qu'il cherche sans trouver. Elle, qu'il a tenté de sortir d'un charnier de viandes suppurantes et d'odeurs pestilentielles. Elle, qu'il n'a pas trouvé, elle qui ne laisse pour indice qu'une empreinte incompréhensible ; une aliénation au goût de naufrage. 
Ses poings se cognent à ses yeux. Et il respire, lentement. S'oblige à ne plus percevoir la désolation de Malphas. Sa détresse quand il voudrait lui aboyer de se taire, de se taire et de l'appeler. Vraiment. Pleinement. À en fendre la croûte terrestre. 
Et il se souvient, des appels, des messages, des rages proférées auxquels il n'a rétorqué aucun son, aucun mot. Muré dans son mutisme, ce presque abandon. Puisqu'il était terrifié, Azazel. Maladif et défragmenté par la foudre d'une gamine à la crinière-incendie. 
Et il ne voulait pas, non, il ne voulait pas. Qu'elle s'approche, qu'il l'infecte de ce virus abjecte sans en avoir le remède. Il aurait voulu avoir le temps, de régler la chose en solitaire. De mûrir ses châtiments. 
Mais maintenant il est trop tard et Malphas se brise.
Et ça le fait rire. Le cul sur le trottoir, mouillé par les litres de flotte qui lui tombent sur la gueule. Un rire cinglé jeté hors de ses lèvres ; tandis qu'il comprend qu'elle crève, par sa faute et sans lui. Loin de lui. Sans un bruit. 

- - - - -

Il reparaît une énième fois, il ne sait où. Seulement pourquoi. Son appel. Son prénom, soufflé par sa bouche. 
Les fringues dégoulinantes, et les semelles crissant sur le ciment qui l’accueille ; il inspecte, le dément. 
Et il tangue, de droite à gauche. Secouant sa trogne et les épaules. S'ébrouant, brute informe. Le museau dressé vers un empyrée couvert. Ébouriffé, Azazel n'est plus vraiment lui. N'est plus vraiment là. Azazel n'est qu'un amas d'instincts primales qui se fondent à l'instant, qui s'entrelacent aux larves de son cerveau. Qui le font grogner, et grincer des crocs ; sa carence d'elle. Égoïste et furieux. Il imagine la tuer, si elle ne meurt pas. Pour avoir osé. Lui faire ça. Ce poignard qu'elle enfonce et tourne, dans sa tripaille. Cette infidélité, en se donnant, s'offrant, au trépas ; quand il ne jure que par elle. 
Et ses rétines serpentent, scrutent les passages, les recoins. Dérobent à la soirée débutée ses restes de secrets. Le déchu n'est plus certain, de ce qu'il va advenir. De ce qu'il doit advenir. De ce qu'il advient. De lui ou d'elle ou d'eux. Il renâcle, les naseaux dilatés et la face ravagée par son impérissable rage. Et ses guibolles s'articulent. Sa silhouette percute les cartons qui traînent, les saloperies qui encombrent son passage. Il provoque un bordel incommensurable. 
Jusqu'à l’apercevoir. 
Et il se fige, le bel ange. L'attention plantée à son immortel besoin. 
Il ne réussit pas à marcher. Il se disloque, dans l'atmosphère. L'image figée, désintégrée. Et il est au-dessus d'elle, l'expiration qui suit. Accroupi à son corps recroquevillé. Ce corps comme maculé de goudron, dans cette obscurité qui les embrasse. Ce corps qu'il capture. Éloignant les poignets fragiles d'une main, les bras sans vigueur, pour découvrir, pour connaître, les dégâts. Et le parchemin dégringole, ce putain de parchemin dont il se fout, qu'il déchiffre être la cause de cette hécatombe.
Il se débarrasse des couches de tissus, les phalanges étalées à la peau trop blanche tachée de fluides trop rouge. Azazel happe la mandibule de Malphas, ensuite. L'attire à lui. Et il feule, à son visage. Le regard disloqué. Abysses infinies. Et il braille, encore. Sans plus pouvoir refouler l'effroi qui l'étreint. Cet effroi et ce soulagement, infantile, presque, de la récupérer. Même en lambeaux. Même à semi-consciente. Et il gueule, toujours, en pressant maladroitement sa paume contre la plaie la plus importante, la plus inquiétante. Celle qui n'arrête plus de baver son carmin. Il crie, incapable de formuler la moindre parole. Incapable de clairvoyance face à ce fatras de sentiments démultipliés par l'instant, par le virus, par tout ce bordel qu'il ne maîtrise plus. Et qui lui perfore le poitrail.
Il veut savoir, pourquoi. Il veut comprendre, comment. Et il l'appelle, sauvage et bouleversé. Et il  l'étreint, et la soulève. La serrant pour ne plus qu'on la touche, pour ne pas qu'on la lui enlève. Comme craignant qu'elle ne tombe en morceaux. Azazel, il ne sait plus à quoi aspirer ni où aller. Terrorisé tel un enfant, à la seule pensée qu'elle le laisse là. Sans rien d'autre que sa coquille de chair vide entre les bras.
Et il gémit, son prénom. Il gémit et demande ce qu'il doit faire, ce qu'il peut faire, ce qu'il n'a pas fait. Et se dirige vers la lueur verte et agressive : la porte de sortie de cet endroit désert. Il y cogne son dos et s'évade. Pour retrouver le dehors ; la lumière des lampadaires et la pluie et le silence qui immédiatement les flagellent.


_________________


So embrace the darkness and I will help you see. That you can be limitless, and fearless ; If you follow me. We are the lions in a world of lambs. We are the predators.  


Dernière édition par Christopher Lion le Dim 11 Juin - 21:27, édité 1 fois
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Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 11 Juin - 21:02 ()
Dead inside
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De naupathie en apathie, le monde tangue. Dangereusement. Éternellement, il tourne, le monde. Et elle se noie, la carcasse, sans bouée ni radeau de secours. Elle se noie, les entrailles en proie à des nausées dont les violences ne font que la secouer. Un océan d'imparfaites sensations fait rage en son sein, remous douloureux et houle mortifère. Elle en dégueulerait de la bile si elle en avait encore la force, si cela pouvait la soulager... Mais le brouillard s'empare de la frêle silhouette et la malmène, l'enlaçant sans jamais la posséder totalement, lui imposant un état de semi-conscience insupportable et délirant. Des ombres chinoises se dessinent, cauchemardesques et possessives, à contre jour sous ses paupières nimbées de rouge, de noir et de néant. Les prunelles démoniaques ne perçoivent pas, du moins pas très bien, le théâtre macabre du film qui s'offre à son intellect ravagé... Et elle est insensible, au court-métrage infernal de son existence, toute perdue qu'elle est dans le bouillon de torture qu'est devenu son corps. Une douleur crasse, poisseuse et inconfortable, sans élégance ni créativité, une douleur brute mais perverse, épuisante, écrasante. Et la solitude, la solitude, le désert et la solitude. Comme une brûlure à son âme damnée, une ultime injure à son palpitant boiteux. Et la solitude, bien sûr, qui ne fait que la plonger dans l'effroi, au milieu de l'hémoglobine et de la sueur. Et elle cherche l'air, la fraîcheur, l'oxygène. Elle cherche et elle se perd, la carcasse, dans les bras gras et possessifs qui la maintiennent au sol, qui l'obligent à rester faible, et immobile, et frigorifiée. Elle tremble... Elle tremble, la petite chose, et elle s'endort, nerveusement. Elle tressaute, entre deux états de conscience, deux frissons de douleur.

Et maintenant, je m'éteins. Par ta faute et sans toi. Comme un parasite à son encéphale, il lui revient, par vague. Il lui revient, le visage de l'Ange, et le prénom qu'elle geint. Il lui revient et la solitude la frappe, encore et encore, la trimballant d'une terreur à une autre, sans lui laisser une seconde de répit. Et il lui manque. Et elle a peur, de partir et cette fois pour de vrai. Elle a peur de s'évanouir dans le néant et de n'avoir été qu'artifice sans apocalypse. Discorde se délite et se distille dans l'air moite qui l'entoure, qui mord sa peau diaphane peinturlurée de rouge, et de noir, et de bleu. Et il est là, dans sa tête, il est là et il se moque, il la nargue, se gausse dans son coin en l'observant, hilare de la voir tombée si bas, amusé de ses tourments. Elle ne comprend pas, ce qu'elle a fait pour mériter ça. Ni pourquoi t'es pas là. Pourquoi elle est seule. Pourquoi elle a mal. Et pourquoi elle s'évapore, là. Un soupir saturé de vapeur d'eau s'échappe de ses lèvres pâles, mouvement de poitrine inutile qui vient puiser dans le reliquat de ses forces, sans trouver ni sens ni spectateur. Elle se meurt, sans doute, un parchemin débile entre les doigts et un rictus amer accroché à sa gueule.

Et il est là, l'Ange Moqueur. Sa tronche au-dessus de la sienne, tordue et démentielle. Elle le voit mal, avec la fièvre. Et elle murmure, elle marmonne. Elle lui dit de partir, qu'elle veut qu'il la laisse tranquille, qu'il la laisse crever en paix. La douleur la recrache au monde dans un sursaut. Et elle le supplie de rester, de ne plus la laisser, de bien vouloir l'achever. Lunatique et hallucinée, la carcasse cherche à fuir les doigts qui viennent l'importuner, qui la déshabillent pour mieux la jauger. Ses cordes vocales se serrent et son œsophage grogne, avertissant l'intrus à son univers sensoriel de reculer, maintenant. Parce qu'il est là et qu'elle ne le reconnaît que par intermittence, parce qu'elle l'oublie entre deux vertiges et qu'elle se révolte entre ses bras. Elle feule, la progéniture, son cou tendu et le menton volontaire. Elle lui feule au visage, un filet de sang naissant à la commissure de ses lèvres. Le corps se tapit dans l'ombre, se recroqueville encore un peu, cherche à échapper à son assaillant. Elle ramperait, si elle le pouvait encore. L'enfant ne sait plus lire les traits du père, celui qui l'a condamnée à l'errance et à la damnation, qui l'a empoisonnée jusqu'à oublier de survivre ou de fuir, une poignée d'heures plus tôt, quand elle déambulait dans les caves et qu'elle cherchait un papier. Juste un papier.

Mais le corps est bavard, et si ses humeurs sont assassines, ses courbes brisées se font câlines, capitulent devant les bras qui les cueillent et les emportent, sourdes à ses grondements sauvages et ses mutiques reproches. Vaisseau d'infortune, le corps qui la supporte l'arrache au confort de sa tanière. Et il n'y a que le parchemin, le parchemin entre ses mains, entre ses griffes. Le front abandonné à une clavicule, elle ferme les yeux et laisse un souffle rauque déchirer sa gorge en allant et venant, à peine chargé de l'oxygène suffisante pour la maintenir en vie et consciente. Respirer n'est plus naturel, pas plus qu'exister. Et l'odeur, l'odeur humide qui s'insinue dans ses narines la rassure, instinctivement. Et la peau, la peau qui se trouve sous son museau l'apaise, sans qu'elle puisse lutter. Et le froid qui vient la frapper lui transperce l'épiderme et écorche ses organes. Elle geint, la chose, le brouillon, le déchet. Elle couine doucement, la silhouette martelée de gouttes trop violentes et de lumières meurtrières. Et elle griffe, elle griffe, le bras qui la maintient. Et elle gronde, elle gronde contre le torse qui l'accueille.

« Non... Non... Personne. » halète-t-elle, inaudible et torturée. « Personne ne doit me trouver. Jamais. Personne. »

Personne pour la voir, pour la sauver, la réchauffer. Personne pour l'enlacer ou l'abandonner. Personne, juste la solitude et ses gouffres, les abysses sereines des tunnels sans lumière. C'est ce qu'elle réclame, ce qu'elle exige. Et son corps se tord, se tend, cherchant à échapper aux bras qui la gardent jalousement contre un torse anonyme, qu'elle reconnaît sans le percevoir, qu'elle adore sans pouvoir le supporter. Et il est là, il est là, l'Ange Moqueur, sous ses paupières et dans ses délires, ancré à ses cauchemars et omniprésent le long de ses déchirures, de ses désespoirs.

Par ta faute.
Et sans toi.


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the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 11 Juin - 23:28 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Elle geint, contre sa peau. Et il n'écoute plus, plus rien que les terreurs qui l'envahissent. Qui les enlacent. Azazel avance, sur le bitume. Le corps de Malphas pressé contre son poitrail d'animal déchaîné, épouvanté par cette cage qu'on tente de lui imposer. Cette cage faite d'un monde sans elle – un monde dont il ne se souvient pas. Parce qu'il n'y a jamais eu qu'elle, qui sache animer quelque chose d'autre que les envies et les colères. Et il avance, toujours, l'échine pliée. Il se débat, avec lui-même, autant qu'avec elle. Elle, qui se réveille, parfois. Qui griffe et grogne, trop souvent. Qui le cherche et le repousse. Le repousse si cruellement qu'il en chialerait. Et il n'écoute plus, plus rien que les délires qui transpercent le crâne. Il agit, parce que l'instinct dicte. Cet instinct de survivance qui lui pulvérise toute autre raison que celle d'avancer. Et ne plus comprendre et ne plus réclamer. Avancer toujours et trouver de quoi les arracher au sentier des morts ; ce layon glauque qui les amène vers l'insoutenable de la perte de l'autre.
Sans plus porter la moindre importance au décor, aux noctambules qu'il bouscule, Azazel avale les mètres qui les isolent encore de l'avenue – celle où la vie reprend ses droits. Où le silence et les fantômes des ruelles ne sont plus. Les yeux-gouffres et la rage badigeonnant sa face. Il mordrait, si seulement on l'effleurait. Elle, plus que lui. Si seulement on osait s'approcher. D'elle et lui. Bêtes blessées. Il écume de haine, tandis que ses semelles frappent l'asphalte. Parce que sa femelle encore et toujours, contre lui, pisse son rouge morbide. Ce rouge immonde, ce rouge qu'il a aimé, qu'il a avalé, sucé, cherché, ce rouge qu'il hait, dans l'instant ; ce rouge qui lui dégueulasse son pull trop clair, son pull trop gris. Son pull trop rouge d'elle et ses démences.
Il a le regard qui porte sur le lointain, Azazel. Et il la sent plus qu'il ne l'entend. Il la renifle et la coince, davantage, par son emprise. Une emprise prodiguée à sa silhouette ridiculement frêle. Cette enveloppe qu'il pourrait broyer, s'il ne faisait pas attention. S'il laissait, immédiatement, sa peur lui scarifier la conscience.

Des rangées de bagnoles, le long des trottoirs. Il est gerbé par une venelle. Et il débouche à travers la foule. Il lance son attention à droite, lance son attention à gauche et recommence, sa délirante ascension. Et les figures se tournent et les regards dévisagent. Un amas de mortalité qu'il annihilerait dans la seconde, si le temps ne comptait plus.
Mais ils ne doivent pas voir, ne doivent pas approcher. Et les secondes la dévorent et le laissent déboussolé.
Il est terrorisé, l'enfant fou, à l'idée qu'on la lui enlève, qu'on le ralentisse.
Et aucune foutue idée, ne réussit à lui écorcher l'encéphale.
Sa seule perception du corps refroidissant de Malphas contre le palpitant qui cogne, qui cogne et cogne encore, le fait feuler lorsqu'un inconnu s'approche et tend une main. Et ouvre les mâchoires, pour parler, pour recueillir. De ces mouvances auxquelles Azazel ne saisit qu'agression et danger. Et sa gueule se tord, puisqu'il est paumé. Paumé comme il ne l'a sans doute jamais été, depuis qu'elle est là. Là, sur ses routes et déroutes. En travers sa substance et sa mémoire. Il ignore tout à fait, qu'il a le droit aux faiblesses, et aux demandes. Aux appels à l'aide. Puisqu'il n'y a que Malphas, Malphas et sa corporalité frémissante et son intériorité estompée. Et ça le rend dingue, et ça le rend orphelin. Orphelin d'elle. Orphelin de lui-même.

Sous ses prunelles de goudron, un homme ouvre une portière, s'extrait d'un habitacle. Et sans s'arrêter, son épaule percute sa masse. Il le fait valdinguer, au sol. L'y écrase. Et crisse d'entre ses crocs une obscénité pendant que ses dons explosent l'atmosphère. La mâchurent absolument. Il immole l'homme à ses pieds. Sans un bruit, sans une étincelle. Son aura crasse étouffant, écharpant l'intime en chacun. Il désincarne l'être allongé, l'être défoncé, l'être dont le profond se déglingue et l'âme se consume. Autour, les cris et les mines décomposées. L’affolement qui se répand, et la marée humaine qui se forge et devient tempétueuse tandis qu'il devient affamé d'eux.
Et le trentenaire ne se relève pas. Comme le second mecton, qui trébuche et écrase sa joue sur la chaussée. Comme cette femme qu'une voiture percute de plein fouet. Aveuglée par les désordres qu'il distille, lui, le dément, en son sein. En leur sein et cortex qu'il démonte sans même s'en rendre compte. Le bel ange lamine la plus infime sensation qui sache faire lever les paupières et sourire et survivre. Il provoque le désordre et l'horreur. Détaché qu'il est, face au tangible qui le noie.
Azazel ouvre la portière arrière, quand celle devant est laissée ouverte par le presque-mort qui s'y coince. Et il s'enfonce dans l'habitacle, sans lâcher son intolérable moitié. Qu'il dépose, sur la banquette. Qu'il étale, titubant.
Il murmure contre ses lèvres bleuies :
—  Ça va aller.
Ça va aller quand rien ne va.
Le mensonge en impuissance, qu'il lui largue avec un sourire. Un sourire tordu, un sourire débile.
—  Ça va aller, répète-t-il.
Et le sourire s'efface dès lors qu'il retrouve le rouge, partout. Et son regard éteint, ce regard qui d'ordinaire le perfore.
Et il repousse ses jambes, précautionneusement. Et ferme la portière et tire l'agonisant. Le pécheur aux pupilles en coupoles. Azazel le soulève et le plaque contre la bagnole et fouille, dans ses poches, pour retrouver les clefs qu'il happe. Et la charogne de l'anonyme percute le macadam au moment où lui s'assied derrière le volant et allume le contact. Abaissant le rétroviseur intérieur, d'une main tremblante, pour regarder, celle qui gît toujours derrière. Pour vérifier, que sa famélique poitrine se soulève.
—  T'as pas le droit d'me laisser, crache-t-il enfin, en s'engageant dans la circulation. Les klaxons pour rythmer sa conduite bordélique. Sa vitesse excessive.
Et les sirènes au loin, qui déjà retentissent. Le bleu et le rouge des ambulances, qui tranchent le noir de la nuit. Des ambulances qui ne serviront qu'à ramasser le charnier à ciel ouvert, derrière. Les trépassés de sa transe ; cette transe qui ne trouve pas de fin. Et son attention revient, sur Malphas. Malphas qu'il regarde trop longuement, trop attentivement, qui lui fait manquer s'emplafonner le flot de caisses arrêtées. Le feu coloré du rouge. Ce rouge qui semble enduire son univers tout entier.
Alors il se retourne, une énième fois. Et il se penche, et il la touche. L'agrippe. Son poignet, il le capture ; plantant son pouce à l'épiderme poisseux de sang. Pour déceler le pouls.
Et il la convoque, en prière insensée.
Il s'obstine, Azazel, à articuler le prénom qui crame sa trachée, qui carbonise sa langue, qui met en pièces ses pensées.


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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Lun 12 Juin - 21:01 ()
Dead inside
You left me here to die alone


Le corps humain possède en moyenne 4 litres de sang pour la femelle et 5 litres pour le mâle. La leçon d'autrefois lui revient salement au visage, ce soir, à mesure que son corps tangue et navigue dans Paris, porté par des bras qu'elle reconnaît puis oublie la seconde d'après dans une transe amnésique d'une cruauté à peine soutenable. Et elle ne sait pas où elle va, pas où il l'emmène, tout juste consciente de l’écarlate qu'elle sème derrière elle, goutte après goutte, once de conscience après once de conscience. Doucement, Malphas se sent glisser, échapper au monde malgré les griffes qu'elle tente de planter dans la réalité, et quelques fois dans la silhouette qui la transporte. La  fin semble inexorable, toute révoltante soit-elle. J'voudrais pas crever, c'est un poète qui le disait. La conscience branlante et le souffle court, elle se réveille en sursaut parfois, et d'autres pas. Elle ne sait pas, depuis combien de temps tout cela dure, une courte éternité à n'en point douter. Elle ne sait pas mais elle a peur, et se rassure quelques fois en trouvant l'Ange à son réveil, se terrorise d'autres fois quand elle ne le reconnaît pas. La rancœur s'est envolée, quoi qu'il en soit, trop gourmande en énergie et en violences pour persister dans son état. Alors elle l'aime, l'Ange, qu'il se moque ou non, elle l'aime absurdement et sans concession, pour ses derniers instants. Et elle le détestera, si tôt qu'elle sera tombée et aura cessé d'exister, comme une dernière blague métaphysique, une pulsion vindicative de la dernière heure. Malphas se vide de son sang et de son sens. Son cadavre en devenir tremble un rire morbide, qui fait des bulles dans le fond de sa gorge. Peut-être qu'elle s'étouffe.

Peut-être qu'elle ne s'étouffe pas, qu'elle s'endort, tout simplement. Les phases de sommeil s'enchaînent dans un capharnaüm de lumières et de sensation qui la malmènent, continuellement. Et il y a une odeur dans ses narines qui l'oblige, elle ne sait plus pourquoi, à s'accrocher à cet ersatz de conscience qui est le sien et qui lui soulève le cœur à intervalles réguliers. Le bordel s'intensifie, autour, et il lui semble reconnaître la forme d'une voiture, ou d'un être humain. Malphas est hermétique au monde tandis que le chaos dévore l'avenue sous la main d'un chef d'orchestre ravagé jusque dans les tréfonds de sa psyché. Elle ne réalise pas, la progéniture, l'horreur qu'elle impose à son créateur. Elle ne comprend pas, vraiment, pourquoi il l'a laissée s'effondrer ainsi et s'en révolte à présent. Sans doute n'est-elle pas tout à fait persuadée que c'est bien Lui, pourtant, qui l'arrache à son obscure fin pour l'obliger à demeurer, quel qu'en soit le prix. Des silhouettes fantomatiques s'agitent, entre ses cils, elles fuient et se fracassent, s'affalent et s'affolent. Et elle aimerait leur dire que ça ne sert à rien de courir, que la Mort finira bien par les rattraper. Que la Faucheuse n'oublie personne, jamais. Mais ses lèvres restent closes et son cœur défaillant. Et elle a froid, malgré les bras qui essayent de la réchauffer. Et elle a peur, malgré la présence d'un Ange à son chevet. Un Ange qu'elle s'imagine lointain et débarrassé, de ses caprices et sautes d'humeur. Elle lui aurait arraché son attention de force, si elle avait pu. L'odeur de la désincarnation s'empare de l'endroit, de son désert et de ses délires. Elle hallucine le sourire ravageur d'un Ange qui la regarderait, là, dans son petit gouffre de douleur bien aménagé. Une main ramenée mollement sur ses abdominaux essaye de préserver son intégrité, de retenir le carmin qui s'écoule, encore et encore. Et elle sait, elle sait bien sûr, que la fin est une réalité à laquelle nul ne peut échapper. Pas même elle, toute démone, commandant ou pétasse soit-elle. Et elle sait, elle sait aussi, qu'elle ne sera pas seule sur le sentier des trépassés, ayant emporté avec elle quelques êtres ailés et deux ou trois cornus. Pour le principe. Pour la postérité.

« Je suis fatiguée... » murmure-t-elle, essoufflée, quand une étrange accalmie l'arrache au chaos ambiant. Sa carcasse bousculée s'étale sur un sol plus moelleux que les autres, plus stable. Et elle jurerait, si elle le pouvait, entendre le timbre divin lui assurer que tout irait bien, lui mentir éhontément pour tenter de l'apaiser.

« T'as pas le droit d'me laisser. »

La voix s'installe au creux de ses méninges et résonne incessamment dans sa boîte crânienne. Comme s'il était là, à côté d'elle. Comme s'il avait eu l'indécence de la trouver au pire moment quand il a eu tant d'occasions de venir la chercher. Comme s'il osait, vraiment, lui cracher un ordre aussi puéril à la gueule quand elle n'a fait que quémander sa présence, jusqu'à désespérer. Jusqu'à déraisonner.

La silhouette s'enfonce dans le confortable de son lit d'infortune, et s'enfonce encore, comme liquéfiée. Les atomes peinent à continuer leur travail d'assemblage et le monstrueux travail d'existence qui est le leur. Elle se disperse, et elle le cherche, soudain. Abandonnée à son triste sort, elle roule tant bien que mal sur le flanc, ne sachant plus dans quelle direction le trouver. Le retrouver. L'Ange dictateur à son éternité. Elle gronde, la créature, faiblement. Ridiculement, même. Elle gronde et elle gratte le tissus sous elle, comme pour s'échapper. Pour s'en aller. Ses paupières se ferment, tentent d'ordonner à son corps de se téléporter, ailleurs, à ses côtés, loin d'ici et près de Lui. Lui qui revient, en évidence, en obsession. Lui qui lui manque, brutalement. Les doigts autour de son poignet la raccrochent au monde, violemment, et elle daigne le regarder, pour la première fois. Et elle voit, ses traits froissés par l'angoisse, son visage absurde de proximité, son intangible présence. Et elle entend, le prénom qu'elle sait être le sien, et qu'il répète encore et encore, comme pour l'invoquer, à croire que c'est lui qui, désormais, ne la perçoit plus. Elle ne comprend pas, pas vraiment, pourquoi il l'appelle si elle lui fait face. Elle ne se rappelle plus, pour une seconde, prise de délires soudains qui la font oublier son état et l'évidence de son trépas. Délires soudains et effilés qui se délitent avec la douleur. Les traits tirés par l'effroi, ses prunelles s'emplissent d'un voile lugubre, et de quelques humidités qu'elle n'identifie pas. Elle le contemple, abasourdie et brisée.

Je suis désolée.
« Je... » Mais les mots ne sortent pas, ne peuvent plus s'élever dans sa direction. Et elle aimerait le rassurer, lui dire que tout ira bien, que ce n'est pas si grave, qu'ils en riront demain. Et elle aimerait lui mentir, assurément, sans parvenir à en trouver l'énergie, gaspillant ses forces pour attraper sa main et la serrer entre ses doigts maculés de sang. « Azazel... » supplie-t-elle, dans un gémissement. Parce qu'il doit comprendre, cette fois, et par lui-même. Parce qu'il doit savoir, qu'elle aurait aimé retrouver la raison plus tôt, et qu'elle est désolée, et qu'il faut la pardonner. Et que ce n'est pas grave. Et que ça ne pourra qu'aller. Ses doigts le serrent, griffes démentes qui le tiennent trop fort et sont terrorisées à l'idée de le lâcher. Le tressautement de son sac de chair achève de l'épuiser et la coupe tout à fait au reste du monde, la voyant s'écraser sur la banquette arrière, ange dégueulasse nimbé d'une aura écarlate, ses cheveux blonds trempés par la pluie grise qui domine le tout Paris. C'est fini. Tout ira bien. C'est promis.

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Dernière édition par Garance M. Lesquen le Mar 13 Juin - 21:14, édité 1 fois
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Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mar 13 Juin - 20:45 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Elle expire des sons qu'il n'écoute pas.
Des gargouillis immondes qui en d'autres occasions, en d'autres lieux, l'auraient fait bander dans la seconde. Mais Azazel n'est plus vraiment lui, lorsqu'il est question d'Elle. Et il ne fait que regarder son visage, planter ses rétines aux siennes. Et il voit, qu'elle voit. Il imagine qu'elle sait, qu'il est là. Parce qu'il perçoit, dans l’abîme de ses prunelles, un éclat. Un seul. Le seul qu'il ait aperçu depuis le début de ce sinistre. Alors il inspire, une énième fois. Et il souffle piteusement et tente de tordre sa gueule, afin qu'un sourire l'en écorche. Pour qu'elle n'ait pas peur. Qu'elle n'ait jamais peur. Parce qu'il guide, parce qu'il conçoit – ce qui doit être fait, ce qui sera, ce qui n'a pas de frontières. Entre eux, jamais rien que des silences et du vide qui se comble d'un baiser, il se rappelle. D'un baiser et de murmures lancinants.
Il l'examine, là, la trogne saccagée par sa risette merdique. Et il l'entend prononcer son prénom et il la sent qui serre son poignet de ses phalanges humides de ce rouge qu'il redécouvre à chaque putain de seconde. Ce rouge dont elle se dépouille.
C'est sans plus pouvoir juguler ses hantises que le bel ange morve sa frayeur. Et chiale, pathétique à vomir. Et retient les gémissements qui naissent. Parce qu'il se répète qu'elle ne doit pas avoir peur. Et que tout ira bien. Tout ira bien. Même lorsqu'il la constate engloutie par le néant. Même lorsqu'il percute que l'étreinte offerte se défait.
Elle l'abandonne, Malphas. Elle l'abandonne avec ses sanglots et ses gémissements qui ne sortent pas. Qui ne sortiront plus. Elle l'abandonne, et il se souvient que tout est de sa faute. De sa faute à lui. Ce cataclysme n'est que le résultat de ses conneries perpétuelles. Qu'il renouvelle chaque jour, qu'il recommence à chaque âge. Parce qu'il ne sait pas y faire, avec tout ça. L'entrelacs de sentiments qui s'esquintent à ses contours, à elle ; Azazel n'y comprend rien. Ou ne veut pas savoir. Car ses dépendances l'effrayent, car son besoin d'elle le terrifient. Alors il ne dit jamais rien et il lui demande toujours tout. Et il est allé trop loin. Et il a été trop con. Et il a perdu Malphas, comme ça, dans un soupir et une flaque de sang.
Un klaxon éclate derrière eux, le sort du mirage. Et les gémissements coincés au fond des bronches jaillissent soudain en un fracassant hurlement. Il gueule, le déchu. Il gueule dans le vide qui la sépare d'elle et qui ne se comblera pas de son baiser ni du moindre de ses murmures, cette fois. Et il la secoue. Il la secoue si fort qu'il imagine lui briser l'épaule. Un os du bras. Il secoue pour qu'elle se réveille, pour qu'elle revienne.
Il est aveugle, Azazel. Et il est sourd. Et il refuse avec acharnement la réalité. L'enfant quémande sa moitié, l'enfant beugle son caprice et l'obscurité lui répond en compagnie d'un insondable silence – ce silence qu'il avait jadis fait sien et qui devient une horreur. Un épouvantable néant bloqué à l'angle des portes de la bagnole, au toit qui les protège de la pluie, sur le cuir tout autour maculé de carmin et aux vitres contre lesquelles ses glapissements de bête se répercutent.

C'est brutalement, qu'il la ferme. Aussi brutalement qu'il s'était mis à brailler.
Et le faciès ravagé par les larmes et par son épouvante, il se retourne, pourvu d'une gestuelle mécanique. Il s'est séquestré sous la chair, le bel ange. Au tréfonds du corps qu'il habite. Qu'il pourrait laisser là, crever avec elle. Assis sur ce siège pour ne plus en bouger.
Et ses pupilles traquent un objet, un outil. L'attention balayant le siège passager, le buste se penchant pour ouvrir la boîte à gants et trouver, peut-être, de quoi immédiatement la rejoindre, sa femelle. Pour ne pas qu'elle reste seule. Pour ne pas qu'elle ait peur. Pour ne pas qu'elle l'oublie ou qu'elle se perde. Parce qu'il ne promet pas, Azazel. Il ne promet jamais rien à Malphas, non. Il ne fait qu'agir et se taire et la ressentir trop intensément. Et il fouille, dans ce bordel de sacs en plastique, de papiers. Un bric-à-brac de conneries qui le rend dingue. Il fourrage, éventre. Sans dénicher quoique ce soit qui puisse lui labourer la tempe jusqu'à atteindre la matière grise ou lui déchirer la viande jusqu'à trancher le myocarde.
Alors il rage, une ultime fois.
Et il repose ses mains sur le volant et il démarre, sans saccade. Sans hâte. Il démarre parce que le feu est passé au vert et que les automobilistes s'impatientent.

Azazel fixe la route qui défile. Jusqu'à ce que la pensée lui soit rendue, jusqu'à ce qu'un éclair de lucidité lui perfore le crâne. Et il reprend de plus belle, sa vertigineuse escalade. Il passe, louvoie entre les pare-chocs ; fait crisser les pneus et grille une dizaine de feux, de priorités. Manque par trois fois la collision. Fout un foutoir incroyable derrière et devant. Laisse une traînée de carnage sur son passage. Et sans doute les flics viendront le trouver, le coffrer, après tout ça. Et sans doute se passera-t-il énormément de choses dont il n'entraperçoit pas même le commencement. Puisque c'est devant l’entrée des urgences qu'il s'arrête.
Et il sort, de la bagnole. Ouvre la portière arrière et récupère son précieux fardeaux et s'avance, déphasé. Il s'avance sans parvenir à crier un mot. Un appel. Mutique et choqué. Il s'avance juste, les jambes raides comme deux troncs d'arbre qu'on aurait laissé pourrir. Plein de moiteur, plein de faiblesses, bouffés de l'intérieur par des champignons, par la vermine qui menacent de les faire s'effriter et s'effondrer.
Il a le regard bloqué sur l'intérieur, sur le lointain qu'il arpente. Le corps inerte et froid de Malphas entre les bras. L'hémoglobine qui les macule suffit pourtant, après une presque minute, à interloquer l'assistance, à happer l'attention d'une infirmière puis d'une seconde. Puis c'est tout un troupeau de blouses multicolores qui s'agite autour de lui et qui lui demande de lâcher, de lâcher sans qu'il ne comprenne quoi, sans qu'il ne comprenne qui. Alors on force l'enclume que son ses bras et il panique, Azazel. La respiration devenue bruyante et le torse violemment soulevé par un oxygène dont il n'a même plus conscience. On lui demande ce qui est arrivé, on l'assomme de questions. Mais prisonnier de sa psyché, de ses muscles crispés, de sa cage dans laquelle il s'est lui-même enfermé ; Azazel ne répond rien.
Et on la prend, sa femelle. On la fout sur un brancard et elle disparaît pendant que le sol sous lui vacille. Sans qu'il ne comprenne, encore et toujours, ce qu'on attend de lui. Ce qu'on lui assène. Trois aides-soignants le maintenant sur le carrelage blanc quand un infirmier lui plante une aiguille dans la gorge. Parce qu'il a cassé le nez d'un médecin, parce qu'il a foutu à terre deux infirmières et parce qu'il hurle et hurle, frénétique et démentiel.

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Trois jours à son chevet.
Trois jours sans en bouger. Pas même pour aller bouffer.
C'est une infirmière, qui a pris l'habitude de lui demander, ce qu'il voulait. Un verre d'eau, un sandwich, un café. C'est cette même infirmière, démone fichant l'organisation en l'air, à l’hôpital Robert Debré, qui lui a ramené un bas de jogging et un tee-shirt qu'il y avait, en réserve. Pour qu'il enlève le trop plein de rouge qui le fait encore se figer, dès qu'il aperçoit un médecin ou cette même infirmière, qui vient vérifier l'état de la patiente – dont on n'a pas encore trouvé l'identité. Car Azazel n'a pas ouvert la bouche depuis trois jours. Emmuré en lui-même, mais calme. Calme depuis qu'on l'a laissé la revoir. Installé sur sa chaise, là, à côté d'elle. À côté de Malphas, et de son corps dans lequel ils ont osé enfoncer tellement d'aiguilles, duquel il sort tellement de fils et de bruits sur les moniteurs non loin du lit.
Elle l'a reconnu, l'infirmière. Elle les a reconnus. Et elle n'a rien dit. Petite blonde ayant juste fait en sorte, d'augmenter la pagaille ambiante. Pour dissimuler, tout ça. Pour dissimuler deux de ses supérieurs en trop mauvais état.
Il s'est décrassé, un peu, le fauve. Parce que la petite infirmière l'a aidé, avec lenteur, avec précaution. En faisant des gestes précis, et concis. Avec un gant de toilette et une bassine. Il ne voulait pas bouger, Azazel. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait plus.
Et il a fini par s'endormir, les cernes violacées sous les cils, le teint cireux, la barbe de trop de jours lui mangeant la face.
C'est la bouille et les épaules sur le bord du matelas où demeure sa moitié, qu'il a sombré. Sa main à elle, déposée sur sa joue à lui. Délicatement. Comme dans un simulacre de caresse, pour se rassurer. Pour réussir à se reposer, pour ne plus cauchemarder son absence.


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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mar 13 Juin - 23:12 ()
Dead inside
You left me here to die alone


Abyssus abyssum invocat.

Il fait noir, et froid. Là où elle est, là où elle se trouve. Noir, et froid, et calme. Sa conscience s'étend dans un océan de néant et de ténèbres possessives, s'étale dans la vide immensité de son abandon, se répand dans les recoins du trou noir qui la dévore. Il n'y a personne, rien, pas un bruit ni un souffle, dans le tunnel qui est sien. Une route, un sentier incertain et irrégulier qui se dresse devant elle, et qu'elle suit, qu'elle suit mornement, décharnée et épuisée. La sérénité toute relative du coma offre des échos au chaos de ses pensées, de ses souvenirs et de ses ressentiments. Le chemin est long et le périple sans escale, elle le sait. Elle le sait et elle se rappelle, mollement, de sa grandeur à conjuguer à l'imparfait. Elle a foulé le monde entier, Discorde, et les époques et les ères, les millénaires ont été siens, les guerres et les paix, les croisades et les amnisties aussi. Elle a été partout, dans la vie de tout homme, de chaque bête, du moindre instant. Elle a connu les couples, les familles, les amis, les alliés. Elle a tout brisé, Discorde, sans jamais cesser sa course folle et destructrice, galvanisée de ses appétits démoniaques. Le sang et les cadavres rappelaient son passage, signaient ses méfaits. Elle a trouvé l'ordre pour y semer la zizanie, su transformer l'harmonie en apocalypses délicates, et quotidiennes. Parfois grandiloquente, d'autrefois discrète. Elle a plongé les griffes dans les noirceurs du monde et s'en est nourrie voracement, éternellement belliqueuse. Et elle a fauté, tant de fois, frôlé la victoire et connu l'échec. Elle a su vaincre comme échouer, rompue à une partition séculaire et sacrée. La Vie, emprunte d'une majuscule ontologique, qui l'a portée à la surface du globe et dans les profondeurs des Enfers.

La Vie, cette sale blague, ce mensonge éhonté qui promet éternité et invincibilité à qui veut bien le croire. La Vie, avec sa ligne verte, son fil rouge, et sa putain de date de péremption. La Vie et ses promesses volages, ses sacrilèges élémentaires et ses fausses joies. Sa Fin, surtout. Sa fin, en minuscule, ridicule de pragmatisme et de conneries.

Et le chemin est long, terriblement long. La marche est sereine, horriblement calme, pénible d'apaisement. Elle ne veut pas s'apaiser, Malphas, elle veut hurler, gueuler à la face du monde l'étendue de sa révolte, et tout ce qu'elle aurait encore voulu vivre, et détruire, et réaliser. Et tout ce qu'elle aurait aimé connaître, et reconnaître. Tout ce qu'elle ne connaîtra pas. Tout ce qu'elle ne verra pas. Et la Vie, qui lui échappe et l'oblige à prendre ce sentier insensé qui mène sa psyché aux détours de questions sans réponse. De pourquoi et de quand, de qui et de quoi, qu'elle ne devinera pas. Pour la première fois depuis des éons, les traits étrangement familiers et lointains de son époux s'impriment sur ses rétines, et lui rappellent sa première existence, et sa première mort. Suivie des brasiers de l'Enfer, quand ils la brûlaient encore, quand elle en avait peur. Et Lui. L'Ange Destructeur, le Bourreau. Et sa face horrible, et son rire de dément. Sa toute-puissance en étendard et ses sombres desseins à son égard. Lui, dans les ailes duquel elle a grandi, s'est construite. Lui qui l'a accompagnée tout au long de son éternité, qui l'a bousculée, brisée, forgée. Lui qui l'a maltraitée, soumise. Lui qui s'est approprié son âme et a apposé son sceau à sa charogne. L'Ange aux crocs acérés qui l'a maudite, à jamais. Qui l'a aliénée, rendue autre. Et qui l'obsède, encore, même au seuil de la mort, même à deux pas de la fin. Puis ça se précipite, là, les millénaires défilent, et les guerres, et les crasses, et Lui, et les autres. Les visages de frères infernaux se dessinent, Orias ou Astharoth, et des siens, de ses choses, à elle. Et Phenix, puis Marax, Mekmenas, ses enfants. Et aux empereurs, et aux grands penseurs, ceux qu'elle a détruits, se succèdent d'autres, moins connus mais tout aussi passionnants à écorcher. Et Lui, encore Lui, toujours Lui. Puis le Schisme, puis la chute. Et Garance, Garance qui se substitue à tous les visages qui ont été les siens. Et Cecil, le jumeau, la moitié organique, l'autre caryotype. Et Priam, Priam l'insolent, l'intransigeant, le conteur, celui qui caresse et qui ment, éhontément. Et cette vie parisienne, et ces hérésies perpétuelles à sa nature profonde. Et Lui. Encore Lui. Lui en obsession, en maladie.

Dans le fin fond de ses ténèbres délirantes, il lui semble pourtant que l'on fourrage ses organes.

*

Vertige nauséeux, deux secondes avant de retrouver son corps et ses contours. La conscience retrouve sa prison de chair et ses limites, et ses douleurs, son épuisement. Autour d'elle, une symphonie atroce de bruits électroniques et mécaniques vient cueillir ses oreilles éveillées. Elle grogne, Malphas, et la déformation de sa propre voix la glace. Le corps parcouru d'un long frisson se tord un peu sous les draps aseptisés du centre hospitalier. Elle ouvre un œil, le referme, puis tente à nouveau l'expérience. Et sa carcasse lui est inconfortable, presque étrangère. La douleur est toujours là, comme un monstre ronronnant caché dans ses entrailles. Elle est tirée à quatre épingles, littéralement. Et ses membres sont lourds, gauches, indociles. Elle gronde, encore, faisant concurrence aux machines dans un élan de révolte, de panique. Elle veut parler, Malphas, elle veut parler et elle ne peut pas, et elle s'étouffe. Sursaute dans un gémissement qui résonne, résonne dans le tube qui lui encombre la trachée. L'électronique s'emballe et hurle, pour elle, tandis qu'elle précipite ses doigts maladroits à ses lèvres, pour s'emparer de l'intrus et l'arracher, le tube. Les machineries chantent une angoisse programmée, annonçant son trépas quand elle ne fait que se réveiller, les pupilles dilatées par l'adrénaline et la violence de son réveil, ce réveil qui la vide presque instantanément de ses forces et la plaque au fond de son lit d'hôpital, une quinte de toux venant la secouer encore un peu. Un sale goût métallique s'installe contre ses molaires, un vieux relent sanguin qui lui soulève le cœur et lui arrache une grimace. Ça court, dans le couloir, ça se précipite en direction du chevet de la blonde inconnue.

Mais son regard le trouve, Lui. L'Impie qui l'a abandonnée et l'a forcée au seuil des plus dévorantes de ses folies. Lui qui l'a tuée, tant de fois, et une fois encore. Qui a bien failli l'avoir pour de bon. Et leurs regards s'étreignent, déments. Des sentiments contraires achèvent de venir perturber le cours de son électrocardiogramme. Elle le déteste. Elle le hait. Elle l'adore. Elle a envie de le tuer. De l'oublier. De le prendre dans ses bras. De se réfugier dans les siens.

La silhouette abandonnée à son lit aux draps froissés, ses cheveux en auréole bordélique, elle Lui sourit pourtant, faiblement, comme une enfant regarderait son géniteur, candide et naïve, presque fière de son maigre bout d'existence encore trop incertain, beaucoup trop faible. Avec une petite pointe d'obscurité, un accent vaguement narquois à sa découverte.

Putain, tu vas morfler.
Fallait pas me louper.


- a game of shadows, shall we play ?  -

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Connasse
" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Jeu 15 Juin - 0:16 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Ce ne sont pas les mouvances de Malphas qui le tirent hors du sommeil. Ce ne sont pas ses torsions de jambes, de mains, de buste qui soulèvent et froissent le drap qui la couvre. Non. Ce qui l'arrache à sa quiétude, c'est la toux, d'abord. Cette quinte perforant ses tympans et lui vrillant immédiatement les instincts. Ce rauquement grave et glaireux, terrifiant, résonnant dans la chambre mal éclairée et puante de cette odeur caractéristique des hôpitaux. Et de la vieille, à côté, qui sur son lit crève à petit feu, sans rien dire ni rien demander – juste un peu de paix qui aujourd'hui lui sera refusée. Car Malphas se réveille. Et Azazel émerge, douloureusement. Les muscles engourdis, durcis, par la fatigue et par l'anxiété.
Une paupière d'abord se rétracte, tandis que l'autre reste collée. Fine membrane dévoilant à sa rétine un monde de carmin tendre et de veinules et de taches bleues. Une paluche s'écrase sur sa gueule qu'il frotte mollement et il la fixe, incrédule, sa foireuse Moitié. Il la scrute, sa si précieuse progéniture, son infernale déraison. Sans savoir s'il délire pour de bon, si son cerveau a cramé. Ou si la réalité le rattrape, le secoue comme un vulgaire fantoche aux membres décousus.
Aucun mot ne parvient à franchir le seuil de sa bouche, lorsqu'il comprend qu'elle est de nouveau là, parmi eux. Avec lui. Surtout, avec lui. Il ne perçoit que son palpitant qui bat, fort, si fort et trop vite, sous les côtes et le cuir tendu par-dessus.
Il inspire, Azazel. Les naseaux dilatés et les mâchoires scellées.
Et il n'a pas le temps d'expirer qu'on l'attire déjà en arrière, qu'on lui intime de se casser, de se pousser, de laisser la place à ceux qui sauront quoi faire, à ceux qui pourront gérer. Et il y a ses poings, qui se serrent. Sa mandibule qui saille sous ses poils drus et son attention qui vacille. D'elle à eux, d'eux aux machines qui braillent, et d'elle à eux encore jusqu'à ce que son dos percute un mur. Et qu'il se retrouve, démuni, détaché de tout ; sans plus d'affects avec quoique ce soit qui puisse se tenir entre deux doigts. Comme au commencement. Depuis la première heure. À l'imagine de sa Chute, va-t-il jusqu'à penser. Les omoplates collées au plâtre peint d'une espèce de vert dégueulasse.
Sa paume se plaque derechef sur sa trogne. Et ses tiges tâtonnent les cernes violacées qui lui creusent le dessous des globes. Massent les bouffissures nées sous les cils. S'évadent à son crin châtain clair, qui n'est qu'un joyeux bordel. Autant que peut l'être sa barbe ; cette barbe qui lui dévore les joues, qui lui dévore le menton, qui lui dévore possiblement les lèvres.
Et il est là, Azazel, amorphe dans son tee-shirt hideux, dans son pantalon de jogging sans forme. Les pieds nus sur le froid du sol. À regarder, de ses prunelles délavées, ce ballet de créatures qui virevoltent en tous sens autour de celle qu'il a cru – qu'il a vu, qu'il a senti, qu'il a su – le quitter.
Et lorsqu'une infirmière lui jacte de sortir, lui assure qu'on l’appellera mais qu'il doit patienter dans le couloir, pour son bien, pour leur bien, pour que chacun puisse faire son travail ; il abdique, le déchu. Sans grogner, sans lutter. L'échine courbée. Il hoche vaguement la tête, parce qu'il comprend, parce qu'il entend, ouais. Et puis la vue rivée aux bouts de ses pieds, il passe la porte de la chambre et disparaît.
Percute un énième mur et laisse le corps de Christopher choir jusqu'au carrelage quand lui se planque à l'arrière du crâne, aux creux des tripes. Assis, quilles repliées contre le torse et bras croisés sur les rotules. Il attend, parce qu'il ne sait plus faire que cela. La conscience engluée dans une flaque de trouille et de deuil qui à chaque seconde paraît se renouveler. Puisqu'il n'est plus sûr de quoique ce soit, le bel ange. Ébranlé dans ses convictions, dans son lendemain, dans sa propre existence – cette existence qui ne clame rien de glorieux ni de puissant. Il aurait pu en finir, avec elle. Il aurait pu s'évanouir, avec son soupir. Dans l'indifférence et l'ignorance de chacun. Et peut-être qu'il n'y aurait pas eu ce Père trahi, pour le recueillir. Et peut-être qu'Elle n'aurait pas été là, pour le recevoir. Et peut-être qu'il n'y aurait eu, finalement, qu'un néant infini et permanent.
Il se recroqueville, l'homme redevenu enfant. Les bras enserrant ses mollets quand son front cogne ses genoux. Et il respire, consciencieusement. Suit un rythme précis, compte le nombre de fois où l'oxygène rentre et sort, de sa gorge. La cadence en berceuse qui sans tarder l'endort.

C'est une main sur son épaule qui le fait tressaillir.
La bête sursaute, montre les crocs et un bras hissé, arqué, menace de s'abattre ; car toujours Azazel éprouve le danger et la douleur d'être. Car toujours Azazel perçoit menaces et carnage lui flatter l'encolure.
Et soudain le visage de la petite infirmière démoniaque se redessine à travers le brouillard de son horizon. Et il abaisse les babines autant qu'il abaisse la patte. Et il soulève, non sans son aide, sa masse entière ; pendant qu'elle babille. Elle lui dit « c'est bon » elle lui dit « vous pouvez aller la voir » et elle lui explique « qu'ils pourront sortir, qu'elle s'occupera du reste » et elle ajoute à ce baratin un clin d’œil qui l'indiffère.  

Azazel s'avance, suit les indications fournies : cet index tendu vers un numéro et une chambre et un sourire contrit pour saupoudrer l'ensemble.
C'est ainsi qu'il appuie sur la poignée et pousse la porte et rentre dans l'antre de sa sublime hantise. Immédiatement, ses iris-tempêtes coulissent en direction de celle qui repose encore sur le matelas. Et il referme la lourde mais ne s'approche pas. Il ne peut plus. L'huis clos en contact solide et sécurisant dans son dos ; lien irréfutable avec le tangible qu'il préserve.
Et il attend, impitoyablement. Prisonnier de ses nouvelles habitudes. Bouille renfrognée, intellect inapte à la moindre cohérence. Inapte à la parole qui sache ouvrir une discussion, qui sache exprimer sa colère ou son soulagement, son adoration ; qui sache désamorcer la querelle, qu'il devine lui picorer l'épiderme. Cette querelle dont Discorde ne pourra pas se passer et qu'il n'a pas le courage d'affronter.
Ainsi, Azazel reste là.
Borné et farouche. À lorgner non plus son Autre, mais les dalles blanches et les jointures sous ses orteils.
Et il y a les larmes, en infâmes traîtresses, qui dès à présent sinuent sur sa trogne, dégoulinent à ses narines et se perdent dans sa barbe. Humectent sa face qu'il garde baissée, et dont les traits se tordent, implacablement, sous le lacis de sentiments qui lui bousille la psyché.
Mutique et enchaîné à sa pudeur saccagée par l'instant et leur proximité, il renifle, Azazel. Il ravale sa morve et sa chiale. Battoirs planqués, il entortille ses phalanges et plante ses ongles à sa chair. Et il se griffe pour ne pas fuir, ne pour pas vagir, pour ne pas supplier tout un tas de conneries qu'il regrettera, dont ils se fichent. Pour ne pas exploser et tout réduire en charpie ; elle et eux et la vieille au fond et ce silence, tout autour. Et leur substance, déchirée, qu'il suppute avoir perdue quelque part parmi le vide dont elle l'a accablé, sous l'averse, sur la banquette arrière et il délire et il revoit tout le rouge, tout son rouge, sur le bitume et sur ses bras.


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Dernière édition par Christopher Lion le Ven 16 Juin - 10:07, édité 1 fois
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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Jeu 15 Juin - 23:15 ()
Dead inside
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'Cause every time is the Last time,
And I'm kicking myself just trying to be understanding

Il disparaît, l'Ange, dans la nuée d'abeilles qui s'engouffrent dans la chambre, et qui l'éloignent, l'éloignent sans comprendre ce qu'elles sont en train de faire. Car à l'heure où les convictions belliqueuses de la blonde vacillent, le corps médical vient lui faire la liste des traumatismes qui sont les siens, avec précision et gravité. Elle ne se rappelle plus comment son bras a été cassé, d'ailleurs, et sa mémoire s'érode avec la fatigue. Et il disparaît, l'Ange, l'abandonne une nouvelle fois aux mains dures et froides qui viennent tordre sa silhouette, et l'examiner, agresser ses yeux de lumières trop claires, de questions trop précises et pressantes. Le professionnalisme des médecins et des infirmières ferait sans doute frémir plus d'un démon de la sphère des maladies, tandis qu'ils la passent en revue et au crible. Les hurlements des machines ne cessent d'intensifier les humeurs, les réactions. Puis ils interrogent, bien sûr, sur l'identité de la patiente inconnue, et sur ses antécédents, et sur le reste. Et elle demeure mutique, d'abord, elle résiste tant qu'elle peut, essaye de se détacher de ces questions trop intrusives, trop dangereuses... Le mensonge trouve une voie naturelle, modèle une identité lointaine, murmurée à demis mots las, juste ce qu'il faut pour nourrir les monstres administratifs et curieux. Elodie Thomas, une belle blonde qui travaille dans une librairie du treizième, qui n'aime pas avoir un prénom pour nom de famille. Elodie Thomas aspire à devenir mannequin, son curriculum vitae traînait la semaine dernière sur le coin du bureau de la directrice marketing, déposé là par les bons soins de Jessica Myers et son indéfectible bonne humeur, parce qu'elle la trouvait jolie. Parce qu'elle ressemblait un peu, de loin, à Garance Lesquen... Et que Garance Lesquen ne peut pas, elle, se trouver dans un hôpital en aussi mauvais état... Mais Elodie Thomas, elle, aura eu un accident de voiture particulièrement violent alors qu'elle se rendait dans le vingtième. Elodie a de belles excuses, des arguments ronflants et fatigués, un peu geignards, un peu faibles. Elodie bénéficiera d'une prise en charge tout à fait satisfaisante et disparaîtra avant que son identité ait vraiment pu être vérifiée. Elle les abreuve d'illusions, les médecins, ceux qui se félicitent et s'applaudissent de l’œuvre qu'a été leur besogne sur ce corps abîmé, martyrisé. Nul ne soupçonne le travail dantesque de l'essence démoniaque planquée tout au fond de la carcasse, celle-là même qui se fait toute petite et se tapit derrière ses grands yeux bleus pour ne pas être reconnue, celle qui s'épuise à se reconstruire et à survivre dans le vide. Perdue au milieu des professionnels de santé, Malphas ne comprend pas pourquoi l'Ange ne l'a pas laissée crever.

Les machines se taisent, arrêtent leur vendetta contre le vide, à mesure qu'elles sont éteintes et domptées. Les poches se vident, se remplissent, et les aiguilles changent. Son corps en sacrifice au dieu médecine, Malphas attend son heure, les prunelles rivées à la porte qui L'a avalé pour ne pas le recracher. Elle sort de son corps pour n'assister à la scène qu'en sinistre spectateur, pantin de chiffon à peine présent, obsédé par une porte, rongé par la lassitude et l'épuisement. La douleur est toujours là, compagne indocile et possessive... Si bien que le temps passe, et s'étend, lui dérobe des minutes entières d'une existence vidée de son sens. Elle n'attend que son heure, la Monstruosité.

« Il faut vous reposer, maintenant. Nous repasserons plus tard, n'hésitez pas à appeler... »

La libération ne vient pas tant de leur départ que du retour de la silhouette imposante de son Maître. Parce qu'elle a faim, la Garce, elle a la dalle, les crocs, le meurtre au bout des canines. Elle a envie de le voir et besoin de l'atteindre, de lui faire mal. Discorde s'éveille à un monde qui n'a pas daigné l'étreindre une dernière fois et laisse sur son palais un vieux goût d'inachevé et de douleur diffuse. Qui l'aliène et l'achève, encore un peu, ramenant par vagues immondes le souvenir de l'abandon qui l'a plongée dans la plus abrupte des déraisons. Qui doit être consumée et consommée, sans plus tarder, pour ne pas jaillir à nouveau par tous les pores de sa peau et la jeter sur un autre champ de bataille dont elle ne reviendra pas. Elle le sait, Discorde, qu'il est enfin l'heure. Et lui aussi.

Lui qui referme la porte et qui ne la regarde qu'à peine. Lui qui reste sur le seuil de la chambre et qui ne dit rien, qui ne fait rien. Qui ne dit rien. Rien du tout, pas un mot. Et la morsure faite à son ego en l'instant est l'ultime blessure qu'il lui inflige, sans réaliser la dangerosité de ses choix. Mauvaise pioche. La Créature , toute affaiblie qu'elle est, sent la rage galvaniser son être, prêt à repartir au front et livrer combat. Elle ne comprend pas, n'accepte pas, se révolte dans un silence que le bruit des machines n'arrive pas à atténuer. Les non-dits en vertiges insupportables s'imposent sans la moindre délicatesse. Il aurait pu, aurait dû, avoir préparé son entrée. Il devrait parler, agir, lui et sa gueule de déterré, dévorée par une barbe qu'elle rêve de carboniser. Pour que les flammes lui bouffent le visage et le blessent à son tour. Toute à son égoïsme, ses prunelles refusent de voir les rigoles humides qui creusent la face de l'Autre. L'Autre qui se mure dans son silence et qui attend sans doute qu'elle courbe l'échine et le supplie de la pardonner. La pardonner d'avoir frôlé la Mort et de ne pas avoir attendu, sagement, qu'il accepte de la considérer. Alors, seulement, le souffle qui n'est ni à lui ni à elle vient déranger son oreille et attire son regard. Il y a une vieille, là, dans un coin de la pièce. Une vieille âme décharnée qui l'incommode et l'oblige à se taire, elle aussi, à ne pas hurler, à ne rien briser. Faire profil bas, comme lui qui reste immobile, les yeux amoureux du sol et indifférent à son existence. Sa putain d'existence qu'il l'oblige à conserver quand elle ne veut plus de ce monde et de cette réalité s'il n'entend plus y demeurer.

Compréhensive, elle refuse de l'être, pas plus qu'elle n'accepte d'être docile ou sage. Parce qu'elle a mal, Malphas, et qu'elle déteste cet état de faiblesse récurrent dans lequel il la plonge, monstrueusement dépendante de ses regards et de son attention. Ses bras, elle voulait ses bras. Et son âme. Et ses lèvres. Et sa chaleur, son odeur, tout ce qu'il a à offrir, et qui l'obsède, irrémédiablement, comme une nécessité pernicieuse à sa vie, que les analyses des médecins ne savent ni quantifier ni prescrire. Elle pourrait se briser, là, ivre de rage et de douleur, d'indifférence et de vindicte. Et ses colères ignorent sa détresse, à Lui, les larmes qui se perdent dans sa barbe et les cernes qui boursouflent ses traits.

« Tu te fous de ma gueule... », murmure-t-elle, hargneuse, se détournant de la vieille pour planter ses iris d'apocalypse sur sa silhouette courbée et immobile. Cette silhouette qui refuse de l'approcher et de lui offrir ce pour quoi elle était prête à mourir. Dramaturgie ridicule. Tu me tues. À chaque seconde de ma vie, tu m'assassines. Et la colère ne décroît pas, faisant vaciller le calme apparent de sa carcasse soumise à sa trop grande fatigue et ses mortels dysfonctionnements. La paranoïa revient, implacable. Tu l'as fait exprès.

« Va-t'en. » Elle ment, éhontément, s'infligeant stupidement une balafre de plus. « Il faut que tu partes. Et moi aussi. » Le pragmatisme du constat en gifle glacée. « Je ne peux pas me permettre d'être retrouvée, je vais me débrouiller. » Et elle l'exclut, déjà, de sa convalescence et du reste. Parce que si tu ne veux pas de moi, je ne veux plus de toi. Parce qu'elle est mauvaise, et puérile. « J'ai pas besoin de toi. »

Et l'Hérésie éclate, dans cette chambre silencieuse où deux âmes se déchirent et où une vieille s'accroche sans raison à la vie. Et le Blasphème s'installe, défigurant la prêtresse d'une religion déchue, brisée. Elle n'a pas la force de pardonner et lui pas celle de la forcer, à se taire et à le recevoir, à être douce, et sage, et gentille. La Progéniture s'octroie tous les droits, défiant son Roi.

« Casse-toi, j'te dis, au lieu de chialer comme un gosse. Dégage ! » Et sa voix se détériore, en prenant du volume, laissant apparaître les failles et les angoisses. Elle se rassure, pourtant, ment encore, comme un arracheur de dents. « J'ai pas besoin de toi. » Détale donc avec tes illusions et tes mensonges, tes abandons et ma raison.

Et à le répéter, sans doute parviendra-t-elle à se convaincre. Sa voix en murmure, en prières abrutissantes et destructrices. Elle le répète, encore et encore, au bord du précipice. Qu'elle n'a pas besoin. Qu'elle ne veut pas, ne veut plus. Qu'il peut aller crever en Enfer si ça lui chante. Qu'elle n'a pas, non pas du tout, besoin. Et elle ment, elle ment, et elle attaque, elle cherche à blesser, elle traque. Elle leur fracasse l'intérieur à la masse, monstre débile et méchant. Pourtant, il paraît que la vérité sort de la bouche des Enfants.

- a game of shadows, shall we play ?  -

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Connasse
" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 18 Juin - 20:45 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

— Tu te fous de ma gueule... jappe-t-elle.
Et il s'étrangle, dans sa glaire.
L'ogre vacille, pris entre les filets d'un sentimentalisme écœurant. Ça lui perfore le crâne, toutes ces conneries. De lui à elle, et d'elle à lui. Les paroles rebondissent. Les paroles suintent d'un venin qu'il lui reconnaît charmant d'ordinaire ; dont il s'abreuve. En silence. Toujours, son insupportable silence et sa tronche tordue par son ivresse de tout. Du lieu au climat, de l'heure à l'âme. L'ensemble se heurte, l'ensemble se traverse de part en part. Et il reste là, le dément. Il reste simplement sur ses deux quilles, la face penchée sur ses orteils, sur les dalles blanches, sur un rien qui le tranquillise. Qu'il tente d'imprimer à sa rétine puis à son cerveau, afin d'effacer les tourments s'enroulant à son monde. Un tas foireux de souvenirs morbides. Une abondance de déséquilibres, qui sitôt provoquent sa suffocation.
Azazel n'est qu'un clébard sous le soleil. Son soleil. Qui brûle plus sûrement que le brasier qui les attend, tous, au glorieux Royaume de Dis.
— Va-t'en, dit-elle.
Va-t'en. Il l'entend, l'ordre. La parole. L'imploration. Va-t'en.
Et il est là, une pogne heurtant sa bouille humide. Pour en soustraire les sillons de larmes, pour gommer les chagrins et les peurs infantiles.
— Il faut que tu partes. Et moi aussi.  
Ça se redessine, soudain. Parce qu'elle se reprend, parce qu'elle se pend à la réalité brute. Cette réalité qu'il connaît dans ses menus détails, depuis trois jours et une nuit. Depuis qu'elle lui a fait perdre la raison en repeignant l'univers d'incarnat.
— Je ne peux pas me permettre d'être retrouvée, je vais me débrouiller.
Et sur le faciès du déchu, s'invite une risette crasse. Une esquisse de sourire. Un brouillon de joie. Une esquille d'hilarité qui lui découpe la bouche et les joues. Il chavire, Azazel. Une énième fois. De l'angoisse il passe à l'euphorie. Il se défonce la matière grise devenue noire ou devenue glaise. Il est secoué, par le virus qu'il se traîne. La mauvaise grippe. La saloperie accrochée à ses côtes, à ses flancs, à ses tempes, à ses doigts. Cette saloperie invisible et pourtant bien réel. Cette saloperie lâchée par une sorcière – de cela, il se persuade. Et il comprend, brusquement, l'inquisition, les bûchers ; et il pourrait attester devant Dieu, devant Gaïa, devant qui que ce soit, qu'aucun foutu démon n'est à l'origine de cette création. Telle garce pourtant devrait rôtir aux Enfers. Empalée par ses soins. Grillée à point au-dessus des braises de son antre.
— J'ai pas besoin de toi. 
Il retient un éclat de rire. Cet éclat coincé au-dessous de la glotte qui se transforme en gémissement. En sursaut. En tressaillement secouant les épaules et le torse. Pareils à des émois de loque humaine.
Les perceptions s'entrechoquent, enflamment les tripes, dégradent davantage les larves de sa cervelle. Et il se muselle, Azazel. Il s'oblige à ne pas gerber sa colère, sa haine – cette haine qui lui ronge la ventraille. Parce qu'elle l'a quitté ; elle l'a quitté dans l'obscurité d'un hangar, à l'arrière d'une bagnole volée.
— Casse-toi, j'te dis, au lieu de chialer comme un gosse. Dégage !
Il n'a pas l'opportunité de vomir ses insanités, puisque Malphas le fait à sa place.
Et elle recommence et elle feule.
Et sa trogne se convulse plus fort et ses prunelles bavent sa chiale informe, au goût de Paradis – ce Paradis dont il ne se souvient les contours et les préceptes qu'en symbole de prison.
— J'ai pas besoin de toi, répète-t-elle.
Achevant l'affront, s'abrutissant à réaffirmer ses mensonges avec des murmures. Mélodie abjecte qui lui soulève le cœur ; la nausée aux bords des lèvres et la fureur aux coins des yeux.
Il se redresse, Azazel. L'épine dorsale craquant quasiment, sous l'immobilité dans laquelle on l'a contraint, dans cette absolue soumission à laquelle on l'a plié. Et il se dématérialise sans un regard. En un battement de cils. Pour disparaître et possiblement céder à ses appels, à elle. Elle qui dégueule ses premières paroles depuis son presque-trépas, pourvue d'un mordant frisant la malveillance.
Et il se retrouve, là, derrière l'hôpital. Dans un angle du bâtiment où personne ne le verra saccager la pelouse à faire les cent pas. Où personne ne le verra se prendre le crâne entre les mains et se le cogner, frénétiquement, identique au plus misérable des détraqués. Et il se cogne, Azazel. Il se cogne et se cogne encore, jusqu'à faire rentrer une bonne idée ou sortir celles tachées de goudron.
Il faut une minute, ou deux ou cinq ou dix.
Et il reparaît dans la chambre tel un ouragan. Il réinvestit l'espace, prêt à déverser son flot de colère illimitée. Sans plus se soucier de la vieille qu'il aidera à crever, si nécessaire. Cette vieille qui tressaute et couine tandis qu'il repose ses pieds sur les dalles blanches et leurs jointures, tandis qu'il se gonfle les poumons des odeurs insupportables de morts et de désinfectants.
Au-dessus de Malphas, le bel ange se penche. Une paluche lui enserrant la mandibule et le museau s'approchant. Les phalanges crispées sur l'os qu'il manque fracturer, il la fixe, mutique quoique déchaîné. Il la scrute, sa glorieuse engeance. Et relâche pour revenir dans la seconde. Le plat de la dextre choquant son adorable frimousse. Une gifle, ni plus ni moins. Une gifle dont le bruit sec explose dans l'atmosphère.
Et lui agrippant une poignée de sa flavescente tignasse, il tire, la ramène droit sur lui. Et il éructe tout contre sa lippe :
Tu devrais apprendre à fermer ta gueule.
Il s'interrompt, prend le temps de mirer la trace de son coup maquiller de rouge la pommette et la joue. Azazel renifle ensuite, le nase encombré de morve, la tête encombrée d'exaspération.
Sans déconner, tu crois sincèrement que t'as des droits, mhh, interroge-t-il. Sans attendre de réponse. Il violente. Sans attendre de réplique. Il redevient l'animal qu'il est, derrière le masque de peau, le masque d'homme.
—  Tu crois sérieusement pouvoir choisir quoi que ce soit.
Il n'y a aucun ton. C'est un grondement. Un grondement qu'il veut bas, pour ne pas éveiller les oreilles bouffées par le sénilisme. Il montre les dents, Azazel. Babines soulevées en une grimace fauve. Apte à lui claquer les incisives sur le visage.
Tente de m'échapper encore une seule fois, rien qu'une seule, et je te jure que ce ne sont pas des putains de points de sutures qu'il te faudra.
Et au verbiage se joint le geste. De sa patte libre, il appuie sur la plaie qui postillonne son fluide écarlate, imbibe le bandage. Et l'empêchant de bouger, de voir, de s'inquiéter de son état en raffermissant sa prise sur son crin blondin, il peste :
Pourquoi t'as joué avec notre existence, mhh ?
Il trébuche, dans sa haine. Le pluriel quand il n'est question que de singulier. Le singulier qu'il confond, qu'il n'imagine pas autrement dès lors qu'il n'y a plus qu'elle, autour de lui et au-dedans. Il se vautre sans même s'en rendre compte, dans son obscène dépendance.
Azazel, il s'esquinte, à trop la regarder. À trop chercher et secouer celle sous les traits de l'autre – celle qu'il traque immuablement, éperdument. Femelle arrachée au néant, femelle marquée par griffes et crocs plantés à sa substance depuis des éons.
De quel droit t'as osé me quitter, de quel putain de droit t'as osé t'en aller, râle-t-il. Broyé par ses incompréhensions ; ses appels ignorés et ses suppliques insoutenables, nûment omises de son intellect en fusion.


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Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: Dead Inside. Lun 19 Juin - 23:23 ()
Dead inside
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Regarde-moi. Mais il ne l'entend pas, l'Ange, et il reste là, prostré sur sa porte, sourd à ses suppliques silencieuses, hermétiques à ses mots les plus perfides. La respiration irrégulière de sa voisine de chambre vient peser sur ses nerfs et les tendre, insidieusement. Sans doute faut-il apprendre à mourir, à lâcher prise, et peut-être a-t-elle besoin d'aide, la vieille, une aide que Malphas sera ravie de lui apporter dès qu'elle pourra se lever. Juste après l'avoir rejoint, Lui, devant cette porte. Et de l'avoir secoué, violenté, martyrisé, de lui avoir arraché un regard, de force. Parce qu'elle veut, exige, qu'il la contemple et lui offre l'attention qu'elle réclame, qu'elle quémande, qu'elle le supplie méchamment de lui rendre. Et non pas de lui donner, car il lui semblait l'avoir toujours possédée. Ses illusions brisées font un bruit terrible, en s'éclatant au sol, rebondissant en éclats acérés jusqu'à ses pieds nus, à lui. Lui qui continue de l'ignorer et qui l'appauvrit, qui se moque et qui la blesse, encore et encore, sans jamais s'arrêter. La course folle des âmes lugubres ne trouvera de fin que dans celle de l'une d'entre elles... Elle le devine, sombre à son tour, tâchée par le souvenir du liquide noirâtre qu'elle a perdu dans les rues de Paris, dont les traces auraient dû mener jusqu'à son cadavre. Son cadavre parce qu'il n'était pas là, parce qu'il ne répondait pas. Qu'il ne répond pas. Qu'il ne la regarde pas. Et qu'il lui déchire la gueule, le cœur et l'âme, parce qu'elle ne comprend pas pourquoi il l'a ramenée d'entre les morts. Pourquoi il refuse, de céder à ses attaques, ou au reste, pourquoi il ne dit rien, qu'il garde son putain de silence comme un chevalier son armure et ses vœux de chasteté. Le volcan de rage qui dévore son crâne trouble sa vue et accélère le rythme désagréable d'une machine, sans qu'elle sache laquelle. Les bips résonnent, et percutent le carrelage, les murs et les vitres. Il se redresse, le Bourreau, et il disparaît, accédant aux injonctions de sa victime, mortifiée. Le gémissement qui vient couvrir le chant des machines ressemble étrangement à un hurlement. De rage. De douleur. Brûlée à vif jusque dans ses plus intimes pensées par la gifle infligée à son ego, la créature se tord dans le fond de son lit. Un lâche. Un lâche et un connard, un dévoreur d'âme, un tyran indifférent, et cruel. Mais un lâche, qui ne regarde pas ses erreurs en face. L'erreur éructe, s'étouffe dans son incommensurable colère, qui n'apaise rien et enflamme tout, surtout ses nerfs, et ses membres, et sa peau encore trop fragile. L'Erreur a les yeux qui la brûlent, et la gorge qui se serre, et elle tremble. Elle tremble comme un oisillon tombé du nid, abandonnée à la merci de ses prédateurs. Et elle a envie, elle aussi, de se jeter du haut d'un arbre. Surtout aujourd'hui, surtout maintenant, particulièrement dans cet état. Parce qu'elle ne s'en relèverait pas. Parce que t'es parti. Parce que t'es pas là.

Le monde s'effondre ou l’inconscience la reprend, pour un instant.

Une main l'arrache au sommeil, au petit trépas qui était le sien, l'attirant hors des nuées sombres et confortables de ses abandons pour la rendre à la réalité et à ses lumières trop vives. Elle gronde, la créature, ou peut-être gémit-elle, tandis qu'elle lève deux paupières pour contempler l'univers et les traits de Christopher, puis les iris d'Azazel. Et elle ne comprend pas, ne comprend plus, ne sait pas combien de temps son absence a pu durer. L'électricité entre eux devient agressive, intrusive, se lovant à leurs courbes irrégulières et incomplètes. Elle ignore tout à fait si le spectacle qui se déroule sous ses yeux fatigués lui plaît ou la dégoûte. Ce visage qui lui fait face tourmente son esprit, avec ses cernes qui lui bouffent les yeux et sa barbe omniprésente. Dans laquelle elle aimait se lover, autrefois, et qu'elle conjugue à l'imparfait. Discorde vibre, ou tressaute, renoue avec le pragmatisme de l'existence quand son palpitant part au galop, inflige des hématomes au creux de ses côtes, et à ses artères, à ses bronches. Parce qu'il est revenu. Et qu'elle est débile de dépendance, et de contradictions. Et qu'il est là.

La gifle qui la cueille et qu'elle accueille ébranle son être tout entier, d'un surplus de douleur à peine supportable, à peine concevable. Sa carcasse semble limitée dans le ressenti et ses sensations, le corps saturé par la douleur physique qu'irradient encore ses blessures, et les souffrances psychologiques qu'ils lui imposent depuis des jours. Des jours, maintenant, d'errance et d'abandon. Et il est là, l'Ange, et il se moque, violente, manipule. Dans tous les sens du terme. La paluche qui l'a arrachée à ses inconstantes inconsciences puis giflée la tyrannise encore, servant sa face en sacrifice à son propriétaire qui crache son fiel sur ses lèvres gercées dont le bleu mortifère ne s'est pas entièrement estompé. Et il dit, il dit qu'elle doit apprendre à fermer sa gueule, et qu'elle n'a pas de droit, pas le choix, qu'elle ne pouvait pas, partir comme ça, sans son autorisation. Parce qu'elle est à lui, elle est à lui et ne dispose pas de sa propre existence. La pression qu'il exerce sur l'un de ses pansements lui arrache un grondement emprunt de souffrance, de réclamation. Arrête. Dégage. Mais non. Parce qu'elle a joué, Malphas, et qu'elle a échoué. C'est ce qu'il dit, ce qu'il pense, ce qu'il répète, martèle. Le regard  fou, les lèvres inconséquentes, il attaque sans courber l'échine ni baisser les armes, les prunelles plantées dans les siennes au risque de la transpercer de ses méchancetés, de défoncer sa boîte crânienne et d'achever tout le joli travail qu'il a si bien entamé. Les phrases qu'il lui balance en pleine gueule résonnent dans son sac de chairs, s'en échappent par ses trous pour rentrer par d'autres plaies, et tourner ainsi, la percutant toujours plus, la déchirant de l'intérieur, de l'extérieur. Et elle est tordue, Malphas, par la main qui la soumet et la folie qui ronge son encéphale. Dès qu'il est là. Parce qu'il est là. Et qu'il ne comprend pas. Il ne comprend pas.

« C'est toi... », qu'elle murmure, un sourire ourlant ses lèvres trop faiblement pour être déchiffré. « Toi, qui n'étais pas là. Qui est parti. » Et elle rit, la progéniture, d'un souffle hystérique et triste, méchant. Elle est inaudible, peut-être, encore trop faible et sonnée pour représenter une menace ou avoir la force de ses convictions. Le dégoût qu'elle s'inspire, qu'ils lui inspirent, menace de la voir gerber en l'instant. « Tu m'as abandonnée. Qu'est-ce que tu croyais, hein ? Tu croyais quoi, putain ? Espèce de lâche. » La gorge diaphane gronde, doucement. « Même les petits garçons savent ça, tu sais. Que quand on ne s'occupe pas de ses jouets, ils finissent perdus ou cassés. Brisés. En miettes. » Comme elle. Juste comme elle. « Des fois, ils ne les retrouvent pas. Et ils peuvent chialer, chialer autant qu'ils veulent, tu vois... Le jouet ne revient pas. »

Une quinte de toux lui déchire l'intégrité, lui lacère les entrailles. Elle lui crache du sang à la gueule, un sang noir et séché dont elle jurerait qu'il remonte de cette plaie qui bave sur son pansement. Et elle délire, elle délire en levant une main aux doigts trop fins et trop frêles, qui viennent caresser la joue de l'Ange dans un élan d'une douceur insupportable, presque insultante.

« Je t'emmerde. Tu m'entends ? Je t'emmerde. Parce que si tu comptes repartir. Et me laisser. Encore. Si tu me laisses, encore une fois. J'te jure, je finirais ce que t'as pas le courage d'achever. » L'éclat de rire qui s'échappe de sa gorge pue le désespoir. « C'est pas moi qui suis partie... C'est toi... C'est toi... T'as osé, toi. Ça t'a pas dérangé, toi... Et moi, j'suis rien. » Sans toi. J'suis rien. Et elle halète, le souffle court et le regard perdu, et la douleur palpable, obsédante, omniprésente, toute-puissante. Elle se tord, elle souffle, elle gronde. Elle se débat, aussi, ou du moins elle essaye, prisonnière de sa poigne et de ses prunelles. Papillon épinglé aux ailes déchirées. « C'est ta faute. Tu m'entends ? Ta faute. Tu peux t'en prendre qu'à toi... »

Parce que tu sais bien, que je ne fais rien que des bêtises - des bêtises - quand t'es pas là.

- a game of shadows, shall we play ?  -

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Connasse
" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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legends never die : Bourreau des Enfers, Grand Persécuteur et Tourmenteur du Royaume de Dis. Démon des Hautes Sphères. Commandant de l'Infini. Il est l'Ange Exterminateur, celui qui de sa Chute fit un chef-d’œuvre.
the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mer 21 Juin - 21:41 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

— C'est toi...
Elle murmure et il ne comprend pas.
Figé dans l'instant qui se disloque, là, sous ses phalanges hostiles et sa mandibule tordue.  
Il la fixe, Azazel. Il la fixe, prêt à la bouffer. Odieux et irrespirable de sa seule présence. Et il ne comprend pas – plus. Les mots. Tous ses putains de mots, comme déchirés derrière le dur, l'imprenable de son front.
Sa citadelle d'os et de chair tressaille.
— Toi, qui n'étais pas là. Qui est parti. 
Et ça creuse un sentier, à travers le magma de son esprit.
Lui qui n'était pas là, quand il lui reproche d'être partie.
Il manque éclater de rire, inapte à discerner un semblant de vérité, une miette de logique. La seconde en chimérique aliénation. Malphas démolit l'ensemble et le devance, encore une fois. À défaut de son silence et de sa rage, l'insoutenable Moitié expulse en soupirs les tourments vertigineux dérobés à son profond.
Et il avale son chagrin, l'ogre. Fasciné. Penché sur elle, si près de sa bouche qu'il perçoit sur ses babines la chaleur de son haleine tandis qu'à ses narines en arrive l'aigreur.
— Tu m'as abandonnée. Qu'est-ce que tu croyais, hein ? Tu croyais quoi, putain ? Espèce de lâche.
La parole a l'effet d'une gifle. Plus forte et plus cruelle que celle qu'il lui balancée, des secondes plus tôt. Et il se rappelle l'ordre, le conseil, la vindicte.
Tu devrais apprendre à fermer ta gueule.
Azazel ne sait plus tellement, d'elle à lui, qui en était la cible.
— Même les petits garçons savent ça, tu sais. Que quand on ne s'occupe pas de ses jouets, ils finissent perdus ou cassés. Brisés. En miettes.
Il se recule. De quelques centimètres. Choqué ou répugné. Le visage balafré par son ignorance et le déni, qui l'en saupoudre. Il ne veut pas y croire, Azazel. Pas plus qu'il ne veut songer à ce jouet cassé, pas plus qu'il ne veut entendre l'histoire des petits garçons. Du petit garçon. Dont il connaît déjà la fin. Ce petit garçon qui perdra tout, à force de se rouler dans la boue et de cogner continuellement ses poings.
— Des fois, ils ne les retrouvent pas. Et ils peuvent chialer, chialer autant qu'ils veulent, tu vois... Le jouet ne revient pas.
Il revient, quant à lui, le bordel d'émotions. Ça lui rentre par la trachée, ça s'enfonce dans le thorax et ça bloque les bronches, ça cloque les entrailles, ça lui comprime le myocarde. Il renifle, les sourcils froncés. Une moue indéchiffrable lui maculant dorénavant les traits. Ridules froissées par la vénération qu'il lui porte, à elle. Elle et toujours elle. Elle et perpétuellement elle. Elle, aux lèvres bleutées et à la peau trop pâle. Et cette peur, indescriptible peur, vulgairement s’arrime à ses côtes et corrompt son intérieur.
Elle tousse et le sang lui jaillit hors du gosier, asperge sa face. Il les sent, les gouttelettes perdues à sa trogne. Il a fermé les paupières, par un curieux réflexe du corps. Protégeant ses rétines du précieux don carminé, qu'elle lui fait.
Et il a les yeux encore clos, lorsqu'elle lui touche la joue. Lorsqu'elle la lui caresse en un lent et doux geste qui le terrasse. Il les a toujours clos, ses saloperies de calots, lorsqu'elle chuchote son venin dans leur atroce proximité. Fendillant sa psyché qui sous peu, il le présage, finira par éclater. Pour ne léguer à l'acte qu'un millier d'esquilles et de brisures déchirant les chairs ; faisant des âmes à son sillage des lambeaux.
— Je t'emmerde. Tu m'entends ? Je t'emmerde. Parce que si tu comptes repartir. Et me laisser. Encore. Si tu me laisses, encore une fois. J'te jure, je finirais ce que t'as pas le courage d'achever.
Il entrouvre la bouche, cherche de quoi répliquer sans que rien ne se forme. Il est paumé, Azazel. Pas plus vaillant que le mioche à qui l'on a retiré le jouet, à qui l'on a fait promettre de ne pas chialer. Elle glousse et il retient, au tréfonds de la gorge le gémissement.
— C'est pas moi qui suis partie... C'est toi... C'est toi... T'as osé, toi. Ça t'a pas dérangé, toi... Et moi, j'suis rien.
Elle s'étrangle, sous son poing fermé, sur son matelas d’hôpital. Elle étouffe et il rouvre enfin les paupières pour planter ses billes aux siennes. La sensation d'être la pire des merdes envahissant son système nerveux, contusionnant son intelligence. Sa raison. Tout s'effrite, parmi ses suffocations et cette désolation qui la berce.
— C'est ta faute. Tu m'entends ? Ta faute. Tu peux t'en prendre qu'à toi...
Il libère la crinière miellée qui entre ses doigts s'éparpille, se répand pareille à des ravines. Il s'en émerveille, l'enfant devenu vieux, durant un bref moment. La respiration coupée.
Et les larmes reviennent, remplissent derechef les prunelles mâles. Ces mêmes prunelles qui les contiennent férocement, toutes ces garces aqueuses. Et il geint, Azazel, sans pouvoir broyer le son à défaut de l'image. Molaires soudées les unes aux autres, grinçantes tant il serre les mâchoires. Pour ne pas vomir ses émois, pour ne pas accepter la perte qu'elle décrit. Cette perte qu'il commence à saisir, lentement, douloureusement. Cette perte qu'elle lui a brossée et qu'elle lui réexplique. Cette perte qui prend une myriade d'aspects et qui le tétanise.
Les sourcils ondulent sur son faciès fauve. Les rides se creusent et il n'est plus sûr de rien, l'odieux. Il n'est plus sûr qu'elle le veuille auprès d'elle, il n'est plus sûr qu'elle l'accepte. Il n'est plus sûr d'avoir un quelconque pouvoir sur elle, un quelconque droit. Il n'est plus sûr de l'adorer comme il le faut, comme il le doit, comme il le peut.
Et il se recule, une énième fois. Puis se redresse, sans cesser de la mirer. Et ses pognes se collent à sa tronche qu'il frotte, pour virer l'aveu de faiblesse, pour virer les distorsions qui s'y peignent.
Et de derrière ses paumes qui le recouvrent, il souffle :
J'suis...-
Il s'entrave, afin de ne pas d'emblée partir en vrille. Il se concentre, s'échappe d'un pas. D'un deuxième. Et s'incline, la figure dévorée par ses battoirs crispés.
Je t'ai pas laissée, je t'ai pas-
Il gémit, parce que le bourbier sentimental dans lequel il se vautre est équivalent à une camisole. Sa pensée tout autant que sa corporalité en sont les misérables captifs.  
J'voulais pas que tu, que tu- je voulais pas. Tu comprends. Non, j'voulais pas.
Et il tremble, pour retenir les désordres, pour saccager les sanglots qui lui coulent sur la bouille.
J'voulais pas que ça te touche, ça, là, tout ça, j'voulais pas que ça te change. J'voulais pas- j'voulais pas putain mais j'ai senti, putain j'ai senti, il hoquette, et relève son visage vers le sien. Fouille l'horizon, lui, l'aveugle qui ne voit plus qu'un infini néant sous ses pleurs.
J'voulais régler ça tout seul mais j'ai senti, il anhèle. J't'ai sentie crever, tu comprends. Putain, j't'ai sentie crever.
Et il oublie, qu'ils ne sont pas seuls. Il oublie la vieille, il oublie la chambre et son vert dégueulasse, il oublie tout hormis ce souvenir d'elle ; ce fragment d'existence, ce minuscule et abominable fragment d'existence où on l'a privé de son omniprésence.
À quoi tu pensais putain, à quoi- à quoi tu pensais en faisant ça. J'te laisserai jamais, pourquoi tu doutes, pourquoi t'as peur comme ça, pourquoi.
Et il revient, le bel ange. Incapable d'instaurer cette limite à ne pas franchir, cette limite qu'il a imposée, qu'il leur a imposée depuis des jours et qu'elle a fait voler en éclats ; en flirtant avec le trépas, en cramant ce qui les unit au-delà des possibles. Azazel écrase son museau au cou de sa femelle. Il la respire. Le poitrail affalé au sien, les bras enserrant ses flancs ; il enlace, tente de se maîtriser, de ne plus rien esquinter. Il capture, envahit. Exténué de lutter, d'avoir peur, de regretter, de manquer.
J'suis désolé, ahane-t-il, tout bas.
J'suis désolé, qu'il répète, effréné.
L'oreille appuyée au galbe de son sein, il écoute la mélopée du cœur sous la cage d'ivoire, sous la peau lactescente et la chemise de coton. Il écoute, ouais, et il se calme. Il arrête de chialer pour de bon, niché aux rondeurs qu'il aime jusqu'à la déraison. Ses contours reposant contre les siens ; et le silence et son odeur en brutale ataraxie qui soudain l'étreint.


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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Ven 23 Juin - 0:26 ()
Dead inside
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You know I act Like it doesn't hurt, no
You know the fact You drag me in your dirt, oh
Like it doesn't hurt, no

Les mots s'envolent, et attaquent par nuées, tous plus assassins, plus mauvais, plus aiguisés. Parce qu'elle mord, Malphas, et se défend effrontément, quand il lui a dit de la fermer, quand il lui a rappelé qu'elle lui appartenait... Et qu'il n'y a que ce souvenir, ce souvenir obsédant de son téléphone qui lui donnait des nouvelles de la terre entière sauf de Lui. Les messages sans retour et le son atroce de son répondeur, de cette voix qui est la sienne, reviennent la hanter et flotter comme des cadavres à la surface de ses méninges, noyés répugnants et blessants. Combien de fois, dis-moi, as-tu vu mon nom s'afficher sur ton putain d'écran, sans accepter de décrocher? Les violences reviennent, s'attardent, vautours possessifs et affamés. Elle voudrait, elle aimerait, l’agripper par la gorge et le secouer, lui exploser le visage contre le mur ou le carrelage, lui arracher des aveux. Combien de fois, tu sais? Mais les forces lui manquent, et le fantôme d'une fausse note la restreint dans ses élans les plus indécents. La faiblesse de son corps n'est qu'un rappel permanent de sa dépendance, à elle, de sa faiblesse, de son incapacité à savoir exister sans lui, du fait qu'elle ne puisse plus se passer de son attention, de ses directions. Elle est faible, Malphas, et elle le sait, elle se dégoûte pour ça et l'adore pour les mêmes raisons... T'avais pas le droit...

Peut-être devrait-elle la fermer, enterrer les mots, et les maux, et se contenter de sa présence, là. De son museau proche du sien et du corps qui la surplombe, qui la protège. La rancœur et la méchanceté chavirent les cœurs et les emplissent, les pervertissent. Comme des rats, se rappelle-t-elle, un jour, il y a une éternité, dans sa chambre et entre ses bras. Elle est loin, la sérénité honnie et insupportable qui tourmente l'esprit et le corps de la chose, celle qui réclame et qui gronde, et qui quémande. Qui ne supporte pas, déjà, quand l'Ange relâche sa crinière et s'éloigne, alors qu'elle vient de s'acharner sur son âme et son intellect. Et elle panique, Malphas, le cœur prêt à vomir ses angoisses à ses pieds s'il le faut. Pour qu'il reste. Pour qu'il ne parte pas. Les doigts courent à sa suite, essayent tristement, mollement, de l'attraper avant qu'il ne lui échappe... Des doigts qu'il ne voit pas, pas plus qu'elle n'aperçoit la chape de chagrin qui se fond au visage de son Maître. Son gémissement, pourtant, résonne entre ses côtes un moment. Il interroge, ce son, parce qu'elle n'est pas tout à fait sure de le comprendre et penche son minois, les yeux plissés. Quelle mouche t'a piqué? Elle était prête à se faire gifler, elle attendait son châtiment, espérant lui arracher une injonction de plus ou un passage à l'acte, une menace amère sur sa possession ou une exécution en bonne et due forme, méritée.

« ...Tu pleures ? » murmure-t-elle, ébahie. Le spectacle des larmes qui sillonnent le visage adoré la fige, sans préavis. Et il trébuche, l'Ange, dans sa carcasse et dans ses mots, il trébuche sans parvenir à formuler vraiment, fronçant les sourcils de son interlocutrice qui s'évade un peu et étend ses pauvres ailes brisées pour répandre son aura, tant bien que mal. Surtout mal, surtout maladroit. Il gémit et elle perd ses moyens, gamine paumée devant ses bêtises, le regard troublé et la bouche entrouverte. Les démons qui semblent être ceux du Bourreau l'agitent, la Garce, parce qu'ils lui sont invisibles.

J'voulais pas que ça te touche, ça, là, tout ça, j'voulais pas que ça te change. J'voulais pas- j'voulais pas putain mais j'ai senti, putain j'ai senti.

Le regard qu'il lève vers elle lui transperce la moelle et lui défonce le crâne. Elle est là, devant lui, et absente pourtant, perdue dans son aura qui cherche à s'envoler pour le trouver, l'entourer et le réchauffer. Il y a des étendues sibériennes, quelque part dans ses prunelles, des vallées glaciales et sauvages qui la dévorent et la coupent au monde. Il y a un désert, entre eux, un silence qu'elle ne comprend pas. Et il a mal, l'Ange, et elle n'arrive pas à l'atteindre. Elle tremble, elle aussi, soudain. Comme un camé en crise de manque, un alcoolique sans sa bouteille, qui ne trouverait plus son absinthe au milieu des alambiques vides. Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu dis ?

« C'est quoi, ça ? » C'est quoi? Mais elle l'a achevé sur le champ de bataille, et elle le voit souffrir à la mesure de ce qu'elle était persuadée de vouloir admirer. Mais tu m'as sentie crever. Elle ne peut qu'imaginer, que se projeter. La terreur que lui inspire le vide inhérent à la saleté de cette pensée lui arrache un gémissement d'une douleur nouvelle. Un monde sans lui, même une seconde, même un instant, elle n'aurait pas pu. N'aurait pas voulu. N'aurait pas accepté. Les Guerres se seraient déchaînées, le monde aurait tremblé avant d'imploser, emporté par l'hérésie. Et elle comprend, un peu, ce qu'elle a osé lui infliger par pure vengeance, par simple mesquinerie. Quand la folie la rongeait parce qu'il n'appelait pas et qu'elle l'a jeté dans un univers où elle n'existait pas. Et elle n'a rien à répondre, Malphas, quand il lui demande à quoi elle pensait. Elle n'a rien à dire parce qu'elle ne pensait pas, parce qu'elle ne savait pas, parce qu'elle avait mal et qu'elle voulait oublier. Juste oublier. Juste t'oublier. Comme il l'avait oubliée, jetée aux oubliettes sans prévenir, sans guérir. Convaincue qu'il la quitterait un jour, quand il aurait découvert plus douée qu'elle au cœur du charnier sur lequel il règne. Absolument certaine d'être dispensable.

Mais le chagrin qui est le sien la désarçonne et lui griffe le cœur, et l'estomac, et la rate. Le foie, aussi, peut-être le pancréas. Précipitée, elle se jette tant qu'elle peut à sa rencontre quand il s'approche, et l'accueille contre son sein, et le serre et cajole. Ses paupières se ferment, quand il lui dit, qu'il est désolé, et qu'il se colle à elle. Ce n'est qu'un instant de répit, maigre consolation, mais suffisante. En souvenir de cette chambre à coucher et de ce qu'ils ont osé, ce jour-là, inconséquents et drogués à leur première personne du pluriel, défoncés par cette cruauté qui les attache l'un à l'autre, éternellement.

« J'aurais pas dû... » consent-elle à souffler tout en glissant une main contre sa nuque, qu'elle caresse avec douceur, embrassant le haut de son crâne comme une mère rassurerait son enfant. Dépendante de ses humeurs et de sa présence, et de son bien-être, toujours, qui revient à chaque fois la prendre à la gorge et la soumettre. Elle est docile, Malphas, quoi qu'elle en dise. Et mordue, jusqu'à l'os.

La Fausse note lui saute à la gueule, et s'impose à elle dans le vide qui l'entoure, elle, quand elle le recouvre de sa noirceur encore un peu faiblarde et que ses ténèbres ne lui répondent pas tout à fait. Elle comprend, peut-être, ou alors ne comprend-t-elle pas le malaise profond qui lui retourne les tripes. Elle gronde, la petite créature. Elle gronde, à voix basse.

« Ca... Qui t'a fait ça ? C'est quoi ? Qui ? » elle glapit, électrisée. « Je vais le tuer. Qui que ce soit. J'vais le buter. J'vais le réduire en cendres... Je vais... » Une quinte de toux de sa voisine de chambre lui coupe la parole, attirant l'obscurité perfide de son regard. « Et elle aussi, j'vais l'achever. »

Quand elle pourra se lever. La colère l'anime, en l'instant, et elle passe une main sur la joue de l'Ange vénéré, et elle l'oblige à redresser le museau pour contempler son regard, les sourcils froncés et l'air perdu. Qui a osé? La Garce n'aime pas cet univers sensoriel où il n'est pas tout à fait là, la solitude de son aura autour de lui et le vide qui se creuse entre eux. Les gestes précèdent la pensée, agrippent et attirent, le visage au sien, avec autant de délicatesse que de faiblesse, pour quémander sa chaleur, exiger sa présence. Et ses lèvres effleurent sa joue, sa tempe, quand ses doigts explorent sa barbe, sa tignasse hirsute, et cajolent, et s'approprient. Pour ne pas sombrer à nouveau dans la folie.

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julius caesar : Beylin (codage), B. Briggs, L. Cohen, Karliene, Daughter (citations)
legends never die : Bourreau des Enfers, Grand Persécuteur et Tourmenteur du Royaume de Dis. Démon des Hautes Sphères. Commandant de l'Infini. Il est l'Ange Exterminateur, celui qui de sa Chute fit un chef-d’œuvre.
the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Sam 24 Juin - 0:04 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Tout contre sa poitrine, il se tranquillise. Le souffle devenu régulier et le battant achevant ses révoltes. Il n'y a plus qu'une intolérable quiétude et la certitude qu'elle ne se disloquera pas sous ses doigts trop épais. Alors il clôt les paupières et soupire, tragiquement, sous les caresses qu'elle lui accorde. Ses gestes et plus encore sa présence en pansements aux plaies invisibles de son cerveau.
— J'aurais pas dû... dit-elle enfin.
Et il ne percute pas, Azazel.
S'extirpant de son demi-sommeil laborieusement. Le museau se hissant jusqu'à pouvoir apercevoir celui de son obsession à forme humaine.
Elle n'aurait pas dû.
Il se retient d'entrouvrir les mâchoires et gronder un quoi, un pourquoi, un comment. Puisqu'il ne veut pas savoir. Puisqu'il ne désire que se noyer dans l'indifférence et l'ignorance du monde. Accroché à sa terrible femelle sans plus avoir à songer aux désordres qui les entourent. Lâche, assurément. Maladif et en demande – de son attention, de son toucher, d'un peu de paix. Perdus dans l'immensité de la maudite cité, dans une chambre hideuse sur un lit qui soudain lui paraît ridicule. Pour eux. Plus que pour elle ; elle qui n'en remplit pas la moitié de sa petite carcasse contusionnée.
Et elle cajole, pensive. Massant sa nuque de sa main délicate et blanche et froide. Contact qui le fait immédiatement tressaillir. Se tendre. Car  l'animal jamais n'est prêt au moindre effleurement qui ne soit pas de son fait – de ceux dont suppurent la tendresse, la douceur étrange d'une attraction qui les enchaîne. Frôlement qu'il réclame pourtant, inconsciemment. Continuellement. Qu'il attend chaque fois qu'il vient se couler à son flanc, se souder à ses crevasses. L'adorer, la conquérir de ses sauvageries.
Et cette aura dont elle le couve et recouvre, il ne la perçoit que vaguement. Imparfaite. Ternie par ses perceptions morcelées et ses angoisses qui se renouvellent. Ça lui picore le derme, tranche dans la viande de son ventre et fourrage au profond de ses entrailles. Il rabaisse les naseaux, Azazel. Honteux, possiblement. Et infantile, il s'imagine le lui cacher, ce trouble. Ce manque, cette crevasse qui les scinde plus qu'à l'ordinaire. Plus qu'ils ne l'ont jamais réellement été.
Le virus aux contrastes de malédiction lui bouffissant l'être, lui dévorant des pans de sa crasse originelle.
— Ça... Qui t'a fait ça ? C'est quoi ? Qui ?
Elle feule et il fronce la bouille. Les ridules plissées dans un brouillon d'anxiété insupportable. Qui l'oblige à ne pas gémir et recommencer ses conneries. Le revers de sa paluche vient frotter son pif, ses paupières ensuite. Et sans se décoller d'elle – il ne peut pas – Azazel mastique du rien entre ses chicots et réfléchit, aux bons mots dont il doit user. Pour ne pas qu'elle se rue au-dehors de sa couche, pour ne pas qu'elle cherche les emmerdes et s'y morcelle une nouvelle fois. Il ne pourrait pas l'encaisser, le comprendre, l'endurer. Pas aujourd'hui, ni demain, ni toujours.
Qu'on le bousille le fait presque marrer, quelque part, dans le désordonné de ses délires. Qu'on la bousille, elle, lui déchire l'entendement.
— Je vais le tuer. Qui que ce soit. J'vais le buter. J'vais le réduire en cendres... Je vais... elle se détraque, la fébrile moitié. Enragée soudain sur son lit d’hôpital, le bide encore suintant de rouge et le teint pareil à celui des cadavres. Et plus loin, sur son linceul, la vieille tousse et la coupe dans son élan de cataclysme à venir. Faisant se figer le bel ange, pour ne pas empirer la situation.
— Et elle aussi, j'vais l'achever. 
Et le déluge n'a pas lieu.
Il devient la cible, il le pressent. Les menottes de la chatte furibonde accrochant sa face, qu'il redresse. Et elle l'interroge, de son regard qui lui perce le front. Elle demande, la réponse. Sa réponse. Les informations qu'il retient en otage dans l'impossible de sa psyché.
Il plisse les yeux. Et il la fixe. Deux fentes d'un bleu-gris scrutant leurs opposées d'un bleu lagunaire. Et elle l'attire et il s'approche. Et elle le guide et il se coule, à ses lèvres. Elle pourrait le dévorer, là, qu'il ne grognerait ni ne résisterait. Elle pourrait, le bouffer, là, qu'il expirerait son plaisir morbide de se savoir dispersé en elle.
Et il grimpe, se hisse sur elle, félin dans ses mouvances. Les épaules roulant sous le tee-shirt délavé quand son visage se frotte et se dépose à la lippe tendre.
Et, genoux plantés de chaque côté de ses hanches étroites, Azazel se penche sur sa progéniture. La condamne à n'exister à cet instant plus qu'à travers lui et son ombre. Dôme de chair et d'os envahit de démence et de possessivité. Sa bouche trouve le chemin jusqu'à la sienne, qu'il presse et décadenasse ; la langue forçant les obstacles pour redécouvrir et goûter à sa semblable. Il l'embrasse, sa Sublime. Mordille, consumé par ses ancestrales convoitises. Il s’approprie – ou se réapproprier, ou s'assure, de ce qui est à lui.
Puis il expire, contre ses lèvres ouvertes :
T'as pas besoin de savoir.
Brisant net l'envolée trop pleine d'ardeur qu'elle lui a annoncée.
Et se reculant, se redressant sur ses bras tendus. Il la contemple, l'engeance.
—  Et tu vas buter personne. Pas aujourd'hui. Ni demain. Pas tant que ça- il appuie, derechef sur son abdomen qu'il présuppose douloureux. Qu'il médite garni de lames de rasoirs.
Il malmène, sans méchanceté. Pourvu d'une impitoyable fermeté.  
—  Pas tant que ça, pissera le sang. Parce que j'en ai rien à foutre, c'pas grave.
De chialer comme un môme, d'avoir le crâne fendu en deux, d'avoir le cœur qui éclate à chaque putain de seconde.
—  J'm'en contrefous, tu comprends.
Il répète, revient vers elle et ce gouffre qui l'allèche sans relâche.
Et il hésite, surtout ; sur le reste. Inapte à cracher les paroles, qui hantent. Inapte à décrire, ce qu'elle est. Pour lui. Pour lui à perpétuité. Lui qui ne réussit pas à se détacher des terreurs dont elle l'a aspergé. Acide sulfurique à sa conscience détraquée.
—  J'sais juste, maintenant, que c'pas contagieux.
Et il sourit, l'infâme. Il sourit tel un gosse extasié. La risette défroissant ses commissures pour ne larguer qu'un miraculeux soulagement. Son nœud de sentiments lui défigurant la tronche d'un battement de cils au second. Tout s'érode, sous le masque. Azazel n'est qu'un concentré de tout ; incapable de dissimuler convictions et sensations. Livre ouvert sous les billes de Malphas,. Pneuma exposé sans pudeur, sans retenu.
Et cette abrupte et intime observation lui arrache son sourire et lui file la nausée. Il se débecte et s'éloigne, précautionneusement. Ogre réveillé par un éclat de lucidité.
—  J'crois que j'vais dégueuler, articule-t-il, mandibule crispée.
Et il tourne sa figure, les rétines fouillant la chambre et ses recoins, pour trouver un bol, une poubelle, quoique ce soit, qui puisse en cas d'urgence lui éviter de revêtir le carrelage immaculé de sa gerbe décaféinée.


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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 25 Juin - 2:26 ()
Dead inside
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Le poil hérissé, la progéniture est prête pour le front, encore une fois, pour une bataille supplémentaire, quitte à écoper d'un ticket retour direct pour l'Enfer. Parce que l'idée, la seule idée, que quelqu'un ait pu oser attenter à l'incroyable intégrité de son géniteur n'en peut plus d'acérer ses humeurs et d'assombrir ses prunelles. Le monde n'est pas digne de l'infernale présence de son créateur, et ça la déglingue, Malphas, de réaliser tout ça, et d'être seule dans son aura. Et ça l'enrage, ça la carbonise, ça lui fait sortir les crocs quand elle n'est pas fichue pourtant de redresser sa carcasse épuisée pour aller achever la vieille à sa droite. Et si elle était capable de recul, en l'instant, sans doute se rendrait-elle compte d'à quel point elle est ridicule, elle la petite chose fragile et fragilisée qui ne sait pas vivre sans son maître et qui feule dès qu'on l'approche, dès qu'on l'écorche. Parce qu'il n'a pas besoin d'elle, le magnifique, et de cela elle est persuadée. Parce qu'il sait se défendre seul quand elle n'arrive pas à supporter un mot mauvais prononcé à son égard. Parce qu'elle a compris il y a longtemps qu'il existait bien avant elle et continuerait de le faire bien après. Quand elle est incapable d'un tel exploit, quand son avenir se ternit et se transforme en servitude dès lors qu'il n'est pas là pour protéger son indépendance. Quand il serait parfaitement idiot de la tuer et de perdre l'énergie qu'elle représente mais tellement simple de l'enfermer dans un cachot et de l'oublier dans les douves embrasées de la Cité d'Ombre. Alors elle gémit, contre lui, elle gémit et elle se révolte, petite sotte dépendante et perfide. Un grondement félin lui échappe, du fond de ses bronches abîmées par le respirateur, si faible qu'Il ne l'entend pas et la contemple de ses deux fentes d'un bleu métallique et assassin. Elle se sent crever, encore et en vain. J'peux pas, tu comprends. Je ne peux pas.

Au bout d'une éternité, le monde perd en surprise et rejoue à l'infini les mêmes partitions... On dit pourtant de la folie qu'il s'agit de répéter encore et encore les mêmes actions en espérant un résultat différent des précédents... Et c'est Lui, toujours, qui la protège. De l'univers et d'Elle, bien souvent. C'est Lui qui grimpe et qui vient la rassurer dans ses colères, dans ses caprices, et qui la recouvre de sa montagne de chairs, pour l'apaiser et la garder prisonnière. Je suis le syndrome de Stockholm originel. Leurs lèvres se rencontrent, absurdes d'appétit, et la chose ronronne un peu, malgré elle, abandonnant ses épopées vindicatives au profit d'une gestuelle éphémère et possessive. Ses lèvres, à Lui, se font dictatrices. Il lui refuse le nom de sa victime en devenir, et tout homicide, quel qu'il soit, venant appuyer sur son ventre pour soutenir ses propos, la faisant se tordre de douleur et geindre silencieusement. Elle serre les mâchoires à s'en péter les molaires, offusquée par le peu de considérations qu'il porte à ses ardeurs meurtrières. Il dit qu'il n'en a rien à foutre, là, au milieu du silence bercé par le son dégueulasse des machines, et il maintient ses putains d'inepties en ne la laissant pas s'embraser comme elle le souhaite, comme il le mérite. Le visage fleuve d'Azazel la perturbe, les prunelles rivées à ses traits changeants et bavards qui lui collent le vertige. L'enfant voit tout mais ne comprend rien, iris-troubles en masque d'incompréhension, qui le bouffent des yeux et crèveraient de devoir s'en détacher. Et elle s'en fout, elle, qu'il s'en foute ou que ce ne soit pas contagieux. Davantage encore quand elle saisit que c'est à cause de cette saloperie qu'il est resté loin et qu'elle se retrouve dans son lit d'hôpital qui pue le désinfectant et le trépas rassis. Elle lui en veut, elle, à cet empêcheur de tourner en rond qu'elle entend, qu'elle exige, passer dans un broyeur et transformer en viande hachée, qu'elle foutra dans des lasagnes pour un nouveau scandale sanitaire. Les bras autour d'elle n'arrivent pas à l'apaiser tout à fait, parce qu'elle sature de colère et de rancœur, la Terrible, et qu'elle mettra le monde à genoux s'il ne veut pas lui donner un nom. Pour être sure de ne pas se tromper. Elle fait un caprice, Malphas, un caprice hautement meurtrier.

J'crois que j'vais dégueuler.

Il s'éloigne et c'est lui qu'elle se prend l'envie de buter, et c'est lui qui la canalise, comme à chaque fois. Doucement, la chose lève son minois, parcourt la pièce d'un œil amer pour apercevoir un bac de toilettes qui disparaît de son étagère et atterrit entre ses doigts fins, au milieu du leurs carcasses et leurs envies contraires. Mais déjà la tête lui tourne, et elle halète, épuisée par cet exercice d'une banalité sans nom alors qu'elle jurerait avoir couru un marathon. Le récipient en plastique est poussé vers l'Ange, avec précaution, puis elle s'abandonne au moelleux discutable de son oreiller. Et peut-être, seulement, comprend-t-elle. Ce qu'elle a fait et dans quel état elle est. Le regard fiévreux parcourt ses mains, aux ongles encore rougis par le sang, et son bras droit en écharpe, qu'elle ne se rappelle pas avoir cassé. Le pansement carmin à ses entrailles n'en est qu'un parmi une forêt d'autres, et les points de suture contre lesquels sa peau travaille se font ressentir un à un... Il y a cette fatigue, surtout, cette espèce d'engourdissement qui la prive de ses pleines capacités et l'étouffe de coton si tôt qu'elle tente de bouger. La mine basse, elle lève pourtant deux yeux vers son Père, la gosse, et elle n'a pas l'air fier. Terrassée par une envie de dégueuler, voilà une blessure intolérable faite à son ego. Et elle le regarde, l'Ange, avec ses lippes tordues et son air de petite fille. Mademoiselle n'est pas satisfaite de se savoir hors d'état de nuire, même pour un instant. Dis-moi que c'est pas grave, que c'est toujours nous les méchants...

« Azazel... » murmure-t-elle, sans savoir trop ce qu'elle peut ou doit dire, défoncée au caprice et à la Discorde, esclave de sa propre nature. « Il faut me ramener, s'il te plaît. À la maison. » Elle tend une main, pour s'emparer d'une autre et nouer ses doigts aux siens. Elle a le mal du pays, dans ce corps affaibli qui ne lui sert à rien. « Ou chez moi, juste chez moi... Ce sera très bien. Les médecins ici n'auront pas cru à mon histoire d'accident de bagnole, ils vont nous envoyer les flics... Parce qu'une blessure à l'arme blanche, ça interroge... Alors on ne peut pas rester... Je ne peux pas rester. » L'effort mobilisé pour se raccrocher à la réalité menace de la faire défaillir. « J'ai... besoin d'aide. »

Un souffle ou un murmure achève son discours, difficile, lui arrachant une ultime parole honteuse qui a laissé une traînée aigre-douce le long de sa trachée déjà martyrisées par les derniers jours, les dernières heures. Elle est fière, Discorde, l'a toujours été à outrance et n'aime pas reconnaître ses faiblesses ou dépendances. Les doigts noués à leurs jumeaux refusent de relâcher leur emprise tandis qu'elle détourne le visage, pour contempler la Vieille et son masque mortuaire, reliée par des dizaines de tubes à tout autant de machines. Et elle se dit, la Monstruosité, que les hommes sont devenus bien cruels avec les âges, pour maintenir des bouts de chairs ainsi en vie sans accepter de les offrir à l'Après. Et elle se dit, un peu bêtement, qu'ils ont trop bien réussi leurs œuvres démoniaques ici bas et que ce monde est déjà mort, ou qu'il aurait dû, qu'on lui a sûrement planté des centaines de tubes reliés à des centaines de machines pour le faire perdurer. Ça la rassure, l'Horreur, ça la réconforte de voir comme cet univers est laid, jusque dans la bulle protectrice d'un centre hospitalier, dans une chambre où deux prédateurs se reposent et qu'ils ne sont pas les auteurs de la plus spectaculaire des Injustices se déroulant dans la pièce. Elle sourit, attendrie et satisfaite, solaire. L'Humanité est une Diablesse.

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Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 25 Juin - 23:28 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

À la parole expirée, la récompense. Entre eux, un bac de plastique s'introduit ; et Malphas chavire. De nouveau, un sourire torve lui démonte la face. Que ferait-il sans elle ? Sauvage énergumène accrochée à ses fantasmes ; il est défragmenté par la rancœur et la rage et cette explosion sentimentale qui lui ruine dans la seconde la raison.
L'ogre se redresse et happe le bac et la regarde, sa triste moitié. Celle qui suffoque pour un merdique petit bout de plastique et l'incroyable d'un don dont il ne saisit rien. Il pourrait s'excuser, presque, à trop vouloir la déchiffrer, décrypter les faiblesses qui lui grignotent les veines et la substance – cette même substance qu'il suppose se crevasser au plus les minutes avancent et son éveil la porte.
Il se tait, cependant.
Car elle entrouvre les lèvres et rauque son prénom.
Azazel.
Sa voix perdue en échos aux creux de sa cervelle et la vibrance, immédiate, de son esprit accolé au sien.
— Il faut me ramener, s'il te plaît. À la maison.
Il la scrute et ne dit rien. L'entendement mis en branle, les pensées fusant en tous sens sous l'os de son crâne. Il énumère : trouver un moyen de l'enlever à cet endroit de misère, passer un coup de téléphone, être discret... et il est interrompu, brutalement, par la blondine et son chant d'agonie.
— Ou chez moi, juste chez moi... Ce sera très bien. Les médecins ici n'auront pas cru à mon histoire d'accident de bagnole, ils vont nous envoyer les flics... Parce qu'une blessure à l'arme blanche, ça interroge... Alors on ne peut pas rester... Je ne peux pas rester. 
À la maison, feule son inconscient en réponse.
À la maison : à son appartement, à lui. Et nulle part ailleurs Malphas n'ira coucher et ressouder sa chair et ses entrailles. Puisqu'il conçoit ne pas réussir à dormir, réussir à bouffer, réussir à ne pas briser tout ce qui lui passerait sous les phalanges ; étreint à l'ignorance de son état. Puisqu'il n'a supposément plus confiance, en elle – plus absolument. Puisqu'il craint une énième idée à la con, un énième délire médusé par la fièvre ou par son absence – cette absence dont il jure ne plus l'assommer après cette nuit meurtrière éprouvée.
— J'ai... besoin d'aide.
—  Tais-toi, jappe-t-il.
Un ordre qu'il balance tardivement. Une réplique qu'il assène sans trop y songer.
Il le sait, ça. Il le sait parce qu'il le sent ; ça lui cisaille la ventraille et lui malaxe la matière grise. Il en gueulerait de colère, de révolte, si la réalité ne le percutait pas à chaque exhalation. Si elle ne le muselait pas vicieusement. La respiration en partition à sa mémoire qui se gangrène.
Et elle soupire et resserre l'enchevêtrement fait à ses doigts, qu'il avait retrouvés plus tôt.
Les prunelles de la bête dégringolent et poignardent celles de Malphas.
—  Faut que j'passe un coup d'téléphone. J'reviens, okay, dit-il sans lui laisser l'opportunité de riposter.
Debout, déjà, à côté du lit.
Il lui tourne le dos et de sa démarche fauve, le déchu sort de la chambre.

Il ne revient que cinq ou dix ou vingt minutes plus tard, un fauteuil roulant couinant sous ses paluches. Ses godasses aux pieds et sa mine pas plus vaillante et mesurée qu'auparavant, Azazel bat des cils et se mâchouille frénétiquement la lippe. Et il s'amène à son sillage et d'un coup de menton et d'un haussement de sourcils lui indique, qu'elle doit se lever d'abord, qu'elle doit foutre son cul là-dedans ensuite.
Pas un mot ne s'extrait d'entre ses chicots. Parler l'épuise, évidemment. Et les cernes grises en formes de tranchées qu'il a sous les billes menacent suffisamment de lui dévorer entièrement et définitivement la gueule.
Il l'approche et lutte avec les fils qui s'entortillent, les fils qui lui sortent de tous les côtés. Et il la contemple, incrédule. Sans savoir sur lequel il a le droit de tirer. Il salope les draps, en virant ce dont elle peut se passer. Ne reste à son bras que la morphine. La poche bombée du liquide cristallin, il la défait de son perchoir pour la lui confier. Puis il la prend, là, sans ménagement. Sa carcasse rachitique nichée à sa poitrine. Passant un bras sous ses genoux, l'autre dans son dos.
Et il la dépose, sa précieuse engeance, sur son trône.
—  Tes affaires, grognasse-t-il en se calant derrière. Récupérant un tas de linges puant et taché de rouge de sous le fauteuil, sur lequel règne ses chaussures.
Le tout, il le lui écrase sur les genoux.
—  Si t'arrives pas à les mettre, j't'aiderai après.
Ses chaussures, en préoccupation. Ses vêtements n'étant bons qu'à brûler – et c'est pour cette seule raison, qu'il a daigné les récupérer. Pour ne pas laisser traces de leur passage, pour n'abandonner aucune preuve de leur écarlate déraison.
Avant de quitter les lieux, Azazel happe le bac à gerbe ; qu'il lui fiche sur les cuisses, en compagnie de ses sapes immondes.
Sait-on jamais, rumine-t-il. La nausée lui chatouillant perpétuellement la glotte.

Dans les couloirs de l'hôpital, il pousse tranquillement le fauteuil. Évitant soigneusement le personnel médical en bifurquant à droite, en bifurquant à gauche, en sinuant entre la masse de corps qui s'entassent. Il leur faut bien dix minutes, avant d'atteindre la sortie.
C'est par la grande porte que fuguent les deux insolents.
Et devant, garé un peu plus loin, en double fil, Azazel aperçoit leur taxi.
Alors il se remet en mouvement. Traverse le bitume. Trottoir et route avalés en quelques enjambées. Et il la coince à côté de la portière arrière qu'il tire. Patiemment, il recommence son manège, cette danse entamée des minutes jadis. Son corps attaché au sien et la gravité pesant sur ses épaules.
Il la glisse, sur la banquette arrière. Sans réfléchir. Pour ne pas se souvenir, pour ne pas revoir l'incarnat éclabousser son horizon. La nuit de ses terreurs cependant le gifle.
Azazel, il claque la portière et fait le tour de la bagnole, s'installe à côté d'elle et marmonne l'adresse au chauffeur.
Et il n'accorde plus son regard à personne. Paris reçoit ses divagations tandis que les rues défilent sous la lumière ocre des lampadaires. Les néons et les affiches et les écrans mouvants sur les murs et les vestiges de sa mémoire-précipice, qu'il essaye farouchement de retenir derrière le voile de sa présence à Elle. La trogne tournée vers le dehors, le déchu perçoit son palpitant s'ébattre sous ses côtes. La panique lui remplissant la trachée d'un vide oppressant. Il n'imaginait pas, que retourner dans une caisse lui ferait cet effet. Il n'imaginait pas, que les souvenirs n'étaient qu'en surface sur le fleuve de ses souvenances. Prêt à surgir et l'éviscérer à la plus infime de ses intimes négligences.
Une pogne se hissant à hauteur du museau, Azazel se ronge l'ongle de l'index, le nez quasiment collé à la vitre, la vue brouillée par les lumières de la ville qui lentement s'étire. La nuit débarque, et couvre l'empyrée d'un crépuscule aux nuances d'incendie.


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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mar 27 Juin - 0:09 ()
Dead inside
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—  Faut que j'passe un coup d'téléphone. J'reviens, okay,
Okay. Mais elle se tait, parce qu'il le lui a ordonné et qu'elle est fatiguée de lutter, la progéniture. Et il part, le Père, il s'enfuit, peut-être. Elle n'est plus très sure de le croire, à dire vrai, quand il annonce qu'il reviendra, car elle l'a vu partir sans revenir une fois et que l'angoisse n'a pas encore tout à fait fini de lui ronger l'âme. La petite voix amère qui lui murmure à l'oreille que c'est un mensonge s'agrippe et s'installe, bien décidée à ne pas la quitter. Elle est bornée, la voix, au moins autant que l'angoisse, et c'est les mâchoires closes et tendues qu'elle le regarde partir, les prunelles en poignards à ses omoplates. Un bip se précipite, dans le silence qu'il laisse derrière lui, un bip criard et plaintif. La machine perd les pédales, ou peut-être est-ce le rythme de l'organe qu'elle mesure qui cavale. La silhouette reste immobile, figée dans son attente, cette attente qui pourrait durer une éternité... Puis la Vieille geint, encore, et rappelle l'attention de son prédateur sur son cadavre en devenir. Ça l'occupe, la Bestiole, d'avoir ce corps à contempler, à mémoriser. Elle s'imagine toutes les façons dont elle pourrait le détruire, le torturer, et ça la détend. Un peu. Ça la distrait, en tous cas suffisamment pour que la machine en arrête avec ses hurlements. Moi j'ai rien dit, j'suis sage, j'me tais.

Le souffle irrégulier et rauque de la vieille carne la berce, l'hypnotise, jusqu'à la priver de la perception du temps, jusqu'à oublier qu'il a dit qu'il reviendrait et qu'elle en a eu le cœur brisé. Et il revient, déjà, avec un fauteuil entre les mains qu'elle prend comme une insulte. Son regard se fait noir, capricieux. Elle ne veut pas, elle refuse se faire trimballer en incapable, en handicapée... Une fois de plus, néanmoins, la Saleté ne dit rien, garde sa bile pour elle. Un sourcil, seulement, s'arque quand son Autre lui fait signe de se lever pour coller sa carcasse dans l'atrocité qu'il lui présente. À croire qu'elle est en état de se dresser sur ses deux jambes, à croire que si c'était le cas elle s'amuserait à accepter de s’asseoir dans cette odieuse attention. L'Ange non plus ne parle pas, et ne lui laisse pas davantage de choix, se battant un moment avec ses médicaments et ses possessives machines, ces amas électroniques qui se révoltent dès lors qu'il ose les séparer de leur proie... Il se croit en pleine jungle, Azazel, ou dans une série télévisée médicale au rabais, tendant à sa propriété la seule poche qui l'intéresse, celle qui l'empêche de chouiner, oubliant les antibiotiques et toutes les saloperies censées l'aider à rester en vie. Bientôt, Garance est récupérée dans le fond de son lit pour être déposée dans son trône d'infortune... Qu'importent les bras qui la saisissent et la serrent, elle se renfrogne la sale gosse, et elle grogne. Elle se dit qu'il peut bien faire ce qu'il veut, ne réagit pas lorsqu'il lui tend ses fringues ou lui parle de ses escarpins sur lesquels elle pose deux pupilles fatiguées. Et dire que je les avais fait importer d'Italie. La Garce se place en retrait, silencieuse et obscure, la mine sombre et les lèvres scellées en une ligne aussi fine que pâle. Le bac en plastique  la nargue, elle le jurerait, plus précieux sans doute que sa pauvre silhouette qu'on trimballe comme un sac de viande, comme un fardeau. Et elle se demande, s'il va encore changer, varier, ou simplement se contenter de gerber... Et il l'épuise, Azazel, à changer d'humeur comme de chemise, et d'affect comme d'objectif. Coincée dans son fauteuil, se sentant bêtement humiliée, la blonde pose les yeux sur les lignes du carrelage, devant eux, et serre ses mains diaphanes autour du bordel qu'il a déposé sur ses genoux. Et c'est tout.

« Pourquoi..? » ose-t-elle soupirer, quand ils atteignent l'extérieur et qu'il la pousse vers un taxi. Pourquoi tu ne nous téléportes pas ? Pourquoi tu veux me foutre dans une voiture ? Pourquoi encore ? J'veux pas. J'peux pas. Et elle ne comprend pas. Et elle la ferme. Elle se laisse faire, Malphas, étrangement docile, terriblement fragile. Il la laisse la coincer sur la banquette arrière et la replonger il y a des jours de ça, quand il n'y avait que le rouge et le trépas. Quand elle l'a vu et qu'elle s'est sentie sombrer, partir. Elle n'aime pas ça, et se félicite de ne plus avoir aucune machine pour exposer sa faiblesse. Et puis ça la frappe, soudain, la raison de tout ce capharnaüm, et elle se redresse, un peu, en peine. Elle cherche, sur le sol de la bagnole, sans se rappeler que ce n'est pas la même, que celle-ci n'a pas connu l'écarlate de sa fin inadéquate. Et elle gémit, doucement, juste avant que l'Ange ne la rejoigne après avoir contourné le véhicule. Elle est ridicule. Ridicule. L'éclair de génie la traverse quand il s'installe à côté d'elle en donnant l'adresse de son appartement. Ses vêtements. Elle fouille, discrètement, pour sentir enfin le papier sous ses doigts. Et elle sourit, la Garce, mais ne dit rien. Elle sourit puis oublie de le faire tout en se collant à l'imposante silhouette de son Maître, pour oublier les battements de cœur irréguliers et les angoisses en sous-cutanée.

« … Pourquoi tu fais ça ? Me ramener chez toi. T'es sûr de toi ? »

A la maison, c'était là-bas. C'était en bas. Là où leurs corps sont monstrueux et invincibles, faits pour la violence et la souffrance, où la déchéance a un visage. Là où ils se sont faits un nid d'abomination, où leurs sauvageries repeignent les murs. Et la voiture s'arrête, elle se tourne vers lui.

« Pas le fauteuil. » qu'elle grogne, enroulant ses bras autour de sa nuque.

*

Le sommeil l'a prise, sans doute, sur le chemin entre le taxi et chez lui. Elle ne sait plus très bien, elle n'est plus là. Elle s'est assoupie, ravalée par sa fatigue, par son épuisement. Engourdie par la morphine et abrutie d'avoir dépensé toute son énergie, Malphas n'a pas pu voir l'entrée de l'antre du Monstre, petite silhouette calme lovée contre la poitrine de son Ange. Sa viande est baladée, probablement.

Et dans les Ténèbres qui reviennent, l'angoisse réapparaît. Elle le voit, là, qui s'éloigne et qui disparaît. L'ombre fantasmagorique aux ailes incroyables la tourmente, elle au cœur d'un labyrinthe de miroirs qui le reflètent en milliards d'éclats, sans l'atteindre. Sans l'étreindre.

Ça lui sert le cœur, ça lui tord le corps.
Les cauchemars sont bien plus cruels que le coma.

Elle frémit, la carcasse, elle frémit et elle délire, le visage fiévreux et les paupières électriques, traversées de spasmes douloureux, les lèvres entrouvertes sur un souffle trébuchant.

Alors quand le gouffre s'ouvre sous ses pieds et menace de l'achever, la Créature se met à hurler, se redresse en panique et en souffrance, la carcasse tremblante et les pansements sanguinolents de s'être trop tordue, trop débattue.

Je suis perdue, si tu n'es pas là.

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Connasse
" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mer 28 Juin - 21:08 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Il est détaché de l'instant. Ailleurs, perdu quelque part entre ici, cette bagnole qui les conduit à travers la ville, sa voix, la violence de leur acte et le frisson, glacé, qui lui mange la chair dès lors qu'elle s'insère à son flanc. Il tressaille, possiblement. Sans tenter de comprendre, sans tenter de décrire, le sentiment. Ce sentiment qu'il devrait bousiller à coups de crocs, à force de poings qui claquent, brisent ou se brisent. Il déglutit et il fléchit. Contre elle, évidemment. Il l'empiège, un bras passé à ses maigres épaules. Geste naturel rendu possessif. Comme une promesse faite sans les mots qui suppurent les chagrins, sans quoi que ce soit que sa présence à elle lovée à sa présence à lui et la nuit qui déchire bientôt l'horizon.
— … Pourquoi tu fais ça ? Me ramener chez toi. T'es sûr de toi ? 
Il ne réplique pas. S'ose à une espèce de torsion de tronche, pour lui montrer qu'il a entendu. Pour lui dire qu'il s'en fout, car il n'est plus sûr de rien depuis des jours, depuis ses paupières closes et sa fixité morbide. Mais qu'elle est là, maintenant. Qu'ils sont là. Et que le monde peut bien aller se faire mettre, pour un temps. Son antre en refuge, en asile, en presque chez eux, aimerait-il lui mentir.  
Ses phalanges s’arquent, se crispent sur son épiderme. Contraction d'angoisse. Il ne la lâchera plus, sa progéniture. Pas avant des heures. Il ne la lâchera plus jusqu'à ce qu'elle hurle et crache du venin, qu'elle menace et qu'il désespère, roule au plafond ses billes et lui grogne de dégager. Parce qu'il y aura la crise, la nouvelle. Parce qu'il y a ce feu, qui leur dévore les tripes. Ce feu qui continuellement les excite. Et dans la nudité et la brutalité de leurs appétences, ils se retrouveront. Les années forgées aux siècles, à l'éternité ; incessant renoncement.
Il inspire, Azazel. Puis expire et un sourire de biais, discrètement, lui lacère la bouille. Il a des résurgences qui grouillent, derrière les pupilles. Ses soupirs et ses extases à elle, qu'il engouffre. Ses mains sur sa peau, toujours, capturant et cassant la matière pour en sortir  les désirs et les cris. Il se risque à un début de trique ; et tant pis.
Mais la voiture déjà se gare et la tangibilité reprend ses droits.
— Pas le fauteuil, miaule-t-elle.
Enserrant sa nuque, sortant ses griffes. Ouais, elle miaule  des conneries de môme capricieuse et exténuée. Lui souffle sa complainte au museau.
Alors il dit : ok.
Ok, parce qu'il ne voit pas quoi ajouter. Parce que ce ok suffit, à la calmer. Suffit à lui faire lâcher prise. Et il s'extrait du véhicule, vient la chercher. Sa masse l'engloutissant quasiment, la dissimulant à l'obscurité, à la rue, aux passants. Aux étoiles renaissantes, à la lune gibbeuse qui les scrute, de là-haut. Sorcière pécheresse ricanant des déchus et de leur crasse existentielle.

- - - - -

il se bouffe la lippe, depuis dix bonnes minutes. Le regard porté sur les toits de Paris, à travers la vitre jaspée de pluie. Le cul calé sur la chaise et les coudes plantés sur la table, Azazel rumine. Il rumine sur le corps inanimé qu'il a déposé, dans son lit. Qu'il a recouvert, qu'il a trop longuement observé, qu'il a désespérément aimé. Il le comprend, lentement. Et il se rappelle, de ses doigts effleurant sa pommette. Et de ses doigts, libérant son visage des mèches blondes qui l’inondaient. Il se souvient, de sa trogne suspendue au-dessus de la sienne, pour la respirer. Pour l'avaler – elle et sa respiration tranquille. Lourde et chaude.
Et il se bouffe la lippe, toujours. Le regard porté sur le sombre haché par les néons et ensemencé des bruits de la cité. Le cul calé sur sa chaise de merde et les coudes plantés sur la table – une neuve, installée à la place de l'autre dévastée. Après le carnage. Après la démence – sa démence. Après ses démesures et la faim qu'il éprouve, perpétuellement, à la simple pensée de sa viande et de son âme ravagée lui échappant.
Il est cinglé, prédit-il. Et il se gratte le pif et plisse les paupières et le hurlement crève le quiet de l'appartement.
Le palpitant manque un battement, la psyché vrillée et l'instinct primal dévorant l'être qui s’éclipse.
Il se matérialise, dans la chambre. À quatre pattes sur son plumard, au-dessus d'elle dont il récupère la petite charogne. Qu'il serre, fort. Lui enfonçant les bras dans le moelleux du matelas. Pour qu'elle arrête de bouger, de pisser son rouge atroce, pour qu'elle revienne, en surface. Qu'elle lui revienne et qu'elle le contemple. C'est tout ce qu'il demande, lui, avec son silence et ses incompréhensions. Sa face carnassière au-dessus de la sienne, ouais, et ses billes  bleues fouillant la frimousse adverse pour un peu d'aide, pour un peu de paix, pour un truc qui lui indique quoi accomplir.
J'suis là, exhale-t-il.
Et il relâche un bras pour happer sa mandibule, la lui tirer, un peu. Pour la sortir des rêves, pour la sortir des terreurs, pour la sortir des univers qu'il ne peut pas explorer, avec elle. Qui ne peut dilacérer pour ne laisser que ruines et tyrannie. Lui et seulement lui, en empereur de ses landes infertiles.
J'suis là, gueule-t-il, finalement, enragé.
Ne supportant pas son impuissance, ne supportant pas ces fautes qui sont siennes et qu'il rejette – ces fautes qui pourtant ont fait naître, ce lacis d'insécurité ; ces trop nombreux récifs sur lesquels Malphas s'écorche et se décharne sans qu'il n'ait plus la moindre emprise, sans qu'il n'ait plus aucun pouvoir.


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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 2 Juil - 23:05 ()
Dead inside
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L'âme écorchée vive par les cauchemars, terribles, qui dévorent son sommeil et y plantent l'acéré de leurs griffes, elle hurle. La carcasse se tord et s'échappe, se distend et se disloque, l'inconscience en étendard, le somnambulisme suicidaire. Parce qu'il y a ce monde, coincé dans son crâne, ce monde horrible et solitaire, froid, dans lequel les humains semblent se perdre avec plaisir quand elle ne le tolère plus, pas quand son aura tombe en décrépitude et se grisaille sous la fatigue et l'anémie. Parce qu'il y a cette promesse hérétique, qui l'obsède et la terrorise, qui jure qu'elle sera libre, indépendante, que son être tout entier se détachera du souvenir de Dis et que son avenir lui appartiendra. Elle ne veut pas, couine-t-elle, elle ne peut pas. Et ne s'y résoudra jamais, elle qui se prétend pourtant femme forte, conquérante en talons aiguilles sur cette terre, dévoreuse de mondes et persécutrice des consciences, dernier grain de sable dans les rouages, antépénultième sourire avant la mort. Celui qui vient lorsque l'on comprend qu'il est déjà trop tard. Qui tord les lèvres quand l'évidence du trépas empoisonne l'esprit. Celui qui honore la désillusion, l'égoïsme et la cruauté. Et l'absurdité du monde. Ce monde qu'elle adore et qu'elle massacre, encore et encore. Ce monde qui est le sien, le leur, et qu'elle ne désire pas autrement. Qui s'étiole, quelques fois, dans ses cauchemars. Surtout dans ses cauchemars, ses angoisses, ces sentiers de déraison qui la plongent en pleine paranoïa, le cœur au bord des lèvres.

Alors elle hurle, sacrifiée aux entrelacs de ses angoisses et de sa fièvre, infection pernicieuse qui vient amplifier ses tergiversions et assombrir le dessous de ses paupières frissonnantes. Et elle aimerait ouvrir les yeux, et s'arracher à ses fantômes pour retrouver son démon. Le sien, à elle. Et retrouver la réalité, toute bancale et imparfaite soit-elle, pourvu qu'il y règne. Parce qu'elle ne veut pas, ne peut pas et surtout ne sait pas. Fruit de son charnier, elle a été recueillie par lui et brisée à son image, forgée à ses délires, domptée par ses caprices et ses appétits. Il lui a servi chacune de ses tyrannies, l'a asservie à toutes ses exigences, l'a envoyée sur tous les fronts, lui a fait connaître toutes les batailles. Et elle se rappelle encore du craquement des âmes et de leur son si agréable, au petit matin, quand l'Enfer a repris ses droits et que dans le silence vespéral ne résonnent plus que les cris des femmes et les pleurs des enfants. D'ailleurs, elle ne saurait pas faire, ne saurait plus à quoi aspirer ni vers où se diriger. Elle serait perdue.

Sans toi.
Perdue, sans toi.


Et le souffle lui manque, et ses poumons gémissent, hurlent et supplient. Pour un instant, qui s'étend à l'infini de sa terreur qui lui bouffe l'âme et lui dégueule sur les tripes.

J'suis là. Son corps en couverture, en certitude. Elle panique encore, et la conscience tarde à rejoindre la surface de ses méninges, de ses iris. Un frisson la parcourt, là, contre son torse à lui, entre ses bras débiles de réconfort et de chaleur. Il est là, qu'il gueule, bien décidé à l'invoquer dans sa réalité, à l'arracher à ses frayeurs puériles, ses petites terreurs aussi diurnes que nocturnes. Son absence en poison, en liquide visqueux et glacial qui parcourt encore ses veines, qu'elle pourrait jurer sentir se déplacer dans le cheminement tortueux de ses artères et veinules. Un réflexe de survie la saisit avant la morsure du réveil, quand une main jaillit pour cercler le poignet rattaché aux serres autour sa mâchoire. Puis le temps se fige, pour une seconde de flottement où ses yeux s'ouvrent sur deux pupilles dilatées par l'anxiété. Où ses lèvres demeurent entrouvertes sans plus qu'aucun cri ne les profane. Où la raison réintègre la carne et lui déclare sur un ton péremptoire qu'il est là, qu'elle est là et que l'univers tourne à peu près correctement. Elle expire un absurde soulagement avant de se détendre, le derme encore frissonnant. L'embarras la gifle, la petite chose aux prunelles embuées de larmes. Et sa gorge se serre, et ses poumons se contractent. Elle hoquette un sanglot, perdu entre l'effroi et la surprise.

« Salut... » minaude-t-elle, transie d'un froid ontologique, qui habite jusqu'à la plus petite parcelle de sa moelle épinière et qui réclame éhontément les bras qui l'entourent mais ne la bercent pas. « Ça va ? » Comme si c'était lui, qui devait répondre à cette question. Elle pourrait presque oser... Elle ose finalement. « Tu fais une drôle de tête... » ose-t-elle vraiment, dans un murmure qu'elle espère tendre, ou distrait. D'un murmure qu'elle ne s'imagine ni faible ni triste. Et elle se ramasse sur elle-même, ignorant le sang et les sueurs froides, se roulant sur le côté en position fœtale et l'invitant à la rejoindre, d'autorité, pour se lover entre ses bras, les omoplates mariés à son poitrail.

La respiration profonde et régulière, la créature agrippe un poignet pour l'obliger à passer un bras autour d'elle, auquel elle se raccroche comme une noyée à sa bouée. Et elle attend, inspire et expire en rythme, le regard fixé à la table de chevet opposée, où une lampe de grand créateur qu'elle a choisie pour lui brille d'une lumière voulant simuler l'aube, et ses promesses, et ses mensonges, et son silence dans lequel ne résonne ni le cri des femmes ni les pleurs des enfants. Il n'y a qu'elle, et ses angoisses, et sa honte, et les bras d'Azazel dont elle a désespérément besoin sans trouver le courage de l'avouer, toute à son orgueil et ses faiblesses. Qu'elle honnit d'être plurielles. Qu'elle déteste d'être existantes, palpables, quand son corps se crispe, hanté par le fantôme de son absence, de son abandon. Celui qui terrasse sa raison et la précipite dans le premier piège à loup qui traîne. Elle gronde, un peu, pour la forme, pour se donner l'air féroce.

« Reste... » et elle se figure que sa supplique sonne comme un ordre. « Reste. T'as besoin d'une sieste... » souffle-t-elle, « t'as une mine affreuse. »

Et l'hôpital se fout de la charité, en tirant tranquillement sur les ambulances, pour s'amuser.


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" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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julius caesar : Beylin (codage), B. Briggs, L. Cohen, Karliene, Daughter (citations)
legends never die : Bourreau des Enfers, Grand Persécuteur et Tourmenteur du Royaume de Dis. Démon des Hautes Sphères. Commandant de l'Infini. Il est l'Ange Exterminateur, celui qui de sa Chute fit un chef-d’œuvre.
the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Lun 3 Juil - 21:07 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Elle s'éveille, l'invoque. Apparition sortie des tréfonds du néant. Et il retient son souffle, absurdement. La trogne défaite, la bouche entrouverte sur le vide qui les sépare. La raison pendue à ses cauchemars. Cette même raison flinguée depuis tellement de temps, tellement d'âges. Camé à son éther, camé à cette seule femelle qui sans cesser traverse et lacère ses existences, qui chaque fois le dévore un peu plus fort. À l'intérieur, tout se convulse dans l'attente de sa voix, de son attention. Il est enragé ou trop plein de fêlures. Alors il se tait, l'ange. Et il la regarde sans plus réussir à penser. Cortex évidé par ses tumultes. Les contorsions de son corps en obsession et ce rouge, qu'il retrouve. Ce rouge qui ne le quittera peut-être plus, comprend-il.
— Salut... dit-elle.
Tranchant l'instant, tranchant les peurs.
Salut.
— Ça va, interroge-t-elle.
Je sais plus, répond-il.
En silence. Mutité aberrante, cordes vocales entaillées.
— Tu fais une drôle de tête...
Il ne bouge pas, Azazel.
Il bat simplement des paupières, bouche éclose sur cette vomissure de cri, qui, à l'éternité semble s'être incrustée à son encéphale. Il est là, se rappelle-t-il. Il est là, pour elle. Pour eux. Il est là, quand l'anxiété lui ronge les tripes et qu'il se presse davantage à ses contours. Clandestinement. Le corps pliant tout contre l'autre. L'instinct en guide et maître. L'irréfrénable besoin de mêler ses membres aux contraires quand leurs substanceq se font la guerre. Symbiose en échec. Et les manques, cet entrelacs de manques revenus ; lui flagellant la gueule au point de la lui dévaster. Bouille plissée par l'incompréhension, par la virus, par Elle ; sa progéniture et tout ce qu'elle bouleverse à l'intérieur. Malphas en perdition.
Les muscles se durcissent et les prunelles sont assassines.
Parce qu'il songe soudain à Discorde et ses passions débiles. Discorde et ses humeurs mesquines. Parce qu'il jure presque qu'elle se fout de lui et de ses émois, qu'elle se fout de tout ; de ses béances suppurant leur carmin et sa vie. Leur existence.
Et soudain elle le quitte, s'alarme-t-il.
Il aimerait lui tordre ce bras brisé, il aimerait lui écraser ce bedon blessé. Pour se venger de son absence, pour se venger de ces gifles qu'elle lui assène, avec les mots, sans plus requérir le moindre geste. Et il se pressent faible et minable, il se pressent moins qu'un homme, moins qu'une bête. Espèce divine gangrenée par ce monde, par la maladie crevant ses artères et ses muscles et son âme carbonisée.
Malphas se recroqueville sur elle-même. Petit corps racorni sur le matelas qui soudain devient une mer immense. Et elle l'agrippe dès lors qu'il envisage s'enfuir ; s'évader de ce trop plein de sensations qui lui bousille la cervelle, qui lui laisse sur la langue l'amertume des ardeurs consumées, atrocement froides, des adorations néantisées.
Il se coule, Azazel. Ouais, il se coule aux angles de Malphas. Se laisse dégouliner à ses galbes pour y déposer ses aspérités. Et elle le prend, et elle le serre. Le bras capturé par sa pogne glacée, mussé contre sa poitrine quand son torse à lui fusionne à son épine dorsale à elle et qu'il expire, comme épuisé, à l'angle de son épaule. À sa nuque encombrée de cette crinière aux éclats d'ambre. Et il écoute, ses grondements ; et il perçoit, son bas-ventre se contracter, ses envies lui cuire la carne.
La vue de l'ogre s'emprisonne. Paupières rabattues, il se concentre, sur le moment, sur sa chaleur, sur cette quiétude retrouvée et sur son timbre abîmé :
— Reste...
Sa respiration se bloque.
— Reste. T'as besoin d'une sieste... invente-t-elle. Pour que rien ne soit ordre ni supplique. Pour que les affections se cachent, ne les déchirent pas.
— … t'as une mine affreuse.
Ta faute, rauque-t-il.
Souffle sur sa peau.
Et il ne sait plus quoi prétendre ni quoi achever. Il est tel un gamin perdu à la foule de ses perceptions.
Tu saignes.
Elle saigne.
C'est tout ce qui lui vient, entre les tempes. Elle saigne, et que les draps se tachent de son hémoglobine l'indiffère. Ou l'excite affreusement. Et il se dédaigne, immédiatement. Voudrait se claquer le crâne contre un mur ou la claquer, elle, contre ses reins. Il délire, et il la recouvre un peu plus. L'empreinte de sa masse qu'il souhaite à la sienne. Et son aura, lentement, hérissant l'atmosphère de son obscénité.
Pourquoi. Pourquoi, t'as crié. Pourquoi t'as eu peur.
Et il repart, en arrière. L'abandonne puis la surplombe, dans la seconde. L'organisme basculant, chevauchant sa silhouette pour venir la confronter. Pour placer son museau devant le sien et, dans le secret de la chambre, dans le secret de cet espace alourdi de son insupportable essence, Azazel épie. Les sourcils froncés, les billes délavées.
Il la scrute et récidive :
— Je pourrai réparer, tu crois ?
Silence.
Il sait, le pourquoi des cris et le pourquoi des pleurs.
Il sait mais n'avoue pas. Tournoie autour de la vérité et s'y esquinte dangereusement.
Les incertitudes lui démontent la conscience.
Ses mâchoires se crispent sous sa barbe hirsute et ses billes bleues dévalent le long de son visage. S'accrochent à sa bouche. Longent la courbe de son menton.
Qu'est-ce que j'dois faire, dis-le moi. Qu'est-ce que j'dois faire pour que ça s'arrête.
Il ne questionne pas. Il implore. Qu'elle parle, qu'elle dicte, qu'elle l'oriente à travers ce labyrinthe sensoriel dont il est captif. Seul au milieu des méandres de sa psyché immolée.
Sa paluche se soulève, s'approche de sa figure dont il effleure les traits. Dont il caresse la chair. Les phalanges se nichant à la gorge, qu'elles s'efforcent de ne pas enserrer. Et la patte descend, se loge entre ses seins.
Je sais plus, tu sais. Je sais plus et j'voudrais te tuer, pour que tout s'arrête. J'voudrais te tuer mais je peux pas, je peux pas tu comprends parce que- il s'étrangle, Azazel. Un sanglot répugnant lui obstruant la trachée. Un sanglot qu'il ravale rageusement. Ses doigts crispés sur le tissu qui lui recouvre la poitrine, qu'il s'empêche d'arracher, furieux de ne pas pouvoir la toucher de ne rien voir et de ne rien saisir - d'elle ou d'eux. Le lui, sans aucune importance.
Tu te souviens, de la nuit. Tu t'en souviens, réclame-t-il.
Les réminiscences de cette nuit partagée, de cette évidence formulée, en tranquillisant injecté aux désordres qui voracement l’engloutissent et le noient.


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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: Dead Inside. Lun 3 Juil - 22:42 ()
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La créature gronde et geint, lorsque son créateur s'éloigne de sa carcasse et ose la rendre à la solitude de sa forteresse de chair et de faiblesse. C'est sa faute, lui a-t-il dit, parce qu'elle saigne. Et elle se fiche, de cette hémoglobine qui n'en peut plus de se répandre, encore et encore, qui vient teinter de son rouge funeste la surface de ses pansements, et de son immonde chemise d'hôpital. Elle rêve d'ailleurs, Malphas, elle nourrit des délires d'en-Bas. Alors saigner, ce n'est pas bien grave a-t-elle envie de lui rétorquer juste avant de geindre à nouveau en le suppliant de revenir, au moins pour la réchauffer, pour éloigner le froid. Les plains sibériennes qui se sont installées entre ses côtes semblent ce soir frappées d'un étrange blizzard, qui crierait son nom. Leur nom. Et le reste, peut-être.

Les pourquoi résonnent sans trouver de réponse, sur l'origine de ses cris comme celle de ses peurs, parce qu'elle l'attend. Elle L'attend. Patiemment, sauvagement, paresseusement, désespérément. Elle attend, de sentir ses bras autour d'elle, sa peau contre la sienne, son souffle dans sa nuque ou le long de sa mâchoire. Elle attend parce qu'elle sent son aura à elle se faire la malle par tous ses pores, et qu'elle a besoin de lui pour rester tangible et entière. Et un soupir de soulagement caresse ses lèvres si tôt qu'elle retrouve son contact. La petite chose se détend et relâche ses muscles, levant deux yeux clairs vers ses prunelles pour mieux le scruter en retour. Réparer... Réparer est un autre débat, pour combler les fêlures et colmater les gouffres. Le Père voudrait chasser les monstres des placards, et de dessous le lit... Mais comment réparer ce qui, à jamais, s'avère altéré ? La certitude ébranlée pour toujours, sans doute. Ou le temps de la convalescence, dans la paranoïa épuisée de celle qui a failli crever, servira-t-il à cicatriser les plaies suppurantes faites à son âme défaillante. La contemplation est silencieuse, presque gênée. Parce qu'il met le doigt où cela fait mal, où la douleur se trouve, il pointe la faiblesse, la corde sensible... Et tire, tire dessus, sans une once de pitié. Il ose gémir, réclamer, quémander le remède miracle à la nouvelle maladie, à celle qui n'empoisonne pas les chairs mais l'esprit. Et il l'hypnotise, comme à chaque fois, effleurant ses traits du bout des doigts pour l'apaiser, la faire ronronner et courber l'échine. Une main se crispe doucement sur les draps trop doux et trop blancs, s'approprie le tissus à défaut de sa peau. Et elle regarde, le décor et Lui, Lui et le décor. Elle regarde, l'angle de sa mâchoire et la précision acérée de son arcade sourcilière, poursuivie par toutes les lignes de fuite de ce portrait d'un autre monde, qui voit converger toutes les composantes du paysage vers Lui. Toujours Lui. Lui qui réclame, qui exige, qui domine... Et qui menace.

Elle se fige, la prunelle, quelque part perdue dans une nouvelle crainte. Un frisson cavale le long de la colonne vertébrale de la carcasse blonde, qui s'arrache à sa contemplation pour revenir au fond des iris gémelles, sans la moindre pudeur.
Je sais plus, tu sais. Je sais plus et j'voudrais te tuer, pour que tout s'arrête. J'voudrais te tuer mais je peux pas, je peux pas tu comprends parce que-
Que quoi ? Parce que quoi ?
« Dis pas ça... » murmure-t-elle, les traits froissés, ravagés. « Dis pas ça... » réaffirme-t-elle, alors qu'il lui rappelle cette nuit. Leur Nuit. Qu'il invoque les fantômes et les souvenirs, dans cette chambre à coucher poisseuse d'angoisses. Elle se bouffe la lèvre inférieure, rapprochant son museau du sien tout en se lovant contre lui. « Je suis fatiguée. Juste fatiguée. Tu peux pas... Tu peux pas en parler. T'as pas le droit. Ça va passer. Ça va me passer... »

Et cette nuit, Leur Nuit, elle ne veut pas s'en rappeler. N'en supporte pas le souvenir qui, incessamment, charrie le manque et le besoin, l'obsession. Il a suffit d'une évocation pour retourner ses sens et sa raison, là. Elle qui essayait de se remodeler un masque de circonstances, une once de dignité par delà des prunelles embuées de larmes, la voilà qui s'approche encore, qui s'empare d'une mâchoire du bout des doigts pour l'attirer à elle. Et elle effleure, les lèvres, avec toute la douceur dont elle est capable. Elle effleure la peau, les peurs et les doutes. Ses paupières se ferment, ses sourcils se froncent. L'épuisement la tiraille et menace sa conscience, sans qu'elle puisse se résoudre à l'abandonner tout à fait, se devinant soudain incapable de trouver le repos sans l'avoir à ses côtés. Et elle se dégoûte, la créature, de se découvrir si dépendante, inlassablement. Et elle le supplierait bien volontiers de la tuer, si elle pensait que c'était un état définitif, désormais. Mais elle veut vivre, la Progéniture, et elle sait lire l'infection de ses plaies dans les déchirures de son comportement et de sa psyché. Elle sait, ou croit savoir, ce qui se joue entre ses côtes. Et si le vide essaye de les séparer, toujours les corps se retrouvent. Deux iris bleues s'épanouissent au monde d'un sourire tendre, qui caresse son visage. Un pouce s'attarde sur les hauteurs d'une tempe, la falaise d'un mandibule, chute jusqu'au menton et s'attarde longuement sur les lèvres qui, quelques secondes plus tôt, voulaient encore la tuer.

« J'veux pas, tu sais. Mourir. Partir. Sans toi. J'veux pas... »

Grondement sourd, contre la bouche de l'Autre, contre cette face qu'elle effleure de la sienne, venant planquer son nez dans l'épaisseur de sa barbe pour respirer son odeur. Les battements de cœur incertains ne l'aident pas. Pas davantage que la fièvre. Ou la fatigue. Toujours la fatigue. La fatigue qui étire le temps et fragilise l'esprit. Quelques doigts possessifs viennent effleurer la nuque de l'Ange, alors que les hanches trop fines se glissent entre ses bras, et que les jambes viennent se mêler à leurs jumelles.

« T'as pas promis, cette nuit-là. Tu promets jamais... Mais... Mais à un moment, t'étais plus là... T'étais plus là, et ça n'avait pas de sens... » L'aveu en faiblesse. Elle trébuche au creux de sa propre carcasse, hoquetant de surprise. Tourments artificiels. « J'me souviens... De tout. Chaque détail. Je me souviens... »

C'est même pire ainsi, éternelle punition, infâme privation. Son nez cavale le long de sa gorge pour venir s'amouracher d'une clavicule et y établir son royaume, le reste de son corps venant se blottir contre la carne du Créateur et Maître, premier Propriétaire. Et un atroce gémissement de satisfaction résonne entre eux, aussi délicat que félin.

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Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
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Sujet: Re: Dead Inside. Jeu 6 Juil - 1:16 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

— Dis pas ça... implore-t-elle.
Répète-t-elle.
La supplique en mélodie qui lui martèle les tempes.
Et elle se rapproche et elle l'immole, sans rien faire ni rien ajouter. Avec son souvenir logé derrière le front, l'ange se détache de l'instant. Il écoute et ne comprend que les ondulations balancées à l'atmosphère. Leur entrelacement en leurre à sa psyché. C'est une béance ouverte qu'il a dans la poitrine. Un truc contre-nature qui lui dévore l'intérieur, qu'il ne fait que ressentir avec ce goût de mort déposé sur la langue.
La saveur de Malphas en condamnation.
— Je suis fatiguée. Juste fatiguée. Tu peux pas... Tu peux pas en parler. T'as pas le droit. Ça va passer. Ça va me passer...
Il bat des paupières tandis qu'elle expire.
Mutique, inapte à saisir ses paroles, et leurs sens. Coincé dans sa mémoire craquelée par les semaines et les carences. Il est malade – dingue à se pendre. Et elle se rapproche. Réduit le mince espace qui les sépare en fouillant son visage de ses lèvres et de ses doigts. Et il gémit, dans le sombre de la chambre. Dans l'intimité de leur nid. Parce qu'il est faible, parce qu'elle le ruine. Le corps en geôle quand sa substance la réclame dans ses moindres nuances. Et qu'il sent, que tout n'est que limites et trahison à leur quintessence. Existence tyrannique qui le laisse agonisant sous ses phalanges. Lui l'Enfoiré Immémorial mis au tapis par cette femelle rachitique. Ça pourrait faire hurler de rire. Ça le dégoûte dans la seconde.
Et pourtant, un néant d'une intensité folle lui repeint la trogne et le fait répondre, à ses attentes. Il suit, ses appels. Mutique. Figé entre présent et souvenances. Azazel s'égare ou s'évade. Et il savoure, atrocement, son contact réclamé et espéré quand les cris encore déchiraient sa voix. Quand la peur toujours lui laboure toutefois les entrailles et qu'elle récidive, reformule, ses saloperies morbides – ces crasses qu'il lâche quand la colère lui boursoufle les synapses.
— J'veux pas, tu sais. Mourir. Partir. Sans toi. J'veux pas... 
Les paupières se soulèvent et les pupilles rencontrent leurs gémelles.
Deux fentes oscillant entre l'azur des iris et le noir de leur gouffre.
Il voudrait lui dire de se taire. Il voudrait lui ordonner de négliger. De ne pas l'écouter. Parce qu'il la prendra, d'une façon ou d'une autre. Parce qu'il la pressent, la pulsion dévastatrice qui naît puis périt, continuellement, sous les côtes ivoirines de son poitrail. Le bestial de ses instincts en maître plus que guide, en imposture au réel inavoué qu'il délaisse et conçoit pourrir dans son cerveau.
Les mots pris au piège dans ses sauvageries.
Ainsi, en silence, éternellement, il la laisse, s'enfouir à ses contours. Y disparaître le temps qu'il avale, ce qu'elle lui donne. Ce qu'elle lui confie. Ce qu'il respire. Elle et tous les spectres de leur aberrante idolâtrie.
— T'as pas promis, cette nuit-là. Tu promets jamais... Mais... Mais à un moment, t'étais plus là... T'étais plus là, et ça n'avait pas de sens... 
Il clôt le regard. Mâchant son vide entre les molaires pour ne pas brailler une menace, pour ne pas gerber ses malaises. Le myocarde battant la poitrine, la gorge nouée par les obscènes paroles qu'il ambitionne lui japper. Pour la repousser, pour ne pas montrer les faiblesses et les remords et ce fourbi de perceptions qui lui irradie la cognition et lui becte la moelle.
— J'me souviens... De tout. Chaque détail. Je me souviens... murmure-t-elle enfin.
Et le cœur manque un battement. Ses mâchoires se crispent et sa nuque vrille. Tressaute sous l'étreinte qu'elle lui prodigue. Le corps révulsé autant que peut l'être l'essence. Par ce trop plein d'émotions qui le cisaille tout entier, qu'il ne sait plus par quel morceau rejeter ou prendre.
Elle a disparu, Malphas, loin de son museau. Le minois déposé au tranchant d'une clavicule. Et son menton rongé par la barbe, il le tend, soudain. En direction du mur. Ses bras incapables d'enlacer sans faire mal, ses paluches incapables de saisir sans briser ou brider. Immobile, Azazel mène une guerre, en lui-même. Pour ne pas s'abandonner à ses appétences irrationnelles de domination et de possession. Apposer ses marques sur la chair pour ne plus avoir à subir et percevoir l'horreur de ses dépendances. Cet entrelacs d'addictions dont elle se fait, la progéniture, la matière première.
Dans la voiture-
Et il s'arrête. La voix sciée par l'intellect qui se fracasse aux parois de la boîte crânienne. Son emprise mortifère dévorant toujours davantage la pièce, déstructurant jusqu'à l'overdose ses débris sensoriels.
Dans la voiture, il se souvient avoir voulu crever. Dans la voiture, il se souvient avoir perdu l'espoir possible de la retrouver. Sans savoir où il allait être recraché et pourquoi et avec qui. La réminiscence le hante, c'est vrai. Braise chaude enterrée dans son bide, crevassant sa barbaque dans un total oubli de soi.
Alors il la ferme et il attend et s'ose, inconsciemment, à la caresse. Sa paume collée à l'arrière de sa tête blonde. Prenant appuie contre l'occiput et massant, la peau tendre de la nuque. Les doigts glissent entre les mèches blondes et il gronde :
Tu peux dormir, maintenant.
Et il roule les billes, se mord la lippe. Désireux de laper son sang et redevenir un peu lui-même. Un peu dégueulasse malgré la tendresse qui suinte de ses pores tel une sueur infecte. Désireux surtout de ne plus articuler une nouvelle connerie. Tu peux dormir, maintenant, ouais. Et il trouve ça tellement con, qu'il envisage de se barrer immédiatement, mutilé par la honte ; et la laisser là, dans le plumard. Pour qu'elle l'envahisse et ne remarque pas les fêlures qu'il expose, avec ses remarques débiles et ses pensées de chialeux.
J'bouge pas, grogne-t-il, bas.
Un aveu qu'il lui fait et qu'il se fait, avant que son embarras ne lui lacère définitivement la gueule et plus encore l'âme.
J'promets pas mais-
Il arrête, d'aller et venir entre les vagues flavescentes. Les explications foirées avant même qu'il ne sache les exprimer.
Tu mens, hein, interroge-t-il, à demi-mot.   Tu mens, parce que- ouais parce que, c'pas possible, que j'sois plus là.
Infantile à vomir. Les raisonnements déstructurés par ses blocages, par ses obsessions ; il la contraint à soulever la figure. Le pouce sinuant le long de la courbure de sa mandibule, se fichant dessous.
Tu sais, insiste-t-il.
Les babines tordues par un rictus cloqué d'angoisse et sa question, dépourvue d'intonation. Azazel, il veut savoir, ouais. C'est irrépressible. Sa présence à lui, mêlée à sa conscience à elle. Il veut avoir sa réponse, avant que Morphée ne l'embarque et qu'il ne jalouse l'onirisme de ses songes.


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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Sam 8 Juil - 0:53 ()
Dead inside
You left me here to die alone


La voiture, elle ne s'en rappelle pas. Si ce n'est peut-être une banquette arrière, poisseuse de sang, et du tissus sous ses doigts. Simili-cuir, gratté dans l'espoir de le traverser et d'apparaître comme par magie à ses côtés. La voiture, elle n'en a qu'un très vague souvenir saturé de fièvre et d'inconfort. Il était là, lui, de cela elle est certaine. Et elle lui a dit... Elle lui a dit, croit-elle... Ou peut-être pas... Un soupir caresse la clavicule dont elle s'est amourachée, tandis que Malphas se love davantage, et s'accroche, profondément calme, apaisée par la proximité. Et le monde peut s'effondrer. La nuque frémit sous les doigts qui l'effleurent. Caresse. Tendresse. La bestiole ronronne en silence, un doux sourire ourlant la commissure de ses lèvres en invisible aveu de faiblesse. Entre les mains du Maître, les muscles se délassent et se détendent sous la peau frissonnante de la gorge. Les vertèbres roulent, pour mieux épouser les phalanges puis permettre à la tête de s'enfoncer entre une clavicule et un bras. Derrière les caprices, Discorde est une créature d'une simplicité effrayante... Et elle sourit, la garce, cachée sous la barbe d'Azazel, comme autrefois elle l'aurait fait dans le creux de son aile.

Tu peux dormir, maintenant.
La voix en caresse supplémentaire, en couverture et en assurance. Les mots de l'Ange viennent bercer l'oreille de sa démone et fermer ses yeux aux iris figés à sa peau. Elle hoche pauvrement de la tête, Malphas, pour lui signaler que, oui, elle peut. Et que s'il reste c'est encore mieux. Que s'il ne bouge pas, elle ne demandera rien d'autre. Rien d'autre que Toi. Lui en refuge, en foyer, en cauchemardesque peluche. Les doigts de la progéniture se resserrent paresseusement sur un bout de tissus qu'il porte, pour garder encore, pour encore un instant, un instant de plus. Les pensées se délitent dans l'immensité de la chambre, vont se terrer dans les coins et nidifier dans les recoins pour calfeutrer le silence et faire taire le palpitant. Celui qui pourrait paniquer. Celui qui se laisse submerger. Celui qui se surprend à conjuguer des lettres de l'alphabet. Qui devrait oublier. Qui devrait s'assoupir, désormais. Et ses grognements l'endorment, déjà. Ça lui rappelle des centaines de souvenirs, de leurs massacres enthousiastes qui finissaient dans des surplus de violences délirantes et la voyaient bien souvent venir se coller à son Ange, quémandant l'attention, se satisfaisant de grognements bas et de murmures insanes. Ça lui rappelle ses griffes à sa joue et son sourire plein de crocs, à contre-nuit de silhouettes exsangues et fumantes. Ça lui rappelle autre chose, aussi. Une nuit. La Nuit. Celle où les murmures se sont fondus à la douceur, à la tendresse, à l'évidence... Et au reste. Je veux dormir, maintenant.

Mais il ne promet pas, le Déchu. Et il rajoute une conjonction de coordination, sans annonce ni préambule. Elle grommelle, tout doucement, préférant se borner à garder les paupières fermées. Choisissant de s'accrocher à sa paresse et à l'ordre directe qu'elle a reçu. Qu'elle entend exécuter sans broncher, pour une fois... Ou peut-être pas. Parce qu'il interroge et arrache, le Terrible, un peu de sérénité et beaucoup de sommeil. L'Enfant se fige, et se crispe un peu, se statufie. Pourtant, il est déjà bien tard, trop tard. Et la question a trouvé son sujet, et son souffleur veut sa réponse. Elle se mord la lèvre inférieure, se bouffe la langue, les paupières résolument fermées. Mais il est là, partout. En dessous et au dehors de ses paupières mobiles et indociles, qui se lèvent si tôt qu'il la force à redresser le museau, pour trouver ses prunelles et les fuir la seconde d'après. Elle ne veut pas en parler, ne comprend pas qu'il y revienne. Encore. Elle ne veut pas. Non, elle ne veut pas, vraiment pas. L'évoquer. Donner de la réalité à tout ça. Et elle fronce les sourcils, et elle supplie – un peu – du bout des yeux. Je sais. Et je voudrais te le hurler. Mais je dis rien. Mais je me tais. Parce que tu ne veux pas entendre, que ça a été possible. Même une seconde. Une inacceptable et inadmissible seconde.

« Arrête », souffle-t-elle, rêvant d'utiliser son plâtre pour renvoyer ses idées dans le fond de son crâne, et les y écraser. « Faut pas... Il ne faut plus y penser. C'est pas toi. C'est ça... C'est probablement juste ça... Et t'es là. Et je suis là. Et... »

Et elle ne sait plus quoi dire, prise au piège de ses vertiges, physiologiques et affectifs, déchirée entre ses envies de sombrer dans le sommeil et celles de se noyer dans les profondeurs abyssales de ses iris. Difficilement, elle s'accroche à une joue, une oreille, et caresse une tempe. C'est péniblement qu'elle se redresse, pour le rejoindre sur l'oreiller et poser son minois face au sien. Il n'y a qu'un inconfortable vide entre eux, leurs jambes entremêlées d'autorité et son bras cassé planqué sous les plumes d'oie. Elle le regarde, le contemple, le bouffe des yeux. Si fascinée que le voile de tristesse recouvrant ses cornées s'en envole. Et elle se prend l'envie, de lui dire, que c'est bien pour ça que le monde n'avait plus de sens, parce qu'il n'était pas là, et que c'était triste, et cruel, tristement cruel, sans panache ni direction. Que c'est pour ça qu'elle était perdue. Que c'est pour ça qu'elle ne regardait plus où elle marchait et qu'elle a trébuché sur une saloperie de mauvaise idée. Parce qu'il n'y avait qu'elle, entre ses côtes, et que son vide à lui a balayé tous les autres. Qu'il a tout effacé et emporté sur son passage. Mais que ce n'est pas grave. Qu'il est là, maintenant. Qu'elle peut dormir, maintenant. Et qu'elle restera sage. Qu'elle veut bien promettre. Alors elle ne dit rien, pour changer, et elle s'avance dans un mouvement d'une lenteur folle et délibérée. Le murmure du satin et de la soie accompagne le cheminement du visage et des cheveux, qui glissent sur l'oreiller. Ses lèvres s'emparent de leurs jumelles, dans un élan d'une paresseuse délicatesse, un peu pressante, un peu possessive, terriblement hantée du souvenir d'autres baisers, d'une autre nuit. Elle s'était endormie, aussi, elle s'en rappelle. Et elle gémit, doucement, son prénom. Une supplique qui la ramène dans la voiture, sans hémoglobine ni précipice, avec la seule volonté qu'il devine, encore. Une fois encore. La main ancrée à ses traits, elle s'approprie son visage, et sa bouche, et son souffle, sa langue, les promesses qu'il ne prononce pas. Jamais. Et elle l'empêche, de parler, collée à lui et mutique, les lippes résolument scellées aux siennes.

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Connasse
" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son précieux trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons. Ses sbires en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 9 Juil - 1:05 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Il n'y a que le silence.
Son silence qui s'étire et se densifie, à travers le nid, à travers les strates défoncées de sa cervelle. Ça enflamme les muscles et ça raidit les nerfs. Ça le fait se convulser, brièvement. Torsions du corps qu'il détient, dont il oublie les formes, les aspérités ; ce corps arraché à l'homme, l'humaine créature qui le révulse.
Et il retient, le coup.
Il ravale, la rage.
Il muselle, ses ardeurs. Sa furie pure et dure – de celle qui fait jaillir le rouge et craquer les os. Parce que la frustration lui bouffe la pensée et que la question, elle ne trouve nulle réponse. Ou peut-être est-elle là, simplement là. L'idée le terrifie. Et porté par un réflexe débile, il plonge, au fond de ses billes. Ces deux billes bleues qu'il rêve soudain de crever. Parce qu'il ne veut pas entendre, parce qu'il ne veut pas comprendre, parce qu'il ne veut pas voir, surtout. L'aveuglement en brutale esquisse de liberté ; ses mensonges et ses conneries de perceptions distordues sous l’œillade qu'elle lui lance. Cette muette supplication qu'elle expire et qu'il pourrait mettre en lambeaux, dans l'instant. Qu'il sent lui dégouliner entre les phalanges. Ces phalanges qui ne lâchent pas la mandibule aimée, celle bonne à pulvériser dans un élan de mauvaise volonté.
— Arrête, dit-elle.
Et il bloque le cri. Ce putain de cri qui lui crame la trachée et lui boursoufle de venin la langue. Ce cri informulé, enfermé, pour qu'elle ne vomisse pas la réponse exigée et honnie, cette réponse dont il connaît déjà les aspects.
Il n'était plus là, il n'était plus là.
Ça cogne et résonne, dans le crâne. Ça balafre et saccage, l'intime et les entrailles. Et sur sa trogne, l'inexpressivité s'incruste. Burine les rides, efface les indices et les aveux de faiblesses. Le néant en seul amant ; voilà, ce qu'elle ne prononce pas. Et il ne saisit plus le pourquoi, il ne déchiffre plus le comment. Il ne perçoit que ses avidités ruiner l'horizon, la mettre à feu et à sang. Il ne pressent que cette atroce vacuité qui le compose, le décompose, l'illimité des mondes quand tout bascule, quand tout s'effondre.
Elle était partie et il n'était pas là et il serre les mâchoires, Azazel. Il serre à s'en faire suppurer d'incarnat les gencives.
— Faut pas... Il ne faut plus y penser. C'est pas toi. C'est ça... C'est probablement juste ça... Et t'es là. Et je suis là. Et...
Elle embaume le funeste de la réalité dans un coton souillé de ses malaises. Elle emmure la flamboyante hérésie de sa voix languide et faible ; ce timbre qui scande son état et les frayeurs égarées au récent de leur passé. Car toujours ne compte que l'immédiat, la délicate seconde, à sa conscience immolée, déstructurée. Sa conscience qui ne rassasie ses extases qu'aux creux des plus immondes extravagances.
Mais elle revient, elle bouge, fustige le moment et les délires et l'angoisse, persistante, de ne pas être un tout dans son univers de conflits. Versatile, il a l'envie précipitée de lui rappeler qu'elle est sienne ; avec un peu de tendresse, avec beaucoup de véhémence, avec un tas de saloperies qui lui encombre l'encéphale et lui obture les oreilles, lui obstrue la vue, lui tranche la gorge.
Et elle se rapproche, encore, encore. Elle revient s'ancrer à son visage et elle touche, explore, redéfinit les angles qu'il réapprend à percevoir, qu'il se souvient de pas être lui : masque ignoble déposé à sa face morte, à sa face disparue sous les âges, sur cette lande qui le précipite aux bords des abîmes.
Il halète, Azazel. Le regard devenu brèche. Sourcils froncés pour l'observer et peut-être la gommer, de son tableau de cauchemar élaboré par sa mutité – douce et tragique mutité qui lui fait décrocher de son subconscient un sentiment démultiplié par le fléau qui le ronge ; dès lors qu'elle appose ses lèvres à ses lèvres.
Et il la respire, et il la dévore. Et il l'avale et l'envahit, choquant ses hanches, emmêlant ses membres aux siens, l'incendie dans les tripes et la poitrine. La paume couvre son profil, les phalanges se replient sur cette figure qu'il s'empêche d'arracher pour la revoir, sa terrible moitié. Pour que la normalité réinvestisse ce cosmos délirant, et que tout s'apaise ou se déchaîne, que tout explose sous leur aliénation. Il s'accapare sa matérialité et ses pattes cherchent et tirent, les tissus loin de la peau qu'il caresse, qu'il écrase et masse. Un sein qu'il martyrise, une cuisse qu'il insère entre ses guibolles qu'il écarte ; et ce souffle brûlant qu'ils partagent.
C'est par un éclat de lucidité que tout s'arrête, que la poigne relâche la mamelle mystifiée, que les faciès se défont et qu'il retrouve, contre son ventre collé au sien la moiteur des interdits.
Le pansement, se souvient-il, taché des plaies qui cicatrisent.
Et il s'écarte, Azazel. Arrache sa toile pour la laisser respirer, pour la laisser exister.
Les orbes scrutent leurs contraires et le museau s'avance, sur l'oreiller. La langue s'extirpe d'entre les crocs et lèche la pulpe humide de leur salive. Et l'obscène sourire qui lui fendille la gueule parachève la sentence qui tombe :
Tu m'appartiens.
Cette seule affirmation remémorée et gravée à la substance, la leur.
Ses sensations s'éteignent, à trop la fixer. À trop l'adorer. À trop la désirer et l'imaginer saccagée sous sa masse hissée au-dessus de la sienne.
Tu m'appartiens, feule-t-il, entre les parois de son organisme qu'il recolle dans un heurt autoritaire et putride de lubricité.
Et il lui réapprendra, plus tard, devine-t-il, frémissant et bandant à l'excès. Il lui réapprendra qu'elle n'a aucun droit, qu'il soit ou ne soit plus, qu'elle soit dans l'illogisme de l'éternité sans sa présence en salissure à son essence. Parce qu'elle lui appartient. Chacune de ses molécules, chacune de ses vibrances, lui appartiennent, à lui. Lui. Père et Tyran, mâle possessif et dépendant. Et les crises et les rires l'escortant sur les rives de leur extinction, il les engloutira, lorsque les béances auront fini de se ressouder ; lorsqu'elle sera de nouveau resplendissante de fracas, sa femelle. Ses canines, il les lui plantera dans la viande, galeux d'un fanatisme où elle s'érige. Malphas. Malphas. Malphas encore. Malphas sa possession. Malphas sa déraison. Malphas sa création ; qu'il remodèlera, tergiverse-t-il, extasié, altéré par l'antique passion dont elle l'a gangrené à l'aube de leur collision.


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Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Démons

Sujet: Re: Dead Inside. Dim 9 Juil - 23:17 ()
Dead inside
You left me here to die alone


I've been around
Your body upside down
But I can't touch you.

L'éveil du volcan. Et la chaleur, là, entre leurs lèvres avides et leurs corps malades. L'un d'une absence et l'autre de violence. Le désir et la faiblesse, en convalescence. L'Ange s'invite, s'impose, attirant et s'appropriant, déjà. Sans réfléchir, probablement. Elle gémit, doucement, encore son nom. Toujours son nom. La bouche dépendante et la silhouette frissonnante de douleur et d'envie. Il la tuera, elle le sait. Elle le sait mais ne dit rien, ne repousse pas, écarte les jambes et cambre les reins, le squelette encore groggy, cadavérique. La raison s'effiloche à la flamme de leur proximité... Pour peu, la logique ferait entendre le bruissement de ses ailes, qui se déploient pour l'éloigner de leurs carcasses, animales et mauvaises. Dangereuses. Dangereuses et vindicatives. Quand l'Ange veut posséder et la Progéniture retrouver. Puis le fracas. L'arrêt. Le palpitant rate un battement et les poumons cherchent le souffle, hors de sa bouche, loin de sa carne. Elle reste là, hébétée et un peu perdue, le regard hagard. Elle quémande, la bestiole, et elle retourne à sa mutique contemplation. La mosaïque d'insanités qui renverse le visage du Maître est un chef d'oeuvre d'un autre temps. D'un autre monde. Et elle l'adore, là, comme ça, sans un mot ni un son. Rien, pas même un murmure, une toux, un rauque. Il sourit, et dit. Il dit...

Tu m'appartiens.

Et elle se fige, dans le fond de ses iris, défoncée par les abysses qui encore et toujours lui martèlent le crâne et lui rappellent, incessamment, que c'est ainsi. Pas autrement.

« Je sais. », répond-t-elle, une main nichée à sa gorge et le visage tranquille. Le constat est ce qu'il est, éternel et irrépressible. Une certitude existentielle, qui la berce et la rassure malgré la folie qu'elle peut percevoir dans les prunelles de son autre. Elle sourit, Malphas, et revient coller sa viande à celle d'Azazel, pour fermer les yeux et retrouver l'inconscience salutaire des endormis.

Like it doesn't hurt.

*

De l'art de revenir dans le monde des mortels. Calfeutrée dans un pull trop grand pour elle et dissimulée sous les couettes qu'elle peine à quitter, interdite du moindre effort, Malphas triture les lignes dures et électroniques de son téléphone portable. Un peu hésitante, sans doute, de ce que le monde peut lui réserver après sa disparition. La chambre d'Azazel se remplit d'un soupir, un peu péremptoire, un peu las. Finalement, elle n'est pas tout à fait sure de vouloir reprendre contact avec l'extérieur, même s'il le faut, quand bien même elle le doit. Pour rassurer l'entourage de Garance, et assurer sa couverture, calmer Cecil, apaiser les angoisses de Jessica et... Et lui. Appeler. Surtout lui. Lui qu'elle n'a pu invoquer, démon menteur et dieu cajoleur. Elle soupire, encore, avant d'allumer le maudit appareil. Bienvenue dans le monde réel.

*

« Encore un instant, Mademoiselle Garance... »

Et les yeux lancent des éclairs, là, dans le grand lit qui lui sert de cage. Elle gronde, Malphas, le dos droit et la nuque raide, bras tendu. Le bras prisonnier du plâtre, ce bloc rigide qui l'abîme depuis des jours. Elle est là, docile et malléable, le masque dur et la prunelle agacée. Son regard se pose sur son créateur, silencieusement assis dans un recoin de la pièce tandis que l'infirmière l'ausculte, la manipule, la déshabille pour changer ses pansements et l'aide à repasser ses vêtements. Lui qui ne dit rien, même quand elle geint, même quand elle a mal. Et elle est usée, la créature, de faire les cent pas dans cette chambre dont elle ne sort pas. Ou si peu. Dont elle ne peut sortir, à dire vrai, faute de pouvoir y revenir. Trop faible, encore, trop endolorie. Plus vaillante, bien sûr, secondée par son enveloppe saturée de son essence démoniaque et par la méchante volonté qui toujours l'anime et désire dévorer le monde. Un frisson d'inconfort ébranle sa carcasse, une nouvelle fois, une fois de plus. Elle se bouffe la lèvre inférieure, Discorde, pour fermer sa gueule, et rester sage. Et ne pas faire d'esclandre, surtout. Pour ne pas taper sur le système du Père qui veille sur elle, et qui ne cesse de la choyer, depuis des jours désormais. Alors qu'elle l'a quitté, même une seconde, une éternelle seconde d'un trépas qu'il n'accepte toujours pas. Parce qu'il n'était plus là. Plus là. Et qu'il est partout, maintenant, jusque dans le moindre rêve, jusque sous la douche, jusque dans le fond des draps. Il est là, et elle est sage. Elle essaye. Agacée, fatiguée, énervée. Elle se tait, elle se tait, là, le bras tendu vers l'infirmière et le regard dardé sur l'Ange qui la surveille. Elle s'ennuie, la Garce, et elle peine à maintenir le fébrile équilibre de sa vie. Il a accédé à toutes ses demandes, Azazel, il est allé chercher ses affaires, il l'a aidée à organiser son travail depuis la chambre à coucher, il lui a tenu compagnie, même les cheveux lorsqu'elle s'est mise à gerber les antibiotiques que son corps n'a pas supporté. Il l'a gâtée, choyée, protégée, rassurée. Alors elle se tait, même si les gros doigts de l'infirmière la torturent sans jamais vraiment soigner. Et elle est là, avec son plâtre en direction de la cinquantenaire échevelée, démoniaque assistante de vie, probablement foutue dans le premier hôpital venu pour ne pas savoir faire son travail et martyriser les patients. Elle est là, la prunelle brûlante mais immobile, posée sur les épaules du Père. Et elle voit, dans un coin de sa tête, la fontaine de sang qu'elle rêve mettre en place en arrachant la tête de la grosse infirmière, avant de l'utiliser pour assommer le médecin qui viendra la voir demain et reprendra le cours des sévices qu'elle subit depuis son petit accident.

« Tu me fais mal., grogne-t-elle.
- C'est presque terminé... Encore un effort. »

L'effort de trop, à n'en point douter. Un profond soupir soulève la poitrine de Discorde, à mesure que ses prunelles se gorgent de ténèbres. Le bras plâtré s'abat d'un revers cruel, qui défonce la mâchoire de l'infirmière et l'envoie valser de l'autre côté de la pièce sans une once de délicatesse. Et le regard de la Monstruosité se pose sur sa victime, du vice et de la violence suppurant de sa gueule aux mâchoires serrées. La présence de l'Ange dans le coin de la pièce l'empêche de se lever, de se lever et de fondre sur sa proie, pour lui arracher le cœur à mains nues et les yeux du bout des doigts. Pour lui bouffer l'aorte et lui sucer la jugulaire. Ou juste l'abattre et balancer son cadavre aux ordures. Pour lui faire avaler ses aiguilles, et ses pansements, et ses mesures de temps inexactes et douloureuses. Pour lui enfoncer toutes ses petites tortures quotidiennes au fond du gosier.

« C'est terminé. », qu'elle déclare sagement. La mine écœurée et l'air contrarié, la blonde jette un œil à son plâtre fissuré et soupire avant de se détourner, tournant le dos à l'infirmière et à son employeur.

- a game of shadows, shall we play ?  -

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Connasse
" La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer. "


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