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 destins | estelle
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legends never die : archange du destin, père des révolutions, prince des ères et des âges. De son souvenir, Absolem occupe ce poste depuis sa création et s’est toujours tué à sa tâche, jouant aux échecs avec les forces démoniaques pour tirer les humains vers les meilleures décisions pour leur avenir. Il est l’instigateur des royaumes, des empires et des démocraties, mais également de nombreuses batailles sanglantes et de lourds sacrifices. Il est connu pour son tempérament uni, implacable, et taxé de cruauté pour son manque d’empathie envers l’humanité qu’il s’efforce pourtant toujours d’emmener vers le meilleur. Il fait ce qu’il a à faire : il s’en donne tous les moyens
the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Anges

Sujet: destins | estelle Ven 8 Juin - 18:46 ()
Lorsqu’il arrive au bar, il n’a aucune intention de boire. Il se plante devant elle et lui attrape la main par-dessus le bois verni pour qu’elle ne s’enfuie pas.

« S’il te plaît. »

Il plante ses prunelles dans les siennes, et quelques secondes s’écoulent ainsi, alors qu’il s’accroche à son regard, à ses doigts qu’il tient dans les siens. Il y raffermit sa prise, les enfermant dans sa grande paume rendue un peu calleuse par la pratique de l’équitation de l’homme dont il a pris la place. Il a l’impression de tenter d’apprivoiser un animal farouche, blessé, et c’est sans doute le cas : il n’a pas oublié. Il n’a pas oublié cette dernière soirée, qu’ils ont passée dans une boîte de nuit ; il n’a pas oublié leur danse, il n’a pas oublié leur proximité, la sensation de son corps contre le sien, et cette intensité qui l’avait attrapé au corps pour le rendre fébrile, nerveux, comme affamé. Ces sensations le tourmentent encore. Encore et encore.

Le temps avait fui avant qu’il n’ait pu la revoir. Il y a eu l’avion accidenté et ce miracle aux yeux des hommes, quand ceux des anges voyaient l’arrivée des dieux sur Terre, ces entités qu’ils avaient bannies, il y a si longtemps, ces entités dont ils avaient pris la place, il y a si longtemps. Il y a eu la convocation de Gabriel, et la traque sans merci de ceux qui s’étaient infiltrés dans leurs rangs. Et puis, il y a eu l’inauguration du Panthéon, et ses drames à répétition. Astrid, blessée, dans ses bras. Et son cœur, qu’il n’avait jamais senti battre avec autant de force, qui lui avait fait si mal, si mal. Et tous ces trucs, toutes ces réactions, tous ces comportements qu’il avait, qui n’étaient pas siens mais en fait si, parce que c’était bien lui qui les ressentait, qui les accomplissait, et tous ces moments où il ne pouvait ignorer qu’il était humain, humain de jour en jour, toujours un peu plus. Reconnaître qu’il ne pouvait pas échapper tout cela, qu’il ne pouvait pas éviter tout cela, et qu’il devait vivre avec, faire avec. Qu’il devait composer avec.

C’est pour ça qu’il est là, ce soir, sobre, qu’il n’a rien pris ou rien bu, qu’il a traversé la salle de jeux sans même jeter un regard aux tables. Depuis le temps qu’il la voyait derrière le bar, il connaît à peu près ses horaires, mais malgré ça, il a ressenti un tel soulagement de voir qu’elle est là, effectivement là, vraiment là. Il ne s’est pas laissé une seconde pour réfléchir, et lui avait attrapé la main. Et sa chaleur dans la sienne lui faisait tout drôle, parce qu’il a l’impression qu’il a retrouvé quelque chose qui lui avait terriblement manqué.

« Je veux m’expliquer. S’il te plaît. »

L’ange et l’humain parlent d’une même voix : la volonté de Destin, l’incertitude de Maddox. Il ne lâche pas son regard, pas une seconde. Et il ne laisse qu’une seconde avant d’enchaîner.

« Je voulais t’embrasser. Je sais que je n’aurais pas dû te laisser en plan, comme ça, pour cette raison, mais je voulais t’embrasser… mais je ne voulais pas le faire en étant soûl. »

Il marque une pause. Son cœur cogne dans sa poitrine, il bat la chamade, il ne se sent pas vraiment bien et surtout, il se sent vraiment ridicule, misérable. Lui qui a toujours eu le courage de prendre des décisions difficiles et de les assumer perdait toute assurance devant cette femme qui l’avait rendu, une soirée, vulnérable, et qui, depuis, ne cessait de le hanter. Peut-être qu’il aurait pu s’y faire. peut-être qu’il aurait pu attendre que ça passe, et revenir un peu plus tard et être un connard, comme il savait si bien le faire, et la voir partir, comme tous les autres l’avaient un jour quitté, comme Vezadkiel lui avait tourné le dos. Il se disait qu’il avait l’habitude, après tout ça. Mais l’humain n’était pas d’accord. Il n’était pas d’accord, parce que c’était trop. Les dieux, sur Terre, menaçant leur équilibré et leur jeu d’échecs éternel. Le climat de défiance dans leurs rangs, et les démons qui en profitaient. Sabba, qui s’absentait de plus en plus et le saignait à blanc d’inquiétude lorsqu’elle rentrait à des heures indues ou le laissait sans nouvelles durant plusieurs jours. Et Astrid. Astrid, pour qui il avait eu si peur. C’était trop. Tout était trop. Et Estelle, Estelle il pouvait lui dire. Il pouvait faire sauter la barrière. Il pouvait faire quelque chose.

Il pouvait accomplir, ou se faire jeter. Et il en tremblait, mais il pouvait.

« C’est stupide, je m’en rends compte, mais tu mérites mieux qu’un mec qui t’embrasse en étant à moitié conscient de ce qu’il fait. J’ai vraiment… vraiment aimé cette soirée, avec toi, et je suis désolé de la façon dont elle s’est terminée. »

Voilà. Il a tout libéré d’une traite, il a l’impression d’avoir couru un marathon, mais c’est dit. Il lui lâche la main, mais après l’avoir posée sur le bar et tient la sienne pas loin d’elle ; leurs doigts ne sont séparés que d’un centimètre. Il s’appuie sur sa main sur le bar et enfin, rompt le contact visuel. Il n’a pas l’intention de s’enfuir, pas cette fois, mais il ne peut empêcher la crainte de le posséder.

« Maintenant, t’en fais ce que tu veux. »

L’archange peut être quitté : il ne ressent pas autant de sentiments. Mais l’humain, c’est une autre histoire. Une toute autre histoire.

@Estelle T. Delerne
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Souffle de connaissance : Capacité d'insuffler la connaissance de son destin à une personne par la pensée. En règle générale, elle choisit de ne montrer que quelques bribes de ce futur prévu, ce dernier n'étant pas définitivement scellé.
Manipulation de l'espace temps : Contrôle du temps (ralentir, accélérer, arrêter ou voyager dans celui-ci) ; mais aussi de l'espace par la téléportation. Ce pouvoir nécessite une intense concentration et l'affaiblit profondément lorsqu'elle l'utilise.
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Dieux

Sujet: Re: destins | estelle Mar 12 Juin - 10:02 ()
Destins


Elle avait senti une présence s'approcher. Installée derrière le bar, occupée à ranger quelques verres, elle avait plus ou moins vu de loin quelqu'un arriver vers elle. Certainement un client qui voulait commander à boire. Quand il avait été suffisamment proche, la brune avait fini par relever les yeux pour les poser sur ce qu'elle avait pris pour un simple client. Ah. Maddox. Voilà un moment qu'il n'était pas venu traîner par ici, lui qui pourtant était jadis pratiquement un habitué. Mais il n'était pas venu depuis longtemps. Pas depuis qu'ils avaient passé une soirée ensemble à vrai dire, en dehors de ce casino, dans une boîte de nuit, et qu'ils avaient partagé une unique danse. Alors, s'il ne venait plus au casino aussi souvent qu'il en avait l'habitude, et depuis cette soirée, elle en avait déduit que c'était certainement parce qu'il l'évitait. Soit. Elle n'avait pas cherché à reprendre contact. Ce n'était pas à elle de le faire. Ce n'était pas elle qui l'avait planté sur la piste. Elle, avait eu la politesse de lui annoncer qu'elle rentrait chez elle. Elle ne savait toujours pas pourquoi il avait réagi ainsi mais elle avait eu d'autres chats à fouetter entre temps...

Lasse de ne pas voir Zeus lever le petit doigt, elle avait rejoint la déesse de l'Anarchie et l'avait suivie dans son idée de détruire l'Assemblée Nationale. Elle l'avait aidée à soulever la foule, à les guider dans le bâtiment politique, à saccager la salle, à commencer à y mettre le feu. La police les avait escortés à l'extérieur et, voyant que ce n'était pas suffisant, elle avait fait ce qu'elle n'avait plus fait depuis longtemps. Elle avait changé un destin. Dévié le cours de la vie d'un pilote d'hélicoptère pour que celui-ci n'atterrisse sur l'Assemblée. Le bâtiment avait été en grande partie détruit, l'affaire avait fait du bruit. Très affaiblie par cette démonstration, elle en avait subi les conséquences. Avait dû se faire soigner par Hébé pour ne pas rester paralysée trop longtemps. Ses avant-bras, brûlés par l'effort, avaient mis plus longtemps à se guérir. Mais au moins avait-elle agi pour eux, pour que les humains croient de nouveau en eux, en une force supérieure. Elle avait bien sûre fait profil bas par la suite, pour ne pas se faire repérer. Et puis, les anciens dieux étaient revenus, amenés par ce crash d'avion. Et eux n'avaient que faire de se cacher, fou de rage et languissant d'une vengeance pour ceux qui les avaient enfermés aussi longtemps.

Plus les jours passaient et plus Tyché songeait qu'elle devrait faire comme eux. Ne plus se cacher. Révéler qui elle était au grand jour. Que les humains la prient de leur apporter la chance et un destin favorable plutôt que le malheur. Qu'ils la craignent un peu, qu'ils se montrent un peu miséricordieux, qu'ils se rendent compte qu'ils n'étaient pas grand chose et que c'était eux, les dieux, qui décidaient pour eux. Chaque jour, ce feu brûlait un peu plus ardemment en elle mais elle était parvenue à le contenir jusque-là. Parce qu'elle était tout de même incognito dans ce corps, à ce poste de serveuse. Mais elle le sentait, cela ne lui suffirait pas longtemps... Déjà, elle envisageait de s'élever et de n'être plus qu'une vulgaire serveuse. Commençait à déplacer ses pions pour atteindre son but. Mais pour l'heure, elle était toujours derrière le bar et Maddox venait de lui attraper la main en la suppliant. De... quoi ? Elle aurait pu se dégager. Il avait beau être un homme et avoir des mains plus fortes que les siennes, elle était une déesse et aurait pu se libérer sans le moindre effort. Elle ne le fit pas. Quelque chose dans son attitude différait des autres fois. Alors elle attendit, l'écouta. Le regard curieux bien qu'un peu méfiant.

Il voulait s'expliquer. Hum. Il était peut-être un peu tard, non ? Et elle se rendit alors compte de ce qui était différent. Il n'était pas dans un état second. Il semblait avoir pleinement conscience de ses mouvements, de ses paroles ; n'était pas sous l'emprise d'une quelconque substance qui aurait pu lui obscurcir les idées. Il était sobre. Elle eut à peine le temps de réaliser cette vérité avant qu'il n'enchaîne, lui révélant enfin pourquoi il l'avait abandonnée sur place ce soir-là. Il voulait l'embrasser. Oh. Comme un puzzle, les pièces finirent par s'assembler. Elle repassa mentalement leur soirée, ses réactions et finit par comprendre. Elle se trouva un peu idiote, aussi, de n'avoir pas réaliser tout de suite. C'était pourtant évident maintenant qu'il le disait... Mais elle était une déesse qui, malgré ces quelques années passées dans ce corps d'humaine, ne saisissait pas encore toutes les subtilités des émotions humaines. Pas plus que lui d'ailleurs, puisqu'il n'était lui non plus pas tout à fait humain...

Il avait donc voulu l'embrasser, mais pas en étant alcoolisé. Une seconde, ses sourcils se froncèrent. Et pourquoi non ? Pour la déesse joueuse qu'elle était, difficile d'imaginer se retenir. Qu'est-ce que cela pouvait bien faire, qu'il ait un peu bu ou non ? Maintenant qu'il le disait, elle ne pensait pas qu'elle l'aurait repoussé s'il avait suivi ses envies, ce soir-là. Parce qu'elle vivait l'instant présent et ne faisait elle aussi que servir ses désirs. Une seconde, elle lui en voulut de n'avoir pas assumé. Jusqu'à ce qu'il ne poursuive, la regardant droit dans les yeux en lui annonçant qu'elle méritait mieux qu'un tel comportement. La colère s'atténua. Même si elle pensait que c'était à elle de juger ce qu'elle méritait ou non, elle ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir voulu être... correct. Et toute rancœur se dissipa lorsqu'il lui avoua avoir aimé cette soirée, s'excusant de la manière dont elle s'était terminée. Ses pupilles claires finirent par le lâcher pour se poser sur leurs mains. Elle n'avait même pas réalisé qu'il tenait toujours la sienne. Libérée de ses mouvements, elle releva la tête vers lui comme il semblait ne plus savoir où se mettre maintenant qu'il avait terminé, qu'il s'était expliqué.

Elle faisait ce qu'elle voulait de cette déclaration. Mais c'était bien là le problème. Un maelstrom de sentiments et de sensations se mélangeaient à l'intérieur d'elle et elle ne savait pas trop les gérer, que penser, que faire ni que dire. Qu'attendait-il au juste ? Qu'espérait-il ? Maintenant qu'il venait de lui dévoiler tout ça, qu'est-ce qu'il voulait d'elle ? Qu'elle le pardonne ? Qu'elle lui saute au cou ? Elle n'en avait pas la moindre idée... Et si elle ne savait pas comment réagir, c'était probablement parce que beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts depuis cette soirée... Alors, elle eut la seule réaction qu'elle pouvait avoir. L'incompréhension.

    « Pourquoi maintenant ? Ça fait combien de temps Maddox... des semaines ? Pourquoi tu viens me dire ça maintenant ? »

Elle se retint d'ajouter un "Qu'est-ce que tu attends", jugeant que ce serait certainement trop brutal. Parce qu'elle ne lui en avait jamais vraiment voulu de l'avoir laissé là. Elle s'était bien amusée, jusqu'à ce qu'elle ne s'amuse plus, et la soirée s'était arrêtée là. Il n'y avait pas à chercher plus loin... si ?
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Fate awaits
That is life, isn’t it? Fate. Luck. Chance. A long series of what-if’s that lead from one moment to the next, time never pausing for you to catch your breath, to make sense of the cards that have been handed to you. And all you can do is play your cards and hope for the best, because in the end, it all comes back to those three basics.
Fate. Luck. Chance.
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the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Sujet: Re: destins | estelle Jeu 14 Juin - 17:36 ()
Il renâcle, relève légèrement le menton. Ses doigts se crispent un peu, sur le comptoir. « Je voulais être honnête avec toi. Quitte à être correct… »

Bien sûr, il a imaginé toutes sortes de possibilités suite à ses aveux. Il a esquissé nombre de réactions, a supposé plusieurs styles de réponse. Bien sûr, l’incompréhension en faisait partie. L’incompréhension est son rayon : toutes ces prières qui se sont échouées parce qu’ils ne comprenaient pas, pourquoi Destin fais-tu ça, pourquoi m’infliges-tu ça, pourquoi ne m’écoutes-tu pas. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. Ses pairs, aussi, ne comprenaient pas. Ne comprenaient jamais. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. L’archange supportait, l’humain commençait à perdre patience. Pourquoi. Existerait-il un jour où il pourrait agir sans avoir à se justifier ? Existerait-il un jour où il sera libre d’être l’archange honnête et droit, capable de repentance ?

Justifier son intégrité là, à cet instant, pour un sujet si délicat, fait naître en lui un sentiment révulsion.

Et au-delà de cela, c’est tout ce qu’il voit qui l’empourpre. Qu’elle ne comprenne pas est une chose, il en est une autre d’avoir l’air aussi indifférente. Il a manqué de délicatesse, de politesse, il a merdé, oui, carrément, ce soir-là, en la plantant sur la piste de danse au nom d’un principe qui, apparemment, n’est pas aussi noble que l’humanité l’a si longtemps prétendu ; mais sa distance, ses questions, lui laissait entendre que ça n’avait aucune importance, pour elle.

Il était venu pour avouer sans attendre d’elle qu’elle y réponde favorablement, seulement guidé par le poids de ses remords et son besoin de soulager sa conscience, car pour lui, elle avait une importance. Elle avait représenté quelque chose, pour lui, avant cette soirée, et même pendant. Elle avait représenté quelque chose de suffisamment important, en tout cas, pour qu’il croie qu’elle mérite autre chose qu’un type alcoolisé lui volant un baiser par simple caprice. L’inverse, en revanche, ne semble pas vrai. Et il n’avait pas pensé que ça puisse le blesser. La douleur, dans son ventre, le prend par surprise, et il en conçoit une nouvelle vague d’humiliation qui lui fait serrer les dents. Être le bouc émissaire de la Cité d’Argent avait été un désagrément tout à fait supportable ; n’être rien, en revanche, était un coup de poignard porté en plein cœur.

Bon sang, que l’humain était un être frustrant, avec toutes ces émotions et ses caprices d’enfant gâté.

« J’imagine que tu me préfères défoncé, donc. » Il a le timbre glacial. Il retire sa main du comptoir, s’installe sur un tabouret et fait ce qu’il fait d’ordinaire : il commande un verre. Un whisky sur glace, pour commencer. Il attend, silencieux, qu’elle utilise les dernières minutes de son service pour obtenir ce qu’il attendait, et la paie sans même attendre qu’elle le lui demande. Puis il avale sa boisson, et la brûlure que l’alcool fait descendre le long de sa gorge anesthésie l’espace d’un instant l’acide qui lui ronge le ventre.

« Quant à tout ce temps, je pensais à peine à m’alimenter, pour la même raison que tu as été en arrêt maladie pendant quelques temps. » Il pointe la jambe de la jeune femme, qui avait été brûlée lors de l’inauguration du Panthéon. Ce jour-là, il l’a à peine entrevue et n’a appris sa blessure qu’après que la poussière soit un peu retombée. « Enfin, ce n’était pas moi le blessé, mais ma protégée. Elle était à l’hôpital. » Il pousse le vice jusqu’à lui demander un autre verre, avant que l’aiguille des secondes n’atteigne la dernière de son service. Il paie encore une fois sans demander son reste et avale une gorgée de whisky. « Et ma fille disparaît de plus en plus depuis le crash de l’avion et son miracle. Je sais qu’elle appartient aux révolutionnaires mais je ne peux ni le prouver, ni l’en protéger, parce qu’elle sait très bien se cacher. » Il tape du doigt le comptoir, et regarde l’heure. Elle n’est plus en service. De l’autre côté du bar, son remplaçant arrive déjà et il commande son troisième verre avant que le deuxième ne soit terminé. « Alors, effectivement, je n’ai pas vraiment songé à venir te dire que j’avais eu très envie de t’embrasser ce soir-là et que j’avais eu la délicatesse de ne pas vouloir le faire en étant complètement soûl. » Son ton est acerbe, et il sait très bien que ça va l’énerver. Comme toujours. Comme depuis le début de leur relation, quand il l’avait envoyée promener alors qu’elle ne faisait que se présenter à lui.

Bien vite, l’alcool commence à lui faire tourner la tête. Pas grand-chose, mais il est à jeun ; et par expérience, il sait que ça monte vite, dans ces circonstances. Ils allaient donc pouvoir avoir une relation normale, ce soir ; et peut-être que s’il avait envie de l’embrasser de nouveau, il le ferait. Puisqu’apparemment, ce genre de considération ne semble pas lui être d’une quelconque importance.

« Alors donc, dis-moi, Estelle. Maintenant que je suis de nouveau dans mon environnement naturel. Ta soirée fut-elle bonne ? J’imagine que tu as pu me remplacer aisément. » Il n’atténue même pas le sarcasme dans sa voix. De toute façon, il devra s’en justifier, alors peu importe son comportement, n’est-ce pas ? Pourquoi es-tu si méchant ? Parce que. Tiens, voilà ce qu’il devrait répondre. Parce que. Parce que, bordel de merde, foutez-moi la paix et allez emmerder quelqu’un d’autre.

@Estelle T. Delerne

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Souffle de connaissance : Capacité d'insuffler la connaissance de son destin à une personne par la pensée. En règle générale, elle choisit de ne montrer que quelques bribes de ce futur prévu, ce dernier n'étant pas définitivement scellé.
Manipulation de l'espace temps : Contrôle du temps (ralentir, accélérer, arrêter ou voyager dans celui-ci) ; mais aussi de l'espace par la téléportation. Ce pouvoir nécessite une intense concentration et l'affaiblit profondément lorsqu'elle l'utilise.
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Sujet: Re: destins | estelle Ven 15 Juin - 20:43 ()
Destins


Ce n'était pas de l'indifférence. Du moins, elle ne pensait pas. C'était que, réellement, elle ne savait pas comment réagir. Tout un tas de réflexions et de sensations se mêlaient en elle et, peu habituée depuis tous ces millénaires à en ressentir autant, elle ne savait pas comment les gérer. Ne savait pas lequel était plus fort que les autres. Lequel faire émerger. D'un côté, cela l'agaçait qu'il l'ait plantée alors qu'elle s'amusait bien. Qu'ils s'amusaient bien et passaient une bonne soirée. De l'autre, le moment était passé et elle ne lui en avait finalement pas voulu tant que ça quand elle était rentrée chez elle. Tyché n'était pas rancunière. Tout était question d'instant avec elle, elle se projetait si souvent dans le temps qu'elle préférait vivre le moment présent. Réagir à ce qui se passait là, maintenant. Elle ne pouvait pas être rancunière car pour elle, tout était question de hasard. Implacable, elle se fichait des motivations qui poussaient les uns et les autres à agir, se moquait de savoir s'ils méritaient ou non le destin qu'elle leur accordait. Elle décidait, et cela s'arrêtait là. Il n'y avait donc pas eu de rancune quand elle avait quitté Maddox ce soir-là, du moins pas suffisante pour perdurer jusqu'au lendemain. Mais peut-être ne pouvait-il pas comprendre cette facette de son caractère. De l'autre côté, il y avait l'incompréhension. Si elle trouvait peut-être louable qu'il veuille faire amende honorable, elle ne comprenait pas pourquoi il venait le faire après autant de temps. Parce qu'elle l'avait cherché, après cette soirée.

Le lendemain soir, à son service, ses yeux avaient inconsciemment cherchés les cheveux bruns, le regard bleu. Elle s'était attendue à le voir débarquer la mine renfrognée, comme si de rien n'était, ou s'excusant vaguement avant de passer autre chose. Mais il n'était pas venu. Pas plus que le surlendemain, ni les jours qui avaient suivi. Elle avait fini par se faire une raison, s'était dit qu'il ne souhaitait plus la voir, de peur qu'elle l'invite encore à danser peut-être ? Elle ne savait même pas. En tout cas, ses yeux avaient fini, petit à petit, à ne plus le chercher. Son absence était devenue une habitude, d'autant plus qu'elle avait eu nombre de choses à gérer, en dehors de son travail. Alors, parce qu'elle s'était résignée à ne peut-être plus le recroiser, à se dire que leur amitié avait été agréable le temps qu'elle avait durée, mais que visiblement il n'en voulait plus, pour toutes ces raisons, elle ne comprenait pas pourquoi il venait la voir si tard après les événements. Ce qu'il attendait d'elle en retour, ce qu'il espérait qu'elle lui dise, ou même ce qu'il redoutait. Alors non, ce n'était pas de l'indifférence. Elle ne savait même pas ce que c'était...

Si c'était possible, son incompréhension grandit plus encore lorsqu'il suggéra qu'elle le préférait alcoolisé. Pardon ? Tellement estomaquée par l'annonce, la brune n'eut pas la moindre réaction. Et on pouvait savoir comment il en était venu à cette conclusion ? Simplement parce qu'elle n'avait pas la réaction qu'il aurait souhaité ?! Sans un mot, elle l'observa prendre place sur le tabouret, commander un verre. Elle le lui servit, presque à contrecœur.  L'écouta tenter d'expliquer ce laps de temps, les événements - elle ne releva pas lorsqu'il désigna sa jambe, elle était une déesse, elle avait vu pire... -, ses inquiétudes sur sa protégée dont elle ne savait rien, sa fille qu'il pensait révolutionnaire. Est-ce que cela lui donnait une explication sur les semaines qui s'étaient écoulées depuis cette soirée ? La réponse était non. Mais, plus que son discours, ce fut son attitude qui la poussa vers la colère, la faisant s'enfoncer un peu plus de minutes en minutes, comme envahie par cette vague qui faisait s'accélérer un peu son cœur et la crispait. La goutte qui fit déborder le vase fut peut-être la dernière phrase. Lorsqu'il lui demanda si elle avait passé une bonne soirée - après tout ce qu'il venait de lui balancer -, et suggérant qu'elle avait pu le remplacer aisément. Alors voilà, elle comprenait. Elle comprenait pourquoi il se mettait dans un tel état suite à son manque de réaction, comment il avait pu en venir à des conclusions aussi idiote que celle dans laquelle il la voyait le préférer quand il était dans un état second. C'était la peur. La peur d'être remplaçable, d'être remplacé. Et une nouvelle fois, elle ne comprit pas d'où lui venait cette peur qu'elle pensait deviner. Elle sembla pourtant reprendre vie, après s'être statufiée le temps d'encaisser ses salves d'accusation.

    « Ça suffit. »

Le ton était sans appel. Glacial, implacable. Sa main, qui fit un geste vers son collègue pour le stopper avant qu'il ne lui serve son troisième verre, l'était tout autant. Il ne servit d'ailleurs pas Maddox, peut-être vaguement impressionné par le charisme que dégageait la déesse qu'elle était à cet instant. Se penchant par-dessus le comptoir, ses doigts vinrent emprisonner la mâchoire de Maddox. Même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu se dégager. Et à ce moment précis, elle se foutait bien de savoir qu'il allait peut-être se demander d'où une femme si svelte pouvait posséder une telle force dans la main, qu'il allait peut-être se mettre à douter du fait qu'elle n'était qu'une simple humaine. Penchée vers lui, le regard planté bien droit dans le sien, ses mots furent aussi impérieux que les précédents.

    « Arrête tes conneries. »


La brune garda ses pupilles claires dans les siennes une seconde, pour qu'il comprenne bien qu'elle était très sérieuse, et que ça ne l'amusait pas du tout. Et si Tyché ne s'amusait pas, ce n'était jamais bon signe...

    « Tu t'attendais à quoi ? A ce que je te remercie d'avoir été un preux chevalier qui n'a pas voulu se montrer en parfait goujat ? Bien, merci pour ta considération. A ce que je me réjouisse de te voir débarquer après tout ce temps ? C'est un peu tard pour ça. Parce que j'ai, moi aussi, passé une bonne soirée. Même si tu m'as planté en pleine danse. Et je vais te dire, je ne t'en ai même pas voulu parce qu'elle était vraiment chouette, cette soirée. Et après, tu n'es pas revenu. Je ne t'ai pas revu. Je peux comprendre que tu aies eu d'autres problèmes, j'en ai eu moi aussi figure-toi. Mais donner un signe de vie aurait été suffisant, peut-être, tu ne crois pas ? Sauf que voilà, rien. Alors pardonne-moi de ne pas t'accueillir avec la bouche en cœur le jour où tu te décides enfin à réapparaître. »


Comme elle se rendit compte que ses doigts s'étaient peu à peu resserrés au fur et à mesure qu'elle parlait, que leur étau s'était fait plus fort, plus brutal, elle finit par le relâcher. Inspira un grand coup pour essayer de se calmer. Parce que ça bouillonnait en elle, et ça menaçait de déborder et d'exploser. Ses yeux, d'habitude si malicieux et rieurs, jetaient aujourd'hui des éclairs.

    « Et ce n'est pas parce que je me pose des questions sur ta motivation à venir après tant de temps que ça veut dire que je te préfère défoncé. C'est n'importe quoi. Je pense avoir le droit de m'interroger, mais peut-être que ça t'énerve autant parce que tu ne l'as pas fait toi-même ? Sais-tu seulement pourquoi tu es venu me voir aujourd'hui, Maddox ? Et je ne veux pas dire après ces semaines où tu as été si occupé que tu n'as pas pu même envoyer un SMS mais bien, pourquoi aujourd'hui, ce soir, en ce jour ? Qu'est-ce qui t'a fait pensé "Oh tiens, c'est vrai que j'avais laissé Estelle l'autre soir" et qui t'a poussé à franchir la porte du casino ? Qu'est-ce que tu voulais en venant me voir ? »

Si sa dernière question lui avait parue trop brutale au premier abord, elle la lâchait à présent sans aucun remord. Parce qu'elle n'avait toujours pas eu de réponse, qu'elle ne comprenait toujours pas. Et elle ne savait pas pourquoi mais elle avait l'impression que ce serait en le brusquant un peu qu'elle les obtiendrait. Son instinct lui disait que le problème était là, que c'était dans cette direction qu'il fallait aller pour comprendre : et pourquoi il n'était pas venu avant, et pourquoi il avait réagi aussi violemment. Ou bien, elle faisait tout à fait fausse route et c'était un pur hasard qu'il soit venu ce soir. Mais elle connaissait le hasard, et elle ne pensait pas le reconnaître ici...
- a game of shadows, shall we play ?  -

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Tyché
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Fate. Luck. Chance.
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