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L'intrigue est de retour, pour vous jouer de mauvais tours... ou pas.
Dans tous les cas, c'est par .
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 Let Her Go - Isabelle & Grégoire
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A l'instant du grand retour, Isabelle avait le regard rivé dans un miroir. Depuis, elle interagit avec eux comme vous ne le pourrez jamais.

Un matin, la glace de sa salle de bain s'était fissuré. Elle a regardé son image brisée, interdite. Le lendemain, elle tombait à travers de l'un pour ressortir de l'autre.

Depuis, elle les confronte et les traverse, quand vous n'y voyez que votre faible reflet.
Allegeance : Fille de templiers, élevée par d'autres templiers après la mort de ses parents, elle est évidemment très lié à l'Ordre.
Cela dit, son caractère ne la pousse pas vraiment à se battre pour la cause, et elle est impliquée de façon plus subtile. Elle sera une source précieuse d'informations si vous en avez besoin, grâce à sa formation (et sa passion) en histoire.
Cependant, elle désapprouve le mystère que l'Ordre a maintenu autour des disparitions. Elle trouve ce système beaucoup trop malsain pour les proches des disparus et n'ai pas totalement convaincue par le secret.
these streets : Des anges, des démons, partout, elle le sait bien Isabelle. Elle connait la triste vérité, bien consciente que ce "retrouvé" que vous prenez dans vos bras, soulagé et heureux, n'est pas celui-ci que vous attendiez tant. Elle vous observe attristée, et craint le moment où, enfin, vous comprendrez que l'absent ne reviendra jamais.
En revanche, des dieux elle ignore tout, inconsciente comme bien d'autres.
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Sujet: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Lun 19 Juin - 3:36 ()
Let her go
Isabelle E. Geniel & @Grégoire Nevers

Well you see her when you fall asleep
But never to touch and never to keep
'Cause you loved her too much
And you dived too deep


Une chambre obscure. La lumière du soleil traverse les persiennes et commence à infiltrer les rideaux clairs. Un rayon lumineux éclaire la forme immobile sous les draps. Il n’en faut pas plus à Isabelle pour se réveiller. Elle entrouvre les yeux, jette un regard à son téléphone – il est 6h40 à peine. Elle tourne dans son lit, mais il n’y a rien à faire, le soleil matinal du mois de mai la réveille, et bientôt la voilà debout.

Plus tard, après avoir avalé un demi avocat et but son thé, elle fixe sans le regarder son reflet dans le miroir. Ça fait des mois qu’elle ne regarde plus ses reflets que par nécessité – réelle nécessité, pas celle de se contempler et s’admirer, non, celle de se reconnaitre et d’être prête, le jour où ça lui sauvera peut-être la vie, de traverser ce miroir dans lequel elle se regarde. Celui de sa salle de bain, elle le connait par cœur. Et pourtant, elle n’y est jamais passé, parce qu’il est fissuré sur presque les trois quarts de sa hauteur, et il lui résiste impitoyablement. Alors elle a acheté un beau miroir sur pied qui trône dans sa chambre. En plus, c’est bien confortable de ne pas avoir besoin de se contorsionner pour le traverser. Ce matin, elle zappe la douche, effile ses vêtements de sport, et réveille impitoyablement Patmol – ce chien, c’est plus une marmotte qu’autre chose. Il dort à toutes heures de la journée, bien plus que sa maitresse.

Ensemble, ils profitent de ce début de matinée tiède – après la tempête, une vraie chaleur s’est installée sur la ville et les étouffe chaque jour, dès les premières heures, alors il faut être matinal pour se bouger un peu. Elle court sur les trottoirs déserts – il est encore trop tôt pour les habitués du quartier. Parfois, elle va jusque sur les quais de Seine, elle traverse le Pont Notre Dame et se perd dans le square qui entoure la cathédrale. Il y a quelques jours, elle était justement là-bas, mais la scène qu’elle y a vu ne lui donne aucune envie d’y retourner. En y réfléchissant, elle ne comprend toujours pas très bien. Autant ne pas y repenser.
Aujourd’hui, elle préfère parcourir les rues du quartier Saint-Gervais, ses parcs ombragés, son calme. Elle arrive dans un square connu dans le quartier pour son célèbre prêcheur. C’est l’un de ses spots favoris. Bien avant les émeutes, avant les agitations, avant la mort de son père, elle y courait déjà. Depuis, il a changé, et pourtant tout y est identique. Les mêmes arbres, la même fontaine… Avant, elle s’y rafraîchissait et s’asperger d’eau par ce genre de température, mais à présent elle en reste éloigné et observe le prêcheur parler à ses fidèles. Assise sur un banc, elle surveille distraitement Patmol. Le husky, pas effrayé le moins du monde, ose s’approcher de la fontaine, il contourne le groupe et se baigne du côté désert. En tant que membre de l’Ordre, elle aime contrôler du coin de l’œil ce que fait le prêcheur, observer s’il a encore gagné en adeptes, si ses discours se sont encore radicalisés.

Ce jour-là, cependant, elle quitte des yeux sa cible. Une silhouette bien connue vient par-là, et elle ne va pas le rater. Au fond, elle doit bien l’avouer, si elle s’est réveillée si tôt, si elle est venue par ici, c’est parce qu’elle sait que c’est un des endroits où ils se croisent régulièrement, par hasard. Ce matin, ce n’est pas un hasard. Elle voulait provoquer la rencontre, alors elle se lève et l’interpelle. Depuis quelques temps, elle a vraiment l’impression persistante que quelque chose cloche. Déjà avant, il y avait des non-dits, mais là, c’est au-delà de toutes les suspicions.

« Grégoire ! »

L’homme trésaille, il l’a entendu, elle le sait et il ne pourra pas prétendre le contraire.

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Dernière édition par Isabelle E. Geniel le Dim 25 Juin - 21:56, édité 2 fois
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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Sam 24 Juin - 22:19 ()
Il dort rarement aussi profondément. A dire vrai, il ne dort jamais aussi profondément : la dernière fois, et la première fois en vérité, que cela s’est produit, il venait d’apprendre la disparition de Morgane.

Diva, sans doute agacée d’attendre patiemment qu’il émerge, laissa tomber ses quelques trente-cinq kilos sur le ventre de Grégoire. Le poids, en dehors d’expulser tout l’air contenu dans ses poumons, l’arrache brutalement d’un sommeil de plomb qui a un arrière-goût de gueule de bois : bien qu’il n’ait jamais expérimenté celle-ci, il avait l’intime conviction que l’état groggy dans lequel il pataugeait, conjugué à cette impression que des heures se sont écoulées sans même qu’il ne s’en rende compte, et s’en souvienne encore moins, était un parfait lendemain de cuite. Et il détestait ça.

Il se sent lourd. Gauche. Emprunté. Dans un monde qui tangue, le bouscule, pèse sur ses épaules, le rend malade. Il a les jambes en coton et la lumière vive du jeune soleil matinal l’agresse, la rumeur qui lui parvient depuis la fine ouverture de son velux lui bat les tempes. Il s’assoit au bord du lit, Diva couchée à côté de lui, et les coudes sur les genoux, il se masse le visage, les yeux, les tempes, tout ce que ses doigts peuvent tripoter, peut-être dans une tentative vaine de se réveiller un peu, de mettre de l’ordre dans le brouillard de ses idées, de donner un coup de fouet à un corps peu coopératif. Bien évidemment, c’est proprement inefficace. Bien évidemment, il demeure dans le même état second, incapable de s’orienter convenablement et se rappeler les étapes pourtant naturelles de sa matinée. Quelque part dans sa tête, il se souvient qu’il est de repos ce jour-là – un coup de chance, parce qu’autrement, il aurait été particulièrement en retard. Tiens, d’ailleurs, son réveil sonne, s’égosille depuis… Il jette un regard aux chiffres analogiques et sent une pierre lui tomber dans la poitrine, plus par dépit que par réelle consternation : une demi-heure qu’il gueule les divagations de la radio programmée…

Une demi-heure. Lui qui se réveille au moindre grincement du bois de son appartement.

« J’ai besoin de prendre l’air. » Il n’a aucune idée de la raison pour laquelle il éprouve le besoin de le dire à haute voix. Peut-être par défi. Par colère, aussi. Il sent bouillonner dans ses entrailles le remous familier de son ressentiment, de cette bonne vieille rancœur contre à peu près tout, qui réagit face à cette mauvaise blague : Morgane, devant lui, Morgane, vivante, Morgane, son corps, sa peau, ses mains, ses yeux. Ses lèvres. Son cœur. Il se lève, chancèle un peu, et attrape les premiers vêtements qui lui passent sous la main, sans se rendre compte que ce sont ceux de la veille ; ceux dans lesquelles il l’avait revue, ceux dans lesquels ils l’avaient touchée. Ceux dans lesquels elle l’avait touché. Il attrape ses clés, son téléphone, et siffle en tapant sa cuisse pour demander à Diva de se bouger – et il voit bien que la chienne, animal d’habitude, ne comprend pas bien pourquoi ils sortent alors qu’elle n’a même pas déjeuné, et lui encore moins.

Dehors, la ville s’éveille doucement. Certains bruits lui sont familiers, habituels, il n’y prête pas attention ; d’autres, qui d’ordinaire attirerait son attention, ne parviennent pas à le faire sortir de sa léthargie. Il se sent fatigué. Epuisé. Sa hargne ne parvient pas à le réchauffer, et à mesure que l’air matinal lui cingle le visage, ses épaules s’affaissent, ses mains s’enfoncent dans ses poches, et son pas se fait lourd. Il suit Diva, qui furète d’un coin vers un autre, et apprécie sa vitesse de croisière molle, pour une fois : il n’a pas le courage d’aller plus vite. Pas la force. Il se sent vide.

Vide, parce qu’il a l’impression d’avoir été trahi. Vide, parce qu’il n’a plus la moindre certitude sur quoi que ce soit. Vide, parce que tout ce qui lui paraissait stable, tangible, réel, s’est effondré. Encore une fois.

C’est fou ce qu’une personne peut déterminer le cours de votre vie. Ce qu’un sentiment peut avoir d’impact, de force destructrice, et faire chavirer tout un univers en quelques secondes, d’une simple pichenette. D’un simple regard. Grégoire n’est pas mieux que les autres, pas mieux que ses pairs : il est tout aussi fragile que tout un chacun et se ment chaque jour à penser et forger le contraire. Son armure n’a jamais été qu’en fer blanc, trop ajouré. Bien sûr, il se déteste, il se déteste pour cette faiblesse, mais sa douleur est bien plus forte, bien plus puissante, bien plus intense que ses mécanismes de défense, que sa rancœur ou que sa haine. Comme la dernière fois.

Il ne la voit pas, assise sur ce banc, quand il parvient au parc des prêcheurs. Bien qu’il ait les yeux verrouillés sur le dos velu de Diva, il est aveugle de tout ce qui l’entoure, et a à peine une réaction quand il la voit soudainement faire un écart et partir comme une flèche au fond de l’endroit. Sa voix, à cet instant, le glace.

« Grégoire ! »

Il lève les yeux vers elle, et la voit. Elle est jolie, comme chaque jour, elle est rayonnante, comme chaque jour, elle est auréolée par la lumière matinale, comme chaque jour. Son visage est avenant, doux, son sourire adorable. Il frisonne. Et alors qu’il la regarde, le souvenir de Morgane s’impose, comme une lame plantée dans son cœur.

Et pourtant, il accroche un sourire à ses lèvres et s’approche de la jeune femme. Evidemment, le cœur n’y est pas : Isabelle est la dernière personne qu’il aurait aimé voir ce matin-là. Et peut-être même ce jour-là. Voire cette semaine-là… Il sent son cœur dans sa poitrine se comprimer, et il connaît bien ce genre de sensation. Il l’éprouve depuis si longtemps qu’elle lui est devenue familière. Habituelle. Anodine même. Seulement, ce matin, elle fait mal. Horriblement mal.

« Bonjour, Isa. » Il s’arrête à quelques mètres d’elle. Pas plus.
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A l'instant du grand retour, Isabelle avait le regard rivé dans un miroir. Depuis, elle interagit avec eux comme vous ne le pourrez jamais.

Un matin, la glace de sa salle de bain s'était fissuré. Elle a regardé son image brisée, interdite. Le lendemain, elle tombait à travers de l'un pour ressortir de l'autre.

Depuis, elle les confronte et les traverse, quand vous n'y voyez que votre faible reflet.
Allegeance : Fille de templiers, élevée par d'autres templiers après la mort de ses parents, elle est évidemment très lié à l'Ordre.
Cela dit, son caractère ne la pousse pas vraiment à se battre pour la cause, et elle est impliquée de façon plus subtile. Elle sera une source précieuse d'informations si vous en avez besoin, grâce à sa formation (et sa passion) en histoire.
Cependant, elle désapprouve le mystère que l'Ordre a maintenu autour des disparitions. Elle trouve ce système beaucoup trop malsain pour les proches des disparus et n'ai pas totalement convaincue par le secret.
these streets : Des anges, des démons, partout, elle le sait bien Isabelle. Elle connait la triste vérité, bien consciente que ce "retrouvé" que vous prenez dans vos bras, soulagé et heureux, n'est pas celui-ci que vous attendiez tant. Elle vous observe attristée, et craint le moment où, enfin, vous comprendrez que l'absent ne reviendra jamais.
En revanche, des dieux elle ignore tout, inconsciente comme bien d'autres.
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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Dim 25 Juin - 21:56 ()
Let her go
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Les feuilles projetaient leurs ombres à quelques mètres d’Isabelle. Les pieds de Grégoire semblaient s’être arrêtés à la lisière de leurs formes déchiquetées, bien plus loin qu’à son habitude. Etrange. Elle ne s’était pas leurrée, alors. La distance qui les séparait lui pesait sur l’estomac. Elle regrettait presque d’avoir déjeuner – pourtant, elle ne regrettait jamais de manger. Ce n’était pas dans sa nature.

Ne pas le laisser paraître. Elle n’est pas du genre à s’apitoyer, Isabelle. Elle confronte les problèmes avant qu’ils deviennent trop lourds à affronter. C’est-à-dire que dans sa courte vite, elle a déjà eu quelques déboires. Elle se déplace à gauche sur le banc, pour libérer de la place, et tapote de la main la place à côté d’elle. « Viens là ! »  Pourquoi tu restes aussi loin ? Qu’est-ce qui se passe ? Autant de question qui se bouscule dans sa tête.

En même temps, elle ne peut s’empêcher de sourire. Il lui fait toujours un peu cet effet-là, Grégoire. Il a beau être parfois taciturne, elle a beau savoir qu’il lui cache probablement quelque chose, il y a ce petit quelque chose qui lui plait. Ce matin encore, l’apercevoir lui ensoleille sa journée, alors même qu’il est aussi la cause de son désarroi.

Patmol et Diva ont oubliés leurs maitres. Ils s’amusent sans se soucier de l’atmosphère alourdie. Isabelle regarde son chien qui s’ébroue près de la fontaine, et ça lui fait du bien. Le reflet calme de l’eau se brise quand les gouttelettes retombent. Des milliers de rides qui convergent vers le centre et se brisent les unes contre les autres. Comme les sentiments d’Isa et de Grégoire, alors qu’ils s’affrontent en silence.

« Je me suis réveillée tellement tôt. J’en profite pour courir tant que la chaleur le permet encore. C’est l’avantage des sommeils troublés. » Au cas où sa tenue et ses basquets ne seraient pas assez expressifs. Isabelle aime bien discuter. Elle babille comme à son habitude, mais elle ne tardera pas à attaquer. Elle écoute sa réponse en admirant les fleurs qui tombe en cascade près du banc. De belles grappes de pétales dorées, que le soleil transillumine. « Il est beau non ? » Elle lui désigne l’arbuste. « J’en ai replanté il y a quelques années, et maintenant, il me donne des petits fruits noirs à la fin de l’été. La première fois, c’était l’année dernière, juste après le décès de mon père. C’est un de mes préférés. »  Grégoire connait bien son jardin suspendu. Elle ne sait pas trop pourquoi elle a choisi d’aborder ce sujet – le décès, les décès… Des pères, elle en a perdu deux. Des mères aussi. Il y a des choses qu’Isabelle peut comprendre. Dans son appartement, il y a des photos de tous ses proches – les vivants et les autres. Si on la questionne, elle en parle librement. Elle aimerait bien que lui aussi, il commence à évoquer certains sujets.

Elle est distraite par Patmol, qui est revenue mettre sa truffe dans les genoux de sa maitresse. Elle lui caresse la tête sans y penser, administre aussi quelques câlineries à Diva, qui n’est jamais bien loin. Ils se connaissent à cause de ces chiens. Elle se lève du banc en bois pour s’étirer après sa course. J’ai fait exprès de venir ici. Je me doutais que t’y serais. Elle ne le dit pas cependant. « T’es matinal aussi. Je suis contente, on ne s’était pas vu depuis longtemps. » Je t’ai croisé hier. C’était qui cette femme ? Pourquoi t’avais l’air aussi mal ? Ses pensées sont bien plus honnêtes que ses paroles. « J’ai trop de choses à faire la bibliothèque, je n’ai le temps de courir que le matin. »  En réalité, c’est l’ordre qui lui prend toute son énergie. Elle lui consacre son travail, et une partie non négligeable de son temps libre est maintenant dédié son entrainement de soldat. C’est assez récent, mais ça commence à payer. Ses premières rondes commencent dans quelques jours, et l’une d’elle se situe dans le quartier où il travaille, mais elle ne peut pas lui dire. « Mais toi aussi, t'as un peu disparu de la circulation. C’est ton boulot qui te prend tout ton temps ? » Voilà, c’était dit. Pourquoi on ne se voit plus ? C’est quoi le problème ?




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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Ven 7 Juil - 11:58 ()
Non, non, pas maintenant. Pas ça. Elle parle, et c’est habituel, c’est comme ça, mais pas ce matin-là. Elle parle, parle, et ne lui laisse pas le temps de répondre, ne lui laisse pas le temps de s’installer sur le banc avant qu’elle ne se relève comme piquée, ne lui laisse même pas le temps de réfléchir à quoique ce soit d’autre avant de lui balancer cette dernière question, cette question presque redoutée, parce que peut-être que, peut-être qu’il l’avait sentie venir, peut-être qu’il s’est dit que ce matin-là, leur rencontre n’était pas le fruit du hasard. Non, parce que ce n’est jamais le matin qu’ils se croisent au parc, avec leurs chiens, ce n’est jamais le matin mais à la faveur du crépuscule, quand une journée s’achève, quand la conclusion s’impose, entre chien et loup, justement. Le chien et la louve. La louve qui l’observe de ses grands yeux sombres emplis de questions, mais surtout de cette lueur, là, dans l’encolure de son œil, qui essaie de se cacher, en vain, parce qu’il la voit, il la devine, et il la comprend sans aucun effort.

Elle l’a vu.

Il détourne le regard, et il sait que ça le trahit, parce que ce n’est pas dans ses habitudes. Pas dans ses habitudes non plus de rester muet, car Isabelle avait ce don unique, rare, de lui donner un sourire, peut-être petit, mais un sourire quand même, et de lui faire oublier sa vie de merde, ses fondations éventrées et toute la poussière qui s’y accumule depuis des années. Et il sait qu’elle sait tout cela, on ne reste pas amis pendant trois ans sans que ça s’apprenne et s’intègre dans le scénario prédéfini d’une rencontre. Il sait bien que tout le trahit. Son hésitation. Sa distance. Son regard qui la fuit. Ses mains dans ses poches. Et l’absence de tout grognement, d’une mimique un peu moqueuse peut-être, parce qu’elle s’est laissée emporter par son propre enthousiasme. Tout ça, tout ça ne lui ressemble pas, ne leur ressemble pas. Et il sait qu’elle sait. Parce que sinon, elle n’aurait pas laissé un silence s’appesantir après sa dernière question, son regard riveté sur lui, pesant sur lui, comme si, en réalité, tout le reste n’avait été que du flanc, de la poudre aux yeux, une façon comme une autre de tromper son angoisse, de ramasser son courage pour lâcher sa bombe, la seule chose, la seule chose qui vraiment compte dans son esprit. Pourquoi on ne se voit plus. Pourquoi tu m’évites. Pourquoi il a fallu que je me lève aux aurores pour te croiser sur le parcours de Diva. Pourquoi, pourquoi, pourquoi.

Pourtant, il continue de faire des efforts, pour tenter de donner le change, de ne pas lui donner l’occasion, pas encore, de l’interroger plus avant sur ses dernières disparitions. Parce que, comment le lui expliquer ? En fait, pourquoi lui en parler ? Il n’a pas envie. Il n’a jamais étalé ses problèmes et en y réfléchissant, elle ne sait pas grand-chose de sa vie d’avant, quand il n’était pas installé dans le même quartier qu’elle. En fait, elle ne sait rien du tout. Elle le connaît peut-être plus intimement que d’autres mais, tout ce qui a vraiment compté, tout ce qui a fait sa vie, elle n’en sait rien. Isabelle n’est pas du genre à lire les journaux à sensations et ignore parfaitement qu’il a connu son petit quart d’heure de gloire et qu’il était suffisamment célèbre pour que son mariage, puis la disparition de sa femme, soit relatée quelque part, même dans le dernier des torchons à scandales. Peut-être que c’est ça, d’ailleurs, qui l’a conduit jusqu’ici, avec elle, à partager tout ça, cette amitié, ce… sentiment, avec elle. Qui l’a sorti de sa réserve et qui lui a donné une petit lanterne dans son obscurité permanente. Qui a donné autre chose à manger à sa vie que son travail à l’Ecole militaire. Peut-être, après tout. Sa fraîcheur. Sa vivacité d’esprit. Sa rationalité même. Sa perception du monde.

Tout ça lui plaît. Lui plaît trop.

Elle est debout, elle a le regard riveté sur lui, et elle attend. Elle attend qu’il réponde. Il l’observe, lui aussi, finalement. Il a tourné son regard vers elle et la contemple, il la contemple comme chaque fois qu’il la voit et qu’il passe du temps avec elle, depuis la naissance de ce petit quelque chose dans le creux de son estomac et dans la chair molle de son cœur. Il la contemple et voit cette jeune femme pleine de vie, de joie de vivre, de celle qui croque la vie à pleine dents. Il voit celle qui s’est battue, celle qui se bat et celle qui se battra toujours, pour ce qui compte pour elle, contre tout ce qui veut lui faire croire que rien ne vaut autant cette peine. Elle est forte, courageuse, elle a cette indéniable flamme qui brûle en elle. Et il se demande ce qu’elle peut bien trouver au pauvre con qu’il est, celui qui manque souvent de tact et d’empathie, celui qui en veut presque au reste du monde mais qui n’estime pas nécessaire de perdre ses forces à le lui cracher, celui qui se laisse vivre sans vraiment y goûter pleinement. Ce pauvre abruti qu’il est, râleur et impulsif, qui ne brille pas vraiment par sa retenue et qui peut avoir des opinions bien tranchées. Et en plus de ça, qui panique pour un petit rhume, comme un gosse. Ah, en voilà un grand mystère.

Grégoire se laisse tomber sur le banc et voit Diva rappliquer immédiatement, en demande de câlins compulsifs. Il lui gratouille le dos et elle agite la queue dans tous les sens, ravie d’une telle attention. Et ça, ça lui donne un petit sourire et ça allège un peu le poids qu’il a sur les épaules.

« Je suis désolé. » Il lève la tête et la regarde. « Avec ce jeu de télé-réalité morbide, c’est vrai qu’on n’a pas trop arrêté mais bon, ce n’est pas une raison. » Il est penché, les mains sur les flancs gonflés de Diva. La croix qu’il porte constamment autour de son cou pend, échappée de son col. « De toute façon, pour ce que ça a servi… » Il soupire. « Ca ne tourne plus rond. » Ses yeux s’éteignent subrepticement. Mauvaise pioche. Il n’aurait pas dû dire ça, parce que, de son point de vue, plus rien ne tourne rond

Il s’ébroue. Le souvenir de Morgane doit rester ce qu’il est, un souvenir. D’ailleurs, ne disait-elle pas : profite du moment présent ?

« C’est mon jour de repos, aujourd’hui, mais Diva ne connaît pas bien cette notion. Pour ça que je suis là à cette heure. » Il fronce les sourcils, ça lui revient, tout d’un coup. « Mais toi, pourquoi tu dors mal ? Il ne s’est rien passé à la bibliothèque, j’espère ? » Ses supérieurs ne savaient plus où en donner de la tête avec tout ce bordel, et il y en avait tellement partout qu’il apprenait chaque jour qu’un autre défi avait été relevé ailleurs pendant qu’il était appelé quelque part. Et comme ils arrivaient toujours trop tard… Il l’examine d’un autre œil. Il cherche à voir si quelque chose ne va pas. Rien d’extérieur, en tout cas.

Oui, ça faisait vraiment longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus, à peine croisés. Et c’est vrai aussi qu’il n’est pas tout à fait remis, pas tout à fait normal, pas tout à fait apte, peut-être, à lui faire face, quand son passé lui a soudainement pété à la gueule, quand… quand tout a encore une fois dérapé. Mais elle est là, et lui aussi. Alors… Profite du moment présent.
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A l'instant du grand retour, Isabelle avait le regard rivé dans un miroir. Depuis, elle interagit avec eux comme vous ne le pourrez jamais.

Un matin, la glace de sa salle de bain s'était fissuré. Elle a regardé son image brisée, interdite. Le lendemain, elle tombait à travers de l'un pour ressortir de l'autre.

Depuis, elle les confronte et les traverse, quand vous n'y voyez que votre faible reflet.
Allegeance : Fille de templiers, élevée par d'autres templiers après la mort de ses parents, elle est évidemment très lié à l'Ordre.
Cela dit, son caractère ne la pousse pas vraiment à se battre pour la cause, et elle est impliquée de façon plus subtile. Elle sera une source précieuse d'informations si vous en avez besoin, grâce à sa formation (et sa passion) en histoire.
Cependant, elle désapprouve le mystère que l'Ordre a maintenu autour des disparitions. Elle trouve ce système beaucoup trop malsain pour les proches des disparus et n'ai pas totalement convaincue par le secret.
these streets : Des anges, des démons, partout, elle le sait bien Isabelle. Elle connait la triste vérité, bien consciente que ce "retrouvé" que vous prenez dans vos bras, soulagé et heureux, n'est pas celui-ci que vous attendiez tant. Elle vous observe attristée, et craint le moment où, enfin, vous comprendrez que l'absent ne reviendra jamais.
En revanche, des dieux elle ignore tout, inconsciente comme bien d'autres.
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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Mer 12 Juil - 16:32 ()
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Il répond du bout des lèvres. Mais même s’il ne laissait échapper qu’un murmure, sa voix la chamboulerait, tant elle attendait de l’entendre à nouveau. Ses sonorités graves, tellement à l’opposé des siennes, qui font battre son cœur au rythme de ses mots. Elle ferme les yeux pour chasser de son esprit cette pensée – un murmure. Dans quelles circonstances pourrait-il lui murmurer des choses ? Son corps frisonne à cette simple idée. Elle s’emballe.  

A bien y réfléchir, elle n’arrive pas à se rappeler. A quel instant est-ce que cela a pris tant d’importance. Elle est proche de la bascule, se balançant au bord du vide, sur le fil de ses sentiments.  Elle a déjà été amoureuse, Isa. Elle se connait un peu, et la pente glissante, elle la reconnait bien. Cet espoir, de le croiser au hasard d’une balade, ce n’est pas anodin. Reconnaître sa démarche quand il approche, dans la lueur du matin ou à l’ombre du crépuscule. Cette envie de le dévorer des yeux, ce désir de croiser son regard. L’expectation d’un sourire. La félicité de savoir qu’elle en est la cause. Il y a des choses qui ne trompent pas.

« Je suis désolé. » C’est elle qui l’est pourtant. D’être là, insistante, de se battre pour quelque chose dont elle ignore encore les contours. Elle lui adresse un sourire, doux et simple, à peine marqué. Je te pardonnerai mille fois, s’il y avait quelque chose à pardonner. C’est ce qu’il pourrait lire dans ses prunelles, s’il les fixait ne serait qu’un instant. Il débite des explications un peu bidon, et c’est presque de ça dont il devrait s’excuser. Elle n’est pas si naïve, Isabelle.

« Ça ne tourne plus rond. » Elle n’aurait pas dit mieux. Elle se rassoit sur le banc à côté de lui, en douceur, là où il s’est laissé tomber, comme écrasé par le poids lourd de ses tourments. « Ah ça ! » Sa main s’envole, déjà prête à esquisser un geste de réconfort, mais se retient de justesse. Que dire ? Il y a bien des aspects de sa vie qui ne tourne pas très rond. Elle a aussi été confrontée à Dare or Die, mais comment lui expliquer. J’appartiens à un Ordre secret qui se bat justement contre, ahah. La folie du jeu ne l’a pas tant impacté – bien trop loin de son caractère, toute cette folie. Et pourtant, elle a vu de ses yeux des gens sombrer de gré ou de force dans ce drôle d’engrenage. Elle ne s’attendait pas à ce rappel de la réalité. C’est rarement des sujets qu’ils évoquent ensemble. Elle n’y tient pas, l’idée d’un mensonge la rebute.

« Ça fait longtemps que le monde a arrêté de tourner rond, n’est-ce pas ? » C’est une question rhétorique. Elle en cache mille autre. Presque une supplique, une prière pour demander des réponses. Il s’esquive aussi vite qu’elle aurait pu s’y attendre. Alors elle étudie son profil. Son front décidé, ses yeux qui l’évitent, la commissure de ses lèvres qui refusent obstinément de laisser échapper un sourire. Sa peau si pâle, comparée à la sienne. Est-il plus fatigué que d’habitude ? Elle ressent l’inquiétude au creux de son estomac, alors que le désir d’avoir ne serait-ce que le droit de poser sa main sur son bras lui crève le ventre. Maladroitement, comme une adolescente qui tenterait timidement sa chance, son genou rencontre le sien. Elle continue son examen, imperturbable, détaille la croix qui pend dans son col. Il continue à parler, comme un bruit de fond. Elle s’était perdue là, dans l’examen de cet homme. Le ton de l’interrogation la ramène à leur conversation.

« Mais toi, pourquoi tu dors mal ? Il ne s’est rien passé à la bibliothèque, j’espère ? » La bibliothèque est jalousement gardée par les templiers, et c’est vraiment la dernière de ses préoccupations. « Hein ? Non. C’est très calme. » En réalité, les dernières semaines n’ont pas été de tout repos. Elle a travaillé sur des manuscrits dans l’espoir de trouver une solution à Dare and Die. Sa supérieure lui est tombé dessus, parce que ses résultats n’étaient pas suffisants. Mais ce n’est pas ce qu’il l’empêche de dormir. Ça n’a même rien à voir.

A toutes ses sources d’inquiétude habituelles – Zola, en fait, pour être exacte, se rajoute désormais Grégoire. Mais comme elle ne peut pas décemment lui expliquer que c’est lui qui complique ses nuits, elle contourne le sujet. « Tu sais comment c’est, t’as l’impression que ça va mieux, et puis il arrive toujours une nouvelle catastrophe… Mais bon. » Sa voix s’est brisée sur les derniers mots. Le masque tombe, et sa détresse envahie l’espace. C’est suffisamment rare pour être notable. Elle lui jette un regard et lui adresse un pauvre sourire quand leurs yeux se croisent. Son cœur a peut-être manqué un battement. « Alors je traine ici pour te croiser. Faut croire que je sais que ça me remontra le moral. » Isabelle est comme ça, elle ne tourne jamais très longtemps autour du pot. Cette fois, son sourire est honnête. Elle n’a peut-être pas droit à grand-chose, mais être là, ça lui fait déjà du bien.

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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Ven 14 Juil - 22:49 ()
La finesse, c’est pas vraiment son truc. Il n’est pas subtil, pas très délicat ; il a davantage tendance à mettre les pieds dans le plat plutôt que de trouver quelques chemins de traverses pour s’approcher, à la manière d’un fauve en embuscade. Il ne manipule pas, il ne ment pas, il ne sous-entend pas ; il prend ses décisions et s’y tient. Quand tout a commencé, quand il s’est rendu compte qu’il y avait autre chose dans son cœur, dans son ventre, chaque fois qu’il la voyait, il a simplement décidé de ne pas en tenir compte. D’y faire obstacle. De prendre le risque de la voir aimer, de la voir grandir, de la voir vivre ; de la voir s’en aller. Il n’a jamais cherché à entretenir quoique ce soit, une illusion ou un espoir, et a continué de se comporter avec elle comme un ami le ferait, à apprécier leurs moments, ces instants de complicité précieux, se contentant du peu qu’il pouvait récolter d’elle. Il aimait leur lien, il aimait leur amitié et il aimait ce qu’elle représentait pour lui. De la fraîcheur. De la douceur. Une lueur – une lumière – dans l’obscurité.

Mais là… là il sait qu’il est fichu. Qu’il a merdé. Et pas qu’un peu. Que là, devant elle, dans l’éclat opalescent de l’aube, il s’est trahi. Et dans les grandes largeurs. Il ne l’a pas regardée. Il ne l’a pas touchée. Il ne l’a pas fait rire. Il ne l’a pas… il n’a rien fait. Rien, si ce n’est collectionner les erreurs. Le regard fuyant. La distance. L’œil sombre. L’âme triste. Des efforts vains, parce que, justement, il ne manipule pas, ne ment pas, ne sous-entend pas. Il ne sait pas faire. Il n’a jamais essayé jusqu’à maintenant et ce n’est clairement pas une réussite. Il aurait dû le savoir.

Il aurait dû partir.

Son genou touche le sien et il frissonne, mais ça ne se voit pas – pas trop. Son genou touche le sien et il n’est pas dupe, il n’est peut-être pas très malin mais être militaire lui a appris à voir quelques signes avant-coureurs, et même si on ne leur apprend pas le langage corporel dans un cadre intime, c’est toujours un peu la même chose, en toutes circonstances. D’autant que leurs genoux ne devraient pas se toucher. Pas dans leur position. Il n’est peut-être pas très malin, Grégoire, mais il n’est pas con non plus.

Et ça, ça le démolit.

Il ne bouge pourtant pas. Il conserve son genou contre le sien, et il l’écoute, non il l’entend, il l’entend lui répondre, il enregistre l’information, de toute façon ça se voit qu’elle va bien. Mais cette confirmation le soulage quand même, quand même un peu. Elle va bien, elle n’a rien. Mais tu le savais déjà. Et ça le démolit encore de savoir qu’il a cru, qu’il a pensé, une fraction de seconde, parce qu’elle dormait mal, qu’il aurait pu lui arriver quelque chose dont il ne s’était pas mis au courant ces derniers temps. Parce qu’il s’était renseigné tous les jours, sur toutes les personnes qui lui étaient proches ; mais surtout sur elle. Et là, il a eu peur… il a eu peur, une fraction de seconde, que quelque chose lui ait échappé, il a…

« Alors je traine ici pour te croiser. Faut croire que je sais que ça me remontra le moral. »

Je dois y aller. Et dans ses yeux, il voit tant et tant de choses. Son innocence, sa naïveté. Son amour du monde et son souci pour lui. Et sa détresse. Et sa vulnérabilité. Et… Grégoire la dévisage, ne décroche pas son regard du sien. Il ne voit même pas le sourire qu’elle affiche, ce sourire si différent de celui qu’elle avait toujours, il ne voit même pas son sourire dévasté, son sourire brisé, son sourire farouche alors qu’elle va mal. Qu’elle a mal.

En fait, depuis le début, il la manipule. En fait, depuis le début, il lui ment. En fait, depuis le début, il lui fait des sous-entendus.

« Pourquoi ? » Ça lui échappe, mais cette fois, il s’en fout. Il s’en fout parce qu’il a envie de hurler. Il a envie de jurer. De maudire le monde, l’univers, Dieu. Il serre les mâchoires et un grognement lui échappe, contre son gré, mais ils ne sont plus vraiment à ça près. Pas non plus à une insulte près. « Tu devrais prendre des somnifères, ça t’aidera à dormir. Ou un truc aux plantes. De la mélatonine, j’ai entendu dire que c’était bien. » Foutaises. Conneries. Absurdités en chaîne. Et le pire, c’est qu’il en a conscience. Il a conscience qu’au-delà d’être une réponse insensée à un presque aveu d’un rare courage, c’est une offense. Une attaque. Un blasphème. Il vient purement et simplement de bafouer ce qu’elle ressent, il vient de les mettre au rabais, il vient de les fouler aux pieds.

Mais il faut qu’elle comprenne. Il faut qu’elle comprenne que ce n’est pas possible. Il faut qu’elle comprenne qu’il n’est pas fait pour elle. Il faut qu’elle comprenne que s’il est vrai qu’il a ce sentiment… s’il est vrai qu’il est attaché à elle… s’il est vrai qu’il a besoin d’elle… Merde ! S’il est vrai que je l’aime ! Il l’aime, il l’aime oui, mais c’est aussi vrai que faux, mais c’est aussi fort qu’impossible. Il l’aime, il l’aime pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle représente, il l’aime pour sa force et pour sa vulnérabilité, il l’aime pour son rire et pour ses blessures, il l’aime pour sa lumière et ses ténèbres inavouées. Mais il l’aime aussi parce qu’elle est en vie.

Et Morgane… Morgane, Seigneur, Morgane est en vie. Et Morgane est sa vie.

Il bouillonne. Il bouillonne et il rage. Et il se sent vivant. Vivant, enfin, depuis la veille, depuis la cathédrale, depuis son spectre personnel, sa hantise rien qu’à lui. Et il a mal, il a mal et il crève de douleur de savoir tout ce qu’elle vient d’avouer en quelques mots. En quelques mots timides et réservés, en quelques mots de délivrance pourtant. Et ça le met en rogne. Ça lui hérisse le poil. Ca l’enrage. Grégoire retire son genou du sien, il reprend sa distance.

Mais il est trop faible. Trop faible pour affronter ça. Pour affronter son propre mécanisme, cet insatiable besoin d’être maître de la situation, cette nécessité de ne pas abandonner. De ne pas s’abandonner. Il est trop faible et il s’énerve d’être trop faible, mais il est trop faible et continue de s’énerver. Et il s’épuise. Il s’épuise de ce manège continuel.

Il aurait dû partir.
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A l'instant du grand retour, Isabelle avait le regard rivé dans un miroir. Depuis, elle interagit avec eux comme vous ne le pourrez jamais.

Un matin, la glace de sa salle de bain s'était fissuré. Elle a regardé son image brisée, interdite. Le lendemain, elle tombait à travers de l'un pour ressortir de l'autre.

Depuis, elle les confronte et les traverse, quand vous n'y voyez que votre faible reflet.
Allegeance : Fille de templiers, élevée par d'autres templiers après la mort de ses parents, elle est évidemment très lié à l'Ordre.
Cela dit, son caractère ne la pousse pas vraiment à se battre pour la cause, et elle est impliquée de façon plus subtile. Elle sera une source précieuse d'informations si vous en avez besoin, grâce à sa formation (et sa passion) en histoire.
Cependant, elle désapprouve le mystère que l'Ordre a maintenu autour des disparitions. Elle trouve ce système beaucoup trop malsain pour les proches des disparus et n'ai pas totalement convaincue par le secret.
these streets : Des anges, des démons, partout, elle le sait bien Isabelle. Elle connait la triste vérité, bien consciente que ce "retrouvé" que vous prenez dans vos bras, soulagé et heureux, n'est pas celui-ci que vous attendiez tant. Elle vous observe attristée, et craint le moment où, enfin, vous comprendrez que l'absent ne reviendra jamais.
En revanche, des dieux elle ignore tout, inconsciente comme bien d'autres.
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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Mer 26 Juil - 4:34 ()
Let her go
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Son aveu la libère. Elle sent l’espoir qui fait battre ses tempes, resonne dans ses côtes et l’assourdi. La fébrilité des confessions, celle dont l’on se rappelle, des années plus tard, lorsque l’on regrette qu’elle n’ait pas duré éternellement. Celle qui nous émois si fort que s’en est douloureux. Elle n’a pourtant pas dit grand-chose. Ce n’était qu’un sous-entendu, mais à sa réaction, elle comprend qu’il l’a entendu.

« Pourquoi ? »

Elle aurait tant à dire – Parce que je suis si bien, ici. N’importe où, si tu es là. Leurs rencontres, ces oasis dans l’ambiance morose de la ville. A-t-elle besoin de lui expliquer cela ? Qu’elle respire, lorsqu’ils se rencontrent. Que lorsqu’elle le quitte, elle sent sa présence, encore quelques mètres. Que lorsqu’elle gravit les marches de son perron, parfois, elle se surprend à lui parler, dans les confins de son esprit. Que dans l’ombre, dans le calme de la nuit, elle ose rêver à ce que cela pourrait être.

Elle a envie d’être honnête. Tout ce qui lui pèse sur le cœur, elle veut l’avouer, sans demi-mots et sans détour. Déjà, elle prépare sa réponse, elle essaie de mettre de l’ordre dans ses phrases. Ses pensées s’enchainent, si vite, mais elle garde les lèvres closes. Quelque chose la retient. Un mauvais présentiment. Il ne lui laisse pas le temps de s’exprimer.

« … Ou un truc aux plantes. … » Les mots de Grégoire résonnent dans son esprit au rythme des battements de son cœur. Elle reste incrédule, face à l’incongruité de sa réponse. Le rejet remplit l’espace, chaque recoin s’en alourdit au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans ses conseils saugrenus. L’estomac d’Isabelle aussi a plongé. Ses oreilles bourdonnent et elle se demande à quel moment, ce militaire, cet homme courageux, a pu se défiler ainsi. Pourquoi ne pas s’être contenté d’ignorer sa remarque ?

« Bien sûr. Sa voix est pleine de sarcasmes. J’aurai dû penser à la tisane plus tôt. » Là où il regarde ailleurs, elle l’examine avec sévérité. Elle a du mal à identifier le sentiment qui l’envahit doucement. Il y a la douleur de ce rejet si soudain, évidemment. Et puis ça la frappe de plein fouet. Elle est déçue par la soudaine lâcheté de cet homme qu’elle admire. Elle attendait beaucoup plus de lui, même dans l’échec. Jamais elle n’aurait imaginé une si piètre dérobade. Isabelle n’a pas vraiment d’orgueil, mais la colère bat contre ses tempes. Elle appelle Patmol, et quitte le banc avant même qu’il ne soit à ses pieds. Ce chien, au moins, ne lui fait pas faux bond. Et cette idée ne la console même pas.

Les cailloux roulent sous ses pieds, comme autant de sentiments piétinés. Elle se sent presque idiote d’avoir espéré mais elle ne le regrette pas vraiment. Elle vit ainsi, sans regret. Elle ne pourrait pas dire qu’elle se laisse porter au gré du vent, puisqu’elle bataille et oriente son avenir selon ses envies, affrontant les tempêtes sans changer sa direction. Peut-être qu’elle ne serait pas ainsi au bord du gouffre, si elle agissait autrement.

Chaque pas est un obstacle. Ce vide qui les sépare, toujours un peu plus, par sa faute.  Ce vide qu’elle a provoqué. Une carapace. Alors elle se retourne, furieuse. Lui lance un regard, si déçu, si blessé. « Je ne comprends pas. » De ces quelques mètres qui les sépare, elle l’observe à nouveau. Rien ne lui échappe. Ses tourments, qu’elle lit au fond de ses yeux. Ses secrets, dont elle est à présent certaine. Pourtant, elle ne saisit pas l’essentiel. Elle a encré son regard dans le sien. Il lui faut un point d’accroche, si elle ne veut pas se noyer. A peine sent-elle la larme qui dévale sa joue.

Ce n’est peut-être pas son premier chagrin. Ce n’est pas son premier rejet. Elle sent son cœur qui résonne, vide de ce qu’elle vient d’offrir sans retour. Isabelle connait cette sensation. Et pourtant. Etait-elle aussi intense la dernière fois ? Avait-elle eu aussi mal ?

« Je ne te comprends pas. »

Elle qui admirait même ses défauts, elle ne l’aurait jamais cru aussi lâche. Son choix de vie, cet engagement pour une violence qu’elle réprouve, elle y voyait du courage. Lorsqu’ils débattaient de religion, elle y voyait une prise de position osée, une foi inébranlable, une volonté hors du commun. Elle ne le reconnait pas. Son désarroi se lit sur son visage. Elle exprime son incompréhension, mais ses mots sont inaudibles. Sa voix s’est brisée, elle aussi.

Maintenant, elle aussi le fuit des yeux. Elle n’ose plus le regarder, de peur que cette image efface les autres. Elle espère juste qu’elle se trompe. Si elle peut se laisser aller à cet accès de colère, de quel droit lui refuse-t-elle le droit de fléchir, lui aussi ? Elle ferme les yeux, elle veut chasser de son esprit ce moment, elle voudrait qu’il oublie cet instant de désarroi, qu’il comprenne qu’elle était blessée.

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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Mer 2 Aoû - 20:13 ()
« Me comprendre ? » Il a emmêlé ses doigts les uns avec les autres et les serre avec force, sans s’en rendre compte. Il a levé les yeux sur elle et encaisse la larme qui coule sur son visage, mais le sien, fermé, ne laisse entrevoir aucune trace d’émotion. Il s’est replié en lui-même, et laisse son corps, ses entrailles, ses viscères en proie à sa colère qui, de brûlante, est passée à grondante et dévorante. Son cœur continue de cogner contre sa poitrine, de résonner, de lancer un appel à l’aide vain et futile. Grégoire n’est plus qu’une corde d’arc, tendu, n’est plus que l’arme qu’il a toujours été, vindicatif.

Blesser quelqu’un n’a jamais été quelque chose susceptible de l’émouvoir, mais blesser quelqu’un qui l’aime est capable de le tuer. Et c’est précisément ce qu’il s’apprête à faire.

« A quoi ça t’avancerait de savoir que je suis tombé amoureux de toi ? » Tomber était le mot approprié, juste parfait dans sa situation. On ne prévoit jamais de se casser la gueule. Son regard ne cille pas, ne vacille pas. Il le conserve, plongé dans le sien, incandescent. « Je ne te parlerai pas de mon âge, ni du tien, on s’en fout de ce détail. J’aurais juste préféré que tu ne le saches pas. Mais puisque tu insistes. » Il est parfaitement conscient de ses moindres mots, et de chaque entaille qu’il lui cause à l’âme. Il est volontairement mauvais. Méchant. Parce que ce n’est pas comme ça que l’on assène la vérité à qui veut, ou non, l’entendre ; mais lui, là, à cet instant, n’en a que faire. Il génère les conflits ; il est un conflit. Parce qu’il ne sait pas vivre simplement, parce qu’il ne sait pas vivre autrement. Il enviait la simplicité d’Isabelle, sa joie naïve et enfantine, son insouciance dans ce corps d’adulte capable de revenir à une réalité bien moins plaisante lorsqu’il était nécessaire qu’elle soit lucide. Il enviait sa façon de vivre sans regrets, son carpe diem comme devise. Lui en était incapable. Lui était pétri de fierté et d’orgueil, lui était égoïste et prêt à exploser à la moindre étincelle. Lui avait toujours voulu que cela se passe selon ses règles, et n’acceptait se plier qu’à celles d’autorités qu’il reconnaissait comme supérieures. Et les critères de sélection étaient sévères.

De toute évidence, Isabelle n’avait pas réuni toutes les qualités nécessaires à cette place.

Et pourtant. Pourtant, il n’en serait pas là si elle n’avait pas eu cette importance pour lui, dans sa vie déchirée par la douleur de la perte, de la mort, qui peinait à retrouver des fondations stables dans un champ de ruines encore fumantes. Elle avait stabilisé ce qui lui restait de vivant et l’avait raccroché dans un monde qu’il n’avait plus vu qu’au travers d’une armure rouillée, traversant l’existence comme un pont au-dessus du lit asséché d’une rivière. Elle l’avait presque sauvé, d’ailleurs, si on continuait dans ce sens. Et il lui reconnaissait beaucoup de courage d’avoir persisté alors qu’il avait l’allure d’un évadé de prison et la locution qui allait avec chaque fois qu’elle le croisait.

Et ils en étaient là, maintenant. Ils en étaient à ce point critique qu’il n’avait pas vu venir, qu’il n’avait même pas imaginé un jour subir avec elle. Parce qu’il n’avait pas été assez prudent, assez clairvoyant. Mais comment aurait-il pu imaginer que… Ah, quel abruti. Quel égoïste. Bien sûr qu’il l’avait imaginé. Et bien sûr qu’il avait fait semblant de ne pas le voir, parce qu’il n’avait juste pas voulu le voir. Tout ça, c’était de sa faute.

De sa faute, parce qu’il n’avait jamais été honnête avec elle. Elle ignorait tout de lui, de ce qu’il était en dehors de son travail, de ce qu’il avait vécu avant de déménager dans le quatrième arrondissement. Dans son appartement, rien ne faisait allusion à quoique ce soit de sa « vie d’avant ». Il n’y avait que Diva qu’il avait emporté de cet autre univers et, bien utilement, elle ne pouvait communiquer aucune information ou faire fuiter le moindre de ses secrets.

Il se frotte les yeux, se redresse. Il observe une seconde les tâches de soleil sur le sol du parc. « Tu m’as vu hier soir. » Ce n’était pas une question. Il en avait acquis la conviction dès l’instant où elle lui a dit qu’ils ne se voyaient plus trop, ces derniers temps. Et Grégoire ne croyait pas aux coïncidences. Il ne croyait pas qu’elle s’était expressément posée à une heure aussi matinale à un endroit clé de son parcours, juste pour lui dire qu’ils ne se voyaient plus depuis longtemps ; si elle avait voulu de ses nouvelles, elle serait venue sonner à sa porte. Il la connaissait trop bien. Cette technique ne lui ressemblait pas du tout pour lui avoir laissé entrevoir la possibilité, difficile à encaisser, qu’elle l’ait aperçu, hier, justement par hasard, comme ils avaient l’habitude de se croiser : par hasard. Il aurait pu prétendre que la femme avec qui elle l'avait vu n'était personne, que ce n'était rien de grave, rien d'intéressant, si tout était resté normal, ou du moins comme tout aurait dû rester. Mais ce n'était pas le cas. « C’est pour ça que tu es là. » Il ne rajoute pas « ce matin », il ne précise rien, car tout est dit. Puisqu’elle l’a pris en porte-à-faux, il faisait de même.

Elle ne le comprenait pas ; de fait, le masque était tombé.
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A l'instant du grand retour, Isabelle avait le regard rivé dans un miroir. Depuis, elle interagit avec eux comme vous ne le pourrez jamais.

Un matin, la glace de sa salle de bain s'était fissuré. Elle a regardé son image brisée, interdite. Le lendemain, elle tombait à travers de l'un pour ressortir de l'autre.

Depuis, elle les confronte et les traverse, quand vous n'y voyez que votre faible reflet.
Allegeance : Fille de templiers, élevée par d'autres templiers après la mort de ses parents, elle est évidemment très lié à l'Ordre.
Cela dit, son caractère ne la pousse pas vraiment à se battre pour la cause, et elle est impliquée de façon plus subtile. Elle sera une source précieuse d'informations si vous en avez besoin, grâce à sa formation (et sa passion) en histoire.
Cependant, elle désapprouve le mystère que l'Ordre a maintenu autour des disparitions. Elle trouve ce système beaucoup trop malsain pour les proches des disparus et n'ai pas totalement convaincue par le secret.
these streets : Des anges, des démons, partout, elle le sait bien Isabelle. Elle connait la triste vérité, bien consciente que ce "retrouvé" que vous prenez dans vos bras, soulagé et heureux, n'est pas celui-ci que vous attendiez tant. Elle vous observe attristée, et craint le moment où, enfin, vous comprendrez que l'absent ne reviendra jamais.
En revanche, des dieux elle ignore tout, inconsciente comme bien d'autres.
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Sujet: Re: Let Her Go - Isabelle & Grégoire Hier à 2:49 ()
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Son univers qui tremble, Isabelle ne l’avait pas anticipé. Elle se demande si elle regrette. Aurait-elle dû rester dans son lit, ce matin ? Le doute s’infiltre, alors qu’elle triture le bas de son t-shirt. Sous ses doigts, la couture cède à son anxiété. Elle le remarque à peine. Elle regarde partout sauf là où il se tient. Sa voix qui gronde, répétant ses propres mots, à elle, ça l’effraye un peu. Elle sait que ça va faire mal. Aucun doute n’est permis.

Elle en veut presque à son cœur qui réagit à la voix grave. Est-il idiot, pour s’émerveiller d’entendre tant d’émotions qui explosent, sous les mots furieux ? N’a-t-il pas compris, n’a-t-il pas appris, après tant d’années d’échecs, que ce n’est pas ce genre de conversation qui aboutisse sur les sentiments tant attendus ?

Quand elle le voit qui se tord les mains, elle sait bien que ce n’est pas d’anxiété, comme l’aurait fait un amant qui s’apprête à avouer des sentiments, incertain. Elle voudrait les attraper, stopper ses mouvements instinctifs. Non, ce n’est que de la colère qui s’échappe de ses gestes. Est-ce qu’il lui en veut d’avoir osé demander ? Isabelle n’essaye même pas d’esquisser un geste. Elle n’a aucun doute sur la réaction qu’elle recevrait.

Un coup dans la poitrine. Un poing qui s’abat sur ses côtes ne l’aurait pas plus étourdie. Elle a expiré, sous le choc. « Quoi ? » Une inspiration. « Je sais pas, ça m’avancerait à quoi, à ton avis, un peu d’honnêteté ? » Ces aveux qu’elle espérait, elle ne les avait pas imaginés ainsi. Elle n’avait pas cru qu’ils pourraient être aussi offensants. Qu’elle aurait si mal de s’entendre dire qu’il l’aimait. Ce n’était pas supposé être aussi violent. « T’es con ! Voilà ! ». Elle a presque crié, elle n’est pas vraiment sûre. Mais ils sont seuls, dans ce coin du parc. Ses mots s’évaporent sous le couvert des arbres. Personne d’autre n’en sera témoin. Elle n’entend pas sa propre voix, parce que son esprit bourdonne de ses mots. Je suis tombé amoureux de toi. Elle aurait dû exulter. J’aurais juste préféré que tu ne le saches pas.

Quel idiot. Peut-être la seule évidence du moment. « Tu te prends pour qui, à décider à ma place ? C’est ma vie aussi, avec laquelle tu joues, quand tu m’évites. C’est mes nuits, que tu troubles. C’est mes larmes, que tu fais couler. Alors j’ai le droit de choisir. Si je veux savoir, j’ai bien le droit. » Elle n’a même pas relevé la remarque sur leur âge. Il l’a dit lui-même, ce n’est pas un argument. Je suis tombé amoureux de toi. Elle devrait lui dire, qu’elle aussi, elle est tombée, sans prévenir. Qu’elle l’aime, que son cœur déborde, parce qu’elle est comme ça et qu’elle n’aime pas à moitié.

Mais ses sentiments, elle les chérit. Elle n’en a pas honte, elle ne les crachera pas comme une insulte. Pas comme lui. Pas ici, pas maintenant. Ce ne sera pas une arme qu’elle utilise pour le blesser. Isabelle ne croit pas que ce matin soit arrivé le soir de leur relation. Ce n’est pas elle qui l’enterrera, à jouer son jeu.

Ce n’est pas fini. Elle le devine dans sa voix, dans son attitude. Il va attaquer, à nouveau. Elle est prête, comme lui, elle se redresse de toute sa hauteur, prête à encaisser le prochain coup.  Elle l’espère juste moins douloureux. Isabelle est grande, alors elle n’a aucun mal à le dévisager. A s’affronter ainsi, on ne peut ignorer qu’ils font la même taille. Il n’a pas cet avantage-là.

« Oui. » Sa voix est retombée, comme la sienne. Elle l’a vu hier soir. Il n’a même pas posé la question. C’était une affirmation, et elle ne cherchera pas à nier. « Bien sûr. » Isabelle cherche ses yeux. Elle veut juste savoir. Avait-il croisé un fantôme de son passé ? Après tout, tout le monde portait sa part du fardeau. « Je veux juste savoir pourquoi tu m’ignores. Je sais que ça a un rapport. » Son regard contient un avertissement. « Ça ne servirait à rien d’essayer de le nier. » Elle est loin d’être idiote, et elle sait beaucoup de choses. Sans doute plus que lui. Pourtant, ce secret qu’il ne veut pas lâcher, il vaut bien tous les autres.

Isabelle attrape un caillou. Elle le lance dans une flaque. L’explosion de l’eau l’apaise. « Et inutile de t’énerver encore. Je ne suis pas venu me disputer. » Une discussion d’adulte, une explication sensée, c’est à peu près tout ce qu’elle exige. Il lui semble que ce devrait être à la portée d’un militaire.

- a game of shadows, shall we play ?  -


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