boom bitch
Le forum est de retour pour vous jouer de mauvais tours.
Pour tout savoir des nouveautés, c'est ici !
let the sky fall
Un accident d'avion, un trésor piégé et un équilibre mis à mal par l'arrivée de nouvelles forces dans le jeu d'ombres...
Voilà ce qui vous attend dans la nouvelle intrigue.
like I own it
Parfois, on a juste envie d'inaugurer un bâtiment tranquille. Malheureusement, on a souvent des invités surprise....
Participez au premier event de cette nouvelle saison ici.
quand on est un vrai
Kidnappez des gens en votant par là.
Vous pouvez aussi poster sur nos sujets de publicité ici et !

 
 Take off our masks (Arthur)
if you ride like lightning, you're gonna crash like thunder
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur
homecoming : 24/06/2017
Messages : 714
pretty face : Emily Browning
julius caesar : (c)MATT-BB & (c)Astra (signa) & (c)Eden Memories/Kiri/Aslaug (icones)
the mighty bush : Technosymbiose avancée. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux… Désormais, elle peut utiliser la technosymbiose à distance, avec un simple contact visuel, et aussi de ne plus avoir à s'infiltrer dans le réseau pour des manipulations "simples
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux, même si le doute s'immisce dans l'esprit hyper cartésien de la gamine...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Take off our masks (Arthur) Lun 9 Oct - 1:04 ()


Take off our masks
How do you look into the mirror, when you’re too tired to fake a smile ?



Comme un tambour dans le crâne que rien ne semblait vouloir, ni pouvoir faire taire. Les anti-douleurs avalés il y a un peu moins d’une heure l’avaient été dans les doses données par son dernier médecin. Rien n’avait été dépassé, mais cela ne faisait pas effet. Car en plus de cette douleur résonnant dans sa tête, il y avait celles du bras, de la jambe. Souffrance physique qui ne voulait disparaître, s’ancrant dans le corps, la détruisant un peu plus à chaque instant qui passait.

Elle titubait, perdue dans ces souvenirs qu’elle avait longtemps réprimés. Néanmoins, les derniers événements avaient fini par les ramener à la surface. La jeune femme était désormais incapable de faire la part des choses, et passé et présent se mêlaient dans son esprit en éclats. Elle revoyait sa sœur, sa disparition. Elle revivait sa mort, en boucle, comme sur un vieux disque rayé rejouant inlassablement la même mélodie. Cependant, Tara était loin d’être suffisamment forte pour supporter les mêmes notes, encore et encore. Elle voulait simplement que tout cela cesse, s’arrête. Y mettre un stop, définitivement. Elle n’avait jamais été suicidaire, mais la vie n’avait jamais été une de ses priorités. Elle se souvenait avoir dit à Absolem, il y a deux années de cela, qu’elle se sacrifierait s’il le fallait. Alors non, elle ne cherchait pas la mort. Mais elle ne dirait pas non si celle-ci venait se planter devant elle, arrachant cette existence bien plus pesante.

Elle était prostrée dans un coin de cet appartement bien trop froid, bien trop impersonnel, à attendre… A attendre que ça passe. La douleur, l’horreur. Les larmes avaient déjà ravagé son visage de trop nombreuses fois, ces derniers jours, et à présent, il n’y en avait plus aucune qui parvenait à couler. Les perles transparentes avaient disparu elles aussi, comme tout le reste. Parties, pour ne jamais revenir. La templière se remémorait une fois de plus les événements. La péniche qui coulait, puis la Seine qui se désengorgeait. L’eau était devenue sang, l’eau était devenue poussière. Et elle, elle avait juste sauté. Pour fuir, trouver un endroit connu. Pour espérer que tout n’était un cauchemar, de cette brûlure aux bas aux deux mille quatre-cents disparus. Une course qui avait peu duré, puisque Renée l’en avait empêchée. Il lui semblait d’ailleurs que la blonde avait évoqué une réunion de crise dans le QG des templiers. Mais ce n’était qu’un vague souvenir, et Tara était passée outre l’ordre venant de ses supérieurs. Arthur lui passerait certainement un savon, mais encore faudrait-il qu’elle survive à son propre enfer.

Elle tremblait, recroquevillée contre ce mur. Elle tremblait, et elle avait abandonné le combat depuis bien longtemps. Les doigts effleuraient, frottaient les joues, comme si cela allait lui permettre de s’échapper de ce cauchemar, mais rien n’y faisait. La réalité avait dépassé tout ce que son esprit avait pu imaginer de pire, et de loin. Elle aurait aimé, aurait préféré que ce soit le contraire, comme beaucoup. Elle aurait aimé donner l’exemple, comme nombre de templiers doivent être en train de le faire en ce moment. Elle aurait aimé être forte, avoir mis à la porte ce passé qui lui pesait sur le coeur. Elle aurait aimé se relever, continuer de marcher la tête haute dans ce monde qui ne tenait plus debout.

Mais la vérité, c’était qu’il ne restait plus que des éclats d’elle. Tout s’était brisé, tout avait chuté. Elle était écrasée, rongée par son passé, sur lequel elle n’était jamais parvenue à faire une croix. Elle était faible, tout en maintenant cette illusion de force derrière ses sourires, son énergie, son instabilité. Elle se désignait comme fervente défendeuse de l’Ordre, et en réalité, elle contredisait chacune des décisions d’Arthur, par vengeance, par rancune.

Elle passait son temps à faire semblant, et il n’avait fallu qu’un minuscule coup de vent pour la faire basculer de la ficelle sur laquelle elle tenait en équilibre. Et elle tombait, chutait, dégringolait, au fond de ces abysses qu’elle avait si longtemps voulu éviter. En vain.

Le corps se leva, tituba jusqu’à l’un des placards de la cuisine, en ouvrit la porte, attrapa l’une des innombrables boîtes d’anti-douleurs, et compléta le traitement précédemment ingéré de plusieurs cachets supplémentaires. Puis la hanche, la jambe, lâchèrent. Trop de souffrance, trop de maltraitance, et Tara finit sur le sol, laissant le reste de boîte sur la table, et la porte du placard grande ouverte. Qu’importait. Elle avait demandé à ce qu’on la laisse tranquille chez elle, bien que ses supérieurs aient une clef pour rentrer, et qu’elle crève ici était une possibilité qui ne la dérangeait pas. Enfin, ce n’était pas comme si son esprit était capable de capter le moindre bruit ou mouvement dans son appartement dans tous les cas…



@Arthur M. Leroy

_________________

   
   
Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t372-holding-hands-while-the http://www.gameofshadows.org/t5639-arthur-leroy-templiers
homecoming : 30/10/2016
Messages : 1458
pretty face : Jake Gyllenhaal
julius caesar : schizophrenic
Allegeance : Puisqu'il est ni plus ni moins le chef de clan des templiers, il se doit d'être un exemple de loyauté. C'était pourtant mal parti, lui l'électron libre, l'âme rebelle dans une famille qui ne vivait que pour le devoir envers autrui. Aujourd'hui, tous les regards et toutes les craintes sont rivés vers lui et il se doit alors de représenter l'union au sein de l'Ordre. Néanmoins, il met un point d'honneur à ne pas être l'homme derrière le bureau, celui qui tire les ficelles depuis son nuage paisible. Il met la main à la pâte et entend donner à son camp une efficacité jamais atteinte autrefois .
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Dim 29 Oct - 23:37 ()
It's cold and loveless
I won't let you be denied @Tara C. Bellamy
Ces nouvelles disparitions inquiétantes avaient semé le chaos sur Paris. Paris était en émoi. Le silence et l’apathie qui semblaient caractériser les rues de celle qu’on nommait autrefois la ville-Lumière trahissaient l’inquiétude de chacun et l’appréhension de tous. On redoutait tant. Le manque d’un proche, la perte de l’être aimé, l’angoisse d’une absence. Le passé avait rattrapé les habitants et c’était comme si bouger le petit doigt risquait d’aggraver davantage la situation. Cet immobilisme ambiant étouffait Arthur qui n’avait cesse de bouger partout, d’intervenir sur tout, pour peu qu’on ne le laisse pas gamberger. Il voulait être sur tous les fronts, sur toutes les causes. Il voulait être présent sur chacun et remotiver les troupes. Si cette nouvelle tragédie avait ébranlé le monde des humains, l’Ordre connaissait un autre coup dur. En plus de la crainte, la pression et les responsabilités pesaient chaque jour un peu plus sur les épaules des membres de l’Ordre. Le Chevalier du Roi essayait de rassurer les plus inquiets, occuper les plus intenables et surtout garder un œil sur les plus fragiles. L’Ordre des templiers avait besoin de la loyauté et de la solidarité de ses soldats, aujourd’hui plus que jamais. Arthur ne voyait plus les journées passer, mais pouvait sans problème compter sur les doigts de sa main les heures de sommeil qu’il engrangeait péniblement. Certains lui causaient plus de souci que d’autres, notamment les absents de la réunion de crise qui avait eu lieu juste après les événements étranges de la soirée de l’apocalypse. Si Arthur niait tout favoritisme, il y en avait qui occupaient indéniablement son esprit. Parmi eux, Tara figurait certainement en tête. Depuis leur dernière mission en commun, la première depuis de longs mois, il pensait souvent à elle. S’il était incapable de lui démontrer plus d’intérêt que d’ordinaire, le sort de la jeune femme le préoccupait davantage. Alors qu’il avait réussi à se faire une raison quant à cette entente bêtement brisée, il ne pouvait désormais se résoudre à la laisser seule. Elle s’était absentée et n’avait donné aucune explication, pas même à ceux qui l’avaient accompagnée. Le soldat était en train de dériver de son équipe. Il connaissait quelques bribes de son histoire personnelle, les quelques faits connus de tous ou ceux qu’elle avait bien voulu évoquer. Elle ne parvenait peut-être plus à garder la tête hors de l’eau, ou bien elle leur cachait des choses. Dans ces deux cas, Arthur refusait de laisser faire. On n’abandonnait personne et si ce nouveau grand Départ avait été la goutte de trop, l’homme tenait à le savoir.

Il n’avait pas fallu longtemps pour qu’il se décide à se déplacer de lui-même. Le téléphone sur vibreur, quelques instructions données à ses soldats pour qu’ils aient de quoi faire jusqu’à son retour. S’il comptait dédier à Tara une importante partie de son temps, le monde continuait de tourner et il se devait d’être présent si une urgence se présentait. Arthur comptait mettre les choses au clair et s’enquérir de son état depuis – chose qu’elle avait ostensiblement refusé de faire en ne les rejoignant pas à la chapelle. Elle habitait pourtant dans le même arrondissement que le QG et son propre appartement, comme la plupart des membres de l’Ordre. Il fallut quelques minutes à peine pour rejoindre son appartement et se présenter devant sa porte. Trois coups secs et neutres suffirent, en attendant qu’elle lui ouvre. Elle ne pouvait être qu’ici. « Tara. » L’appel était limpide et déterminé. Il était prêt à outrepasser une nouvelle fois les règles et à abuser de sa position hiérarchique pour obtenir ce qu’il voulait. Arthur avait toujours été sanguin et la raison n’avait jamais été de ses principales qualités. Alors d’instinct, il tourna la poignée de la porte, puisque l’hôte ne daignait pas lui répondre. La porte n’était pas verrouillée, ce qui confirma ses doutes. Elle était là. Un mauvais pressentiment l’empêcha de l’appeler à nouveau pour faire savoir sa présence. Peut-être s’était-il passé quelque chose ? Sur ses gardes, il pénétra dans l’appartement, prêt à dégainer une arme. Light, qu’il avait emmenée avec lui, prit les devants et s’empressa d’entrer puis de renifler les alentours, comme à la recherche d’une âme. Le berger allemand avait toujours eu le don de reconnaître les âmes en détresse. Ce devait être le sixième sens canin auquel son maître tenait tant et qui justifiait le succès qu’avait la chienne au sein du QG. Ce fut elle qui trouva la première une Tara effondrée par terre, et se hâta d’aller vérifier son état d’une truffe humide.

Arthur, lui, put assister avec désarroi à la scène qui avait conduit à la chute de Tara : le placard ouvert, les pilules éparpillées sur la table et surtout cet air de souffrance plaqué sur le visage de la templière. Partagé entre l’effroi et la révolte, il demeura interdit, une poignée de secondes. Que devait-il faire ? Prétendre qu’il n’avait rien vu ? Ignorer la détresse de l’un des siens ? Sa fierté, tout autant que la dignité de la demoiselle, serait mise à mal, mais il prit sur lui quand il s’agenouilla à la hauteur de Tara. « Qu’est-ce qui s’est passé ? » Il écarta doucement Light qui ne voulait plus quitter le chevet de l’humaine. « Tu peux te relever ? » Question bête qui provoqua aussitôt l’agacement de son auteur. Il apposa le revers d’une main sur son front avant d’ajouter, sur un ton volontairement moralisateur : « Tu es brûlante. Qu’est-ce que tu fous ? » C’était bien pire que lorsque sa jambe l’avait lâchée, il y a un mois de cela. « Je t’emmène à l’hôpital, tu ne peux pas rester comme ça. »

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

SPLEEN
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur
homecoming : 24/06/2017
Messages : 714
pretty face : Emily Browning
julius caesar : (c)MATT-BB & (c)Astra (signa) & (c)Eden Memories/Kiri/Aslaug (icones)
the mighty bush : Technosymbiose avancée. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux… Désormais, elle peut utiliser la technosymbiose à distance, avec un simple contact visuel, et aussi de ne plus avoir à s'infiltrer dans le réseau pour des manipulations "simples
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux, même si le doute s'immisce dans l'esprit hyper cartésien de la gamine...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Jeu 2 Nov - 18:49 ()


Take off our masks
How do you look into the mirror, when you’re too tired to fake a smile ?



Elle restait là, tête posée sur le carrelage de la cuisine. La froideur des dalles blanches calmait sa peau enflammée, autant que cela était possible. Les nausées étaient toujours présentes, quoi que dépassées par la douleur désormais. Elle sentait les battements de son coeur résonner dans sa poitrine, dans son crâne. Chaque pulsation prouvait que la jeune fille, mais pour combien de temps  encore ? Les pensées s’embrouillaient, la conscience aussi. Elle partait, disparaissait. Le palpitant ralentissait, forcé par les médicaments à se mettre en berne. Ca lui bouffait la santé et la vie. Tic tac, l’horloge tournait, et elle voyait la faucheuse se dessiner devant ses yeux. Incapable de se battre, de s’accrocher à cette existence si misérable. Une délivrance bienvenue qui s’approchait à grand pas, n’attendait qu’elle. Si elle avait eu le choix, elle s’y serait jetée bien plus rapidement. Cependant, le seul choix qui s’offrait à elle était d’attendre. Alors, elle attendrait.

Une présence, massive, perturba ce repos qui se voulait éternel. Elle se raccrocha alors à cette vie, au bord de l’agonie. Les paupières s’ouvrirent difficilement, le corps encore engourdi. Plus pour longtemps, alors que la douleur la frappait de plein fouet. La hanche, la jambe, le ventre, la poitrine. Un passage à tabac intérieur, rendant chaque respiration empreinte de souffrance. Devant son regard finit par se stabiliser l’image d’un chien. L’animal n’était pas sien, elle s’en rendait compte. Thanatos était dans un refuge, pour quelques jours. Tara s’était sue incapable de s’en occuper correctement, alors, elle avait préféré le mettre à l’abri. Sage décision, vu la situation dans laquelle elle s’enlisait.

La truffe humide de l’animal semblait se blottir contre elle, contre sa poitrine. Pour entendre le coeur peut-être, celui qui cherchait à se taire. Si proche, la jeune femme finit par reconnaître le chien. Evidemment. Light. Arthur n’était pas loin. Cette simple pensée la poussa à chercher à se relever, ne faisant qu’accentuer le mal-être et la souffrance de son corps. Pourquoi était-il venu ? Elle avait demandé à rester seule, à ne pas avoir de compagnie. Et lui, il continuait de refuser ce besoin de solitude. Il s’imposait, utilisait son rôle au sein des Templiers pour s’inquiéter pour elle. De la pitié à son encontre, tout ce qu’elle haïssait. D’autant plus qu’il était responsable en grande partie de l’handicape physique. Il ne comprenait donc pas qu’elle voulait juste qu’il disparaisse de sa vie ?

Elle la perçut, du coin de l’oeil, la silhouette humaine, interdite, balayée la pièce de son regard. Et elle tenta de s’y soustraire, se recroqueviller. Il était bien trop tard… Il s’approcha, s’accroupit à son côté. Quelques paroles, auxquelles elle ne parvint pas à répondre. Une boule dans la gorge, captrice des émotions la bousculant. Parler ouvrirait certainement la vanne des sentiments, voilà pourquoi elle se taisait pour le moment… Se relever, si seulement. Un léger rire la secoua, rapidement stoppé. Trop douloureux pour le corps en miettes. Contact sur le front, prise de température. Brûlante ? Elle n’en avait même plus conscience. En revanche, le ton moralisateur la mettait dans une rogne sans précédent. Il fallait juste qu’il se taise, c’était tout ce qu’elle voulait. L’évocation de l’hôpital fut la goutte qui fit déborder le vase. Elle poussa son corps à se redresser, s’adosser à ses meubles de cuisine, ignorant par la même occasion les signaux envoyés par celui-ci. Course contre la montre dont elle refusait de prendre conscience.

« Ferme-la juste, j’irai nulle part. Encore moins sur ton ordre. » Elle devait avoir l’air… Pitoyable. Sa voix n’était que murmures, elle était au bord du gouffre, et elle trouvait encore le moyen d’exposer sa rancune. Les doigts tremblaient, alors elle les serrait en un poing, pour cacher sa faiblesse. Il lui fallut quelques secondes pour remarquer, sentir les larmes qui dévalaient sur ses joues. Faible. « Qu’est-ce que tu fais ici ? Pourquoi t’es venu ? » Les mots sont mâchés, douloureux. Light était toujours à ses côtés. Brave bête. Elle avait repoussé le bras d’Arthur, refusant le contact, alors qu’une part d’elle voulait juste s’accrocher, se blottir contre l’homme. Si seulement la rancune ne la bouffait pas autant…

« J’ai… Je ne sais pas. » Les yeux se fermèrent, quelques secondes. L’esprit fonctionnait, mais au ralenti, empoisonnant ses réflexions. Les bandages sur son bras la brûlaient, mais elle avait surtout l’impression de geler sur place, de l’intérieur. Elle déglutit, se concentrant à nouveau sur la réalité, les traits d’Arthur. « J’veux juste partir. Je veux juste… Que ça s’arrête. La douleur. Le monde qui s’écroule une nouvelle fois. Est-ce qu’Elle va encore revenir ? Mourir ? » Réminiscence de la jumelle décédée, réaction par rapport à ce nouveau grand retour. Peur de la revoir, puis disparaître. Elle se perdait, entre passé et présent, réduisant son futur à néant…



@Arthur M. Leroy

_________________

   
   
Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t372-holding-hands-while-the http://www.gameofshadows.org/t5639-arthur-leroy-templiers
homecoming : 30/10/2016
Messages : 1458
pretty face : Jake Gyllenhaal
julius caesar : schizophrenic
Allegeance : Puisqu'il est ni plus ni moins le chef de clan des templiers, il se doit d'être un exemple de loyauté. C'était pourtant mal parti, lui l'électron libre, l'âme rebelle dans une famille qui ne vivait que pour le devoir envers autrui. Aujourd'hui, tous les regards et toutes les craintes sont rivés vers lui et il se doit alors de représenter l'union au sein de l'Ordre. Néanmoins, il met un point d'honneur à ne pas être l'homme derrière le bureau, celui qui tire les ficelles depuis son nuage paisible. Il met la main à la pâte et entend donner à son camp une efficacité jamais atteinte autrefois .
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Mer 15 Nov - 22:30 ()
It's cold and loveless
I won't let you be denied @Tara C. Bellamy
Le Chevalier du Roi n’avait pas voulu outrepasser la vie privée de Tara. Ce n’était pas dans ses intentions de s’immiscer dans sa vie alors qu’elle faisait tout pour le fuir. Après tout, ils s’étaient contentés de cette situation désagréable, des mois durant, ça aurait pu tout simplement se poursuivre de cette façon. Mais une fois de plus, Arthur avait cédé à son instinct. Il avait ressenti le besoin d’aller la trouver pour s’expliquer avec elle, alors il y était allé. Il avait momentanément renié les conventions, vaguement usé de son avantage en tant que chef pour aller la voir, dans le seul lieu censé être son refuge. Au-delà du masque de chef des armées qu’il s’efforçait d’endosser chaque fois qu’il s’adressait à la foule de templiers, il était un homme extrêmement sensible. Non pas qu’il avait facilement la larme à l’œil, mais il parvenait difficilement à réprimer ses émotions et ses pensées. Il était peu raisonnable, il agissait toujours avant d’agir, tel que ses tripes lui dictaient. Il avait du mal à se montrer froid et calculateur, parce que ça n’avait jamais été dans sa nature. Il avait toujours appréhendé les autres et le monde dans leur état le plus brute, ce qui avait fait de lui un être fluctuant, indécis et profondément concerné par tout ce qui l’entourait de près ou de loin. Avec l’âge, il avait appris à maîtriser les apparences et à juguler cette spontanéité, mais elle n’en restait pas moins forte. Il s’était trahi en entrant dans l’appartement sans y avoir été autorisé, juste parce qu’il avait eu un doute. Il avait cédé à la curiosité et en l’espace de quelques secondes, le spectacle désastreux qui s’offrit à ses yeux le fit aussitôt regretter son geste. Il avait face à lui, une autre Tara, celle qu’il avait peut-être inconsciemment cherchée depuis tout ce temps. Une Tara faible, abattue par une souffrance qu’elle combattait depuis trop longtemps. Il ne prétendait pas connaître sa peine, mais il ne put s’empêcher de compatir immédiatement à l’humiliation qu’il lui infligeait.

L’homme s’approcha d’elle pour tenter de la convaincre de la suivre. En fait, il était même capable d’ignorer son consentement et de la traîner de force. Si elle souhaitait éviter l’hôpital public, soit, mais elle irait au moins jusqu’à l’infirmerie du QG, où œuvraient des médecins des plus compétents. Elle ne pouvait pas rester dans cet état et Arthur ne voulait pas se sentir à nouveau responsable de son mal être. Évidemment, il ne s’attendait pas à ce qu’elle s’exécute et quand elle le rabroua sèchement, il n’en fut même pas vexé. C’était bien la seule fois où il la laisserait lui parler sur ce ton. Lorsqu’elle l’interrogea sur la raison de sa présence, Arthur n’eut même pas peur d’être franc : « Je m’inquiétais. Je voulais te parler. » Manque de bol, ils étaient aussi têtus l’un que l’autre. Il resta planté là, à genoux près d’elle. Si elle refusait le contact, il l’accepterait. Mais il ne partirait pas d’ici. L’Ordre avait trop perdu de soldats, par mégarde, par inattention. Trop d’âmes étaient solitaires, alors que l’union faisait la force. Sitôt les portes du Louvre passées, on oubliait rapidement que la vie continuait. Que les difficultés restaient. Tara finit par relever les yeux et Arthur en profita pour capter son regard. Il le soutient aussi fort qu’il put, comme si ça lui permettait de rester ancrée dans la même réalité que lui. Il l’écouta silencieusement, religieusement, espérant qu’elle lui ouvre une petite porte. Il n’attendait pas de sa part des confessions, il n’attendait pas qu’elle se livre sur un plateau – lui-même en serait incapable. Il voulait juste qu’elle accepte sa main tendue, rien qu’une fois. Qu’il fasse amende honorable, qu’il se rattrape en lui permettant de se relever. Il finit par comprendre qui elle venait d’évoquer. Sa sœur disparue. Et malgré lui, le cœur se serra. Lui aussi avait perdu un frère, dans des circonstances différentes. Mais la douleur était toujours là et jamais elle ne disparaitrait. C’était la seule chose dont il était malheureusement certain. « On va s’en sortir. On est tous ensemble, on va tirer ça au clair. » Il essayait de rester plus ou moins neutre alors qu’au fond, il s’identifiait parfaitement. Mais c’était le revers de médaille, d’être le pilier d’une organisation entière... « Elle ne reviendra pas de cette façon. C’est ton souvenir, elle t’appartient. C’est toi qui as les clefs. Je te promets que ça ira. Ça ne se reproduira pas. » Dans ses yeux, se transmettait toute la sincérité qu’il pouvait puiser. « Mais il ne faut pas baisser les bras, Tara. Tu ne peux pas te laisser tomber comme ça. » Il écarta légèrement les mains pour lui montrer dans quel état elle se mettait. Comme pour appuyer ses dires, Light vint égarer sa truffe sur la joue de la jeune femme. C'était elle qui avait le pouvoir, ici. Il lui offrait la possibilité d'exploser, de laisser toute la haine se déverser sur lui, si elle en avait besoin. Puis ensuite, ne demeurerait que le bon, que la force.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

SPLEEN
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur
homecoming : 24/06/2017
Messages : 714
pretty face : Emily Browning
julius caesar : (c)MATT-BB & (c)Astra (signa) & (c)Eden Memories/Kiri/Aslaug (icones)
the mighty bush : Technosymbiose avancée. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux… Désormais, elle peut utiliser la technosymbiose à distance, avec un simple contact visuel, et aussi de ne plus avoir à s'infiltrer dans le réseau pour des manipulations "simples
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux, même si le doute s'immisce dans l'esprit hyper cartésien de la gamine...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Sam 18 Nov - 15:50 ()


Take off our masks
How do you look into the mirror, when you’re too tired to fake a smile ?



La réponse ne lui plaisait pas. Il s’inquiétait. Pourquoi ? Pourquoi son inquiétude devait-elle prévaloir sur le besoin qu’elle avait d’être seule, pour retrouver ses marques ? Il était certes le chef de l’Ordre, mais cela ne lui offrait pas plus de pouvoirs sur ses soldats. Il devait respecter ses choix, même s’il ne lui plaisait pas. Finalement, Tara n’avait mis personne en danger en voulant être seule, à pat elle-même. Et à ce sujet, elle était seul maître. Et puis lui parler, il pouvait le faire n’importe quand, pas besoin d’enfoncer sa porte dans cette optique. Elle, elle passait ses journées enfermées entre les quatre murs de son bureau, elle n’était pas compliquée à trouver. Qu’il veuille la voir aujourd’hui était une coïncidence à laquelle son esprit – encore rationnel – avait du mal à croire. Avait-il posé des caméras chez elle, pour s’assurer qu’elle ne faisait pas de conneries ? Bon, déjà ce n’était pas comme si Arthur en était capable, et en plus, elle brouillait les émissions et ondes autour de l’appartement.

Malgré tout, elle se retrouvait dans l’incapacité de détourner le regard de celui du templier. Elle s’y plongeait, s’y accrochait, comme si son instinct savait, qu’à cet instant précis, c’était le seul moyen de l’empêcher de basculer entièrement. Droit vers la mort. Deux pupilles figées dans les siennes, qui paraissaient inquiètes, effrayées derrière la neutralité qui se dégageait de l’homme. Ou c’était simplement son esprit qui divaguait, créait des illusions pour rendre la réalité plus douce qu’elle ne l’était. Elle ne s’y attarda même pas, sur cette pensée. Trop abstraite pour le cerveau déjà à bout de souffle. S’en sortir, tous ensemble. Une grimace en forme de sourire. Elle n’y croyait plus. En fait, Tara, elle avait perdu sa confiance depuis bien longtemps, et les belles paroles lui importaient peu. On lui répétait sans cesse que les templiers étaient une grande famille, qu’on ne laissait jamais personne derrière. Qu’ils détenaient la vérité aussi, ou qu’ils la trouveraient. Qu’avaient-ils fait jusque-là ? Ils s’étaient battus, ils avaient causé des dégâts dans leur propre camp. Tuer frères et sœurs, à cause du Grand Retour. Incapables d’arrêter le Nouveau. Ils se disaient au courant de tout, mais rien n’était plus faux. Alors, après quatre ans, elle, elle avait cessé de croire ces inepties. C’est d’ailleurs la colère qui perçait dans sa voix quand elle persifla : « Vraiment ? Ce n’était pas comme si on avait été foutu de faire la moindre chose sur les derniers événements. 2400 morts, tout ce qui avait été organisé par nos soins a été infiltré, détruit, sans qu’on ne sache de la faute à qui, le Dare or Die qu’on a laissé couler pendant des semaines... Il serait peut-être temps d’avouer qu’on ne peut pas tout tirer au clair... »

La rancœur. Contre tous, mais surtout contre elle-même. Elle s’en voulait, de ne pas arriver à faire ce qu’elle devrait. Elle n’était pas à la hauteur de la mémoire, des actions de sa jumelle. Et cette simple pensée l’écœurait. Puis les mots sur la sœur, droit au cœur. Elle suffoqua, laissa échapper de nouvelles larmes. Les doigts se glissèrent dans ses propres cheveux, s’y accrochèrent. Une genou se rapprocha de sa poitrine, et elle brisa le contact visuel avec Arthur pour y déposer son front. Se cacher, juste se cacher… Et laisser vivre les murmures : « J’aurais juste voulu… Qu’elle soit là. A ma place. Elle méritait tellement de continuer de vivre. » Elle s’ouvrait, un peu, sans oser le regarder. Après tout, elle venait de cracher sur l’Ordre quelques secondes auparavant. « Je suis désolée de ce que j’ai pu dire. » Elle se confondait en excuse, la gamine perdue. La culpabilité se mêlait à la rancune, la dépassait même. Ne pas laisser tomber, ne pas baisser les bras. Si seulement c’était aussi simple… Ce fut l’animal qui vint blottir sa truffe contre sa joue. Les doigts de Tara allèrent se loger dans la fourrure du chien, et ses pensées s’égarèrent sur Thanatos. Il aurait peut-être mieux fallu qu’elle le garde auprès d’elle…

« C’est tellement facile à dire… Mais j’ai une jambe en moins, les gens autour de moi finissent tous par tomber. Je n’ai personne à qui me confier, et quant à parler des templiers comme d’une famille… Je suis plus une fauteuse de troubles qu’autre chose. » Pause. Effroi. Aveu. « J’ai peur Arthur. »



@Arthur M. Leroy

_________________

   
   
Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t372-holding-hands-while-the http://www.gameofshadows.org/t5639-arthur-leroy-templiers
homecoming : 30/10/2016
Messages : 1458
pretty face : Jake Gyllenhaal
julius caesar : schizophrenic
Allegeance : Puisqu'il est ni plus ni moins le chef de clan des templiers, il se doit d'être un exemple de loyauté. C'était pourtant mal parti, lui l'électron libre, l'âme rebelle dans une famille qui ne vivait que pour le devoir envers autrui. Aujourd'hui, tous les regards et toutes les craintes sont rivés vers lui et il se doit alors de représenter l'union au sein de l'Ordre. Néanmoins, il met un point d'honneur à ne pas être l'homme derrière le bureau, celui qui tire les ficelles depuis son nuage paisible. Il met la main à la pâte et entend donner à son camp une efficacité jamais atteinte autrefois .
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Sam 25 Nov - 23:08 ()
It's cold and loveless
I won't let you be denied @Tara C. Bellamy
Tout était compliqué. Comment essayer de la convaincre de choses dont lui-même n’était pas convaincu ? Comment essayer de lui remonter le moral quand la situation n’était pas certaine ? Arthur était une fois de plus sur le front, à cause de son impulsivité, et il se retrouvait propulsé dans une réalité dont il n’avait pas les rênes. Il fallait être réaliste : il avait beau lui dire tout ce qu’il voulait, si Tara était enfermée dans sa détresse, elle n’en sortirait jamais. C’était à elle de décider de sortir la tête de l’eau, de trouver l’air dont elle manquait tant dans sa peine. La seule chose sur laquelle elle pouvait compter, c’était son soutien et sa compréhension. Il l’avait vécu lui aussi, ce moment interminable où il suffoquait du monde qui l’entourait. Plus rien ne semblait cohérent, plus rien ne valait la peine. La perte d’un être cher était déjà difficile, mais lorsqu’il s’agissait de son propre sang, c’était un morceau de soi qu’il fallait abandonner au deuil. L’acceptation était encore plus symbolique que jamais. Et dans une époque comme celle dans laquelle ils étaient tous piégés, il était indispensable d’accepter pour espérer tourner la page. L’espoir – ou le désespoir – ne dépendait plus que d’eux. S’ils lâchaient prise, c’était la fin de leur monde. Ils laissaient tomber des millions de Parisiens qui cherchaient encore le moyen de remonter la pente. Ils abandonnaient dans le noir ces millions d’humains qui n’avaient jamais compris qu’ils vivaient quotidiennement sous une épée de Damoclès fatale. Tara reniait tout ce qu’il avait beau lui dire et même si elle avait entièrement raison, il ne pouvait pas la laisser au pessimisme. « On ne sait pas s’ils sont morts. On ne sait pas ce qui s’est passé. La Clavis y est pour quelque chose, c’est certain et que sait-on d’eux ? Ce sont des humains. Joshua n’a jamais fait partie des Disparus, c’est un gourou qui a su décrypter quelque chose qui le dépassait complètement. On ne part pas démunis, cette fois. » Le Dare or Die avait peut-être fait des dégâts, mais n’étaient-ce pas eux qui avaient réussi à y mettre un terme ? « Malheureusement, il faut laisser le mal apparaître pour être en mesure de le combattre. Là, on est préparés. On sait quoi faire. C’est certain qu’on n’a pas toutes les cartes en main. Parce qu’on n’a pas tous des capacités surnaturelles, mais on a notre cervelle, des siècles de savoir et surtout notre humanité. Si on n’avait pas tout ça, les démons auraient déjà gagné. Vois ce qu’on a réussi à faire ensemble, cet été. » Les démons étaient déstabilisées. Leurs forces étaient diminuées. C’était un pas de plus vers la récupération de leur univers.

Arthur l’observa se recroqueviller sur elle-même et cela lui fendit le cœur. C’était difficile de préserver son rôle de chef. Il devait faire attention à garder des limites, mais c’était si dur. Il n’avait jamais demandé à être affublé d’un tel pouvoir, à être refoulé des contacts humains juste parce qu’il avait la pérennité d’un Ordre entier sur les bras. Comme si elle avait compris ce qui traversait l’esprit de son maître, Light se blottit contre Tara et parvint enfin à obtenir un peu d’attention de la jeune femme. L’homme fut totalement attendri par l’attitude de sa chienne qui avait toujours fait preuve d’une proximité épatante avec les membres de l’Ordre. Elle semblait tout comprendre. Les dernières paroles de Tara le révoltèrent et Arthur se laissa tomber assis sur les fesses. « Tu ne peux pas dire ça. Rien ne t’autorise à dire de telles conneries. » Le ton de sa voix était dur. « C’est toi qui considères que ta jambe t’handicape. C’est toi qui t’éloignes volontairement de ta nouvelle famille. Tout ça ne tient qu’à toi. On est là pour te porter, mais il y a que toi qui décides de te relever ou non. » Il voulait l’étreindre, peut-être même juste établir un contact physique mais il n’osait pas. Il ne parvenait pas à franchir ce mur, et il espérait juste que ça n’empiète pas sur la résolution de ce conflit. « On fait quoi du coup ? » Qu’elle se rende compte de l’absurdité de la situation.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

SPLEEN
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur
homecoming : 24/06/2017
Messages : 714
pretty face : Emily Browning
julius caesar : (c)MATT-BB & (c)Astra (signa) & (c)Eden Memories/Kiri/Aslaug (icones)
the mighty bush : Technosymbiose avancée. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux… Désormais, elle peut utiliser la technosymbiose à distance, avec un simple contact visuel, et aussi de ne plus avoir à s'infiltrer dans le réseau pour des manipulations "simples
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux, même si le doute s'immisce dans l'esprit hyper cartésien de la gamine...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Jeu 7 Déc - 20:55 ()


Take off our masks
How do you look into the mirror, when you’re too tired to fake a smile ?



Chaque mot prononcé restait accroché à son esprit, comme un souvenir latent de sa propre horreur. Tara, elle avait toujours été directe, casse-cou, à embarquer tout le monde, et surtout sa sœur, dans les situations les plus dangereuses. Aventurière, prête à tout pour un peu de sensations, pour ne pas rester enfermée entre quatre murs. Loin d’être parfaite, elle avait souvent été la pire des connasses, cherchant à détruire pour éviter de se faire détruire. Tara, elle n’était pourtant plus rien aujourd’hui. L’ombre d’elle-même réduite à néant, ne cherchant que la mort sans jamais réussir à la trouver. Un jeu du chat et de la souris, qu’elle attendait, espérait, mortel. Une course contre la montre qu’elle finirait par perdre, un sourire aux lèvres. Tout avait commencé avec une perte de repères, sa jumelle, rayon de soleil dans une vie banale, morose. Rayon de soleil éteint soudainement, une étoile explosant pour ne laisser que des poussières, des éclats ponctuellement visibles. Tara, elle voulait s’y raccrocher, à ces petites lueurs, pour ne pas continuer à sombrer. Mais elle était déjà loin dans les abysses, enfermée dans son bureau, son appartement, son esprit. Le côté cérébral avait repris le dessus sur le reste. Comme pour s’accrocher aux faits, au lieu de laisser la dépression et la colère ravagées son cerveau.

On ne s’est pas s’ils sont morts, ce qui s’est passé. Une affirmation qui était peut-être pire que d’avoir tous les détails. Tara était ambiguë comme fille. Elle aimait être au courant de tout et, en même temps, si elle n’arrivait pas à empêcher une catastrophe d’arriver, elle s’auto-détruisait. Comme pour le Dare or Die, et l’arrivée de Guerre. C’était un échec sur toute la lignée, échec dont elle portait le poids, sans en n’avoir jamais parlé à quiconque. Secret trop lourd pour le cœur déjà ébranlé, alors même qu’elle n’était pas en tort. Il soulignait ce qu’ils avaient fait ensemble, arrachant un maigre sourire à Tara. Ni triste, ni heureux, juste…. Vide. Aussi vide que ce creux au fond de sa poitrine. Ils avaient réussi à s’entendre au cours d’une mission en effet. Ils avaient déstabilisé l’un des lieux-clefs des démons. Néanmoins… « Je ne pense pas que ça puisse être considéré comme une réelle victoire. Et notre humanité… Les démons nous survivront, ou pervertiront certains de nos membres. Nous serons notre propre perte Arthur. » Regarder la vérité droit dans les yeux. Tara, elle passait sa vie derrière des écrans, à suivre des centaines et des centaines de petites lumières sur des plans en 3D et hologrammes. Elle repérait chaque mouvement suspect, étrange. Elle faisait des dizaines de rapports, enregistrés sur une clef, un cloud à part. Big sister is watching you. Si ça se savait, certains feraient bien plus attention…

« On aurait dû deviner tout cela. J’aurais dû le surveiller, fouiller son passé et ses dossiers, pour avoir de quoi le faire tomber. Arthur… Pourquoi je n’ai rien fait ? » La voix se brisait, en même temps que les derniers morceaux de sa raison. Pleurs, paroles suicidaires, destructrices. La haine qu’elle se portait devait égaler sa fierté. C’était l’animal qui la maintenait dans la réalité, seule source de chaleur et d’humanité dans cette pièce. Seul contact établi aussi. Rester là, ne pas sombrer, ne pas s’endormir pour de bon… Elle luttait, contre elle-même, contre la tempête qui emportait son monde, broyait son existence. Rien ne l’autorisait à dire de telles conneries, vraiment ? Et il se prenait pour qui ? Elle ravala les larmes, la colère qui la bousillait. Pas le moment pour ça, simplement pas le moment… La jeune femme le laissa continuer, encore et encore. Se rendait-il compte de ce qu’il disait ? « Je raconte ce que je veux encore ! Surtout quand il s’agit de ma vérité. » Malgré la colère qu’elle voulait mettre dedans, son corps n’acceptait de sortir que des murmures. Foutue faiblesse, qui l’empêchait d’agir désormais… « Evidemment que je considère qu’elle m’entrave ! C’est moi qui vis avec tous les jours, moi qui finis tant bouffée par la douleur que je la tue à grands coups d’anti-douleurs, et encore moi qui vais finir amputer… » Réalité dont elle avait pris conscience il y a quelques mois. Ca arriverait, peut-être bien plus tôt qu’elle estimait. C’était pour cela que l’exo-squelette était devenu son projet.

« J’ai tellement fait confiance à cette famille Arthur, mais tant... » Il n’imaginait même pas l’espoir qu’elle avait mis dans les templiers après la grand départ, et le grand retour. Ils avaient été ses piliers pour rester en vie. Et finalement… « C’était peut-être une erreur vu les événements, et ce que je suis devenue... » Un amas de rage, de dégoût. Un vaste regroupement de négativité, qui pourtant continuait de travailler pour eux. Ses connaissances avaient entièrement été mises à leur service, malgré tout. Les logiciels créés, les armes refaites, les technologies qui ne faisaient plus qu’une avec elle. Dernière question, à laquelle elle répondit dans un murmure : « Je suis absurde. Tu ne devrais pas t’inquiéter pour moi, je vais m’en sortir. » Mensonge total, alors qu’elle décalait l’animal. Elle obligea son corps à se relever, mais à peine eut-elle fait un mouvement que la carcasse se brisa à nouveau sur le sol. Un poids enserrait sa poitrine, rendant chaque respiration plus difficile…


@Arthur M. Leroy

_________________

   
   
Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t372-holding-hands-while-the http://www.gameofshadows.org/t5639-arthur-leroy-templiers
homecoming : 30/10/2016
Messages : 1458
pretty face : Jake Gyllenhaal
julius caesar : schizophrenic
Allegeance : Puisqu'il est ni plus ni moins le chef de clan des templiers, il se doit d'être un exemple de loyauté. C'était pourtant mal parti, lui l'électron libre, l'âme rebelle dans une famille qui ne vivait que pour le devoir envers autrui. Aujourd'hui, tous les regards et toutes les craintes sont rivés vers lui et il se doit alors de représenter l'union au sein de l'Ordre. Néanmoins, il met un point d'honneur à ne pas être l'homme derrière le bureau, celui qui tire les ficelles depuis son nuage paisible. Il met la main à la pâte et entend donner à son camp une efficacité jamais atteinte autrefois .
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Dim 14 Jan - 22:24 ()
It's cold and loveless
I won't let you be denied @Tara C. Bellamy
Tara se flagellait de ne pas être surhumaine. C’était une faiblesse récurrente chez les templiers qui pensaient pouvoir tout voir et tout savoir. Des siècles de savoir et de prospérité pourraient donner des envies de grandeur et laissaient croire à tout idéaliste que l’Ordre était en mesure d’agir au moment où il le fallait. Mais l’Histoire avait démontré qu’ils restaient des humains et que les victoires étaient justement savoureuses parce que les défaites étaient surmontées. Arthur essayait de lui faire comprendre ce que lui-même avait du mal à assimiler. Maintenant qu’il était un templier à part entière, il s’était laissé prendre par cet orgueil commun, jusqu’à ce que la réalité le rattrape. Si la pédagogie ne suffisait pas, alors l’homme usa de l’autorité. C’était à lui que reviendrait la lourde tâche d’abandonner. C’était lui qui demanderait à ses soldats de baisser les armes. En attendant, il ne laisserait personne derrière lui. En témoignait sa présence. Évidemment que Tara se révolta. C’était encore la preuve qu’elle était vivante et qu’elle se rattachait à quelque chose. Sa vérité entravait ses mouvements, c’est bien ce qu’il lui démontrait. Il n’essayait pas de minimiser sa douleur et les difficultés qu’elle éprouvait au quotidien – ça non, il n’aurait jamais la légitimité de le faire – mais il lui montrait qu’ils étaient présents pour l’aider à faire face. Lui-même se tenait, par terre, devant elle, pour l’éviter de finir bouffée comme elle venait de l’expliquer. Arthur fit preuve d’un silence le plus compréhensif possible, tandis qu’elle déversait sa rancœur. Sa famille l’avait trahie, sa confiance lui avait fait défaut. Peut-être. Peut-être que les espoirs étaient mal placés, tout comme les siens, autrefois. Lui avait tellement renié la confiance qu’il aurait pu accorder à sa seconde famille. Il avait tellement rejeté l’héritage qu’on lui servait sur un plateau d’argent, persuadé qu’il finirait par l’handicaper lui. Aujourd’hui, il se rendait compte combien il avait été bête.

Il ne disait toujours rien, l’intrus assis à ses côtés. Il était le punching-ball sur lequel se défouler, l’épaule sur laquelle s’épancher, avant qu’enfin il soit le pilier sur lequel se relever. Depuis des mois, Arthur faisait preuve de la plus grande des abnégations. Il s’oubliait, il rayait toute vie privée, toute vie sociale qui aurait pu l’éloigner de son devoir. C’était peut-être ça qu’il partageait avec Tara. Cette dernière finit par conclure la discussion avec une vérité aussitôt contredite par une nouvelle chute. « Ça se voit. » finit-il remarquer, ironique malgré lui. Il secoua le flacon de médicaments devant ses yeux. « Tu as avalé combien de ces trucs ? » Il ne pouvait pas la laisser dans cet état-là. Si elle risquait la moindre overdose ou pire que son corps entier le lâche, il allait la traîner de gré ou de force jusqu’à l’hôpital. Et si elle ne le savait pas, elle le comprendrait aisément au ton de sa voix. « Ça tombe bien, je suis un gros abruti. » Un abruti d’avoir cédé à Renée et de s’infliger ça. Il attrapa sa taille et passa son autre main sous ses genoux, comme l’été dernier quand ses jambes ne l’avaient plus portée. Il la souleva juste assez pour l’asseoir sur le comptoir de sa cuisine. Il fallait qu’elle respire. Arthur traversa la pièce, ouvrit en grand la fenêtre, puis revint vers elle au cas où elle décidait de s’effondrer à nouveau. « Je ne vais pas te lâcher, Tara. Que tu le veuilles ou non. Je ne me passerai pas d’une fille comme toi. » Qu’elle prenne ça personnellement ou professionnellement, dans tous les cas, c’était viable. « Je peux rester toute la nuit, s’il le faut. Light aime bien cet endroit. » ajouta-t-il en lui tendant un verre d’eau fraîche. « Je ne demanderai pas pardon pour le passé, mais je peux influencer sur le futur. On va te trouver le meilleur des médecins. Les anges sauront certainement une solution. Personne n’en saura rien. Et je te laisserai le temps qu’il faut. »

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

SPLEEN
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur
homecoming : 24/06/2017
Messages : 714
pretty face : Emily Browning
julius caesar : (c)MATT-BB & (c)Astra (signa) & (c)Eden Memories/Kiri/Aslaug (icones)
the mighty bush : Technosymbiose avancée. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux… Désormais, elle peut utiliser la technosymbiose à distance, avec un simple contact visuel, et aussi de ne plus avoir à s'infiltrer dans le réseau pour des manipulations "simples
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux, même si le doute s'immisce dans l'esprit hyper cartésien de la gamine...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Mer 17 Jan - 17:20 ()


Take off our masks
How do you look into the mirror, when you’re too tired to fake a smile ?



Même son corps se moquait d’elle, à la lâcher au pire instant possible. D’ailleurs, Arthur ne manqua pas de faire une remarque, l’ironie dans la voix. Elle, elle déglutit vite, détournant le regard, haïssant sa propre faiblesse. Son corps tremblait, et principalement ses doigts, qu’elle serrait en deux poings. Survivre, elle cherchait juste à survivre la gamine. Alors, elle s’enveloppait dans sa fierté, dans son égo, débattait avec ses émotions, supprimait ses faiblesses. Elle ne voulait plus se briser, simplement parce qu’elle n’était pas parvenue à recoller les morceaux la dernière fois. Une chute supplémentaire, et ce serait la fin. Les abysses et les ténèbres l’engloutiraient. Parce que Tara, elle ne pouvait pas se battre en permanence. La solitude, c’était sympathique pour ne pas faire face à la traîtrise de l’être humain, mais ça obligeait aussi à ne se reposer sur personne, même dans les pires moments. Et elle le payait cher, aujourd’hui…

Un flacon fut secoué devant elle. Vide. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre, le visuel lié aux mots d’Arthur. Combien en avait-elle pris ? Les paupières clignèrent, pour accrocher l’esprit dans la réalité. Elle déglutit, eut besoin d’un peu de temps supplémentaires, avant de murmurer : « Je ne sais pas… Une dizaine certainement. Peut-être plus, peut-être moins. » Il y avait eu assez de cachets pour écraser sa conscience, embrouiller sa douleur. C’était ce dont elle avait besoin, et elle avait avalé le nombre de médicaments nécessaires pour en arriver à ce résultat, qu’importait les risques encourus, et en sachant pertinemment qu’avec l’alcool et le tabac, cela ne ferait pas bon ménage.. Elle s’en foutait. Elle en était à ce point où flirter avec la Faucheuse était tout ce qu’elle était en état de faire, même si c’était la mort, définitive et violente, qui l’attendait à la fin de la Danse. Baiser mortel pour conclusion..

Un abruti… Oui, il devait en être un. Un abruti qui s’accrochait à sa fierté, un abruti qui faisait bien trop attention aux autres. Et aujourd’hui le prouvait. Il n’avait pas à venir jusque chez elle, il aurait pu profiter de ce moment pour souffler, pour prendre soin de lui, pour vivre sa vie. S’inquiéter pour elle n’était ni utile, ni bon. Il la souleva, la posa doucement sur le comptoir, puis s’écarta, traversa la pièce. Elle le suivit à l’ouïe, incapable de tourner la tête sans risquer de tourner de l’oeil. Fenêtre ouverte, courant d’air frais dans ses cheveux plaqués sur son crâne. Elle devait être brûlante, derrière son visage étrangement pâle. « Ce n’est pas très utile une fille comme moi. Ca passe juste son temps à refuser les ordres, en faire qu’à sa tête, et à se foutre des autres. » Elle était comme ça, cachée derrière sa foutue fierté. Celle-là-même qui commençait à s’effriter, se briser aux pieds d’Arthur. Personnellement, elle n’était qu’une connasse bouffée par un besoin de vengeance trop envahissant, et professionnellement… Condescendante, méprisante, et refusant de suivre les ordres. Le Chef avait bien plus de patience qu’elle n’en aurait eu face à quelqu’un comme elle.

Verre d’eau entre les doigts tremblants, elle parvint à peine à en boire une gorgée, avant de reposer le contenant sur le comptoir, à côté d’elle. Un coup d’oeil vers le chien, et le vague rappel du sien. Il était à l’abri, et c’était tout ce qui importait. Nouveaux mots, et l’horreur frappa dans ses yeux. Pour masquer le tout, elle alla poser sa tête, son front entre l’épaule et le cou d’Arthur. Là, au moins, il n’y avait aucune possibilité qu’il perçoive les émotions sur son visage. « J’veux plus rien avoir à faire avec les anges. J’veux pas. » Le murmure empli d’effroi. Parce qu’au-delà de la haine et de la colère, il y avait surtout de la peur. Ils l’avaient déjà tuée elle, et en tant que jumelle, Tara avait peur d’y passer aussi. Parce que les soldats divins étaient aveugles, butés. Et comme la templière ressemblait comme deux gouttes d’eau à un ancien démon… Les doigts s’accrochèrent aux vêtements d’Arthur, alors qu’elle continuait : « J’veux pas perdre ma jambe, perdre ce qu’il me reste… Mais y’a rien qui puisse empêcher cela. J’ai cherché pendant des mois Arthur. » Elle avait fini par se rabattre sur un exosquelette, qui avait plus de chance de voir le jour que sa jambe d’être soignée. Il aurait fallu la traiter directement après la blessure, et encore, l’opération était des plus lourdes. « Je ne veux pas être faible. » Derniers vestiges de sa fierté qui s’étranglaient dans sa gorge.

Il lui fallut quelques secondes, quelques minutes de débat avec elle-même, jusqu’à s’ouvrir définitivement, si vulnérable… « Aide-moi, s’il te plaît... » Nouvelles perles sur les joues, et le masque se brisa en milles morceaux...


@Arthur M. Leroy

_________________

   
   
Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t372-holding-hands-while-the http://www.gameofshadows.org/t5639-arthur-leroy-templiers
homecoming : 30/10/2016
Messages : 1458
pretty face : Jake Gyllenhaal
julius caesar : schizophrenic
Allegeance : Puisqu'il est ni plus ni moins le chef de clan des templiers, il se doit d'être un exemple de loyauté. C'était pourtant mal parti, lui l'électron libre, l'âme rebelle dans une famille qui ne vivait que pour le devoir envers autrui. Aujourd'hui, tous les regards et toutes les craintes sont rivés vers lui et il se doit alors de représenter l'union au sein de l'Ordre. Néanmoins, il met un point d'honneur à ne pas être l'homme derrière le bureau, celui qui tire les ficelles depuis son nuage paisible. Il met la main à la pâte et entend donner à son camp une efficacité jamais atteinte autrefois .
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Lun 12 Fév - 23:16 ()
It's cold and loveless
I won't let you be denied @Tara C. Bellamy
Une dizaine... Le comportement de Tara l’effrayait. La jeune femme était totalement capable de se détruire, pare qu’elle ne supportait plus sa condition physique. Et dire que tout avait commencé à cause de l’entêtement d’un Arthur incapable de suivre des ordres. Et dire que c’était elle qui payait sa désobéissance et sa stupidité de l’époque. C’était insupportable comme situation et Arthur ne savait plus comment lui faire comprendre qu’il était là pour réparer les pots cassés. Ça ne tenait qu’à elle d’accepter cette main tendue. Le Chevalier du Roi était prêt à déplacer monts et vallées pour chacun des membres de l’Ordre, si seulement on le lui demandait. Et cette dévotion, c’était elle qui la méritait le plus aujourd’hui. À peine eut-il ouvert la fenêtre que la jeune femme retrouva de sa verve et de l’ironie connue pour ponctuer la plupart de ses interventions verbales. Elle se décrivit comme quelqu’un qui attisait étrangement son souvenir. « Tu sais, j’ai connu un gars comme toi. Figure-toi qu’il a rapidement pris du galon. » Il parlait bien entendu de lui. L’Ordre, ça endurcissait, ça remettait dans le droit chemin. Sinon c’est qu’on n’était pas fait pour être un tel soldat. Tara avait tout pour réussir et même si elle n’était pas une femme de terrain, elle avait d’autres compétences dont on ne saurait se passer. Jusqu’ici, c’était la meilleure ingénieure qu’il ait connue. Ce n’était peut-être pas très objectif – étant donné que lui était une bille en matière de technologie – mais ça prouvait bien qu’elle avait sa place. Pour peu qu’elle laisse de côté ce qui la rabaissait. Il répéta ce qu’il pensait véritablement tout en lui tendant de quoi se rafraîchir. Il ignorait si ça suffirait à éponger ce qu’elle avait ingurgité, mais il voulait d’abord l’apaiser avant de pouvoir envisager de l’emmener quelque part. Néanmoins, Arthur ne put s’attendre à ce qu’elle pose sa tête contre lui, enfouissant son visage là où il ne pourrait pas le voir. Légèrement déstabilisé, il ne la repoussa pas et l’écouta du mieux qu’il put, planté là au milieu de la cuisine. Elle lui annonça qu’elle ne voulait rien à voir avec les anges et sur le coup, l’homme se maudit d’avoir pu oublier ce qui la liait plus ou moins tragiquement à la sphère angélique. Il ne pouvait pas lui en vouloir, lui qui avait des griefs contre ces alliés indésirables. Mais, il fallait parfois laisser de côté le personnel et se faire violence. Il fallait parfois fermer les yeux pour y voir un peu plus clair. Malgré toutes les remontrances à leurs égards, ils étaient indispensables. Ils équilibraient les forces dans une bataille qui aurait été perdue d’avance. Il se tut cependant, véritable pilier immobile.

Les doigts de la jeune femme maltraitèrent brièvement le tee-shirt d’Arthur et si elle n’avait pas repris la parole, sans doute ne s’en serait-il jamais rendu compte. Lorsqu’elle lui expliquait que tous ses efforts avaient été vains, Arthur réfléchit aussitôt à une solution à laquelle elle n’avait pas pu penser. Ils allaient mettre des moyens en œuvre, il allait mobiliser les meilleures équipes d’ingénieurs pour elle. Et si elle ne voulait l’aide de personne, alors il mettrait à disposition les meilleurs moyens pour lui faciliter la tâche. C’était pragmatique et il essayait de se détacher tant bien que mal de ce moment qui devenait trop intime. Il n’avait pas l’habitude d’être aussi proche des soldats qu’il était censé guider. Mais la voix brisée de Tara trouvait son chemin jusqu’à son cœur beaucoup trop humain. C’était impossible de préserver son impartialité. Les derniers aveux de faiblesse furent déchirants et Arthur réprima une grimace qui traduisait son malaise. Il sentit alors de légères gouttes imprégner son vêtement et ce fut trop compliqué pour le Chevalier du Roi. « Je suis là. » Une main se glissa contre sa nuque pour prodiguer de légères caresses. « C’est pour ça que je suis là, Tara. Pour t’aider. » Il se recula juste assez pour l’inciter à relever la tête. « Tu ne perdras pas ta jambe. Tu ne perdras rien. Tu as tout à gagner, maintenant. » Dans ses yeux clairs, se lisait toute la sincérité des mots. « Tu me laisses prendre soin de toi et je t’offre tout sur un plateau, OK ? » Si elle n’avait pas été de l’Ordre, il n’aurait pas hésité à éliminer lui-même ces larmes au bord de ses yeux. À la rassurer davantage. Mais il se devait de garder une certaine réserve. Ça n’enlevait rien à la réalité de sa promesse. Il l’avait peut-être poussé vers sa déchéance, mais il participerait à sa guérison.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

SPLEEN
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur
homecoming : 24/06/2017
Messages : 714
pretty face : Emily Browning
julius caesar : (c)MATT-BB & (c)Astra (signa) & (c)Eden Memories/Kiri/Aslaug (icones)
the mighty bush : Technosymbiose avancée. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux… Désormais, elle peut utiliser la technosymbiose à distance, avec un simple contact visuel, et aussi de ne plus avoir à s'infiltrer dans le réseau pour des manipulations "simples
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux, même si le doute s'immisce dans l'esprit hyper cartésien de la gamine...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Mar 6 Mar - 23:31 ()


Take off our masks
How do you look into the mirror, when you’re too tired to fake a smile ?



Elle s’cassait la gueule Tara, depuis bien longtemps. Elle avait pourtant cru qu’elle s’en sortirait seule, pendant des mois, des années, et elle s’était isolée. Et avait chuté, si profondément… Aujourd’hui, elle craquait. C’était p’t’être le mieux à faire, tant qu’elle avait un soutien. Si Arthur n’avait pas pris la décision de lui refuser un moment avec elle-même, elle serait certainement morte. C’était un fait, et être mise face à lui par son propre cerveau… Elle vacillait. Elle avait l’impression que son crâne allait exploser d’une minute à l’autre. Pulsations ralenties d’un cœur au bord du gouffre, mais plus douloureuses que jamais. Pour ça qu’elle se raccrochait au chef de l’Ordre, physiquement. C’était essayer de gérer la souffrance, les souvenirs, les pensées qui se brouillaient. Elle tentait de se dégager un chemin dans les sables mouvants qui l’étouffaient. Chaque mouvement était une plaie, chaque tentative vouée à l’échec. Il y avait tant de peur au fond d’elle, tant d’horreurs et de cauchemars qui l’enchaînaient, la retenaient en profondeur. Elle ne respirait plus, avec ce nouveau grand départ. Toujours plus bas ils l’emmenaient. Et elle, elle n’avait pas la force de se dégager, tétanisée par un premier syndrome de stress post-traumatique, qui se glissait insidieusement en elle. Parce que Tara, elle n’avait aucune idée de ce que c’était. Ca ne faisait que cinq ans qu’elle connaissait la guerre

C’était si facile, de se faire sa place dans l’Ordre, quand on y était depuis son plus jeune âge. Si simple, de s’habituer aux pertes, quand c’était normal. Et la gamine, malgré une force certaine et une obstination à la limite du malsain, elle n’était pas faite pour ça. Cœur trop fragile, cœur qui ne demandait qu’à être arraché. Ca avait été son but pendant des mois, des années. Supprimer les émotions, ce trop-plein de vengeance, de haine, de tendresse… « Il devait être doué lui. Moi je ne peux plus aller sur le terrain, ça limite les possibilités d’évolution… Et je suis invivable, c’mieux que je reste avec moi-même dans mes bureaux. » Personne ne la supporterait. Et puis… Elle n’avait pas une bonne image. C’était celle qu’elle avait créé après tout. Un choix qu’elle assumait, regrettait aussi. Ca l’isolait, c’était indéniable. Et à peser le pour et le contre, elle ne savait quel sentiment était le pire entre la solitude et la perte… Respiration douloureuse, lente, alors que les larmes s’échappaient, les yeux rougissaient, et la migraine pointait le bout de son nez…

Oui, il était là. Malgré tout ce qu’elle lui avait balancé à la gueule, toute la haine qu’il avait supportée, il était là. Il s’était inquiété. Et elle… Elle se sentait bien conne, d’être aussi rancunière. Mais c’était un moyen de se protéger, le dernier rempart. « Je… Merci. » Y’avait rien d’autre à dire. Et puis, elle pleurait toujours, et sa voix se brisait. Elle était étonnée d’arriver à aligner deux mots dans tout ce bordel… La tête ne trouvait plus appui sur l’épaule d’Arthur, et la gamine paniqua un instant. Elle voulait rester cachée, elle ne voulait pas être vue. Mais pas le choix, puisque l’autre l’imposait. Ne rien perdre, avoir tout à gagner. Elle hésita, tâtonna quelques secondes sur quoi révéler. Puis elle se dit que si elle mourrait ce soir, le mieux serait qu’Arthur soit au courant de ses projets. « J’ai… J’essaie de créer un… Un exosquelette depuis quelques mois. Ca arrive pas à grand-chose pour le moment, mais ça avance doucement… » Pourquoi raconter ça ? A quoi bon ? Les doigts continuaient de maltraiter le tee-shirt, à défaut de pouvoir les planter dans sa propre peau. « Ca m’servira p’t’être pas, mais ça pourra être repris par les ingénieurs de l’Ordre.. » S’il m’arrivait quelque chose.

Le regard se baissa, ne pouvant accepter toute la sincérité qui se dégageait de l’autre. Et aussi… Ca avait toujours été un projet très personnel, lui tenant à cœur. Seule Jo était au courant, parce que… Ben c’était Jo. C’était son amie, malgré tout. Sa sauveuse aussi. Puis… Puis elle baissa définitivement la garde, face à Arthur. Les larmes ne s’arrêtaient pas. Parce qu’elle avait envie de croire à cette promesse elle. Elle voulait tant… « D’accord… Même si je n’ai pas trop le choix, non ? » Elle s’autoriserait presque un trait d’humour, si la situation n’était pas aussi dramatique, si ce n’était pas littéralement un choix de vie ou de mort. « Je suis… Désolée de tous les soucis que j’ai pu causer. Tellement désolée de pas avoir fait les bons choix… » Elle s’en voulait, et elle était épuisée. Elle avait tellement creusé dans la rancœur et rancune, et s’y était perdue. Il était nettement plus facile de reporter la faute sur les autres, plutôt que de se rendre compte que c’était nous-mêmes qui avions un problème…



@Arthur M. Leroy

_________________

   
   
Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t372-holding-hands-while-the http://www.gameofshadows.org/t5639-arthur-leroy-templiers
homecoming : 30/10/2016
Messages : 1458
pretty face : Jake Gyllenhaal
julius caesar : schizophrenic
Allegeance : Puisqu'il est ni plus ni moins le chef de clan des templiers, il se doit d'être un exemple de loyauté. C'était pourtant mal parti, lui l'électron libre, l'âme rebelle dans une famille qui ne vivait que pour le devoir envers autrui. Aujourd'hui, tous les regards et toutes les craintes sont rivés vers lui et il se doit alors de représenter l'union au sein de l'Ordre. Néanmoins, il met un point d'honneur à ne pas être l'homme derrière le bureau, celui qui tire les ficelles depuis son nuage paisible. Il met la main à la pâte et entend donner à son camp une efficacité jamais atteinte autrefois .
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Lun 16 Avr - 22:01 ()
It's cold and loveless
I won't let you be denied @Tara C. Bellamy
Arthur ne devinait que trop la honte que devait éprouver Tara à pleurer ainsi devant son supérieur hiérarchique. Au-delà d’un patron qu’on pourrait avoir pour n’importe quel job lambda, il était de la cause qu’on choisissait de défendre, la représentation d’une valeur morale à laquelle on adhèrerait jusqu’à la mort. Alors, c’était d’autant plus difficile de révéler ses faiblesses, d’accepter la défaite ou la détresse. Lui-même en était incapable, comme si tous ses soldats le jugeraient sur sa façon de surmonter les obstacles. On lui avait bien fait comprendre assez tôt qu’il n’avait pas le droit à l’erreur. Alors, comment accepter de trébucher ? Elle était dans la même situation. Alors, l’homme la forçait à rencontrer son regard compatissant, afin qu’elle comprenne qu’elle n’avait rien à craindre. Ils surmonteraient ça ensemble, à deux, à dix, tout ce qu’elle souhaiterait. Elle était maîtresse de son destin et ce n’est pas un esprit égaré ou une jambe en vrac qui lui dicterait ce qu’elle aurait le droit ou non de faire. Il fallait croire que le cœur d’Arthur s’exprimait bien mieux à travers son regard que ses mots toujours mal choisis, toujours insuffisants, puisqu’elle finit par trouver le courage de se confier à lui. Au-delà de l’appel à l’aide qu’elle avait lancé par un geste des plus stupides, elle avait déjà tenté d’être sa propre bouée de secours. Ainsi, elle bossait sur un projet d’exo-squelette, sans même qu’il n’en ait eu vent. Il se doutait qu’elle l’avait gardé pour elle, mais comment les templiers pouvaient-ils encore trouver du temps pour avoir des secrets ? Lui dédiait toute sa vie à l’Ordre depuis qu’il en avait pris le commandement, si bien qu’il en avait oublié toute notion de vie privée. Et même quand sa vie d’homme finissait par refaire surface, c’était toujours au détour d’un acte dévoué à l’Ordre. Où l’art de tout mélanger, sans le vouloir... Elle finissait par minimiser l’intérêt de son travail en disant que ça pourrait peut-être leur servir à eux, à défaut de lui être utile. Et la façon dont il la toisa du regard suffit à lui faire se rendre compte des inepties qu’elle était en train de débiter.

Arthur demeurait un roc face à son tee-shirt froissé, face aux pleurs d’une templière à bout de nerfs, face à l’épuisement d’une humaine qui s’était perdue en cours de route. Elle baissait les yeux et ce geste valait mille mots. Mais lui ne faiblissait pas. Il était déterminé et lorsqu’elle consentit enfin à acquiescer, il esquissa un faible sourire victorieux. La parole était un premier pas, même si c’était beaucoup plus simple de dire que d’agir. « Non, tu n’as pas vraiment le choix. J’ai beau être le chef le plus chiant du monde, au moins, on ne discute pas mes ordres. » dit-il sur un ton faussement pédant. Il finit par rompre le contact, parce que ça devenait difficile, sans pour autant s’éloigner d’elle. « Si tout le monde devait s’excuser ou payer pour les erreurs qu’ils ont commis, les démons auraient déjà pris le contrôle de cette malheureuse Terre. » Il jeta un œil en direction de Light, qui ne perdait pas une miette de la discussion, comme si elle pouvait en saisir le sens. Un compagnon éternel, dont il ne pourrait jamais se passer. Il fallait croire que lui aussi avait perdu quelque peu foi en l’humanité, ou bien était-ce en lui-même ? « C’est toi qui vas continuer à bosser sur cet exosquelette et je m’occupe du reste. » Il haussa les épaules. « Bon, quand je dis que je m’en occupe, je veux dire que je te fournis la main-d’œuvre, parce que tu sais que j’ai du mal à faire fonctionner un de vos ordinateurs. » Il finit par décrocher les mains de son tee-shirt pour les recueillir dans les siennes. « On aura tout le temps d’en discuter. » Il saisit brièvement son visage pour examiner son teint, plus pâle que jamais. « Est-ce que maintenant tu vas me faire le plaisir d’aller voir un médecin ? Je fais venir un templier, si tu veux. » Il était temps de tourner la page et de mettre derrière eux ce triste événement. Ne tirer que le meilleur et trouver la force d'avancer, main dans la main.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

SPLEEN
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur
homecoming : 24/06/2017
Messages : 714
pretty face : Emily Browning
julius caesar : (c)MATT-BB & (c)Astra (signa) & (c)Eden Memories/Kiri/Aslaug (icones)
the mighty bush : Technosymbiose avancée. Pouvoir découvert il y a quelques années tout au plus, en total raccord avec son travail et son amour pour les nouvelles technologies. Capacité de glisser son esprit dans n’importe quel objet électronique et de naviguer au travers des réseaux pour communiquer avec d’autres mais aussi trouver des informations, entendre des conversations. Tara se joue complètement de l’électronique, cherchant à en faire entièrement son domaine. Même si cela finira par devenir dangereux… Désormais, elle peut utiliser la technosymbiose à distance, avec un simple contact visuel, et aussi de ne plus avoir à s'infiltrer dans le réseau pour des manipulations "simples
Allegeance : Son allégeance va aux templiers, cela va de soi. Mais... Tout est nettement plus compliqué qu'il n'y paraît. Au final, sa seule alliée, la seule qui a pleinement sa confiance, c'est elle-même. Un sentiment qui s'est accentué lorsque sa soeur a définitivement péri... Sous la main d'un ange.
these streets : Ils sont là et elle le sait. Anges et démons se battant sur cette magnifique ville qu'était Paris. Ils sont là et elle s'en fout, souhaitant simplement qu'ils dégagent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Ils n'ont pas leur place ici, et ne l'auront jamais.
En revanche, concernant les dieux... Ils ne sont que légendes à ses yeux, même si le doute s'immisce dans l'esprit hyper cartésien de la gamine...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Templiers

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) Ven 18 Mai - 19:07 ()


Take off our masks
How do you look into the mirror, when you’re too tired to fake a smile ?



Elle baissa les yeux au regard d’Arthur sur elle. Evidemment, minimiser ses propres actions dans une telle situation n’était pas le choix le plus intelligent. Mais son cerveau, à Tara, il s’était fait la malle avec les larmes. Elle ne réalisait toujours pas jusqu’où elle avait été, jusqu’où son addiction aux médicaments avait failli la mener. La mort, c’était dangereux. C’était un point final, un point d’orgue à une existence. C’était les dernières quelques secondes, avant de retourner poussière. Parce qu’ils n’étaient plus rien lorsqu’ils mourraient les humains. Les anges, les démons, leurs âmes devaient retourner en enfer ou au paradis, si de tels lieux existaient. Ils étaient toujours là, quelque part, contrairement aux êtres créés par Dieu. D’après les légendes, cela s’entendait. Tara avait toujours eu à cœur de réfuter ces idées, encore plus depuis qu’elle était au courant de leur existence. Non, ce n’était pas logique. Et pourtant… C’était le seul moyen de garder les pieds sur terre. De se dire que non, tout n’avait pas changé, que certaines choses restaient les mêmes. Ca faisait du bien à sa rationalité, à son côté cartésien.

« T’es pas chiant. » Pause. « Enfin si, un peu. Mais c’est pour ça que les gens se rassemblent derrière toi. Parce que t’es présent, tu t’inquiètes, et tu guides. » L’empathie, c’était ce qui faisait un bon leader. Et c’était la raison pour laquelle elle crachait sur les anges. Eux n’en avaient aucune. Et ils se considéraient comme les meilleurs guides, bien sûr… Tara ne suivrait aucun autre chef qu’Arthur. C’était con à dire, mais derrière la rancune et la haine, y’avait énormément de respect. Y’en avait avant la blessure, c’était pour cela que la chute avait été si dure. Ca avait été une trahison. Et Tara ne savait toujours pas si elle pardonnerait un jour. Evidemment, ça irait mieux, ça allait déjà mieux entre les deux. Cependant, y’avait cette petite voix, ce murmure pernicieux en permanence. Celle qui voulait la détruire, lui faire changer de camp. Comme si Lucifer était présent tout le temps, pour la pousser dans ses retranchements… « N’ont-ils pas déjà pris le contrôle du monde en partie ? » Elle souriait, tristement cette fois. Ce serait fermer les yeux sur la réalité que d’énoncer le contraire. « Nous combattons, mais ne parviennent-ils pas quand même à s’infiltrer dans les plus hautes sphères ? » Les faire tomber serait si difficile… Mais elle n’avait pas l’esprit pour s’attarder sur le comment. Elle était faible. Trop faible.

Elle ne pouvait pas s’empêcher de ricaner aux propos d’Arthur sur l’exosquelette, sur l’aide qu’il veut lui apporter. Déjà qu’elle n’était pas foutue de savoir dans quelle direction elle allait elle-même, avec Jo comme acolyte, alors lui… « T’es même pas foutu d’allumer un ordinateur correctement ouais… » Elle se moquait un peu, mais pas méchamment. Après tout, elle avait toujours en tête, derrière la brume des médicaments, leur dernière mission, quand il avait dû lancer le logiciel de piratage… Il avait un souci avec la technologie, clairement. Mais c’était pour cela qu’elle était là Tara, non ? Pour contrebalancer les effectifs un peu vieux jeu, ceux qui galéraient dès qu’il s’agissait d’user de nouvelles technologies… « Je ferai de mon mieux pour arriver à un résultat alors. » C’était tout ce qu’elle pouvait promettre, essayer.

Nauséeuse, elle avait de plus en plus de mal à respirer, à rester éveillée. En contrecoup, avec la fatigue émotionnelle, tout réclamait le repos, à grands renforts d’explosion dans le cerveau. « Il faudrait peut-être faire venir quelqu’un oui. Je laisse ça entre tes mains. » La vision se rétrécit, et le corps s’affala.

Blackout.



@Arthur M. Leroy

_________________

   
   
Danse Macabre
Reality ☽ Hours of crisis often call for sacrifice. In matters of consequence, when have doubt and fear given the best advice? Why not heed faith, courage, and honor?
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
crash like lightning
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Sujet: Re: Take off our masks (Arthur) ()
Revenir en haut Aller en bas
 
Take off our masks (Arthur)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Un article pour le Roi Arthur !!!
» Une aide innatendu, un interêt étrange... [pv Arthur]
» Arthur Ambre.
» Arthur Lockhart
» Où l'on converse avec sérénité | Arthur
like lightning
if you ride
ϟ you're gonna crash like thunder ϟ

a game of shadows :: Paris :: Nord-ouest :: Premier arrondissement :: Les quais de Seine :: Habitations