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the mighty bush : Manipulation du système nerveux, marionnettiste des corps et de leurs sensations.
Allegeance : Maître de l'Ordre des Templiers, vieux con patibulaire qu'on approche difficilement, davantage lorsqu'on est une bleusaille. Supposé à la retraite par la majorité de ses confrères, on le missionne secrètement à l'ombre des regards – réapparition notable et publique dans les couloirs du QG depuis quelques mois.
these streets : Sait tout des engeances célestes et chthoniennes, bien qu'il ignore copieusement se balader aussi en compagnie de dieux païens.

Sujet: almost like the blues. (juliette) Mer 1 Nov - 17:25 ()
almost like the blues
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Les mensonges aiment se cacher dans la lumière. Sous le feu diurne et hospitalier, ils prennent une allure saine, irréprochable, un rien éblouissante. La nuit, en revanche, ces mêmes monarques du silence perdent de leur rutilance que le soleil n’alimente plus et finissent éclatés sur le coaltar, mis à nu par la barbarie de l’obscurité pure. Les miens suffoquent de honte dans la poix de l’habitacle, conglutinés les uns aux autres contre les vitres closes de la bagnole. Ils m’implorent une grâce qui ne vient pas, de même que mes diables les tenant en laisse mendient à mes lèvres une clope qui se refuse – capricieuse petite garce n’appréciant que trop le confort de la poche de mon blouson, où elle roucoule avec ses consœurs. Trois heures que ça dure. Autant dire une éternité. La coutume voudrait que les langues se soient déliées dès les premières minutes écoulées et que la bouffe indigeste, commandée avant de planquer, ait été dûment dévorée, mais ma pitance demeure intacte, refroidie et vexée, négligemment omise sur le tableau de bord. Des plus philosophes que moi diraient probablement que la culpabilité est à l’appétit ce que l’arsenic est à l’estomac, mais je me contenterai simplement d’affirmer que j’ai le coffre nauséeux et un arrière-goût de gerbe qui stagne à bâbord du cœur.

Pour tromper l’ennui de mes doigts qui ne peuvent ni plonger dans un bain de nicotine, ni cogner l’invisible malaise, j’empoigne de temps en temps les jumelles et les stabilise à hauteur d’yeux. Mon regard, qui fuit avec une obstination féroce celui de Juliette, s’évade et se perd au-delà de notre prison, cette cage dans laquelle, tel un fauve captif, s’esquintent ma patience et mes humeurs prédatrices. La cible se fait attendre. C’est peu de le dire. Selon les informations fraîchement recueillies par Gibson, Pierre Uther aurait déjà dû se présenter chez son ex, une toxico squattant le dernier étage de l’immeuble que les phares éteints de notre carlingue ont en ligne de mire. Je soupçonne la quadragénaire être si bien compénétrée par sa meth qu’elle ne voit plus de ce monde que ses vagues contours opaques entre lesquels se fond Uther, innocemment abstrait malgré les huit meurtres qu’il a très certainement commis. Les mêmes sources ont corroboré la rumeur selon laquelle il visite chaque fin de mois sa compagne, pour des raisons qui nous sont obscures – et dont je me fous personnellement bien de percer les arcanes. Mon seul souhait est celui de réussir à le coffrer pour l’interroger, espérant qu’il n’avoue pas trop rapidement ses crimes et qu’il me laisse la jouissance émétique de l’obliger à tout me régurgiter d'entre sa gueule rouge et tuméfiée. Huit garçons. Huit mômes de cinq à onze ans, violés, tués, et essaimés un peu partout dans la ventraille de Paris, tantôt dans des ordures, tantôt dans des ruines, tantôt à quelques mètres de l’hydre mondaine et de ses têtes infatuées. Pierre ne fait pas partie des Disparus. Il n’est pas un démon, il ne vient d’aucun royaume chthonien qui aurait pu le recracher ici par quelque cruauté primitive. Oh, non. Ce Pierrot est tout ce qu’il y a de plus Humain. Une lame ointe de sel que l’ironie se plaît à m’enfoncer dans les chairs, chatouillant les cicatrices subies au nom d’un peuple à l’âme lépreuse.

« Tu veux qu’on te ramène ? » Telle une déflagration subite, ma voix troue le mutisme accablant notre alentour, ronronnant un murmure que j’aurais souhaité plus bas encore. Comme si la peur de réveiller l’inimité passive qui maquille nos politesses émergeait à l’improviste, j’ai le ton qui décline à mesure que mes pognes et leur longue-vue ne s’affaissent. « J’appelle Rolland et lui demande de venir te chercher. Je doute qu’Uther ne finisse par se pointer. » C’était le deal. Elle, ici, avec moi, ou rien. J’ai pris ça pour un excès de zèle saupoudré d’orgueil, une clause somme toute respectable que je me suis abstenu de museler lorsque, vers vingt-trois heures, elle est venue à la Brigade me livrer son tuyau. Juliette voulait voir l’aboutissement de son labeur et je ne me suis pas senti de lui refuser ce geste. Au fond, et malgré tout le mal que je me donne pour camper sur mes positions, elle reste la gamine aux moues boudeuses et aux sourires mutins que j’ai un jour entraînée dans le sillage des soldats du Temple. Mais ce fils de chienne nous a fait faux bond après des heures à lanterner dans un calme électrique et mon indulgence s’est faite la malle. Le reste de ce fiasco, j'aimerais le goûter seul, en tête-à-tête avec l'aigreur qui lentement refait surface. D’où, peut-être, l’autorité avec laquelle j’ai articulé mes soupirs effroyables. Effroyables et las. Sans autre forme de procès, mes phalanges saisissent le téléphone de service.

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these streets : Juliette, elle est au courant de tout. En tant que templier, elle sait que quelqu'un a brisé le pacte, et que les démons ainsi que les anges sont revenus sur Terre. Cependant, elle ignore tout de la présence des Dieux dans la capitale.

Sujet: Re: almost like the blues. (juliette) Ven 17 Nov - 18:12 ()


almost like the blues
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Elle a toujours tout réussi, Juliette. Elle passait parmi les autres, et ils pouvaient qu’l’apprécier. Elle s’baladait dans une pièce comme si tout lui appartenait, et le temps lui avait tout pris. Elle s’était retrouvée dans la ville lumière avec des promesses pleins les yeux et le changement dans ses tripes. Les pavés dégueulasses cachaient la misère et ses yeux s’perdaient dans la tristesse. Juliette elle a essayé d’changer de vie, de devenir quelqu’un d’autre. Juliette elle a pris un sac à dos et elle a abandonné tout ce qu’elle connaissait pour devenir quelqu’un qu’elle reconnaissait plus aujourd’hui. L’miroir représentait plus son reflet. C’était celui d’quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui s’trouvait dans un monde en pleine apocalypse et qui avait plus aucun moyen de s’en sortir. Quelqu’un qui avait une boule dans la gorge à chaque fois qu’elle se rappelait de tous ceux qu’elle a jamais pu sauver. Elle avait une dette au fer rouge, une qu’elle pourrait jamais payer. Les mensonges pouvaient pas cacher c’qui était cassé chez elle.

Quand elle est arrivée à Paris, elle s’est dit qu’elle aurait pu à avoir l’même nom. Elle s’est dit qu’elle serait plus Juliette, la gamine sans parents, la salope qui a abandonné ses frères et qui a tout laissé derrière elle pour quelques mots griffonnés sur un journal. Elle a espéré être plus forte que ça, sauf qu’Don, il avait vu depuis l’départ qu’elle avait d’la déception dans ses veines, d’la rage dans son cœur. Elle a fini par laisser tout ça derrière elle, elle est devenue c’qu’il fallait qu’elle devienne. Et elle a changé un peu trop avec le temps. « Tu veux qu’on te ramène ? » Enfermés dans une caisse avec une odeur d’cheeseburger qui envahissait l’espace, ils attendaient là depuis des heures en s’demandant quand est-ce qu’ils allaient sortir de là. Elle reste silencieuse quand il lui fait comprendre qu’le silence le gêne, à sa manière. Y’avait plus d’colère dans ses yeux. y’avait que le regret des choses qu’elle avait pas faite, des mots qu’elle avait pas dit. « J’appelle Rolland et lui demande de venir te chercher. Je doute qu’Uther ne finisse par se pointer. »

Un long soupir. Elle s’était habituée aux gens qui s’cassent, à ceux qui mentent. Elle pensait qu’Don lui mentirait pas. Qu’dans le monde qui s’écroulait, lui il serait toujours l’même gars qui l’a entraîné plus dur qu’n’importe qui alors qu’elle était qu’une gamine de 18 ans avec des conneries plein la tête. Elle a réussi à s’en sortir grâce à lui. invisible dans Paris, elle s’disait qu’elle pourrait tenir s’il continuait à l’aider. « Pourquoi, tu veux qu’je me casse, c’est ça ? » Un sourire en coin sur les lèvres. Sarcastique. Elle sourit dans l’vide pour la haine qu’elle a pas le droit d’avoir. « Dommage pour toi. C’est mon enquête. J’reste. » Elle savait pas si elle était en colère contre lui, ou contre elle-même. Pour croire qu’elle aurait toujours quelqu’un sur qui compter alors que le monde partait en lambeaux. « Je sais que toi c’est pas dans tes habitudes. »

@Don Harcourt

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Sujet: Re: almost like the blues. (juliette) Dim 19 Nov - 1:16 ()
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Juliette, elle n’a jamais été l'un de ces pétards mouillés qui promettent de déflagrer pour mieux se la fermer, ces grandes gueules comme on en croise à chaque coin de rue, dans chaque caste et couche sociale. Non. Juliette, c’est un incendie perpétuel. Sa rage est une coulée de lave qui tourne en rond dans son noyau de tristesse qu’encagent ses fines petites côtes démesurément solides. Elle cause peu mais irradie beaucoup. Et les rares fois où elle se décide enfin à articuler sa verve, elle ne brille que davantage. Il a toujours cru qu’elle finirait par se consumer de l’intérieur si rien ne venait discipliner la moelle de son esprit, si rien ne venait se collisionner à temps contre elle pour arrêter l’embardée de son âme morose. Il ne prétend pas avoir été la réponse aux maux carnassiers de la môme, mais l’avoir saisie par la peau du cou alors qu’elle n’était encore qu’un jeune chiot dissipé reste, si pas une victoire, au moins une vague consolation. Elle lui a inspiré une fierté dont il chérit aujourd’hui le cadavre avec autant de zèle que n’en aurait un nécrophage amoureux – c’est qu’entre temps, la pâle aridité du deuil et de l’amertume est venue déposer son linceul sur feu le sourire du mentor. Il sait très bien qu’elle lui en veut. Il connaît le lourd tribut de son rejet. « Surveille-moi ce putain de ton », qu’il lui mollarde malgré tout, à revers de barbe. Son sermon a le goût des vieilles choses qui traînent là par habitude. C’est un tas d’ordures qu’on a oublié dans un coin, puant et hideux, où s’est formé un pourrissement informe d’orgueil, de brutalité et de sévérité. En place et lieux de ces rebuts déjetés y avait autrefois de la bienveillance, de la pédagogie un peu remodelée mais soucieuse de pouvoir guider. Tout n’est plus qu’un dépotoir à ciel ouvert, dans le cœur de l’homme.

Ses lippes croquent la cibiche qu’il a fini par arracher et grognent leurs syllabes dans le filtre. « Foutue gamine. » Briquet incendiaire qui lui inonde son rictus, la flamme vacille sous le souffle rance et puissant que soupirent les naseaux. Ses maigres efforts de courtoisie disparaissent dans la brumaille du tabac fumé et dansent avec les particules laiteuses dans l’arabesque géante. Foutue gamine. Chansonnette qu’il lui fredonnait quand elle braillait de mécontentement au petit matin, après six heures d’entraînement intensif. Foutue gamine. Elle avait beau avoir des cernes gros comme deux poings au milieu de la figure et suer toutes les larmes de son corps, elle trouvait encore la force de se révolter, de résister à la massue de l’autorité. Qu’est-ce qu’elle lui plaisait... cette foutue gamine. Il a toujours eu un faible pour les mutins, leurs museaux qui se froissent et leur hargne qui éclate. À ces aboiements-ci il demeure néanmoins sourd. Un silence tassé finit par s’installer entre eux, un choix aux allures de mur dressé entre deux chagrins. Qu’est-ce qu’il peut bien répondre à ça. Avec une trentaine d’années de métier dans les grolles il sait qu’on ne réplique jamais mieux à une accusation que par l’aphasie. L’omerta des lâches. Essayer de se défendre, quand on est coupable, c’est creuser un peu plus vite sa tombe. Alors il fume, et il se tait.

Il fume, et il se tait.

La nuit s’agite soudain après quelques minutes de guerre froide. Un utilitaire bleu se gare pas loin de là et s’en extirpe un individu à la carrure effilée. Il correspond au signalement. À ce qu’on sait de Pierre Uther. La pogne libre du Commandant se jette sur la radio de service après qu’un juron engourdi ait franchi ses dents ; au même moment, un courant d’air froid soulève les quelques papelards laissés sur le tableau de bord et agite le gobelet vidé où le mégot a été abandonné. Le claquement de la portière fait vriller la nuque masculine vers la silhouette de Gibson – qui fend la noirceur urbaine. Second juron. Le prénom de la jeune-femme est sifflé à demi-mot lorsqu’il sort à son tour mais elle est déjà loin, la brebis, elle est partie s’enfoncer dans la gueule du loup. Pas le temps d’avertir ses hommes. Il empoigne son flingue et rejoint le sillage qu’elle a emprunté, le pas lourd d’une inquiétude qui lui dévore son flegme et d'une colère qui lui érode tout bon sens.

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Sujet: Re: almost like the blues. (juliette) Lun 20 Nov - 16:45 ()


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La gamine face au gars qui s’est perdu dans ses illusions. Elle détestait c’nom-là, quand il s’amusait à lui dire qu’elle s’en sortirait pas, aux entraînements. Juliette elle a tout laissé derrière elle, pour devenir quelqu’un qu’elle reconnaissait plus. Ses yeux perdus dans l’vides, son regard bouffé par les mots qu’il a réussi à dire, autour d’elle la foule s’bouscule mais son cœur s’meurt de l’intérieur.  Elle était pas en colère, elle avait pas d’rage qui envahissait ses poumons, pas d’tristesse qui s’lisait dans ses yeux. Elle avait qu’des occasions manquées et des gens qu’elle a choisi de laisser derrière elle. Alors qu’Paris se transforme en désert, son coeur reste silencieux, faisait qu’un avec la crasse des trottoirs et la lumière aveuglante des néons. Pas d’rédemption pour elle aujourd’hui, pas d’grand changement, pas d’palpitations dans son âme qui s’transforme en fantôme. Elle passe son temps à chercher quelque chose qu’elle pourra jamais trouver. La paix c’est plus qu’un souvenir, une illusion qu’elle a appris à laisser d’côté. Elle s’cache derrière des dossiers et des missions qui s’enchaînent, sans qu’ça parvienne à lui tenir chaud la nuit. La guerre sans fin les bouffait sans leur laisser une once d’espoir. Peut-être qu’elle espérait qu’ça serait différent, quand elle est arrivée chez les templiers. Peut-être qu’elle s’attendait à un sauvetage in extremis, et qu’il a jamais eu lieu. « Surveille-moi ce putain de ton » Elle le regarde, affrontant ses orbites sombres avec ses yeux noisettes. « Ou quoi ? » Y’a pas vraiment d’réponse. Juste un : « Foutue gamine. » lancé du bout des lèvres alors qu’il s’remet à fumer.

L’temps passe, et alors qu’les minutes défilent, elle voit un individu quitter un véhicule : l’gars qu’ils recherchent. Elle sort d’la caisse, arme au poing. Elle cherche pas à savoir s’il la suit, la rancœur à peine cachée dans ses tripes, Juliette elle le suit comme une ombre, en s’faufilant dans les ruelles qui s’ressemblent toutes. Il s’enfonce dans une autre rue, pendant qu’elle s’cache contre le mur, l’suivant le plus discrètement possible. Elle sent la présence d’Don sur son épaule après quelques secondes. Son murmure s’échappe dans l’ombre. « Tu te ramolis, l’vieux. » Elle se tourne vers lui, puis reprend sa route, murmurant alors qu’ils se mettent à suivre le gars. « Tu devrais rester dans la voiture. J’pense pas que tu sois d’une grande utilité. » Elle s’reconnaissait pas plus dans ses mots, parce qu’Juliette, elle a crevé en essayant d’s’accrocher à tout ce qui lui rappelait ce qu’elle avait perdu. Don, quand il l’a rencontré, c’était qu’une gamine sans nom, une fille qui avait pas d’passé, qui avait qu’des regrets et des non-dits. Don il s’est retrouvé là et il a guéri c’qu’il pouvait, sans le savoir. Peut-être qu’c’était pour ça que ça faisait plus mal d’voir qu’il était plus l’même mentor qu’elle a eu pendant trop d’années. Peut-être qu’Juliette elle s’disait que c’qu’ils avaient, ça faisait partie des choses qui pourraient jamais changer. L’gars commence à rentrer dans un immeuble. Ils savent que c’est une de ses planques, et elle hésite pas à rentrer, quelques minutes après lui. Ils s’retrouvent rapidement devant la porte de l’appartement. Y’a une époque où Don et Juliette, ils avaient qu’des réponses aux questions qu’ils se sont toujours pensés. Y’a une époque où quand elle crevait à l’idée d’plus reconnaître son reflet, elle avait toujours l’vieux pour lui rappeler qui elle était. C’était plus l’cas, et elle s’désole en se demandant pourquoi il devenait un étranger un peu plus tous les jours. Alors qu’ils sont chacun d’un côté de la porte, arme au poing, son regard se fige dans le sien, et elle secoue la tête avant d’l’éviter à nouveau. « J’comprends pas ce qui t’as pris, Don. »

@Don Harcourt

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Sujet: Re: almost like the blues. (juliette) Mar 21 Nov - 3:06 ()
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L’vieux, il lui enfoncerait bien le majeur dans sa gorge de poupée pour lui faire vomir ses borborygmes d’insolence. Mais ça urge, là, il a autre chose à branler que de distribuer des claques, sa gueule se contente de grimacer et ses semelles pourchassent l’allure souple de la jeune-femme. Ç’aurait été une autre, le supérieur aurait épinglé les nippes de la mignonne pour la renvoyer fissa dans le giron de la voiture banalisée, éructant à la truffe rétive sa verve d’officier qui ne veut ni compromettre une arrestation en laissant une bleusaille malhabile gâcher le tout, ni mettre ladite bleusaille en péril. Manque de bol, la nymphette au crin roux n’est rien d’autre qu’un chevalier et il sait, pour l’avoir personnellement entraîné, de quoi est capable ce soldat de l’Ordre.

D’à peu près tout.

Il a l’dos qui s’écrase contre la fine cloison les séparant du taudis, crosse de révolver encaissée dans sa pogne et la posture défensive d’un condé un peu trop bien rôdé. L’échine se tend pour écouter les bruits bohèmes rôdant derrière la porte. Une rumeur cathodique. La téloche qui serine ses inepties tard dans la nuit, mais sinon rien. Combien sont-ils, là-d’dans ? Il essaie de compter les pas ou les gestes feutrés mais c’est le murmure de Juliette se pointant au versant de ses tympans qu’il recueille bon gré mal gré. Ses yeux couleur d’orage cascadent jusqu’au froid minois et se figent au-dessus d’une bouche cousue et frustrée. Vraiment gamine ? C’est maintenant qu’elles te viennent, tes putain d'questions existentielles ?, parodie la mine renfrognée du maître. Son soupir teigneux vient empuantir la carne blafarde qu’il maudit mais ses entrailles, elles le lynchent salement. Faut croire que sous les épaisses strates de grès et de débris remblayant ses sentiments, Don mesure le prix de ses torts. Ils sont légion. Mais y en a qu’un seul qu’elle lui reproche, l’enfant-béton, un seul parmi toutes les troupes paressant dans le champ d’ses remords. Un seul et pourtant. Son plus grand fiasco. L’abandon des siens, un retour aux ombres et rester sourd, coûte que coûte, aux échos fraternels. Évidemment, qu’elle en a souffert, mais il ne pourra jamais vraiment lui expliquer combien ça aurait été pire s’il était resté sa figure de proue.

Ils en seraient venus au naufrage.  

« Ferme-la », qu’il articule en silence, moins par rusticité que pour l’avertir. À quelques mètres de là, ça s’dégourdit les pattes sur la moquette. Le poids d’un homme – d’un homme seul. La compagne dort peut-être. S’ils ont l’cul bénit, elle est peut-être même pas là. L’instinct martial reprend le dessus. Pas la peine de faire dans la dentelle, Uther n’est pas le genre de pourriture qui viendra sagement leur ouvrir s’ils sonnent et se présentent. La police qui s’radine chez vous à quatre heure du matin, c’est jamais bon signe. Son épaule s’écrase pesamment contre la lourde qui s’ouvre à la volée, cédant volontiers l’animal nocturne aux deux canons hostiles qui se braquent aussitôt sur lui. Pierrot, calbut à petits cœurs vissé sur son entrecuisse et marcel cradingue enfilé sur sa maigreur, sursaute, laisse tomber son plat réchauffé et, une fois l’information ayant correctement grimpé jusqu’à ses trois neurones, beugle puis se rue vers une commode d’un beigeasse douteux. Gibson est plus rapide que son quinquagénaire de commandant et atteint d’une foulée preste le suspect. Ça l’vexerait presque, Harcourt. Avant qu’un mouvement sur sa droite ne le déconcentre et n’attire finalement son regard. Une blonde aux tifs peroxydés est apparue dans l’encadrement d’un couloir et pointe son flingue boulimique sur Juliette tandis que son autre bras rachitique porte un poupon gauchement enveloppé. C’est l’marmot qui empêche Don de faire feu pour désarmer la junkie. Y a plus grand chose à faire. Sa masse s’écroule contre la silhouette de la rousse avant que la première déflagration ne tonne, trinque lorsque la balle plonge dans l’épaule, et atterrit sur le sol moelleusement dégueulasse. Il pisse déjà le sang qu’une autre prune se perd dans l’un des murs adjacents – cette conne n’sait même pas viser et elle l’a eu du premier coup, de quoi vraiment s’vexer. Les crocs sont serrés. La douleur irradie. Le nord, il le perd pas pour autant, jamais ; son bras valide tend les phalanges qui harponnent le col féminin pour tirer sa pouliche jusqu’à lui, sans grâce, sans égards, tout c’qu’il veut, c’est la mettre à l’abri de la pluie de plombs qui déferle dans l’appartement. Le canapé les réfugiera un temps, mais pas éternellement. Et le moutard qui hurle, maintenant, vrillant le flair de l’argousin qui n’ose toujours pas faire feu, là où, en d’autres circonstances, il aurait allègrement canardé la démente et son résidu d’bidet d’mec.

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