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 demain s'écrit aujourd'hui || Tara (flashback)
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Anges
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legends never die : archange du destin, père des révolutions, prince des ères et des âges. De son souvenir, Absolem occupe ce poste depuis sa création et s’est toujours tué à sa tâche, jouant aux échecs avec les forces démoniaques pour tirer les humains vers les meilleures décisions pour leur avenir. Il est l’instigateur des royaumes, des empires et des démocraties, mais également de nombreuses batailles sanglantes et de lourds sacrifices. Il est connu pour son tempérament uni, implacable, et taxé de cruauté pour son manque d’empathie envers l’humanité qu’il s’efforce pourtant toujours d’emmener vers le meilleur. Il fait ce qu’il a à faire : il s’en donne tous les moyens
the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.

Sujet: demain s'écrit aujourd'hui || Tara (flashback) Jeu 31 Aoû - 18:06 ()

« Et si je n’avais pas mis les mains dans le sang, qui l’aurait fait ?! » Ah. Voilà qui était bien ennuyeux. Plutôt que d’être posée, frôlant l’indifférence, comme il en avait toujours eu l’habitude, sa voix venait de franchir un obstacle et ne semblait pas vouloir redescendre de son perchoir. Non pas qu’elle se soit aiguisée ; non, elle s’était haussée, elle s’était levée, elle avait grondé et s’était emballée, et Maddox, malgré toute la bonne volonté du monde – et force était d’admettre qu’il en avait bien peu – ne parvint pas à la faire redescendre de ses grands chevaux. Bien au contraire. Parce qu’il ne parvenait pas à se taire. « Qui aurait bâti des empires, si je n’avais pas posé la première pierre ? Qui aurait eu le courage de suivre ses valeurs, si je ne les avais pas inspirées ? Qui se serait battu pour sa liberté, si je ne l’avais pas suggérée ? » Il avait l’impression d’être emporté par une vague plus grosse que lui, incapable de lutter contre sa force. Son ventre bouillonnait, son cœur cognait furieusement dans sa poitrine et sa respiration était lourde, pesante, comme des haltères. C’était la première fois, depuis son incarnation, qu’il se sentait aussi peu maître de lui et aussi oppressé, aussi remonté, aussi… aussi furieux, en fait.

Destin qui s’emballait, voilà qui était inédit.

« Que tout se règle au cours d’une guerre, ce n’est pas ma faute. Ne me rejette pas votre nature à la gueule, Tara. » Il vrillait ses prunelles orageuses dans celles de la jeune femme, sans vraiment la voir, quelque peu brouillé par la colère, l’agacement et l’exaspération trop longtemps contenues. « La paix est une question de diplomatie ? Il faut bien vivre au XXIème siècle pour entendre ce genre de connerie ! Et si tu fais un effort de mémoire de tes cours d’histoire, tu te rendras peut-être compte que ta chère diplomatie, justement, a été acquise suite à de très nombreux bains de sang. » D’un geste rageur, il balance le cadavre qu’il portait en travers de son épaule au beau milieu d’une vieille table d’autopsie qui, sous l’impact, roule dans un affreux grincement, pendant une brève seconde, avant de buter contre le corps qui, lui, a simplement glissé de l’aluminium à cause de la force de la projection. Le son strident vrille les oreilles de l’archange et retentit en écho dans la morgue déserte. « Merde. Les sacrifices ne vous faisaient pas peur, avant. » Il enfonce les mains dans les poches de son trench en fusillant du regard la face violacée et couverte de croûtes de sang du cadavre. Ses yeux révulsés le lui rendent bien.  « C’était même une marque de noblesse ! Mourir pour sa cause, il n’y avait pas plus honorable ! » Il s’interrompt quelques secondes. « C’est d’ailleurs à cause de ça que l’Histoire s’écrit dans le sang. Alors, oui, j’ai les mains couvertes de sang. »

La tempête semble s’être légèrement calmée, ne laissant derrière elle que des sillons de colère dans le corps inconfortable de l’archange. Là-haut, à la Cité d’Argent, en autant de siècles d’existence, il n’avait jamais perdu son sang-froid ; à dire vrai, il n’avait même jamais sourcillé, pas plus quand il perdait une bataille face à son adversaire démoniaque. Sur Terre, il ne lui avait fallu qu’un an. Une seule pauvre petite année pour connaître les affres de la colère, ses tourments ses enfants. Une année, et Tara. Surtout Tara, en fait.

Il ne la connaît pas beaucoup mais il se retrouve souvent en sa compagnie, il ne sait pas trop pourquoi. Peut-être parce qu'il ne peut pas s'empêcher de penser qu'elle a une bonne bouille et que derrière son agaçant caractère... En fait, non, il ne sait pas. Parce que, Seigneur, qu'est-ce qu'elle peut être agaçante ! Elle est continuellement en train de critiquer et sa rancoeur envers les anges - et bizarrement surtout envers lui... pas si bizarre en fait, tout le monde a une rancune contre lui - est empoisonnante. D'ailleurs, voilà, il en était là.

Il bouillonne encore, mais il parvient à respirer à peu près correctement. Ce doit être l’après-guerre, songe-t-il, l’œil du cyclone. Même s’il n’a plus envie de mordre ou de gueuler, il ne se sent toujours pas en sécurité, comme si une étincelle était susceptible de faire exploser une fois encore la machine. Il s’approche du cadavre qu’il a précédemment lancer à travers la pièce désolée et l’attrape, le soulève comme s’il ne pesait rien, comme une poupée de chiffon, et le replace sur la table d’autopsie qu’il avait rencontré quelques minutes avant. Puis, avec des gestes mécaniques, il fouille les poches du défunt. « Ils sont morts pour que tu puisses vivre libre », continue-t-il en extirpant un portefeuille d’une poche intérieure. « Tu salis leurs mémoires, leurs sacrifices. Ils ont choisi de se battre et de mourir pour leurs valeurs, et tu me reproches mes méthodes ? » Bon, il était vrai aussi que des personnes qui n’avaient rien demandé, seulement de vivre tranquillement leurs vies qui, très souvent, leur convenaient parfaitement, étaient mortes dans ces batailles au nom de Destin, mais il y avait toujours un prix à payer pour tout, n’est-ce pas ? Ce n’était pas de sa faute si ses élus, ceux qui avaient eu courage et ténacité dans leurs œuvres, étaient en minorité face à ceux qui s’étaient tenus sagement sur Terre et n’avaient jamais montré quelque ressentiment à l’égard du statu quo. Pour cent hommes, un seul s’était levé et avait bravé son monde pour le refaçonner, inspiré par Absolem et ses anges. Il n’y était pour rien si tous n’étaient pas de la même trempe.

Par exemple, cet homme. Enfin, ce démon, puisque l’âme humaine qui l’habitait avait été enlevée deux ans auparavant pour être remplacée par un vulgaire démon inférieur qui s’était amusé à défier l’archange en le prenant pour un jeune angelot parce qu’il n’avait pas réussi à maîtriser son pouvoir et s’était fait envahir par ce dernier. Maddox, heurté de plein fouet par l’âme de l’humain habité par le démon, s’était trouvé démuni et vulnérable alors qu’il assistait, impuissant, au défilé de souvenirs qui ne lui appartenaient pas – ce pouvoir, cet étrange phénomène qui lui permettait de lire toute une vie au contact d’une âme, il ne l’avait acquis qu’au jour de son incarnation et sa maîtrise demeurait un mystère pour lui, autant qu’il lui était pénible de le supporter quand il rencontrait par hasard une essence évadée. Alors le démon l’avait attaqué, profitant de sa faiblesse, et – et c’était assez difficile de l’admettre, ce qui devait contribuer à sa mauvaise humeur – il ne devait son salut qu’à l’intervention de Tara et une providentielle balle en fer figée dans l’épaule du démon. Après quoi, ses esprits repris, l’archange s’était jeté à la gorge du démon et avait fait son travail.

Et du coup, cet homme ; Maddox savait, de cet homme, que s’il n’avait pas été enlevé lors du Grand Départ, il n’aurait jamais rejoint les rangs des révolutionnaires et n’avait pas du tout la trempe d’un templier. Un mouton de Panurge, ni plus, ni moins. Lui ne lui aurait pas permis d’écrire l’Histoire ; comme près des trois quarts de la population humaine.

Son inspection des affaires personnelles terminée, Maddox empocha ses trouvailles ; il les fera brûler plus tard. Quant au visage et aux empreintes digitales… il n’aime pas beaucoup s’occuper de cette partie du travail, quand il tue un démon. Surtout avec une templière pas censée être sur le terrain juste à côté de lui. « Qu’est-ce que tu fais dans le coin, d’ailleurs ? » Lui y était afin de connaître l’identité des anges qui préféraient se détourner de Gabriel, convaincus que leur mission est toute autre que celle de faire la guerre aux démons. Manque de pot, il était tombé sur un démon.

Ah, l’ironie du sort, sa bonne vieille amie.

@Tara C. Bellamy
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Templiers
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the mighty bush : Technosymbiose. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux…
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux.

Sujet: Re: demain s'écrit aujourd'hui || Tara (flashback) Ven 22 Sep - 15:27 ()


DEMAIN S'ECRIT AUJOURD'HUI



La porte avait été claquée avec force une fois que les deux étaient entrés dans la morgue. Tara n’avait même pas cherché à cacher ce qu’elle ressentait à l’encontre de l’ange ou de ce qu’il avait fait. Voilà des semaines, mois, qu’elle se comportait ainsi à l’encontre des surnaturels supposés séraphins. Depuis la véritable mort de sa jumelle à vrai dire. Depuis qu’un ange avait décidé de lui ôter la vie, pour détruire le démon qui avait élu domicile en elle. Ce corps qui lui était si semblable avait été réduit à néant par quelqu’un se présentant comme sauveur de l’humanité. Et cela était resté en travers de la gorge de Tara. Elle qui avait toujours été considérée comme un excellent élément au sein des templiers, depuis son arrivée un peu plus d’un an auparavant, était devenue invivable, notamment envers les alliés de l’Ordre. Et elle n’était pas la seule, mais la plupart se taisaient, pour ne pas détruire ou amenuiser l’équilibre qui avait été créé. Elle s’en foutait totalement. Les anges n’avaient qu’à bien agir s’ils ne voulaient pas de telles réactions dans les rangs des templiers. Ils avaient qu’à ne pas être des tueurs, s’ils voulaient garder une image positive. Et cela, Absolem ne l’avait pas compris.

Ils se heurtaient à propos de leurs valeurs respectives, laissaient la colère transparaître dans leur voix. Tara n’était pas parvenue à cacher son dégoût par rapport aux actes de l’archange, et n’avait pas hésité à le dire, entraînant cette situation où chacun campait dans ses positions, et s’en prenait à l’autre. Sans savoir quoi que ce soit de l’histoire de l’autre. Finalement, la templière avait toujours caché la mort de sa jumelle, que ce soit à ses collègues ou même aux anges. Ces derniers avaient simplement le droit à sa colère, puisque la haine portée envers un être avait été étendue à toute la « famille » de celui-ci. Sans réelles raisons, ils prenaient tous pour l’action de l’un des leurs. Elle écoutait, silencieuse, bouillante, les mots prononcés par Absolem. Le sourire qui se dessina sur son visage était tout sauf gentil, agréable. Non, il était emprunt d’une froideur contenue. Personne, là voilà la réponse à sa question. Personne ne l’aurait fait, et il y aurait peut-être eu moins de morts. Moins de sang. Moins de violence. Moins de destruction.  

Tara ne comprenait pas les anges, et ne pourrait jamais. Elle, elle était hyper cartésienne, rien que de se dire qu’un dieu quelconque pouvait exister était au-dessus de ses forces. Pourtant, les anges, les démons, les déchus, tous étaient parmi eux aujourd’hui. Ils existaient, et c’était indéniable. Ne pas rejeter la faute des humains à la gueule des anges ? Mais ce n’était pas ce qu’elle faisait. Et il allait devoir apprendre à être un peu plus logique dans ses pensées, à avoir plus de structure dans ses paroles. Elle profita d’une pause dans la virulence des mots pour l’ouvrir à son tour.

« Ne viens-tu pas juste de dire que tu étais à l’origine d’empires, de révolutions, et que le sang que tu avais sur les mains était plus qu’important ? Toi, tu rejettes tout sur nous et pourtant, tu es la cause, directe ou indirecte, de nombres de guerres et batailles. Les humains en ont simplement été la chair à canon. »

Il l’avait dit, qu’il les avait tant inspirés. Il l’avait dit, et pourtant, il parvenait à lui balancer que tout était de la faute de l’Homme. Ce même Homme qui avait été manipulé par des entités invisibles. Ironique, non ? Enfin, il était toujours plus facile de tout mettre sur le dos d’une créature inférieure pour garder son image sainte et pure. Quant à la diplomatie… Elle pourrait être utile, si les humains y étaient inspirés. Après tout, on pouvait inspirer la guerre à des millions, pourquoi pas la paix et la diplomatie ? Encore faudrait-il que cela leur soit utile aux anges, puisqu’ils n’étaient pas si dénués d’intérêt dans leurs actions qu’ils cherchaient à le faire croire… Le cadavre la sortit de ses réflexions. Il avait été balancé, sans le moindre respect. Face à cette image, son visage resta de marbre. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait ce genre de comportement. Ils étaient en guerre en fait, c’était normal un tel irrespect. Les bruits, les grincements, les tintements, tout résonna dans son esprit soudainement. Elle grimaça, avant de retrouver le silence. Bien. Parfait. Puis la notion de sacrifice qui vint se mêler à cette histoire. On pouvait en parler oui. Parce que ce dont il parlait, ce n’était pas du sacrifice. Le sacrifice impliquait que la personne voulait mourir pour une cause, l’acceptait. Et ce n’était pas le cas de la plupart des victimes...

« Je ne parle pas de gens comme moi. Evidemment que je donnerais ma vie pour l’Ordre, que je crèverais si cela pouvait permettre un avancement quelconque ! Non, je parle en fait de tous les autres, de tous ces gens qui n’ont rien demandé, qui ne sont même pas au courant de la guerre qui se joue, de tous ceux auxquels on a pris la vie parce qu’ils ont eu la malchance de se retrouver au coeur d’un champ de bataille invisible. Ceux qui ont péri parce que vous n’êtes pas foutus de jouer le bon rôle dans cette histoire ! Ca s’appelle avoir un coeur, mais je sais bien que les gens de votre espèce en sont dénués. »

Glaciale, elle l’était certainement. Incapable de voir les bons côtés, ou les sacrifices faits par cet être, qui avait dû perdre autant, si ce n’est plus, qu’elle. La jeune femme finit par se poser sur un tabouret en soupirant. Pourquoi continuait-elle à parler avec les anges ? Pourquoi restait-elle chez les templiers, sur le terrain ? Son esprit s’éloignait de plus en plus de ceux qu’on attendait d’elle, et elle finirait par être évincée de l’Ordre. Enfin, ça, c’était ce qu’elle pensait. En réalité, tout allait être bien plus compliqué. Si elle savait, que dans quelques semaines, cette mission avec Arthur serait sa dernière. Si seulement elle savait à quel point elle allait plonger, à quel point ses faiblesses allaient devenir addictions. L’alcool, le tabac, ce qui était aujourd’hui simples compléments dans sa vie allaient prendre toute la place sous peu. Et peut-être qu’elle regretterait cette discussion. Puisqu’elle n’avait pas de problème avec Absolem en soi. Il n’était pas celui ayant tué sa jumelle, il n’était même pas au courant de tout cela. Il n’était rien dans sa vie, mais il est de ceux qui prenaient le plus dans la gueule. Parce qu’il était le Destin. Et que d’une manière ou d’une autre, elle le tenait responsable pour tout.

Le corps inerte retrouva sa place sur la table d’autopsie de la morgue, pour se faire un peu plus dépouillé de ses objets. Tara en profita pour jeter un regard à son téléphone, s’assurant que sa propre puce était toujours désactivée. Elle n’était pas présente ici pour une mission de l’Ordre, plutôt le contraire d’ailleurs. Elle faisait ses propres recherches, toujours par rapport à sa sœur, cherchant à savoir quel démon l’avait possédée, et surtout, qui était le supérieur de la sphère de l’être démoniaque. Pour quoi faire, elle n’en savait rien. La jeune femme avait juste besoin de réponses, celles que les templiers ne pouvaient pas lui offrir. Oh, elle aurait pu demander aux anges, mais elle n’avait aucune confiance en eux. Alors, elle se débrouillait d’elle-même. Même si cela la rapprochait du danger de façon inconsidérée… Elle avait bien trop confiance en ses capacités, la petite qui avait rejoint l’Ordre il y a peine deux ans…

« Vivre libre ? Tu as regardé le monde autour de toi ? Il n’y a aucune liberté. Les esprits sont manipulés, l’ont toujours été. Et je m’en fous de salir leur mémoire, du passé. L’Histoire a toujours été écrite par les gagnants, au détriment de la réalité. » Tara était de ceux n’aimant pas qu’on leur rabâche qu’on ferait mieux de célébrer la mémoire de ceux élevés au rang de héros plutôt que de se questionner sur ce qui était bon ou mauvais. Mais elle, elle ne pouvait pas s’empêcher de tout remettre en question. C’était ce qui lui avait permis d’avancer dans la robotique, dans ses créations. Puis, avouons-le, elle allait souvent contre l’autorité, quelle qu’elle soit, quand elle l’estimait faussée depuis cette histoire avec sa jumelle. Le point central de son comportement aujourd’hui en fait. « Je ne te reproche pas tes méthodes. Je te reproche de considérer que tout est de la faute des humains, alors que tu es derrière la majorité des explosions de violence, des guerres. Je te reproche d’utiliser ceux qui voulaient se battre, qui ont donné leur vie pour leur cause, pour faire taire les voix qui s’élèvent contre ton comportement, pour écraser la majorité de la population qui décide de ne rien faire. En fait, je te reproche tout simplement de ne pas voir tous ceux qui ont péri pour une soi-disante liberté, une soi-disante paix, sans vouloir être mêlés à ta bataille. »

Je te reproche d’être un ange, incapable de voir plus loin que la mission qu’on lui a assignée. La phrase ne sortit jamais de sa gorge, mais le corps si, et la lampe du bureau se fracassa sur le mur d’en face. C’était ce qu’elle reprochait à absolument tous les anges, de ne pas être capable de réfléchir au-delà de ce qui leur avait été confié. Ils réagissaient simplement par rapport à leur foutue mission, sans prendre en compte la douleur qu’ils engendraient. Et Tara ne leur pardonnait pas, parce qu’ils étaient supposés être des êtres de compassion, ils devaient aider les humains, pas les blesser. Le plus ironique dans cette histoire ? C’est que l’humaine agissait d’une manière semblable à Absolem dans sa vie. Elle avait un but similaire, des méthodes aussi. Cependant, elle, elle n’avait pas d’images pures à garder. Donc, c’était « pardonnable » d’un côté.

Et malgré toute sa haine qu’elle portait aux anges, tout ce qu’elle avait dit, elle avait quand même sauvé Absolem. Elle avait tiré sa balle en fer droit sur le démon qui l’attaquait, sans hésitation aucune. Elle aurait bien visé le coeur, pour s’en débarrasser au plus vite après, mais la configuration de la scène ne le lui avait pas permis. Enfin, l’ange avait terminé le boulot, et Tara n’avait pas pu s’empêcher de cracher son venin. Elle était intenable celle-là, intenable… Tout ça pour expliquer pourquoi ils en étaient arrivés là, dans cette morgue. Endroit absolument pas glauque d’ailleurs…

Puis la question qui fit retomber une partie de sa colère. Ce qu’elle faisait… Hé bien, elle n’allait pas lui dire qu’elle cherchait des démons pour les interroger au sujet de sa sœur, donc il lui faudrait trouver une parade. Parce qu’elle était quand même armée, mais pas en mission. Et si Absolem en parlait à l’Ordre, on lui demanderait des comptes, lui ferait comprendre qu’elle n’avait pas à aller sur le terrain seule. Les sanctions, elle n’osait même pas y penser. Le sourcil se arqua, alors qu’elle se donnait une contenance totalement fausse :

« Rien. Je me promenais juste quand je suis tombée sur toi et le démon. »

Rien, elle ne faisait absolument rien…



@Maddox Cartier

Spoiler:
 

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Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
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