boom bitch
Après un long dimanche, mais pas de fiançailles, nous voilà de retour !
Pour tout savoir sur les nouveautés de la version, c'est par .
dying to be born again
L'intrigue est de retour, pour vous jouer de mauvais tours... ou pas.
Dans tous les cas, c'est par .
paris versus the apocalypse
Quoi de mieux pour lutter contre l'apocalypse qu'un apéro ?
Pour vous inscrire à l'event, c'est par là.
quand on est un vrai
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the last young renegades
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julius caesar : Beylin (codage), M. Manson, The Brothers Bright (citations)
legends never die : Bourreau des Enfers, Grand Persécuteur et Tourmenteur du Royaume de Dis. Démon des Hautes Sphères. Commandant de l'Infini. Il est l'Ange Exterminateur, celui qui de sa Chute fit un chef-d’œuvre.
the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons, en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Lun 10 Juil - 23:37 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

— C'est terminé. 
Elle le déclare, sèchement, dans la malveillance de son acte.
L'infirmière a valdingué et il n'a senti que son aura poisseuse de vices lui frôler la viande. Bouche explosée par ce plâtre fissuré que la progéniture planque, dans les replis de son être. Giclures écarlates. La salive qui s'y mélange en perles miraculeuses.
Il plisse le nase, Azazel. Et fronce les sourcils et songe, longuement. Calmement. À la punition qui devra suivre. L'os au-dessous l'arme rompu sous ses phalanges oppressives et possessives. Pour lui rappeler qu'elle doit être douce, follement docile. Qu'elle doit se faire chaton plus qu'autre chose. Car il s'emmerde, depuis des jours, pour elle et son affreuse convalescence. Des jours à tourner tel un fauve en cage. À ne pas brusquer, à ne pas mordre, à ne rien faire de plus que mirer les contours et la chair se lisser et le monde avancer et reculer et se tordre dans un éternel ballet ; dont il ne fait plus tout à fait partie.
Et il ne bouge pas, quand elle ose se retourner. Lui exposer son dos, son cul. Cette silhouette sur laquelle il s'empêche de fondre. Puisque les caprices insupportent son intellect fétide et que le dédain qu'il croit renifler dans l'insolence de sa posture, lui hérisse le poil.
Il ne bouge toujours pas, quand l'infirmière geint et ramasse sa charogne – ou du moins s'y essaye. Lamentable saloperie dégueulassant le parquet de sa chambre. Vomissant ses gargouillis, la mâchoire clivée et la poitrine salopée de carmin. Visage taché d'incompréhension, et de colère dérobée à la rétine sous la soumission catastrophée qu'elle arbore, qui la ligote.
Un rictus blasé fendille la gueule de l'ange et il gronde :
Dégage.
Dégage, et un doigt tendu et une main balayant l’atmosphère, la pièce. Indiquant la porte, la sortie, l'échappatoire à ce sordide éclat provoqué entre les murs de son antre. Le sang, s'il doit être répandu, il en décide la mélodie. Notes et rythme. Et la mélopée débutée ne provoque qu'aversion en son sein.
Dégage, lui répète-t-il, crocs soudés.
Et puisqu'elle ne va pas assez vite ou puisqu'il a en horreur le requiem annoncé, l'affreux tyran se redresse et happe une touffe de cheveux, un coude. Une épaule est torsadée dans un sens impossible et un crépitement sinistre résonne. Nul cri n'encrasse toutefois l'instant et la charpente du larbin disparaît, plus loin. Balancée par le maître des lieux ; qui du respect ne connaît que de médiocres spectres parfois éparpillés à sa conscience.
Il ferme la porte, de la chambre. Et contre l'huis dorénavant clos, Azazel écrase son épine dorsale. Les vertèbres ondulent et postillonnent leur immobilité forcée, enfin fracturée. Ça bruisse, ça craque, ça rappelle le vivant du corps habité. Le menton va de droite à gauche, dans un lent et prédateur vrillage de nuque.
Et puis il entrouvre les babines et grogne à la poupée blonde étalée au matelas :
Tu comptes faire chier pour encore combien de temps ?
Une semaine ou une heure. Trois minutes ou la fin déjà inscrite, là, à portée de doigts ; à peine achève-t-il sa demande.
Et tu m'tournes pas le dos.
L'expiration qui suit la stipulation, l'ogre est sur le plumard. Un battement de cils pour le voir disparaître et revenir, près de sa femelle qu'il agrippe et tire par une cheville. Pour l'amener entre ses cuisses, la foutre assez proche de ses chicots qu'il claque au-dessus de son adorable minois. Il la couvre, l'entoure, lui enserre sa petite bouille qu'il malmène joyeusement, un rictus mauvais placardé sur les traits.
Tu joues à quoi, j'peux savoir ?
Et Azazel ne relâche la frimousse de Malphas que pour lui saisir son bras lourd du plâtre qu'il s'approprie et devine graduellement céder sous sa poigne. Il se tait pour écouter le bruit du désastre galoper à travers leur moment. Leur étreinte qu'il impose ou propose. Qu'il la somme d'adorer sans préambule, sans délicatesse aucune.
Je joue au parfait petit trouduc dans l'attente de ta guérison-
Et il jappe, tout proche de son nez. Il reclaque les dents, rageur.
… et toi, j'ose espérer que tu joues ta putain de partition, également.
Et à la vindicte articulée, la bête se redresse et s'écarte. Abandonne sa proie en devenir dans le creux de sa masse disparue.
Sur le bord du lit, il se masse les badigoinces. Les griffes enfoncées dans les joues et cette barbe qu'il lisse, qu'il tripote jusqu'à glisser un regard en direction de son infernale addiction.
Il a la risette nocive. Torsion de bouille sous la paume qui l'abrite. Parce qu'il n'arrive pas à lui en vouloir – pas vraiment. Parce qu'il éclaterait de rire, pour un peu ; de la retrouver menaçante et fielleuse. Un rire d'enfant bienheureux, satisfait. Émerveillé, toujours. De cette moitié démentielle. En échos parfaits à ses hystéries sans fin. Azazel perçoit Discorde lui lécher les membres et s'enrouler à son hideuse aura. Elle est partout, et en lui surtout. L'infectant de ses désordres ; sa colère expectorée en éblouissant résultat à cette contamination subie. Ses noircissures pulvérisées à son intime jusqu'à lui ravir raison et papilles.
Il expire, Azazel. Se mâchure la lippe.
Et épaules voûtées, il murmure :
Sois sage... et j'te sors d'ici.
Un silence. Son torse qu'il dévie pour la contempler. Lui darder ses pupilles dans les siennes. Et il ajoute, bougonneur :
Dis où tu veux aller, et on ira. Ma seule condition, c'est qu'tu ravales ton humeur de merde.

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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Elle sait tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Jeu 13 Juil - 0:32 ()
Dead inside
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Qu'importe, la grosse infirmière, et sa morve, et ses gémissements. Qu'importe la violence et le souvenir de son éclat, dès lors que la Créature s'oblige à rester sage, et qu'elle tourne le dos au monde, et qu'elle mâchouille se velléités et ses vindictes dans son coin, punie avant l'heure, boudeuse comme une gosse. Parce qu'elle sait, qu'elle va morfler. Qu'Il ne la loupera pas. Qu'Il ne veut pas de caprices. Aucun caprice. L'Infini a ordonné à Discorde de fermer sa gueule, et d'être docile, et d'aller mieux. Aller mieux, alors qu'elle macère dans sa frustration et sa douleur depuis des jours. Des jours entiers, à tourner en rond. À ronger son frein, et tous les os qu'il a bien voulu lui donner, et ne pas briser. Monstre en captivité.

Alors les vents qui soufflent derrière elle l'indiffèrent, la progéniture, elle qui ne raccroche que vaguement avec la réalité quand la porte se referme. Et qu'elle comprend, qu'elle est désormais seule avec son Maître. Et qu'il était là, dès le début, qu'il a tout vu, tout entendu. Et qu'elle a désobéi. Un soupir de franche mauvaise volonté reste coincé dans le fond de sa gorge tandis qu'elle attend, et qu'elle le devine qui se défragmente contre la porte, et bientôt contre le lit, contre ses chairs martyrisées en pleine cicatrisation. Il lui demande, déjà, pour frapper aux frontières de son indifférence. Il lui demande si elle compte faire chier encore longtemps. Et il ordonne, il menace, il lui dit qu'elle ne doit pas lui tourner le dos... Et elle... Elle, elle retient un rire. Un rire méchant, un rire mauvais, un éclat de cruauté qui lui brûle le fond du gosier tandis qu'elle se muselle avec le pauvre reste de force qui est le sien, et qu'elle préserve. La tête de lit a un dessin fascinant, pense-t-elle, à mesure que ses prunelles se perdent dans les renfoncements matelassés, et les traces de doigts qui écrasent le cuir, ça et là. Les siennes, peut-être. Sans doute pas. La Chose n'a pas l'habitude du lit, du conformisme, de la théâtralisation. Pas pour ça. Pas avec Lui. Un mouvement sur le matelas l'arrache à ses pensées, juste avant qu'elle se retrouve happée par la cheville. Elle hoquette, de surprise, quand il la colle sous sa viande et la domine toute entière, le regard dur et les mâchoires animales. La peau douce frémit sous les doigts inquisiteurs qui viennent tordre le visage, et faire peser sur ses traits délicats l'impériale présence de son patron. A quoi je joue? Le silence en seule réponse, le silence qu'elle garde, là, entre ses crocs acérés et clos. Il s'énerve, il enjoint, il possède, sans détour. Et elle n'entend pas, n'écoute pas, assourdie par les tempêtes de Discorde qui se fracassent contre les parois de son crâne. Orage sombre derrière ses yeux clairs, qui jettent l'opprobre, et maudissent. Maudissent. Le plâtre gémit à sa place, tandis qu'une pression inhumaine s'impose à son bras. Et elle voudrait lui gueuler, lui cracher que c'est de sa faute, tout ça. Et qu'elle ne lui a rien demandé, et qu'elle peut rentrer chez elle si ça le dérange tellement, de la garder à disposition, de la surveiller. Qu'il a voulu, jouer au parfait petit trouduc et qu'elle n'a certainement pas exiger d'avoir à faire le petit chaton docile. Qu'il peut bien aller se faire foutre, d'ailleurs, avec ses exigences à la con. Qui peut penser demander à Discorde d'être sage, de bien se comporter, de ne pas faire de vague, quand tous ses instincts l'obligent à détruire et distordre, à flux tendu, à bâton rompu? Et que si elle est ainsi, c'est parce qu'il l'a modelée à son image, un monstre gourmand, féroce, qui n'a d'appétence que pour la violence et la sauvagerie, que pour les déchirures et les ravines.

Mais elle se tait. Elle la ferme. Il n'y a qu'un soupir qui franchit ses lèvres, lorsqu'il s'éloigne enfin pour poser son cul sur le bord du lit. Elle la ferme parce qu'elle a le respect dans la peau, l'obéissance nichée au creux des muscles, la soumission en prière. Alors elle ne dit rien, et elle se passe une main sur le visage, la main valide qui quitte presque aussitôt ses traits pour se diriger vers le plâtre et glisser ses doigts dans les fissures, planter ses griffes et déchirer la matière, comme elle aimerait lui arracher la face. Et l'amas de gaze geint, encore, et craque sous ses ongles. Un grognement, dans le froid de la chambre, quand l'objet de torture s'ouvre en deux pour révéler un bras encore bleu des sévices qu'il a subies. Elle l'accuse, ce bras, d'un regard noir. Parce qu'il n'est pas guéri. Pas tout à fait. Mais elle s'en fout et abandonne au matelas les restes de sa prison médicale pour se redresser, doucement. La créature s'enquiert, discrètement, des humeurs de son créateur...

Sois sage... et j'te sors d'ici.

Il n'a pas besoin de se répéter, elle est déjà calmée. Leurs regards se rencontrent et elle reste de marbre, attentive. Et sage. Terriblement sage quand elle rêvait de le buter une poignée de secondes auparavant, pulsion envolée. Un hochement du chef vient rétorquer doucement qu'elle est d'accord. Qu'elle ravalera son humeur. Qu'elle le fait. Qu'elle le fait, s'il veut bien l'emmener. S'il accepte de la libérer, un peu, de cette cage de confort et d'intimité. S'il veut bien partager, un peu de sa force, un peu du reste. Et elle se glisse dans son dos, et elle vient poser son museau contre sa nuque et cercler son torse de ses bras. Le nez perdu contre le col de sa chemise, l'odeur de la lessive et d'Azazel l’enivre. Elle aimerait mordre, ou lécher, s'approprier. Les paupières se ferment, le temps d'une expiration, avant de s'ouvrir calmement. Dans le silence de la chambre, le mobilier assiste stoïque à une scène d'une rareté non documentée. La silhouette blonde se coule aux contours impressionnants de l'Ange pour venir se glisser dans ses bras, s'installer sur ses genoux, et respirer sa peau juste sous l'oreille, là où la mâchoire rejoint la gorge. Un sourire presque timide, poupin, étire les traits de la versatile possession. Ses doigts se perdent aux contours d'un poignet, aux jointures d'une main épaisse et musclée. Elle sourit, la Garce. Elle sourit après avoir rangé ses appétits voraces dans un coin de sa tête, et ses rêves de violence dans un tiroir imaginaire. Elle sourit et elle cajole, embrasse la joue râpeuse de l'éternel connard qui dirige son existence.

« Dehors. Juste dehors. En bagnole, c'est bien... Ce sera très bien... »

Et elle s'échappe, lentement, sans jamais quitter le royaume de sa vision. Malphas va fouiller dans le placard où elle a été autorisée à ranger ses affaires, pour en ressortir un jean qu'elle enfile sous la chemise blanche et trop grande qu'elle lui a piquée, puis elle passe une paire d'escarpins jaunes. Une veste entre les doigts, après avoir glissé son paquet de clopes et un briquet dans le fond d'une poche, Garance se plante devant Christopher et Malphas sourit à Azazel.

« Je suis prête. »

*

Sa veste sur les épaules et sa silhouette collée dans le fauteuil passager, Madame a pris soin de s'attacher sous le regard sévère de son chaperon... Je ne vais pas me briser comme ça, tu sais, je reste un putain de démon. Elle a promis, cependant, de ravaler son humeur de merde et de rester sage. Docile. Obéissante. Même si ses ongles rêvent de se planter dans sa cuisse. Même si ses crocs aimeraient se ficher dans sa nuque et sentir ses violences. Même si le temps passé calmement dans son lit ne fait que la ramener à La Nuit. Cette Nuit. Et qu'elle ne dit rien, qu'elle n'en parle pas, qu'elle essaye d'oublier. Oublier.

Un sourire aux accents indéchiffrables vient ourler ses lèvres tandis qu'elle colle des lunettes de soleil inutiles sur son nez, l'air mutin.

« Le bout du monde. J'veux voir le bout du monde. Et sa fin. »

Moi, je t'offrirai des perles de pluie qui viennent de pays où il ne pleut pas.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

Connasse
- La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer.


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Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons, en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Ven 14 Juil - 0:01 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Il a encore sa fragrance collée au pif et la pesanteur de sa carcasse sur les cuisses, lorsqu'elle daigne s'installer sur le siège passager ; ses songes en calques de réalité et les envies immédiates dévorent sa ventraille.
Mais le bel ange reste là, son séant rivé au fauteuil et sa tronche froncée par les incertitudes qui labourent le crâne et les appétits qui déchirent la poitrine. Toujours, se joue et palpite la même mélodie. Une mélodie millénaire, qui le fait, à chaque petite note absolument défaillir. Et c'est immonde de naïveté. D'une presque candeur qui lui remonte jusqu'à la glotte. Boule de pus susceptible d'exploser. Nœuds ordurier de sentimentalisme proprement débile, dont il ne peut se séparer. Parce qu'il est la faiblesse absolue et démente, celle intouchable, imprenable, celle qui se glisse et vautre dans les recoins des corps lardés d'insanités.  
Alors, il ne regarde pas sa progéniture – pas vraiment. Gonflé de cependant, de pourquoi, de jamais, de pitié. Azazel, il se contente d'une œillade, coulée de côté comme par hasard, comme par accident. Juste pour lui signifier de s'attacher, d'obéir, de ne pas céder à un caprice qu'il ne cautionnerait pas.  Brève entorse à ses maniaqueries du contrôle et du désordre intercalés. Elle abdique et derechef, jaillit dans la poitrine cette fabuleuse anarchie. Jouissif bourbier né de sa substance à la sienne puis la leur pour ne plus rien différencier, savoir dissocier, de leur existence qu'il n'envisage que sous les rayons de leur fusion. Et il ferme l'espace d'une expiration les yeux. Décrispe ses phalanges épaisses et le volant de cuir au-dessous craque.
Une risette toutefois lui barbouille la gueule. Puisqu'il revoit le jaune des chaussures qu'elle porte – des chaussures aux talons vertigineux, de son avis boudeur. Car son bide menace de s'ouvrir, ses tripes de se répandre. Et Azazel ne se rappelle à l'éternité que de l'enchevêtrement de peur, peur, peur ; la peur pérenne. Cette peur qui s'est incrustée sous ses ongles et dans sa cervelle. Qui a marqué à l'encre de ses chimères son éther en dentelle.
La peur, donc.
Qu'elle balaye d'un revers de pogne dédaigneux, sa femelle.
Sa phonation en fantaisie découpant ses songes à la flaveur morose.
— Le bout du monde. J'veux voir le bout du monde. Et sa fin.
Et il chavire la gueule et la reluque, cette fois, avec l'intensité nécessaire à l’idolâtrie dont il la peint. Azazel détaille le minois de son Autre sans plus se soucier de la route. Deux pupilles-rasoirs en redessinent les contours et les creux, fouillent sous la paire de lunettes qui mange la moitié des détails. Ça lacère, ça fait un peu mal, sans doute possible. Imaginable. Son sourire en supplice et vertige, qui sitôt conquis lui agrandit le sien. Le vieux môme sent l'euphorie s'accrocher à son myocarde fendillé de mélancolie et il opine du chef. Et revient à la route et son gris légendaire. Cette route qui les amènera, bientôt, en dehors de la ville maudite.
Okay.
Sa réponse.
Une réponse courte et merdique tandis qu'il soupire et appuie sur le bouton niché sous son pouce. Immédiatement, se lance un vacarme craché des haut-parleurs. Y a pas de rimes ni de sinistres mélopées, y a pas de belles paroles ni de poésie à la française. Pas cette fois. Pas maintenant. Y a rien qu'un air sans mots, rien qu'un air bousillé par l'architecture symphonique d'un paumé criblé d'acide.
Et les rues défilent, les voitures se croisent et il écoute, le son. Il écoute, le bruit. Et sa main vient chercher celle de Malphas. Et ses doigts s'entremêlent aux siens et relâchent, abandonnent, quand lentement l'attention d'Azazel se perd à sa gorge qu'il caresse, qu'il enlace. Quand son esprit se focalise à sa nuque qu'il masse plus qu'aux feux qu'il grille et la vitesse – cette vitesse qui sous son pied brutalement augmente. Le moteur du bolide ronronne et l'habitacle submergé de basses les isole du reste, du dehors, de l'inutile.
Le bel ange plane, porté par la dangerosité de son allure. Le cortex se défonce au rythme frénétique de la musique, et l'allure dingue avec laquelle il tranche les boulevards l'excite. Le soulève autant que la peau qu'il touche, qu'il serre sans pouvoir se retenir. Bouche entrouverte et fièvre naissante. Doigts crispés sur le volant qu'il ne doit pas lâcher et les bouffés, qui lui étreignent la corporalité. Qui lui éperonnent la conscience. Il s'enfonce dans son dossier, et il respire, Azazel. Ouais, il respire trop bruyamment. Et il respire, désespéramment. Sans plus penser à rien que l'accélérateur qu'il écrase et cette nuque qu'il presse, oppresse, qu'il s'abstient de briser.
Ton bras, ahane-t-il. Dans un sursaut d'honnêteté. Ton bras, c'est- c'est moi, c'est d'ma faute.
Et tandis qu'il explique, ou s'y essaye, son regard dérive jusqu'à celle qui le hante. Celle qu'il observe, la vue brouillée par la tempête qui lui remue l'intérieur. Par le délire qui le poisse entièrement. Devant, un énième feu rouge et des piétons, qu'il évite, de justesse, par un coup sec de volant qui les remue et les cogne. Et il ne décélère à aucun moment et retourne, vers Elle. Elle qui le détraque.
J'voulais pas que tu t'endormes, marmonne-t-il. Sans entendre la musique électronique qui lui gobe la voix. J'voulais pas que tu me laisses.
Et l'horizon se libère des immeubles de Paris pendant que la Lamborghini sinue entre ses hideuses voisines. De gauche à droite, il va et vient, le dément. Valse suicidaire dont il se fout bien. Puisqu'il la détient, sa Moitié. Prisonnière sous sa paume devenue moite.
Il bat des paupières, Azazel. Et réintègre le réel, sommairement. Relâche enfin la nuque féminine et descend, le plat de la patte longeant le galbe d'une cuisse pour échouer dans le creux qu'elles forment. Fente recouverte d'un jean contre laquelle il s'engage, et s'impose, et s'immobilise. Se blottit.  

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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Elle sait tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mar 18 Juil - 0:25 ()
Dead inside
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Okay.
Et le monde est à leurs pieds, aux grands enfants bardés de défauts, lourds de non-dits, animaux jusque dans le moindre geste, la plus petite bêtise. L'habitacle se gorge de sons, de basses, de pesanteurs organiques qui viennent faire vibrer la cage thoracique de la créature en convalescence. Elle jurerait, presque, que les résonances louvoient entre ses muscles et embrassent ses points de suture, à la poupée de soie, poupée de son, qui sourit sur le siège du mort. Passagère d'un autre monde, Malphas se perd dans la contemplation de l'instant, de cette route qu'ils dévorent une fois la Lamborghini dégueulée dans la circulation parisienne. Ils croisent les chemins, décroisent les carrefours, démêlent les plans du grand architecte qui a foutu ça et là, en branle, une ville lumière déchirée par le béton et les panneaux publicitaires. Consommer pour se sentir exister... Ou conduire pour oublier. Les incivilités routières qui sont les leurs l'amusent au plus haut point, chaque fois qu'une petite étincelle de frustration éclot dans une bagnole pour venir trouver son derme et le hérisser d'un plaisir coupable. Elle rit, Discorde, entre deux berlines et trois feux rouges, quelques piétons un peu plus loin et encore un taxi. Elle rit, au rythme de ce qui se voudrait musical mais qui n'est que sauvagerie symphonique, désorganisée. La déstructure à l'origine d'un morceau, d'une idée. Il y a des mélodies mutines, qui s'échappent de ses lèvres et empoisonnent le fond de l'air... Enfant ivre de vitesse, le goût de l'interdit fièrement fiché au bout de sa langue, la Progéniture n'a pas le temps de se tourner vers son Maître lorsque ses doigts trouvent les siens, qu'il les lui dérobe déjà, lui arrachant un grondement mécontent vite suivi d'un silence extatique. Sa main à sa gorge suffit à la faire taire, sans fracas. Elle tend le cou, la peau, féline et docile. Immobile, même. Elle exhale un soupir d'aise, de contentement, d'une atroce satisfaction qui électrise son encéphale et ses sens. Le corps en apothéose, en oeuvre abstraite. Cassée, pourtant. Brisée, peut-être.

Défoncée à l'instant présent, elle reste là, Malphas, sagement offerte aux doigts d'Azazel. Le monstre ronronne à la dérobée, les prunelles figées à l'asphalte et au paysage qui défile, qui défile, et qui sème derrière eux les souvenirs dégueulasses qui la décharnent encore. Le sang, le sang partout. Et le cœur qui ne bat pas correctement. Qui ne bat plus. Qui n'a toujours pas repris une course digne de ce nom, tandis qu'il caresse sa nuque et que la musique s'efface au profit de Son souffle. La respiration damnée qu'elle rêve sur sa peau, contre son omoplate, une clavicule ou sous une côte. Non sans insolence, la poitrine femelle trouve l'écho des poumons mâles pour en subtiliser le rythme et s'y perdre, en harmonie de fièvres et de délires inavouables. Inavoués. Mécanique, le ronronnement du moteur vient souligner l'évidence, sublimer la délicieuse décadence qui les porte l'un vers l'autre. Incessamment. Comme une malédiction. Un truc collant, redondant, addictif. Nécessaire. Pire, vital. Et elle se fout bien, de son bras brisé qu'il lui avoue à demi-mot, touchée en plein cœur quand elle l'entend marmonner, malgré la musique, malgré le bruit. Elle pourrait l'entendre murmurer depuis l'autre côté du Globe, ce n'est pas un océan qui les séparerait. Pas même de non-dits, ou de demis aveux en demies teintes de rien du tout. La Garce tourne la tête vers l'Ange, et se fige, la bouche entrouverte sur le néant de ses pensées. Elle aimerait lui dire, mais elle se tait. Elle se tait beaucoup, depuis qu'elle est revenue d'entre les morts, étouffée par les secrets. À croire que le Styx l'a envoûtée. Le rideau de silhouettes se jetant hors des roues ne l'effleure même pas, se soustrait à son imaginaire pour ne lui offrir que l'instantanéité d'un moment atrocement imparfait. Où deux êtres se contemplent à travers des yeux qui ne sont pas les leurs, les carcasses orphelines et les ressentis décrépis. Elle crève, là, encore une fois. Une fois de plus. C'en devient presque anecdotique, toutes ces conneries. Et elle frissonne, alors que les doigts la relâchent et glissent jusqu'à une cuisse.

« Mon ange... » souffle-t-elle, à peine consciente, terriblement absente. La réalité ne l'effleure plus, elle s'est déglinguée l'intellect à grandes rasades de vitesse, d'indécence et de danger. La réalité n'existe plus, si tôt qu'il la touche, qu'il l'effleure. Et ses doigts viennent cercler le poignet épais et noueux qui trône au dessus de son jean, se referment égoïstes et possessifs.

« J'arrive. »

Elle arrive, en un battement de cil qui laisse la ceinture de sécurité sans aucun corps à comprimer, à protéger, tandis qu'elle apparaît contre lui, nichée à son torse, entortillée à sa silhouette. Une main se pose contre l'une de ses jumelles, autour du volant, quand l'autre vient serrer le repose-tête. Elle a le souffle court et l'esprit incendié. Par tout ce qu'elle ne dit pas. Qu'elle ne dira jamais. Mais elle respire, doucement, contre sa peau, apaisée par son odeur et défragmentée par sa présence. Son nez se colle à sa joue, à sa mâchoire, à Lui. Il la bouffe de l'intérieur, un peu plus chaque jour. À chaque seconde. À chaque putain d'instants... Si bien qu'elle ne sait plus, quoi dire ou faire. Comment. Pourquoi. Pour qui. Juste pour Toi. Le souffle lui manque, une seconde, avant qu'elle ne se colle à lui, ignorant royalement le reste du monde, et la route, et les coups de klaxons, Paris qui défile, qui s'enfuit et disparaît. Le reste du monde. Et la route. Et les coups de klaxons. Et le reste. Tout ce qui n'est pas eux, jeté aux oubliettes, sans aucune cérémonie, sans un regard, rien.

« Je... Je... » Lettre de l'alphabet. « Je sens, tu sais... Je ressens. Des choses. Des fois. »

Ses lèvres se scellent à la courbe de sa mandibule, à la sévérité de ses muscles maxillo-faciaux qu'elle vénère d'un baiser fiévreux. Elle ne se refuse ses lèvres qu'à l'unique éventualité de l'accident qu'elle pourrait provoquer, auquel elle ne survivrait pas. Pas cette fois. Pas tout de suite. Et ses doigts se crispent sur ceux qui serrent le volant, et les autres viennent s'agripper à un trapèze, griffer une clavicule.

« Ça n'existe pas, un monde où je ne suis pas à toi. » miaule-t-elle, la bouche effleurant une oreille dont elle vient mordiller le lobe, ses jambes se serrant autour des siennes pour l'emprisonner de sa présence encore trop délicate, trop fragile. Elle veut détruire, Malphas, elle veut déchirer, tout cramer. Et ne garder qu'eux, sur l'autoroute de la fin du monde, celle qui mène vers un jour sans lendemain ni conséquence.

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Connasse
- La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer.


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the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons, en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Démons

Sujet: Re: Dead Inside. Ven 21 Juil - 20:36 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

— J'arrive. 
Et il n'a pas le temps de l'en dissuader.
Malphas est là, sur lui. Pesant de son poids ridicule, les membres coulés à sa silhouette qui brutalement se tend. C'est instinctif, c'est presque répugnant. Il a comme un mouvement de recul, infime. Comme une envie d'échapper à ça. Tout ça ; ce flottement dans l'atmosphère. Ce silence entre eux.
Il n'a rien demandé, depuis l'accident. Les explications et les détails et les visées, balayés du revers de ses battoirs. Et il est indécis, réticent à l'idée de plonger à nouveau dans ce fourbi. Il perçoit sa confiance d'ordinaire aveugle, esquintée, poisseuse de son hémoglobine. Ce carmin dont elle l'a badigeonné sans qu'il ne demande, sans qu'il ne décide, sans qu'il ne contrôle rien.
L'échec en seconde peau et la terreur en divine amie.
Alors elle ne doit pas – non elle ne doit pas, venir et saloper les résolutions. Les bonnes et grandioses. Celles qui la veulent entière et menaçante. Celles qui la désirent sublime, frénétique. Celles qui se tapissent et attendent, dans l'ombre de son cortex malade ; celles pour mieux détruire, celles sur lesquelles son esprit vengeur branle.
Les sensations l'enlisent, le collent à son fauteuil. Et la route derrière, et la route devant. Et cette attention qu'elle déchire en lambeaux. Azazel ne sait plus tellement où planter ses pupilles, ni quoi souffler d'entre ses mâchoires qu'il crispe, irrémédiablement. Pour ne pas grogner un truc sordide. Un truc qui lui fasse reprendre sa place, à elle. Un truc qui lui fasse reprendre contenance, à lui. Un truc qui les disjoigne dans toute l'horreur de l'image qui douloureusement s'esquisse ; pour elle et surtout pour lui. Lui, lui et lui. Lui qui se fait crevard.
Il sent son intime lentement se craqueler, pendant que sa queue sous elle palpite.
Azazel, il est obsédé, par ce qui se joue à l'intérieur de sa coquille dégueulant d'obscénité. Et il est fasciné, c'est vrai ; par ce qu'elle provoque tour à tour. Ce lacis d'impuretés qui se chamboulent dans son ventre couturé de cicatrices et d'encre.
Malphas capture puis ondule. Sur lui. Sur lui toujours Lui dont les tympans sont emplis de percussions, lui dont le dessous de la poitrine bondit au rythme délirant tapissant leur enclos.
Et elle parle, Malphas. Brisant l'amorce de la transe.
Elle entrouvre les lèvres et lui soupire des mots qui ne devraient pas sortir. Qui devraient rester à l'ombre des cris et des heurts. Des mots qui ne sont à l'abri que dans le secret et les mensonges. Des vérités qui s'esquintent au tranchant de ses dents, remarque-t-il. Qui se perdent sur le moelleux et le chaud de sa langue qu'il imagine laper ce qui violemment et définitivement se raidit.  
— … je sens, tu sais... Je ressens. Des choses. Des fois.
Ses ridules se froncent.
Pourquoi elle avoue, pourquoi elle consacre l'interdit, et pourquoi maintenant. Pourquoi comme ça et pourquoi, pourquoi et interminablement pourquoi ; ces pourquoi qui ne trouvent nulle fin. Qui perdent de leur sens premier et suprême, intermédiaire puis fantasmagorique. Capharnaüm interne et miettes de folie jetées en l'air.
Et elle se frotte et embrasse sa chair qui frémit ; couverte d'une pellicule de lave et de sueur. Elle explore, Malphas. Dévore et tourmente et la route continue de défiler et les bagnoles continuent de les frôler. Il ne ralentit pas, Azazel. Il ne fait qu'accélérer jusqu'à atteindre l'extrême vitesse. Car encore ses mots tourbillonnent derrière le bleu de ses iris. Et Azazel, il aimerait effacer la parole, arracher sa trachée. Hurler qu'elle doit se taire. Qu'elle ne doit pas foutre davantage le bordel, à l'intérieur de son crâne. À l'intérieur de son entendement qu'il déchire en crissant des molaires, et en serrant les poings, sur le volant. Ce volant qu'elle tient, elle aussi. Ses doigts délicats et blancs déposés aux siens. Sa petite patte enserrant sa densité. Cette petite patte qu'il envisage briser, d'un coup sec. À l'articulation, au poignet. Par vengeance, par colère.
Mais il se souvient qu'elle n'a plus que ce bras, qui soit en état de fonctionner. Et il serait préjudiciable pour lui et ses insanités, de l'en priver.
— Ça n'existe pas, un monde où je ne suis pas à toi. 
Un miaulement à son oreille qu'elle mordille, quand ses jambes l'enclosent. Mouvance possessive et vorace à laquelle il ne réplique pas. Pas tout de suite. Son chant largué à sa conscience effilochée, le macadam en instinct de destruction qu'il dérobe au néant, qu'il brouillonne sur la feuille de ses intentions.
Et il secoue la gueule, Azazel.
De droite à gauche, imperceptiblement.
La mandibule balancée en avant, la lippe bouffée par ses incisives.
Je sais, lâche-t-il. Dans un murmure, un vague écho.  
Je sais.
Puisqu'il a tué, ravagé, puisqu'il a fait couler le sang et répandu son miasme de démence sur chaque parcelle d'univers qui ait douté de cette réalité. Cette réalité qu'il lui martèle, parfois. Pour qu'elle n'oublie jamais, elle. Elle, qui s'échappe et qui ment. Elle, qui revient et chuchote ses saloperies de sensations ; Elle, qui le rend cinglé. Elle, qu'il rêve, un jour, pouvoir absolument engloutir.  Afin de la détenir à l'éternité, sans plus qu'aucun regard ne sache la corrompre, sans plus qu'aucun être ne puisse la toucher.
Retire, articule-t-il.
Retire tes fringues, retire cette connerie d'humanité qui t'encrasse la peau.
Et elle ne va pas assez vite, pour lui. Lui qui recommence, répète.
Lui qui grogne avec agressivité :
Retire.
Tout ce qui le sépare encore d'elle. D'eux.
Parce qu'il a besoin, de récupérer son dû. Son festin. Ce qui lui a été arraché l'espace de quelques jours, semaines. Un semblant d'immortalité dégénérée.
Alors retire, putain. Retire.
Ce qui l'empêche de conquérir, ce qui l'empêche de se rassurer. Son gouffre igné dans lequel il ne sait que s'immoler. Ce gouffre qu'il ne craint pas, qu'il réclame et qui le fait tenir droit, et dur. Qui le fait redevenir puissant, imagine-t-il. Et lui-même, surtout. Ce lui-même qu'il a paumé, quelque part entre la saveur des sentiments et le supplice qu'ils provoquent.
Le bel ange bande les muscles de ses bras, de son abdomen. La carotide pulsant et grossissant le long de sa gorge.
Tyrannique et excessif, Azazel scrute le devant, l'horizon. Sans la toucher. Ses paluches fermement arrimées au volant de la bagnole ; les phalanges blanchies tant il en comprime le cuir.
Et il tourne précipitamment, là, sur le bas-côté, en coupant la route à une Ford dont le klaxon retentit, et qui freine sans piler, manquant de provoquer un carambolage magistral.
L'accélérateur relâché, la pédale de frein enfoncé. Il tire le frein à mains et sa dextre abandonne le volant pour lui alpague fielleusement le minois et le lui place non loin de ses crocs. Et il la dévisage, féroce. La musique hurlante ne cessant son vacarme dans l'habitacle, quand lui n'est plus que mutisme et virulence.

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Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: Dead Inside. Dim 23 Juil - 20:49 ()
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Je sais, dit-il. Croit savoir, quand il ne fait que deviner. Tout au plus. Et elle fronce les sourcils, la petite créature cachée de son champ de vision, elle laisse son minois se froisser tandis qu'elle respire son odeur, le museau planqué dans sa barbe, accroché aux falaises calcifiées qui lui servent de mâchoires. Parce qu'il ne sait rien, il n'en sait rien, de toute l'énergie qu'elle dépense pour exister dans ce monde, perdurer sienne et ne jamais faillir. Jamais il ne se doute et toujours il exige, l'Ange Capricieux aux ailes trop sombres, aux desseins acérés.

Et ça casse, là, quelque part. Dans le gouffre qui s'étend entre eux et ne s'emplit que de vide. Dans le silence qui s'étire, qui s'étend, tabassé par les basses, étouffé par les mots qu'ils ne prononcent pas. Elle entend les reproches, perçoit les questions... Là où il la laisse, où il l'abandonne, perdue dans sa carcasse abîmée, installée contre une silhouette qui ne la reçoit pas et qui se tend, qui s'énerve, qui tyrannise déjà. La réponse tombe comme un couperet, une guillotine insane et cruelle, qui ne loupe rien, qui fait perdre la tête bien avant de l'avoir tranchée.

Retire.
Retire quoi ? Les mots. Les fringues. Le corps au sien, les doigts qui s'emmêlent sur le volant. Les jambes qui possèdent, qui s'étendent. Les pensées. Les aveux. Les lèvres à sa joue. Retirer, barrer, reprendre et dissoudre. Quoi. Quoi, tabasse-t-elle, tandis que l'ordre se répercute dans tous les recoins de sa caboche. Retirer les souvenirs, les angoisses. Retirer tout. Les gestes, les promesses, les caresses. Et retirer le tissus, la chair, les sourires. Et retirer quoi, a-t-elle envie de japper, touchée en plein cœur, frappée en plein nerf. Parce qu'il répète, parce qu'il assène, encore. Retire, d'un rauque teinté d'agressivité, d'un aboiement sans retour ni équivoque. Les tensions qui sont les siennes s'emparent déjà de l'espace, de ses sens, de son attention. Le regard halluciné perdu sur la route quand elle sent sa queue pulser contre sa cuisse. Et qu'il exige. Qu'il ordonne. Retire. Mais quoi, aimerait-elle gueuler. Les fringues, les mots ou les erreurs. Ou la présence, l'excédent d'essence qui reste accroché à lui, qui perpétuellement encrasse son aura. Ou les baisers, les ressentis. Les ressentiments, peut-être. Ou le désir, la peau, les angles et les vides. Les trous à combler, à habiter, à tyranniser. Son corps tremble, subrepticement, esclave de ses interrogations, victime de ses hallucinations. Perdue entre souvenirs et futur immédiat, là où les corps se retrouvent et se déchirent quand le sien n'est pas encore tout à fait entier. Et elle gronde doucement, les muscles de ses cuisses et de ses reins se crispant malgré elle, en réponse à l'ordre et à la noirceur épaisse qui emplit l'habitacle, prenant le dessus sur le poisseux percutant de la musique. Il la brise et la déchire, sans le moindre effort. Et il veut qu'elle retire, elle qui reste là, immobile, prisonnière de l'étroitesse du véhicule, des muscles turgescents qui se tendent autour d'elle, du volant et du pare-brise en obstacles à la fin du monde. Ses rétines s'abîment au macadam. Paris loin derrière et le bout du monde loin devant. Inaccessible. Hors d'atteinte, comme lui qui se contracte, qui se fait pierre et acier quand elle s'ouvrait un peu, quand elle chérissait beaucoup. La Lamborghini se dérobe à leur fuite, s'arrête sèchement. La créature perd la conscience de l'instant, là, dans le coup de frein et le bruit du klaxon qui résonne. Et la musique qui continue son horrible chant dont aucune mélodie ne ressort. Dont toute beauté s'est évaporée. La musique qui gueule, quand il s'empare de la sienne avec possessivité et méchanceté.

Elle grogne, incapable de mots. Elle retire, Malphas, tout. Elle retire sans crier gare, soudain, l'emprise perpétuelle qui marque Dis, et les siens, de cette énergie brûlante qui est la sienne. La Catalyse en absence brutale, qui s'arrache et s'accumule entre ses cotes. Pour une seconde infinie qui la voit vibrer salement, le regard carbonisé et les mâchoires serrées sous ses doigts impérieux. Dans cette bulle d'insolence, elle retire tout ce qu'elle est, a toujours été, sans une once de pitié, à s'en cramer les nerfs et la psyché. Ça percute, ses organes, ses tripes, elle qui se répand habituellement dans tous les recoins des Ténèbres insalubres. Elle se concentre, soudain, absente de tout, retirée du moindre ersatz de conscience. Elle obéit, la Progéniture, l'esprit salopé par l'ordre, par la violence. Il n'y a que lui, dans la bagnole, que lui partout. Lui qui prend le pas sur tout le reste, sur tout ce qu'elle n'est pas, sur tout ce qu'elle ne sera jamais. Une inspiration siffle, asphyxiée d'elle-même, étouffée de Discorde. L'âme en miettes, pulvérisée d'avoir été si violemment rappelée à sa nature d'objet possédé. De chose raturée. D'erreur. Et elle expire, lentement, tandis que l'auto-radio grésille, tandis qu'elle irradie. La peau en aurore boréale, le corps en réceptacle. Discorde s'agglomère et gonfle, lentement, sous le derme délicat et encore violacé, encore abîmé. Sa main à sa gueule et Ses crocs menaçants, aux canines acérées qui ne demandent qu'à mordre, qu'à déchirer. Il est terrifiant, insupportable. Magnifique. Terrible. Il a ordonné, l'Ange, de retirer. De tout retirer. Et elle frémit de se sentir à la fois vide et comblée, vide de Lui et de leurs mélopées, comblée de cette énergie crasse qui est la sienne et qui repeint les parois internes de sa pauvre silhouette. Elle suffoque, pour une seconde ou une éternité, bêtement soumise, fracassée par sa propre nature qui comprime son être. Le corps se tend, sur le fauteuil conducteur, sur les cuisses du Destructeur. Elle ouvre un canal, sans crier gare, pour le retrouver et le contaminer, d'elle et de ce qu'elle est, et de ce qu'elle a toujours été et de ce qu'elle ne sera jamais. Elle se répand dans son aura et entend l'incendier, refusant aux autres ce supplément de Discorde qu'elle sème à travers le monde, à travers les âges.

« J'peux pas. »

Y'a pas la place. Pour elle. Pour qu'elle enlève ses fringues. Pour l'énergie qui se déverse dans sa carcasse comme une déflagration de son propre être, démembrée par ça. Par tout ça. Et elle sait, elle sent, la Discorde qui lui échappe et qui suit le cours de ses nerfs à lui, qui vient se perdre jusque dans sa barbe, qui roule le long de sa peau et qui vient ronronner dans le creux de ses tripes. Elle sent jusqu'à sa verge tendue sous elle, la saloperie qu'elle est et qui possède, volée aux autres pour n'être qu'à Lui, au prix d'un effort inhumain. Le monde est trop étroit, pour eux, pour Lui. Et l'habitacle de la voiture trop petit pour l'obscénité qui l'habite, qu'il réclame, qu'il domine. Les mains cadenassées au cuir, agrippées, la créature courbe l'échine alors que ses cuisses viennent entourer les siennes, s'arrimer à ce corps qui est son seul repère, son unique ancre à ce monde, à cette existence qui lui déplaît au moins autant qu'à lui. Où ils doivent être discrets. Où elle le défonce de son essence pour lui dire, lui prouver, qu'elle peut tout retirer. Quitte à vriller, quitte à se briser. Le fracas de tout ce qui n'est pas Lui semble soudain surplomber la musique électronique. Il y a comme une déchirure, dans la réalité. Malphas redevient l'âme brûlante qu'il a extraite de son brasier, la créature infâme et informe, qui n'était que sauvagerie et cruauté.

Oubliés, les je sens. Retirés, les je ressens. Défoncés, les des fois. Salopés, les tu sais. Sacrifiés les aveux, déglingués les pour toi. Enterrées, les lettres de l'alphabet qu'elle ne prononcera pas.

Elle gronde, encore, gémit sans doute un peu, quand ses lèvres viennent furieusement trouver les siennes et qu'elle se débat avec l'espace, pour ouvrir sa chemise, déchirer les fripes, chercher l'autre. L'Autre tyran à son existence, qui exige et obtient, dans la violence et le silence. Le jean disparaît de ses cuisses pour réapparaître sur le fauteuil passager, et le coton laisse la place aux chairs martyrisées et tendus, hérissées. Et elle sait, la chose, que peut-être il la dévorera, qu'il la punira, qu'il la violentera. Elle sait et elle retire tout, les fringues et les mots, les bonnes et les mauvaises intentions, les tu sais, les je sens et les je t'aime. Elle retire tout et elle attend.

Tu sens?
Il y a le monde qui tourne, impunément.

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legends never die : Bourreau des Enfers, Grand Persécuteur et Tourmenteur du Royaume de Dis. Démon des Hautes Sphères. Commandant de l'Infini. Il est l'Ange Exterminateur, celui qui de sa Chute fit un chef-d’œuvre.
the mighty bush : (Corruption) Il a l’aura sanieuse, Azazel. Sa seule présence en ivresse et névrose. Il flétrit les âmes par défi plus que par envie. Les tirer hors des sentiers bienheureux de l’existence, en obscène fringale nécessaire à sa survivance. (Dégradation psychologique) Et de corruption naît le purin de l’esprit. Il pousse ses cibles contre les dents des malaises et de la dépression. Et ça l’amuse, désespérément. La déchéance en inlassable hypnose.
Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons, en soldats de plomb.
these streets : Animé d’une méchanceté toute naturelle, ses pupilles contemplent le chaos se répandre. Et sa flamboyante démence sème, lentement mais surement, les prémices de ce qu’il présage et n’envisage comme rien de mieux qu’une trépidante Apocalypse. Son ignorance demeure toutefois, en ce qui concerne les Dieux. Alors, les questions à son entre-tempes s'entassent. Et les réponses, elles, ne viennent jamais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mer 26 Juil - 2:11 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks


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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Elle sait tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Jeu 27 Juil - 23:01 ()
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Sujet: Re: Dead Inside. Mer 2 Aoû - 1:25 ()

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Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
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Sujet: Re: Dead Inside. Jeu 3 Aoû - 23:30 ()
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Il n'y a plus qu'un corps, sur le fauteuil passager. Une silhouette, longiligne, un mètre soixante seize de pâleur délicate. Du derme, un peu moite, des muscles et des nerfs. Des tendons, qui rattachent les tissus et les os, des articulations, quelques plaies et sutures. Des hématomes. Des empreintes dentaires, partout, en sourires déments sur sa peau porcelaine. Et puis le silence. Du vide au dehors comme au dedans. Là, entre ses côtes, un calme étrange et mutique, saturé d'échos de rien qui ne bavardent pas. Plus un fantôme, plus un murmure, à peine un souffle. Son souffle, à lui, qui bat le rythme de pulsations cardiaques incertaines, et son soupir. Aucun verbe.

Et elle l'entend, elle entend Son soupir et le fil ténu de Ses pensées. Elle entend ses gestes sans les voir, le bruit des chairs mues de mouvements mécaniques et dépassionnés. Et la braguette, qui fait un tombeau à leurs ébats, qui tombe comme un couperet sur la carcasse décharnée des horreurs qu'ils viennent de consommer. De consumer. Les mains reviennent au volant, dans un crissement de cuir trop cher pour rester discret... Elle l'entend et elle l'attend, sans se mouvoir, sans oser, recroquevillée sur ses petites boursouflures de rien, d'anarchies asthéniques. Et puis Il parle, interroge. Le museau de la femelle se tourne et se redresse, doucement, précédant le regard de son mâle pour l'accueillir sans mot ni expression, le vide et la fatigue en seules fripes. Il y a des choses qui lui échappent, trop de choses, qui la laissent sans rien de plus que sa catharsis et sa patience, vertu résiduelle et relative. Il demande, Lui, si elle veut. Et Il parle, encore. Des mots. Et des maux, aussi, sans doute. Et Il parle de ça et la peau se hérisse d'un frisson irrépressible. Ça. Elle fronce des sourcils, Malphas, la nécrose palpitante au bord des lèvres. Sans doute ne perçoit-il pas l'effroi dans lequel Il la plonge, faute de quoi Il ne rajouterait pas. Il n'oserait pas, dire...

Je sais pas ce que tu veux de moi.
Un éclat de violence pure traverse ses iris, succédé d'une révolte innommable qui lui soulève la poitrine et bloque ses bronches, contracte les muscles intercostaux et la laisse gonflée de colère. Pour peu... Pour peu, elle lui arracherait la gueule d'un coup de griffes sans même y réfléchir, sans vraiment se retenir. Elle se lèverait, là, se projetterait contre sa carrure de géant pour planter ses crocs à sa jugulaire et lui arracher à pleines dents avant de le laisser pour mort, avec ses hérésies et ses affronts insensés. Mais elle expire, sur son fauteuil, les cuisses encore humides et le corps en martyr. Elle expire, lentement, et relâche la violence et le reste, ses offuscations d'un autre temps qu'il ne semble plus percevoir. Ailleurs, ils en seraient morts tous les deux pour ressusciter au milieu des cadavres et des incendies engendrés des cendres de leurs folies. Les membres se délient doucement, les doigts s'étendent dans un craquement pour se tendre vers la chemise qu'elle a passée sans dentelle, plus tôt dans la journée, et qu'elle enfile de gestes laborieux, un angle anormal en fossette à son sourire.

Et elle rit, d'un éclat aussi doux que triste, moqueur et méchant, purulent de désespoir, exsangue de revendications. Elle rit, la créature, et fait vibrer la bagnole de ses tristesses et de ses rancœurs, la mélancolie coincée à la glotte, surplombée d'une sale envie de gerber. Tripes et boyaux. À poil, au sens propre comme au sens figuré. Alors elle ouvre la gueule sur une atrocité et la referme aussi sec, se concentrant sur les boutons. Les rangées de petits ronds nacrés qui trouvent un sens dans la fente qui les accueillent, qui occupent ses griffes et recouvrent sa silhouette abîmée de l'avoir trop aimé.

« Je ne comprends pas. » déclare-t-elle, d'un ton calme, continuant son minutieux travail vestimentaire. « Je dirais que ça fait... Quoi ? Cinq mille ou six mille ans, à peu près, que je suis à toi. Et des poussières, ils disent, les humains. Et des poussières de siècles, de millénaires, d'âmes éparpillées... Qui sait ? » Il y a ce rire, encore, qui résonne dans le fond de sa gorge. « Qu'est-ce que je disais, déjà..? » qu'elle grogne doucement, toute à son désarroi, les prunelles comme vitrifiées. « Ah ouais... Cinq ou six millénaires, donc... Et tu me dis que tu ne sais pas ce que je veux de toi ? Ce que moi, je veux de Toi ? »

Toujours ce silence, ce putain de silence, tandis qu'elle finit soigneusement de boutonner sa chemise à lui autour de son corps à elle, et qu'elle attrape le jean et la lingerie balancés à ses pieds, qu'elle enfile sans enfiler, qui apparaissent autour de son corps davantage qu'elle ne les colle à ses jambes ou à son bassin. Et encore un bouton, un geste qu'elle maîtrise et qui la rassure dans l'océan d'incertitudes où elle baigne depuis qu'il a craché son abomination aux airs de déclaration. Ça, c'est le mot que tu as utilisé pour parler du truc qui t'a dévoré l'âme et qui t'a calciné la conscience. Ça, c'est le bordel que je voulais combattre, pour lequel tu m'as interdit de tuer. Que je pensais avoir incendié en t'inondant il y a un instant. Que je pensais pouvoir saccager. Alors, ça... ça, c'est quoi ? Et toi, tu veux quoi ? Et moi ?

« Moi, je ne veux rien de toi. C'est pas comme ça que ça marche. C'est jamais comme ça que ça a fonctionné. C'est toi, qui décides, qui fais les plans, qui réponds aux questions qui ne se posent pas. C'est toi, c'est pas moi. Six mille ans d'une possession évidente et aujourd'hui tu me demandes ce que moi je veux ? » Alors elle n'y tient plus, alors elle se tourne vers lui, les traits tirés par une détresse insoutenable, le regard brouillé par l'incompréhension et une terreur insoluble, née de la seule idée de voir son monde dévasté, son équilibre ébranlé. « Moi, je veux ce que toi tu veux. Je veux Toi. Juste Toi. Et ça a toujours été comme ça. Toujours. Comme ça. » Le miroir se brise, sans doute, et l'indécence d'une larme s'échappe du bord d'une cornée pour glisser le long de sa joue rougie par les combats qui se jouent dans sa caboche. « C'est quoi ta connerie, là ? J'ai même pas le droit de crever et là tu oses me demander ce que je peux désirer ? Je suis rien de plus qu'à Toi, putain. Toujours. » Toujours, glapit-elle, outrée. « Tu m'emmerdes. »

Et elle se fige, soudain, consciente d'en avoir trop dit. Ou peut-être pas assez. Consciente du point de rupture qui lui tabasse les tempes et lui donne envie de vomir. Une main vient essuyer l'eau qui roule le long de son menton d'un geste rageur tandis qu'une seconde insolente lui fait l'affront de transgresser les barrières de ses cils pour profaner son autre joue. Elle se détourne, Malphas, horrifiée et perdue, comme une gosse abandonnée sur le bord de la route, une ado larguée en public, une chienne qui regarde son maître se barrer de la forêt après l'avoir attachée à un arbre. Elle se détourne et ramène ses genoux contre sa poitrine, accrochant ses doigts fins à la dureté de la ceinture, les yeux dardés à l'horizon grisâtre et poussiéreux de l'autoroute.

« J'veux pas rentrer... »

Un murmure pour balayer le reste, pour effacer. Pour oublier. Pour couper court à toute réponse, pour étouffer le débat avant qu'il ne débute. Elle veut voir le bout du monde. Juste le bout du monde, et sa fin.

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Allegeance : Loyal envers lui-même. Lucifer ; entité l’ayant muselé durant des éons, n’a dès à présent plus que les miettes de son dévouement. C’est la déception, qui submerge les orbes de l’odieux féal. La déception d’un maître qui n’a plus la force de retenir les élans de son fauve ; goinfré d’âmes et de fureur. Et à ce déluge, langoureusement se love Malphas. Malphas, son ancre. Sa sublime progéniture, son bras droit, son trésor. Azazel se pressent Père d’un nouvel ordre ; ses victimes en précieux rejetons, en soldats de plomb.
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Sujet: Re: Dead Inside. Mar 8 Aoû - 23:10 ()

The lights are on, but you're not home. Your mind is not your own. Your heart sweats, your body shakes. Another kiss is what it takes. You can't sleep, you can't eat. There's no doubt, you're in deep. Your throat is tight, you can't breathe. Another kiss is all you need. — Until The Ribbon Breaks

Elle se rhabille, et jette un rire méprisant à travers l’atmosphère confinée de la bagnole. Les sourcils de l'ogre se froncent et il ne la regarde plus. Parce qu'il sait pouvoir la claquer, pour ça. Pour cette petite méchanceté gratuite quand lui n'attend qu'une réponse. Une réponse simple. Une réponse claire. Un truc qui lui fasse revoir le monde à l'endroit – leur monde. Car ne compte fatalement que celui-ci, pour lui.
—  Je ne comprends pas, dit-elle.
Ses doigts fins s'affairant à reboutonner cette chemise empruntée qu'il pourrait lui arracher à la seconde par rage mesquine. Réplique à cette petite plaie infligée à sa psyché qu'elle dézingue.
— Je dirais que ça fait... Quoi ? Cinq mille ou six mille ans, à peu près, que je suis à toi. Et des poussières, ils disent, les humains. Et des poussières de siècles, de millénaires, d'âmes éparpillées... Qui sait ?
Il ne rétorque rien, Azazel. Continue de fixer cette langue de bitume chauffée par les pneus des voitures.
— Ah ouais... Cinq ou six millénaires, donc... Et tu me dis que tu ne sais pas ce que je veux de toi ? Ce que moi, je veux de Toi ?
Elle assiège leur monde et le silence revient, l'écrase. Son silence qu'il ne supporte plus tout à fait. Les phalanges repliées pour ne former que deux masses de chair et d'os prêtes à frapper ; il croit qu'elle se fout de sa gueule. Puisqu'il ne sait plus comment raisonner. Avec ce bordel dans la poitrine, dans la tête. Ce bordel né de sa présence à elle. Né de leur rencontre. Né de ces quelques millénaires dont il se moque éperdument. Le temps à ses sens distendu, bousillé, inconséquent. Le temps sur lequel Azazel conçoit n'avoir aucune emprise. Ce même temps qu'elle énonce et auquel il n'entrave rien que des échappées et des vérités voilées.  
— Moi, je ne veux rien de toi. C'est pas comme ça que ça marche. C'est jamais comme ça que ça a fonctionné. C'est toi, qui décides, qui fais les plans, qui réponds aux questions qui ne se posent pas. C'est toi, c'est pas moi. Six mille ans d'une possession évidente et aujourd'hui tu me demandes ce que moi je veux ?
Et elle recommence, Malphas. Elle s'éternise dans ce discours qui ne devait pas en être un. Elle s'étale dans ce chienlit démentiel qui les ligote l'un à l'autre. Ce désordre de perceptions qui lui cisaille la conscience et ce semblant d'âme qu'un Père a bien voulu lui fourrer en travers de substance.
Il enrage pour ne pas gémir. Il se contracte pour ne pas s'affaler, se dissoudre sur son siège et disparaître au cuir.
— Moi, je veux ce que toi tu veux. Je veux Toi. Juste Toi. Et ça a toujours été comme ça. Toujours. Comme ça.
Et quand il n'y tient plus, sa réponse voltige et lui défonce l'intérieur. Cette réponse qu'il entend et assimile, avec lenteur. Sa réponse au milieu des pleurs qu'il explore sans bruit, sans rien que son aura crasse maculant et s'emmêlant à la sienne. Les sensations irradient en son sein et il n'y comprend définitivement plus rien.
Sa gueule chavire en direction de Malphas, qui ajoute :
— C'est quoi ta connerie, là ? J'ai même pas le droit de crever et là tu oses me demander ce que je peux désirer ? Je suis rien de plus qu'à Toi, putain. Toujours.
Il secoue la tronche, imperceptiblement. Comme pour chasser les erreurs, comme pour chasser la parole, comme pour chasser cette affirmation qu'elle expulse hors de son gosier. Cette affirmation en carence de ses explications – explications qu'il ne donne jamais. Explications qu'il ne sait pas formuler. Les mots en abstraction perpétuelle.
— Tu m'emmerdes, claque-t-elle.
Pour conclure sa vindicte.
Et il voit, Azazel. Il voit les larmes qui salissent son visage. Il voit les traits tirés par le chagrin ou la colère. Par le chagrin et la colère. Et il ne saisit pas, d'où provient l'un quand l'autre déjà s'amène. Vortex où les informations se choquent et se contredisent et s'enlisent et se reforment. Il est paumé. Foiré de la tête au pied, dès qu'il la considère, dès qu'il la sent se fendiller ; se craqueler pour lui plus que pour eux. Se dévaster pour lui, lui avant eux, avec ça, avant tout. Ce lui qu'il ne perçoit qu'en de rares occasions, ce lui qu'il oublie, abandonne indéfiniment en Elle.
— J'veux pas rentrer... 
Il ne sait pas quoi lui dire, après ça. Après tout ça. Le langage arraché à son intellect quand ses mots à elle résonnent encore dans les layons de sa cervelle.
Par conséquent, il expire :
Ok, en tendant le bras, en tournant la clef.
Le moteur redémarre. Et le faciès rivé au pare-brise, au rétroviseur ensuite, il se fraye un passage dans la circulation.
Rapidement ses mauvaises habitudes reviennent et règnent. Les pupilles plantées à l'asphalte, Azazel se contente de conduire, de bouffer les kilomètres à une vitesse indécente. Sans trop savoir où ils vont, sans trop savoir ce qu'il fout. La voix de Malphas grippée entre ses synapses. Et ça lui laisse une aigreur dans la trachée, acidifie ses tripes. Et le lui détailler pour briser le mutisme dont il se pare, il prédit que ça n'aurait aucun putain de sens. Que ça n'aurait aucune espèce d'importance. Parce que l'aigreur peut avoir mille saveurs qu'il est bien incapable de détailler, parce que ses tripes peuvent bien fondre qu'il ignorerait encore à quel moment critique il devrait le lui signaler.
Alors il y a la route, et les kilomètres et ce temps qui lui échappe à perpétuité. Ce malaise qu'il devine lui picorer les tréfonds, lui mordre la viande, sans qu'il ne sache remédier à la situation. Sans qu'il ne sache se montrer patient, se montrer aimant, se montrer autre chose que ce qu'il est : la création merdique d'un enfoiré mégalo.
Il lui coule des œillades régulières, à sa Moitié, tandis que les heures s'amoncellent. Et peut-être à un moment, s'endort-elle. Et peut-être qu'à ce moment précis, sa dextre s'ose à se défaire du volant, enfin. Et s'ose à s'avancer jusqu'à elle pour en toucher l'épaule, pour en caresser la chair dénudée d'un bras ou d'une gorge. Pour remettre son minois dans l'axe, caler son buste et guider ses jambes recroquevillées afin qu'elles se détendent, qu'elles s'allongent et ne provoquent pas les courbatures ; quand les paupières affaissées quoique frémissantes lui indiquent un sommeil agité.

- - - - -

Il l'a trouvée, la fin du monde.
Ou l'une de ses fins, au moins.
La bagnole garée, le moteur coupé, il attend le cul sur le capot. Une cigarette nichée entre les babines, il observe le devant et ses couleurs qui s'effacent, se mélangent. L'orange du ciel qui vire au rose, les résidus de bleu et le blanc s'entrelaçant au gris des nuages. Et la mer pour horizon. La mer immense qui rejoint l'océan. Et le sable d'une plage désertée, en contrebas, où traînent de vaillants égarés luttant contre l'alizé marin qui fouette les joues et glace les membres.
Tirant sur sa clope devenue mégot, s'y brûlant quasiment les lèvres, Azazel attend qu'elle émerge, Malphas coincée dans le corps de Garance. Depuis un quart d'heure, l'ange reluque ce titanesque chaos bariolé qui le terrorise, et dont il ne s'approchera pas. Cette étendue de flotte obscurcie par la pénombre qui se dépose sur Terre. Le soleil décline, devient un bol retourné sur la ligne ondulante de cette salope de planète. Et il grimace. Un peu. Babines retroussées. Il conchie dame Nature, qui immanquablement les domine, tous. Sans exception. Salope hideuse et surpuissante qu'il imagine le prendre et le noyer dans quelques abîmes desquelles il ne saurait revenir.  

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legends never die : Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Elle sait tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: Dead Inside. Lun 14 Aoû - 0:08 ()
Dead inside
You left me here to die alone


Ok.
Un mot. Deux syllabes. Des sons durs qui claquent dans le silence et ne trouvent rien de plus que son effroi... Deux lettres au bords acérés qui se répercutent dans tous les recoins de sa caboche et tranchent les chairs grises de son encéphale, sans pitié ni délicatesse. Ok. Et la voiture, déjà, qui redémarre, la laissant pour morte sur son fauteuil passager, une simple acceptation en écho chaotique et mensonger à ses aveux. La trahison de ses mots a la saveur aigre-douce des interdits. Parce que la voiture se jette dans la circulation et abandonne derrière eux la violence de leur échange et la vérité brutale de ses propos. Parce qu'il n'a rien dit, et qu'il ne dit jamais rien, quand il exige d'elle toutes les réponses et l'oblige à se ridiculiser. Parce qu'il la torture et la tyrannise, roi-démon qui se marre sous ses masques d'indifférence, se persuade-t-elle. S'illusionne-t-elle, les prunelles hallucinées et rivées aux lignes sombres et longilignes de l'horizon. Le corps en boule, en fœtus qui cherche désespérément à cacher la nudité de son âme, Malphas reste accrochée à sa ceinture de sécurité, la silhouette prostrée. Les traits du visage en brouillon. Une patte finit par lâcher le plastique qui la maintient pour venir se poser sur son ventre et la paroi abdominale abîmée par leurs ébats. Et elle cherche à oublier, à flouter les contours de sa honte et les douleurs faites à son orgueil. Ne pas se retourner, surtout, ne pas regarder l'objet de ses convoitises qui – toujours – l'attise et l'abandonne, la jette par dessus bord sans jamais hésiter.

Son mutisme lui casse les oreilles.

Elle n'aurait pas dû. Parler, répondre, tenter de donner le change. Elle n'aurait pas dû s'étendre, céder. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû, demander à sortir. Pas s'emporter, contre l'infirmière. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû se réveiller. Pas dû l'appeler. Sans doute aurais-je mieux fait de me laisser aller. Les obscurités étaient confortables, abyssales et rassurantes. Et le souvenir de son demi trépas la rattrape au bord de la névrose, pour la rassurer de ses bras froids. Parce qu'elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas, bute-t-elle, sans céder à la tentation de se tourner vers Lui et de lui offrir l'opportunité de la piétiner davantage. Elle ne comprend pas ce qu'elle a fait, ou ce qu'elle n'a pas fait, pour mériter ça. Pour mériter ce silence, ces mécanismes. Pour devoir supporter ses humeurs volcaniques et ses froids sibériens. Elle ne comprend pas comment elle a pu en arriver là, et pourquoi il la déteste. Au nom de quel putain de raison elle l'indiffère.

Jette-moi. Déchire-moi. Tue-moi. Mais ne m'ignore pas.

Et ça tourne, ça tourne en boucle, en ruban de Möbius imparfait. Et ça tourne, encore, et elle garde les yeux sur la route, le paysage. Lit les panneaux  sur le bas côté et s'étonne de la régularité des lignes blanches le long de la bande d'arrêt d'urgence. Elle en fait trop, elle le sait, exagère dans chacune de ses réactions et dépasse les bornes si tôt qu'elle touche une limite. Et il supporte tous ses caprices, l'Ange, et ne se nourrit que des quelques éclats de bonne volonté qu'elle accepte de manifester. Et il doit avaler chacune de ses couleuvres, depuis des millénaires. Et elle sait, elle sait bien qu'elle ne mérite rien de ce qu'il est et de la grandeur qu'elle trouve à l'ombre de ses ailes décharnées. Et elle sombre, peu à peu. Dans la folie, dans la morosité et dans le sommeil. Le corps à l'abandon, la conscience en première ligne, les paupières se referment sur son regard dépossédé et la tension quitte ses muscles pour se nouer à sa psyché.

Dans ses rêves, il n'y a que des ponts de solitude desquels elle peut sauter.

*

Dans le calme retrouvé de l'habitacle, il faut des minutes entières au corps de la progéniture pour se saisir de l'absence du ronronnement du moteur, puis de celle du vibrato atroce de l'âme sensée résonner à la sienne. Alors un œil s'ouvre, puis un autre, et des doigts se ferment, puis s'ouvrent. Elle étend une jambe, la gosse, puis une autre, étire ses reins avec paresse, sans vraiment comprendre comment le confort a réussi à la trouver, pourquoi sa carcasse a accepté de se déplier. Et puis il y a le bruit des vagues, qui vient caresser ses tympans et l'oblige à redresser le museau. Par delà le pare-brise, la silhouette adorée du maître et le bout du monde à perte de vue. C'est pieds nus qu'elle sort de la bagnole, son petit corps perdu dans sa chemise trop grande et son jean trop seyant, les escarpins abandonnés à l'intérieur. Elle a l'air hypnotisé, le regard perdu aux courbes délicates de l'étendue aqueuse, et sombre, et impérieuse. Et elle sourit, pour mirer un peu le ciel et se gaver de la mélopée des remous et du cri des mouettes. Un feu dévore la voûte céleste, incendie le spectacle... Et il y a sa silhouette à lui, à contre-jour, et vers laquelle elle se dirige sans un mot pour coller son cul sur le capot. À distance raisonnable, du sien et du reste, à distance respectable. Le raison et la respect, pour meubler le non dit. Le rien-dit.

Les pieds se décollent, du sol, tandis qu'elle s'assoit en tailleur et garde le menton haut, le regard lointain. Et elle se dit, c'est certain, qu'elle n'aurait pas rêvé meilleure fin. Que si ça ne tenait qu'à elle, elle se barrerait sans demander son reste pour ne rien gâcher, pour ne pas briser. La délicatesse du moment, du silence, et le grandiose du spectacle. Et les pauvres cendres de ces espèces de sentiments qui lui empoisonnent la conscience et lui dégueulent de l'acide sur les tripes.

La fuite en obsession, elle dissèque les silhouettes innocentes qui se baladent en toute insouciance le long de la plage, un peu plus bas. Et elle s'imagine les écarteler, les sacrifier aux bûchers de leurs contradictions. Pour oublier. Pour se rappeler, être démons. Pour ne plus, ne pas, ne jamais. Aimer. Sans toujours, sans encore, sans constance. Piétiner, écraser, enterrer. Le verbe. Et l'émotion. Et ce qui lui serre la gorge tandis qu'elle se colle une clope entre les lèvres, sans se tourner vers Lui, sans lui couler un regard. Sans rien dire, rien gâcher, rien briser. Rien.

Et y'a mon monde, tu sais, qui voudrait définitivement disparaître dans le tien.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

Connasse
- La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer.


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