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these streets : Jo, la révo, la vox populi, qui sait rien que ce coeur ne veut lui dire, rien que les secrets qui s'entassent, les mystères, les hallucinations, des trucs qu'elle voit, qu'elle comprend pas. Jo, la scientifique sans plus d'certitudes que l'monde fout le camp.

Sujet: {{ it's an artificial nocturne ✣ arthur Lun 13 Nov - 21:24 ()

if i go there will be trouble if i stay it will be double

SHE'S GIVING EVERYTHING TO NUMB THE BURNS ADDICTED TO THE LOSING FIGHT.


Les yeux fardés de sauvage, elle réajuste nonchalamment la soie de constellation qu’orne sa peau ivoire. Jo, c’est une sale gosse, l’ambition et la tête brûlée en cocktail imprévisible, alors c’est même pas une surprise de la voir là, pouponnée de la tête aux pieds, en rébellion contre les ordres donnés et toute sa raison. La petite brute au cœur tendre s’est faite femme fatale, perchée sur ses talons, ses idéaux et ses plans foireux.
Devant elle, l’immeuble haussmannien dégueule son luxe à grandes fenêtres, fûts de champagnes et serveurs à foison. T’aurais dû venir en serveuse, t’aurais moins eu mal aux pieds, crétine. Mais plus qu'il faut. La nymphe gravit bravement les escaliers jusqu'à la salle de réception majestueuse sans une grimace.

A côté d’elle, un groupe jouait du jazz doux et jo, elle manquait déjà ses écouteurs et un bon vieux rock. Mais faut tenir le rôle, faut papillonner des cils, faut bavasser avec les veuves. Pourquoi elle s’inflige ça, la révo, celle qui peut pas attendre de rentrer dans son quartier post-apocalyptique où elle devra convaincre Charles, le sdf du coin, de bien vouloir se pousser de cinq minutes pour qu’elle ouvrir la porte ? Parce que lui.
Cible verrouillée. À trois pas sur la droite, un costard sophistiqué aux manies raffinées se vante de son énorme portefeuille en peau de crocodile. M.Costard est un disparu, un disparu qui a retourné sa vie d'une façon pratiquement schizophrénique et a gravi les échelons de la société pourrie en quelques mois seulement, jusqu'à se retrouver sur les photos officielles avec le maire, le sourire colgate et les sourcils bien épilés. Jo, elle sait pas grand-chose, et de moins en moins avec le temps qui passe elle a l'impression, mais elle sait que les disparus, il faut s'en méfier comme la peste et qu'ils ont des réponses. Des réponses qu'elle crèverait d'avoir.

L’ombre de la justicière a disparu, il reste plus que les flammes de la revanche dans les débris. L’apocalypse, les suicides, les hallucinations, et maintenant la pénurie.  Jo, elle crache contre le système, et elle glisse des macarons dans son sac parce que merde, il fait faim.

La robe légère comme un voile, elle s’avance lentement vers la gueule du démon. « Il paraît que vous êtes le plus haut donateur ce soir, félicitation Monsieur Romansky, je suis impressionnée. » Le sourire ravageur, voler son intérêt est presque trop facile. Mis à part son côté pourri, il n'était pas trop mauvais garçon après tout. Et il avait de l'argent, maman dirait de clore l'affaire et empocher le pactole. « Honoré que mon nom ait pu atteindre de si jolies oreilles, et vous êtes ? » La main menue serre celle qu’il lui tend. « Oh, pardon, Mademoiselle Hawkins, mais appelez-moi Ophélie. Ma tante m’a amenée, et elle m’a beau.coup parlé de vous. Elle doit être par-là, quelque part. » Elle est demoiselle volage, avec de grands gestes, le masque innocent et impressionnable qu’attire les prédateurs. Le minois de sylphide tourne dans tous les sens pour localiser une tante qui n’existe pas tandis que M.Costard en profite pour déposer une flûte dans ses doigts. « Et bien, buvons tant qu’elle n’est pas là » Dire qu’elle comptait le saouler lui.  

La conversation s’emmêle, les toasts sont portés à la vie, à la mort, à l’amour, au chocolat. Quand soudain, la gamine manque de s’étouffer dans son verre. Une silhouette passe le pas de l’entrée grandiose, une silhouette qui connaît jo, et pas ophélie. Quand leurs regards se croisent, séparés par une foule, Jo, elle peut pas s’empêcher de se sentir les mêmes picotements à la base de sa nuque et le sentiment profond que ça n’allait pas bien tourner pour elle.


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Dernière édition par Jo C. Duval le Ven 17 Nov - 10:29, édité 1 fois
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Templiers
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Allegeance : Puisqu'il est ni plus ni moins le chef de clan des templiers, il se doit d'être un exemple de loyauté. C'était pourtant mal parti, lui l'électron libre, l'âme rebelle dans une famille qui ne vivait que pour le devoir envers autrui. Aujourd'hui, tous les regards et toutes les craintes sont rivés vers lui et il se doit alors de représenter l'union au sein de l'Ordre. Néanmoins, il met un point d'honneur à ne pas être l'homme derrière le bureau, celui qui tire les ficelles depuis son nuage paisible. Il met la main à la pâte et entend donner à son camp une efficacité jamais atteinte autrefois .

Sujet: Re: {{ it's an artificial nocturne ✣ arthur Jeu 16 Nov - 23:52 ()
One day it's fine and next it's black
So if you want me off your back @Jo C. Duval
La soirée mondaine exhibait son luxe et son bon sentiment. Le gala de charité déversait faux semblants et hypocrisie. Ici, tout le monde souriait, tout le monde semblait heureux alors que dehors Paris crevait la faim. On avait organisé cette soirée sous l’étendard de l’altruisme et de la bienveillance, mais Arthur n’y décelait qu’égoïsme et narcissisme. Les invités ne se souriaient que pour mieux flatter leur propre égo. Ils se contemplaient eux-mêmes dans le regard de l’autre, se perdant dans des discussions à la futilité affligeante. Arthur remerciait toujours intérieurement l’influence passée de son père et de son frère, anciens maires, qui lui permettaient d’être convié à ces festivités sans avoir besoin de demander. Il ignorait toujours comment il parvenait encore réussir à se fondre dans la masse, lui, le lucide qui réprimait l’envie de cracher à leurs pieds pour leur exprimer tout le dégoût qu’il leur dévouait. Humains arrivistes ou démons opportunistes, ils se précipitaient tous aux bottes du nouveau maire afin de s’en attirer les faveurs. Ils sortaient leurs chéquiers abondants, signant à l’aveugle des sommes qui importaient peu. Dans ce costume bleu marine, affublé d’une cravate bleu roi, il était le mouton au milieu de la meute de loups. Chacun de ses pas effectués au sein de la foule paraissait ralentir le temps, comme s’il était toujours sur le point d’être découvert. Un jour, ils comprendraient que le chef ultime de la résistance avait toujours été parmi eux. Un jour, ils seraient aveuglés par la lueur qui irradiait du combattant de la paix. Il n’avait jamais autant l’impression d’être le héros de l’histoire que lorsqu’il n’était pas à sa place. Le sourire avenant sur le visage, Arthur se fraya un chemin, non sans saluer quelques têtes familières. Il savait se prêter au jeu, mais il avait une mission à remplir ce soir. Les autres n’existaient pas, il n’y en avait qu’un qui aurait toute son attention. L’argent attirait les âmes démoniaques, c’était un fait dont les enfants de Satan ne se cachaient même plus. Arthur l’avait en ligne de mire, depuis son entrée. Dans son costard trois pièces qui puait les trois zéros, il ne passait pas inaperçu. Les femmes entrevoyaient la séduction, les hommes l’opportunité. Il provoquait les réactions épidermiques, automatiques. Tout le monde attendait pour lui parler et pour croiser son regard. Mais le roi se faisait difficile et seule une personne avait réussi à l’aborder. Arthur n’aperçut d’abord que sa main fine qui cognait sa flûte de pétillant contre la sienne, mais quand la silhouette qui dissimulait la jeune femme s’écarta, il stoppa net sa marche.

Jo. Il se souvenait de son visage comme si c’était hier. Même parée de cette robe qui détournait le regard, elle semblait la même. Les quelques centimètres en plus ne parjuraient pas son minois mutin. Le sourire charmeur ne dupait que sa cible. Sa cible à lui. Que faisait-elle avec un démon ? Que faisait-elle là tout court ? Pourquoi se trouvait-elle juste aux côtés de la personne la plus dangereuse de la salle ? Sans savoir pourquoi, Arthur sentit poindre un désagréable sentiment. Un mauvais pressentiment mêlé d’un soupçon de frustration, lui qui avait eu tant de mal à la retrouver. Elle savait se cacher des yeux inquisiteurs et se dévoiler au bon moment. Hormis ce soir. Maintenant n’était véritablement pas le bon moment. Il devait rester concentré. Partagé entre l’envie et la raison, il s’approcha du duo, le pas déterminé. « Romansky ! » Le sourire du démon s’agrandit. S’étaient-ils véritablement reconnus ? Rien n’était moins sûr. « Arthur. Comment vas-tu ? » La poignée de mains se voulut franche, légèrement teintée d’une masculinité fière, tandis que le templier priait pour que son prénom révélé passe inaperçu auprès de la tierce personne. « Très bien. On m’a fait part de ton importante donation pour le gala. Tu sais vraiment déceler les bonnes opportunités. » Se faire le soutien des projets du maire, Arthur aura tout fait. « Je ne manque jamais l’occasion de soutenir le développement de ma ville, tu sais. » Ils passaient pour de vieux collaborateurs, alors qu’ils s’étaient parlés deux fois tout au plus, le philanthrope sorti de nulle part et le frère de l’ancien maire. « Je vois que tu passes une bonne soirée en charmante compagnie. » Le commentaire avait fusé, formulé avant même qu’il se dise que c’était une très mauvaise idée. Aussitôt, il le regretta quand l’homme passa un bras discret autour de la taille de la jeune femme. « J’ai de la chance, hein. Je te présente Ophélie, mais ne te fais pas d’illusions, c’est moi l’homme le plus intéressant ce soir. » Une réflexion désobligeante et orgueilleuse masquée sous la plaisanterie qui ne manqua pas d’écorcher la fierté du templier. « Enchanté. » dit-il en daignant enfin regarder Jo, la lueur assassine au fond de ses yeux clairs. Tout allait mal tourner. Elle se trouvait au milieu d’un duel qui ne la concernait pas. Qu’elle parte maintenant et peut-être se recroiseraient-ils, dans un autre contexte. Ailleurs, loin.

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Sujet: Re: {{ it's an artificial nocturne ✣ arthur Ven 5 Jan - 15:47 ()
one day it's fine and next it's black
« Darling you got to let me know, should i stay or should i go ? If you say that you are mine, I will be here til the end of time. »

Le faste dans la crasse se dénude à l’heure où les badauds aux dents aiguisées d’argent paradent. Des douzaines de donzelle aux ailes arrachées s’égarent à leurs bras, à leurs péchés, à leurs promesses cristallines qui mourront plus tard entre leurs crocs affamés, et jo, abandonnée à l’ivresse du frisson, s’y est mêlée. Naïve. Désespérée. D’la vérité en supplication. L’feu d’la suspicion.

Au son des violons, elle glane sa cible entre deux verres d’ambre et l’égard d’un sourire enjôleur, la belle gueule factice, l’innocence soufflée sur les traits poupins pour appâter la bête tapie derrière le costard avide. Jo, elle se fait Ophélie, héritière des folies, cils qui battent et doigts qui courent sur la cravate.
L’champagne lui glisse entre ses lèvres peintes pour charmer le Romansky, le démon aux affres maudites, aux mains qui s’égarent sur le corps de poupée dans des caresses à peine désolées. Elle retient ses grimaces, elle les transforme en moue indifférente. Les murmures se perdent au creux de l’oreille, un numéro de chambre, un air choqué, mais monsieur, vous n’y pensez pas, mais la transaction insidieuse ne peut se conclure, un chevalier interromps, vole l’attention gagnée de sa proie affamée.

Ses billes univers verrouillée sur lui, sa silhouette, ce visage étranger et familier à la fois qui évolue avec aisance parmi les costards. Son inconnu de minuit, elle y a repensé, la belle, souvent, chercher à retrouver, comme ça, au détour d’une curiosité, un nom, un indice mais l’illusion lui échappait. Il ne lui avait rien donné quand elle s’était dévoilée nue devant lui : un nom, un secret, étalée sur un plateau. Elle l’avait cru flic, celle qui traîne autant derrière les barreaux qu’entre leurs bureaux, mais sa barbe n’était nulle part dans les dossiers des employés. Alors elle s’est fait une raison, jo, elle a oublié. Elle a cru qu’elle avait oublié. Elle n’est plus sûre.

Il a la démarche nonchalante, l’arrogant, quand il approche du couple. « Arthur. Comment vas-tu ? » Une expression de surprise effleure ses traits. C’est bien sa veine, à la révo, il fallait qu’ils se connaissent. Le nom, cependant, ne manque pas de s’imprimer avec plaisir dans les méandres de sa caboche. Arthur. Comme le roi. Les deux mâles échangent les politesses et la Duval lève sa flute à ses lèvres, l’regard joueur, l’regard malice planté sur lui, à l’instar de Romansky, trop occupé à se faire vanter ses louanges pour remarquer que son jouet lui échappait tout à fait. « Je vois que tu passes une bonne soirée en charmante compagnie. » Et le bras de l’autre qui vient s’emparer de la taille pour la rapprocher, la posséder. Les dents grincent aux commentaires, plus encore lorsque le faux nom fuit.

« Enchanté. » Menace dévoilée qu’elle terrasse de sa main agile tendue. « De même, Monsieur … ? » La question n’est pas subtile, elle titille, elle joue. Ils sont sur son terrain, cette fois, elle le sait, elle le sent à la façon dont il la regarde. « Et si nous prouvions tords à Monsieur Romansky ? Vous m’aidez à trouver les petits fours ? »  Ce dernier partit d'un grand rire, l'attrapa par le bras avant qu'elle ne puisse se libérer en lui glissant quelques mots charmants murmurés d'un peu trop près et déposa à l'abri des regards quelque chose dans son sac. La gamine ne perdit son sourire factice que lorsqu'il s'excusa auprès d'Arthur et disparut dans la foule sous quelques prétextes auxquelles elle ne payait déjà plus attention, tâtant l'objet précieux du bout des doigts.

Seuls. Dans la foule. Comme deux idiots, deux maladroits qu'en savent trop et pas assez. Qu'ont que des soupçons à s'offrir, un frisson et il est déjà de partir. « J'ai imaginé beaucoup de choses sur toi, darling, mais l'idée du mystérieux philanthrope est plus séduisante encore. Alors ? Toi qui connais mon beau donateur, des squelettes dans le placard dont je devrais me méfier ? » Elle se dirige vers le bar, elle fuit, elle espère qu'il suit. Des placards, elle compte en ouvrir des tas ce soir, parce que dans le sac, la clé de la chambre d'hôtel de monsieur Romansky règne royalement. Et quelque part dans les mauvaises connexions de son cerveau irrigué à l'adrénaline, elle ne s'avoue pas l'attraction presque gravitationnelle qui la cloue ici plutôt que là-haut à se la jouer cambrioleuse de haut-vol.



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Sujet: Re: {{ it's an artificial nocturne ✣ arthur Lun 15 Jan - 20:51 ()
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So if you want me off your back @Jo C. Duval
Même en sa présence, Jo ne se débarrassait pas de son masque. Elle continuait de siroter son verre, sans perdre une seule seconde de l’échange. Elle enregistrait la moindre information, analysait l’entente cordiale entre les deux hommes. Il le lisait dans ses yeux noisette, la curiosité malsaine, la délectation de voir tout venir à elle. Et malgré son sourire, Arthur fulminait. Il fit mine de la trouver à demi-intéressante, lui rappelant qu’il n’était pas là pour elle, mais elle se plaisait à jouer le rôle de l’inconnu. Elle laissa le Monsieur en suspens, cherchant peut-être à quérir un nom de famille qu’il ne lui offrirait pas. « Arthur, oui. » Alors qu’il choisit de revenir à son objectif principal, c’est-à-dire être l’ombre de Romansky jusqu’à ce qu’il fasse un faux pas, l’intrigante en décida autrement. Elle lança une remarque qui, il en était sûr, piqua l’orgueil du démon, même s’il se départit d’un rire. Dans un dernier élan de possessivité malsaine, ce dernier s’approcha beaucoup trop près de la jeune femme pour lui glisser quelques mots ainsi qu’un objet dans son sac, à la manière d’une récompense. La carte magnétique qui devint la propriété de Jo ne manqua pas de susciter l’intérêt d’Arthur. Peut-être qu’elle venait de lui faciliter la tâche, indirectement. Tout se passa trop vite pour qu’il ait le temps de réagir, il n’eut même pas le temps d’accepter qu’il se retrouva seul avec la jeune femme. Le démon venait de filer, certainement en quête d’admiration ou d’une autre proie féminine. Jo venait d’éloigner l’homme qu’il était justement venu chercher. Si elle avait voulu faire exprès, elle n’aurait pas pu faire mieux. Pourquoi avait-elle choisi ce moment pour réapparaître ? Ne l’avait-elle déjà pas oublié ? Ne pouvait-elle pas restée tapie une soirée de plus, rien qu’une ? « Eh bien, je suppose que j’ai aussi envie de petits fours. »

Comme une mauvaise habitude qui revenait au galop, Jo affubla le roi du surnom instinctif. Le darling qui rappelait la danse passée, l’explosion manquée. Rien n’avait été oublié donc. Arthur la suivit jusqu’au bar, sans même réfléchir. Elle attisait sa curiosité, le besoin d’en savoir plus sans savoir pourquoi. Il se maudissait déjà. « Et tu imaginais quoi ? » demanda-t-il avant d’apostropher un serveur et de redemander une flûte de champagne pour chacun. Avec Jo, l’imagination s’emballait toujours trop. Lui qui avait percé au grand jour la criminelle aux accents revendicateurs se surprenait à vouloir toujours creuser plus loin. « En fait, mon vrai nom, c’est James Bond. À ton avis, pourquoi le costard me va si bien... » murmura-t-il, comme sur le ton d’une confession. Les verres furent déposés devant eux, accompagnés d’un plateau de petits fours. Le gourmand s’en saisit d’un pour l’engloutir d’une bouchée. Arthur poursuivit sur la voie de la métaphore et du mensonge. Après tout, elle était toujours là au mauvais moment, il y avait peut-être bien une raison – une qui ne manquerait pas de lui déplaire, si jamais. Il s’appuya contre le comptoir, face à la foule de badauds. « Et ton beau donateur comme tu l’appelles, on va dire que c’est le docteur No. Un homme beaucoup trop ambitieux pour ne pas semer le trouble là où il passe. Je te conseille de garder tes distances, il ne ferait qu’une bouchée d’Ophélie. » Arthur tourna son visage vers Jo. Il la préférait presque sous les néons rouges, telle la biche effarée, surprise au naturel. Ici, elle avait beau se fondre dans la masse, il y avait quelque chose qui ne collait pas. Une fois de plus, il avait l’impression d’être le dindon de la farce. Pourtant, c’était lui le maître des soirées mondaines, Leroy parmi la noblesse superficielle. Elle avait pénétré dans son territoire et il n’avait pas l’intention de se laisser distraire. Il acheva sa flûte d’une traite, pour se donner du courage et en reposant son verre, il se tourna de nouveau vers Jo. Il avait comme une envie de rester là et de se complaire dans le faste jusqu’au bout de la nuit, mais ce n’était pas possible. « On fait un truc. Je te fais danser à t’en faire tourner la tête, puis tu me remercies en me donnant la carte que le monsieur t’a filée. Ça me sera plus utile qu’à toi. » Il laissa son index s’égarer en direction de son sac à main. Hors de question qu’elle s’approche de lui à nouveau. C’est pour le business, qu’il se disait.
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