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 après la tempête | cora
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the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Anges

Sujet: après la tempête | cora Ven 8 Juin - 17:03 ()
Il se sent mortifié.

Trois jours se sont écoulés depuis l’évènement au nouveau panthéon, et il voit encore les tâches de sang sur ses mains qu’il a pourtant nettoyées à plusieurs reprises déjà, presque à s’en arracher la peau. Le sang, pourtant, n’a jamais eu le moindre effet sur lui : en plusieurs siècles d’histoire humaine, il en a fait couler des litres sans que ça ne le fasse sourciller, car il le savait nécessaire ; mais celui-là, ce sang-là, cette écarlate sur ses doigts, sur ses manches, sur sa chemise, le hante comme un cauchemar. Et ça le rend dingue. Parce que ce n’est pas normal. Ce n’est pas lui. Destin n’a jamais eu peur du sang. Destin n’a jamais renâclé devant le sang. Il l’essuie, et passe à autre chose, encore et encore. Pas cette fois.

Et elle a tout vu.

Il en grince des dents. Depuis trois jours, il n’a pas pointé au QG des Templiers, juste pour ne pas avoir à l’affronter. Elle a pu l’avoir trouvé touchant, et cette idée lui hérisse le poil, mais il n’y peut rien. Parce que tout ce qu’il a fait, son rugissement désespéré, ses bras autour de la fine taille de la jeune fille, son cœur qui menaçait de sortir de sa poitrine, tout ça, il ne l’a jamais maîtrisé. Pas un seul instant. Il a répondu à une impulsion inconnue, parfaitement étrangère à son caractère posé, réfléchi, impassible ; son caractère que la Cité d’Argent a mis tant d’énergie à haïr. Il a tout simplement perdu le contrôle, et ça ne lui ressemble pas. Ce n’est pas lui. Ça ne peut pas être lui.

Et pourtant.

Il pénètre dans les salles souterraines des archives, et l’air frais cloîtré par les pierres lui rafraîchit un peu les idées. C’est d’autant plus vrai qu’il n’a rien pris depuis la veille, en vue de ce qu’il s’apprête à faire. Il sait comment exorciser un démon, et il a assez vite compris que la méthode était la même pour extraire de sa tête ses tourments : les confronter. En face à face. Même si la honte s’accroche à son estomac en y plantant ses griffes épaisses. Son instinct primaire, ce truc qui le titillait et le turlupinait à la moindre seconde de chaque journée, lui hurlait de faire demi-tour, de faire comme si de rien n’était, ou, mieux encore, de s’arranger pour ne plus la croiser ; mais l’archange, lui, avait une toute autre philosophie. Et aujourd’hui, Absolem était bien content de se prouver à lui-même qu’il en était encore capable. Parce que, là, franchement, c’était à se demander s’il avait un jour eu des ailes.

Il s’avance, scrute les tables et finit par la trouver. Elle est penchée sur un livre poussiéreux, et il se demande, une fraction de seconde, ce qu’elle étudie. Et puis, il sent. Il sent son pouvoir, un ersatz, pas grand-chose, mais un échantillon, un gramme quand même, de son propre pouvoir. Et ça lui fait tourner la tête. Ce pouvoir, qui coulait dans ses veines, avant. Ce pouvoir, si intense, qu’il manipulait comme ils manipulent leurs dagues. Un claquement de doigts pour qu’une montagne s’effondre. Un geste de la main pour qu’une civilisation disparaisse. Pendant un instant, il reste là, les yeux dans le vague, dirigés vers elle, sans la voir, et son corps se tend vers ce fragment de pouvoir qui émane d’elle. Il inspire, comme un noyé.

Il redescend brusquement sur Terre lorsque sa voix le transperce comme une flèche.

« Je peux faire quelque chose pour vous ? »

Ses yeux se focalisent sur elle. Elle l’observe, les sourcils légèrement froncés. Il aurait bien levé les yeux au ciel face à sa propre inattention s’il n’avait pas su que ça n’aurait pas arrangé les choses. Pris en flagrant délit d’observation, et en plus, il n’était même pas stone pour le justifier. Et quand il se rend compte de ce à quoi il pense, il passe une main sur son visage, las. Il était las. Tellement las.

« Vous vous souvenez de moi ? », commence-t-il, avant de songer que l’entrée en matière était tout de même un peu maladroite. D’autant qu’il partait du principe que comme tous ses pairs, elle savait qui il était, et ce qu’il représentait. Un ennemi, ou à tout le moins un indésirable. Bien sûr qu'elle se souvient de moi. Destin, l'enfoiré. « Vous m’avez aidé, à la soirée du panthéon. Avec ma protégée. Elle avait été blessée. »

Le souvenir le fait encore frissonner, et il crispe ses doigts pour résister à l’envie de les regarder de nouveau. Il passe une main dans ses cheveux, vraiment mal à l’aise. La discussion n’a jamais été un de ses points forts, peut-être parce que les autres anges ne venaient jamais faire autre chose que l’invectiver quand ils ouvraient la bouche devant lui. Il se gratte la tête, pensif.

« Je voulais vous remercier. Pour votre aide. »

Astrid n’était pas encore sortie de l’hôpital, mais elle était encore en vie. Et c’était grâce à Cora. Parce qu’elle était intervenue, parce qu’elle avait fait son travail de Templier et qu’elle lui avait démontré qu’il en restait digne de ce titre parmi ceux qu’il fréquentait depuis son incarnation sur Terre. Ca lui avait fait tout drôle.

Parce que, s’il savait qu’elle protégeait autrui bien plus que sa propre vie et cherchait toujours à les guider du mieux qu’elle le peut vers les meilleurs choix pour eux, il n’en avait jamais été la cible. Il n’en avait jamais profité. Et ça n’avait fait que conforter son choix ; et surtout, sa frustration de ne pas avoir pu en faire l’un de ses anges.
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weapon : Dague du Paradis (affectueusement nommée Kısmet) héritée de son père, apte à tuer les anges et les bannis tout comme les démons lieutenants et les inférieurs.
Allegeance : Loyauté assumée envers les Templier, elle coopère cependant aisément avec les anges et ne refuse pas totalement la communication aux démons.
these streets : Cora sait tout ce qu'un Templier digne de ce nom doit savoir sur les évènements qui secouent Paris.
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Templiers

Sujet: Re: après la tempête | cora Ven 8 Juin - 18:51 ()

Après la tempête.
«  I've been trying to believe
So I'm calling on angels. »
Quelque soit son état, malgré toutes les tempêtes, le chaos et les carnages, elle revient là, dans ce sanctuaire de paix et de savoir. Même si Dieu n’entend pas ses prières, même si Abaddon ne peut pas précipiter l’Apocalypse, même si Azraël n’a pas les réponses, elle y revient. Il y’a sur la table nombre de documents, de recensements des évènements inexpliqués aux crimes répertoriés, des tas de paperasses morbides. Elle cherche des liens dans les infimes détails, dans les mystères de l’Histoire, elle n’abandonne pas, jamais. Elle veut des réponses pour elle aussi, sans trop de succès. Elle fouille les articles sur ce que la France n’a pas pu expliquer, de ces miracles dont on parle parfois. Elle a laissé de côté Famine pour l’heure, parce que les Cavaliers ne sont plus le seul danger et qu’elle n’a pas l’esprit assez clair pour se perdre dans les tortueux panthéons divins non plus. Elle est penchée là, dans une lecture attentive, apaisée par l’odeur caractéristique du papier usé par le temps, de quelques parchemins aussi. Les Archives de Paris renfermaient des Trésors dont elle aurait peine à se défaire si son affectation venait à changer. Elle souffre encore des bleus infligés par les chutes mais elle a connu pire - la Mort, par exemple. Et puis il y’a ce regard dans son dos, qu’elle perçoit à retardement, une sorte de pressentiment qui la pousse à glisser les doigts à la ceinture de sa robe pour en décrocher la dague, discrètement. L’homme n’a pas l’air de le voir, les yeux dans le vague, elle se permet ainsi de bouger, l’arme dissimulée dans les plis de tissu du vêtement évasé à partir de la taille. Elle porte du blanc, la longue chevelure brune tranchant en contraste. « Je peux faire quelque chose pour vous ? » Ne jamais attaquer sans en avoir de réelle raison est une règle d’or mais Cora est fatiguée de lutter, ce jour-là, fatiguée de la violence du monde, fatiguée d’être une pacifiste dans le chaos. Elle songe une seconde à en finir, juste une petite seconde.

« Vous vous souvenez de moi ? » Elle penche légèrement la tête sur le côté. Ces yeux, ces beaux yeux bleus lui disent quelque chose toutefois il lui faut plusieurs secondes avant de les replacer dans le contexte. « Vous m’avez aidé, à la soirée du panthéon. Avec ma protégée. Elle avait été blessée. » L’hostilité retombe légèrement, la méfiance aussi. Elle se souvient encore de cette vague de désespoir, de cet être désemparé sur le sol du Panthéon. « Je voulais vous remercier. Pour votre aide. » Elle semble un peu surprise, à vrai dire. Qui viendrait aux archives pour si peu. « Je n’ai fait que mon travail. » Et ça paraît si paradoxal, lâché ainsi, parce qu’un humain ne verrait aucun lien entre ces lieux et le fait de venir en aide à autrui. Elle n’a pas vraiment le courage de mentir, d’autant qu’elle est certaine de l’avoir déjà vu au QG. Pourquoi ? « Je n’ai fait que ce qui était juste. » Et si ça ne l’avait pas été, si la victime avait été démoniaque, cruelle, trop corrompue, aurait-elle aidé ? Sans doute. L’attaque n’était pas juste alors qu’importe le camps. Elle avait beaucoup à apprendre, Cora, mais elle avait de la compassion, quoiqu’elle avait l’impression de la sentir s’échapper d’elle, par instants. « Vous comptez décliner votre identité ou vais-je devoir vous planter avec cette lame pour obtenir des informations ? » Elle est revenue vers la table, le son tranquille des escarpins sur le sol indiquant combien elle ne faisait preuve d’aucune précipitation - elle a simplement fait attention à se placer de sorte à lui faire face, posant l’arme sur la paperasse étalée. Les yeux verts se posent dans ceux de l’homme dont l’identité lui échappe sans qu’elle ne se l’explique. Il ne lui semblait pas menaçant mais les apparences savaient être trompeuses en temps de conflits.

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the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Anges

Sujet: Re: après la tempête | cora Lun 11 Juin - 3:31 ()

Il en reste comme deux ronds de flanc.

D’ordinaire, l’inverse se produit. Alors qu’il n’a pas besoin de décliner son identité, c’est la lassitude dans le corps et le vague à l’âme qu’il demande, poliment, à son interlocuteur de se présenter, parce qu’il n’aime que très peu se faire agresser, passivement ou activement, sans avoir au préalable un nom à coller sur la tête de son opposant. Et au Temple, tout s’est toujours passé dans cette mécanique. Un regard méprisant, quelques invectives venimeuses, et puis des récriminations plus ouvertes, pendant qu’il écoute, laconiquement, inlassablement, les mêmes reproches, jour après jour, année après année. Il les laisse dire : il pourrait, aussi, leur couper la parole pour leur débiter très exactement le fond de leur pensée, sans même avoir à y pénétrer, mais il ne le fait pas. Il sait bien que ça a besoin de sortir, et maintenant que Destin a une tête à claquer, il est un véritable purgatoire pour tous ces chevaliers qui contemplent son œuvre avec un œil mauvais, parce qu’il les a abandonné, il y a bien longtemps, pour exercer sa mission avec d’autres puissances, d’autres consciences.

D’ordinaire, l’inverse se produit. La répétition l’a rendu insensible à leur manque de considération et de politesse. Il ne s’en offusque plus.

D’ordinaire, l’inverse se produit. Il n’a plus l’habitude de se présenter depuis longtemps.

D’ordinaire, l’inverse se produit. Cette fois, c’est lui qui la connaît.

Elle ne sait pas qui je suis.

Sa bouche s’ouvre, mais il reste muet, alors il la referme. Seigneur. J’ai l’air encore plus con qu’avant. Il ébouriffe un peu plus ses cheveux. C’est pourtant simple de se présenter. Mais ça l’a pris au dépourvu. Et puis, maintenant qu’il y pense, il ne s’est jamais présenté en tant qu’archange ; qu’est-ce qu’il doit dire ? Un sourire incrédule joue soudainement sur ses lèvres. Et il voit la dague qu’elle pose sur la table, devant elle, comme une menace latente, le genre d’intimidation nonchalante un peu obséquieuse. Il l’observe, l’espace d’une seconde, et un éclair traverse son regard. Il a des fourmis dans les doigts : il brûle de la prendre en mains.

Il oblige ses prunelles à remonter vers celles de la jeune femme, qui ne l’ont pas quitté. Il tire une chaise vers lui, à trois places d’elle, et s’installe en parallèle de la table, un bras posé dessus. Il frotte son menton d’un air songeur. « Vous savez d'où vient cette arme... ? » Il la désigne d’un mouvement de tête, plus prudent que de la pointer du doigt. Les effluves de son pouvoir sont une douce caresse sur son âme. « Je m’appelle… » Il s’interrompt avant même que la première syllabe de son nom d’archange ne franchisse ses lèvres. A la dernière seconde, il a opté pour une autre stratégie. « Maddox Cartier. » C’est étrange, comme ce nom roule mal sur sa langue. Il a toujours l’impression qu’il ne lui appartient pas, et autant qu’il le peut, évite d’avoir à le prononcer. Il jette une prière vers l’âme de son prédécesseur, où qu’il soit, comme à chaque fois qu’il doit lui emprunter son identité. « Je travaille au Temple, comme ingénieur. » Et vole son travail à Tara, pour parfaire sa pseudo-couverture.

C’est la première fois qu’il ment vraiment sur qui il est.

Il l’observe encore quelques secondes. Elle ne sait pas qui je suis. Et ça le conforte. Derrière sa fausse identité, il sent refluer la honte que l’archange a nourri depuis des jours, alors qu’il était là, devant ce panthéon blasphématoire, à perdre les pédales dans un élan d’humanité surprenant. Comme archange, il a l’arrogance de ne pas vouloir montrer ses faiblesses ; et c’est d’autant plus vrai qu’il y a des siècles, il les a reniés à cause de leur frilosité sur ses méthodes. De faux champions. De faux chevaliers, qui balaient de moralité confortable les moyens nécessaires à leur destin. En tant que Maddox, Absolem n’a pas ce poids sur les épaules. Et en tant que Maddox, elle ignore encore davantage qui il est. Elle ne sait pas qui je suis. Une si belle opportunité, pour lui qui ne l’a jamais vue qu’au travers de ses perceptions angéliques, pour lui qui l’avait observée de Là-haut, pour lui qui l’avait destinée à tellement plus grand.

La honte attendra.

« Vous n’avez fait que ce qui est juste, selon vous, mais pour moi, vous avez fait bien plus. » Il a verrouillé son regard au sien. « Astrid est… comme ma fille. J’ai encore l’impression d’avoir son sang sur moi. » Il montre ses mains, paumes tournées vers le ciel. Et il n’y a rien de plus vrai que cette confession, alors que sur sa rétine ses doigts se colorent d’écarlate. « J’aimerais que vous reconsidériez votre action à sa juste valeur, du coup. » Parce qu’elle ne le fait jamais assez. Parce qu’elle passe son temps à se sous-estimer. Parce que ce n’est que ce qui est juste, que ce qui doit être fait, selon elle. Jamais un véritable acte de courage, de bravoure, ni un don de soi précieux et encore moins une preuve d’humanité comme il en reste peu dans ce monde. Il veut tellement qu’elle en prenne conscience. Il le veut tellement.

« Vous comptez toujours me planter avec votre dague ? »

@Cora de Fontanges
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Sujet: Re: après la tempête | cora Lun 11 Juin - 15:50 ()

Après la tempête.
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« Vous savez d'où vient cette arme... ? » Elle pose les yeux sur la dague finement ouvragée, d’une légèreté incomparable, ornée d’un rubis au bout de la poignée. L’argent ne semble pas avoir subi la moindre trace du temps, pas plus que son tranchant - préservée, soignée. Elle a cette aura rassurante, d’après Cora, elle lui donne cette impression de sécurité qu’aucune autre arme ne lui a jamais procuré. « Je la tiens de mon père, elle se transmet de père en fils dans ma famille depuis des générations. Chevaliers, nobles et j’en passe. Autant vous épargner l’aspect pompeux de mon arbre généalogique. » Elle a un sourire en coin en la replaçant dans le fourreau noir accroché à sa ceinture. « Ce serait prétentieux. » Evidemment qu’étaler les titres de sa lignée serait prétentieux, elle évitait d’ailleurs de le faire, d’évoquer son père comme justification de sa place dans l’Ordre - le mérite avant le sang, toujours. « Je m’appelle… Maddox Cartier. » Elle l’observe, longuement, en silence. « Je travaille au Temple, comme ingénieur. » Les billes vertes ne décrochent pas des bleues. Il est rassurant, un peu comme la dague à sa taille. Elle a cette envie de lui faire confiance qui se heurte à la méfiance nécessaire à son quotidien. Il lui inspire une sorte d’affection soudaine et inexplicable, comme Azraël lui avait fait l’effet d’une mère qui ne voulait pas d’elle. Il y’a quelque chose dans le regard d’ancien mais elle choisit d’écarter son instinct premier, de ne pas écouter cet esprit qui tentait de faire des liens, des analyses qui sembleraient improbables. Elle lui laisse le bénéfice du doute, pour l’instant.

Cora enfile les gants blancs afin de ranger le chaos documentaire qu’elle a étalé sur la table, prenant soin de n’abîmer aucun précieux ouvrage ou parchemin qu’elle étudiait. Calmement, elle efface les traces de son passage, ne laissant bientôt qu’une table aussi vide que les lieux à cette heure - pas de véritables réponse, toujours pas. « Vous n’avez fait que ce qui est juste, selon vous, mais pour moi, vous avez fait bien plus. » Elle a encore ce sourire en coin, doux et sceptique à la fois, qui donne à son visage de poupée un sarcasme inhérent. Ca lui va bien même si c’est un mélange étrange, un signe de sa personnalité ambiguë qui s’amuse de la naïveté du monde. « Astrid est… comme ma fille. J’ai encore l’impression d’avoir son sang sur moi. » En plaçant le dernier livre dans le tiroir protecteur qui lui est réservé, elle reporte son attention sur lui : elle connait cette impression terrible que le sang imprègne définitivement la peau. Le sourire s’efface. Elle se rappelle le corps d’Elias, l’hémoglobine partout dans la salle de bains. Elle chasse le souvenir dans un soupir, dans un battement de cils. « J’aimerais que vous reconsidériez votre action à sa juste valeur, du coup. » Elle s’approche de lui, s’assied au bord de la table, juste à côté de lui. « Vous comptez toujours me planter avec votre dague ? » « Protéger et guider. » affirme-t-elle doucement. « Ce sont mes voeux, pour l’Ordre. Je suis là pour cela. C’est tout ce que je sais faire. Je ne tire aucune gloire à agir, il le fallait, rien de plus. Alors peut-être pas.» Elle n’aime pas les éloges ni les remerciements pour les actes suicidaires toujours un peu égoïstes selon elle, parce que la Mort rôde toujours dans son coeur blessé. Sa générosité ne doit pas être louée, elle n’est que son besoin vital d’être utile à défaut d’exister - réellement - pour ce qu’elle est. « Elle avait besoin d’aide, qui sommes-nous pour refuser une aide à l’humanité que nous sommes supposés préserver des tragédies surnaturelles ? Ca n’est pas leur guerre. » Et si Dieu avait pitié d’eux, ça ne le serait jamais, ou très peu de temps. L’espoir meurt, pourtant. « Puisque vous êtes là, j’attends une livraison du restaurant chinois. J’en avais gardé pour mon ogre de frère toutefois ma mère me tuerait de ne pas offrir mon âme à un Cartier. » C’est un humour évident, avec cet air mutin qu’elle dévoile peu. « J’aime bien manger sur les toits durant mes nuits de recherches. Si vous n’avez rien à faire. » Une invitation à partager sa solitude. Un SMS ne tarde pas à la faire sortir de la pièce, à se diriger rapidement vers l’extérieur pour récupérer les boîtes du repas à emporter, payant avec son téléphone. Cora lui revient à peine deux ou trois minutes plus tard. « Je suis étonnée que Tara n’ait jamais parlé de vous. » Elle consent à sa présence en laissant un indice de ses soupçons, sur un ton détaché. « Vous venez ? » Direction les toits, donc.

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Sujet: Re: après la tempête | cora Lun 11 Juin - 20:02 ()

Il l’écoute, presque religieusement. Il ne l’interrompt pas, à aucun moment, même si chacune de ses paroles emprunte de résilience lui donne une furieuse envie de la secouer. Il l’écoute, comme l’archange écoutait les prières. Son regard verrouillé au sien, il la sonde, plongeant dans sa voix pour ressentir son cœur et voir son âme. Et ce qu’il voit, c’est tout ce qu’il a compris d’elle, tout ce qu’il a aimé et détester, tout ce qui lui a fait décider qu’un jour, elle sera son ange. L’un des siens. Un Gardien.

Bien sûr qu’elle a un discours où elle s’oublie au profit de l’Ordre, d’une mission héréditaire et de préceptes moraux vieux comme le monde. Elle ne se rend cependant pas compte que ce ne sont que des excuses, des façades pour dissimuler son vrai désir de refaire le monde, de le rendre meilleur. Son désir d’aider, de servir, d’être utile. Toutes ces ambitions que l’Humanité a perdues, petit à petit, dans le fourmillement du temps et au gré de ses révolutions. Lorsqu’il les a inspirées, Absolem n’a jamais cherché à ce qu’elle perde sa solidarité, son altruisme, ses vertus. Mais quelque chose s’est fracturé, quelque part, il y a bien longtemps, laissant la part belle à l’égoïsme, l’orgueil et les vices. Il sait bien qu’il a merdé quelque part.

Mais ce sont des personnes comme Cora qui lui redonnent un peu d’espoir en cette Humanité qu’il a guidé de ses premiers balbutiements. Qui d’autre pourrait proposer son dîner à un parfait inconnu, sur les toits de Paris ?

Jusqu’à maintenant.

« Je suis étonnée que Tara n’ait jamais parlé de vous. » Il tressaille à peine, se mord un peu la langue. Oups. Perdu dans son analyse et les mots de la jeune femme, il en a oublié un peu tout le reste et surtout, d’avoir un parfait contrôle sur son mensonge. Et qu’en tant que chevalier de l’Ordre, elle est naturellement suspicieuse quand un inconnu l’aborde pour de simples éloges. Si bien formée. Une mécanique bien huilée. Mais cette fois, il n’a pas à mentir. « Tara et moi n’avons pas d’excellents rapports. Nos opinions divergent… beaucoup. » C’est un euphémisme. Celui de l’année, peut-être. Tara et lui n’ont jamais eu une seule discussion qui n’a pas fini par une dispute ; elle fait partie de ces rares personnes, si ce n’est la seule en vérité, capable de le faire sortir de ses gonds au point d’hausser le ton de sa voix. Lui pourtant connu pour ses colères glaciales, à l’image du destin qui punit l’audace outrageante. Calme, posé, implacable, cruel.

« Vous venez ? » Il la dévisage, toujours assis sur sa chaise. Elle a les bras chargés de ses plats chinois dont le fumet lui titille les narines ; et comme un gag défraîchi, son ventre grogne à cette seconde précise. Il n’a pas mangé depuis la veille. La pression humaine est si différente de celle qui pesait sur ses épaules d’archanges, Là-haut ; et il gère bien mal toute l’angoisse et le stress qu’elle véhicule. Les repas sautent, et il ne s’en rend même pas compte. « Vous invitez souvent des inconnus à partager votre repas au pied levé ? » Il se lève néanmoins, prêt à la suivre, et au pas résolu qu’elle adopte, il devine qu’elle n’a pas douté un seul instant de sa compagnie.

La nuit est claire, ce soir-là. Une brise fraîche caresse les toits de Paris ; jusqu’à l’horizon s’étend la forêt d’immeuble constellée de tâches de lumière qui compose la capitale. Il se souvient de la vue qu’il en avait, depuis la Cité. Un cœur de lumière dans un pays plongé dans la pénombre. Il en avait fait verser, du sang, dans cette ville, pour qu’elle soit celle qu’elle est aujourd’hui, et il souriait toujours un peu crûment quand il entendait parler de la Ville de l’Amour et du Romantisme quand il voyait le cimetière sur lequel elle était construite. La guillotine n’était peut-être plus en place de Grève, mais les rigoles de sang, elles, étaient incrustées dans la pierre.

Aujourd’hui, elle lui paraît si différente. Si fragile. Un microcosme bouleversé, perdu dans une guerre occulte dont elle ignore tout. Et ça en faisait toute sa beauté, car malgré tout ce qui pouvait la faire trembler, elle demeurait là, droite sur ses fondations et fière de ses cicatrices. La vraie Paris. La belle et vraie Paris.

Celle qu’il avait tant aimée.

Ils s’installent à même le sol. Leur repas oblige la proximité, si bien qu’il n’y a que quelques centimètres entre eux. Il s’assoit en tailleur mais ne se sert pas. « Soudoyer l’autre avec de la nourriture est le nouveau stratagème du Temple pour s’assurer que je ne vous mène pas en bateau ? » Il penche la tête sur le côté, l’observe ; il a un demi-sourire au bec, mécanique, qu’il n’utilise même pas consciemment. Un vieux réflexe de Maddox, l’humain. Depuis qu’il la remarquée, il n’a jamais eu l’occasion de la côtoyer – comme archange, cela relevait même de l’impossible. Là, il se rend compte qu’elle dégage une présence douce, rassérénant. Agréable. Le genre qui apaise, le genre cocon. « Je suis vraiment venu pour vous remercier, vous savez. » Il saisit la boîte qu’elle a poussée vers lui et en découvre le contenu, alléché. « Et je vous remercie pour ça aussi. Vous ne le saviez pas, mais je suis affamé. » Et comme il ne le savait pas non plus, la balle est au centre.

Le silence s’étire entre eux, alors qu’ils entament leur repas à la lueur des étoiles. Il lève les yeux vers le ciel, et imagine distinguer la Cité d’Argent, là, quelque part entre Vénus et Jupiter. Sans trop savoir si elle se trouve là où ailleurs, ou même si elle existe encore. Le fait d’y être lui avait toujours suffi, il n’avait jamais eu besoin de savoir où elle se localisait vraiment. Les Templiers, eux, en revanche, n’avaient jamais cessé de poser la question.

« Vous parliez de votre mission comme un robot, tout à l’heure. Ce discours, c’est celui que les chevaliers servent pour se justifier. Pourquoi vous justifiez-vous ? Votre mission n’est qu’une obligation ? Un héritage de votre famille ? » Il s’interrompt. De nouveau, il la dévisage ; elle a le nez dans sa boîte. « Êtes-vous heureuse, au Temple ? »

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weapon : Dague du Paradis (affectueusement nommée Kısmet) héritée de son père, apte à tuer les anges et les bannis tout comme les démons lieutenants et les inférieurs.
Allegeance : Loyauté assumée envers les Templier, elle coopère cependant aisément avec les anges et ne refuse pas totalement la communication aux démons.
these streets : Cora sait tout ce qu'un Templier digne de ce nom doit savoir sur les évènements qui secouent Paris.
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Templiers

Sujet: Re: après la tempête | cora Lun 11 Juin - 21:15 ()

Après la tempête.
«  I've been trying to believe
So I'm calling on angels. »
Sa mère disait que Paris était la plus belle ville du monde. Sa mère disait qu’elle était la capitale de tous ses amours. Cora voyait en Paris les bains de sang de révolutions meurtrières. Elle y voyait la mort de son père. Elle y voyait, du haut de ses toits, les secrets de la nuit, les battements de coeur d’un peuple d’insoumis, les plumes perdues d’anges tombés du ciel. En s’asseyant là-haut, elle songe qu’elle aurait aimé pouvoir observer ce monde comme elle aime lire l’histoire entre les pages de livres ancestraux. Elle aimerait tellement s’enthousiasmer de la volonté des français à savoir, à renverser l’obscurantisme ou les pouvoirs totalitaires dissimulant à leur vue la réalité - mais elle est du côté de ceux qui couvrent d’un voile la violence de la réalité. Et ils s’assoient sur le sol, la robe blanche venant couvrir les jambes comme le feraient les pétales d’une fleur dont les épines seraient cette dague protectrice. Il est plus près qu’elle ne l’aurait envisagé, quoique pour l’heure ça ne l’embarrasse pas. « Soudoyer l’autre avec de la nourriture est le nouveau stratagème du Temple pour s’assurer que je ne vous mène pas en bateau ? » Il a ce demi-sourire charmant qui a certainement fait tomber bien des femmes. Est-ce que Tara ne l’apprécie pas parce que c’est un charmeur ? Elle envisagera de poser la question à la concernée. « Je suis vraiment venu pour vous remercier, vous savez. » Elle pousse une boîte vers lui, refusant de le priver d’une nourriture visiblement nécessaire. « Et je vous remercie pour ça aussi. Vous ne le saviez pas, mais je suis affamé. » « Je parle parfaitement bien l’estomac. LV2. » Il faut bien cela pour comprendre Noah. « Mais non. En réalité je n’invite pratiquement personne. Pas sans objectif précis. » Elle n’essaye même plus de se construire des instants plaisants, elle consacre toute son existence à chercher des réponses, à l’exception d’un soir par semaine à contempler la débauche de l’humanité à l’Opium’s Nightclub, sans en goûter elle-même les excès.

Cora apprécie le silence de la nuit, l’air frais de la ville et ses lumières abîmées, ses cicatrices aussi car ce paysage là semblait avoir été défiguré par une pauvreté nouvelle, par la violence qui s’y était déchaînée, par les néons démoniaques. Elle saisit les baguettes, pour goûter au plat, laissant son regard dévorer l’horizon. Il y’a une sensation de liberté au fait d’être en hauteur, d’être au-dessus de tout. Est-ce que les morts ressentent cela ? Etait-ce le quotidien des anges, autrefois ? Elle oublierait presque la présence de Maddox, là, tout près. « Vous parliez de votre mission comme un robot, tout à l’heure. Ce discours, c’est celui que les chevaliers servent pour se justifier. Pourquoi vous justifiez-vous ? Votre mission n’est qu’une obligation ? Un héritage de votre famille ? » Elle a le nez baissé vers sa boîte, les yeux se relevant à peine vers lui avant de fuir son regard, presque aussitôt. Elle repose les baguettes, place le contenant juste à côté d’elle. Elle a besoin d’une minute de réflexion. « Êtes-vous heureuse, au Temple ? » Que peut-elle répondre ? Il y’a tant de choses qui pèsent sur ce coeur trop jeune, tant de regrets. Elle n’est qu’un soldat dans ce chaos. Qu’un soldat au service de gradés, d’admirables chevaliers.

Elle est soudain gênée par l’intensité des billes bleues de Maddox, gênée par cette sorte de confiance qu’il lui inspire alors qu’elle devrait se taire, alors qu’elle taisait toujours la réalité dans laquelle elle vivait. Elle n’arrivait pas à en parler aisément, personne ne comprenait le poids d’une vie qui la morcèle, lentement mais sûrement. Personne ne sait ce qu’il adviendra de ce corps dont l’âme est coincée, à force de résurrection, nul ne peut prédire ce que l’esprit pourra supporter. Nul ne cherche sinon elle, en réalité. « Dans ma famille, on a longtemps cru en la destinée. J’ai appris à accepter ce que la vie plaçait sur mon chemin. Il n’est pas question de bonheur ou de désirs, monsieur Cartier. Il est question d’honneur et de loyauté. Si chacun sur cette planète se mettait à ne suivre que ses envies primaires, alors ce serait l’anarchie. Et l’anarchie est l’ennemie des grandes nations, des hauts faits et de la paix. » Ses frères n’avaient pas forcément retenu les mêmes leçon qu’elle, ils avaient eu chacun leur enseignement de la part d’Aymeric, formant trois aspects à recruter pour l’Ordre : le combattant, l’enquêteur et l’historienne. L’Histoire ne retient rien, l’Histoire se répète, encore et toujours, dans ses drames, dans ses horreurs, mais l’Histoire se contemple aussi avec détachement pour être interrogée, l’Histoire est conseillère, conscience des hommes - sans passé, aucun avenir. Mais l’Histoire, c’est aussi celle qu’on brûle et qu’on piétine pour renverser les villes, les civilisations. Etait-ce ce que le paternel avait désiré montrer, voulait-il d’elle toute cette ambiguïté, cette envie de juger et guider ? Elle n’en saurait jamais rien. « C’était ce que je croyais, avant. La mort m’a abandonnée, sans même le vouloir, alors qu’importe l’avenir ou la destinée. Que Paris sombre, se noie, brûle à feu et à sang, je ne fais plus partie des mortels. Le bonheur n’est fait que pour les vivants ou les élus de Dieu. » Et elle n’est plus vraiment l’un, quand elle n’est pas du tout l’autre. La nourriture est laissée de côté, les yeux momentanément tournés vers l’homme s’en détachant encore, préférant cet horizon fabuleux. La Cité d’Argent ne répondrait jamais. Les Enfers lui ouvriraient-ils leurs portes ?

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the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Anges

Sujet: Re: après la tempête | cora Jeu 14 Juin - 16:59 ()
Elle parle comme lui.

Il se souvient de la première fois qu’il l’a entendue. Elle ne parlait pas en son nom, ce jour-là. Il a été choqué de découvrir qu’un être humain était capable de mettre toute son âme dans une prière dont le bénéfice ne lui était pas destiné, et c’est avec un œil intéressé qu’il avait commencé à la suivre, de Là-haut. Il l’avait observée une fois, cent fois, mille fois, et ne l’a jamais entendue se plaindre de son destin. Franchir les obstacles un à un, sans même se poser la moindre question sur ce qu’elle a envie, ou ce qu’elle désire ; avancer selon un chemin tracé pour elle, sans même se préoccuper de son intérêt. Il en avait connu, autrefois, des Templiers de cette trempe, des êtres d’une grande rareté lorsqu’ils ont troqué leur noble mission pour une moralité puritaine.

Mais il n’y a aucune passion. Elle n’y croit pas ; elle n’y croit plus.

Son cœur se contracte, tombe un peu dans sa poitrine. Le silence les enveloppe comme la brise murmure sur les toits de Paris. Il mange, sans véritable appétit, l’œil au vague, les pensées emmêlées. Ecouter, comprendre, compatir, raisonner, décider. Un credo d’archange, que malgré bien des remontrances et des reproches incessants, il a toujours suivi ; seulement, il n’a jamais écouté que ceux qui le méritaient. Et Cora le mérite. Son âme, il l’a caressé du bout des doigts, de Là-haut ; il l’a éprouvée jusqu’à l’abîme où Mort n’a su la sauver. Elle n’est ni vivante, ni l’élue de Dieu ? Si elle savait. Vivante ; elle est immortelle. Elue de Dieu, non ; mais de lui, elle l’est. Distinguée parmi tant d’autres.

Il pose son carton à ses côtés, tourne vers elle ses prunelles claires. Une telle peine dans sa voix, dans son regard, dans ses gestes affectés, est un supplice. Il l’observe et ressent l’irrésistible envie de la prendre dans ses bras, de la serrer contre lui et de nicher sa tête dans le creux de son cou, qu’elle écoute son cœur, sa respiration et s’apaise à leurs rythmes ; mais il se contente de toucher son épaule, doucement, pas beaucoup, juste poser l’empreinte de sa chaleur sur elle. Et ce genre de réaction lui est encore si étrange, si drôle pour l’archange qui n’a jamais éprouvé le besoin d’éprouver, justement. Le contact est un remède purement humain, qu’il ne comprend pas ; mais qu’il ne maîtrise pas, une fois encore.

« Vous êtes vivante. Et sans doute plus humaine que n’importe qui au Temple, ou à Paris. » Tout ce qu’il a pu voir, en cinq années, tous ces souvenirs qu’il a emmagasiné bien contre sa volonté ; à guider l’humanité, il n’a pas vu que la déchéance humaine à l’échelle individuelle. Qu’avaient fait ses Gardiens, tout ce temps ? Tant de colère, de haine, d’égoïsme, d’individualisme, de détachement, de paresse, jusqu’au désintérêt de son propre avenir, de son propre destin, et plus encore celui de sa race. « Que vous n’y croyez pas n’enlève rien à cette réalité. Le bonheur… » Il s’interrompt. Il ramène sa main près de lui, détache son regard d’elle. Le bonheur. Tiens donc, le bonheur, Destin aurait-il une opinion à ce sujet ? Même le mot roule mal sur sa langue, même humaine. « Je ne m’y connais pas trop en bonheur, en vérité. Mais, pour ce que j’en sais, personne n’a jamais été condamné pour être heureux. Au moins un peu. Même les morts ont ce droit : des funérailles à leur mesure, des cérémonies à n’en plus finir, des hommages plus longs que leurs vies… Même les anges et les démons, ni vivants ni morts, y prétendent aujourd’hui. Pourquoi pas vous ? » Il l’observe de nouveau. Il se sent fébrile, concerné. Il n’aime pas le ton de sa voix, lorsqu’elle parle de sa condition, il n’aime pas l’éclat dans ses yeux, lorsqu’elle songe à sa condition. Bien sûr que tout serait plus simple, si elle était morte ce jour-là. Mais comme pour tout autre chose, il a pris son pli, et à cet instant, ne souhaite rien de plus qu’elle fasse de même. « A moins que vous estimiez que c’est là encore votre destin, et qu’il vous faut faire avec. »

Car Cora est une de ces âmes les plus nobles qu’il ait pu rencontrer. Quand la vanité se complaît dans son luxe, quelle justice la condamnerait, elle, à errer dans la souffrance ?

C’est alors qu’il se surprend à ressentir tant d’empathie, tant de compassion qu’il en a le cœur brûlant. Il le sent battre, dans sa poitrine, et comme chaque fois qu’il en prend conscience, il a mal. Lui qui a vécu une éternité, des siècles et des siècles, sans ce battement, ce tambour, des années d’humanité n’ont pas suffi à l’y habituer. Et faire passer la douleur, surprenante, et parfois réconfortante. La passion. La passion d’Absolem ; la passion de Maddox. Il se frotte le visage, tentant de reprendre une contenance, sans grand succès.

Cette jeune fille, là, fait naître en lui une telle combativité, comme il en a connu que rarement. Destin s’est toujours battu pour l’Humanité, dans un but qui a toujours transcendé le simple bonheur de ses membres. Le bonheur était, pour lui, quelque chose de subsidiaire, une mission du ressort de ses Gardiens, un travail à la portée des humains. Il ne s’est jamais vraiment penché sur le bonheur des humains dont il s’est fait le berger, au point d’en hériter une réputation d’insensible, d’archange sans cœur. A quelques exceptions. A quelques exceptions, où il a béni des âmes, des cœurs pour le leur inspirer. Des êtres d’exception. Des êtres au sein de son cœur.

Cora a abandonné sa bénédiction.

Il se rencogne contre le mur qui lui sert de dossier. Il triture ses doigts, sa chevalière en acier qui orne son annulaire.

« Le destin est un fardeau, mais il appartient à chacun d’en faire un cadeau. » Et il ne sait pas pour qui il parle ; pour elle, ou pour lui.

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Sujet: Re: après la tempête | cora Jeu 14 Juin - 21:28 ()

Après la tempête.
«  I've been trying to believe
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« Vous êtes vivante. Et sans doute plus humaine que n’importe qui au Temple, ou à Paris. » Elle a un rire bref, de ceux, désabusés, qui n’y croient pas. Elle relève cependant les yeux vers lui, sans l’empêcher d’initier et conserver ce contact sur son épaule. Elle voudrait tant que ce baume reste sur son coeur mais elle broie mentalement cet espoir idiot, brusque et indigne. « Que vous n’y croyez pas n’enlève rien à cette réalité. Le bonheur… » Et il rompt ce même contact sans qu’elle ne consente à bouger, laissée perplexe par l’initiative. Elle écoute, muette. « Je ne m’y connais pas trop en bonheur, en vérité. Mais, pour ce que j’en sais, personne n’a jamais été condamné pour être heureux. Au moins un peu. » Il a raison. Il a raison mais elle ne ressent pas les évènements ainsi, elle ne ressent pas tout ce chaos comme une incitation à chercher le bonheur. « Même les morts ont ce droit : des funérailles à leur mesure, des cérémonies à n’en plus finir, des hommages plus longs que leurs vies… Même les anges et les démons, ni vivants ni morts, y prétendent aujourd’hui. Pourquoi pas vous ? » C’est comme une vague qui la submerge, comme un tsunami qui l’écrase. Ca la noie toute entière dans un flash.

…*…

Du sang partout dans la salle de bains, qui se mêle à l’eau sous ses pieds. La robe qui colle contre son enveloppe charnelle et le noir qui semble la poursuivre dans ses tentatives désespérées de s’en arracher. L’âme qui se débat contre le vide, contre le rien qui menace de l’avaler. Le flou de son regard, de ses pensées, ce hurlement de détresse quand elle tombe à genoux près du corps d’Elias. La solitude soudaine, cet autre qu’on lui enlève, celui qui avait grandi en miroir déformé à ses côtés. La cérémonie qui n’avait mené qu’un cercueil à la tombe - pas le sien.

…*…

« A moins que vous estimiez que c’est là encore votre destin, et qu’il vous faut faire avec. » Cora cligne des yeux, la mort au fond des prunelles, glaciale le temps d’un battement de cils. Elle ne sait pas. Elle n’est ni morte ni vivante, elle se sent oppressée par sa réalité, par ce flottement qui s’éprend d’elle toujours plus souvent, par ces nuits d’angoisse, de solitude. « Le destin est un fardeau, mais il appartient à chacun d’en faire un cadeau. » « Et si lui aussi m’avait abandonné.. ? » Ca s’extirpe des lèvres avec une tristesse profonde que les billes vertes ne peuvent pas dissimuler derrière un mur de mensonges. « Pourquoi croire qu’il aurait le temps pour chaque âme de cette planète ? Je ne peux le remercier que de m’avoir offert l’occasion de connaître un jumeau comme celui que j’avais. Le remercier de m’avoir donné une enfance facile, un début de route confortable. Le reste.. c’est sûrement ma faute. Ou une nécessité. A vrai dire je ne sais pas quoi en penser. » Elle a un sourire qui meurt dans un soupir, passant la main dans ses cheveux. « J’ai souvent envie de le maudire, parce que tout ceci est trop.. difficile. Mais qui accuser si même la Mort et le Destin ne sont pas responsables, si ce n’est que le hasard à leurs yeux ? Mes péchés, sans doute, qu’importe si je les ignore. » Elle prend le temps de verser, dans deux verres en plastique, du soda puis en bois une gorgée. La chevalière attire son attention. La maison Cartier et son talent, sa marque dans l’univers de la mode, du luxe presque indécent. Sa mère lui faisait porter des ‘’babioles’’ Cartier avant qu’elle n’ait l’âge de stopper cette lubie. C’était certes beau mais elle n’était pas mannequin. « Qui êtes-vous vraiment ? » La question tombe sans agressivité. Une pause s’étire durant laquelle elle l’observe avec sérieux. « Vous avez trouvé normal l’idée que je ne meure pas. Vous n’êtes pas un Templier, à l’évidence, vos interrogations ne sont pas les leurs. Un Démon n’aurait pas envisagé la question sous cet angle, j’en conclus que vous êtes un ange. Est-ce que je fais erreur, Maddox ? »

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nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Sujet: Re: après la tempête | cora Mar 19 Juin - 18:03 ()
Il y a un moment de flottement. Puis un sourire vient jouer sur ses lèvres, face à sa propre bêtise.

Il ne se sent pas piégé, pourtant. Après tout, il était venu avec l’idée qu’elle n’ignorait rien de lui ; son identité, sa position, il n’a jamais eu l’intention de les lui dissimuler, même après avoir pris une décision différente sur un coup de tête. « Non, vous ne faîtes pas erreur. » Il attrape son gobelet et joue avec un instant, contemplant les bulles du soda remonter et exploser à la surface. « En fait, je pensais même que comme le reste du Temple, vous saviez qui j’étais. Le fait que ce ne soit pas le cas m’a… perturbé. » Et c’était peu de le dire. Il repose son gobelet sans en avoir bu la moindre goutte et se sent grand, imposant et inutile. Il n’y a rien sur les toits pour distraire son attention ou celle de Cora, il n’y a qu’eux, des reliefs de repas et des confessions à peine voilées. Et pourtant, ce n’est pas désagréable. C’est étrange, mais ce n’est pas désagréable. Pas plus qu’il y a eu la moindre trace d’agressivité dans ses propos. Pour une fois, pour la seule fois dans sa pénible existence d’humain, Absolem n’éprouve de réticence à être lui-même.

« Je suis Absolem, l’archange de la sphère du Destin. » A la mention de son nom, de son vrai nom, de ce nom de baptême céleste, il sent un frisson lui parcourir l’échine, une brûlure s’attarder là où aurait dû se trouver ses ailes. Ses yeux, auparavant des billes de verre, s’emplissent d’une encre noire comme la nuit. Il les baisse, le temps qu’ils retrouvent leur aspect humain. « Et je ne vous ai pas abandonné. » La phrase est sortie avant même qu’il n’y pense. Dans tout ce qu’elle a pu dire, dans tout ce qu’elle a pu sous-entendre, c’était ça qui l’avait frappé et amoché. Non, il ne l’a jamais abandonnée. Il a des torts, nombre de raisons d’être détesté par ses pairs, mais celui-là, Seigneur non, il ne l’a pas. « J’ai peut-être menti sur mon identité, mais tout ce que j’ai pu vous dire, j’étais sincère. Je sais que ça peut paraître difficile à croire, et vous ne seriez pas la première : ici, ils me haïssent parce que j’ai refusé de changer pour ménager leur susceptibilité. Ils me croient tous responsables de leurs malheurs. Mais si je suis coupable de m’être occupé de quelqu’un, c’est uniquement de vous. » Il se lève. Il se sent trop grand, trop imposant et trop inutile pour rester assis.

Il enfonce les mains dans ses poches et fait quelques pas, au hasard. Il songe de nouveau au jour où il l’a repérée, au jour également, où il s’est rendu que sa bénédiction était entre ses mains. Comme s’il l’avait deviné, comme si c’était… son destin. Les de Fontanges, ses soldats, cette famille qui s’est distinguée parmi toutes les autres. Leur volonté, avec le temps, s’était émoussée, au contact de la toute nouvelle et toute neuve moralité du Temple. Il avait fini par les oublier. Pas sa bénédiction. « Je ne m’occupe pas des destins de chacun, c’est vrai. Je n’ai pas été créé pour ça. Mais certains humains, parmi tous les autres, se démarquent. C’a été votre cas. » Il s’adosse à une cheminée et lève enfin les yeux vers elle. Il ne sait pas vraiment pourquoi il dit tout ça. Il aurait pu se contenter de lui dire qu’il était Absolem et elle en aurait tiré son parti, comme tout le monde. Il ne peut pourtant pas s’empêcher de continuer. « Vous êtes un vrai Templier. De ceux qui sont des mythes, aujourd’hui. De ceux qui méritent leur titre. » Il s’interrompt, tente de mettre un peu d’ordre dans ses idées. Il songe à ce qu’elle lui a dit, sur son retour d’entre les morts, et songe à son propre désarroi quand son âme ne lui est jamais parvenue, ce jour qu’Azraël avait pourtant planifié. Un jour horrible, terrible. « Je suis vraiment désolé, pour… pour lui. » Il passe une main dans ses cheveux. Si Azraël et lui avaient eu le choix, ça ne se serait pas passé ainsi. Mais la nature humaine a toujours défié Mort et Destin. Depuis sa naissance, elle a été un enfant terrible, incapable de se soumettre aux puissances supérieures et fière de pouvoir lui faire un pied de nez à la moindre occasion. Cora en avait été une terrible preuve. « Ca n’aurait pas dû se passer comme ça. Et ce n’est pas votre faute. » Il marque une nouvelle pause. « Ce n’est la faute de personne. » Il ne lui dit pas qu’il ignore pourquoi elle ne peut mourir : elle le sait déjà.

Il laisse le silence s’étirer entre eux, afin qu’elle puisse digérer ses déclarations. Il s’attend presque à ce que soudainement, elle change d’avis et décide de faire comme le reste du monde : le haïr et l’agonir d’injures. Il en est presque persuadé que tout son corps est préparé à recevoir la moindre de ses remarques. Mais rien ne vient. Alors, il se décolle de la cheminée, s’approche et s’accroupit devant elle. Il n’a pas l’indélicatesse de la toucher, mais pointe du doigt sa cuisse. « Votre dague. Il y a des siècles, je l’ai bénie, pour votre famille. J’ai merdé, c’est vrai, mais je ne vous ai pas abandonnée. » Il s’assoit, face à elle. Il se mordille un peu la lèvre. « Est-ce que… est-ce que je peux la prendre en main ? »

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Sujet: Re: après la tempête | cora Mar 19 Juin - 21:15 ()

Après la tempête.
«  I've been trying to believe
So I'm calling on angels. »
« Je suis Absolem, l’archange de la sphère du Destin. » On ne peut pas s’imaginer l’effet que cela fait. On ne peut pas envisager la seule idée que l’Archange du Destin vienne un jour croiser votre route sans que ce soit pour un reproche, un drame, pour accomplir une tâche difficile. Les Templiers ne sont pas étrangers à la présence des anges, ils les savent présents, rôdant dans des hôtes, des millénaires d’existence dans la tête. Elle ignore pourquoi elle reste interdite, Cora. Elle ignore pourquoi elle se sent soudain si flottante. « Et je ne vous ai pas abandonné. » Elle pense à Azraël, elle pense à ce qu’il se passe quand ses prières sont entendues. Elle n’a pas pensé à le prier lui. On ne peut pas s’imaginer combien c’est douloureux quand le Destin lui-même n’est pas la raison de toutes les embûches sur un chemin. Absolem, elle trouve que c’est doux, que ça siffle un peu sur la langue, comme tranche l’épée de la nécessité, mais ça enveloppe d’une forme de délicatesse les syllabes qui se détachent. Elle n’arrive plus ni à réfléchir ni à bouger, parce que son coeur s’est compressé, s’est broyé dans sa poitrine et fait remonter un torrent émotionnel qu’elle n’arrive que très mal à contenir. Elle reste assise, simulant une froideur un peu digne qu’elle ne ressent pas, qui n’est qu’un simulacre de ce qu’elle voudrait être face à lui, face à celui qui fait tomber les nations et qu’elle a peut-être blessé par son imprudence, sa bêtise. « J’ai peut-être menti sur mon identité, mais tout ce que j’ai pu vous dire, j’étais sincère. Je sais que ça peut paraître difficile à croire, et vous ne seriez pas la première : ici, ils me haïssent parce que j’ai refusé de changer pour ménager leur susceptibilité. » Elle ne détache pas ses prunelles de cet homme qu’elle n’imaginait pas ainsi, de celui qui avait si bien su apaiser d’un toucher sur son épaule qu’elle l’avait envisagé Guérisseur, Compassion, agent d’Empathie ou messager d’Espoir, qu’elle ne l'a pas vu comme celui qu’elle pensait si loin d’elle, si loin de savoir qu’un jour, le Hasard l’avait fait naître. « Ils me croient tous responsables de leurs malheurs. Mais si je suis coupable de m’être occupé de quelqu’un, c’est uniquement de vous. » Pourquoi ? Il bouge, elle fixe ces toits de Paris qui n’ont plus le romantisme que leur prête le monde. Il s’adosse à une cheminée, parle, explique mais elle a le souffle suspendu, les yeux verts refusant de croiser les billes claires. « Vous êtes un vrai Templier. De ceux qui sont des mythes, aujourd’hui. De ceux qui méritent leur titre. » Pourquoi ? Zakariah vaut tellement plus qu’elle, Zakariah est Chevalier, Zakariah a voué sa jeunesse à rendre leur père fier, ses choix se sont tous dirigés vers une évolution rapide au sein de l’Ordre. Et Noah, ô Noah était le frère le plus aimant et protecteur qui soit, un Templier dévoué qui passait ses nuits à inventer de quoi protéger le Secret. Noah avait un coeur pur, un vrai, un coeur fort aussi. Elle.. elle n’était plus qu’une faille, un trou béant noyé de désespoir. « Je suis vraiment désolé, pour… pour lui. » Ca lui perce l’âme, ça raye les contours de la raison, ça la blesse avec une violence indescriptible mais elle parvient à faire tenir le barrage, envers et contre tout, elle serre ses doigts sur les contours de la dague rangée dans le fourreau. « Ca n’aurait pas dû se passer comme ça. Et ce n’est pas votre faute. Ce n’est la faute de personne. »

Le décor semble tanguer quelques secondes avant qu’elle n’inspire profondément mais aussitôt, les larmes roulent sur les joues pâles. Elle avait raison : Destin ne sait pas. Alors qui ? Pourquoi ? Elle est naufragée sur une île sans personne avec elle, sans personne pour rassurer vraiment ou comprendre, parce qu’elle est seule, semble-t-il, avec ce fardeau sur les épaules. Ou se noyaient ses promesses, sa jeunesse ? Vers où allait se tourner la si jeune femme qui avait voulu, un jour, changer le monde, réécrire les étoiles elles-mêmes s’il avait fallu le faire ? Où s’était envolée celle qui acceptait le chemin tout tracé par des forces qui la dépassaient ? Allait-elle brûler seule sous le soleil de l'abandon ? Il revient, s’accroupit devant elle. Les prunelles embuées croisent celles de l’Archange, sans haine, sans reproche, sans violence. « Votre dague. Il y a des siècles, je l’ai bénie, pour votre famille. J’ai merdé, c’est vrai, mais je ne vous ai pas abandonnée. » Elle a toujours les doigts dessus. Elle était plus rassurée quand l’arme était près d’elle et ce depuis le jour où elle l’avait héritée de son père, parce que Noah y préférait les balles. « Est-ce que… est-ce que je peux la prendre en main ? » Elle bouge enfin, extirpe la lame de la prison de cuir pour la tendre délicatement à Absolem. Elle avait extrêmement bien vieilli et chaque membre de la famille l’ayant manipulé semble en avoir pris un grand soin, sur des générations. Elle avait parfois dormi longtemps sur un mur, exposée dans des vitrines ou protégée dans des meubles mais elle n’avait jamais été malmenée, toujours soignée. Cora n’échappait pas à la règle bien qu’elle ait choisi de s’en servir quasi exclusivement à distance, en éprouvant sa solidité sans faille. « Merci.. » finit-elle par souffler après de longues secondes de silence supplémentaire. « Pour votre bénédiction. » Elle est un peu confuse en essayant les larmes d’un revers de la main, ayant eu la bonne idée de ne pas avoir mis de mascara ce jour-là. « Je.. ne me suis pas présentée mais j’imagine que c’est inutile. » Elle a un rire un peu nerveux, passe les doigts dans ses propres cheveux, tentant de reprendre contenance. Elle doit paraître absolument ridicule, à pleurer ainsi sans raison. A avoir si mal au coeur quand rien de grave ne se joue, quand aucun réel drame ne la percute. « Merci d’avoir cru en moi.. même si je vous ai déçu. » Oh elle n’en doute pas une seconde, de la déception qu’il a dû ressentir à voir ce qu’elle était devenue, à voir combien sa Foi se heurtait à la Mort qui se refusait à elle. Les doigts de la jeune femme viennent effleurer le dos de la main d’Absolem avec toute la douceur dont elle est capable, une forme de tendresse aussi réelle que profonde, parce que si elle pleure, si elle s’effondre, il a fait une offrande inestimable. Et il est venu. « Merci d’avoir essayé mais je n’aurai pas l’audace d’apprendre au Destin que certaines causes sont perdues, qu’il faut changer de route. » Elle a un sourire triste mais le regard reste là, plongé dans le sien. « Qui sait ? Peut-être Dieu juge-t-il que je mérite une punition à la hauteur d’un crime sur lequel je ne mets pas de mots ? Peut-être vais-je en commettre un et tout, alors, prendra son sens. Mais je promets de ne pas vous accuser. » Au même titre qu’Azraël, il était étranger à son sort, il n’en était ni la cause ni le salut. « Je chuterai seule comme nombre d’âmes humaines incapables de gérer les épreuves imposées. » Et elle l’accepterait, car elle est ainsi faite, à rager, à se révolter mais à toujours finir par accepter. « Et vous n’y pourrez rien, Absolem. Et je ne vous en blâmerai pas. »

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