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 Des ruines habitées [Antonia & Turold]
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Sujet: Des ruines habitées [Antonia & Turold] Mer 16 Aoû - 22:18 ()
Des ruines habitées
Never found our way
Saint Eustache s’élevait souvent comme un îlot de silence au milieu des rues bruyantes parisiennes. Son architecture particulière se dégageait des arbres du par cet entre les immeubles, on pouvait apercevoir son toit noir et la petite tour qui contenait les cloches en son centre. Les multitudes de fenêtres agissaient comme des miroirs en plein jour et comme des phares en pleine nuit, inondés de lumière jusqu’au matin. Turold se sentait toujours un petit peu plus en sécurité. Non pas seulement car ces murs sacrés et saints le protégeaient des présences démoniaques… Mais aussi car il en connaissait les recoins et qu’il n’avait pas besoin de faire attention au moindre de ses gestes et à la moindre parole qu’il prononçait. Comme s’il était dans sa maison. D’ailleurs, son petit studio donné par l’église n’était pas très décoré ni confortable, juste ce qu’il fallait pour manger, dormir et garder ses nombreux ouvrages ainsi que son matériel d’exorciste. Saint Eustache était quelque chose d’autre, comme un petit royaume où il pouvait tout contrôler où aucune surprise ne venait jamais entacher sa tranquillité.

Il y avait les cierges dans un coin, que les gens pouvaient allumer en l’échange d’un euro à déposer dans une boite de bois. Des bancs dans l’allée centrale. Des panneaux explicatifs de certains vitraux. L’orgue qui attirait les passionnés de musique… Bien entendu, les salles interdites au public où Turold pouvait boire son thé, se restaurer et prendre des pauses. Ce matin-là, il était en train d’arranger les ouvrages dans les portes documents attachés aux chaises de l’église. Il vérifiait toujours que des livres de chants ainsi que les bibles étaient disponibles. Ils en avaient une ribambelle dans l’arrière salle et il avait toujours fièrement arrangé ses églises, qu’elles soient petites ou immenses comme celle-ci, à fin que ses paroissiens ne manquent de rien une fois installé. Il vérifiait le contenu des boites et complétait avec une bible ou un carnet de chants s’il en manquait. Des piles des ouvrages étaient posés à côté des chaises. Peu de gens auraient l’idée farfelue de voler une bible ou un carnet de chant… Et quand bien même, Turold serait ravi de donner de tels ouvrages à des gens intéressés… Il y en avait si peu en ce moment. Il était assez peu évident de s’en rendre compte à Saint Eustache. Des rangs étaient remplis et il y avait toujours des gens aux messes. Mais leur nombre s’était réduit. Que ce soit par anxiété sociale ou par perte de foi pure et simple, les gens venaient de moins en moins à l’église. Ainsi, le rouquin exorcisait ce fait triste qui teintait son enthousiasme, en remplissant les boites en bois. Ce genre de tâches répétitives lui plaisait plus que de raison, lui occupait l’esprit et le détendait. Il ne remarqua pas, ainsi, que quelqu’un s’approchait de lui.
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Sujet: Re: Des ruines habitées [Antonia & Turold] Ven 1 Sep - 18:04 ()
Des ruines habitées
Antonia & Turold
'Cause they will run you down, down til the dark. Yes and they will run you down, down til you fall. And they will run you down, down til you go. Yeah so you can't crawl no more.

Je n'avais pas beaucoup d'occasions de me rendre dans des églises, pour la simple et bonne raison que je ne partageais pas leur foi. Sans doute mon hôte s'était-elle rendue dans de tels édifices religieux lorsqu'elle était encore humaine, mais à présent que je m'étais réincarnée, je n'étais plus aussi pieuse, tout du moins, pas de la façon communément admise. La dernière fois que je m'étais rendue dans un lieu de culte, c'était à l'occasion du dare or die et de nombreux défis préconisaient de vandaliser églises et autres chapelles. De ce que je pouvais en voir, Saint Eustache avait été épargné, îlot sauvegardé dans un Paris déchaîné, où la violence était désormais quasiment quotidienne. Et tandis que des flots de sang écarlate se déversaient sur les pavés accidentés, je ne pouvais que constater les dégâts que ces exactions avaient causé à la foi des humains, cette Foi tellement précieuse qu'elle devenait une denrée rare. Il devenait urgent de la préserver, pourtant, je ne savais pas comment faire. Avec les autres dieux, nous avions mis en place différentes actions, comme disséminer des signes de notre présence dans des lieux emblématiques de la Capitale ou encore nettoyer le mur des prières, si chers aux yeux des mortels. D'autres étaient à l'origine de nombreux miracles, car la magie était partout présente. Malgré tout, je restais persuadée que ça n'était pas suffisant. Plus les jours passaient et plus la foi déclinait, je me sentais moi-même affectée par ce recul des plus drastiques. Je ne savais plus vers qui me tourner, en qui je pouvais croire. Pourtant, j'avais des dons puissants qui me permettaient de débusquer les menteurs et de les punir sans vergogne. Le fait est que je doutais, plus la date du 18 août était proche et plus je craignais que Joshua avait en réalité raison.

Peut-être que l'Apocalypse était réellement en marche, peut-être qu'au delà de cette date, tout ce que nous connaissions n'existera plus. Peut-être que nous disparaîtrons de la même façon que nous sommes apparus, peut-être que le phénomène touchera d'autres personnes, permettant à d'autres espèces de surnat de revenir. Après les anges, les démons et les dieux, quelles autres créatures pouvaient fouler notre sol, autrefois si sacré ? J'avais peur que les prières ne suffiront pas à nous protéger du cataclysme qui s'annonçait. Dare or die en était un signe avant-coureur, de même que la bataille du 18 juin à l'école militaire. D'autres endroits dans Paris avaient été touchés par une flambée de violence, ça ne pouvait pas être un hasard. En tant que Némésis, gardienne du destin à mes heures perdues, l'équivalent grec de la notion de karma, je savais que personne ne pouvait échapper à ce qui était pourtant écrit. Dans mon sac à main, traînaient quelques bibles de Joshua que je n'avais pas réussi à refourguer la dernière fois. Je les transportais parce que je n'avais pas pensé à les déloger de là, j'en avais presque oublié leur existence, pourtant, leur présence s'était rappelée à moi de la plus douloureuse des façons. Je m'étais coupée sur le papier en cherchant mon briquet, planqué quelque part sous tout un tas de babioles inutiles. À présent, j'avais mon briquet bien en main, la clope au bec, et mon poignet présentait une fine écorchure, qui venait s'ajouter à toutes les autres. Je me tenais debout, sous un réverbère, dont la lumière orangée m'enveloppait dans un halo de feu, aussi vigilante qu'une sentinelle pouvait l'être. En réalité, je n'étais pas là pour chasser, je n'attendais personne parce que je n'avais pas prévu de rendez-vous avec qui que ce soit, je me contentais d'attendre, parce que je tergiversais. Les bibles de Joshua me paraissaient plus lourdes que jamais, comme si elles eurent été faites de plomb et non de papier, et j'étais tentée de les cramer dans un sursaut de colère, mais je n'en fis rien, parce que je pourrais en avoir encore besoin.

Ces dernières semaines, j'étais allée à la rencontre de beaucoup d'humains, tâchant de les interroger sur des choses et d'autres, et en particulier sur leur Foi. Je voulais savoir pour quelles raisons ils croyaient malgré tout en un Dieu qui semblait s'être détourné d'eux. J'avais interrogé des membres de la Clavis Aurea pour tenter de comprendre pourquoi ils avaient choisi de suivre un humain qui n'avait pourtant rien d'un dieu, et qui n'était rien d'autre qu'un mégalomane doublé d'un manipulateur. Je pensais que comprendre l'origine de la Foi allait m'aider à la ramener dans le cœur des humains, mais force est de constater que je ne savais pas quoi faire de toutes ces informations. Alors, j'avais besoin d'en parler à un professionnel, d'où la raison de ma présence ici. J'aurais pu interroger des théologiens, des chercheurs spécialisés, mais je voulais me concentrer sur l'aspect spirituel de la religion, et cette fois, la science n'y pouvait rien. Il commençait à pleuvoir quand j'écrasai ma cigarette entièrement consumée au sol, et ce fut légèrement trempée que j'entrai dans l'église d'un pas résolu. Puisque je n'étais pas une démone, entrer dans un lieu saint ne m'affecta pas outre mesure. Pourtant, je restai les bras ballants dans l'allée, parce que je ne savais pas quoi faire. Je m'attendais à voir au moins quelqu'un, mais l'église semblait déserte, à l'image de les rues de la ville. Je m'avançai toutefois, mes talons hauts claquant sur les dalles froides, mon regard attentif scrutant les alentours, dans l'éventualité où quelqu'un – ou quelque chose – m'attendrait, tapi dans l'ombre, attendant la moindre occasion pour me tomber dessus. Il n'y avait pas que sous les lits que les monstres se cachaient. Alors, sur ma gauche, je distinguai un mouvement furtif, puis une silhouette. Un homme me tournait le dos, occupé à je-ne-sais-quoi. Cela ne me dissuada pas de l'approcher, au contraire, je réduisis la distance qui nous séparait, jusqu'à me tenir à un mètre de lui.

« Bien le bonsoir, mon père» glissai-je d'une voix douce et caressante, mon accent ibérique imprégnant chacune des syllabes que je prononçais. « Navrée de vous déranger en cette heure si tardive, mais j'aimerais vous parler. »

Il n'y avait pas pire comme entrée en matière, mais que pouvais-je faire d'autre ? J'étais venue dans un but très précis, et non simplement pour évoquer des banalités autour d'une tasse de thé. La supposée Apocalypse approchant à grands pas, chaque minute était précieuse et il était urgent de trouver une solution. En tant que prêtre, il était tout autant concerné par la question que moi, sauf qu'à sa différence, c'était ma propre survie qui était en jeu.
Made by Neon Demon


@Turold Demontfaucon
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Sujet: Re: Des ruines habitées [Antonia & Turold] Ven 13 Oct - 21:07 ()
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Never found our way
Les livres souvent cornés glissaient entre ses doigts. Il connaissait tous les chants par cœur et aurait même pu réécrire des chapitres entiers de la bible. Pourtant, à quoi cela lui servait exactement ? A la fin, ni les prières, ni les chants et ni les pardons n’avaient sauvé les gens qui étaient partis lors du Grand Départ. Croyants comme athées, en passant par les agnostiques et croyants d’autres fois, avaient été enlevé d’un coup, comme s’ils n’avaient jamais même foulé la Terre. C’était tellement immédiat et facile que ça avait donné le tournis à toute la population de Paris. Même en tant que Templier, en sachant que ça allait se passer, il avait été pris d’une angoisse terrible quand il s’était rendu compte des effets de ces disparitions. On avait beau se sentir des fois tout petit face à l’immensité de l’univers et des forces en jeu… Chaque âme avait eu un impact, que ce soit positif et négatif et leur disparition avait causé un déséquilibre impossible à remplacer. Les bancs de l’église s’étaient re-remplis et puis re-vidés. Comme des vagues. Cela n’exprimait que le doute que ressentaient les gens. Incertains de ce qu’il fallait faire. Une chose’ était sûre pour eux, comme pour les Templiers : une Force supérieure était à l’œuvre. Quelque chose d’invisible et d’impalpable était pourtant là, tout autour, en train de bouger ses pièces, comme une partie d’échec géant. Sauf que peu de gens arrivaient à comprendre l’enjeu de cette partie immense, impliquant tellement de pions qu’il n’était pas possible de savoir quelle serait la prochaine étape. Et dans les sillions du plateau, les humains se baladaient, aveugles aux risques qui les frôlaient chaque jour.

Et le voilà, accroupit, près d’un banc, à remplir une boite de livres. Il essayait de se convaincre que la rédemption résidait dans les petits gestes du quotidien et les petites actions qui illuminaient les journées mais il savait que c’était un peu faux… Il savait qu’il suffirait d’un peu plus du quotidien rassurant pour finalement purger la Terre de la présence démonique qui polluait actuellement Paris. Son optimisme habituel était depuis peu perturbé par la secte du Clavis Aurea. Leurs annonces, leur effet de groupe, leur présence dans les rues… Tout chez eux énervait Turold. Le simple fait de pouvoir les voir arriver de loin avec leurs habits entièrement blancs et leurs airs d’illuminés lui tapait sur les nerfs en plus de toucher une zone sensible de son histoire personnelle. Le fait aussi (et surtout) qu’il ne pouvait rien faire, entant que prêtre et aussi entant que Templier. Ils n’avaient rien fait, techniquement, et faisaient juste miroiter une possible fin du monde. Ils n’avaient encore tué personne…

Soudainement, l’écho de talons le ramène à la réalité. Il entend les pas entrer dans l’église. Se retourne pour voir furtivement une jeune femme entrer avant de retourner à ses livres. Puis, il entend les pas s’approcher de lui avant que la voix de la femme, avec un accent qu’il n’arrivait pas bien à situer, ne se fasse entendre. Il se redresse et finit par se tenir debout, du haut de son mètre quatre-vingt-dix. Il sourit « Bonsoir. » dit-il avant de hocher la tête « Vous ne me dérangez pas du tout. Je suis là pour ça. Vous voulez parler de quelque chose en particulier ? Une confession ? Ou juste une discussion ? » il indiqua le confessionnal de l’autre côté de l’allée. Deux petits cabines, pas forcément très confortables mais garantissant au moins un peu de discrétion. Beaucoup de gens élevés catholiques ne passaient pas par la confession ou même pas tous les sacrements préconisés par l’église. Il recevait des fois des croyants un peu perdus quant aux procédures habituelles et il était assez courant qu’il doive expliquer beaucoup de choses en rapport avec l’église à des curieux. Une jeune femme entrant dans une église le soir ? Ça ressemblait à de la culpabilité ou alors à un dilemme. Les gens qui se savaient innocents ou en sécurité ne franchissaient pas le parvis de son église le soir.
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@ANTONIA M. DE BEAULIEU
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