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Sujet: Painkiller δ Andy (FB) Mar 29 Aoû - 21:13 ()

Painkiller

L'obscurité totale. Un apaisement dans lequel elle se laissait flotter, loin de la violence et du chaos. C'était comme dévaler l'Himalaya à pleine vitesse, d'abord l'adrénaline qui infiltrait son cerveau, faisait battre son palpitant à une vitesse qu'elle ne se savait pas capable de supporter. Et puis, tout en bas, l'arrêt total. Aussi brusque que libérateur. Étrangement, sans aucune douleur. Elle n'avait même pas eu le temps de comprendre quoi que ce soit à ce qu'il se passait. Il y a eu les flashs, une lumière presque aveuglante, et puis plus rien. Un trou noir capable d'avaler toute lumière sans en recracher ne serait-ce qu'un rayon. Et c'était tellement confortable, de se contenter de rester là. Comme si elle s'endormait, bordée par les ondulations d'une mer autrefois dangereuse, aujourd'hui protectrice.

Méfies-toi de l'eau qui dort.

Oh elle aurait du écouter ce dicton. Mais les dictons sont stupides, ils ne veulent souvent rien dire, se contentant de vagues conseils qui concernent un peu tout et beaucoup rien. Mais elle aurait du écouter, au lieu de se laisser bercer par le monstre endormi. Car si elle s'imaginait que la mort était aussi apaisante que ça, il n'en est rien. La mer si paisible s'est transformée en tempête, l'eau si réconfortante s'est transformée en monstres assoiffés de sang, affamés de sa chair. Elle tremble la petite, elle commence à frissonner. Elle veut s'en aller de là, tant qu'elle le peut encore. Mais où qu'elle porte son regard, il n'y a que de l'eau. De l'eau à perte de vue, rien que cette étendue de larmes et de regrets. Elle regrette d'être venue ici, elle regrette d'avoir été guidée par ce vilain petit défaut qui lui a ruiné la vie. Et la tempête redouble d'ardeur, elle tente d'avaler la pauvre Kleio. Elle tente de crier à l'aide, de se débattre face à ces vagues qui se veulent murs infranchissables, mais plus elle tente, plus elle faiblit. Elle sent ses muscles se raidir, les premières gorgées lui brûler la trachée et les poumons. Elle sent les cordes vocales se refermer dans un dernier espoir vain. Seule au milieu d'un océan qui ne veut rien d'autre que sa mort, elle ne peut même plus appeler à l'aide, elle ne peut plus espérer que quelqu'un vienne la sauver d'une mort certaine. Elle se noie, et personne n'est là pour elle. Elle aurait tant aimé voir Kaïs lui apparaître, lui tendre la main salvatrice. Mais il n'est pas là pour elle, pas cette fois. Une toute dernière tentative, juste pour la route. Et la voilà plongée dans une eau glacée, prête à aspirer les dernières bribes de vie qui résistent encore.

« Oh merde... »

Elle se redresse, respire à grandes bouffées un air qui manquait clairement à ses poumons. Les yeux ouverts, éblouis par une lumière éclatante, la peur qui la prend aux tripes. Un homme. Kaïs. Non. Un homme en blouse. Un médecin. Non. Un monstre. L'océan ne l'a pas eue. Il vient terminer le travail. Parce qu'ils ne veulent pas la laisser fuir, ils ne veulent pas la voir échapper à leur emprise. Elle le bouscule, se met à courir dans les couloirs. La tête tourne, prête à exploser au moindre choc. La vision est troublée, les regards se retournent autour d'elle. Elle les ignore du mieux qu'elle peut, mais leurs chuchotements lui paraît être des cris d'une rare violence, comme des cris d'animaux enragés. Elle souffre, elle a peur aussi. Putain combien d'entre eux vont continuer d'apparaître ? Elle voit leurs visages monstrueux, elle voit leurs regards pleins de haine et de méchanceté. Elle veut juste se barrer de là, fuir cet enfer aussi vite que possible. Le peut-elle seulement ? Et si elle est condamnée à rester là pour l'éternité ? Loin de tout, loin de tous, oubliée comme tant d'autres avant elle. Non, elle ne veut pas l'imaginer. Elle ne le peut pas. Elle leur a échappé une fois, elle peut recommencer, aussi longtemps qu'il le faudra, autant de fois qu'il le faudra.

« Oh god... »

Assise dans une ruelle, à l'abri des autres, le doigt effleurant derrière son oreille. Elle sent le trou à peine refermé par des fils. Et elle se souvient. Elle entend à nouveau ce sifflement au creux de son oreille, elle sent à nouveau ce léger pincement ressenti avant d'être absorbée par le trou noir, avant de se laisser flotter sur l'océan meurtrier. Et si... Non, ce n'est pas possible. Elle hallucine, elle a rien. C'est la douleur qui parle pour elle, qui lui fait perdre contact avec la réalité. Cette douleur horrible, comme elle n'en avait jamais connue. Ca, et cette sensation de vide qui l'habite. Combien de temps est-elle restée là-bas, à se débattre face à ceux qui lui voulaient du mal ? Elle n'en sait rien. Elle ne sait rien, elle ne peut même pas réfléchir, pas avec la tête dans cet état. Lentement, difficilement, elle se redresse en s'appuyant sur le mur. Restée dans le drap volé pendant sa fuite, elle n'ose dans un premier temps pas se mêler aux artères principales du quartier. Trop de monde, craint-elle, trop de dangers. Elle a peur. Peur de ce monde qu'elle a connu, qu'elle a vu partir à la dérive, et qui aujourd'hui devient sa plus grande peur. Un regard à droite, un autre à gauche, elle repère la pharmacie à quelques mètres seulement de là. Son échappatoire, si elle ose poser un pied devant l'autre. La main tenant le tissu fermement enroulé autour d'elle, elle finit par se lancer après une dernière expiration se voulant motivation. Et la douleur l'emporte finalement sur la lâcheté. D'une main, elle ouvre la porte de la boutique. La vision encore troublée par la migraine, incapable de réellement distinguer les formes qui se présentent devant elle.

« I... J'ai besoin de médicaments, contre la migraine. J'ai mal. »
Pitié.


Dernière édition par Kleio P. Moriarty le Jeu 14 Sep - 23:04, édité 4 fois
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Jeu 31 Aoû - 3:37 ()

Quelque part coincée entre passé et réalité. Entre songe et délire. Prison et cauchemar. Elle croit couler dans un souvenir, Andy. Y'a le fantôme de sa cousine qui la poursuit, qui mord et qui lâche plus sa couenne. Y'a la face de Kleio qui se mélange à son décor jour et nuit. Ça lui sort pas du crâne. Et là encore. Dans sa pharmacie. Y'a Kleio qui entre. Elle en sursaute la marotte, c'est le coup de feu qui pète ses tympans, c'est l'horreur qui revient. C'est la folie imbriquée dans une mémoire trop vaste qui fait dérailler la tête blonde. Parce que Kleio, elle repose dans les bras de la faucheuse désormais. On l'a raflé devant ses mirettes. Elle peut pas se tromper, sa mémoire peut pas se tromper. N'est-ce pas ? Fallait bien que ça lâche un jour, que la démence se mêle au passé et que ça laisse Andy sur le carreau. Fallait bien que ça finisse par craquer là haut.

Le cadre de la pharmacie s’évanouit, la boîte à musique s'enclenche. Kleio, le coup de feu, le corps qui s'écroule, le cri coincé dans la gorge. Kleio, le coup de feu, le corps qui s'écroule, le cri coincé dans la gorge. Ça tourne en boucle, ça fout le vertige. Et ça s'évapore quand la voix de la cousine grince. « I... J'ai besoin de médicaments, contre la migraine. J'ai mal. » No kidding. Mais y'a comme un truc qui cloche dans le tableau. C'est pas un souvenir, c'est pas la folie qui s'installe. Pas encore. Un « no way » pendu aux lèvres, y'a l'espoir qui lui souffle qu'elle hallucine pas Andy. Ni avant, ni maintenant.

Elle fait signe au collègue qu'elle prend sa pause et elle se déloge du comptoir. Elle pousse la carcasse de la cousine à l'extérieur de la pharmacie, l'entraîne dans le coin de l'impasse juste à côté. Elle a du mal à se réveiller la poupée, à se reconnecter au monde. Extirpée de sa bulle par l'incompréhension et la surprise, elle est balancée dans la réalité avec trop de violence pour son âme fragile. Et pourtant, elle trouve l'énergie quelque part au fond de ses tripes pour aligner les mots. « How ? » Les trucs étranges, elle commence à s'y habituer. Les trucs inexplicables semblent envahir la capitale. Mais ça … ça, putain, c'est trop. « You were dead. » Elle a entendu le coup de feu fendre le brouhaha de l'émeute, elle la vu chuter à côté d'elle. Elle a senti l'odeur de rouille et de mort. Y'a ce parfum qui encombre encore le nez, y'a encore cette puanteur qui fait remonter l'acide sur la langue. Y'avait ses bras enroulés autour du cadavre, la barrière fragile interdisant de piétiner et d'écraser la dépouille. Les larmes, qui dérapaient des joues, versées sur le visage décoloré et figé dans l'inconscience. Les phalanges tremblantes sur les paupières, les siennes, pour les clore, pour l'imaginer endormie plutôt qu'égarée entre le paradis et l'enfer. Elle est pas folle Andy, elle a rien imaginé. Ce jour là, elle a souhaité que ce soit sa cervelle qui éclate. La balle n'avait qu'à se décaler d'un mètre et elle aurait trouvé le repos Andy.

« I saw ... » Elle prend la tête de Kleio entre ses paumes, dégage les mèches derrière l'oreille. L'impact était là. Elle le sait. Elle avait bien tenté de boucher le trou de ses doigts dans un désespoir ridicule de sauver ce qui ne pouvait plus être sauvé. « … the bullet ... » Le monologue est à moitié soufflé, le reste est bloqué entre ses dents. Le reste va trop vite pour être formulé.  Le reste est gonflé de détails crades qu'elle peut pas lui avouer. Elle la force à tourner le visage. Et de l'autre côté, la porte de sortie de la balle. Ça aussi elle le sait, ça aussi elle a tenté de faire bouchon, aussi con que soit cette tentative. Y'a même encore la marque pour le confirmer, elle a rien inventé. « But .. I really saw you die. No pulse and everything. » Et pourtant, elle lui semble bien vivante là. Le crâne sous la pulpe de ses doigts semble bien réel. « I swear you were so dead. How did you do that ? » Et elle ? Comment elle fait pour stoker autant de donnée dans le crâne ? « Nevermind. Doesn't matter anymore I guess. »

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N. dit
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Dernière édition par Andy Brixton le Jeu 7 Sep - 5:57, édité 1 fois
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Dim 3 Sep - 18:16 ()
Painkiller

Elle est toujours là, cette foutue douleur qui lui cogne le crâne. Il est toujours là, ce pincement qui lui tiraille la peau de chaque côté de la tête. Et toutes ces lumières continuent de lui brûler les rétines, l'obligeant à plisser les yeux pour ne pas être totalement éblouie. Elle a encore du mal à discerner les détails du visage, à reconnaître celle qu'elle connaît pourtant depuis des années, la dernière personne qu'elle ait vu avant que tout autour d'elle ne devienne totalement sombre. Mais elle ne fait rien quand cette femme quitte son poste pour l'attirer avec elle à l'extérieur. Elle ne fait rien quand elle sent les rétines fondre définitivement sous l'effet des rayons solaires. Et elle n'agit pas plus lorsqu'elle est tirée vers la ruelle à côté de la pharmacie. Que pourrait-elle faire, de toute façon. Elle n'est qu'une poupée brisée entre les doigts de la jeune femme, sans aucune volonté propre, sans aucune conscience de l'état dans lequel elle se trouve véritablement. Elle n'a presque conscience de rien, et c'est tout juste si elle a eu le réflexe, en partant, de couvrir une nudité protégée uniquement par le drap autour d'elle. Et même ça, elle ne le sent pas, ce froid qui commence à envahir ses extrémités. Elle ne sent rien, elle n'est rien de plus qu'une coquille imperméable aux sensations extérieures. Comme si, à un moment inconnu entre sa mort et sa renaissance, quelque chose s'était infiltré en elle pour la briser de l'intérieur, pour la séparer du monde réel.

« How ? » Elle aimerait bien le savoir aussi. Elle a entendu cette balle siffler avant de s'encastrer dans son crâne. Elle a vu le monde se flouter avant de disparaître. Elle en est sûre. « You were dead. » Elle l'était. Et elle ne sait pas si elle l'est toujours ou non. Et si, finalement, elle était en enfer ? Et si les démons existaient et prenaient l'apparence de ceux qu'elle avait connu ? Parce que si le visage reste encore flou, elle pourrait reconnaître cette voix parmi des milliers. Sans aucun doute, sans aucune erreur, elle l'a identifiée dès la seconde où Andy a ouvert la bouche.

Mais elle se terre dans son silence Kleio. Parce qu'elle comprend rien à ce qui s'est passé, parce que malgré toute sa curiosité, elle ne sait pas si elle veut le comprendre. Elle ne sait pas si elle veut replonger dans ces instants fatidiques, dans ce cauchemar dans lequel elle était plongée. Elle ne veut pas revivre sa mort, elle ne veut pas retourner dans cette noyade éternelle qui s'offrait à elle. Pourtant, quand Andy pose ses mains autour de son visage, ce sont bien ces moments de douleur et de peine qui lui reviennent dans des flashs aussi douloureux qu'angoissants. C'est le sifflement de la balle qui revient quand la blonde lui décale une mèche sur le côté pour libérer la plaie qui n'a jamais cicatrisé, simplement refermée par des points de suture. La balle, cette douleur fugace, et le monde qui disparaît. Elle s'en souvient, ça tourne en rond dans sa tête. Mais ça peut pas être vrai. Elle ne peut pas être morte. Ou elle ne peut pas être en vie. C'est l'un ou l'autre, jamais les deux. Comment elle aurait pu survivre à ça, comment elle aurait pu revenir d'entre les morts. Ca la rend folle tout ça, d'avoir dans sa mémoire les souvenirs de sa propre mort.

« I really saw you die. » Et les doutes se dissipent tout à coup. Le choc est brutal. Elle le savait déjà, mais elle refusait d'y croire. Elle refusait de croire en sa mort, en sa résurrection. Comment aurait-elle pu faire ça ? Mais maintenant, elle ne peut plus se voiler la face. Elle connaît Andy, elle sait qu'elle est capable de se souvenir de tout, de ne se tromper sur rien. Et elle l'a vue mourir. Mais elle, elle n'est pas morte. « I swear you were so dead. How did you do that ? »

Elle a toujours ses mains autour du crâne de Kleio, comme pour l'empêcher de partir à nouveau, comme pour l'empêcher de subir à nouveau cette balle qui lui a éclaté le cerveau. C'est comme ça qu'elle le voit Kleio, et c'est à peu près le seul réconfort qu'elle a en ce moment. Au milieu de sa détresse, c'est le seul rayon qui tente de chasser les nuages. Entre les images de sa mort et de son retour brutal chez les vivants, il n'y a que ça pour l'empêcher de devenir folle, de s'enfermer dans une prison invisible. Et cette question sans aucune réponse, comment a-t-elle fait ça, comment a-t-elle pu revenir d'entre les morts. Comme si rien ne s'était passé. Elle-même ne le sait pas, et même si Andy dit que ce n'est pas important, la question continue de tarauder Kleio. Parce que sa curiosité la pousse à vouloir le savoir, parce que n'est pas qu'une simple volonté. C'est un besoin, et ça la bouffe de l'intérieur.

« Am I alive ? » Peut-être que non. Peut-être qu'elle est encore morte. Peut-être qu'Andy est morte. Peut-être même que tout ça n'est que la suite de sa noyade. Qui sait, ce n'est pas comme si quelqu'un avait déjà expérimenté ça et pouvait tout lui raconter dans les moindres détails. Pourtant elle a bien l'impression d'être vivante. De respirer comme n'importe quel être vivant, de souffrir comme n'importe lequel d'entre eux. Mais elle n'a plus vraiment de repères. Elle s'est bien sentie se noyer, elle a bien senti l'eau lui remplir les poumons, elle a bien senti sa gorge brûler alors qu'elle tentait vainement de respirer, de piéger ne serait-ce qu'une minuscule bulle d'air. C'était réel tout ça, aussi réel que le contact avec la peau d'Andy lorsqu'elle pose à son tour les mains autour de son visage. Elle glisse le doigt le long de sa joue, pose l'autre main contre ses cheveux, s'enfouit dans son cuir chevelu. C'est vrai tout ça. Elle se perd la blonde. Elle ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est faux. Et à chaque fois qu'elle pense avoir discerné la vie de la mort, un grain de sable vient perturber la machine et lui foutre à nouveau le doute. Et si c'était finalement ça, l'enfer ? Coincée entre la vie et la mort, sans jamais savoir ce qui appartient à l'une et à l'autre. Une torture éternelle de laquelle il est impossible de s'échapper. « Andy, help me, please... »

Une supplique qui sort de la gorge de Kleio. Elle a besoin d'aide, de quelqu'un. Parce qu'elle se sent incapable de supporter ça toute seule, de différencier le vrai du faux, de savoir si elle est bien de retour parmi les vivants. Si seulement les résurrections étaient aussi simples que dans les séries. Mort, pouf, vivant, et basta. Mais c'est loin d'être comme ça. Et ça la ronge de l'intérieur. Les premières larmes qui commencent à couler le long de ses joues lui brûlent la peau, comme si elle pleurait de l'acide. Non, définitivement, elle ne peut pas vivre ça toute seule. Et si elle aurait pu se tourner de Kaïs, c'est bien vers Andy qu'elle a préféré aller. Inconsciemment, sans doute, puisqu'elle marchait sans même savoir où aller. Mais même, c'est sur Andy qu'elle est tombée. Et c'est d'elle dont elle a besoin aujourd'hui.

« I'm cold... » Ses mains quittent le visage d'Andy pour se resserrer autour du simple tissu qui lui sert de vêtement. Elle commence à ressentir les premiers frissons, à récupérer ses sensations. Et, quelque part, elle aurait préféré ne pas le faire maintenant, dans cette ruelle, avec ce vent qui lui fouette la peau.
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Ven 8 Sep - 7:39 ()

Kleio endormie.
Perles de deuil sur les joues. Genoux éraflés sur le bitume. Les mains trempées dans le carmin, la silhouette chancelante s'impose barrière de chair. Soixante-deux jambes qui passent et menacent. Des pieds qui trébuchent sur les jambes inertes. Un reniflement et des opales qui ne s'insurgent pas. Une main derrière la tête s'emmêle aux mèches qui collent, l'autre ramène les béquilles contre la poitrine qui ne se soulève plus. Les doigts tâchent le jean, enferment le corps dans la prison de cuir. Elle repasse la veste, linceul éphémère, de ses paumes. Faut pas qu'elle ait froid. Pensée ridicule, objectif du moment.
Elle s'envole un peu avec elle.
Kleio éteinte.

Elle arrive à dégager l'image de son crâne, elle fait l'effort, puisant dans une volonté encore inconnue. Parce qu'elle a pas le droit de s'évader. Elle pas le droit de se faire rafler par le cauchemar. Le cauchemar est terminé maintenant. À en faire jalouser Jésus et sa cour, Kleio est ressuscitée. Alors y'a plus que le son de l'horreur. La foule, la détonation. Le hurlement qui bat des ailes dans la gorge, le cri qui s'envole pas de la cage. Et la voix de la cousine qui se loge entre deux répétitions. « Am I alive ? » Si la distorsion de réalité s'est pas invitée dans son crâne, si tout ça c'est pas le fruit d'une cervelle qui lâche, oui, c'est le monde réel ici. Les cousines sont pas paumées dans leurs enfers respectifs. Pas encore. Elle tient l'inimaginable entre ses mains Andy. Mais y'a rien de miraculeux là dedans. Elle prononcera jamais ce mot. C'est pas une bénédiction. Pas vraiment. L'immortalité comme l'hypermnésie, ça a l'air cool comme ça. Mais c'est une foutue malédiction. C'est des foutus barreaux plantés dans l'encéphale. Ça fait saigner la raison et bousculer l'équilibre. C'est un cadeau empoisonné, elle a assez de conscience pour le comprendre. Alors non, rien de miraculeux là dedans.« Obviously. » Elle relâche le mystère sur pattes avant que la trépassée ne forge à nouveau le contact. Les rôles s'inversent, les Brixton ont besoin de toucher pour vérifier, pour se situer. Enfer ou réalité. Folie ou vérité. Y'a pas que leurs oreilles décollées pour les foutre sur le même arbre généalogique. Y'a tout un système de logique dans leurs gênes britanniques. « Andy, help me, please...  I'm cold... » Elle a pas l’habitude qu'on vienne solliciter son aide, Andy. C'est jamais à elle qu'on demande, c'est une loque la poupée, on la croit pas capable de faire autre chose que de réciter ce qu'elle a vu. Parce que, justement, elle est pas capable. Entre la prison de souvenirs qui l'arrache au monde et les noyades dans le rhum, y'a pas la place pour être efficace. Mais là, y'a pas le choix. Là, elle doit enfiler la culotte de super-héroïne, ou d'infirmière par dessus sa blouse de pharmacienne. « Come with me. » Elle a pas l'audace de la laisser seule, y'a déjà les phalanges qui l'entraînent dans la pharmacie avec elle. La ressuscitée est abandonnée au milieu de la boutique, le temps de se glisser derrière le comptoir. La dévouée d'un jour plaide une urgence familiale auprès du collègue, promet d'appeler le patron et un échange de faveurs. Il pose le regard la silhouette enveloppée dans le drap et ça la démange d'aboyer d'arrêter. C'est pas un animal du zoo Kleio, c'est pas une échappée d'asile mise en exposition pour les voyeurs et les curieux sans gêne. Cette œillade déplacée la ferait presque sortir les griffes. Dommage qu'elle se les est brisés à force de creuser sa tombe. Mais il comprend qu'il dit. Bien sûr que non, mais elle force le remerciement quand même Andy. Et elle file derrière récupérer ses affaires, profitant du chemin pour faire tomber une boîte de narcotiques dans sa poche.

Elle retrouve Kleio, l'aide à enfiler la veste par dessus la toge improvisée. « Why they didn't give you anything else to wear, seriously. » Elle râle. Elle crache jamais Andy pourtant. Y'a jamais assez d'énergie ou d'intérêt pour ça. Elle est pas crevée au fond de son trou encore faut croire. Y'a encore de l'espoir pour se rattacher à la terre. Y'a peut-être moyen de remonter à la surface. Une main derrière l'épaule, elle la pousse et l'emmène à l'extérieur. Et la mémoire se tait jusqu'à l'appartement. Comme une mère qui protégerait sa gosse, les mirettes en alerte, elle fait gaffe aux voitures, aux gens, à la robe de fortune aux pieds de la cousine, à tous les dangers de la rue.

Chez elle, elle l'aide à se doucher, à se sécher, à marcher. Elle l'entortille dans un pyjama propre, la fout sous la couette, fredonne même des comptines anglaises que ses neurones décident de lui offrir. C'est une grande personne aujourd'hui Andy. Elle s'en va préparer le thé, déloge du carcan le bonbon et elle est bientôt agenouillée sur le matelas posé au sol. « Take this. » Elle tend la tasse et le comprimé. « To help you sleep. »

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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Sam 9 Sep - 1:13 ()
Painkiller

Elle l'appelle à l'aide. Comme elle tentait vainement de hurler, de supplier pour que quelqu'un vienne la libérer du cauchemar dans lequel elle était enfermée. Pourtant, à ce moment-là, personne n'était venu à son aide. Pas Kaïs, ni Andy. Personne. Elle était seule, et tout espoir de voir le salut disparaissait à mesure qu'elle sombrait dans les profondeurs d'un océan infini, sans fond. Mais elle est là maintenant, le visage enfermé entre les mains de la blonde. Andy, elle est là pour elle. Pour l'aider, pour ne pas la laisser seule face au retour à une réalité qui lui paraît bien trop distante, comme séparée d'elle par un voile épais, indéchirable. Et pourtant, elle est vivante. Elle est bien revenue d'entre les morts. Elle a la confirmation d'Andy. La confirmation sans faille de l'hypermnésique. Elle ne peut pas remettre en doute la parole de sa cousine, parce qu'elle se souvient de tout. Parce que Kleio elle-même se souvient de ses derniers instants. De ce bruit qui continue de siffler à son oreille, de son crâne qui se perce sous l'effet d'une balle perdue, de la vie qui s'échappe immédiatement d'elle, sans même lui laisser de faire quoi que ce soit. C'est tout ce qui lui avait fallu, une poignée de secondes, pour quitter le monde des vivants et rejoindre celui des morts, cet enfer qui la hante depuis son réveil.

« Come with me. »

La main se tend sous les yeux de Kleio. Elle n'a aucune réaction quand la cousine la coince entre ses phalanges, lorsqu'elle l'attire vers la pharmacie. La main tenant tant bien que mal le morceau de tissu, elle se retrouve au bout de quelques minutes au milieu de la pharmacie. Et son regard de balayer la pièce, la peur de prendre possession d'elle. Elle ne se sent pas à l'aise ici, scrutée par un homme qu'elle ne connaît pas et avec qui discute Andy. Elle voudrait disparaître, devenir invisible pour ne plus sentir le poids de ce regard beaucoup trop lourd pour elle. Comme un animal piégé dans une cage, exposé à la vue de tous. Elle commence à trembler la blonde, les larmes débordent presque de ses yeux suppliants quand elle voit Andy disparaître à l'arrière de la boutique. Elle se sent abandonnée, elle a l'impression d'être un nouveau né prêt à fondre en larmes parce qu'il ne voit plus maman. Et à cette impression désagréable s'ajoute la culpabilité de la ressentir. Parce qu'elle n'est pas censée être une enfant, parce qu'à son âge, elle est censée savoir se débrouiller seule. Mais elle ne s'en sent pas capable, elle ne se croit pas en mesure de s'occuper d'elle-même seule. Qu'elle semble lointaine, l'image parfaite donnée à la résurrection par les séries et films. Non, ce n'est pas aussi parfait que ce qu'ils s'imaginent. Non, ce n'est pas un simple réveil. Non, elle ne se contente pas de se réveiller avec le souffle court et de la transpiration sur le front. C'est bien plus que ça. C'est quitter un enfer pour en rejoindre un autre, à la simple différence qu'elle ne peut pas fuir celui de la réalité.

« Why they didn't give you anything else to wear, seriously. »

Elle se contente de répondre par le silence, alors qu'elle enfile tant bien que mal la veste offerte par la cousine. Ils n'ont pas pu lui donner autre chose, parce qu'elle ne leur a pas laissé le temps de le faire. A peine réveillée qu'elle fuyait déjà cette pièce aux lumières brûlantes, ces hommes habillés en tenues médicales. Elle pourrait le lui dire. Ce serait sans doute compréhensible. Se réveiller d'une mort n'est sans doute pas la chose la plus agréable du monde. Mais elle ne l'ose pas. Parce que ce serait avouer qu'elle est faible, peureuse, lâche. Qu'elle n'a pas osé affronter le regard du médecin chargé de son autopsie. Elle ne l'a croisé que durant une fraction de seconde. Mais elle se souvient encore de la terreur dans ses yeux, de cette lueur qu'elle a vu y briller. Et elle a su immédiatement qu'elle devait fuir cet endroit. Mais ça non, définitivement, elle ne peut l'avouer ni à Andy, ni à elle-même. Alors elle se contente de répondre à sa cousine par un simple sourire, tout en caressant de sa main la veste qui lui recouvre désormais les épaules et le buste.

Elle se laisse guider jusqu'à la sortie, oubliant aussitôt l'existence même du pharmacien qui, pourtant, fut la cause de ses maux quelques minutes auparavant. Dans un silence de mort, elle suit Andy à travers les rues, le tissu toujours tenu par la main droite, seule séparation entre son intimité et le monde extérieur. Jusqu'à arriver chez Andy, jusqu'à enfin laisser tomber le drap volé à la morgue.
Désormais nue, elle suit l'invitation de sa cousine jusqu'à la douche. Le jet s'enclenche, les premières larmes coulent, le bras agrippe et se resserre autour de celui de sa cousine. Elle se crispe, quand l'eau atteint son visage, la respiration s'accélère. Elle se noie. Ou du moins, elle revit les sensations de la noyade, de ses poumons brûlants qui se remplissent d'eau. Et, masquées par le jet, les larmes coulent le long de ses joues. Et à son grand malheur, ne s'arrêtent pas lorsqu'elles sortent de la douche, lorsque Andy la sèche et l'enferme dans un pyjama pour la conduire au lit. Elle veut la faire dormir, la couve comme on couverait un enfant.  Elle s'éloigne quelques instants, pendant que Kleio, couchée sur le dos, se contente de fixer le plafond au dessus d'elle jusqu'à ce qu'elle revienne.

« Take this. » dit-elle tout en tendant un comprimé et une tasse.  « To help you sleep. » Mais elle ne veut pas dormir. Pas maintenant. Pas après avoir dormi de cette façon, pas après s'être réveillée comme ça. Elle a peur de s'endormir, de revivre dans ses rêves sa mort et les instants qui ont suivi. C'est une terreur qu'elle vit.

« No. I don't want to sleep, I can't... » Son regard se fixe sur celui d'Andy. Elle se sent gamine, incapable de raisonner comme une adulte. Et ça la ronge de se voir comme ça, parce qu'elle est pas habituée à ça. Mais elle n'est pas habituée à mourir. « I don't want to go back there. » Elle ne prend ni la tasse ni le comprimé, mais tend la main pour attraper celle de la blonde. « Stay with me please, I can't be alone. I was so scared. Don't leave me. »
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Sam 16 Sep - 0:24 ()

« No. I don't want to sleep, I can't... » Elle comprend pas le refus. Andy, elle rêve d'allonger ses nuits, au pire tailler au maximum dans les heures d'éveil, au mieux se mettre en veille pour toujours. Elle rêve de ténèbres où le silence s'fait grand seigneur et où le vide compose à lui seul le décor. Qu'aucune, vraiment aucune, information de plus ne vienne se caler dans ses tiroirs à mémoire, ils dégueulent déjà trop de souvenirs. Dormir, c'est le meilleur moyen de se couper de la réalité, encore mieux que les sucreries qui font planer. Encore mieux que l'océan de liqueur qui sépare et déconnecte. La conscience en off, c'est le meilleur moyen pour oublier. Rejoindre le néant pour se dégager de l'enfer.
Elle comprend pas mais elle retient les jugements, sa prison n'est pas la sienne. Les barreaux sont pas coulés dans le même métal, la tyrannie du geôlier se temporise pas sur la même mélodie. Sa solution n'est pas forcément la sienne. « You need to rest. » Y'a que ce conseil là qu'elle peut babiller, que cette conclusion qu'elle arrive à tracer. Mais elle ordonne rien la gamine. Elle a toujours pas cette autorité et le courage qu'il faut. Elle est toujours ce bout de chiffon aux formes humaines irrégulières. Ce stock des cinq sens qui pompe sur le reste.

Les doigts s'écrasent sur la paume, dissimulant la pastille magique. Elle obligera rien Andy. Elle s'imposera pas bourreau sous la blouse de guérisseuse. « I don't want to go back there. » Elle en ferait craquer le palpitant de sa cousine, Kleio. À la faire pleurer jusqu'à en fendre les côtes. Empathie, compassion, compréhension, pitié, c'est le gros sac d'émotions qui viennent la fissurer. Elle a la peine de Kleio qui se plante dans le cœur, à en faire gonfler l'impuissance, à en faire verser les larmes de l'embarras quand la peau glacée rencontre un autre bloc de glace. « Stay with me please, I can't be alone. I was so scared. Don't leave me. » Ça s'effondre en silence quelque part dans un coin de l'âme.
Ça tord le ventre de la voir comme ça. Et si elles n'ont jamais été fusionnelles, la faute à la distance et au vagabondage d'un Brixton hyperactif, y'a toujours eu un attachement naturel. Un lien qui s'est cousu, tout seul, des doigts de Kleio à ceux d'Andy. Parce que c'est comme ça, parce que y'avait rien de plus inné. Et elles ont emballé le tout dans l'imposante bulle griffée du sceau familial. Et les fils qui les relient se sont tintés d'or, le véritable, celui qui rouille pas sous l'acide du temps.

Elle dépose tasse et friandise sur le parquet avant de se tortiller à son tour sous la couette. « Of course I'll stay, I can't leave you. Never. » L'orpheline, l'abandonnée, les survivantes. Un duo qui continuera de fouler les planches. Visiblement, par delà la mort. Les prunelles rivés au plafond, écran de cinéma éphémère. Les images d'archive roulent  là haut. Et Andy, elle arrive à faire avance, stop, play. C'est la première fois. Elle se souvient pas d'un autre moment identique. Mais elle s'attarde pas à ce premier contrôle de malédiction. « Remember the summer when … » Elle aimerait sourire pour la rassurer. Elle aimerait balancer blagues sur blagues pour déclencher un rire. Mais elle a pas le don pour ça. Alors elle fait ce qu'elle sait faire de mieux, elle débite les souvenirs. Les après-midis de l'enfance dans les jardins d’Angleterre, les coups de fils qui ne connaissaient pas le décalage horaire. Les vies pendues à leurs lèvres, les millions de choses clamées, les milliards de rires partagés. L'amitié qui n'a pas craint l'éloignement et les merdes venues paver leur routes. « And you said... » Les détails glissent comme une comptine. L'histoire des gamines insouciantes, des ados brisées, des adultes paumées se déroulent sur la langue.

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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Sam 16 Sep - 3:53 ()
Painkiller

« Remember the summer when ... » Et elle se tait Kleio. Elle se tait et elle écoute la cousine, elle boit chacune de ses paroles et dessine les souvenirs racontés par la Brixton. Elle avait presque oublié tout ça la blonde, et aurait été incapable de raconter leurs aventures d'enfance dans les jardins anglais, leurs rêves de grandeur et leur folie innocente avec autant de détails. Mais alors qu'elle se plonge toute entière dans le discours de sa cousine, elle ne peut s'empêcher d'imaginer un voile entre elle et les événements, comme si ceux-ci appartenaient à une autre vie, à une autre personne. C'est peut-être le cas, même si Kleio a du mal à en comprendre toute la signification. Plus qu'une résurrection, c'est une sorte de renaissance qui s'est offerte à elle. Comme si, dans le même corps que l'ancienne, une nouvelle Kleio venait d'éclore en même temps que son cœur se remettait à battre, son cerveau à faire son boulot. Le regard rivé vers le plafond, à moitié vide, elle sent la fatigue arriver mais tente de lutter, alors qu'Andy continue de conter leurs vies. C'est cette vie-là qu'elle veut récupérer, loin des bizarreries en tous genres, loin des disparitions et de tout le bordel qui a eu lieu à Paris, loin des tensions palpables entre les habitants de la capitale. Loin de ce monde de fous, loin de la connerie humaine. C'est à cette enfance qu'elle veut revenir, quand la plus grande injustice du monde était de voir Andy partir loin, très loin d'elle sans qu'elle ne puisse rien y faire. Mais elle ne peut pas faire ça, elle qui est devenue un miracle sur pattes. Elle ne peut pas revenir en arrière, elle ne peut pas changer leur vie à toutes les deux. Et aujourd'hui, ces deux gamines semblent tellement loin des femmes qu'elles sont devenues. Deux galériennes, incapables de vivre aisément, perturbées jusque dans leur esprit par une malédiction dont elles n'ont jamais voulu. Et qu'elles doivent supporter jour après jours, sans doute jusqu'à la fin de leur vie. Ou de ses vies, concernant Kleio. « And you said... » Elle se souvient parfaitement de ce moment-là, comme s'il n'était arrivé que la veille. Elle n'a pas la mémoire d'Andy et pourtant, parmi le bordel que sont ses souvenirs, celui-là reste gravé dans sa mémoire. « I said you'll always be my best friend. » dit-elle, alors que ses paupières se ferment. Un thanks glissé entre les lèvres, avant de sentir le monde autour d'elle disparaître.

---

Le regard plongé dans les ténèbres de la nuit, les coudes appuyés sur  la traverse de la fenêtre, une cigarette coincée entre les doigts, elle se contente de rester ainsi immobile. Et si la fatigue est toujours présente, Kleio se refuse à retourner sur le simple matelas qui sert de lit, persuadée de ne pas pouvoir retrouver un sommeil paisible alors qu'il n'a été, jusque-là, que cauchemars et frayeurs. Elle avait refusé le médicament offert par Andy pour s'éviter ça et pourtant, couchée aux côtés d'une  cousine qui lui offrait leurs plus beaux souvenirs, elle avait fini par céder à la fatigue, s'abandonnant  bien malgré elle aux bras de Morphée. Une erreur de sa part, elle le savait. Et les quelques heures passées dans l'inconscience lui ont prouvé à quel point elle avait raison de redouter ce moment, de redouter les rêves qui allaient inexorablement envahir son esprit, pour mieux lui rappeler à quel point elle était enfoncée dans la merde, à quel point sa vie allait être foutue après sa renaissance. Elle aurait aimé ne jamais avoir ce pouvoir, ne jamais découvrir le merdier que c'était de revenir à la vie. Et elle se prend à se demander si, s'il a réellement existé, Jésus avait vécu la même chose qu'elle après sa crucifixion, au moment où lui aussi revenait d'entre les morts. Bullshits, se persuade-t-elle, en dépit de sa propre expérience. Ce n'est pas Dieu qui lui a refilé du jour au lendemain un tel pouvoir, ce n'est pas lui qui l'a transformée en monstre surnaturel capable de vaincre la Mort. Parce que si il existe, s'il est comme le disent les religieux, alors il serait incapable de commettre une telle torture sur une humaine qui, malgré sa grande gueule, n'a jamais rien demandé à personne.

L'esprit vagabonde au gré des aspirations sur le rouleau de papier. La douleur devenue désormais un simple souvenir, elle recommence à avoir des pensées claires, réfléchies. Elle recommence à se sentir capable d'exprimer des idées compréhensibles, à ne plus avoir cette impression d'être une gamine retardée incapable d'utiliser ses neurones et ses fonctions cérébrales. Elle pense à nouveau et rien que ça, c'est un soulagement pour celle qui pensait rester atrophiée du cerveau jusqu'à la fin de ses jours. He's dead... Immanquablement, alors qu'elle semblait l'avoir oublié, l'existence de son enfant lui revient en mémoire. La main qui passe sur son ventre, le visage qui se crispe. Elle n'a aucune preuve de ce qu'elle avance et pourtant, elle en est persuadée, lui n'est pas revenu d'entre les morts. Lui n'a pas acquis la même capacité que sa mère. Comment le pourrait-il, lui qui n'était même pas en état d'être considéré comme un fœtus. De lui, elle le sent sans pouvoir expliquer comment, il ne reste désormais plus rien si ce n'est le regret et la peine. Et un vide impossible à compenser.
Les premières larmes ruissellent le long de ses joues quand un bruit à sa droite la sort de sa torpeur. D'un geste vif, elle essuie alors ses pommettes avant de se tourner en direction de la cousine installée en tailleur sur le matelas, le regard pointé vers elle. « Hi, how's it going ? » La cigarette désormais arrivée au bout de sa vie termine deux étages plus bas, alors que Kleio s'éloigne de la fenêtre pour se rendre près de la table où sont stockées toutes les denrées alimentaires de la blonde. « I wanted to make a breakfast for you. You know, like those we used to eat. But you have, well... nothing. » Un sourire s'étire sur les lèvres de Kleio, sans qu'elle ne sache vraiment si Andy est capable de le voir, aidée seulement de l'astre lunaire. Et pourtant elle continue de sourire comme une idiote, pour la seconde fois depuis son retour à la vie. Et encore une fois, grâce à elle. « Don't worry, I know someone who can give us what we need. Or at least, enough money to buy it. »

Kaïs. Elle ne sait même pas s'il est au courant pour sa mort. Si quelqu'un l'a prévenu que sa meilleure amie venait de succomber à une balle en pleine tête. Sans doute pas. Les seuls à en avoir la possibilité sont Andy – et elle ne le connaît pas, pas assez pour savoir comment le joindre en tout cas – et son mec. Qui déteste Kaïs, pour d'obscures raisons. Et c'est un sentiment de culpabilité qui commence à la ronger. Elle ne sait pas combien de temps elle est partie – quelques jours ? combien ? – ou s'il est au courant, et elle s'imagine déjà se pointer chez lui pour lui demander de la bouffe ou de la thune. Sans même pouvoir anticiper la réaction qu'il aurait en la voyant débarquer à l'improviste. Prions pour qu'il ne soit pas au courant, pense-t-elle, tandis que ses pas la ramènent sur le matelas où se trouve encore Andy. S'allongeant, elle tire dans le même temps l'épaule de la cousine pour la forcer à se coucher elle aussi, avant de se lover dans ses bras. Une enfant, dirait-on, qui a peur de dormir seule. Sauf qu'elle ne dort pas, et se contente de rester ainsi, à profiter d'un peu de chaleur humaine. « He's dead. » sont les seuls mots qu'elle parvient à prononcer, la gorge nouée à son maximum pour étouffer les cris de détresse qui tentent de s'en extraire.
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Lun 25 Sep - 21:59 ()

Les rayons de lune pour lumière. La respiration régulière de Kleio pour berceuse. Elle lutte, Andy. Pour pas sombrer dans sa solution. Au cas où la belle endormie cauchemarde, panique. Ou que son cœur s'arrête une nouvelle fois de pomper le carmin. Elle griffe les bras de Morphée pour pas se faire emmener. Malgré la tentation, malgré le soulagement qui l'y attend. Les opales séchées et ridées de sang, les paupières de béton, la langue écrasée entre les molaires, elle résiste. Peut-être deux ou trois heures. Mais le quintal du sommeil finit par l'assommer. Et elle s'enfonce dans les ténèbres salvateurs.

---


L'esprit sort du brouillard. La mémoire se réveille. Et la journée précédente danse derrière les rétines et au fond des tympans. Vitesse accélérée. Vertige. Nausée. Un battement de cils et l'ouragan de souvenirs s'éteint après trois cycles. Elle se redresse dans un bâillement de chaton. D'abord effrayée par l'absence de silhouette endormie à ses côtés. Puis le soulagement vient l'apaiser quand Kleio apparaît dans le décor. « Hey. » La faiblesse a rattrapé la détermination. Elle a pas pu s'empêcher de s'accorder quelques heures de trêve dans ce quotidien de malédiction. Elle s'en veut la poupée. Elle a pas assuré. Elle lui a tendue la main avant de la retirer. Elle a accepté de fournir l'aide avant de le poignarder. Elle est plus faite pour secourir, faudrait déjà enlever la boue dans laquelle elle s'enterre un peu chaque jour avant de jouer les bras qui retiennent la descente dans le gouffre de quelqu'un d'autre. « Hi, how's it going ? » As usual. Ou pire, peut-être. C'est le feu qui dévore lentement les membres. C'est la mort lente dans la prison de chair. Mais elle s'est résignée la blonde. Elle croit plus à la remontée. Malgré certains sursauts. Malgré certaines éclaircies. On l'a assassiné. Y'a que l'agonie et l’instinct de survie fébrile. Tuée par la matière grise. Y'aura pas moyen de foutre le coupable derrière les barreaux. Y'aura pas de moyen de comprendre. « I should be asking you. » C'est pas Andy qui vagabondait dans les rues nues sous une toge improvisée. C'est pas Andy que le traumatisme vient de frapper.

« I wanted to make a breakfast for you. You know, like those we used to eat. But you have, well... nothing. » Elle s'inquiète jamais pour bouffer. Une boîte de maïs ou une boîte de bonbons magiques. Des piments dans le gosier quand l'estomac grogne. Ou simplement rien la plupart du temps. Elle a besoin du ronron de Riley exigà manger pour se rappeler qu'elle a besoin de se remplir le ventre de temps en temps. « Sorry. » Elle aurait pu aller chercher à manger et jouer l'hôte parfaite au lieu de ronfler. Et laisser Kleio seule ? No fucking way. « Don't worry, I know someone who can give us what we need. Or at least, enough money to buy it. » Même pas foutue de s'occuper de la cousine correctement. L'anémie dans les veines, le poison qui ronge l'os. Elle s'bat contre ses démons autant qu'elle peut Andy. Mais la poupée de sucre fait pas le poids. Même pour Kleio. C'est pas elle qu'elle aurait dû aller voir après la résurrection. Y'a pas assez de force dans les muscles pour servir de soutien. « My phone is right there if you want to call that someone. » Mais elle a pas le temps de montrer le portable d'un mouvement de menton que Kleio est déjà calée entre ses bras. Et c'est la gêne qui reprend le relais. Elle est pas à sa place Andy. Elle sait pas comment aider ou apaiser. Elle a pas d'armes ou de bouclier à lui donner. « He's dead. » Elle ignore qui se cache derrière ce « he » et ose pas demander. Elle se contente de rester là, d'être le support à larmes et la chaleur pour la réconforter. Y'a pas de mot pour soigner le deuil, y'a pas de baume magique pour soigner ces plaies là. Avec sa naïveté et sa maladresse elle risquerait d’aggraver le truc. Alors elle laisse le silence faire son œuvre.

Les minutes s'écoulent. Peut-être même une heure. À juste consolider l'étreinte. À juste être là. Elle peut pas faire mieux. Elle sait pas faire mieux. « Okay, time to eat, right ? » Elle tente quand même.
Peut-être que Kleio a juste besoin de penser à autre chose, au moins de remplir le crâne d'autre chose que sa mort. « I take you outside, that's okay for you ? » Elle se lève avant de tendre une veste à Kleio pour couvrir le pyjama. Toujours mieux qu'un drap. Et pas question de l'abandonner ne serait-ce qu'une dizaine de minutes.
Ou peut-être qu'elle a besoin de cracher le nœud coincé dans le ventre.
« Who's dead ? »
Ou peut-être que, justement, elle a pas besoin de ça. Juste qu'on lui foute la paix.
« If you want to tell me. »
Elle veut lui enlever un peu de peine, gratter un peu le chagrin si c'est possible. Mais elle a jamais lu le guide, elle a juste les rames.

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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Mar 26 Sep - 23:05 ()
Painkiller

Elle ne prête presque aucune attention à la réponse d'Andy. L'emplacement du téléphone ne l'intéresse finalement pas plus que ça. Elle ne se sent pas d'appeler Kaïs à cette heure-ci même si, le connaissant, l'homme ne dort certainement pas. Elle ne se sent pas de réapparaître via un simple coup de téléphone, alors qu'elle ne sait même pas s'il est au courant de sa mort ou non. Non, elle préfère le voir directement, lui montrer qu'elle est bien vivante, qu'elle n'est pas un fantôme, une hallucination ou une farce. Non, elle ne veut pas l'appeler, et c'est pour cette raison qu'elle ne laisse pas le temps à Andy de lui montrer où se trouve l'appareil, qu'elle vient se lover entre ses bras sans un autre mot. Et tandis que ses propres bras se referment autour de la cousine, elle se laisse bercer par le néant de l'inconscience, se laisse transposer dans le monde des songes.

« Okay, time to eat, right ? » Elle ouvre difficilement les yeux, relève lentement le regard en direction de sa cousine. Combien de temps s'est écoulé depuis qu'elle s'est endormie ? Elle ne saurait le dire. Lâchement, sans aucun remord pour une Andy forcée de la garder  confortablement contre elle, dans ce cocon de réconfort que Kleio s'est construite le temps d'une nuit, elle a préféré fuir le monde et la conscience pour rejoindre celui des songes. Des songes qui furent bien plus doux que ceux qu'elle a connu tout à l'heure, pour son premier sommeil depuis sa résurrection. Elle garde pourtant ces pensées à l'intérieur de son crâne, se contente d'approuver d'un hochement à la question de la blonde. C'est avec cette idée qu'elle s'était levée un peu plus tôt, avant de se rendre compte qu'Andy n'avait tout simplement rien à préparer. Juste quelques boîtes qui traînent dans un coin de la table, rien qui n'ait donné d'idée à Kleio. Mais la faim commence à pointer le bout de son nez, l'estomac commence à gronder à la simple idée d'avaler quelque chose. « I take you outside, that's okay for you ? »

Et tout s'arrête d'un coup. Elle reste immobile, le regard fixé sur Andy tandis que cette dernière quitte le simple matelas servant de lit pour attraper une veste et la lui tendre. Sortir. Quitter ce fort invisible qu'est l'appartement, abandonner le confort et la sécurité de cet endroit pour s'exposer entièrement au monde extérieur, à ses bruits agressifs, à ses dangers mortels. Si elle était parvenue à  se balader seule, avec pour seul vêtement un drap blanc, dans les rues parisiennes, c'était pour fuir l'endroit infernal où elle était, pour fuir ces médecins qui ne voyaient en elle qu'un banal cadavre, un peu de viande à découper. Là, elle n'a rien à fuir, il n'y a rien qui la mette en danger, qui l'oppresse. Bien au contraire, elle préférerait rester là encore longtemps, se perdre dans ce matelas pour ne plus jamais en sortir. Et en gamine puérile qu'elle est, la blonde se contente de balayer le regard entre Andy et la veste posée à côté d'elle. Elle pourrait refuser de sortir, lui demander de rester là et de se contenter de ce qu'a la jeune femme sur sa table. Surtout au vu de ses économies, déjà proches du néant avant sa mort, et sans doute encore un peu plus enfoncées dans le rouge une fois son trépas déclaré. Mais le non refuse de quitter sa gorge, se bloque contre son palais. Elle ne peut pas refuser la proposition d'Andy, elle ne peut pas la décevoir alors qu'elle se sent déjà abuser de sa patience. Alors, après un « oui » timidement lancé, elle se redresse et enfile la veste par dessus le pyjama. Elle abuse d'elle. C'est la première réflexion qu'elle se fait lorsqu'elle se voit ainsi habillée, portant sur elle uniquement des vêtements appartenant à sa cousine. Et elle, elle n'a rien, rien d'autre que sa propre personne pour emmerder une Andy qui n'a rien demandé à personne, et surtout pas de devoir veiller sur sa cousine déphasée.

« Where do you...Who's dead ? » La question la coupe dans sa phrase, et elle ne répond dans un premier temps que par le silence, en recherche d'un souvenir sur ce qu'elle aurait pu dire à Andy. He's dead. Ce qu'elle lui a dit avant de s'endormir, alors qu'elle était à moitié assoupie. Presque instinctivement, elle porte les mains sur son ventre. Évidemment, elle ne sent rien. Tout comme elle ne sentait rien avant son accident. Mais, cette fois, elle a cette impression qu'il n'y a vraiment rien dans son utérus, que ce bébé à naître n'est plus qu'un souvenir, un rêve tué dans l'oeuf. « If you want to tell me. » Elle aimerait bien le lui dire. Mais elle ne sait même pas s'il l'est vraiment, ou s'il a bénéficié lui aussi du pouvoir de la mère. S'il a survécu, s'il est revenu d'entre les morts. Elle ne sait rien de tout ça, mais elle le ressent, le croit de toutes ses forces. Il est mort.

« I can't, sorry... » Parce que le dire rendrait la chose plus réelle. Trop réelle. Parce que ce n'est pas le moment de s'encombrer d'un tel poids alors que le stress de la résurrection lui plie encore les boyaux. Parce que, aussi, elle ne peut pas lui en parler avant d'en être certaine, avant d'en avoir parlé avec Gauthier. Ou Kaïs. Elle n'a jamais su, et ne le saura probablement jamais. « I'm ready. » Elle préfère changer de sujet, oublier cette connerie qu'elle a failli balancer, ne plus penser à tout ça.
Dans une tentative risible, elle offre le meilleur sourire possible à Andy avant de se diriger vers la porte de l'appartement. Sans un sou sur elle, prête à vider la cousine de ses derniers deniers. Mais elle remboursera, se promet-elle. Elle lui doit bien ça. « Where do you want to eat ? » Sans doute un fast food, ou un stand à la con. Il n'y a pas grand chose par ici, et les bouffes les plus saines sont de loin les moins accessibles pour les deux pauvres que sont les cousines Brixton. Au pire des cas pourront-elles tenter de courir pour ne pas payer, en priant pour ne pas être rattrapée. Kleio est de toute façon plutôt tranquille, c'est difficile de porter plainte contre une morte.

Dans la cage d'escalier, le silence s'installe tandis que les deux femmes descendent les marches. Un silence de plomb, que Kleio n'aide pas à briser tant elle se contracte à mesure que l'extérieur s'approche. « Andy, did you see Gauthier since I... died ? »
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Dim 29 Oct - 20:32 ()

« I can't, sorry... » Alors elle n'insiste pas. Le respect avant la curiosité. LA décence avant indiscrétion. Peut-être même qu'elle n'aurait pas tenu une autre conversation chargée d'émotions et de compassions. Pas assez d'énergie, pas assez de sens du sacrifice. Elle en est presque soulagée, l'ingrate. D'avoir un temps de répit entre deux réconforts à offrir. Elle acquiesce en silece pur montrer qu'elle comprend, pour balayer le sujet d'un léger mouvement de tête. Elle est polie Andy, surtout quand elle a peur d'écraser des œufs de ses orteils maladroits. « I'm ready. » Elle enfile un gros gilet de laine, n'ayant attendu que le feu vert de la cousine pour ne rien urger. Elle fait semblant de gober le sourire offert par Kleio, presque admirative d'un truc anodin qu'elle n'arrive elle-même à ne plus feindre.

Elle fouille dans la poche d'un jean balancé sur le tas de vêtement, retirant tout l'or qui lui reste pour le mois. Elle paye pas de loyer pourtant, on débourse rien quand on squatte un taudis abandonné. Mais la paye passe dans les dragées de rue qu'elle n'ose pas tout le temps dérober à la pharmacie. C'est dommage, elle pourrait s'offrir un peu plus de confort au lieu de ça. Mais le confort, elle est pas sûre de le mériter.

« Where do you want to eat ? » Les opales rivées sur le billet bleu. 20€, la fortune des fins de mois. « Actually, if you don't mind and if you are able to run... we can go out for « cheap » tacos ? » Pour ça, Andy, elle pourrait faire un marathon. Elle est pas une voleuse ou une arnaqueuse la poupée blonde. Mais quand il faut faire les comptes pour ses narcotiques, elle devient soudainement maline, la camée.

Puis plus rien, plus que le bruit des pas frappant les marches. Plus quelques coups d’œil jetés en arrière pour guetter Riley. Le seul qui pourrait tout compromettre. En un claquement de doigt, en un seul mot, en un seul ordre. Mais il n'y a que les deux loques Brixton qui zonent dans le coin. Elles et le silence avant qu'une nouvelle question claque l'air. « Andy, did you see Gauthier since I... died ? » La réponse roule dans la gorge, se tapit dans l'estomac. Elle sait pas trop comment lui annoncer la vérité. Toute la vérité. Pas seulement celle qui l'arrange. À s'en arrêter entre le premier étage et le rez-de-chaussée. « Just on the phone. » La paume trouve le bras de la cousine pour la stopper aussi. « He's… he was....I mean, he didn't cry. » Elle a pourtant sentie tout le desespoir à l'autre bout du combiné. Elle a senti le même déchirement de palpitant, le même chamboulement. Il a pas pleuré non, mais elle a sentie les larmes. « He really was sad. » Elle tente de rassurer, parce que la suite de l'histoire est moins tendre, moins digne d'un conte de fée. « But he was more upset about something else. » Elle inspire le courage, gonflant les poumons d'assurance. « He asked weirds questions. » Elle se perd dans le monologue, elle sait pas comment babiller le nœud coincé dans la gorge. « I think he thought you were cheating on him. »  Doute ou pas, le deuil n'excuse pas les questions. La profanation de l'âme non plus. « I didn't say yes or no, it's not my place. And even so, i don't know, and you do what  you want, obviously. » La phrase débitée rapidement. La culpabilité et le tort jeté à la poubelle, fermant le couvercle, verrouillant la benne, elle même balancer dans les profondeurs d'un océan lointain.

« But really, I assure you he was sad. Very very sad. Very miserable. Barely breathing because of the all sadness thing. He really was in love with you, I can tell. » La confusion contre le palais, la bouche desséchée, elle en tremble presque la poupée. « Nevertheless... I don't know, I was expecting tears or even more... I don't know. You have or had a strange boyfriend. Period. »

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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Ven 17 Nov - 18:46 ()
Painkiller

Elle regrette presque d'avoir posé la question lorsqu'elle voit sa cousine sortir un billet de la poche d'un pantalon négligemment posé sur la pile de vêtements. Parce qu'elle aussi sait ce que ça fait de vivre dans la misère, à devoir compter chaque sou pour pouvoir tenir jusqu'à la fin du mois, jusqu'à la prochaine paie. Dans le dos d'Andy, elle ne peut qu'exprimer un sourire gêné, en voyant la situation dans laquelle elles sont, elles, les deux cousines fauchées. Sans doute ont-elles été de véritables tortionnaires dans une vie passée. « Actually, if you don't mind and i you are able to run... we can go out for « cheap » tacos ? » Le sourire devient sincère lorsqu'elle fait sa proposition. Elle est pas comme ça Kleio, à voler à tout va, ou à voler tout court. Mais les circonstances pourraient s'y prêter, les excuses – désolée, dans ma résurrection, je n'ai pas eu la présence d'esprit d'aller retirer – suffisantes pour qu'il n'y ait aucune culpabilité à agir de la sorte. De  toute façon, elles sont déjà les lies de la société, rejetées de tous parce qu'elles ne rentrent pas dans le cercle fermé des privilégiés ou des disparus. Ces gens partis sans un mot on-ne-sait-où, et revenus sous les feux de la rampe, projetés en première ligne dans les médias et les soirées organisées par les puissants. Elles ne font pas partie des puissants, personne ne voudrait d'elles. Alors pourquoi se gêneraient-elles ? De toute façon, toutes les excuses sont bonnes pour se laisser aller au vol. Surtout lorsqu'il s'agit de denrées qu'elles ne peuvent se payer autrement. « I think I can. »

Le silence finit par s'installer alors qu'elles longent le couloir de l'étage où vit la poupée Brixton. Un silence qui, pour une fois, sonne agréablement aux oreilles de Kleio. Il n'est pas lourd, il n'est pas gênant, simplement agréable pour la blonde, qui ne cherche pas à le rompre, pas même lorsqu'elle voit sa cousine jeter de rapides coups d'oeil en arrière en passant devant une porte. Pas de questions indiscrètes, rien qui ne pourrait gâcher ou, au moins, gêner les retrouvailles entre deux cousines qui ne pensaient certainement jamais se revoir. Pourtant, malgré cette réticence à l'ouvrir, malgré cette envie de maintenir ce silence seulement perturbé par le bruit de leurs pas, une question continue de lui brûler les lèvres. Une question qui la hantera sans doute tant qu'elle ne la posera pas. Alors elle tente, elle se jette à l'eau, et Gauthier finit par arriver sur le tapis, brisant le silence jusque-là tranquillement installé. Et si elle n'a pas vraiment réfléchi à quel type de réponse pourrait lui donner sa cousine, elle ne s'attendait pas à ce qu'elle interrompe sa descente des escaliers avant de lui faire arrêter, à elle aussi, sa marche. « He's... he was... I mean, he didn't cry. »

Oh.
Il y avait tant et tant de scénarios, des petits morceaux d'histoire dessinés à même l'esprit de la jeune revenante. Il y avait les larmes, les explosions de tristesse ou de colère. Elle s'était imaginé des dizaines de possibilités, toutes plus cohérentes les unes que les autres. Il n'était pas homme à se laisser aller à la moindre contrariété, bien trop viril, bien trop orgueilleux, pour tomber dans quelque chose de la sorte. Mais elle espérait, au fond, qu'il puisse verser une larme pour sa mort. Qu'elle soit devenue, au fil du temps, son point faible, la clé pour pénétrer l'armure qu'il s'était forgé à grand coup de stéréotypes. Quel cliché, quelle stupidité aussi. Avec ses scénarios débiles, ses idées venues d'un autre monde. En quelques mots, toutes ses croyances venaient de s'effondrer, tel le château de cartes qu'elles étaient. « He really was sad. » Elle aimerait tant croire en ces paroles, en cette idée qu'elle comptait pour lui, qu'elle n'était pas qu'un simple passe-temps qui s'était éternisé. Qu'elle n'avait pas foutu en l'air une relation saine, sérieuse, pour un connard manipulateur. « But he was more upset about something else. » Le regard se relève aussitôt, interrogateur, intrigué. « He asked weird questions. » Like what ? demanderait-elle, si la question ne restait pas coincé en travers de la gorge. Quelles questions aurait-il pu poser à Andy. Weird, bizarres... Qui n'ont pas de rapport avec sa mort, sans doute. Andy n'hésiterait pas autant avant de cracher le morceau, elle n'aurait pas autant de difficultés à en parler. « I think he thought you were cheating on him. »

Oh.
Il attend sa mort pour en parler à Andy. Il attend qu'elle ne soit plus de ce monde pour faire part de ses doutes à sa cousine. Il attend qu'elle ne soit plus là pour cracher sur son nom...et sa mémoire ? Les scénarios brisés s'éparpillent un peu plus sur le sol, les phrases d'Andy deviennent plus vagues, comme si sorties d'un songe. Il avait des doutes. Et il n'en a jamais parlé, n'a jamais rien montré là-dessus. Il a toujours feint l'ignorance devant elle, s'est toujours paré de cet habit d'ignare heureux. Leur couple n'était finalement que ça ; des mensonges, et encore des mensonges.

« ... was in love with you, I can tell. » Amoureux. Menteur. Comme elle. Ils se sont bien trouvés, finalement. « I...Nevertheless... I don't know, I was expecting tears or even more... I don't know. You have or had a strange boyfriend. Period.Yeah, he is... »

Il se doutait de quelque chose... et n'a jamais rien dit. Elle ne sait toujours pas quoi penser de tout ça, alors que les deux jeunes femmes arrivent désormais au rez-de-chaussée. Il a attendu sa mort pour en parler. Pour en parler à Andy. Avait-il fait de même avec Kaïs ? Ou, justement, le soupçonnait-il d'être ce fameux amant ? Elle le comprend. Lui et elle étaient amis avant qu'elle ne trompe Matt avec lui. Et Kaïs... est son meilleur ami, l'autre confident quand Andy n'est pas là. Les doutes naissent aisément, quand on connaît l'histoire de la blonde.

« I did it. » Les mots finissent par sortir de sa bouche, alors que devant elle Andy ouvre déjà la porte du bâtiment. Elle fait enfin ses aveux. Pas à la bonne personne, pas au bon endroit. Mais elle a ce besoin de le dire, de partager ce secret gardé pendant si longtemps. Et elle ne veut pas le dire à Gauthier. Pas maintenant, pas alors qu'il la croit encore morte. « I cheated on him... with the someone I was talking about. » Kaïs. L'ami, l'amant. Sans que jamais l'amour ne vienne jouer un quelconque rôle dans leur relation. C'était – c'est – son meilleur ami, celui en qui elle peut placer toute sa confiance. Mais il n'y a rien de plus entre eux, il n'y jamais rien eu de plus, et il n'y aura jamais rien. Ils ne finiront jamais ensemble, ne vivrons jamais ces si belles histoires d'amour des séries et dessins animés. « He never told me about his thoughts... but yeah, he was right, I had an affair, if we can call it like that. » Parce qu'il n'y a jamais eu de sentiments entre eux.

« So... about the tacos ?  »
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Sam 18 Nov - 17:15 ()

Et le silence pèse. Et la gêne pèse. Un peu plus à chaque marche. Elle aurait peut-être pas dû lui dire, pas de cette manière ou pas du tout. Elle aurait pu lui mentir. Elle aurait pu vomir ce qu'elle aimerait entendre s'il s'agissait d'elle et Aymeric.
Mais, gourdasse, elle a préféré l’honnêteté. À tort ou à raison, elle arrive pas à le déterminer. Elle aurait aimé souffler plus de douceur à sa cousine. Putain, à quoi elle pensait. Elle vient juste de claquer, elle aurait pu faire un meilleur pigeon voyageur, déposer quelques mots touchants, quelques phrases niaises d'amoureux désespéré. Mais non, la maladroite s'est faite rattraper par sa mémoire qui lui balançait la scène du téléphone avec Gauthier pendant qu'elle tentait d'en faire le résumé.

« I did it. » Elle répond plus rien la godiche. Y'a pas de jugement ou de morale à cracher de toute façon. Kleio fait bien ce qu'elle veut. « I cheated on him... with the someone I was talking about. » Ah. Elle hausse les épaules. « So what ? Whatever. I'm more surprise about Gauthier... didn't notice he could be smart enough for... wait how the french say this ? Ne pas voir plus loin que le bout de son nez ? »


Le froid lui mord les joues quand elles sortent du bâtiment. « He never told me about his thoughts... but yeah, he was right, I had an affair, if we can call it like that. » Au moins, elle, elle arrive à se détacher. Andy, elle aimerait pouvoir clamer la même chose. Mais entre Aymeric le fantôme qu'elle s'acharne à garder et Riley le bourreau avec qui elle se laisse enchaîner, y'a pas de quoi se vanter. Y'a même rien en dire. Elle a trop honte la blonde. Même ça, elle peut rien en dire. Elle peut pas avouer. Elle peut pas. « If you are fine with that, good. »

« So... about the tacos ?  » Elle désigne du menton la rue à droite. « Not far from here. » Et sur le chemin jusqu'au restaurant, elles se mettent à plaisanter sur tout et rien. Andy arrive presque à sourire, ressentant presque l'euphorie qui vient après le désespoir. Sa cousine est pas morte, au final. Toute la scène macabre qui lui reste dans le crâne, en boucle, est tenace. Les émotions et le frisson qu'elle procure aussi. Mais maintenant, juste l'espace d'un instant, elle peut virer ça de sa caboche. Parce que le temps est à la fête, n'est-ce-pas ? La résurrection, c'est bien une raison de trinquer et de célébrer non ?

Les tacos sont bientôt commandés. La discussion de banalités sur des souvenirs d'enfance se fait toujours en anglais. Malgré tout un public pour les écouter. Parce que l'endroit est plein à craquer cette nuit. C'est le rendez-vous des soirées ratées ou des ventres à bière qui crient famine. Y'a le brouhaha qui l'empêche de capter les autres conversations. Et tant mieux, ça soulage sa cervelle qui en peut plus de stocker des infos. Encore et toujours.

Puis vient le moment de payer. « Three. » qu'elle chuchote à la cousine, lui décalant le sac posé sur le comptoir pour qu'elle le prenne. « Two. » Elle sort le billet de sa poche. Parce qu'en faisant semblant c'est mieux. « One. »

Et elles se mettent à courir, Andy pousse brusquement la porte. Les jambes frêles tiennent le choc, à en bousculer quelques passants. On entend crier. Mais elles tracent les deux fragiles. Les Brixton ne manquent jamais d'énergie lorsqu'il s'agit de gratuité.

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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Dim 19 Nov - 2:49 ()
painkiller


« Not far from here. » répond-t-elle à la question de la blonde, montrant une rue de la tête. Elle vit ici, dans cet arrondissement, et pourtant a cette étrange impression d'être une étrangère en ces rues, de ne pas être à sa place dans le quartier. Comme si elle venait d'autre part, comme si elle ne vivait pas depuis déjà plusieurs années dans le coin. Un effet secondaire persistant de sa résurrection sans doute, comme l'impression de naviguer entre deux mondes qui s'est maintenue un long moment après son retour. Mais ce sentiment s'évapore bien rapidement, quand Andy reprend la parole, parlant de tout et de rien, d'anecdotes diverses, de ces petites choses qui redonnent le sourire, font oublier la merde dans laquelle a été Kleio il n'y a pas si longtemps. Comme s'il s'agissait de deux jeunes femmes tout à fait normales, qui n'ont jamais été frappées par la cruauté d'un destin bien trop joueur, bien trop malsain, pour les pauvres âmes qu'elles sont. Pour la première fois depuis sa renaissance, elles ont l'air normale. De l'extérieur, rien ne laisse transparaître que l'une est hypermnésique au point d'en perdre a raison, et l'autre capable de revenir d'entre les morts en y laissant une partie de sa conscience.

« Wow, there's a lot of people... » Elles sont enfin arrivées devant le bâtiment qui héberge le restaurant rapide. Et sur le pas de la porte, le constat saute aux yeux de la blonde. Ils sont nombreux ici, très nombreux. Trop nombreux, même. A tel point qu'elle a un geste de recul, attrapant le bras d'Andy pour l'arrêter dans sa course. Elle ne se sent pas à l'aise, pourrait presque hurler de faire demi-tour et de fuir cet endroit sinistre, suintant la mort par tous les pores. Des âmes en décomposition, des morts en devenir, des cadavres ambulants, prêts à se noyer dans le grand océan, comme elle a elle-même manqué de le faire. Voilà ce qu'elle voit lorsqu'elle passe en revue les visages présents dans la pièce, et tous ceux qu'elle ne peut pas voir. Et elle bloque sur ça, sur cette impression d'entrer en enfer, sans pouvoir s'en défaire. Elle a beau savoir que ce n'est que des conneries, des résidus de son expérience, elle n'arrive pas à passer par dessus et faire le dernier pas qui l'emmènerait à l'intérieur du restaurant. Mais elle finit par céder face au regard interrogateur de la cousine, elle finit par franchir le pas de la porte, évitant tous les regards qu'elle pourrait croiser. Et c'est par le biais de sa cousine qu'elle commande son menu, profitant du cadeau involontaire du chef pour se prendre de quoi se remplir plus que correction l'estomac. « I saw a table near the windows, can we go there ? » Mais la cousine ne bouge pas du comptoir, n'amorce pas un mouvement. « Or we can stay here. »

L'attente du repas est rempli de banalités, de discussions en tous genres, d'anecdotes sur l'enfance et les moments passés ensemble, ou loin l'une de l'autre. Toujours en anglais, tout le temps en anglais. Elles ne peuvent pas se parler autrement, malgré toute ces années passées en France et dans la capitale, malgré leur maîtrise plus que correcte de la langue de Molière. Elles n'ont jamais essayé de passer à cette langue, n'ont jamais réellement voulu changer leurs habitudes. L'anglais a toujours été leur point commun, le lien entre elles, surtout depuis leurs retrouvailles à Paris, dans le mouvement révolutionnaire. C'est leur truc, leur petite spécialité dont elles ne pourraient jamais se débarrasser.

« Three. »
Elle pose discrètement la main sur le sac décalé par la cousine, se prépare mentalement à courir en visualisant la porte de sortie.
« Two. »
Le billet de vingt glissé hors de la poche d'Andy, elles échangent un dernier regard, un dernier sourire entendu.
« One. »
Et c'est le moment tant attendu. La montée d'adrénaline, le shoot d'hormones, l'énergie qui s'empare de chacun de ses muscles alors qu'elles passent la porte en courant, la poussant de l'épaule, sous les cris d'un propriétaire forcément mécontent. Les jambes tiennent le coup, maintiennent un rythme que Kleio ne se connaissait pas. Voler donne des ailes, surtout quand il s'agit de courir ou morfler. Ça donne une certaine motivation.

Mais l'énergie disparaît rapidement, sans doute trop rapidement au goût de la blonde. Les jambes deviennent fébriles, elle perd de la distance sur Andy. Le souffle est court, le mal de tête revient au centuple, comme si une armée de chevaux lui marchait sur le cerveau. La vision commence à se troubler, alors qu'elle tente de maintenir un rythme décent. Mais elle ne parvient même plus à se porter. Et elle chute. S'étale de tout son long sur le goudron, sous le regard amusé de quelques rares passants. Et reste ainsi, dans cette position tout sauf confortable. « I can't run, actually. Andy, help. » Ça pourrait ressembler à une supplique. Mais affalée sur le sol, le visage contre le bitume, elle n'est pas vraiment de ce à quoi ça ressemble, elle n'est même pas sûre d'avoir encore une quelconque dignité aujourd'hui. Après avoir marché nue dans la rue, la voilà qui s'écroule comme une merde. « It hurts, I'm going to die. Let me die. »
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Sujet: Re: Painkiller δ Andy (FB) Dim 26 Nov - 14:59 ()

Mais deux rues plus loin, l'adrénaline ne suffit plus. Tout retombe comme un soufflé. Et Kleio aussi. « I can't run, actually. Andy, help. » Quelques pas en arrière, un poumon presque craché, elle courbe l'échine sur la silhouette de sa cousine prête à fusionner avec le béton. Et de deux doigts, elle vient décaler les mèches des paupières. « I'm here. » qu'elle tousse plus qu'elle ne parle.

Mais elle ne fait rien à par s’asseoir pour récupérer le souffle envolé, pour soulager ses béquilles brûlantes. « I'm here. » Elle radote, elle vérifie que la conscience est toujours là. Ses prunelles fatiguées balayent la rue. Pas de cuistot brandissant un couteau ou une foule de clients torches et râteaux dans les poings. Personne ne les a suivit jusqu'ici. Y'a juste quelques passants qui jettent des coups d’œil sans discrétion. Mais tout le monde passe son chemin devant la scène navrante que les cousines jouent en extérieur.

Mais du coup, repas gratuit.
Enfin une bonne nouvelle qu'elle aimerait souffler à sa cousine, mais elle risquerait de cracher ses tripes si elle ouvrait à nouveau sa bouche gercée. Alors elle se tait.

Deux Brixton à l'agonie.
Mais deux Brixton qui respirent, mal. Mais qui respirent.
Après cette course, pour ces deux loques, ça mérite bien un truc à s'foutre dans l'estomac.

Et y'a bien cinq minutes qui s'écoulent avant que le silence se brise entre deux halètements d'Andy.« It hurts, I'm going to die. Let me die. » Bullshit. No way « You're not going to die, again. Not on my watch. » Promis. Au moins pour cette nuit. Elle peut pas faire des projets à moyen ou long terme Andy. Mais elle est déterminée à la ramener chez elle vivante et à la relâcher dans la jungle tout aussi vivante.

Cinq minutes de plus.
« Okay enough. » Y'a la fatigue qui s'estompe un peu. Mais y'a surtout le froid qui lui mord la peau et l'estomac qui grommelle. Et Kleio imitant trop parfaitement le cadavre à côté d'elle.  « You're okay, come, we still need to eat. » Elle attrape la cousine par l'épaule pour la remettre droite. Tâche compliquée. Tâche qui prend du temps. Mais tâche accomplie. Elle tient debout, elle s'en assure, avant de récupérer le sachet de bouffe un peu plus loin. Personne n'a piétiné leur dîner, ça fera l'affaire.

Elle soutient Kleio jusqu'à chez elle, l'installe sur le matelas, et ne tarde pas à lui tendre la nourriture désormais froide. « It has been a long long day today. Let's celebrate your life. » Et elle fait trinquer son tacos avec le sien avant de mordre dedans comme si elle n'avait pas bouffé depuis dix jours.

Et le reste de la nuit, elle s'assure qu'elle respire, qu'elle vit. Putain, elle vit. Un dernier coup de feu dans l'oreille, un dernier cri étouffé et le souvenir est balayé de son crâne au moins pour quelques heures.
Et le reste de la nuit, elle réalise enfin, petit à petit, que c'est pas une illusion, que c'est pas un souvenir égaré, que tout ça c'est bien réel.

Kleio est ressuscitée.

F I N

_________________

N. dit
Step and repeat. Tears fall to the beat. Smile through the pain, feel the acid rain. And I ain't ready but I'll hold steady.
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oh, look what you made me do

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Are you
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