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 dans la gueule de la louve || garance
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Humains

Sujet: dans la gueule de la louve || garance Mar 11 Juil - 17:50 ()
Il se regarde dans le miroir, et déteste ce qu’il y voit. Un homme à l’œil morose, qui détaille son visage contrarié, creusant ces petites rides sur son front qui sont apparues bien trop tôt, ses cheveux corbeau disciplinés, ses épaules relâchées dans une posture d’abandon ; et cet ensemble gris anthracite qu’il porte comme un déguisement plus qu’un complet-cravate. Il est bon marché, l’étoffe s’en ressent sous le contact de ses doigts, mais il n’a jamais eu les moyens de s’en payer un de meilleure qualité, et pour quelle occasion après tout ? Il n’était qu’un militaire qui passait les trois quarts de son temps en treillis, et le reste dans un jean et une veste en cuir. Et les muscles qui saillent encore malgré la veste, la carrure sculptée par l’entraînement, bien que nerveuse, jurent avec l’élégance consommée de l’habit. Il se dit qu’il a l’air d’un clown, et ça assombrit encore davantage son humeur.

Grégoire remue doucement les épaules puis tire sur les manches, et lance une œillade mauvaise à la cravate abandonnée sur le cintre. Faut pas déconner, non plus. Déjà qu’il n’est pas à l’aise dans cet accoutrement, il était simplement hors de question de s’étrangler avec une langue de soie. D’un coup sec, il referme la porte de son placard pour la soustraire de sa vue, et se détourne du miroir avant d’avoir à nouveau affaire à son reflet. Les quatre fers en l’air, en travers de son lit, Diva dort du sommeil du juste, la gueule légèrement ouverte, un bout de langue s’y échappant. L’espace de quelques secondes, Grégoire la contemple et envie son existence paisible, sa vie bien tranquille, bien rangée et organisée à la seconde près : balades, gamelle, puis sieste sur tout ce qui pouvait bien accrocher ses poils. Il pense au panier qu’il lui a spécialement acheté et qu’elle n’a jamais touché ; par un quelconque tour de magie, même aucun de ses poils ne s’y est posé. Il est intact, comme neuf : c’est-à-dire la seule chose dans son appartement qui n’a pas une valeur d’occasion.

Même ces vêtements de soirée ont servi : et cela, il ne le doit qu’à une seule personne, dont le souvenir l’arrache brutalement à sa rêverie canine. Garance.

Il soupire, rejette la tête en arrière puis regarde ses plantes sous la verrière, encore inondée de la lumière du couchant. La teinte ocre des vieux rayons donne à l’ensemble un petit air de jungle, un petit coup d’air pur qui le revigore ; il adore ce tableau. Du bout des doigts, il touche l’une des feuilles épaisses d’une plante en pot qu’il possède depuis quelques années déjà, l’une de ses plantes fétiches dont il est fier, et sourit, un sourire inconscient et spontané qui ne lui est pas venu depuis longtemps. C’est son monde. Son univers. L’endroit qui l’apaise, l’endroit qui le réconforte, l’endroit qui lui rappelle qu’il est vivant, et que quelque chose encore, dans ce paysage délabré, peut être beau, peut être ordinaire, peut être stable. Son refuge, loin des emmerdes.

Par exemple, un restaurant imminent, avec Garance Lesquen. Par exemple.

Il grogne à cette pensée. Il n’a plus vraiment le temps de tergiverser, et si l’idée d’arriver en retard lui traverse l’esprit, il sait pertinemment qu’il ne s’y résoudra pas. Sa formation militaire lui a gravé jusque dans les os la ponctualité, suffisamment profondément pour que même sa moelle s’en souvienne. Si bien qu’il finit par attraper ses clés et à quitter son appartement.

Sa tenue ne lui permet pas de prendre sa moto, et la clémence du temps rend, de toute manière, dommage de ne pas en profiter. Enfonçant les mains dans les poches – et priant intérieurement pour qu’il ne rencontre aucun incident d’aucun genre sur son chemin, il prend la direction du Café Gavroche. C’est elle qui l’a choisi. Pendant les quelques secondes qu’a duré sa réflexion – qu’il pense d’ailleurs jouée – il a craint, vraiment, véritablement, de devoir se rendre au Château rouge pour y casser le peu d’économies que ses extravagances lui ont laissées : une folie de plus, la folie de trop. Il ne la comprend pas, et a l’intime conviction qu’il ne la comprendra jamais.

Déjà, pourquoi s’est-elle portée caution pour lui ? Ils ne se connaissaient alors ni d’Eve, ni d’Adam, elle a surgi de nulle part et a annoncé aussi sûrement que le tiercé gagnant qu’elle était sa nouvelle garantie auprès de son propriétaire. Parce qu’il ne pouvait pas se permettre de la refuser, il avait été contraint d’accepter son offre ; et depuis, il pataugeait en terre inconnue. Il avait compris assez rapidement que la contrepartie consisterait à exaucer la moindre de ses envies : aux séances de shopping infernales à l’accompagnement à une soirée de lancement de sa boîte, en passant par une soirée affalée dans son canapé à zapper de chaîne en chaîne, tout y passait. Il ignorait comment elle s’était procuré une clé de son appartement, mais elle l’avait ; il ignorait comme elle avait réussi à connaître son planning, mais elle était déjà venue l’attendre à la fin de son service, à l’Ecole militaire – et avec Diva, en prime. De fait, la rumeur de ce qu’il avait une aventure avec une femme aussi belle que sulfureuse avait eu tôt fait de faire le tour de la caserne, et il se passait rarement une semaine sans qu’il en entende parler. D’elle ou de sa femme.

A choisir, il préférait encore qu’ils parlent d’elle.

Il chasse Morgane de son esprit aussi vite qu’elle s’y est glissée et presse inconsciemment le pas. Plus vite il sera arrivé, plus vite son dîner sera passé.

Lorsqu’il l’aperçoit, plantée sur ses talons vertigineux, un frisson dévale son échine : elle a le regard braqué sur lui. Non pas qu’elle l’ait cherché du regard, ou qu’elle ait de façon hasardeuse rencontré le sien : non, elle le regardait arriver. Elle savait qu’il arrivait. Elle savait très exactement par où il allait arriver, et avait tourné le regard en conséquence jusqu’à le voir apparaître. Et à l’étincelle qui s’allume dans ses prunelles de louve, il voit bien que ça l’amuse. Lui, en revanche, ça lui hérisse le poil. « Bonsoir », lance-t-il une fois à portée de voix. Il se rend d’ailleurs compte qu’il a serré les mâchoires tout au long du trajet.

Garance est une femme magnifique. Elle est belle, exsude l’assurance et la confiance, a un regard franc et un sourire à désarmer un mercenaire. Elle est élégante, et saurait même porter la plus petite tenue sans tomber dans la vulgarité. Son corps tout en courbes et en longueur lui donne une prestance presque royale, aussi bien que les traits harmonieux de son visage. Elle respire la sensualité. Pourtant, il ne l’apprécie pas. Bien sûr, son charme joue sur lui, il est loin d'y être insensible, mais il y a quelque chose en elle qui le dérange, quelque chose de physique, quelque chose de profond, quelque chose d’indéfinissable ; sans doute à commencer par sa manie de se jouer de lui.
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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Si ce n'est son éternelle allégeance à Azazel et son statut de bras droit du bourreau des Enfers, Malphas n'a pas de but propre autre que de semer la discorde et d'inspirer la frustration autour d'elle, ce qu'elle fait à chaque instant de son existence, par plaisir et par gourmandise. Elle n'est que Discorde, au service d'un Ange qui entend calciner le monde. Elle obéit aux ordres, parvenant toujours à tirer leur épingle du jeu, sans chercher à obtenir davantage de responsabilités de peur de devoir se brimer et devenir responsable. C'est une faiseuse de miracles malfaisants, qui aime la méchanceté et inspire ses démons à inventer toujours plus de mécanismes visant à rendre folles les âmes qui traversent la terre. Elle n'hésite JAMAIS à semer la discorde et la frustration dans ses propres rangs.
these streets : Tout. Elle sait tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Re: dans la gueule de la louve || garance Dim 6 Aoû - 0:05 ()
Dans la gueule de la Louve
Who's afraid of the Big Bad Wolf ?


S'il est un concept que Garance ne se lasse pas de découvrir et d'appréhender sur terre, c'est bien celui de l'argent... La possession par la valorisation pécuniaire et numéraire d'une chose, quelle qu'elle soit, en équivalent virtuel d'une série de chiffres qui n'a de sens que pour ceux qui y prêtent de l'importance. L'argent est humain, par définition sale et temporaire, illusoire... L'argent est démoniaque, inventé par eux pour régenter la vie mortelle, sans aucune pitié... Parce qu'elle n'existe pas, la monnaie, six pieds sous terre. Il n'y a que l'évidence des jeux de pouvoir et les profondeurs de l'Enfer à conquérir, ses territoires à protéger, ses mauvaises intentions à réaliser. L'or n'a pas d'impact sur la méchanceté, pas chez ceux qui complotent depuis la nuit des temps à des millénaires de la cité d'argent. L'or et ses attraits ne font battre que les cœurs des éphémères, ceux qui meurent juste après avoir appris à exister. Et l'argent, il faut l'avouer, est une invention brillante. Elle a détruit des idéologies, asservi des peuples, agenouillé des hommes, sans n'être rien de plus ni de moins qu'une série de nombres en bas de l'addition, celle-là même qu'il faut payer, peu importe le prix. Une intarissable source d'engueulades et de discorde, l'argent. Un truc fascinant.

Et ça l'éclate, Malphas, de posséder et de dominer avec le compte en banque indécent de son hôte, ses placements audacieux et les quelques tuyaux qu'ont pu lui offrir les démons de l'avarice. Ça l'amuse plus que ça ne le devrait, de pouvoir acheter, dépenser, posséder. De voir la vie se faciliter et les regards s'avilir. D'observer l'effet de sa carte platinium sur son environnement. Car rien n'est impossible pour qui a les moyens, pour qui peut les employer... Le monde est à portée de mains. Ne me dites pas que c'est pas possible, dites-moi juste combien. Habituée au confort et au luxe, c'est sans effort qu'elle a mis à l'épreuve les limites du capitalisme pour réaliser qu'il n'en a aucune. Pour qui sait mettre suffisamment de zéro sur son chèque, il n'est rien que l'argent n'achète. Le sexe, l'alcool, la mort, la gloire, la vérité, les secrets, le mensonge, un chien, de la nourriture, des fringues, une voiture. Et même une vie, comme ça. Parce qu'elle en avait envie. Le corps enfermé dans une voluptueuse robe rouge qui s'ose à épouser parfaitement sa silhouette, la blonde sourit à l'homme qui apparaît au coin de la rue, les yeux fixés sur les battements de son cœur et son souffle désabusé avant même son arrivée. Il est d'un mignon ridicule, dans son costume à petit prix qui rapetisse sa carrure de géant et masque maladroitement la foi qu'il transpire dans ses petits moments d'errance. Madame Lesquen se tourne vers son rendez-vous, le sourire perdu entre tendresse et moquerie. Grégoire est son animal de compagnie, c'est ce qu'elle se dit. Elle l'a acheté en allongeant quelques billets, un jour où il ne pouvait pas le refuser. Depuis, elle a bien payé quelques loyers, réglé quelques problèmes, eu quelques très méchantes idées. En ce moment, à dire vrai, elle s'interroge sur la pertinence d'acheter son appartement, pour achever son indépendance sans trop se fouler... Parce qu'elle l'aime bien. Parce qu'il l'amuse. Parce qu'elle le cherche et toujours le trouve, si tôt qu'elle s'ennuie, si tôt qu'elle tourne en rond dans l'opulence de son quotidien. Parce qu'il croit, Grégoire, et qu'il pratique. Parce qu'elle aime bien l'emmerder avec ses critiques et que c'est facile, de le bousculer doucement et de l'obliger à subir tous ses outrages. Et parce qu'il lui résiste et que ça l’exalte comme la sale gamine qu'elle est, puérile et cruelle.

La prunelle amusée et le sourire lupin, l'apparente jeune femme se tourne donc vers le militaire. Les néons du Café Gavroche dessinent insolemment des zébrures sur le col de sa chemise blanche à lui et une jungle urbaine dans le blond de ses cheveux à elle. Il y a un aspect follement graphique, presque romantique, à cette rencontre nocturne quand il s'approche enfin pour cracher un « bonsoir » et qu'elle tend une main pour s'emparer d'un pan de sa veste de doigts délicats. Le synthétique vaguement mêlé à quelques fibres de coton crisse un peu sous ses ongles alors qu'elle se rapproche, suffisamment pour déposer un baiser sur sa joue avant de reculer.

« J'ai une fascination certaine pour ton sens de la ponctualité, tu sais... » murmure-t-elle tout en lâchant son blazer, le regard faussement rêveur. « Tu aurais pu me demander un costard, tu sais. Ce n'est pas comme si la mode était mon métier... Tu le mets en toute occasion, pas vrai ? Pour bosser, baiser, prier, enterrer..? »

Au ton de sa voix, le commentaire est fait sans méchanceté, simple constat prononcé sans fracas. Il ne le met pas tant que ça, elle le sait... Mais s'amuse déjà de sa réaction, de ses soupirs et des pieds qui s'apprêtent à racler le bitume dans un élan de mauvaise volonté affichée. Loin de s'attarder sur les premières notes du bordel symphonique que sera leur soirée, la Garce s'empare du bras de son compagnon pour l'entraîner en direction de l'entrée. La table réservée est suffisamment en retrait pour leur permettre de parler, bien trop visible cependant pour se permettre le moindre écart de comportement. C'est qu'elle aime l'afficher... Les deux amants supposés installés, elle croise jambes et doigts pour l'observer calmement, savourant le goût de contrariété qu'il répand dans l'air et qui roule sur sa langue.

« Comment vas-tu, dis-moi ? Et Diva? », retenant un commentaire sur le fait que cela fait longtemps qu'elle ne l'a pas promenée, elle reprend d'un ton détaché tout en projetant son attention sur le menu. « Tu sais que ton propriétaire envisage de vendre ton appartement..? »

Et tu sais, je n'ai pas très faim ce soir mais je me forcerai, et le prix de ce repas sera exorbitant. Juste pour le plaisir de t'entendre grincer des dents.

- a game of shadows, shall we play ?  -

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Connasse
- La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer.


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Sujet: Re: dans la gueule de la louve || garance Dim 13 Aoû - 23:22 ()
Même quand elle est vulgaire elle reste élégante. Elle l’attire, ses griffes plantées dans sa veste, et il ne résiste pas, quoiqu’enfonçant ses mains dans ses poches alors qu’il tend sa joue et accueille ses lèvres docilement. Il est rodé à l’exercice. Il ne répond pas à sa première provocation à l’égard de son costume, son corps le fait pour lui, ses prunelles qui grimpent au ciel et la ligne de sa mâchoire qui se contracte alors qu’il serre les dents pour étouffer le soupir agacé qui l’étrangle. Elle prend les commandes, et il ne renâcle pas ; son bras sous le sien, il braque son regard orageux sur l’hôte qui les accueille et les conduit à leur table, peut-être en espérant, pendant une fraction de seconde, que lui, au moins une personne dans ce monde pourri, ne se méprendra pas sur sa relation avec la femme qui l’accompagne. Pourtant, c’est bien peine perdue, et la seconde suivante Grégoire s’est déjà fait à l’idée d’être épié pendant les heures à venir, longues et interminables, parce qu’une femme de la trempe de Garance ne peut qu’attirer l’attention, et son comportement à lui surveillé par envie.

Ah, la finesse de l’humanité à laquelle il appartient. Un peu de beauté physique et le monde part en guerre.

Ca, et l’argent. Garance n’a pas un œil sur le menu qu’elle attaque. « Je te demande pardon ? » Grégoire tient du bout des doigts le menu relié de cuir, imprimé de lettres ouvragées et dorées, mais n’y prête pas la moindre attention, tout absorbé par les dernières paroles fracassantes de Garance. Elle ne prend même pas la peine de lever le nez des noms de plats incompréhensibles qui s’y étalent ; son air ostensiblement détaché lui murmure qu’elle en tire une profonde satisfaction.

Il n’a jamais cru que Garance s’était portée caution par pure bonté d’âme. La directrice du service marketing d’Yves Saint-Laurent à la rescousse du pauvre militaire désargenté du coin, voilà qui sonne faux ; les mots en eux-mêmes ont un sens, mais rassemblés dans la même phrase, cela donne l’étrange impression d’être en présence d’une mauvaise blague, d’un canular de très mauvais goût. Alors, non, il n’a pas songé une seule seconde qu’elle garantissait son logement pour cocher la case bonne action de l’année sur sa to-do-list. Par la suite, elle avait confirmé son opinion en l’empêchant très progressivement de clôturer leurs comptes et de l’éjecter de sa vie, et finalement, il avait pris le pli de cette histoire : certes, il n’appréciait que peu le revers de la médaille, mais c’était bien un faible prix à payer pour pouvoir rester dans un logement correct, où il pouvait tout autant continuer de cultiver ses plantes et de prendre ses aises avec une chienne qui pèse son poids et prend sa place. Alors, il n’avait pas déménagé, pas vraiment cherché de logement qu’il pourrait décemment se payer en réglant lui-même la caution de son appartement.

Il n’avait cependant jamais songé que Garance serait plutôt ravie de lui apprendre qu’il allait sans doute se faire gentiment mettre à la rue à la fin de son bail. Et ça, c’était plutôt dur à digérer.

Il soupire et attrape sa tête entre ses mains, se massant lentement les tempes. Tout une flopée de scénarios défile dans sa tête ; comme un bon soldat, il anticipe les solutions au problème qui se présente, mécaniquement, cliniquement. Il pense au prochain déménagement, il pense à un endroit qu’il sait être dans ses moyens et à ce à quoi il peut prétendre pour lui et sa chienne. Puis il songe que, peut-être, il ne trouvera pas ce qu’il lui faut. Il songe alors qu’il devra faire une demande auprès de l’Ecole militaire pour acquérir un logement de fonction, mais cela implique sa séparation de Diva, la caserne n’acceptant pas les animaux dans ses locaux… et ça, c’est pour lui totalement inacceptable. L’image des sans-abris, à Notre-Dame, s’infiltre dans ses pensées ; devra-t-il en arriver là ? Non, il y a sans doute quelque chose, quelque part, pour lui dans cette ville. Il travaille, il n’est pas aux abois…

Mais ce n’est jamais assez pour racheter son indépendance auprès de Garance.

« C’est quoi, le plan ? », finit-il par lancer en relevant la nuque, dardant ses prunelles orageuses sur la sublime femme. « Tu vas le racheter et devenir ma propriétaire, histoire de t’assurer que je ne t’échappe jamais ? » Grégoire n’avait jamais formulé devant elle la façon dont il qualifiait leur relation. Il n’a jamais évoqué de la moindre manière qu’elle le possédait, d’une certaine façon, et que de fait, elle pouvait tout obtenir de lui, comme un jouet entre les mains d’un enfant. Ce soir-là, il mettait enfin des mots sur ce qui se tramait entre eux, dont il n’avait jamais été dupe. « J’en viens même à croire que c’est toi qui lui a soufflé l’idée. Ou je suis parano ? » Car l’annonce était trop soudaine pour qu’elle soit véritablement honnête. Pour le peu de relation qu’ils entretiennent, Grégoire sait que son propriétaire est quelqu’un de droit et d’intègre, qui a à cœur de faire les choses biens et de ne prendre personne en traître. En trois ans de bail, il n’a jamais eu le moindre souci avec son propriétaire, et si celui-ci avait eu l’idée de vendre, il lui en aurait fait part avant d’en parler à sa garante. Qui, d’ailleurs, n’avait aucune raison d’être au courant ; elle n’était qu’une tierce personne au contrat, de fait, son propriétaire n’avait aucune obligation d’information à son égard.

Le visage froissé de ressentiment, Grégoire se rencogne contre le dossier de sa chaise. « Ça rime à quoi, tout ça ? Non, parce qu’à ce rythme, autant que j’emménage chez toi, au moins tu m’auras à disposition. » Ses doigts tambourinent contre le menu fermé sur la table, alors qu’un dernier grognement lui échappe : « Autant t’épouser, ça ira plus vite. »

Ah, il était doué pour tendre le bâton pour se faire battre.

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Sujet: Re: dans la gueule de la louve || garance ()
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