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 Sweet Dreams (gagab)
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legends never die : Régente des Enfers. Démon de la Discorde et de la Frustration, Commandant de la sphère de la Discorde, Reine des Garces, Intendante de l'Impatience, Instigatrice des réactions disproportionnées et des caprices inutiles, Destructrice de la sérénité. Progéniture de l'Infini. Éternelle pétasse des Enfers.
the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Nouvellement couronnée, Malphas entend rétablir l'ordre parmi les rangs démoniaques, avant que ses pulsions de Discorde ne la rattrapent. Dans ce nouveau Paris, terrassé par les révélations, le Jeu de l'Ombre est devenue une partie d'échec exaltante pour celle qui collecte les coups d'avance dans le seul espoir de voir le monde à genoux.
these streets : Tout. Elle sait tout. Et il n'y a pas que la vie à Paris qui est troublée, désormais.
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Sujet: Sweet Dreams (gagab) Ven 2 Mar - 8:11 ()
Sweet dreams
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La nuit palpite, grasse et agitée, comme un organe cardiaque défaillant peinant à pomper le cholestérol, le sang trop sirupeux, épais, sombre, qui glisse entre les veines en promesse de mort lente à défaut d'être imminente. Et le ciel, le ciel elle le jurerait, a des reflets rouges, semblables en tous points à la couleur d'un foie cru, fraîchement arraché à une carcasse encore fumante. Fumante comme sa carcasse, à elle, la clope aux coins de ses lèvres ourlées, carmines. Carmines comme le ciel, comme la nuit, comme le palpitant qui ne bat plus désormais. Ce soir, les escarpins trop chers de Discorde foulent les pavés d'une partie de la ville qui a été oubliée par le progrès et ses pas résonnent en échos malveillants qui emplissent les ruelles et les obscurités. La Garce s'est mis en tête de passer une mauvaise soirée, tandis qu'elle contemple d'un regard lasse le corps trop adipeux de ce qui fut d'abord un homme, puis un démon. Un démon de la Discorde, un démon qui prêchait la vie malsaine et contrariait les publicités modernes, les oraisons contemporaines d'un esprit sain dans un corps sain. Il était lobbyiste, Sartanum, il n'était plus rien. Plus rien qu'un tas de chairs frémissantes d'une mort encore fraîche. Trop fraîche. Et, à l'odeur, elle le retrouverait... Ses babines remontent doucement sur ses crocs. « Quelqu'un a définitivement commencé à perdre les pédales... » murmure-t-elle avant d'embarquer le corps dans d'autres réalités, loin des regards curieux et des rapports de Police, masquant les preuves, avalant jusqu'à la plus petite goutte de sang... Jusqu'à ce qu'il ne reste plus que la ruelle crasse, grasse, et la nuit qui palpite, et le ciel rouge, et ses escarpins trop chers qui soulignent une silhouette fine, élancée, glissée dans une robe en soie sombre et un trenchcoat monstrueusement vintage. Tout ceci n'est que l'introduction d'un mauvais roman noir, qui ne finira qu'avec de belles morts et beaucoup de descriptions imagées ou organiques.

Les gens parlent, ou se débinent, ravalent leurs beaux principes dès qu'une blonde frappe à la porte, se fait patte de velours d'abord puis menaces à peine voilées ensuite. Puis violence. Puis encore, après, horreurs et atrocités, si vraiment ils insistent, s'ils veulent du spectacle. Elle a le bout des doigts rouges, Malphas, quand elle quitte l'immeuble qui jouxte la ruelle où Sartanum s'est éteint. Elle l'aimait bien, il faisait un travail formidable. Elle veut savoir, comprendre, venger par pur caprice ou juste s'amuser. Difficile de savoir, de deviner, dans le fatras d'émotions qui est le sien depuis que l'Ange s'en est allé. Il est parti, l'enfoiré. Il est parti, il l'a laissée, et elle ne sait plus que tout briser, tout foutre en l'air, envoyer voler plus près des étoiles ou plus loin des nuages... Le cotonneux d'un paradis promis lui donne la gerbe, exacerbe le cristallin de ses rires, durcit ses prunelles... Et elle louvoie, davantage qu'elle n'avance, ayant obtenu de sa victime quelques descriptifs amplement suffisants pour qu'elle sache, se forge l'intime conviction du prochain connard qu'elle visitera. Plus jamais la paix ne parviendra à frapper la Capitale. Plus jamais Paris ne dormira sur ses deux oreilles. Elle se le promet, là, se le répète à mesure que des paires d'yeux curieuses s'accrochent aux rebords de cette silhouette trop grande, trop blonde, qui sinue dans les ruelles sales et s'avance, doucement, d'un point de chute qu'elle surveille souvent sans jamais en passer la porte.

Il est là. Il est toujours là. Souvent là. Il vient oublier, dans quelques verres à la propreté discutable, le désarrois d'un désespoir qu'il s'est cousu sur mesure pour mieux y glisser sa peau de chagrin. Alors elle rentre, ce soir, passe la porte qui l'oblige à se désinfecter les mains si tôt qu'elle se soulage de son contact, et s'approche de quelques pas, pour mieux observer les cheveux blonds,le dos trop fier, l'échine brisée. Sans surprise, elle l'a trouvé... Et un sourire se dessine sur son minois porcelain, presque poupin, presque ravi. C'est que la dame a de grands projets pour ce soir, histoire de tout gâcher.

« T'as encore joué avec la nourriture... » ronronne-t-elle, s'installant sur le tabouret à côté du sien d'un geste souple. « Ca faisait longtemps, tiens. »

Les yeux cherchent, les autres, un peu rieur, sans doute un peu blasé, tout juste saturé du flegme des grands prédateurs qui ne craignent plus grand chose d'un chasseur, tout enragé et efficace soit-il. Et cela fait longtemps, trop longtemps, qu'elle n'est pas venue le tourmenter, trop occupée avec son propre Enfer à paver, sa cage de tortures psychologiques à s'infliger à chaque seconde d'absence, chaque silence prolongé. Trop longtemps, elle en est persuadée. « Je t'ai manqué, je le sais. », qu'elle affirme tout en commandant une bière bouteille, interdisant au passage au barman de toucher au goulot de la boisson ou même de la décapsuler. Elle va s'en occuper, assure-t-elle, intimement convaincue de choper elle ne sait quelle maladie sexuellement transmissible si d'aventures ses lèvres se retrouvaient en contact avec ces doigts d'une quelconque façon que ce soit, même indirectement. Toute affairée qu'elle est avec sa bouteille de bière, l'inénarrable garce laisse les secondes s'égrener et le templier s'énerver, s'agacer ou juste l'ignorer. Ce n'est jamais évident de savoir sur quel pied Monsieur danse jusqu'à ce qu'il se décide à menacer de vous tuer. « Il était à moi. Celui sur lequel tu t'es défoulé, ce soir... Et je n'arrive pas à savoir si tu le savais et que tu l'as fait exprès, ou si tu l'ignorais et que tu as juste fait ce que tu te figures comme être un genre de quête céleste pour laquelle personne ne te regarde... » L'éclat d'un rire rebondit contre l'angle de la bouteille au verre brun, doucement. « Alors ? Dis-moi... » Et le sourire s'étend, tendrement, les prunelles fichées aux siennes sans lui accorder une seconde de répit. Parle, Gabin.

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Sujet: Re: Sweet Dreams (gagab) Jeu 8 Mar - 0:01 ()
Sweet Dreams

Nuit poisseuse, atmosphère lourde. Paris qui geint en silence. La ville pleure, gémit les cadavres qui jonchent ses pavés, vomit le carmin qui salit ses ruelles. Ville Lumière pourtant bien sombre, à présent.
La Mort qui traîne sa faux, guette, tapie dans l'ombre la carcasse de sa prochaine victime. Nuages ensanglantés qui veillent sur la populace, à défaut que ce soit un quelconque Dieu. Apocalypse qui s'installe sans que l'on y prenne garde. Mais l'Ordre le sait. Lui le sait.

L'adrénaline dégouline encore à travers les veines, emballe le myocarde qui a du mal à se calmer. Machine lancée à pleine vitesse. Violence qui brûle sous l'épiderme, haine torrentielle pour les rejetons sulfurés.
La pinte qu'il attrape, porte aux lèvres pour en gober une rasade avant de coller le verre à la pommette qui se tuméfiait déjà. L'avantage de ces bars miteux, c'est qu'une consommation active va de paire avec une absence totale de questions. Sur les plaies, sur le sang difficilement essuyé qui rosissait la gueule de Templier et qui tâchait le col du tee-shirt blanc, sous le hoodie noir. Une simple bagarre penserait-on. Le genre de rixe qui colle aux habitués de ce genre d'établissement. Si seulement ils savaient. Que sous le tissu de la veste se trouve beretta et couteau militaire.

Il y a des restes. Les muscles qui se rappellent encore. Les coups de lames dans la chaire, répétés encore et encore. Il voit encore la douleur dans les yeux de l'autre. Il entend encore les gargouillis sanguinolent. Et il aime ça. Preuve en est, le sourire carnassier, malsain qui se greffe aux babines. Un de moins, centaines restant. A vouloir tenir sa langue, lui se l'était vue arracher. Une mort promise certes, mais la souffrance n'avait été que la résultant de son entêtement. Gabin n'avait voulu qu'un nom.

Son nom.

Nouvelle gorgée. Les premières d'une longue série. Anesthésie empoisonnée. Alcoolisme maîtrisé. La nuit qui s'annonce bien partie, Gabin qui se drape lentement mais sûrement de morosité, prêt à se laisser sombrer dans ses idées noires.
Et le plan aurait été exécute à merveille si elle n'avait été là.
Elle et sa silhouette filiforme. Elle et sa prestance dénotant avec l'endroit. Belle perdue aux milieux des Bêtes. Son démon gardien. Son Enfer personnel. Diablesse éprise de lui pour quelques raisons, qui vient prendre place tout à côté de lui.

« T'as encore joué avec la nourriture... » qu'elle minaude. « Ca faisait longtemps, tiens. »
Le venin qu'elle déverse sous forme de bienséance. Elle l'intoxique de sa simple présence. Elle lui hérisse le poil et attise le brasier qui lui brûle l'âme. « Pas assez. » qu'il crache avant de se rincer le gosier. Il la hait autant qu'elle l'apprécie. Présence qui lui est insupportable.
« Je t'ai manqué, je le sais. » Grognement comme simple réponse. Il se demande comment elle aurait été. Si elle aurait crié. Quel son aurait fait ses veines quand l'arme les aurait transpercé. Quel regard elle aurait eu. De la peur ? De la colère ? Sûrement de la colère. Diva infernale.
Elle lui explique, que le démon qui gît dans une mare vermillon lui appartient. Et elle se questionne sur les intentions qui avaient poussé le Templier à la boucherie. Templier qui préfère garder le silence. Il l'ignore, royalement. Ou du moins, il s'y efforce.

Mais l'Horreur persiste, veut savoir.
Alors Gabin se tourne vers elle, toise la Démone, le regard noir. De ce regard de défi. De ceux qui sont dans la fosse et qui ne craignent plus rien. Car il ne la craint pas. Ni elle, ni la douleur, ni la mort. Elle ne lui fait pas peur la Garance, et Gabin le lui montre. Le sourire revient, s'ancre sur ses lippes, féroce.
« Tu te donnes trop d'importance. Il était sur ma liste. Vous l'êtes tous, tu le sais. Si ce n'avait pas été ce soir, ç'aurait été autre fois. » Ni plus ni moins. Retour à sa bière alors, le regard qui se fixe au fond du verre.
« S'il te manque, je peux t'envoyer le rejoindre. Ici et maintenant. Une mannequin assassinée dans un trou à rat, ça n'aurait rien de surprenant. »

Alors Garance, tu veux jouer ?



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the mighty bush : Discorde Malphas est déjà très douée pour semer la discorde autour d'elle, mais ce talent naturel est renforcé par une capacité inouïe à créer le conflit et la mésentente par sa simple présence si elle le décide. Il lui arrive d'utiliser ce pouvoir simplement pour se détendre et respirer un peu...
Prestidigitation De très loin son pouvoir préféré, cette capacité lui permet de faire disparaître ou apparaître des objets, pour peu qu'ils existent déjà dans ce monde. Cela lui permet de vous faire perdre vos clés et de les faire réapparaître dans le tiroir à couverts, par exemple, ou de déplacer vos lunettes selon sa volonté. Elle trouve à ce pouvoir un aspect artistique que peu soupçonne... Les gros objets sont tout aussi concernés, mais elle a tendance à se contenter des petits... C'est toujours plus frustrant de perdre ses clés de voiture quand on a la voiture que la voiture quand on a ses clés... La panique ne la nourrit pas. Ce pouvoir marche également sur les êtres vivants mais lui demande dans ce cas une énergie bien plus conséquente... (et c'est tout de suite beaucoup moins discret que les objets).
Catalyseur ou la capacité de stocker et diriger l'énergie (a.k.a. Redbull des Enfers). Possibilité pour son porteur de ne pas juste absorber mais aussi de canaliser l'énergie qu'il crée (par sa sphère) dans une direction précise et d'en modifier les flux selon sa volonté. Ce pouvoir permet à Malphas d'alimenter le royaume de Dis en permanence de l'énergie qui naît de la Discorde et de la Frustration, de façon constante. Elle peut aussi décider, non sans effort, d'en faire profiter davantage certaines personnes. Ce pouvoir ne s'applique pas à elle-même, il lui suffirait simplement d'arrêter la catalyse pour récupérer le pouvoir de sa Sphère.
Allegeance : Nouvellement couronnée, Malphas entend rétablir l'ordre parmi les rangs démoniaques, avant que ses pulsions de Discorde ne la rattrapent. Dans ce nouveau Paris, terrassé par les révélations, le Jeu de l'Ombre est devenue une partie d'échec exaltante pour celle qui collecte les coups d'avance dans le seul espoir de voir le monde à genoux.
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Sujet: Re: Sweet Dreams (gagab) Sam 16 Juin - 1:45 ()
Sweet dreams
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Dans le fond de la nuit, il y a une fêlure qui se lézarde et qui hurle à la lune, une brèche de rien, une effraction dans la réalité, tandis qu'un templier et un démon se toisent autour d'une bière. Autour d'une bière surtout, dans un environnement à la lumière maronnasse, tamisée par la poussière et la crasse. Autour d'une bière, étrangement, comme deux vieux amis se retrouvant au hasard d'une disponibilité soudaine, une occasion rêvée de se retrouver, de rattraper le temps perdu, de partager une blonde. Et elle se marre, la blonde, en buvant la sienne. Le sourire narquois et le menton fier, Garance observe son interlocuteur, d'éternelles étincelles dans le fond des yeux, juste à la surface des iris pour planquer les gouffres et les horreurs, les hurlements silencieux que son âme poussent à chaque seconde où Azazel demeure introuvable. Mais il n'en sait rien, l'humain, il ne sent pas la détresse et la folie qui serpentent sous le derme clair, n'est pas capable d'entendre le désastre dans la moquerie, pas foutu de percevoir le danger de la simple proximité, de l'unique présence.

Elle pourrait l'éviscérer juste pour voir si ça l'aide à exister.
Et lui, il n'en sait rien.
Et lui, il s'en fout.

Lui, il se contente d'afficher un regard noir, un air de clébard. Elle, elle imagine la bave au coin de ses lèvres d'assassin assoiffé, elle se le figure enragé, elle se voit lui intimer l'ordre de sauter dans un cerceau enflammé et lui donner une friandise pour avoir été un gentil Gabin bien dressé. Si seulement. Parfois, elle aime rêver. Juste une seconde, intangible, avant de se rappeler la réalité et sentir la dureté impitoyable du sol sous ses pieds.

« Tu te donnes trop d'importance. »
Vraiment ?

Sur son minois de poupée, un sourcil s'arque avec amusement tandis que la condensation transpire sur la bouteille en verre. Haussant des épaules, Malphas se paume dans la contemplation de la flotte qui glisse en goutte le long du verre brun de sa bière, se fascine de la course aqueuse qui récupère d'autres gouttes sur son passage, qui boulotte et qui grossit jusqu'à s'écraser sur le comptoir sans bruit ni fracas. On est peu de choses, il paraît. Elle écoute, pourtant, d'une oreille attentive, sourde au brouhaha qui les entoure et leur offre une once d'intimité malvenue.

« S'il te manque, je peux t'envoyer le rejoindre. Ici et maintenant. Une mannequin assassinée dans un trou à rat, ça n'aurait rien de surprenant. »

Alors elle rit, la Garce, redressant le museau pour l'observer, longuement, presque tendrement, le regard énamouré de sa naïveté, de sa grande gueule, de ses grands airs.

« Là, c'est toi qui te donnes trop d'importance, Darling... Et ce serait moche de mourir dans un trou pareil, tu ne crois pas ? Même toi, tu mérites mieux que ça. »

Pour l'emphase, pour la légende, pour la gloire. Ou juste pour le plaisir, pour s'amuser. Elle pourrait le tuer ici, ailleurs, n'importe où. Elle pourrait le tuer si elle le voulait, si elle le voulait assez, s'il ne l'amusait pas autant. En un battement de cil, elle pourrait le voir s'effondrer la tête la première sur le comptoir, son propre cœur pour oreiller. Ce serait facile. Mais ça n'aurait pas de sens. Ça la viderait juste un peu plus, de tous ces trucs débiles qui parviennent encore à l'animer par delà la rage et le désespoir, de ces petits grains de rien qui alimentent sa folie à chaque seconde et parviennent encore à secouer ses épaules d'éclats de rire, cristallins ou mesquins.

Alors il le sait, Gabin. Il sait bien qu'elle n'en fera rien. Qu'elle le gardera en vie jusqu'au bout du monde, juste pour voir son regard quand il réalisera qu'il a échoué à le sauver.

« Tu avais le démon de la mauvaise hygiène de vie sur ta liste ? Vraiment ? Tu t'emmerdes à ce point-là ? Non parce que... Qu'on soit clair... Ce n'est pas lui qui a tué ta tendre épouse, tu sais. Tout au plus, il t'a inspiré quelques nuits dont tu n'es pas fier, quelques hamburgers pas nécessaires, un slip retourné au lieu d'en mettre un propre... » Elle se penche, un peu, la bière au bord des lèvres, le nez trop proche de sa joue, son odeur plein les narines. « Tu ne sais toujours pas qui je suis, pas vrai.. ? ricane-t-elle doucement, Et l'autre, tu ne sais toujours pas qui il est... Toujours pas trouvé... »

Toujours pas. Sans doute jamais. Certainement pas sans son aide, en tous cas.

« Tu n'es pas assez gentil pour que je continue de t'aider à le chercher... Alors que ce serait tellement moins compliqué qui c'était moi qui le trouvais... » Au timbre sourd, au velours de sa voix, peut-être qu'elle ne s'amuse pas tant que ça. Doucement, Discorde se redresse et contemple le bar et ses parasites de prunelles lasses. « Ca t'apprendra à buter des démons négligeables juste pour le plaisir de faire un bâton sur ton tableau de chasse de dégénéré. »

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