boom bitch
Le forum est de retour pour vous jouer de mauvais tours.
Pour tout savoir des nouveautés, c'est ici !
let the sky fall
Un accident d'avion, un trésor piégé et un équilibre mis à mal par l'arrivée de nouvelles forces dans le jeu d'ombres...
Voilà ce qui vous attend dans la nouvelle intrigue.
like I own it
Parfois, on a juste envie d'inaugurer un bâtiment tranquille. Malheureusement, on a souvent des invités surprise....
Participez au premier event de cette nouvelle saison ici.
quand on est un vrai
Kidnappez des gens en votant par là.
Vous pouvez aussi poster sur nos sujets de publicité ici et !

 
 un nom est une invocation || garance
if you ride like lightning, you're gonna crash like thunder
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t4763-celestine-casse-tete-chinois
homecoming : 22/12/2016
Messages : 227
pretty face : evan rachel wood.
julius caesar : paradise.
legends never die : démon du génie incompris et des fausses bonnes idées, prêtresse des solutions faciles et apôtre de la vérité qu'on ne veut pas entendre. lieutenant de discorde, ombre de malphas.
the mighty bush : Souffle de curiosité, ou plus couramment appelé curiosité mal placée. Pouvoir passif, il transforme son porteur en émetteur d’ondes poussant autrui à s’intéresser à tout et n’importe quoi, jusqu’à plein assouvissement de sa curiosité. La puissance du pouvoir dépend tout à la fois de son porteur – un émetteur timoré n’aura qu’une influence superficielle sur ceux qui l’entourent, au contraire d’une personne débordant de confiance en elle – et de l’exposition – plus une personne est exposée, plus la curiosité est intense. Les deux combinés peuvent créer de véritables obsessions… Dommage collatéral, ce souffle désinhibe : peu importe que les valeurs et les principes moraux soient implantés, gravés dans l’esprit de la victime, au bout d’un moment, ils céderont, tout simplement ; à moins d’être soustrait à temps de cette terrible influence.

Bien évidemment, Briffaut possède un souffle de curiosité naturellement puissant ; déjà en tant que démon, ensuite en tant que femme accomplie et particulièrement confiante. Peut-être même un peu trop, mais ça, c’est un autre sujet. Elle ne maîtrise pas son pouvoir, car passif, mais elle adore voir les autres y succomber : elle-même particulièrement curieuse, trouver des partenaires de jeu dans les recherches les plus improbables, voire carrément dangereuses, est une source inépuisable de distraction. Et elle adore voir ce que la curiosité mal placée peut provoquer en plein milieu d’un dîner de famille…
Allegeance : Malphas. Sa Mère, sa Reine, la Reine-mère. Depuis la destitution de Lucifer, Briffaut n'a plus à feindre la loyauté à Lucifer et agit librement ainsi qu'elle le veut sous la houlette de son Commandant.
these streets : Absolument tout : les anges, les démons, les dieux et leur mégalomanie galopante ; les révolutionnaires, les humains, les animaux, et les cafards qui leur survivront tous.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Démons

Sujet: un nom est une invocation || garance Mer 17 Jan 2018 - 19:16 ()
« Lève ton cul de ce canapé ou je te raconte ma vie sexuelle par le menu. » C’était le seul argument un tant soit peu pertinent qu’elle avait trouvé, et non seulement il fit mouche, mais le fait qu’elle ne l’ait pas gentiment invitée à aller se faire mettre par les cornes de Lucifer confirma ce que Briffaut redoutait : Malphas était sévèrement déprimée.

Et maintenant, elle était encore davantage emmerdée qu’elle avait agi sous une impulsion plutôt que par préméditation : Célestine n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle allait bien pouvoir faire avec son Commandant sur les bras. Le fait d’avoir débarqué chez elle, à l’improviste, et de l’avoir trouvée enroulée dans un plaid d’où n’émergeait que deux prunelles fauves bardées de nuages sombres l’avait fait sortir de ses gonds, mais maintenant ? Rien. Elle n’avait rien prévu. Et il était hors de question de l’emmener dans un bar ou en boîte de nuit – si jamais Malphas retrouvait ses esprits dans un endroit surpeuplé où quiconque pourrait reconnaître la créature de rêve du marketing d’Yves Saint-Laurent ou le Commandant de la Sphère de la Discorde, Briffaut était bonne pour perdre ses cornes quand elle les aura retrouvés. Et rester chez elle alors qu’elle l’avait extirpée de son cocon était vraiment une très mauvaise idée : encore plus que le reste, Garance détestait qu’on la fasse sortir de son confort pour rien.

Mais lorsque Garance passe à côté d’elle, son sentiment d’urgence se crève comme un vieux ballon de baudruche. Célestine s’assombrit ; l’éclat de ses prunelles fauves, espiègle avant, s’affûte comme une lame de couteau.

L’endroit est plongé dans une pénombre feutrée. Tout n’y est que suggestion : la lumière des lampes d’un autre temps voilées de châles de soie, les alcôves savamment dissimulées par des lourdes tentures rouges retenues au mur juste ce qu’il faut pour entrevoir une table et des paires de jambes de clients installés là, la musique murmurée par les enceintes planquées ça et là, jusqu’aux tenues des employés, savant mélange d’élégance et d’audace. Sur une scène à peine plus exposée, une danseuse au corps voluptueux effectue lascivement son numéro, et même son maquillage porte la marque de l’endroit : un peu, pas trop, des touches, de l’harmonie, de la beauté, de l’élégance raffinée. Juste de quoi révéler son joli minois tandis qu’elle suggère son corps.

Briffaut a fait de cet endroit son quartier général, son petit coin de paradis, sa deuxième maison.

Tirant Garance par la manche, Célestine gagne sa table habituelle, enfoncée dans un coin de la salle où elle ne peut être vue que si on le veut vraiment, et y pousse sa Reine sans ménagement. Elle murmure vaguement un hargneux « je reviens » avant de filer au comptoir, où le barman a suivi son manège depuis son entrée dans les lieux. Il ne dit rien, et c’est ce qu’elle apprécie chez lui. Il la connaît, mais ne dit jamais rien. Il ne dit rien quand elle reste des heures à enchaîner les consommations et à lorgner sur les filles du club, il ne dit rien quand elle se perche à son bar et le drague ouvertement juste pour le plaisir d’écluser des méthodes lourdes et éculées qui la font rire, il ne dit rien quand elle part sans payer ce qu’elle a ingurgité tout au long de la soirée. Il ne dit rien non plus sur le fait qu’elle est toujours venue seule, se poser à cette même table et boire seule, dans un coin, libre et paisible.

Il ne dit rien sur la présence de Garance, et elle le gratifie d’un regard lourd de sens.

Pendant qu’il s’affaire à préparer sa commande, Célestine se passe une main sur le visage et souffle. Azazel a disparu. Son père a disparu. La moitié de l’âme corrompue de Malphas a disparu. Elle a lancé tous les chiens de l’enfer sur ses traces, mais sans succès ; ses infiltrations dans les rangs angéliques, ses oreilles qui traînent et sa chaîne de ragots n’ont pas rapporté davantage d’informations. Il a disparu. Comme ça. Pouf. Du jour au lendemain, plus rien. Son téléphone sonne dans le vide et aucun démon de sa sphère ne parvient à mettre la griffe dessus – Briffaut les soupçonne cependant de traîner un peu la patte pour le retrouver. Rien n’y fait. Par l’intermédiaire de ses manipulés, Briffaut a mis sens dessus dessous l’enfer sur Terre mais sans résultats. Rien. Niet. Nada. Juste le vide. Le néant. Quand elle cherche son nom d’humain, elle ne trouve pas plus d’indications, comme si… comme s’il n’avait jamais existé. Christopher Lion. Pourtant, ce nom a du poids. A un sens. Mais personne ne semble s’en souvenir. Ou juste comme ça, comme ce genre de truc dont on se souvient parce qu’on en a entendu parler mais qu’on en a rien à foutre. Et le reste du monde semble n’en avoir rien à foutre de Christipher Lion.

Venant des démons, Briffaut peut le comprendre : moins ils voient leurs Commandants, mieux ils se portent. Mais pour les humains, ces êtres impressionnables qui paniquent si vite, surtout en matière de disparition, c’est juste improbable.

Il y a une couille dans le potage, et elle n’aime pas ça du tout.

« Offert par la maison », lâche le barman en posant avec soin ses œuvres sur le comptoir. Célestine contemple d’un œil absent les deux verres fluorescents avant de se rendre compte qu’ils ne correspondent pas du tout à sa commande. En levant les yeux vers lui, elle devine qu’il attendait qu’elle réalise. « J’espère que t’as au moins mis la moitié de tes bouteilles d’alcool dans chacun. » Il hoche la tête, un sourire en coin, puis désigne du menton l’endroit où Briffaut à abandonné sa Reine. « Elle a assez patienté. » « Ouais. » Enroulant ses doigts autour des verres, elle s’arrête une seconde puis les lève à hauteur de l’homme, brièvement. « Merci. »

Malphas n’a pas bougé. Briffaut pose les verres sur la table et s’assoit sur la banquette, une jambe pliée sous elle. Même si elle regarde en direction de la scène, elle ne voit pas la créature qui s’y déhanche. Pourtant, elle ne s’est encore jamais lassée d’un tel spectacle. Les filles du club ne sont pas seulement désirables, elles sont belles ; et c’est pour cela qu’elle a élu l’endroit comme son refuge sacré, l’endroit où elle n’a jamais emmené personne, son jardin secret. L’endroit où l’anonymat est une religion, où les liens se tissent et se dénouent ; l’endroit où se joue l’avenir du monde sous couvert de sophistication et de volupté.

L’endroit parfait pour sortir Garance de sa tanière, là où personne n’a intérêt de reconnaître quelqu’un, là où personne n’a intérêt d’assumer s’y rendre, là où chacun est lié à l’autre par un pacte secret scellé en franchissant l’entrée.

« J’ai fait tout ce que je pouvais. » Célestine ne la regarde même pas. « C’est comme si le monde l’avait oublié. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
En ligne
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t1489-garance-envoyee-sur-te
homecoming : 18/01/2017
Messages : 4584
pretty face : Dree Hemingway
julius caesar : Dandelion (ava) / Beylin (code sign) / Black Madness (gif) / Zazou (gif) / Faust (icon) / Me (icons) / Don (crack) / Adèle (aest)
legends never die : Reine des Enfers. Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Reine des Garces, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture du Chaos. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde évidence de la semeuse de zizanie. Prestidigitation le talent de l'empêcheuse de tourner en rond Catalyseur la puissance de la maîtresse des conflits
weapon : Faux de la Mort, Dague du Paradis.
Allegeance : Nouvellement couronnée, Malphas entend rétablir l'ordre parmi les rangs démoniaques, avant que ses pulsions de Discorde ne la rattrapent. Dans ce nouveau Paris, terrassé par les révélations, le Jeu de l'Ombre est devenu une partie d'échec exaltante pour celle qui collecte les coups d'avance dans le seul espoir de voir le monde à genoux.
these streets : Tout.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Admin

Sujet: Re: un nom est une invocation || garance Dim 4 Mar 2018 - 1:33 ()
Un nom est une invocation
Notre nom n'est pas mort. Pas encore.


« Tu m'emmerdes » Grognement en nuances de menaces intemporelles, tandis que la créature daigne s'arracher à ses draps, à son plaid, déployant le longiligne abîmé de sa silhouette pour aller l'envelopper dans quelques bouts de tissus, la déguiser de quelques atours pour faire illusion, masquer le désespoir, la folie, les ecchymoses.

*

Les racines d'obscurité parcourent les terres, dévorent les routes, tranchent les cœurs, lacèrent les esprits. Ça court, le long des sols arides, et ça n'épargne personne. Pas un homme, pas une femme, pas un gosse. Elle court, Discorde, comme une rumeur insalubre qui consume tout sur son passage. Dans le creux d'un arbre pluricentenaire, au milieu de la savane, Malphas s'est fait un nid d'infortune, les griffes plantées dans ses propres chairs, au milieu de nulle part, pour mieux hurler, pour gueuler, pour s'arracher les bronches et se déchirer la peau. Elle geint, elle invective, elle menace. Elle détruit, la Terrible, laissant son aura se gonfler et saturer, et dégueuler de ses pores, les yeux plus sombres que jamais, les globes oculaires bouffés par l'indécence de sa déraison. Et ça résonne, ça résonne dans le vide, dans le silence, ça effraie les bêtes et ça terrorise les hommes, tandis qu'elle court, elle court Discorde et elle crame tout sur son passage, déclenchant des rixes, des disputes, des fusillades et des guerres. Ils étaient calmes, pourtant, les prédateurs. Puis le village le plus proche. Et le suivant. Et encore celui d'après. Tandis qu'elle dégueule, elle dégueule, là, à hurler comme le pire des nouveaux nés, et à invoquer, à invoquer encore le putain d'Ange qui reste sourd à ses suppliques, à ses chantages, à ses ultimatums. Le monde peut bien crever, se réduire en cendre. Ce soir s'il le faut. Demain si nécessaire. Elle retournera la planète, le cherchera jusque dans les tréfonds de l'Enfer. Elle prendra le ciel d'assaut, si elle n'a pas le choix. Et elle hurle, elle n'arrête pas de beugler, prenant les astres à témoin sans cesser ses malédictions qui assombrissent la terre, assassinent les plantes, rendent les animaux complètement fous, et les hommes plus encore. Le sang court sur les terres rouges d'Afrique, les faisant carmines. Et elle, elle continue de hurler à la lune comme une gamine.

*

Pendant la nuit, elle a détruit une ville. Ou un pays. Elle ne sait plus très bien. Elle est épuisée. Par automatisme, aussi groggy qu'après une cuite, Discorde s'accroche aux contours de la mauvaise idée qu'est son Lieutenant, le regard vague, l'âme mauvaise et les crocs acérés. Lasse, pourtant. Prête à tout laisser tomber pour en écouter le fracas, en réécrire la mélopée. La chute n'est rien qu'une étape de plus dans l'inexorable de l'Apocalypse, murmure-t-elle sans cracher un son, préférant fermer sa gueule plutôt que de se fatiguer à débattre avec le bourreau qui a décidé de la sortir de sa torpeur. Plus tard, un jour, sans doute, se vengera-t-elle sans la moindre pitié des cruautés de Célestine. Autour de ses côtes, le monstre a ceint une longue bande de gaze pour retenir les flots carmins qui s'écoulaient de ses flancs. Dans un recoin crade de son encéphale, ses griffes s'enfoncent encore entre ses côtes, transperçant les nerfs, chatouillant les bronches, jusqu'à siffler, jusqu'à s'essouffler. Elle était trop fatiguée, c'est pour ça qu'elle est rentrée, fatiguée de gueuler, de détruire, de réduire à néant. Fatiguée d'invoquer, surtout, et de se heurter au silence. La carcasse suit et subit davantage qu'elle ne participe, ne prêtant qu'une attention réduite au paysage, aux alentours. Qu'importe. Qu'importe le monde, ce soir, et tous les autres. Qu'importe les suites absurdes de secondes, de minutes, d'heures, qui traînent en longueur et n'apportent ni violence ni réconfort. Juste l'ennui et un sale goût de désespoir qui lui pourrit le palais et la détache du reste. Si elle y prêtait attention, si elle s'en donnait la peine, elle pourrait voir la déconfiture sur la gueule de son fidèle second, et Paris qui s'étend en nuances de gris devant ses prunelles absentes, puis les ruelles, et la silhouette étrange d'un bar qu'elle ne connaît pas. Et le silence, le silence elle aurait presque pu le percevoir en passant les portes de l'établissement, juste avant les notes grasses d'une musique langoureuse et feutrée qui lui donnent envie de gerber. Et c'est comme se noyer dans un verre d'eau, ou dans une paire de prunelles vert d'eau, tandis qu'elle obéit, docile et inerte, se laissant trimballer en poupée de chiffon à moitié crevée. Sa carcasse trouve tant bien que mal le confort froid d'une banquette pour accueillir son dos trop droit, ses épaules tendues à la ligne fragile, prête à se briser. Et puis le silence, son silence à elle, qui l'emmure et bourdonne, la coupant du reste, encore, des autres, toujours, et de ce monde qui – définitivement – ne l'intéresse pas. Peut-être qu'elle attend longtemps, peut-être qu'elle n'attend pas, le regard ancré aux silhouettes de sa maudite créature et d'un barman qui l'observe à la dérobée, qui cherche à peine à se cacher. Elle scrute, en prédatrice rassasiée, se figurant les choses dans un coin reculé de sa boîte crânienne, dans un vague exercice d'intérêt primaire. Dans le fond, bien au fond, si une seule personne dans cette pièce osait lever un doigt à l'encontre de Briffaut, nul doute que Malphas daignerait se réveiller et émerger de sa torpeur pour s'offrir un beau massacre. Car plus rien – jamais – n'aurait le droit de s'approcher des siens, d'érafler sa réalité. Plus jamais. Plus rien. Rien de plus qu'elle et ses appétits démentiels pour le chaos, pour le rien, pour la fin de tout. Et le silence, et les silhouettes qui dansent, qui dansent loin sur la scène. La bestiole a tourné la tête, en proie à un vertige existentiel, préférant les courbes insignifiantes d'une danseuse anonyme que les menaces qu'elle se figure tournoyer au dessus d'Elle en milliers de vautours imaginaires.

Puis elle revient, elle revient, s'installant calmement après avoir fait claquer deux verres à la couleur immorale devant Discorde. Le silence se creuse, et les tranchées autour, et l'absurde encore, et la rancœur toujours. Puis la Mauvaise Idée retrouve de son essence, peinant à comprendre le sens de ses propres mots lorsqu'ils sortent de sa gueule. Parce qu'elle parle. Elle dit. Elle dit des choses. Des choses qu'il ne faut pas dire. « J’ai fait tout ce que je pouvais. C’est comme si le monde l’avait oublié. » Et sans doute le rire métallique qui s'échappe des crocs de sa maîtresse n'a-t-il rien de rassurant, tandis qu'elle redresse le chef et pose sur elle deux prunelles assassines. « Tout ce que tu pouvais ? Vraiment ? Tu crois que c'est suffisant ? »

L'Afrique hurle encore, cette nuit, de la nuit d'avant. L'Afrique et ses terres carmines, et les carcasses animales aux côtes offertes aux vents, et les cimetières publics transformés en fosses communes où le commun des mortels a touché du bout des doigts la folie des dieux. Où Discorde a laissé la marque de ses crocs.
Ca résonne comme une onde froide, jusqu'en Europe, alors qu'elle chope le verre entre ses griffes et s'offre une longue gorgée d'une boisson saturée d'éthanol.

« S'il n'y a que ça, je peux vous rappeler. Tous vous rappeler. De quoi il était fait, de quoi il était capable. Ce que c'est, ce putain de monde, quand il n'est pas là. Je peux vous apprendre,  à tous et un par un... Je peux prendre ce temps-là. », elle menace entre ses mâchoires serrées avant de soupirer doucement, l'échine frémissante. « Tout ça n'a aucun putain de sens. » Les mots s'échappent avec la fureur qui manque à ses gestes et elle prend le temps, vraiment, de dévisager Briffaut. Pour la première fois, depuis un long moment. Trop long moment. « T'es belle, quand tu sais plus quoi faire. Quand tu sers plus à rien. » La cruauté en peau de chagrin.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

Connasse
- La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer.


Praise & pray:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t4763-celestine-casse-tete-chinois
homecoming : 22/12/2016
Messages : 227
pretty face : evan rachel wood.
julius caesar : paradise.
legends never die : démon du génie incompris et des fausses bonnes idées, prêtresse des solutions faciles et apôtre de la vérité qu'on ne veut pas entendre. lieutenant de discorde, ombre de malphas.
the mighty bush : Souffle de curiosité, ou plus couramment appelé curiosité mal placée. Pouvoir passif, il transforme son porteur en émetteur d’ondes poussant autrui à s’intéresser à tout et n’importe quoi, jusqu’à plein assouvissement de sa curiosité. La puissance du pouvoir dépend tout à la fois de son porteur – un émetteur timoré n’aura qu’une influence superficielle sur ceux qui l’entourent, au contraire d’une personne débordant de confiance en elle – et de l’exposition – plus une personne est exposée, plus la curiosité est intense. Les deux combinés peuvent créer de véritables obsessions… Dommage collatéral, ce souffle désinhibe : peu importe que les valeurs et les principes moraux soient implantés, gravés dans l’esprit de la victime, au bout d’un moment, ils céderont, tout simplement ; à moins d’être soustrait à temps de cette terrible influence.

Bien évidemment, Briffaut possède un souffle de curiosité naturellement puissant ; déjà en tant que démon, ensuite en tant que femme accomplie et particulièrement confiante. Peut-être même un peu trop, mais ça, c’est un autre sujet. Elle ne maîtrise pas son pouvoir, car passif, mais elle adore voir les autres y succomber : elle-même particulièrement curieuse, trouver des partenaires de jeu dans les recherches les plus improbables, voire carrément dangereuses, est une source inépuisable de distraction. Et elle adore voir ce que la curiosité mal placée peut provoquer en plein milieu d’un dîner de famille…
Allegeance : Malphas. Sa Mère, sa Reine, la Reine-mère. Depuis la destitution de Lucifer, Briffaut n'a plus à feindre la loyauté à Lucifer et agit librement ainsi qu'elle le veut sous la houlette de son Commandant.
these streets : Absolument tout : les anges, les démons, les dieux et leur mégalomanie galopante ; les révolutionnaires, les humains, les animaux, et les cafards qui leur survivront tous.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Démons

Sujet: Re: un nom est une invocation || garance Jeu 15 Mar 2018 - 18:57 ()
Elle croise les jambes. Joue avec son verre, avec la paille colorée et la tige en plastique. Ne la regarde pas. Ne relève pas – pas la peine. Elle-même pense, après tout, qu’elle n’a pas tout donné. Qu’elle n’a pas pu tout donner. Parce que si ça avait été le cas, elle l’aurait retrouvé. Elle l’aurait retrouvé et elle l’aurait vengé. Prélevé son tribut sur le coupable puis jeté en pâture à sa Reine. Oui, si elle avait vraiment tout donné, elle l’aurait retrouvé. Parce qu’elle n’échouait pas. Parce qu’elle n’échouait jamais.

Ses prunelles caressent le corps dénudé d’une danseuse, ne le voient pas. La rancœur l’étouffe, elle ne le montre pas. La déception de sa Reine la poignarde par son absence, elle encaisse en serrant les dents. Ça fait des jours que Briffaut n’a pas pris contact avec Malphas, des jours qu’elle se consacre corps et âme dans ses recherches, des jours qu’elle écume les bas-fonds de Paris et les hautes sphères de Paname, des jours qu’elle manipule, qu’elle soudoie, qu’elle monnaye, qu’elle soutire, qu’elle menace ou qu’elle torture tous ceux qui croisent son chemin ; des jours qu’elle observe sa Reine disparaître la rage au ventre et revenir le bide en vrac. Et le monde part en couille. « J’me souviens, merci. » Là, maintenant, ça lui rappelle méchamment cette époque. Elle n’était pas bien vieille, comme démon, mais elle a assisté à bien des choses, juste parce qu’il n’était pas là. Ce n’était vraiment pas beau. Même pour un démon. Surtout pour un démon. « Et donc, je suis moche les trois cent soixante-trois jours de l’année restants. C’est bon à savoir. »

Elle ne sait pas où ça a bien pu merder. Où elle a bien pu se planter. Quelle piste elle a manqué. Quel indice elle a loupé. Quelle putain de connerie de commencement de début de preuve elle a bien pu oublier. Mais elle ne l’a pas trouvé. Elle lève son verre et en boit la moitié d’un trait, par frustration ; ça monte, ça monte, ça monte. Elle ne sent même pas la brûlure de l’alcool dans sa gorge. Tout cet amoncellement de sentiments, de sensations, ça commence à la rendre chèvre. Jusque-là, elle gérait ; gérer, c’était sa spécialité. Gérer les sarcasmes, les insultes, les blagues douteuses. Gérer ses proies, ses chiens, ses supérieurs. Mais là… mais là, elle sent tout ce qu’elle a géré se casser la gueule et s’emmêler dans un merdier monstrueux.

Parce que Garance ne l’envoyait pas chier.

Parce que Garance buvait sans bouger.

Parce que Garance n’avait même pas commenté le lieu où elle se trouvait.

« Les chiens de l’enfer ont les dents pourries, de nos jours. » Elle est allée trouver sa Reine parce que ça lui avait semblé nécessaire. Et même si ça prend des airs d’épreuve, elle continue de penser que c’était nécessaire. Pour elle. Pour elles. « Mais déclencher l’Apocalypse ne te le rendra pas. » Elle se tourne franchement vers Garance, monte les jambes sur la banquette qu’elle croise en tailleur. La jupe qu’elle porte remonte sur ses cuisses et laisse peu de place à l’imagination, mais elle s’en fiche. « Ça commence même à devenir sévèrement dangereux. Les emplumés s’agitent. Garance, j’suis pas là pour te faire la morale mais j’ai pas vraiment envie de me retrouver à la tête de ta sphère parce que t’as tapé dans une fourmilière. » Sa voix est ferme, ses prunelles figées par la détermination. Elle scrute sa Reine, pas vraiment inquiète, mais pas vraiment tranquille non plus. Elle l’avait tirée de son canapé en fanfaronnant, mais elle est désormais mortellement sérieuse. « En plus de ça, Lulu commence aussi à faire circuler quelques toutous parmi les nôtres. Je sais que t’en as rien à foutre mais tu sais aussi bien que moi qu’il ne vaut mieux pas qu’il nous tombe sur le poil. » Ni l’une, ni l’autre n’avait peur de leur souverain, mais elles savaient toutes deux très bien où étaient leurs places, et surtout leurs intérêts. Même si briguer la haute place des enfers fait partie des ambitions déclarées de tout Commandant qui se respecte, il y a des moments, et des façons, pour le faire – et se mettre les cornes du roi sur le dos n’en faisait très certainement pas partie. « Je peux éliminer qui te menace, mais à un moment, ça va vraiment finir par être suspect. » Certains démons avaient été déclarés morts, ces derniers jours. Heureusement, il ne s’agissait que de démons mineurs, si bien que leurs Commandants ne s’étaient pas vraiment engagés dans une enquête assidue pour retrouver leur assassin – et c’était tellement plus facile de faire porter le chapeau à l’autre camp. Mais si ça continuait à ce rythme, Célestine allait bientôt avoir du mal à effacer ses traces.

Elle se tait et la dévisage. Elle a des valises sous les yeux et le regard vide, joues sont blanches et ses cheveux n’ont pas vu de brosse depuis quelques jours. Elle sait bien que Garance n’est pas retournée au bureau depuis qu’il a disparu. Et ça aussi, ça commence à la foutre mal. Parce que même leur vie humaine est épiée et un Commandant qui déserte son poste d’humain laisse naître quelques questions sur ses activités occultes. Et ce n’est pas la petite chercheuse du CNRS qui va pouvoir lui faire un mot d’excuse.

Elle penche la tête sur le côté. Elle ne sait pas bien si ce qu’elle dit va atteindre le cerveau de Malphas. Car ça aussi, elle a appris à gérer : à faire en sorte d’être un peu la voix de la raison et la tirer vers l’arrière quand sa Reine commence à prendre vraiment trop de risques. Mais jamais Malphas ne s’était retranchée aussi loin dans la rage et la haine. Jamais Malphas n’a été aussi déchaînée. Elle n’arrive pas à savoir qui des deux, à cet instant, prend le plus de risques.

« D’ailleurs, c’est tout aussi suspect que personne ne se bouge le cul pour le retrouver. » Ses doigts s’enroulent autour du pied de son verre. Son esprit tourne tout seul, enchaîne sur ses idées et ses lèvres les laissent passer. « Un Commandant qui disparaît, comme ça, pouf, et personne ne s’en inquiète, à par nous… Personne pour l’invoquer, personne pour en parler… Disparu. Envolé. Je n’arrive même pas à prononcer son nom. » Elle fronce les sourcils, ses doigts se figent, son corps se tend, percutée par une quelque chose de bizarre. « Je n’arrive même pas à prononcer son nom… », répète-elle en détachant chaque mot.

Car même dans sa tête, son nom ne se matérialise pas.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
En ligne
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t1489-garance-envoyee-sur-te
homecoming : 18/01/2017
Messages : 4584
pretty face : Dree Hemingway
julius caesar : Dandelion (ava) / Beylin (code sign) / Black Madness (gif) / Zazou (gif) / Faust (icon) / Me (icons) / Don (crack) / Adèle (aest)
legends never die : Reine des Enfers. Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Reine des Garces, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture du Chaos. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde évidence de la semeuse de zizanie. Prestidigitation le talent de l'empêcheuse de tourner en rond Catalyseur la puissance de la maîtresse des conflits
weapon : Faux de la Mort, Dague du Paradis.
Allegeance : Nouvellement couronnée, Malphas entend rétablir l'ordre parmi les rangs démoniaques, avant que ses pulsions de Discorde ne la rattrapent. Dans ce nouveau Paris, terrassé par les révélations, le Jeu de l'Ombre est devenu une partie d'échec exaltante pour celle qui collecte les coups d'avance dans le seul espoir de voir le monde à genoux.
these streets : Tout.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Admin

Sujet: Re: un nom est une invocation || garance Mer 15 Aoû 2018 - 22:19 ()
Un nom est une invocation
Notre nom n'est pas mort. Pas encore.


T'es belle, c'est vrai, quand l'amertume ne parvient même plus à froisser tes jolis traits. Quand tu étends tes jambes à la peau lactée dans un endroit qui n'a rien fait pour les mériter. Quand tu parles pour ne rien dire, quand tu me fais perdre mon temps, que tu ne m'apportes rien que je ne saurai détruire de mes propres mains. T'es belle, putain, quand tu ne me sers plus à rien.

Le glacial que charrient ses veines tient de la folie pure ou de la lassitude la plus précieuse, un concentré de quelque chose contre-nature, qui lui mord l'échine et lui bouffe la matière grise, s'insinue jusqu'au creux de ses reins pour mieux la cambrer sous la révolte. Dans l'immobilisme dédaigneux de l'instant, le désespoir de Discorde se fait vieux, mue doucement en déraison, change de peau à chaque petite erreur. À chaque mot. Ou maux. Elle ne sait plus très bien, la Garce, tandis qu'elle boit le cocktail trop sucré que sa progéniture lui a ramené. Je crois que je pourrais te tuer.

« J’me souviens, merci. », elle croit, ignore, ne sait vraiment pas. Mais tout pourrait se régler très vite, dans un bain de sang à la hauteur des humeurs ravageuses qui transpercent peu à peu l'encéphale embourbé de la maudite moitié du Bourreau. C'est n'importe quoi, a-t-elle envie de hurler. C'est trop. Tellement. Trop. Et il est dégueulasse, ton cocktail. Comme ta gueule. Tes idées merdiques. Ton impuissance à compenser la mienne.

Alors c'est n'importe quoi. Alors c'est trop. Alors elle n'écoute pas, ou pas vraiment, chope au vol quelques bouts de phrase qui ne font plus sens pour elle, à mesure que l'Apocalypse se fait un nid au cœur de ses intestins. Elle entend les reproches, ou les tentatives, les esquisses d'idées, d'informations. Mais rien ne le ramène, rien ne l'intéresse. Ses yeux fixés aux contours de Briffaut, sans ciller, Discorde sent ses neurones se lasser, s'abandonner aux tempêtes qui se dessinent à l'intérieur de ses paupières. Pour peu, elle lui ferait même l'insulte de fermer les yeux. D'ignorer tout à fait le dehors. De se fermer à ce qui n'est pas le manque, à ce qui n'est pas l'absence. Tout ça... Tout ça ne fait plus aucun sens. Et puis il y a la chute. L'intolérable. « Je n’arrive même pas à prononcer son nom… » Le verre valdingue, s'éclate contre un mur, tandis que le bar gronde et s'emporte d'une surdose de discorde en plein crâne. Elle se dégueule, déborde par tous ses pores, explose les limites de son propre corps. Et elle se redresse, la prunelle orageuse. « AZAZEL, BORDEL ! AZAZEL ! Ce n'est pourtant pas compliqué ! Qu'est-ce que tu crois ? Tu crois que tu peux me protéger ? Me protéger, moi ? De QUOI ? » Elle hurle, les mâchoires crispées, le ton froid. Son timbre tranche davantage qu'il ne frappe, oublie l'impact, se contente de claquer les mots sur la table entre elles. « Je ne vois plus qu'une seule putain de menace... Et elle est devant toi. »

Le monde à feu, à sang. À corps. À cri. Qu'est-ce qu'elle s'en fout, elle, de ce qu'il adviendra de Paris ? De ce bar ? Des filles qui s'engueulent d'un bout de la scène à l'autre et se balancent des pompes à la tronche ? Il y a l'Afrique, encore, dans un coin de sa caboche. Un bout de terre rouge, de déchirure jusqu'entre les hémisphères de son putain de cerveau. Elle pourrait tout foutre en l'air, tout foutre à l'eau. « Tu m'emmerdes. » qu'elle achève, faisant volte-face avant que le barman ne saute par dessus le comptoir, le couteau à la main.

La fin du monde sera pour demain.

*

Après la fin du monde.

Un nouveau sortilège s'est accroché à ses articulations, pour mieux saturer l'air qui l'entoure. Une nouvelle étincelle s'est logée, là, à la gauche de ses prunelles. Dans ce bar qui l'aura vu exploser plutôt que de s'effondrer, Malphas est à présent confortablement assise, devant ce bout de table où sa terrible a élu domicile. Le temps a couru, hors de ses griffes et à une allure folle. Elles n'ont pas eu l'occasion, pas un instant. Alors elle provoque les choses, la bestiole, rêvassant au dessus d'un cocktail reniflant fortement l'alcool dont le barman lui a assuré qu'il lui ferait voir des étoiles. Il était temps de les rallumer, comme dirait un poète putréfié.

Sur scène, les lumières ont été transformées, manipulées et domptées pour cracher une atmosphère immuablement tamisée, prête à embrasser toutes les courbes et à nimber de mystère la première silhouette qui voudrait bien s'y noyer... Elle observe, depuis son recoin d'obscurité, les formes longilignes qui viennent gratter quelques billets et un peu de gloire, à l'abri de la réalité de ce monde qui les maltraite sans doute avec cruauté. Mère célibataire, droguée, étudiante fauchée ou pute en pleine prospection, les portraits se bousculent, les uns après les autres. Et le verre se vide, peu à peu, avec une raison dont elle ne se serait cru capable, trop obnubilée par son objectif, par l'objet de son incroyable patience.

« J'ai failli attendre... » ronronne-t-elle sans lever les yeux, dès lors que l'ombre de Briffaut daigne enfin la rejoindre. Une longue gorgée d'alcool cajole son œsophage avant qu'elle ne se retourne, pourvue d'une lenteur toute cinématographique, pour finalement poser ses prunelles sur son lieutenant. « Enfin seules. »

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________

Connasse
- La méchanceté d'un homme fait de lui un démon, la méchanceté d'une femme fait d'elle un enfer.


Praise & pray:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
crash like lightning
Voir le profil de l'utilisateur http://www.gameofshadows.org/t4763-celestine-casse-tete-chinois
homecoming : 22/12/2016
Messages : 227
pretty face : evan rachel wood.
julius caesar : paradise.
legends never die : démon du génie incompris et des fausses bonnes idées, prêtresse des solutions faciles et apôtre de la vérité qu'on ne veut pas entendre. lieutenant de discorde, ombre de malphas.
the mighty bush : Souffle de curiosité, ou plus couramment appelé curiosité mal placée. Pouvoir passif, il transforme son porteur en émetteur d’ondes poussant autrui à s’intéresser à tout et n’importe quoi, jusqu’à plein assouvissement de sa curiosité. La puissance du pouvoir dépend tout à la fois de son porteur – un émetteur timoré n’aura qu’une influence superficielle sur ceux qui l’entourent, au contraire d’une personne débordant de confiance en elle – et de l’exposition – plus une personne est exposée, plus la curiosité est intense. Les deux combinés peuvent créer de véritables obsessions… Dommage collatéral, ce souffle désinhibe : peu importe que les valeurs et les principes moraux soient implantés, gravés dans l’esprit de la victime, au bout d’un moment, ils céderont, tout simplement ; à moins d’être soustrait à temps de cette terrible influence.

Bien évidemment, Briffaut possède un souffle de curiosité naturellement puissant ; déjà en tant que démon, ensuite en tant que femme accomplie et particulièrement confiante. Peut-être même un peu trop, mais ça, c’est un autre sujet. Elle ne maîtrise pas son pouvoir, car passif, mais elle adore voir les autres y succomber : elle-même particulièrement curieuse, trouver des partenaires de jeu dans les recherches les plus improbables, voire carrément dangereuses, est une source inépuisable de distraction. Et elle adore voir ce que la curiosité mal placée peut provoquer en plein milieu d’un dîner de famille…
Allegeance : Malphas. Sa Mère, sa Reine, la Reine-mère. Depuis la destitution de Lucifer, Briffaut n'a plus à feindre la loyauté à Lucifer et agit librement ainsi qu'elle le veut sous la houlette de son Commandant.
these streets : Absolument tout : les anges, les démons, les dieux et leur mégalomanie galopante ; les révolutionnaires, les humains, les animaux, et les cafards qui leur survivront tous.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Démons

Sujet: Re: un nom est une invocation || garance Hier à 23:12 ()

Ca arrive d’un seul coup. Une seconde, une seule seconde, une putain de seconde qui s’est fait attendre des semaines pour que la poupée de chiffon saute au plafond comme un diable sur son ressort. Célestine la regarde, elle la regarde exploser au beau milieu d’un bar qui, soudainement, s’enterre dans le silence – même la musique pour leur spectacle à deux francs six sous ne semble pas assez puissante pour parvenir à le briser, ce silence qui leur tombe sur le poil comme une tâche de ketchup. Célestine la regarde, elle la regarde exploser et son visage s’affaisse, comme si toute sa force disparaît, tout ce qu’il lui faut de volonté pour le conserver dans l’expression grave et tourmentée qui avait été la sienne quelques instants plus tôt.

Et c’est peu ou prou l’explication à ce changement soudain. Car soudain, Célestine respire, et elle a l’impression que le poids sur ses épaules disparaît. Puis il y a ce sifflement qui filtre des lèvres de Garance, une injure à son lieutenant, et elle disparaît de la salle. Célestine, la suivant du regard, fait finalement signe au barman que tout va bien, et peu à peu, c’est comme si l’endroit reprenait vie. Difficilement, mais quand même un peu. « Eh bah, il était temps. » Elle souffle, attrape son verre et renversant la nuque en arrière, l’avale d’un trait. L’alcool brûle sa gorge d’humaine mais elle s’en carre comme de son premier fond de teint. « J’en aurais dit, des conneries, pour la faire sortir de sa catatonie. Y’a plus qu’à espérer que la fin du monde lui fera suffisamment de bien pour que je n’ai pas à recommencer. »

Après la fin du monde.


« J’ai failli attendre. » « Y’a que les Commandants pour dire qu’ils ont le temps d’attendre. » Elle grommelle, mais c’est juste pour la forme. Elle se plante à côté de Garance, les mains sur les hanches, et la dévisage de pied en cap, loin de se formaliser d’être ouvertement en train de jauger son Commandant. Elle a les prunelles plantées dans les siennes et les sonde, puis, satisfaite de son examen, s’installe à ses côtés et croise ses longues jambes, faisant signe au barman de lui mettre la même chose.

Des années lumières se seraient écoulées que cela ne l’aurait pas étonnée. Elle embrasse du regard la pièce aux tons veloutés plongés dans la pénombre, toute emmitouflée dans ses lourdes tentures en velours et ses voiles en coton dense, laissant entrevoir des silhouettes et suggérer des ombres. L’endroit lui-même avait changé en son absence : ils s’étaient renouvelés dans un style plus baroque, troquant leurs vieux abat-jours de cabaret pour des lustres en verre chargés, dont les ampoules imitations flammes n’éclairaient que leurs voisines ; les tables avaient été recouvertes de nappes de couleurs sombres afin de ne pas jurer avec l’opulence de lumières de la scène, et celle-ci accueillaient désormais d’autres décors ainsi que deux nouvelles barres de pole dance.

Ce qui n’avait pas changé, en revanche, était l’atmosphère chargée de l’odeur de la désolation et du dernier recours. Célestine adore cette odeur, et pouvoir enfin la respirer à plein poumons était en soi une forme de libération primitive.

« Enfin seules. » La démone ne fait qu’hocher la tête. Elle observe d’un œil absent la scène où ondulent deux jeunes femmes d’âge indéterminé, mais à l’exhalaison délicieusement âcre. Mais Célestine n’a pas assez faim, ce soir, pour corrompre tout simplement de nouvelles proies. Elle avait assez rassasié le démon pour quelques semaines déjà, voire quelques mois ; les derniers évènements avaient été riches en… rebondissements. Et si se repaître de l’âme damnée d’un autre démon avait quelque chose de tabou, ça n’avait pas son pareil. Et des âmes de démon, qu’est-ce qu’elle en avait bouffé, pour sa Reine.

« Les chiens sont enfin dressés, les souris exterminées, et Lucifer bien dégoûté. » Elle énumère ses différentes missions, de domination comme d’espionnage, avec l’affect d’un cadavre. Elle n’a pas arrêté. Pas chômé. Ses activités annexes se sont vues réduites à néant, depuis leur dernière entrevue dans ce même lieu, il y a… bof, elle n’en sait rien et s’en fout complètement.

Comme un enfant, elle vient se loger contre Garance, rabattant ses jambes sous elle. Elle a la tête sur l’épaule de la nouvelle reine des Enfers. « Sérieusement, Maman ? Le pouvoir ? OK, j’adore jouer les princesses et je vais pas me plaindre d’en être devenue une vraie, mais quand même. » Un serveur dépose un énorme cocktail à la couleur improbable devant la jeune femme, ainsi qu'une coupelle de cacahouètes dans lesquelles elle pioche immédiatement. « Si c’est pour ne plus te voir et aller fouetter des arrière-trains pestiférés, je préfère encore rendre ma couronne. »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
crash like lightning
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Sujet: Re: un nom est une invocation || garance ()
Revenir en haut Aller en bas
 
un nom est une invocation || garance
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Suggestion sur l'Invocation
» Kuchiyose : Art de l'Invocation
» Mercor, Invocation de feu
» Recherche partenaire de RP & Invocation [Terminée]
» [Diables]Rituel d''Invocation
like lightning
if you ride
ϟ you're gonna crash like thunder ϟ

a game of shadows :: Paris :: Sud-Ouest :: seizième arrondissement :: Soho's 1515