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dying to be born again
L'intrigue est de retour, pour vous jouer de mauvais tours... ou pas.
Dans tous les cas, c'est par .
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 got a secret, can you keep it? (ariane) (mission)
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Sujet: got a secret, can you keep it? (ariane) (mission) Sam 5 Aoû - 18:29 ()
Got a secret, can you keep it?
Antonia & Ariane
But no one keeps a secret, noone keeps a secret. Why when we do our darkest deeds do we tell? They burn in our brains become a living hell 'Cause everyone tells everyone tells?

Tout avait commencé par un dialogue engagé sur Instagram, par écrans interposés. Ma célébrité galopante m’avait rendue experte en médias sociaux et je gérais mon image sur le net avec beaucoup de sérieux. J’avais appris à compenser la rareté de mes apparitions publiques en étant omniprésente sur le net. Au moins étais-je à l’abri des agressions physiques, même si les haters de tout poil pullulaient sur la toile et m’envoyaient des menaces de mort. Le harcèlement en ligne était un problème très sérieux dont je n’avais pas le temps de m’occuper. Les interactions avec des inconnus pouvaient rapidement virer au cauchemar mais j’avais appris à ne pas m’en formaliser. Je ne craignais pas les injures et les menaces, j’étais une déesse, je savais ce que c’était d’être adulée et crainte tout à la fois. Quand on était immortel, on voyait les choses sous un autre angle. En parlant d’immortalité, j’avais fait part de mes observations à William, pour l’aider à gérer l’aspect numérique de sa campagne. On ne pouvait pas me reprocher de ne pas m’investir. Je m’étais plongée à cent pour cent dans cette nouvelle expérience puisque je servais de cobaye. Je pouvais tester en direct la faisabilité de mes propositions, et on ne gardait que le meilleur. J’avais fait le choix de la transparence, je partageais des instants de vie aux internautes qui me suivaient sur les réseaux sociaux, je leur donnais l’illusion d’être accessible, d’être leur nouvelle copine, quelqu’un qu’ils connaissaient. Et quand j’interagissais avec eux, ils se sentaient importants, parce qu’ils avaient le sentiment d’être écoutés, d’être enfin compris. Et quand ils avaient besoin de réponses, je leur donnais, sans toutefois trahir mon plus grand secret, à savoir ce que j’étais et pourquoi je faisais tout ça. Les voies de la justice divine sont impénétrables.

J’avais donné rendez-vous à cette fille dans ce café tranquille, où nous ne serions pas dérangées par mes fans, mes détracteurs ou encore les paparazzis. Il n’y avait personne dans ce troquet et c’était tant mieux. Cette Ariane et moi pourrons échanger en toute discrétion. Je l’attendais, attablée devant un immense milk shake au chocolat, nappé de coulis de fraise et de noix de pécan croquantes. J’avais accompagné ma boisson d’une gaufre au sucre. J’avais beau être une déesse millénaire, je ne résistais jamais aux sucreries. J’en avais d’ailleurs plein les doigts mais ça ne m’empêchait pas de pianoter sur l’écran tactile de mon téléphone dernier cri. Le mien avait fini fracassé dans cette bouche de métro abandonnée, aussi avais-je profité de la cagnotte gagnée grâce au dare or die pour m’offrir ce petit bijou de technologie. Il était de toute façon temps que je change, l’ancien commençait à dater. C’était un mal pour un bien, dirons nous. Ca avait tout de même quelque chose d’étrange de voir une déesse millénaire aussi moderne, mais personne n’en savait rien de alors je me fondais dans la masse. Avec mon habit blanc et mes cheveux roux, je détonais dans un décor aussi kitsch que celui de ce dinner. Pourtant les rares consommateurs venus s’aventurer en ces lieux ne faisaient pas attention à moi. Il baissaient même le regard, comme s’ils ne voulaient surtout pas que je les vois. Il faut dire que j’étais ici en tant qu’ambassadrice de la Clavis Aurea.  Le message qu’on m’avait chargé de diffuser était des plus inquiétants, aussi me prenait-on davantage pour une illuminée que pour un danger public. Ils se tenaient soigneusement à l’écart, de crainte que ma folie eut été contagieuse. Ça avait au moins un avantage : je pouvais dévorer ma gaufre tranquille.  

Par intermittence je surveillais les allées et venues, guettant l’arrivée de la dénommée Ariane. Lorsqu’elle arrivera, celle-ci ne manquera pas de se faire dévisager comme une bête curieuse, un phénomène de foire. Quand une scène particulièrement sordide avait lieu sous leurs yeux, les gens ne pouvaient pas s'empêcher de regarder, titillés dans leur curiosité malsaine. Là par contre ils ne se souciaient plus d'être discrets ou non, ils dévisageaient, soucieux de ne pas perdre une miette du spectacle qui se déroulaient sous leurs yeux avides. C'était ce qui avait fait le succès de Dare or die et ce qui m'avait permis d'atteindre la première place et de rafler la mise. Semaine après semaine, ils avaient suivi mes exploits, les avaient abondamment commentés sur les réseaux sociaux, leur attrait pour le glauque et le malsain était exactement ce qui m'avait permis de revenir sur le devant de la scène, et surtout, de le rester. Parce que j'étais admirée, parce que j'étais crainte, parce que je suscitais la curiosité, je me sentais plus forte que jamais. En tant que déesse, je n'étais nullement dérangée d'être autant au centre de l'attention, bien au contraire. J'étais en train de siroter mon milk-shake, écrasant la paille entre mes dents quand la dénommée Ariane entra dans le dinner. Mon regard accrocha sa silhouette frêle et, mentalement, je me mis à compter les secondes avant qu'elle me remarque à son tour. Lorsqu'elle me vit, mes lèvres s'étirèrent en un sourire indéfinissable.  

« Par ici ! » la hélai-je en levant le bras pour bien me faire remarquer. Puis, lorsqu'elle arriva à ma hauteur, je me redressai un peu – je m'étais affalée sur mon siège. « Tu es Ariane, c'est ça ? Moi, c'est Antonia. Assieds-toi. Tu veux quelque chose ? Je suis désolée, je ne t'ai pas attendue, j'ai commandé, mais pour me faire pardonner, je peux t'inviter. »  


Ariane n'avait pas eu le temps de se poser face à moi que je l'abreuvais déjà de paroles, ne la laissant pas le temps de respirer. En soi, mon débit de parole était calculé. Certes, j'étais habituellement très énergique et je n'avais pas ma langue dans ma poche au point même que je pouvais paraître fatigante, mais je ne voulais pas laisser de moments de flottement envahir la conversation, pour qu'elle soit à l'aise. C'était très important pour la mission que je m'étais octroyée, à savoir, l'inciter à rejoindre notre mouvement. Pour cela, elle allait devoir me faire confiance, et je comptais bien lui montrer qu'elle et moi pourrions très rapidement devenir amies et qu'elle pouvait me confier ses secrets.  


« Tu vas trouver ça fou, mais c'est la première fois que je rencontre IRL une personne avec qui je discutais sur Internet. » repris-je avec enthousiasme alors qu'elle venait de déposer ses affaires. « Tu verras que je parle parfois un peu trop, mais ne t'inquiètes, pas, je ne mords pas. » Avoir l'air avenante. Mettre à l'aise. Ce n'était pas difficile d'ensorceler un mortel quand on avait du charisme. « Je trouve qu'ici c'est sympa, pour discuter. Ces dernières semaines ont été un peu mouvementées en ce qui me concerne, je voulais trouver un endroit tranquille où nous pourrions nous voir sans être dérangées. D'où cette heure de rendez-vous tardive, en pleine semaine qui plus est. C'est gentil de t'être libérée. »  


Ma cuillère découpa un morceau de gaufre, puis, je l'engloutis avec gourmandise, avant de me rincer la gorge avec mon milk-shake. Entre temps, la serveuse était venue prendre la commande d'Ariane. Comme je voulais l'inviter, elle pouvait prendre ce qu'elle voulait. Sans rien dire d'autre, j'attendis donc qu'elle fasse son choix.    
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@Ariane Lestrange
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Sujet: Re: got a secret, can you keep it? (ariane) (mission) Mer 30 Aoû - 1:20 ()
Got a secret, can you keep it?
Swear this one you'll save. Better lock it, in your pocket. Taking this one to the grave. If I show you then I know you won't tell what I said, 'cause two can keep a secret. If one of them is dead. (The Pierces - Secret // code de beerus // gif de haileesteinfeld sur tumblr)
☆ Antonia & Ariane ☆


Le fameux jeu Dare or Die était enfin terminé, à mon plus grand bonheur. Je n’ai jamais compris l’engouement qu’avaient les autres à réaliser des défis aussi dangereux. Ils auraient pu mourir ou même se blesser gravement! Sans parler de ceux qui regardaient depuis leur maison, des froussards qui vivaient l’adrénaline au travers d’autres personnes plus courageuses. Ces voyeurs ne semblaient pas tout à fait comprendre que ces défis étaient réels et qu’ils comportaient leur lot de conséquences, ils regardaient cela comme si c’était un film, comme si ça ne pouvait pas mal tourner. Ce n’est que mon opinion, peut-être que je ne comprends tout simplement pas comme je n’ai pas l’âme aussi aventurière que celles des joueurs. Je reste bien curieuse malgré tout, alors j’ai décidé d’aller jusqu’au bout de mon interrogation : j’ai discuté avec une joueuse. Antonia, je l’ai rencontrée sur les réseaux sociaux. Elle y est bien active et surtout très populaire depuis qu’elle a joué à DoD. Bien que je n’aie pas suivi ce qui se passait dans ce jeu, je ne suis pas aveugle non plus, j’ai vu passer les photos sur Instagram. J’ai pris mon courage à deux mains, et je lui ai écrit en privé, lui expliquant que j’aimerais discuter avec elle pour mieux comprendre quelles étaient ses raisons de jouer et comment elle s’était sentie avant, pendant et après les défis. Elle avait gentiment accepté de m’en parler. De fil en aiguille, elle a aussi commencé à me parler d’un groupe se nommant le Clavis Aurea, dont elle faisait partie. Ce nom commençait à sortir dans la ville, mais pas encore assez pour que je sache de quoi il s’agissait. Elle avait ensuite proposé de me rencontrer en personne, pour qu’elle puisse m’expliquer de quoi il en retournait.

C’est pourquoi je suis en direction d’un café, un peu perdu dans un coin de la ville peu fréquenté. Mais c’était nécessaire, si nous nous rendions dans un endroit bondé, elle se ferait forcément reconnaître et nous serions interrompues trop souvent. Quand j’ai enfin trouvé l’endroit, je suis entrée en douceur, à la recherche d’une tête rousse. Après quelques secondes, je l’ai repérée au fond de la salle, en train de boire un milkshake et de manger une gaufre. J’ai rendu le sourire à Antonia quand elle me fit signe d’aller la rejoindre, non sans remarquer les regards que les autres clients posaient sur moi. Ils semblaient interloqués que j’aille la retrouver, ce qui me rendait perplexe. Pourquoi trouvaient-ils cela étrange? Deux jeunes femmes ne pouvaient pas se rencontrer dans un petit restaurant pour échanger sur un sujet?

J’arrive à sa table, et je me présente. « Salut! Oui c’est moi, Ariane. C’est plutôt à moi de te remercier de vouloir me rencontrer! » Antonia devait avoir un emploi du temps assez chargé, alors c’était la moindre des choses de la remercier de prendre du temps rien que pour me parler. « Oh ne t’en fais pas pour ça! » Je m’étais à peine assise qu’elle enchaina. Elle parlait beaucoup, mais ça m’allait, puisque je suis plus du genre à écouter qu’à prendre beaucoup de place dans une conversation. « Moi aussi c’est la première fois! Je n’ai pas l’habitude d’écrire à des gens que je ne connais pas. » Je me mis à rire quand elle me dit qu’elle ne mordait pas. « Je ne connaissais pas ce coin, mais c’est effectivement assez pratique pour discuter sans se faire déranger. Les gens qui sont ici nous dévisagent un peu, mais j’imagine que ça va passer. Tu es une célébrité désormais après tout! » Ils devaient la reconnaître à cause de DoD, c’était la seule option que je pouvais imaginer. La serveuse est venue nous voir pour que je puisse commander, j’avais opté pour des frites avec un verre d’eau, comme j’avais plus envie de salé que de sucré ce soir. Sans oublier le Ketchup, parce que c’est un must avec les frites! « Est-ce que les gens te reconnaissent souvent dans la rue? Ça ne doit pas être toujours facile, ni même agréable, non? Avec internet de nos jours, j’imagine qu’ils ne sont pas tous très gentils dans leurs commentaires… » Ça ne serait absolument pas une situation que j’aurais aimée en tout cas, comme je déteste être le centre de l’attention. Si je pouvais, je crois que j’aimerais plutôt devenir invisible quelques fois.
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Sujet: Re: got a secret, can you keep it? (ariane) (mission) Mar 5 Sep - 9:09 ()
Got a secret, can you keep it?
Antonia & Ariane
But no one keeps a secret, noone keeps a secret. Why when we do our darkest deeds do we tell? They burn in our brains become a living hell 'Cause everyone tells everyone tells?

A présent que la dénommée Ariane était installée face à moi, je me permis de la dévisager un peu plus attentivement. Il faut dire que depuis son arrivée, je ne m’étais pas vraiment intéressée à elle, je m’étais contentée de monologuer comme à mon habitude. Mais maintenant que j’avais fini de lui balancer au visage mon blabla introductif, je la regardais, la cuillère brandie en l’air alors que j’avais encore le goût du chocolat dans la bouche. De ce que je pouvais voir, Ariane avait a peu près le même âge que moi, mais elle avait dans le regard l’innocence propre aux humains. Elle n’était pas comme moi, comme nous , il n’y avait rien de surnaturel en elle – je me demandais même si elle avait un pouvoir, je savais que certains humains n’en avaient pas. Elle n’avait aucune idée de ce qui se tramait ici, dans son dos, alors qu’elle pensait dormir sur ses deux oreilles, d’un sommeil de bienheureux. Il ne faut pas croire, avant d’accepter de la rencontrer, j’avais étudié son profil dans le moindre détail. Je savais quel masque elle arborait en public, celui d’une étudiante en médecine, mais je ne savais pas quelle était sa spécialité. Chacun avait une spécialité dans son domaine d’études. Moi par exemple, j’étais certes étudiante en histoire mais j’étais surtout spécialisée en histoire des faits culturels et religieux. Je le revendiquais à l’occasion, surtout quand je rencontrais des humains qui avaient le même âge que moi – c’était plus facile pour tisser des liens. Pourtant, ce statut d’étudiante n’était qu’un leurre, un masque destinée à camoufler une réalité qui risquait de ne pas plaire à tout le monde : toutes les légendes sont vraies. Le grand départ en était une de plus. Les dieux, les anges et les démons qui déambulaient dans nos rues étaient tangibles, maintenant que nous étions dotées d’un corps fait de chair et de sang. Nos actions sur le monde étaient réelles, et je ne comprenais pas comment, avec toutes les preuves de notre existence disséminées ça et là, certains ne se doutaient absolument de rien. Les humains avaient une propension au déni qui ne manquait jamais de m’impressionner, ou de me sidérer, ou bien les deux à la fois.

Et toi petite Ariane, jusqu’à quel point es-tu impactée par tout ce qui se passait à Paris depuis quatre longues années ? Que sais-tu exactement, qu’es-tu prête à croire ? Jusqu’où étais-tu prête à aller au nom de la vérité ? Je comptais bien le découvrir, connaître ses désirs les plus enfouis et lui apporter une réponse adaptée, personnalisée selon sa conscience de la magie et tout ce qui gravitait autour de nous. Je le sentais, elle avait besoin de réponses. Comme tout à chacun me direz -vous, mais croyez le ou non, j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer des humains qui n’en avaient rien à foutre du Grand Schisme, simplement parce qu’ils n’avaient pas perdu de proches lors de cette date fatidique du quatre décembre. Ils n’avaient pas connu l’angoisse, le vide dû à l’absence, la colère devant l’inertie d’un gouvernement qui promettait des réponses mais en réalité ne comptait pas en donner. Bien des politiciens, pour être élus, avaient promis de faire la lumière sur ce qui s’était passé à ce moment là, mais ce n’était qu’un odieux mensonge de plus, personne ne savait ce qui avait été à l’origine du grand schisme, pas même nous. Et tandis que je la regardais, je pouvais voir tout cela en elle, ce besoin viscéral de savoir, de comprendre. Je pouvais percevoir sa peine, qui, après quatre ans, était toujours aussi vivace. Il n’y avait rien de pire de ne pas savoir, n’est-ce pas ? alors je compris sur quelles cordes sensibles j’allais appuyer pour la convaincre de rejoindre nos rangs. Le schéma se dessinait dans ma tête, je n’avais plus qu’à orienter la conversation pour atteindre cette finalité. Ce n’était pas gagné d’avance puisque pour le moment, nous en étions à l’étape des présentations, ce qui revenait à dire que nous en étions au point zéro des négociations mais c’était un mal nécessaire. Alors, lorsqu’elle me remercia d’avoir accepté de la rencontrer, mes lèvres s’étirèrent en un sourire bienveillant, chaleureux tandis que mes yeux si sombres pétillaient.

« Ne me remercie pas, tout le plaisir est pour moi. » glissai-je sur le ton de la confidence, agitant ma paille en plastique dans mon verre pour agiter mon milk-shake.

Elle me confia alors que c’était la première fois qu’elle rencontrait pour de vrai des personnes avec qui elle discutait sur Internet. Elle ajouta qu’elle n’avait pas l’habitude de parler ainsi à des gens qu’elle ne connaissait pas. Je notai ce détail dans un coin de ma tête. Elle était prudente. Elle ne voulait pas prendre le risque se se livrer à des inconnus sans savoir où elle allait foutre les pieds. C’était une qualité, comme ça pouvait être un défaut. Il était bon ton de ne pas foncer tête baissée dans les problèmes mais d’un autre côté ça n’arrangeait pas mes affaires : elle n’allait pas être facile à convaincre. Elle laissa toutefois échapper un léger rire à mes plaisanteries, ce qui était plutôt bon signe. On rigolait plus facilement quand on se sentait en confiance avec quelqu’un.

Elle approuva alors mon choix de lieu de rendez-vous. Discret sans être désert. Elle n’était pas seule face à moi, elle pouvait donc considérer qu’elle était à l’abri, que ces gens allaient intervenir en cas de problème. C’était sans compter l’effet témoin. Si elle était en danger, les gens préféreront sortir leur téléphone portable pour filmer la scène plutôt que lui porter secours. Croyez-vous pourquoi ils nous dévisageaient autant ? C’était d’ailleurs ce qu’Ariane venait de souligner, s’imaginant que la curiosité morbide de ses semblables finirait bien par s’estomper.

« Tu as raison. » approuvai-je , toujours aussi bienveillante. « Quand ils se seront fait a l’idée qu’il ne se passe rien d’anormal, de très intéressant, alors ils retourneront à leurs occupations. »

Après tout je ne voyais pas ce qu’il y avait de passionnant de regarder d’autres personnes déjeuner, à attendre que l’une d’entre nous fasse quelque chose.C’était l’un des principaux inconvénients de la célébrité, et Ariane venait de souligner que désormais, j’étais connue. Chose ô combien exceptionnelle, Ariane venait de commander des frites. Voilà qui méritait d’être abondamment commenté sur les réseaux sociaux. Les gens n’avaient rien d’autre à faire de leurs vies pour s’intéresser autant à celle des autres. Ariane me demanda finalement comment je gérais ma célébrité avec tous ces voyeurs qui pullulaient autour de nous. Sans compter les commentaires haineux qui m’étaient directement adressés.

« Je te mentirais si je te disais que ma vie n’a pas changé. » dis-je enfin, en réponse à ses questions. « Justement parce qu’on me reconnaît dans la rue, j’ai dû adapter mon mode de vie. J’ai mis au point quelques stratégies d’évitement mais parfois ça ne suffit pas. En fait je ne saurais pas dire si toute la folie qu’il y a eu après l’annonce des résultats est retombée. Ça m’arrive encore qu’on me suive dans la rue, qu’on m’arrête pour demander un selfie ou un autographe. Mais je ne crois pas avoir besoin d’un garde du corps. J’espère ne pas en arriver là. »

Etre flanquée d’un toutou qui surveillait en permanence mes allées et venues ne me disait absolument rien que vaille. C’était même une très mauvaise idée, d’autant plus que je n’étais pas vraiment ce que je prétendais être. A moins que mon garde du corps soit un surnat et a fortiori un dieu, j’allais devoir m’en passer.

« En tout cas j’ai renoncé à avoir une vie privée. » enchaînai-je, en mordillant la paille en plastique, l’aplatissant davantage. « Je ne peux pas me permettre de me promener main dans la main dans la rue avec un petit-ami, ou de dîner au restaurant avec, parce que ça se saura. » Pause. « Déjà, tu peux être sûre que ton plat de frites va se retrouver sur instagram, parce que certaines personnes ici présentes ont cru bon de nous prendre en photo et à l’heure actuelle, il y a certainement des gens qui cherchent à savoir où nous sommes »

Je me mordillai la lèvre inférieure. Jouai avec une mèche de mes cheveux roux. Mangeai un morceau de gaufre. Piochai une frite dans l’assiette d’Ariane malgré le goût de chocolat qui traînait encore sur ma langue.

« Ma dernière relation en date s’est très mal terminée. » révélai-je après ce bref intermède. « Je crois que j’ai eu besoin de prendre de la distance avec tout ça. On peut considérer ça comme une retraite. »

Je venais très clairement de faire allusion à la Clavis Aurea, tendant par la même occasion une perche à la jeune Ariane. Ainsi, je voulais l’inciter à me poser d’autres questions, pour assouvir sa curiosité, et de la sorte, j’espérais ainsi parler de la Clavis Aurea et de Joshua. Encore faut-il qu’elle se montre particulièrement réceptive et ce n’était pas gagné d’avance.  
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@Ariane Lestrange
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Sujet: Re: got a secret, can you keep it? (ariane) (mission) ()
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