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let the sky fall
Un accident d'avion, un trésor piégé et un équilibre mis à mal par l'arrivée de nouvelles forces dans le jeu d'ombres...
Voilà ce qui vous attend dans la nouvelle intrigue.
like I own it
Parfois, on a juste envie d'inaugurer un bâtiment tranquille. Malheureusement, on a souvent des invités surprise....
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the mighty bush : La malédiction, celle qui a touché en plein cœur, qui n'a rien épargné. Le contrôle du sang et sa perte de contrôle. Le genre de choses dont on se passe volontiers.
Allegeance : Clébard loyal, fidèle, enragé. Souvent isolée, toujours en meute, Elizabeth reste à l'écart de ses pairs parce que tel est son rôle dans l'Ordre. Si elle a l'âme sombre, abîmée, si elle est usée, elle n'en demeure pas moins un chevalier investi et servant, prête à crever pour la cause s'il le faut.
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Sujet: Probably [Ezra] Ven 5 Jan - 1:04 ()

Probably Stirring up that feeling trapped inside myself Walking up the lion that makes me feel unwell The reckless road inside my head takes a hold on me


London.

Le souffle rauque, dégueulasse, emplit la pièce. Résonne sur les carrelages. Et je m'accroupis, lentement, au dessus de la carcasse aux poumons encombrés, aux sanglots crasseux. Le sang coule, d'une lame, en gouttes insolentes. Plic, ploc. Le long du métal. Le long de mes doigts. Et un sourire carnassier et froid dévoile mes crocs, les yeux purulents d'envies meurtrières. Je pourrais. Je pourrais, vraiment. Ça ne me demanderait aucun putain d'effort. Je m'inventerai une excuse, une belle excuse toute faite. Je dirais que j'ai glissé. Que j'avais pas le choix. Que c'était lui ou moi. Et on me croira.

« Pitié... me tuez pas...
- T'es vraiment qu'un sac à merde, putain... »

Achète-toi une dignité, un truc pour donner le change. Que j'ai pas l'impression de m'être déplacée pour rien, de pas avoir foutu le camp pour n'importe quoi. Que ça rentabilise au moins mon billet d'avion et le prix de la robe que j'ai faite acheter pour cette soirée de charité. Objectif partons à la rencontre du foutu fils de chienne qui a pactisé avec le démon de la domination pour lui fournir des esclaves en enlevant des gosses et des jeunes filles qui ne lui avaient rien demandé. Objectif défonçons la gueule de cette râclure après avoir passé toutes les sécurités qui l'entourent. La soirée, avec invitation, le système de vidéo-surveillance, ses gorilles. Et j'le regarde, Tom Caddlefire, avec sa tronche de gangster de bac à sable et ses prunelles terrorisées, pas prêt. Pas prêt pour la violence de nos échanges quand je l'ai attiré jusque là en le charmant avec la fente du tissus qui remonte trop haut sur ma cuisse. Pas prêt à payer le prix de sa trahison au genre humain, persuadé qu'il était ce con d'avoir trouvé la parfaite arnaque. Tellement plus sympa que d'enlever des mômes pour les vendre aux réseaux de pédopornographie mondiaux. Alors ouais. Ouais. Je pourrais glisser, là, l'achever d'un coup sec dans la jugulaire. Ce serait facile, et ce serait rendre justice. Justice, un peu, pour les mômes d'avant et les esclaves d'aujourd'hui, les pauvres filles qu'on a retrouvées dans des caves parisiennes bâillonnées et affamées, violées parfois jusqu'à la mort. Pour celles qui ont eu la chance d'en crever. Justice pour les gamines niquées à cinq ans, violées devant des caméras. Justice pour les Julie, les Emilie, les Samantha et les Sarah qui ont fini entre les griffes de Pertagorh et qui ont perdu, tout perdu, d'elles et de leurs souvenirs, et de leurs volontés. Je pourrais, là. Je pourrais glisser. « Fais chier ! » Le sursaut d'inhumanité et de discipline en recul, et j'me ramasse, j'ignore le foutu téléphone qui vibre quelque part dans la pièce et je me dirige vers la sortie de secours que j'ouvre d'un coup sec, dévoilant la présence d'une demie douzaine d'armoires à glace à l'air patibulaire. Everything's alright ? Ils demandent. Ils s'approchent, s'interrogent, observent. Et je souris, je hausse des épaules. « All went according to plans... » Derrière, ça s'agite déjà, ça va récupérer le connard, ça appelle les flics tout en s'assurant de prendre ce qui nous revient. Ce qui revient aux Templiers.

*

A l'arrière de la jeep, la tête tournée vers le paysage, j'essaye d'oublier. Paris, les missions, et ici, et l'avion. J'ai écrit, à l'Ancien, pour lui dire que c'était bon de mon côté, que j'espérais que ça l'était aussi pour lui. Une grosse partie du réseau à Londres, loin de la surveillance des Anges, une autre sur Paris pour accueillir les colis. C'était son travail ça... J'enquêtais sur cette merde depuis un an, maintenant. Je crois. Je ne sais plus. Sofja a fait plus que sa part du boulot, elle mériterait des vacances. Elle laissera juste la place aux neufs autres pour tenir la barque...

« Want a towel, Madam ?
- Excuse me ?
- A towel. To wipe out the blood... »

Et il la tend sans attendre de réponse, et je m'exécute, me rappelant les uppercuts douloureux et les ecchymoses qui se dessinent sans doute déjà sur ma peau, au niveau du foie, des reins, d'un bras. D'une tempe ou une pommette. J'ai la mâchoire engourdie et une clope au coin des lèvres. Putain de boulot de merde...

*

Paris.

La valise balancée dans un coin de l'appart, le crâne douloureux. Encore douloureux. Deux nuits n'ont pas laissé s'envoler la céphalée qui me tabasse les tempes depuis la mission. Et je ne sais pas, pas vraiment, si j'ai la gerbe parce que ma hiérarchie a insisté pour avoir Caddlefire vivant ou parce que parmi les coups que j'ai pu bouffer ce soir-là, il y en a un qui a décidé de me retourner le cerveau. C'est que cette foutue migraine ne passe pas. Un peu mécanique, un peu désincarnée, je fous de l'eau à bouillir, pour le thé, et j'allume mon téléphone français en ôtant mes grolles. Ça clignote, ça vibre, ça existe. Un soupir fatigué pour seule réponse, à la hauteur de mon intérêt. Lentement, j'essaye. Recomposer un visage humain, des souvenirs dignes de ce nom. Pas de visages de gosses terrorisées, pas de sang sur les murs. Pas de hurlement. Rien. Juste le silence, de l'appartement, dans lequel je balance les basses tranquilles d'un vieil album de blues. Rien qui n'ait d'effluves métalliques ou révoltantes. Aucune couleur choquante, aucune vision que la morale réprouve et que l'esprit condamne. Rien. Juste les fringues qui tombent les unes après les autres, remplacées par une robe pull. Noire. Épaisse. Confortable. Les pieds nus qui voguent sur le parquet, le bois qui grince un peu sous mes pas. Rien que des réflexes emprunts de banalités. Des trucs faciles. Aucun bruit, aucune ombre. Rien, putain. Rien du tout. Rien du tout. Du. Tout. Mes paumes serrent mes tempes, là où ronronne la putain de migraine, et mes doigts se perdent dans l'épaisseur de ma crinière, détachent le chignon discipliné. L'eau a commencé à siffler. Retour à la cuisine, pour me servir mon earl grey, et récupérer le téléphone qui me rappellera un peu au reste du monde. Des messages, des messages par dizaines et de tous horizons. Du boulot, un peu, un de mes boulots. De nos boulots. Et des questions de frères d'armes. Une blague vaseuse de l'Enragé. Un bulletin d'information concis du Patron. Un Ange. Je soupire, m'enfonçant dans mon canapé avec ma tasse de thé et ma cigarette. Et j'ose... J'ose à peine, mais un peu. Parce que j'ai oublié de prévenir. J'ai oublié de le prévenir. Je suis partie comme une voleuse, comme d'habitude. Mais j'ose, enfin j'essaye. Et je réussis. J'écris. Je lui écris.

Je suis rentrée.

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legends never die : Il est Celui qui a terrassé le Dragon, Défenseur de la Foi, champion du Bien, Archange du Premier Rayon, Celui qui commande à la Justice.
the mighty bush : En plus des pouvoirs de base intrinsèques à son espèce, Michael possède trois pouvoirs.

Vérité irrésistible. La vérité forcée, absolue. Sa présence l'appelle et alors elle s'impose à quiconque se trouve près de lui. Que ce soit des réponses ou de simples paroles, elles sont alors dépouillées de la moindre parcelle de mensonge.

Electrokinésie. Il est l'Archange de Lumière qui commande à l'électricité. Puissance grésillante aux creux des mains, il manipule l'énergie selon son gré, de la fureur éclatante dans les Cieux à l'électron courant dans les câbles.

Lumière de Dieu. Le Salut éblouissant, l'âme s'embrase, illumine et baigne les âmes damnées, privant celles-ci de leur pouvoir démoniaque pour soixante-douze heures.
Allegeance : Serviteur de la Foi, Michael combat aux côtés de Gabriel et des anges, pour les Hommes et le Seigneur.
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Sujet: Re: Probably [Ezra] Sam 13 Jan - 21:07 ()
Probably


Clignement de paupières. Une fois. Deux fois. Trois fois. La conscience s'échappe du royaume des rêves, revient peu à peu à la réalité. Émergence lente, reprises des sens. Paluche qui s'échoue sur la gueule, frotte celle-ci, accélère la reprise tandis qu'à côté de lui, ça s'agite, sur les droits. L'animal bâtard relève la tête, véritable gardienne du sommeil d'Archange. Elle ose un jappement, la chienne, à l'intention de son maître, s'enquiert du bon réveil de celui-ci. Grognement en réponse, alors qu'il appose la main entre les deux oreilles bestiales et gratte le cuir, récompense de la fidélité de la bête.
Il paresse, observe le blanc du plafond encore quelques minutes. Mais le soleil perce à travers la vitre, rappelle à l’Ailé que la journée est déjà bien avancée et qu'il a tant à faire. Le tissu est tiré, alors que Michael se redresse, non sans un râle douloureux. Etre directeur du 36ème et Archange étaient deux responsabilités plus qu'animées. Et cela laissait des traces. L’épiderme est marquée, ça et là. Teinte violacée qui tâche les côtes et le dos, lésions éparses qui déchirent la peau. Trophées récoltés ces derniers jours, résultats des combats qu'il mène. Médailles officieuses.
Paquet de cigarettes qu'il attrape, glissant l'une d'elles entre les lippes avant de l'allumer. Petit-déjeuner divin, suffisant pour lui. Les articulations qui craquent ensuite alors qu'il se relève, supplique d'un corps rouillé, en cours enfoncé dans la léthargie.

« Scooby, debout ma belle. »
Obéissance canine qui se dégage du lit. Et lui, il en sourit. De cette complicité qu'il avait avec, de cette relation qui les liait. Il en souriait, jusqu'à ce que dans le salon, il n'entende le bruit caractéristique. Le portable qui vibre sur la table basse, signale un message reçu. Alors il écrase la clope à peine entamée et s'y traîne, pour récupérer l'appareil et lire la nouvelle.
D'elle. Trois mots. Trois simples mots. Le soulagement qui prend place l'espace de quelques secondes avant que ce ne soit le ressentiment qui remonte alors qu'il ne laisse tomber le téléphone sur le canapé, sans s'affairer à y répondre. Silence puéril auquel il se laisse succomber. Elle attendrait, la fugueuse. Lui qui répondait toujours aux messages le plus rapidement décidait cette fois de passer outre. Elle s'évertuait à échapper à sa présence, il lui offrait donc encore quelques instants de liberté. Peut-être même la journée, tiens.

Mais elle est rentrée la Templière. Sans qu'il ne sache d'où, ni dans quel état. Et ça, ça le travaille. Depuis qu'il a reçu le message. Quand bien même il s'était efforcé à penser à autre chose, le temps qu'il se prépare. Mais le voilà, planté devant son canapé, le regard fixé sur le mobile alors qu'il ajuste son nœud de cravate. Il hésite, tenté de la laisser mariner tout comme de la rejoindre. Jusqu'à ce qu'il ne cède, dans un soupir.

« C'est elle qui va me tuer. »

---


Bruissement d'ailes. Son appartement à laissé place à un autre qu'il ne connaît que trop bien. Si ce n'est que cette fois, il n'est pas vide. Elizabeth est devant lui, installée dans son canapé, lovée dans cet habit qu'il ne savait jamais réellement qualifier. Elle est là, comme si elle n'était jamais partie.
Sauf qu'elle l'était. Sans le prévenir. Sans lui dire où. Sans même lui en donner la raison. Il n'aimait pas ça, lui avait déjà reproché ses disparitions et l'inquiétude qu'elle lui causait. Mais elle continuait. A croire qu'elle s'en fichait ou qu'elle n'avait pas confiance en lui, après toutes ces années.
La sévérité ancrée sur le visage, il lui fait face, en silence. Archange vexé de l'absence de nouvelles, le regard plein de remontrances. Mais il se tait, s'évite les paroles maintes fois répétées. Il éviterait ainsi de gaspiller son temps ainsi que celui de l'anglaise, préférant à la place, se rapprocher jusqu'à se positionner et s'accroupir à la hauteur de la blonde.
Le visage qu'il saisit ensuite entre ses doigts, tandis qu'il commence son inspection des dégâts.


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Sujet: Re: Probably [Ezra] Dim 14 Jan - 23:39 ()

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Je suis rentrée, c'est vrai. Un peu plus ébréchée, peut-être, la tronche vaguement abîmée, le corps encore douloureux et la carcasse abandonnée au fond du canapé. Le blues pulse paresseusement contre les murs, la bibliothèque, ramenant un peu de vie dans les étagères de bouquins qui se succèdent dans un marasme de thèmes trop éclectiques pour ne pas être le reflet branlant du bordel qui pullule dans ma tête et celui de mes huit autres identités. Neufs noms, neufs visages, neufs névroses. Neufs âmes à massacrer, à sacrifier. J'en ai perdu deux, déjà. Deux enterrements auxquels j'ai assisté depuis le cercueil et que j'essaye encore d'oublier. On aurait pu être onze. On aurait pu vivre une autre vie, dans un autre monde. Un monde sans monstre, sans ange ni démon. Un monde sans violence, peut-être, où ma grande gueule et mes envies marginales auraient été mon seul fardeau. Et par delà le blues, il y a encore les pleurs des gosses qui résonnent et serrent mes doigts sur la tasse bouillante. Tout ceci n'est qu'une histoire de concentration. De silence. Les jambes nues ramenées contre la poitrine, un bras enroulé autour des genoux. Le front écrasé contre l'angle des fémurs, à la frontière des rotules. Pour oublier. Pour oublier, en position foetale, comme avant, il y a longtemps. Quand le monde n'existait pas. Qu'il n'y avait que le silence, et la pulsation cardiaque. Padam. Padam. Un rythme trinaire comme on en connaît que dans le Delta. And Trouble is a Woman.

Il y a les secondes, les minutes et peut-être même la migraine qui s'effacent.
Et un ange qui passe.

Bruissement d'ailes, à quelques pas de moi. Y'a pas de porte au Paradis, ou on t'a juste pas appris à frapper avant d'entrer? Je ne veux pas savoir, et je redresse le museau, doucement, à la recherche de prunelles exemptes de terreur ou de méchanceté, à peine saturées de contrariété. C'est mérité. Et je retiens, tant bien que mal, le soupir qui gonfle mes bronches à l'idée du savon que Monsieur va me passer, à raison peut-être. Ou peut-être pas. La blonde envolée, encore une fois, évanouie dans la nature de ses noms évanescents, barrée sans avoir laissé un mot. Pas un seul putain de texto. Alors sans doute qu'il a raison, l'Ange, d'aborder un regard qui hurle tout seul les engueulades du passé, celles qui ont éclaté dans ce salon, dans un couloir, dans une cuisine. Celles qui disaient que je suis conne, irrespectueuse ou lâche. Que je n'avais pas le droit de lui faire ça. Pas à lui. Lui qui est toujours là pour moi. Quoi que je fasse, qui que je sois. Toujours là. Mes iris lui répondent, je crois, dans le même silence froid parasité par la voix rocailleuse d'un artiste au nom oublié depuis longtemps. Elles lui disent, je sais, je suis désolée et j'ai pas fait exprès. Et je le laisse s'approcher, quand il vient se foutre à ma hauteur pour évaluer l'ampleur des dégâts. « C'est rien, t'en fais pas. » je souffle, en attrapant ses doigts dans les miens. Rien de plus qu'un bleu ou deux, peut-être un os fêlé, rien que le corps ne sache réparer. Je tire, doucement, sur la main pour quémander la présence. Là. Sur le canapé. Et je tire encore, le regard accroché au sien et sans ciller, jusqu'à ce qu'il ait la bonne idée de céder. Je ne lâche pas, les doigts, sans savoir pourquoi. Les siens. Parce qu'ils sont chauds, sans doute. Tangibles. Parce que je les connais, que je les connais bien. Un sourire au coin des lèvres et la tête abandonnée au dossier, non loin de son épaule, je m'autorise une observation tranquille, de ses traits coupés au couteau, à la précision assassine jusque dans la dentelle de ses iris bleutées. Tout ira bien, pas vrai ? Je vais oublier. Je vais tout oublier. Et les hurlements, et la lâcheté, et la cruauté. « J'ai dû partir à Londres. En catastrophe. Une urgence, pour une enquête... C'était sale. » Comme s'il allait s'en contenter. « Je te donnerai mon numéro de téléphone anglais... Et les autres. » Et ce sera déjà ça, je suppose, tentant de faire amende honorable sans lâcher cette main, ancrée à la mienne, emmêlée à mes doigts, appropriée sans vergogne.

Tu sais pas vraiment, toi,
D'ailleurs t'as jamais rien su
De l'Humanité loin de ses vertus,
Celle qui fait mal en dedans,
Qui s'oxyde avec le temps...

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Vérité irrésistible. La vérité forcée, absolue. Sa présence l'appelle et alors elle s'impose à quiconque se trouve près de lui. Que ce soit des réponses ou de simples paroles, elles sont alors dépouillées de la moindre parcelle de mensonge.

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Sujet: Re: Probably [Ezra] Lun 5 Mar - 21:54 ()
Probably


Elle ne dit rien. Elle connait ses torts. Elle sait toute la peine qu'elle lui cause à chaque fois qu'elle disparaît. Qu'elle le laisse sans nouvelles. Lui, l'archange qui se veut gardien. Comment peut-il seulement espérer y arriver quand sa protégée s'enfuit ? Il fulmine, intérieurement. L'envie de lui crier toute sa rancune, de déverser toute l'inquiétude qui l'habite dès lors qu'il n'a plus de nouvelles d'elle. Et la respiration qui se taît quand il la retrouve ainsi, marquée.

 « C'est rien, t'en fais pas. »  qu'elle lui murmure. C'est faux. Mais elle va bien. La Justice qui ne peut s'empêcher de soupirer, rassuré de voir qu'elle ne risque plus rien. Il ne restait qu'à maître Temps de panser les blessures de la templière. Alors elle lui saisit la main, tire, réclame sa compagnie, près d'elle. Proximité à laquelle il s'est habitué. A laquelle il s'abandonne volontiers. Parce que malgré tout ça, malgré ses fugues incessantes et ses retours, malgré les colères qu'elle faisait naître chez lui, il ne savait jamais résister bien longtemps. Parce que c'est elle. La blonde qu'il rejoint donc, sur le canapé. Silhouette droite, fier dans sa mauvaise humeur. Les doigts toujours entremêlés, comme s'il craignait qu'elle ne reparte, qu'elle ne disparaisse là, tout de suite. Il ne pipe mot, le regard sombre qui se fiche sur un point, s'ancre droit devant. Il ne dit mot parce qu'il profite. D'elle, du contact. De cette humanité qu'il caresse du bout des doigts. Elizabeth est brisée, il le sait. Elle combat des démons qu'il s'efforce de chasser. Elle veut se laisser sombrer. Pourtant elle est celle qui le rapproche le plus de cette Humanité qu'il s'est voué à protéger.

Elle l'observe, elle sourit. Et lui s'autorise des regards, du coin de l’œil avant de froncer les sourcils. Il n'y a rien d'amusant. Pas là. Il est vexé l'Archange. Et elle lui explique, balance les raisons de son départ comme excuse. C'était sale. La langue qui claque sous le palais, Michael s'agace, ne veut pas savoir qu'elle a risqué sa vie maintenant qu'elle était revenue. Bénis les simples d'esprits.. « Je te donnerai mon numéro de téléphone anglais... Et les autres. »  La Justice hausse une épaule négligemment tandis qu'il détourne le regard, simule l'indifférence. « Tu fais ce que tu veux. Après tout, tu n'as pas de comptes à me rendre. » La voix qui se fait rauque avec le reproche. La caresse, du bout du pouce, qui se fait douce sur la peau de la blonde. Contradiction des sentiments manifeste. Jusqu'à ce que la paluche libre s'écrase sur la gueule grognon et que la Lumière ne lâche un énième soupir.  « Je suis content que tu sois en vie. » Et de venir déposer une bise, là, sur la tempe de sa protégée.

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Sujet: Re: Probably [Ezra] Mar 6 Mar - 21:31 ()

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T'es plus joli quand tu souris. Quand tu ne fais pas la gueule, quand tu ne t'affiches pas en bloc de contrariété, en modèle de droiture. Fiché dans mon canapé, Monsieur garde le regard fixe, les mâchoires serrées... Et je ne dis rien, je ferme ma gueule, alors que je pourrais parler, alors que je pourrais essayer de me défendre, un peu, ou de l'apaiser, beaucoup. Je pourrais mais je reste là, à moitié lovée contre lui, les doigts définitivement ancrés aux siens, incapable de me détacher, de m'emporter ou même – surtout – de faire le premier pas. J'attends, je crois, j'attends la tornade, la tempête ou l'orage, le moment où il daignera finalement parler pour me crucifier sur place, comme il sait si bien le faire. Comme il le fait à chaque fois.... A chaque fois, parce que nous connaissons la chorégraphie de ce débat presque sur le bout de ces doigts qui ne se lâchent plus, à force de fuite et de bravade. Michael déteste que je parte et je me déteste de toujours lui revenir, de toujours le chercher, l'appeler, l'invoquer. De ne plus pouvoir m'en passer. Le sourire amer au bord des lèvres, les prunelles plantées aux contours de son visage, j'attends. Toujours. Et il y a la même voix qui résonne, au loin, au travers des enceintes usées par les années. Sur l'étagère où la chaîne est posée, on pourrait presque voir les grains de poussière vibrer et danser en rythme, en même temps que le palpitant dysfonctionnel qui se rappelle à mon existence, entre deux côtes, contre un poumon qui réclame sa dose de goudron. J'ai besoin de nicotine. Mais j'attends, avec mes promesses pleines de bonnes intentions, essayant d'ignorer la contrariété que je sens bouillir contre moi sans oser m'y blottir complètement, de peur de brusquer, d'énerver davantage. Et j'ai froid, tu sais. J'ai tellement froid, des fois.

« Tu fais ce que tu veux. Après tout, tu n'as pas de comptes à me rendre. » Tu te fous de ma gueule ? L'élan assassin manque de s'échapper, retenu de justesse par son pouce et le paradoxe étrange, l'espèce de culpabilité infantile qui vient me prendre la gorge tandis que j'ai envie de hurler au complot ou à la supercherie, de lui dire, là, qu'il faudrait savoir ce qu'il veut, qu'il faudrait qu'il soit clair. Au moins un peu. Mais c'est de ma faute, je me rappelle, alors je ravale mes aigreurs d'un vague grondement, à peine audible, paumé entre les lignes de basse et la mélodie arrachée au piano d'un autre temps. Ca mériterait une chanson. Un truc grandiose. Un classique.

Baby, do you understand me now
Sometimes I feel a little mad
Well don't you know that no-one alive
Can always be an angel
When things go wrong I seem to be bad
I'm just a soul who's intentions are good
Oh Lord, please don't let me be misunderstood

Et il est là, avec ses formules hallucinantes et son ton accusateur, blessé. Il est là sur le canapé, à soupirer comme un malheureux, à bien me faire comprendre que je l'ai inquiété, que je l'ai agacé, que j'ai encore merdé. Eh ouais. J'ai encore merdé. « Je suis content que tu sois en vie. » Les paupières se ferment par réflexe à son contact et mon visage suit ses lèvres pour finalement atterrir contre son épaule, jusqu'à oser coller mon museau dans le creux de sa gorge. Pour une seconde. Ou deux. Peut-être une minute. Juste un instant. Juste un moment. « Moi aussi, je suis plutôt pas mécontente d'être en vie... », je réponds finalement, me redressant un peu, la silhouette coulée à la sienne pour un ersatz d'amnésie temporaire. « … J'te sers un café ? » Et sans attendre de réponse, je me lève, détache mes doigts des siens, me tire sans demander mon reste pour fuir dans la cuisine, pour me venger sur la cafetière. « Fucking coffee machine... » Les gestes se font secs, un peu agressifs, tandis que le putain d'électroménager prend pour tout ce que je me suis obligée à garder, à ne pas dégueuler à un homme que j'emmerde déjà bien assez... Et pourtant... Pourtant, tant bien que mal, je parviens à servir un double expresso, sans sucre, que je ramène dans le salon calmement, le déposant devant Monsieur le Commissaire avant d'aller fouiller dans un tiroir, de revenir m'asseoir, un peu plus loin. Beaucoup trop loin. Et puis je chope mon portable, commençant à recopier des numéros de téléphone, les crocs un peu serrés, l'air résolu. Silencieuse, pour ne pas crier, pour ne pas être injuste. Appliquée. « Je te mets le numéro de mon contact relais à Londres ? Ou tu t'en fous aussi ? » Il y a un moment, il n'y a pas si longtemps, il était acté que c'était de ta faute, connasse, et que tu n'avais pas grand chose à lui reprocher. « A défaut d'être foutue de prévenir quand je disparais, je peux au moins t'aider à me trouver. »

Oh, oh, oh, baby, don't you know I'm human
Have thoughts like any other one
Sometimes I find myself alone and regretting
Some foolish thing, some little simple thing I've done
I'm just a soul who's intentions are good
Oh Lord, please don't let me be misunderstood

Nina Simone – Don't let me be misunderstood

Shall we play ?

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homecoming : 09/12/2017
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julius caesar : blitz
legends never die : Il est Celui qui a terrassé le Dragon, Défenseur de la Foi, champion du Bien, Archange du Premier Rayon, Celui qui commande à la Justice.
the mighty bush : En plus des pouvoirs de base intrinsèques à son espèce, Michael possède trois pouvoirs.

Vérité irrésistible. La vérité forcée, absolue. Sa présence l'appelle et alors elle s'impose à quiconque se trouve près de lui. Que ce soit des réponses ou de simples paroles, elles sont alors dépouillées de la moindre parcelle de mensonge.

Electrokinésie. Il est l'Archange de Lumière qui commande à l'électricité. Puissance grésillante aux creux des mains, il manipule l'énergie selon son gré, de la fureur éclatante dans les Cieux à l'électron courant dans les câbles.

Lumière de Dieu. Le Salut éblouissant, l'âme s'embrase, illumine et baigne les âmes damnées, privant celles-ci de leur pouvoir démoniaque pour soixante-douze heures.
Allegeance : Serviteur de la Foi, Michael combat aux côtés de Gabriel et des anges, pour les Hommes et le Seigneur.
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Anges

Sujet: Re: Probably [Ezra] Jeu 21 Juin - 8:56 ()
Probably


Elle frémit, il le sent. Fautive qui sent l'orage gronder sous l'épiderme du Céleste, qui s'attend à prendre la foudre à tout instant. Pourtant Michael n'a pas l'air décidé. Nouvelle punition ou simple lassitude, difficile à dire. Alors il se terre dans son silence. Elle n'a plus envie la Justice. De reprocher, de s'égosiller, de condamner ses fugues quand il sait pertinemment qu'elle recommencera dès qu'elle le pourra. C'en est ainsi depuis la première seconde. Et il doute à présent de pouvoir un jour la changer.

Pourtant, c'est plus fort que lui. Il y a une première pique qui s'échappe, s'enfuit à travers les lèvres pour  frapper l'Anglaise qu'il sent se crisper contre lui.
Mais elle ne dit rien. Parce qu'elle sait. Qu'elle sait que dans cette dispute, elle partirait perdante dès le début. Oh, comme il pourrait la crucifier là. Ici et maintenant. Il pourrait rendre son jugement, l'engloutir sous la peine qu'elle lui causait à chaque fois. Il pourrait mais il n'en fait rien. Parce qu'il est faible dès que ça la concerne. Le cœur qui se serre alors qu'il sent le visage de la Blonde s'enfouir dans son cou et dès lors, la tempête s'apaise. Il pourrait rester ainsi pendant des heures, une éternité. Loin de tout le bordel qui l'attendait dehors. Il voulait simplement rester là, avec elle.

Pourtant, elle se décolle. Eli qui prétexte la bonne conduite et un café pour s'éloigner de lui. Encore. Toujours. Silhouette qu'il observe sans un mots rejoindre sa cuisine, avant de l'entendre pester et passer ses nerfs sur sa machine à café. Sérieusement ? L'Anglaise s'énerve ? Pour quelle raison ? Un sourcil qui s'hausse alors qu'elle revient déjà, boisson en main qu'elle dépose ensuite devant lui. « Ça va ? » Réelle inquiétude quant à la crise soudaine de sa protégée. Mais Eli qui retourne s'asseoir, s'occupe avec ses numéros. Le café dont il s'empare, porte la porcelaine aux lèvres avant d'en avaler une gorgée. Mais il n'y a pas de réponses, simplement une réprimande.  «  Je te mets le numéro de mon contact relais à Londres ? Ou tu t'en fous aussi ? » Beh tiens. Mademoiselle est vexée de l'attitude de l'Archange ? L'agacement qui revient ramper dans les veines. Elle se moque de lui. Avait-elle seulement le droit d'être énervée ? La Justice qui se crispe, au point de briser la vaisselle qu'il tenait encore. Puis le séant céleste qui quitte le canapé et le visage qui se ferme un peu plus.

« Non. Garde tes grands airs. S'il y en a un qui doit être furieux, ici, c'est moi. » La voix frappe, ton glacial qu'il déverse sur sa protégée.  Justice qui se rapproche, vient se planter face à sa brebis qu'il toise, sévère. « J'aimerai qu'au moins une fois tu te mettes à ma place, Elizabeth. Les démons, l'Apocalypse, notre bannissement de la Cité d'Argent.. Je ne peux pas gérer tout ça si en plus de ça, je dois m'inquiéter pour toi. Mais tu sais ce qui m'énerve profondément ? C'est d'avoir l'impression de ne pas compter pour toi. » Et le  silence qui tombe, ensuite. Le regard noir qui reste ancré sur la chevelure blonde, sur l'humaine qui le torture sans arrêts. « Je me suis peut-être trompé en pensant que l'on était.. plus. » Encore une seconde de silence avant qu'il ne se détourne, ne rejoigne la cuisine à la recherche de quoi nettoyer son bordel.


- a game of shadows, shall we play ?  -

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the mighty bush : La malédiction, celle qui a touché en plein cœur, qui n'a rien épargné. Le contrôle du sang et sa perte de contrôle. Le genre de choses dont on se passe volontiers.
Allegeance : Clébard loyal, fidèle, enragé. Souvent isolée, toujours en meute, Elizabeth reste à l'écart de ses pairs parce que tel est son rôle dans l'Ordre. Si elle a l'âme sombre, abîmée, si elle est usée, elle n'en demeure pas moins un chevalier investi et servant, prête à crever pour la cause s'il le faut.
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Sujet: Re: Probably [Ezra] Mer 27 Juin - 18:17 ()

Probably Stirring up that feeling trapped inside myself Walking up the lion that makes me feel unwell The reckless road inside my head takes a hold on me


Non, ça ne va pas. Et je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi ça me fait aussi mal, de te voir peiné. Pas davantage la raison pour laquelle ça m'arrache la gueule de m'éloigner, là, comme ça. Pourquoi je trouve ça injuste, que tu te mettes en colère. Que tu m'en veuilles. Parce que personne ne l'a jamais fait. Personne ne s'est jamais vraiment inquiété, personne ne s'est jamais vraiment demandé ce que je devenais. Tant que je réussissais. J'ai toujours réussi. À mes risques et périls, souvent, avec une ou deux fractures, un organe défectueux. Mais je n'échoue pas. Je ne fais pas ça. Et ça ne va pas. Ça ne va pas parce que je t'en veux, d'être là. D'être à moi, un peu. Je t'en veux parce que je ne sais pas comment réagir à ce putain de cœur qui me palpite dans la poitrine, et qui s'emballe, et qui se tord, et qui n'en peut plus de ne pas savoir, de ne pas comprendre, de tout faire de travers. Ça ne va pas parce que je n'ai aucune raison de me mettre en colère. Et que je m'en veux, à moi. Juste à moi. Et je me sens petite. Et je me sens merdeuse. Et je me sens fautive. Ça ne va pas parce que j'étouffe, en dedans. Puis il y a tes yeux, là. Ces yeux bleus qui racontent le monde quand je ne t'emmerde pas, qui ont vu les siècles, qui savent l'Histoire et qui rendent la Justice. Ces mêmes yeux qui s'obscurcissent quand je fais n'importe quoi, qui se remplissent d'orages et de nuages, d'une once de tristesse. Que je ne mérite pas. Alors, ouais. Non. Merde. Ça ne va pas. Me laisse pas.

Et puis tu sais.
Tu sais bien.
Ça ira mieux demain.

Les numéros de téléphone se rangent sagement sous l'écriture un peu trop agressive. Et une tasse se brise, soudain. Le sursaut qu'il m'arrache dégueule sur le blanc du papier, d'un trait qui rature. Je redresse la tête, pour la tourner vers Lui, la porcelaine en miettes et les tâches de café. Je sais que j'ai merdé. Il a des airs de sentence divine, Justice. Et toujours ces yeux bleus qui transpercent plus qu'il ne se l'imaginera jamais, juste entre les côtes, direct dans le palpitant. Je garde la tête haute, les doigts crispés sur le stylo, prête à endurer. Ce serait l'insulter que de baisser le museau. Alors je subis. J'écoute. Je compte, aussi. Les reproches, les vérités, les erreurs. Il faut quelqu'un pour tenir le score.

« S'il y en a un qui doit être furieux, ici, c'est moi. »
Je sais.
« J'aimerais qu'au moins une fois tu te mettes à ma place, Elizabeth. »
J'essaye.
« Mais tu sais ce qui m'énerve profondément ? C'est d'avoir l'impression de ne pas compter pour toi. »
Jamais.
Il y a des douleurs qui s'évapore dans le silence qui suit.
Il a touché, l'Ange. Et en plein cœur.
Justice ne manque jamais sa cible.
« Je me suis peut-être trompé en pensant que l'on était.. plus. »

Et il s'éloigne, me laissant là. Hébétée. Conne. Comme une gosse qui vient de se faire engueuler. Je peux le suivre à la trace, jusqu'à la cuisine. Il saigne. Il y a des gouttes d'hémoglobine sur mon parquet. Et je regarde, les gouttes, le parquet, et puis le papier, sous mes yeux, avec les numéros de téléphone qui essayent de bien faire et de corriger ce qui ne devrait même pas arriver. Et pourtant. Pourtant, tu sais, j'aimerais. Pouvoir t'appeler, à chaque fois que j'en ai envie. Tous les jours. Tout le temps. Te dire quand ça va, quand ça ne va pas, te prévenir quand je ne suis pas là. Mais j'ai peur. De ce moment où, toi, tu vas te barrer. On connaît la fin de l'histoire, Michael, on sait tous les deux que ça ne durera pas. Que je ne suis qu'une parenthèse dans une existence si longue que je peinerais à compter. Que le monde va s'éteindre ou que tu vas juste rentrer chez toi. Et me laisser là, pauvre humaine entichée d'un ange, qui finira sa putain d'existence à maudire les nuages. Sans doute que c'est pour ça, tu sais, que je continue de me barrer comme une voleuse, à me persuader que ce n'est pas grave. À me venger par avance du manque tu vas créer. À me protéger, maladroitement, de tout ce que j'ai du mal à m'avouer. Je suis désolée.

Les mots ne sortent pas, du gosier, mais la silhouette se ramasse sur elle-même, se redresse, prend la suite du Commissaire jusqu'à la cuisine. Mon front s'écrase entre ses omoplates, un instant, tandis que j'entoure mes bras autour de sa taille, doucement. Il y a un quelque chose d'entêtant dans l'odeur de sa peau, même à travers les vêtements. Pardonne-moi. Le silence a la vie dure, à mesure que je ferme ma gueule... Il faudrait parler. S'excuser, au moins. Je le relâche, plutôt, avisant un torchon propre tout en l'invitant à se retourner. Et j'attrape sa main, analyse la blessure. Superficielle. « Tu saignes. » Alors je garde la tête baissée, et j'éponge, de gestes tendres, je nettoie sa main, enroule le torchon autour de la plaie, prends mon temps. Lentement. Parce que c'est plus simple, de le soigner plutôt que de le regarder. C'est plus facile de faire comme si tout ceci n'était qu'une terrible méprise et pas la conséquence directe de ma connerie. J'ai pas signé pour morfler. « Je suis désolée. », je souffle finalement, à la recherche d'un courage qui m'a manqué. Et je relève le nez pour le dévisager. « Je sais que je devrais pas. Que j'ai pas le droit. Que tu mérites mieux que ça. » Mes doigts tirent sur sa veste, pour le rapprocher, cacher ma honte contre son torse. Échapper à ses yeux, un peu. « … J'ai peur, des fois. Du moment où tu vas rentrer chez toi. De la vie, quand tu ne seras plus là. » L'Apocalypse ne m'effraie pas. Je m'en fous. La fin du monde, c'est presque facile. Tellement plus que le vide que tu me laisseras.

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Sujet: Re: Probably [Ezra] ()
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