boom bitch
Le forum est de retour pour vous jouer de mauvais tours.
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let the sky fall
Un accident d'avion, un trésor piégé et un équilibre mis à mal par l'arrivée de nouvelles forces dans le jeu d'ombres...
Voilà ce qui vous attend dans la nouvelle intrigue.
like I own it
Parfois, on a juste envie d'inaugurer un bâtiment tranquille. Malheureusement, on a souvent des invités surprise....
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 i wanna see the world on fire {{ kaïs
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these streets : Jo, la révo, la vox populi, qui sait rien que ce coeur ne veut lui dire, rien que les secrets qui s'entassent, les mystères, les hallucinations, des trucs qu'elle voit, qu'elle comprend pas. Jo, la scientifique sans plus d'certitudes que l'monde fout le camp.
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Sujet: i wanna see the world on fire {{ kaïs Ven 25 Aoû - 22:28 ()
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Ça écorche le cœur. L’absence, le vide. Le dépassé. Ça se tâte, ça dérape ; ça donne des envies d’oublis au goût cerise, au goût de sa peau nue effleurée par l’aurore. Quartier pourri. Quel foutu quartier de pourris. L’néon dans la gueule aveugle les opalines, pétrit les paupières froissées, elle flétrit. Elle se pâme sous l’artificiel, la fleur, elle se meurt mais tout doucement, en silence ; elle contemple la sentence emporter des bouts pourris d’elle. Ya pas d’intérêt à essayer de les rattacher. C’naturel, qu’ils disent. On va pas foutre de la glue quand on perd de l’épiderme chaque nuit, si ? C’est pareil. Jo. Oh jo, elle perd un peu d’elle tous les soirs. Si peu que ça se voit pas, qu’elle le sent pas, ou si peu, si peu. Si peu qu’elle se perd elle-même, un petit peu.

Il fait jour, il fait aube. Il fait insomnie. À peine les poumons prennent d’grandes goulées d’air que la gamine s’étouffe de misère. Les godasses raclent l’asphalte d’la route à y creuser un trou, comme pour persuader qu’elle tourne pas en rond, qu’elle va quelque part. La gamine veut étouffer cette impression d’être coincée dans l’vicieux. Peut-être que c’est ça, la vrai apocalypse, l’horreur d’un soir qui s’abat éternellement. Le goût du sang dans la bouche qui part pas, les rires gras, et la terreur, la terreur surtout. La duval a ouvert une porte qui veut plus se fermer.

Les guibolles s’enfoncent dans le baume parfumée de la clarté synthétique. Dans les bras, l’carton maudit. Remplis d’alexia, de ce que les doigts éparses ont foutu en vrac, frénétiques, la folie qui l’a embrassée, la poupée, toute la nuit. Elle peut plus regarder les traces qu’elle a laissé, son fantôme. Cruelle. Enragée. Capturée à son propre jeu. Jo, dans les bras blancs de l’ange, elle voulait oublier, s’enterrer sous sa chair pour faire comme si le monde tournait encore rond. Elle savait y faire, Alexia, lui foutre un sourire sur la face quand elle s’y attendait pas. Des sourires qui lui plantent un couteau dans l’dos. Le souvenir est sanglant. Une semaine qu’elle est plus là, une semaine que jo espère. Mais ya rien à foutre, chaque seconde où elle passe pas la tête par la porte pèse. Chaque item rappelle qu’elle est pas là. La télé qu’hurle qu’elle reviendra pas.

Et lui.

Ses dents blanches colgates. Sa voix prompteur. Elle qui évitait son émission à tout prix depuis la seine se surprenait à passer des heures entières devant des broadcasts, sushisé dans une couette, le dixième mug de café à la main, à guetter une faiblesse derrière la fausseté. Un indice. Il lui envoyait des messages, avant, mais avant tout était différent. Avant a des goûts de maintenant. Pas la première fois qu’elle est plus là, alexia, mais elle voulait pas dire tout ça, avant.

Elle frappe, quatre fois, à la porte, comme elle le faisait. Elle frappe et réalise que le carton tremble, ou ses mains, ou son cœur. Elle réalise qu’elle a plus de mots, qu’elle a aucune idée de ce qu’elle va lui dire, et qu’elle veut rien entendre de lui.

Pourtant, elle reste.

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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Lun 28 Aoû - 8:57 ()

Et si Paris brûle, et si l'apocalypse commence à déchirer le ciel, son monde à lui, il est déjà dévasté.
Y'a pas besoin de plus qu'une sœur idolâtrée perdue quelque part entre lui et la vérité pour que le quotidien se couvre sous la robe de l'enfer. Y'a vraiment pas besoin de plus.

Le retour du pilotage automatique.
Le retour de la détresse.
Le retour du néant.

Et le monde s'est arrêté de tourner, encore. Il a cessé de tourner Kaïs. Il a repaumé la planète autour de laquelle graviter. Loin de l'orbite Alexia, il flotte le môme. Il se laisse porter dans le quotidien qu'on trace pour lui. L'acteur passif, l'anti héros. Le mec qui sert à rien en second plan. On lui a encore arraché son équilibre. On lui a encore volé son oxygène. Ça crame les poumons, d'essayer de respirer sans elle. Ça lui bouffe l'âme de vivre sans elle. Ça a plus de saveur la vie, sans elle.

Et cet putain d'acide contre le palais a un horrible goût de déjà vu. Et ce putain de désespoir qui fait péter les anciennes cicatrices. Et ce putain de paumé assis sur le canapé. Il est là, le cul vissé sur le coussin, entouré de cadavres de bouteilles décimés un peu partout autour de sa carcasse. Il profite de ce moment où il est pas obligé de faire semblant. De cet instant où il n'a pas a répété le mensonge que oui, ça va. De simuler l'espoir de la revoir un jour. Parce qu'elle reviendra pas Alexia. Pas cette fois. Il le sait. Il entend tout bas les chuchotements à son passage. Il comprend que la chance a ses limites quand on lui bave qu'elle était revenue, la première fois. Mais tout le monde lui dissimule la vérité à coups de tapes dans le dos et de regards compatissants. Il remercie à voix haute pour le soutien, crache silencieusement sur les bienséances hypocrites. Et quand enfin il se tapit loin du paraître de la société, il coule. Il en pleurerait le gosse s'il se souvenait comment faire. Il chialerait qu'on lui rende sa sœur si ça pouvait attirer madame apaisement simplement quelques secondes. Mais on lui a jamais appris à faire rouler les larmes. C'est pas grave, l'autodidacte sait museler la peine autrement. Oh non, rien d'intelligent, rien de réfléchi. Il se retrouve à noyer l'injustice dans l'alcool comme un adolescent face au premier chagrin d'amour. Ça marche pas, ça l'empêche pas d'essayer. Ça empêche pas de tenter de se foutre en l'air. Doucement. Lentement. Parce que trop vite détruit, ce serait du gâchis. Trop vite détruit, le deuil aurait pas le temps de déverser l'acide pour tout ronger à l'intérieur.

Une semaine que son monde s'est arrêté de tourner. Une semaine qui en paraît cent.
Mais la dernière fois, il a tenu une année. Mais la dernière fois, il cherchait pas à comprendre. Maintenant, il se torture dans des hypothèses qui vont finir par le rendre fou. Maintenant, il aimerait bien dresser un garrot de ses doigts autour de la nuque du responsable.
Encore faudrait-il un responsable.

C'est les quatre coups contre le bois de sa porte qui le sort de sa léthargie. Il aimerait dire que c'est les quatre coups qui le font redescendre brutalement dans la réalité. Mais cette réalité n'ose plus le quitter, même quand il plane. Même quand il tente de se foutre la tête en vrac pour panser les plaies. Alors quand on toque à sa porte, l'automatisme prend le relais. Il se lève avec toute la douleur de ce monde et des autres qui pèse dans son dos.

Il ouvre. Il la voit. Et il referme.
Ça claque contre son nez à la seconde.
Pas elle. Pas maintenant. Plus jamais.
Elle a retrouvé le chemin jusqu'à sa porte un peu trop tard. Ou un peu trop tôt. Et si la dernière fois, elle a été son âme jumelle dans la chute, désormais c'est différent. Parce que désormais y'a eu un Jo et Alexia jamais approuvé par l'ego et le narcissisme du frère. Un aveu balancé dans sa tronche une fois le crime commis. Une fois l'affront fait et refait. Ouais, mais il a besoin de gueuler Kaïs. Au moins une fois. Il a besoin d'extraire ce nœud d'émotions dégueulasses de ses tripes. Peut-être que ça, ça le soulagerait. Peut-être que le poids des cris enfin déraciné l'allégerait. Là, quelque part près du cœur ou de la mauvaise foi lovée contre son ventre.

Le chagrin dans les muscles, l’insolence dans les veines, il tire la poignée une seconde fois. Y'a pas de sourire, y'a pas de blagues pour l'accueillir, y'a pas de holà ou de confettis balancé sur sa face. C'est terminé tout ça. C'est terminé. « T'as pas coulé finalement. » C'est pas faute de l'avoir espéré au moment où il l'a laissé barboter seule dans les ténèbres. Offensé, vexé. Trahi. Il a aspiré au pire. À la fin de Jo. Parce que la démesure en perd sa définition quand ça touche Alexia. Littéralement. « Même la Seine a pas voulu de toi ? » Il sonde le réconfort à chaque mot jeté. Mais l'attitude de gamin effronté n'attire pas la récompense malgré l'acharnement à la désirer.

Y'a vraiment pas de solution hein ? Condamné à subir la peine sans aucune drogue pour apaiser le martyr du dimanche. « Sérieusement, Jo, qu'est ce que tu fous là ? »
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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Dim 24 Sep - 23:04 ()
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Elle s’est cassée. Elle t’a plantée. Ses pensées à jo, c’est un disque rayé. Le couloir caille, elle caille, et alexia n’est plus là. Le carton tremble, elle tremble, et alexia n’est plus là.

Encore et encore.
Putain.

Fermement accrochée à sa bouée de sauvetage, les opalines matent furieusement les cicatrices de la porte de bois. Elle frappe, se mord la lèvre instantanément après. Poupée, elle ne pense plus, c’est le long blanc dans la cervelle, c’est le vide qui veut s’arrêter sur rien de peur de ce qui pourrait s’y trouver. C’est le courage aussi, le seul qu’elle ait encore, microscopique, pour rester plantée là. Pis entre deux battements de cils, kaïs flash comme un mirage avant de disparaitre aussi sec, qu’elle en croirait presque il n’était qu’illusion. La bouche s’ouvre, se referme, soupire. Derrière l’agacement, jo réalise le soulagement qui l’envahit de la savoir là, vivant, qui tenait au moins sur ses deux jambes et avec toute la mémoire intacte plutôt que dans le caniveau. Elle réalise que sa stupide face lui a manqué. L’air se fait rare mais elle grogne. « Ouvre cette putain de porte Kaïs. » Autant gueuler dans le vide. Il n’y a plus rien, ‘sont plus que deux corps en orbite autour d’un corps inexistant. Elle se retrouve de nouveau seule au fond de ce satané couloir, avec la lumière de la porte de sortie qui clignote comme dans un film d’horreur, et la veste en cuir de plus en plus froide. Sans même bouger un muscle, elle attend que l’égo daigne reprendre le contrôle sur le buté, l’obsédé du dernier mot. Chaque seconde la consume sur place, la gueule de porcelaine qui menace de se fissurer, le masque impassible à peine marqué des cernes noires, se désintégrer.

Il rouvre, elle ne dit rien, se hausse droite. Dans les mirettes chocolats, elle lit le mépris, le même qu’il lui a servi dans la seine comme si c’était hier. Saleté, même pour elle ça avait des goûts d’hier. Jo, et ses envies faciles, son cœur gracile qui se laisse guider depuis que jamie s’est cassé au gré des marées. Elle voguait d’un amant à l’autre, elle vivait que pour ses désirs à accomplir facile ; il l’a vu faire kaïs, plein de fois, lors de leur sortie, se perdre dans des bras d’inconnus pour combler le trou, sans y repenser deux fois. Pis ya eu Alexia, et même maintenant, elle n’a jamais su ce que c’était entre elles deux. Pas prête à s’engager, la gamine, pas prête à rien de plus que des rires et des draps qui glissent. Mais elle s’est surprise à rester pour elle, à n’être là que pour elle, à ne plus fouiner pour d’autres victimes de l’appétit insatiable. Et la voilà, avec ses non-dits, à enterrer son deuil pour faire comme si ça la tuait pas, pour tenir la face et lui prouver raison : elle était qu’une putain.

« T'as pas coulé finalement. » Il attaque, il prend un malin plaisir gorgé d’orgueil à voir les traits s’abîmer sous l’évocation de souvenir. L’eau dans la gorge qui brûle, la cœur qui bat la chamade, se noyer dans les pénombres. Rien n’a changé finalement. « Même la Seine a pas voulu de toi ? » « - ça vous donne au moins un point en commun, faut croire. Laisse-moi deviner, plus de vodka que de sang dans tes veines ? » Elle répond simplement dans un souffle, se frayant un passage dans l’appartement sans lui demander son autorisation. À la vue de la désolation de bouteilles, elle a l’impression de s’étouffer dans son propre mensonge. Elle a envie de fuir. De poser sa bombe, son carton, et dégager de là aussi vite que ses jambes pouvaient la porter. Alexia était partout dans cette pièce, omniprésente, un vrai fantôme. Ça fait qu’une semaine, ils devraient pas être des épaves encore, mais ils ont l’expérience de leur côté et les chances de l’autre. On n’a pas le droit à deux miracles sur une même vie, ils sont pas assez fous pour ça. Comme la dernière fois, il y a pas de corps à enterrer, juste sa raison.

Le regard balaie chaque détails comme se crucifier un peu plus. « Sérieusement, Jo, qu'est ce que tu fous là ? » Oui, sérieusement, jo. Quand elle se retourne pour lui faire face, ya de la supplique dans ses yeux. Il empeste la débauche et elle veut qu’il l’emporte dans ce monde de l’oubli avec lui. Mais c’est la voix dure qu’elle lui répond. « Je sais que t’y as jamais cru, mais je l’aimais, et je t’aime aussi. Alors je t’emmerde Kaïs, toi et tout ce que tu vas dire. » La mâchoire serrée, le carton tombe lourdement sur la table. « C’est ses affaires. Je peux plus vivre avec. Tu peux bien en faire ce que tu veux, je me suis dit qu’elles te revenaient après tout. » D’un pas, elle recule du carton comme s’il était maudit, occupant ses mains soudainement vides en les croisant sur son torse. Vulnérable, malgré tout l’acte, vulnérable à en crever.

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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Mer 1 Nov - 9:58 ()

Ça n'a plus de sens. L'absence d'Alexia. Jo, ici. La vie. Tout ça lui paraît vague. Un voile légèrement opaque qu'on lui aurait foutu pour masque. Parce que l'alcool mélangé au désespoir, ça fout la brume devant les prunelles, le chaos dans le crâne, et retire un peu la misère au cœur. Mais pourtant, ça ne règle rien. Ça le retire pas de son mésaise, ça lui rend pas le trésor paumé. Ça ne fait que soulager un temps le poids extrême du découragement. C'est tout ce qu'il arrive à s'offrir : ce petit moment de paix pour pleurer sans larmes. Mais même ça, même ce petit rien, Jo est venue le piétiner. À l'en faire grogner devant l'intruse maintenant valseuse dans son salon. Il a pas encore assez bu pour la chopper par la anse de jean et la traîner dehors. Pourtant l'envie manque pas. C'est l'énergie qui fait défaut. Il est trop las et trop lâche Kaïs.

« Je sais que t’y as jamais cru, mais je l’aimais, et je t’aime aussi. » Voilà qu'elle parle. Voilà que les conneries s'envolent de sa bouche traîtresse. Il répond même pas à l'insolence de cet aveu. Il ne l'a jamais aimé, lui, qu'il grommelle en silence, triant les moments de réconfort et de soutien à deux pour mieux les jeter à la déchiqueteuse. Il avait tort. Jo, c'était pas son âme jumelle, c'était pas son double de détresse. C'était pas la demie noyée qui lui tenait la main pour pas sombrer sous les vagues. C'était pas celle qui le fait tenir à coup de boum, de clac et beaucoup de rhum. Il s'est trompé Kais. La Jo qu'il croyait aduler n'aurait jamais osé toucher à sa sœur. Au moins sans lui en parler avant. Par principe, par respect. Parce que le monde entier sait que son rôle de frère protecteur est poussé à l'extrême. Y'a que de la démesure quand ça concerne Alexia. Quasi personne ici à Paris ne l'ignore, et surtout pas Jo. Alors oui, ce goût amer de trahison continue de coller au palais, l'acide dans la gorge ronge encore, et la haine persiste toujours dans l'âme.

« Alors je t’emmerde Kaïs, toi et tout ce que tu vas dire. » Pourtant il s'est mis en mode « mute » depuis qu'elle s'est invitée chez lui, retenant insultes et mots qui piquent, attendant le bon moment pour cracher la tornades de mots monstres et offensants.

Les opales nébuleuses captent enfin le carton qu'elle lui impose comme bibelot de table. Il reste là, les bras croisés, attendant l'explication qui fera provoquer les répliques acides. « C’est ses affaires. » Et les bras tombent en même temps que la rage. Les lèvres légèrement entrouvertes, l'alcool dans la matière grise, il a peur de comprendre le gosse. «  Je peux plus vivre avec. Tu peux bien en faire ce que tu veux, je me suis dit qu’elles te revenaient après tout. » Et la hargne revient aussi sec. « Parce que moi, je suis censé pouvoir vivre  avec ? » Quel manque de délicatesse et d'empathie putain. Il souffre pas assez le grand frère pour qu'on lui foute le parfum de sa sœur disparue sous le nez ? Il souffre pas assez pour qu'on pavane des souvenirs matériels d'Alexia devant les mirettes ? « Reprend ça. Y'a déjà trop de trucs ici qui me font penser à elle. » Il a besoin de rien, en fait. Le fantôme tourne toute la journée et toute la nuit autour de lui. Les piqûres de rappels rendent le spectre moins brumeux, plus compact. Plus vivant.

Il s'avance néanmoins vers la boite cartonnée. Doucement et avec précaution. Comme si la peur que le cadavre d'Alexia sorte de cette chose pour le bouffer. Il s'attend au pire. A des lettres d'amours pour la colère, à des photos pour la nostalgie, à sa tête pour la paranoïa. Mais il découvre que des bouts de tissus foutus en vrac, une bouteille de shampoing et... oh horreur.... un string ? Y'a la dentelle rouge, pas tout à fait enfouie sous le tas d'étoffes, qui le nargue. Qui lui fait enfler la haine encore un peu plus. Alors, il relève les prunelles de glace sur l'intruse, sur la personnification de la trahison et de la moquerie. « C'est une blague j'espère. » Le ton est froid, mais il gueule pas Kaïs, pas encore. Il contrôle le volume autant qu'il peut, rendant sa fureur contrôlée peut-être plus angoissante.

« Je comprends pas. T'es une complète idiote ou t'as vraiment cru que me ramener ses affaires, de ce type là en plus, pourraient me faire plaisir ? » Les doigts négligemment perdus dans le carton bousculent les objets pour camoufler la lingerie. « Puis pourquoi y'a autant de trucs là dedans ? »


Dernière édition par Kaïs Osmane le Ven 8 Déc - 13:07, édité 1 fois
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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Sam 2 Déc - 22:58 ()
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Elle n’est pas là au bon moment, la gamine. Mauvais timing, ça leur colla à la peau.
Mais elle s’en fiche,
bordel comme elle s’en fiche.
Elle déverse son petite cœur pathétique, jo. Elle sait ce qui l’attend, elle connaît la chanson. Son mépris, son indifférence, putain, ça fait mal. Y’a pas d’autres mots dans la caboche quand il la transperce de ces mirettes aciers, quand il n’a besoin d’aucun mot pour lui susurrer insidieusement qu’elle ne représente rien de plus que la crasse sous sa godasse. Comme Paul.

Merde, elle s’était promis de plus jamais laisser les hommes de sa vie la réduire à néant, la faire marionnette désarticulée, lui grignoter ses bouts d'âmes et recracher l'reste. Espoir ridicule maudit qu’il retrouve l’ombre d’lui-même. Dans l’palpitant, l’éternel dilemme de lui en foutre une ou d'fondre en larme. Hurler « putin c’est moi, pourquoi tu me vois plus, pourquoi tu vois pas que je souffre aussi ». Mais elle se tait et elle laisse d’autres vérités sur ses lèvres la piéger.

« Parce que moi, je suis censé pouvoir vivre avec ? » La voix claque, frissonne, sa peau qui frémit. Les bras, enfin débarrassés du fardeau insoutenable, sont orphelins, se frottent un coude, puis décident de se croiser sur sa poitrine mais enfin enfournent leurs poings dans les poches arrières. Maladresse d'colère, d'impuissance, d'sentiments compressés, prêt à exploser.
« T’as toujours été très clair que tu la possédais entière, autant assumer maintenant » qu’elle lâche, les dents serrées. Il gagne. Il la rend misère. il infuse la culpabilité là où la boule d'liberté n’y aurait jamais songé ; celle qui ne rend jamais de compte à personne sur ce qu’elle fout la nuit ; et lui qui débarque, qui détruit, pis se plaint de recevoir ce qu’il a réclamé : sa sœur, sans un bout manquant, enfermée dans une boîte pour son seul plaisir. Fuck you.

« Reprend ça. Y'a déjà trop de trucs ici qui me font penser à elle. » Elle réalise seulement, jo la jolie, l'innocente, elle veut qu’il souffre. Presqu’autant qu’elle veut le sauver d'lui-même. Elle le déteste, elle l'aime. elle a besoin de lui, elle a besoin de foutre le camp loin de lui. C’est son paradoxe, sa malédiction.
L'bout d’homme se consume vivant devant ses yeux miroirs, ils se calcinent, ils nourrissent les flammes de l'autre. Ses mirettes embrasées matent l’appart, les cicatrices d’son âme qu’il déclame dans les cadavres d’bouteilles.

« C'est une blague j'espère. » La colère dans la phrase est encore plus ponctuée que dans les autres alors elle se retourne, déjà effrayée à ce qui le fait réagir ainsi. Dans le fond de la boîte, un string. Rouge. Le sien ? Alexia ? Un achat commun ? Un truc qui s’est mêlé par maladresse, un souvenir intime, une preuve de l’affaire qu’il monte contre elle. Les soucoupes s’arrondissent. La révo en reste interdite quelques minutes, le temps pour le frère outré de déverser sa verve. « Je comprends pas. T'es une complète idiote [sale égomaniaque] ou t'as vraiment cru que me ramener ses affaires, de ce type là en plus, pourraient me faire plaisir ? » La Duval, la main devant la bouche rouge, elle réprime un terrible rire nerveux, les yeux rivés sur la dentelle rouge qu’il tente de faire disparaître coûte que coûte. Pis elle rit tout à fait parce que quelle situation à la con. Parce qu’elle ne sait pas faire le drama jo, pas si longtemps. Elle ne sait pas être en colère à en mourir contre lui. Ça reviendra, lui il sait faire, lui il ne sait faire que ça et il a le don de la toucher en plein cœur, mais pour l’instant elle meurt de rire au milieu de son salon.

« Désolée, c'est juste ... oh mon dieu, ta tête ! T'as pas toujours été si coincé du slip, Kaïs. Pis non, jsuis pas désolée. Non mais tu crois que je suis là pour te faire plaisir ? Je voulais être sûre que tu te noyais dans l'alcool correctement tu vois. » Elle s’était dit qu’un jour il voudrait avoir le maximum chose d’elle, qu’un jour ça ne le blesserait plus. C’était pas son premier deuil à l’orpheline, elle connaissait toutes les impulsions de vouloir se débarrasser de tout mais elle se souvenait surtout de la culpabilité qui s’en suivait.

Enfin, elle choppe une bouteille et fait sauter le goulot pour sentir le flot chaud parcourir sa gorge. « Un carton pour six mois, je trouve ça assez minimaliste moi. » Réponse amère. Six mois, quoi. Elle n’avait pas réalisée avant qu’elle ne soit plus là. Six mois d’hauts et de bas, de coucheries et d’attentions qui les prenaient par surprise, six mois de poignards dans la cage thoracique.

Elle se pose dans un fauteuil, elle se casse pas, elle est maso. Ça lui fait presque du bien de sentir toute la merde qu’il lui déverse. Une partie d’elle se dit qu’elle le mérite, qu’il en a plus besoin qu’elle, qu’il souffre plus et que c’est encore la seule façon qu’elle pourra jamais l’aider. Une autre partie lui murmure que la seconde où elle passe le pas de cette porte sera la dernière où elle le verra.

« Je vais trouver ce qui lui est arrivé. Un jour. » Elle lui promet sans le dire, elle se le promet à elle-même. Elle ne survivra pas à une autre question sans réponse, jo. Et elle détourne le regard, putain, qu'est-ce qu'il lui ressemble.
Alexia, qu'est-ce que tu leur as fait ?

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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Ven 8 Déc - 14:08 ()

Un rire.
Un putain de foutu rire de merde.
Le gosse piétine face à l'insulte, entremêlant les étoffes un peu plus, la gêne mêlée à la crispation de la colère.
Un string et un rire. Voilà cet qu'est venu lui offrir la traîtresse. Toujours plus d'humiliation. Toujours plus de peine. Toujours plus de rage.

« Désolée, c'est juste ... oh mon dieu, ta tête ! T'as pas toujours été si coincé du slip, Kaïs. » Qu'il est fin le jeu de mot. Il apprécie encore moins, grognant à moitié, un œil jeté rapidement pour s'assurer que le vermeille ait disparu du décor. « Pis non, jsuis pas désolée. Non mais tu crois que je suis là pour te faire plaisir ? Je voulais être sûre que tu te noyais dans l'alcool correctement tu vois. » Et en plus, elle lui dérobe son calmant. Elle ose. Elle aussi a dû tourner folle. Les sourcils froncés, il siffle presque face à l'audace loin d'être la bienvenue. Il sent déjà qu'elle va pas dégager. Qu'elle va pas reprendre ce carton au parfum d'Alexia et se tirer de chez lui.
Parce que Jo, la dernière fois, sa présence lui apportait la paix. Mais là, là, non. Y'a que le désir qu'elle se barre pour l'avoir, la paix. Ils fonctionnement plus pareil. Lui, il l'a bien compris. Elle, visiblement, non putain.

« Un carton pour six mois, je trouve ça assez minimaliste moi. » Six mois? Putain, six mois. « Six mois... » qu'il articule à peine quand elle s’incruste un peu plus. Gagné, il va pas s'en débarrasser facilement.

Six mois.

« Je vais trouver ce qui lui est arrivé. Un jour. » Et c'est à son tour de rire. Jaune.  Parce que si c'est une promesse ou simplement des mots pour rassurer, ça vaut rien. Plus rien n'a de valeur avec Jo. Ce temps là est fini depuis ce soir à barboter dans la Seine. « Oh bien sûr, j'avais oublié ton badge de détective. Tu l'as fait plastifier depuis la dernière fois ? » Et c'est à son tour, de déblayer une bouteille pas encore vide parmi les cadavres en verre. « Ou alors tu sais déjà où elle se trouve ? » Paranoïa on. Gorge brûlée. Ronchon toujours pas satisfait. Gamin paumé. « C'est toi qui la cache depuis tout ce temps, et ça c'est juste une ruse à la con » Il désigne du menton la boîte qui règne toujours dans son salon. « Parce que je comprends clairement pas à quoi tu joues. C'est pas... c'est pas comme la dernière fois. » Y'a pas de seconde chance avec les disparitions. Au mieux il a un corps à enterrer, au pire, il sera toujours dans le noir. Dans ce putain de néant qui l'aspire et qui le rend maladivement fou de désespoir. « On s'aidera pas à coup de braquage de banque ou de nuit blanche à nager dans le rhum. Tu as dû le comprendre ça. Alors... » Alors c'est le chaos dans l'crâne. C'est la liqueur qui valse avec les idées dingues. C'est le frère perdu qui cherche à s'accrocher. À tout. Et surtout à n'importe quoi. Il passe du point A au point Z sans faire toutes les lettres de l'alphabet. La faute à l'alcool. La faute à Jo.

« Alors, elle est où ? » qu'il finit par lâcher, pataugeant dans une hypothèse folle que Jo lui a si délicatement offert. « Rend moi Alexia » qu'il serait prêt à supplier. Parce qu'il en peut plus. Il en peut plus de pas savoir. De plus entendre le rire de sa sœur ou ses mots acerbes sur Blanche lorsqu'il en a besoin.
Il en peut plus d'avoir paumé sa moitié.

Et cette putain d'ancienne âme jumelle qui le nargue de son fauteuil, de son cadeau empoisonné et de sa voix qu'il veut pas écouter. Il pourrait la tirer par le bas du jean et la traîner jusqu'à la sortie tellement le fantôme d'Alexia et le whisky le rendent malade, cinglé. Ça tourne plus rond dans Paris. Ça tourne plus rond dans son crâne.
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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Dim 10 Déc - 15:23 ()
« Oh arrête l'amour, tu le retrouveras. Encore. »

Elle explose, jo.
Elle explose les six mois de silence, elle explose toute la honte et le mépris qu’il lui a infusé. L’enfant haine galope d’un argument à l’autre. L’amour. L’mot qu’a traversé ses lèvres l’ébranle, elle ne pensais pas à ça. L’amour, c’était le sujet maudit qu’elles évitaient à tout prix. Jo, elle a toujours été plus sûre d’aimer l’maudit qu’elle descend en flèche en ce moment que sa sœur, parce que pour l’un ne voulait pas dire la même chose que l’autre. Un autre amant à la tombe, sortez la pelle, elle porte la faucheuse comme une seconde robe, l’horrible.

Tempêtent les cris, sous les crépitements des lampes, jo s’élance sur lui, le fait reculer. La gamine, elle est plus costaude qu’elle n’y paraît, la révo elle pourrait lui envoyer une droite qu’il ne comprendrait pas ce qu’il lui arriverait. Mais c’est par le col qu’elle l’attrape pour lui gueuler ces quatre vérités.

Pis elle cherche à fuir. Elle abandonne. Des mois qu’elle s’est dit que ça lui passerait, qu’il comprendrait, qu’ils pourront revenir à ce qu’ils étaient. C’est foutu. Elle claque la porte. Du moins, elle essaie. C’est lui qui prend le monopole du claquage et l’oblige à rester à l’intérieur. Parce qu’il ne supporte pas de ne pas avoir le dernier mot. Il ne supporte pas qu’elle fasse quoique ce soit, même si c’est ce qu’il veut plus que tout : qu’elle se casse.

« T'es la plus conne, tu le sais ça ? » Ses mirettes roulèrent dans ses orbites théâtralement. Pourtant, à ce point, elle ne le contredit même plus. Qui sait ? Elle ne réfléchit plus vraiment, jo, elle se dit qu’il se pourrait bien qu’elle soit la plus conne et que ça ne lui ferait pas grand-chose. Il ne mérite plus ses malices et ses mimiques, il ne mérite plus sa bonne humeur. Elle ne lui épargne que sa pitié, pour l’instant.

Un tee-shirt dans la tronche. Pis un shampoing. « Ah tu veux jouer à ça ? » La télécommande qui passe entre ses doigts vole en direction de la tête du martyr. « Oh tiens ? T'y as pas foutu le poignard après l'avoir planté dans mon dos ? » L'fameux poignard. « Non, non, j’ai préféré le garder pour plus tard, tu sais, comme le démon que tu crois que je suis. » Ils pètent un plomb. Ça toujours été comme ça, les sentiments entre eux, décuplés, l’excitation, l’adrénaline, la complicité, ils sont jamais passés par le point modérés les deux idiots. Ptêt bien qu’ils se ressemblent trop, trop d’égo, trop de peines.

« Reprends tout ça, reprends Alexia. Oublie pas ton auréole en carton. Paraît que c'est toi l'innocente. Ou peut-être que c'est toi la victime ? Elle t'aurait jeté sans un mot ? Peut-être que c'est toi qui l'a fait fuir, qui sait ? » Coup dans le palpitant. Terrible pensée, possible réalité, qui sait. Alexia, elle aurait pris peur, claquer la porte.  « Ben voyons, continuons ! Peut-être que c’est toi qui l’a finalement convaincue que j’étais qu’une petite merde et c’est toi qui la cache ? Je serai ton punching-ball si c'est ce dont t'as besoin, vas-y, défoule-toi. » Rire jaune, plaisanterie fade. Comme il est le sien, de punching-ball. Ils ont besoin de s'abîmer. Ils ont besoin de saigner.

« T'es vraiment venue que pour foutre plus de bordel hein ? » Il accuse. Elle hurle, par pur esprit de contradiction. « OUAI ! » Non. Pourquoi elle est venue ? Confusion. Une ampoule pète dans la cuisine qui clignote comme un sapin de noël. C’est à celui qui tirera le plus juste dans l’cœur de l’autre. « C'est ça ton nouveau jeu ? Piétiner ce qui est déjà détruit ? Secouer les âmes en peine pour te faire sourire ? Ça t'amuse hein ? De cracher, ça te fait sentir mieux ? Appuyer là où ça fait mal chez les autres, ça te soulage ? Tu oses baver m'aimer et ensuite me balancer tout ça dans la face ? Maintenant ? »

Ses mèches de jais coulent effrontément sur son front, elle halète presque. Elle n’hurle plus, elle laisse ses mots infuser dans le silence pour en retenir chaque tournure. Il a raison, en partie. Piétiner son âme, c’est ce qu’elle voulait, ce qu’elle veut. En partie. « Tu sais de quoi tu parles, piétiner les autres, c’est ton sport préféré, non ? »

« Tu croyais que je célébrais ou quoi ? Ça te semble vraiment le bon moment ? » Pas le bon moment pour quoi, pour rien, pour eux. Elle n’est pas venue pour ça, jo. Elle voulait le voir, elle croit bien, elle n’est plus sûre maintenant. Elle a le cœur au bord des yeux. La rage au bord des larmes. « Je sais exactement ce que tu faisais, la même chose que moi, c'pour ça que je suis venue. Tu me manquais, tu me manquais tellement. Mais je ne peux plus te laisser me traiter comme de la merde. » Plus jamais. « J’ai fait une erreur. Jme suis excusée. Jme suis excusée de pas te l’avoir dit plus tôt, pas correctement, et t’as jamais su me pardonner. Je vais pas ramper le reste de ma vie. » Ce soir là, au bord de la seine, elle s’était aplatie d’excuses, et plus tard par sms comme il décrochait pas son foutu téléphone, et puis une fois, devant son boulot, mais alors elle n’avait pas eu le courage de rentrer et ces excuses sont restées coincées dans le fond de sa gorge.

D’une main rageuse, elle essuie les larmes fardées d’noir sur sa joue de poupée délavée. Son poing s’abat mollement sur son torse. « Haïs moi. J’essaierai aussi. Brûle le carton. Un jour, tu regretteras mais maintenant je m’en fous un peu. »


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Dernière édition par Jo C. Duval le Dim 10 Déc - 22:50, édité 1 fois
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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Dim 10 Déc - 20:43 ()

« C’est comme ça que tu me vois Kaïs ? » Avec sa couronne de traître sur le crâne. Et avec cette putain de bouche cousue de fils d'acier pour ne lui avoir rien dire. Pour lui avoir caché cette relation qu'il n'aurait jamais béni. Parce que Alexia, parce que Jo. Parce qu'on ne touche pas aux mamans et aux sœurs. C'est pas inscrit quelque part ça ? « Putain, tu crois vraiment que je ferais ça ? » C'est le chaos à la place de la cervelle, bien sûr qu'il imagine tout et surtout n'importe quoi. Foutu gosse paumé, foutue main tendue dans le vide. Et aucune sœur pour la tenir et le retenir et de sombrer. Sa vie n'avait que deux sens, sa sœur et son métier. Et s'il maintient le sourire denté devant les caméras, il sait pas jusqu'à quand il finira par montrer les crocs plutôt, s'il n'y a plus sa planète pour le maintenir en gravitation.

« Pourquoi tu me détestes autant ? »
Parce que t'as pris ma confiance pour mieux la faire exploser avec tes bombes.
Parce qu’il a le défaut de prendre Alexia pour sa propriété. Rien de nouveau sous le soleil. Parce qu'elle était la seule qui ne l'a jamais abandonné, celle qui a toujours été là pour les conneries, les peines, les colères et tout le reste. Elle était toujours présente. Il a appris à vivre avec elle, pour elle. Il sait pas comment faire sans. Et Kleio et Jo ont pris le relais. Chacune à leur manière. Chacune comprenant qu'il n'a pas perdu qu'une sœur la première fois, mais un bout de son âme aussi. Et putain Jo savait et sait encore combien y'a pas de mesure quand il s'agit d'Alexia.
Mais le pire, c'est le couteau dans le dos, jusqu'à en traverser le cœur. Parce qu'elle n'a rien dit. Oh il l'aurait quand même mal pris s'il avait su de suite. Mais l'apprendre comme ça, balancé entre deux vagues, comme si c'était rien. Comme s'il ne faisait pas partie de la vie de l'une ou de l'autre. Il a été tenu à l'écart. Pendant six foutus mois. Et s'il pardonne tout à sa sœur, c'est rancœur et rancune pour le reste du monde.

« Je sais pas où elle est, ok ? Je sais pas où est Alexia. Pour ce que j’en sais, elle s’est cassée parce qu’elle en pouvait plus de son arrogant, collant de frère qui l’enferme dans une prison et l’empêche d’être avec qui que ce soit parce qu’ils sont forcément des cons, ceux qu’aiment Alexia, pas vrai ? Toi et moi, on est des beaux cons ! » Aïe. Il connaît ses défauts. Mais les entendre, criés, les reproches se plantent droit dans le palpitant. Il a jamais clamé être parfait. Il n'a jamais caché qu'Alexia était celle qui retenait certains comportement de connard, comme elle savait tout autant les provoquer.
« Oh arrête l'amour, tu le retrouveras. Encore. » Et lui, il n'en a qu'une de sœur. Il n'en a qu'un seul de trésor. Et ce bout de famille qui tenait debout, ce duo de mômes paumés mais déterminés à marcher, ça, putain, ça c'est pas retrouvable.

Puis y'a la poupée furieuse qui se lève, qui le fait reculer. Pas par sa force chimérique, mais par crainte qu'elle lui crache littéralement dans la bouche. « Tu sais ce qui me tue ? T’as foutu en l’air ce qu’on avait comme si c’était rien. Tu sais pas laisser les gens t’aimer, Kaïs. » Elle marque un point pour chaque nom qu'il a préféré pousser de son quotidien. Mais interdiction d'admettre que Madame puisse avoir raison. « Et maintenant, on va laisser son fantôme nous enterrer chacun de notre côté. » Comme l'égoïste l'avait prévu. « Parfait, tire toi. » Il a pas besoin d'elle. Il a plus besoin d'elle. « Tu veux que je me casse de ta vie, super. Au final, c’est ce que tout le monde fait avec toi, non ? » Re aïe.

« J'vais peut-être même me bouger le cul pour la retrouver, au lieu de boire dans mon coin en blâmant tous les autres, hein. » Il boit pas, il essaye de se soigner qu'il pourrait hurler. Mais elle s'en va.
Non.
La porte s'ouvre de quelques centimètre et il la claque aussitôt du poing. Réflexe. Désir brûlant de se défouler, d'extirper ce nœud coincé dans ses entrailles. Ou geste de désespoir.

« T'es la plus conne, tu le sais ça ? » Et s'il s'imaginait la traîner hors de chez lui, ses doigts décident d'agir autrement, passant entre jean et ceinture, la ramenant dans le salon. « Reprends ton cadeau de merde. » Et les phalanges prennent la première étoffe à disposition. Tissu déjà envolé dans la tronche de Jo.
Des gamineries.
De la rage.
Ils ont pas perdu le manuel faut croire.

Une bouteille de shampoing bientôt reine dans le cimetière des bouteilles. Et toujours plus de vêtements tapissant son parquet. « Oh tiens ? T'y as pas foutu le poignard après l'avoir planté dans mon dos ? » Il déverse ce qui reste de la boite aux pieds de la poupée. « Reprends tout ça, reprends Alexia. Oublie pas ton auréole en carton. Paraît que c'est toi l'innocente. Ou peut-être que c'est toi la victime ? Elle t'aurait jeté sans un mot ? Peut-être que c'est toi qui l'a fait fuir, qui sait ? » Pas lui. Personne.
Fou. Putain de fou. Pourrait y'avoir des larmes de désespoir et de fureur accrochées à ses cils. Mais y'a que le paradoxe qui déchire ses opales. « T'es vraiment venue que pour foutre plus de bordel hein ? » Il était bien dans son bain de liqueur. Y'avait presque la paix dans la marre de whisky. « C'est ça ton nouveau jeu ? Piétiner ce qui est déjà détruit ? Secouer les âmes en peine pour te faire sourire ? Ça t'amuse hein ? De cracher, ça te fait sentir mieux ? Appuyer là où ça fait mal chez les autres, ça te soulage ? Tu oses baver m'aimer et ensuite me balancer tout ça dans la face ? Maintenant ? » Il écarte les bras, montrant la misère du foyer. « Tu croyais que je célébrais ou quoi ? Ça te semble vraiment le bon moment ? »
Il bute sur quelques mots, perd et rattrape le fil de ses pensées.

C'est qu'un gosse en plein caprice après qu'on lui ait volé son doudou Kaïs.
Il en maudirait presque son père pour lui avoir offert cette sœur. Il s'y serait pas autant accroché, il en trébucherait pas autant. Ça craquerait pas l'esprit s'il n'y avait jamais eu de doudou à dérober.
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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Dim 10 Déc - 22:59 ()
« Oh arrête l'amour, tu le retrouveras. Encore. »

Elle explose, jo.
Elle explose les six mois de silence, elle explose toute la honte et le mépris qu’il lui a infusé. L’enfant haine galope d’un argument à l’autre. L’amour. L’mot qu’a traversé ses lèvres l’ébranle, elle ne pensais pas à ça. L’amour, c’était le sujet maudit qu’elles évitaient à tout prix. Jo, elle a toujours été plus sûre d’aimer l’maudit qu’elle descend en flèche en ce moment que sa sœur, parce que pour l’un ne voulait pas dire la même chose que l’autre. Un autre amant à la tombe, sortez la pelle, elle porte la faucheuse comme une seconde robe, l’horrible.

Tempêtent les cris, sous les crépitements des lampes, jo s’élance sur lui, le fait reculer. La gamine, elle est plus costaude qu’elle n’y paraît, la révo elle pourrait lui envoyer une droite qu’il ne comprendrait pas ce qu’il lui arriverait. Mais c’est par le col qu’elle l’attrape pour lui gueuler ces quatre vérités.

Pis elle cherche à fuir. Elle abandonne. Des mois qu’elle s’est dit que ça lui passerait, qu’il comprendrait, qu’ils pourront revenir à ce qu’ils étaient. C’est foutu. Elle claque la porte. Du moins, elle essaie. C’est lui qui prend le monopole du claquage et l’oblige à rester à l’intérieur. Parce qu’il ne supporte pas de ne pas avoir le dernier mot. Il ne supporte pas qu’elle fasse quoique ce soit, même si c’est ce qu’il veut plus que tout : qu’elle se casse.

« T'es la plus conne, tu le sais ça ? » Ses mirettes roulèrent dans ses orbites théâtralement. Pourtant, à ce point, elle ne le contredit même plus. Qui sait ? Elle ne réfléchit plus vraiment, jo, elle se dit qu’il se pourrait bien qu’elle soit la plus conne et que ça ne lui ferait pas grand-chose. Il ne mérite plus ses malices et ses mimiques, il ne mérite plus sa bonne humeur. Elle ne lui épargne que sa pitié, pour l’instant.

Un tee-shirt dans la tronche. Pis un shampoing. « Ah tu veux jouer à ça ? » La télécommande qui passe entre ses doigts vole en direction de la tête du martyr. « Oh tiens ? T'y as pas foutu le poignard après l'avoir planté dans mon dos ? » L'fameux poignard. « Non, non, j’ai préféré le garder pour plus tard, tu sais, comme le démon que tu crois que je suis. » Ils pètent un plomb. Ça toujours été comme ça, les sentiments entre eux, décuplés, l’excitation, l’adrénaline, la complicité, ils sont jamais passés par le point modérés les deux idiots. Ptêt bien qu’ils se ressemblent trop, trop d’égo, trop de peines.

« Reprends tout ça, reprends Alexia. Oublie pas ton auréole en carton. Paraît que c'est toi l'innocente. Ou peut-être que c'est toi la victime ? Elle t'aurait jeté sans un mot ? Peut-être que c'est toi qui l'a fait fuir, qui sait ? » Coup dans le palpitant. Terrible pensée, possible réalité, qui sait. Alexia, elle aurait pris peur, claquer la porte.  « Ben voyons, continuons ! Peut-être que c’est toi qui l’a finalement convaincue que j’étais qu’une petite merde et c’est toi qui la cache ? Je serai ton punching-ball si c'est ce dont t'as besoin, vas-y, défoule-toi. » Rire jaune, plaisanterie fade. Comme il est le sien, de punching-ball. Ils ont besoin de s'abîmer. Ils ont besoin de saigner.

« T'es vraiment venue que pour foutre plus de bordel hein ? » Il accuse. Elle hurle, par pur esprit de contradiction. « OUAI ! » Non. Pourquoi elle est venue ? Confusion. Une ampoule pète dans la cuisine qui clignote comme un sapin de noël. C’est à celui qui tirera le plus juste dans l’cœur de l’autre. « C'est ça ton nouveau jeu ? Piétiner ce qui est déjà détruit ? Secouer les âmes en peine pour te faire sourire ? Ça t'amuse hein ? De cracher, ça te fait sentir mieux ? Appuyer là où ça fait mal chez les autres, ça te soulage ? Tu oses baver m'aimer et ensuite me balancer tout ça dans la face ? Maintenant ? »

Ses mèches de jais coulent effrontément sur son front, elle halète presque. Elle n’hurle plus, elle laisse ses mots infuser dans le silence pour en retenir chaque tournure. Il a raison, en partie. Piétiner son âme, c’est ce qu’elle voulait, ce qu’elle veut. En partie. « Tu sais de quoi tu parles, piétiner les autres, c’est ton sport préféré, non ? »

« Tu croyais que je célébrais ou quoi ? Ça te semble vraiment le bon moment ? » Pas le bon moment pour quoi, pour rien, pour eux. Elle n’est pas venue pour ça, jo. Elle voulait le voir, elle croit bien, elle n’est plus sûre maintenant. Elle a le cœur au bord des yeux. La rage au bord des larmes. « Je sais exactement ce que tu faisais, la même chose que moi, c'pour ça que je suis venue. Tu me manquais, tu me manquais tellement. Mais je ne peux plus te laisser me traiter comme de la merde. » Plus jamais. « J’ai fait une erreur. Jme suis excusée. Jme suis excusée de pas te l’avoir dit plus tôt, pas correctement, et t’as jamais su me pardonner. Je vais pas ramper le reste de ma vie. » Ce soir là, au bord de la seine, elle s’était aplatie d’excuses, et plus tard par sms comme il décrochait pas son foutu téléphone, et puis une fois, devant son boulot, mais alors elle n’avait pas eu le courage de rentrer et ces excuses sont restées coincées dans le fond de sa gorge.

D’une main rageuse, elle essuie les larmes fardées d’noir sur sa joue de poupée délavée. Son poing s’abat mollement sur son torse. « Haïs moi. J’essaierai aussi. Brûle le carton. Un jour, tu regretteras mais maintenant je m’en fous un peu. »


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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Mar 12 Déc - 14:20 ()

« Je sais exactement ce que tu faisais, la même chose que moi, c'pour ça que je suis venue. Tu me manquais, tu me manquais tellement. » L'aveu est gobé pour mieux être digéré en mensonges. Parce que c'est plus simple de ne pas y croire. Parce que c'est plus simple de la haïr plutôt qu'avouer, que lui aussi, elle lui a manqué. Y'a eu ces deux cons, les doigts englués pendant un an. Des masques ridicules sur des tronches que le désespoir aurait pu peindre. Des boums. Des claques. Mais y'a cette nuit dans la Seine. Et la trahison à moitié coincée dans le gosier, à moitié rongeant le cœur. Et y'a cet ego, cette possessivité qui couvre le tout.

« Mais je ne peux plus te laisser me traiter comme de la merde. » Drapée du rôle de victime, il pourrait presque en être jaloux. Elle le joue aussi bien que lui. Ils méritent un oscars pour les plaintes déguisées en cris. Ils méritent une meilleure fin. Mais les deux abrutis préfèrent s'enfoncer dans leur boue. Le fantôme d'Alexia dansant sur planches de la scène, autour d'eux, entre eux.

« J’ai fait une erreur. Jme suis excusée. Jme suis excusée de pas te l’avoir dit plus tôt, pas correctement, et t’as jamais su me pardonner. Je vais pas ramper le reste de ma vie. » Il devrait apprendre à faire pareil. Pour elle avant, et pour Blanche, avant, maintenant et à l'avenir. Mais il a toujours été le bouffon. Difficile d'enlever cette étiquette du front quand on s'est tellement bien appliqué à la gluer.

Puis y'a les larmes noires qui coulent. Et qui n'attendrissent rien. Puis y'a le poing faiblard qui roule. Et le ridicule de la scène qui lui pète sous le pif. « Haïs moi. J’essaierai aussi. Brûle le carton. Un jour, tu regretteras mais maintenant je m’en fous un peu. » Cinq secondes de silence, où y'a que la poussière qui dérange le décor. Les opales sur la face de Jo, l'alcool dans les veines. Il finit par faire son Kaïs. Inévitablement. « T'es moche. » Les perles ont laissé des traces sur les joues et du rouge dans les yeux. Et lui, le pauvre con, il conclut à voix haute, le ton trop sec pour imaginer une blague dissimulée.
Il a pas osé effacer les larmes, au risque de la gifler ou que les phalanges glissent jusqu'aux mèches pour les arracher. Ou que le gamin se mette à réclamer de la chaleur pour un peu de réconfort. Tiré par le paradoxe, il bouge pas d'un pas, pas d'une main tendue.
« C'est pas le moment où tu me dis que je ressemble à rien non plus ? » Sans sommeil. Alcoolisé. Abîmé par l'absence. Crispé par la trahison.

Comment ils en sont arrivés là ? Il aurait juré que rien ne pourrait séparer ces deux âmes fragiles qui se complètent comme la lune et le crépuscule. Même là, à jouer à qui est le plus immature, à qui est le plus blessé, à qui est le plus laid. Ils se complètent encore. Mais, buté, il se répète que c'est plus comme avant, et qu'il n'a pas envie de voir ce que ça donnerait cette fois ci. Peut-être qu'il lève une barrière, le môme déjà brisé. Peut-être que y'a trop de conneries dans le crâne.
Et après Alexia, après Kleio, il s'rend compte qu'il préfère la perdre maintenant. Plutôt que dans des scenarios macabres et funeste. Il préfère renoncer, parce que Paris lui a volé sa sœur deux fois, et a tenté de faire pareil avec Kleio. Il préfère se détacher, l'égoïste. Pour moins souffrir. Naïf et idiot. Et bourré. « Maintenant que c'est clair que tu t'en fous, tu peux aller claquer la porte je suppose. »
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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Lun 12 Fév - 0:51 ()
Les yeux couverts d’gris orages, et les poumons qui prennent des grandes goulées d’airs, ils savent déjà qu’ya pas d’espoir, que les gamins sont teintés de misères. Qu’ils se font bouffer cru par la hargne, le désespoir ardent arrosé d’une vague de démence. Ils réfléchissent plus, ils rendent coups pour coups, ils ont l’âme enragée et ya plus d’ange, ya plus personne pour déterrer les damnés. Tic tac, qui pourra désamorcer l’boom avant qu’il défonce ce qui reste des farouches.

« T'es moche. »

Ouais, c’est comme ça qu’il choisit de briser le silence, kaïs. Comme ça qu’il prononce la chose la plus lui, la plus proche de ce qu’il a été pour elle, avant, qu’il la projette des mois auparavant quand la poupée s’enroulait autour de ses bras pour faire péter des chewing-gums à son oreille, ou l’traînait à des soirées cosplays, ou comatait sur son canapé pendant qu’il lui dessinait une bite sur la joue au marqueur.  Et elle le fait même pas exprès, jo, elle promet, de faire éclore des couleurs dans la nuit, d’laisser de l’espoir dans le cendre de ses opales ravagées par les larmes. « C'est pas le moment où tu me dis que je ressemble à rien non plus ? » Elle peut pas, elle a rétracté les griffes, s’est vidée de son énergie avec les larmes traîtresses. Elle n’a plus la force même de le mater, cte gueule de mouroir si proche qu’elle voudrait l’étrangler. C’est automatique, c’est estompé de doux-amer quand se tortille un « T’es con. »

Il ressemble à une épave, à une caricature pénible de ses vices, à un kamikaze sans mission, à un écho mortuaire. Il ressemble à elle. Il lui ressemble tellement. À Alexia. Lèvres cousues sur les mots assassins qui bercent ses vengeances parce que ça l’achèverai, elle le sait, elle tient l’arme ultime dans une simple vérité, la même arme qui ravive ses cicatrices de la voir elle dans lui.

« Maintenant que c'est clair que tu t'en fous, tu peux aller claquer la porte je suppose. »

Elle contemple l’torse qu’elle a pas quitté, résignée, la gosse, trop crevée pour bouger tout de suite. Lorsque ses mirettes rentrent enfin en collision avec son visage assassin, dur et fermé, l’acide crame ses veines et elle croit y lire tout ce qu’elle a besoin de lire, jo. Alors ses doigts d’ivoires effleurent sa joue avant de se hisser y déposer un baisser fugace, lèvres mêlées de toutes leurs contradictions. « Tu pues l’alcool. » Arrête de boire, arrête de creuser la même tombe que moi. Meurs pas. Promet moi que si je sors de ta vie, t’iras mieux. Ou fait semblant. Donne-moi ça, juste ça, juste une illusion. Une raison de dormir la nuit. Donne-moi quelque chose pour m’enlever l’atroce impression que c’est ça, que jte trahis, maintenant, en me cassant, en disant adieu.

La révo tait la guerre silencieuse dans le bordel à l’intérieur et drapée d’silence, referme la porte derrière elle avec milles précautions. Quand elle s’éloigne, dans le couloir, ya comme des bouts d’eux qui crèvent, ya comme un cortège funèbre, ya comme un adieu silencieux. L'âme se brise en deux.

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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs Jeu 17 Mai - 13:01 ()
terminé.

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Sujet: Re: i wanna see the world on fire {{ kaïs ()
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