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 destins | estelle
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legends never die : archange du destin, père des révolutions, prince des ères et des âges. De son souvenir, Absolem occupe ce poste depuis sa création et s’est toujours tué à sa tâche, jouant aux échecs avec les forces démoniaques pour tirer les humains vers les meilleures décisions pour leur avenir. Il est l’instigateur des royaumes, des empires et des démocraties, mais également de nombreuses batailles sanglantes et de lourds sacrifices. Il est connu pour son tempérament uni, implacable, et taxé de cruauté pour son manque d’empathie envers l’humanité qu’il s’efforce pourtant toujours d’emmener vers le meilleur. Il fait ce qu’il a à faire : il s’en donne tous les moyens
the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Anges

Sujet: destins | estelle Ven 8 Juin - 18:46 ()
Lorsqu’il arrive au bar, il n’a aucune intention de boire. Il se plante devant elle et lui attrape la main par-dessus le bois verni pour qu’elle ne s’enfuie pas.

« S’il te plaît. »

Il plante ses prunelles dans les siennes, et quelques secondes s’écoulent ainsi, alors qu’il s’accroche à son regard, à ses doigts qu’il tient dans les siens. Il y raffermit sa prise, les enfermant dans sa grande paume rendue un peu calleuse par la pratique de l’équitation de l’homme dont il a pris la place. Il a l’impression de tenter d’apprivoiser un animal farouche, blessé, et c’est sans doute le cas : il n’a pas oublié. Il n’a pas oublié cette dernière soirée, qu’ils ont passée dans une boîte de nuit ; il n’a pas oublié leur danse, il n’a pas oublié leur proximité, la sensation de son corps contre le sien, et cette intensité qui l’avait attrapé au corps pour le rendre fébrile, nerveux, comme affamé. Ces sensations le tourmentent encore. Encore et encore.

Le temps avait fui avant qu’il n’ait pu la revoir. Il y a eu l’avion accidenté et ce miracle aux yeux des hommes, quand ceux des anges voyaient l’arrivée des dieux sur Terre, ces entités qu’ils avaient bannies, il y a si longtemps, ces entités dont ils avaient pris la place, il y a si longtemps. Il y a eu la convocation de Gabriel, et la traque sans merci de ceux qui s’étaient infiltrés dans leurs rangs. Et puis, il y a eu l’inauguration du Panthéon, et ses drames à répétition. Astrid, blessée, dans ses bras. Et son cœur, qu’il n’avait jamais senti battre avec autant de force, qui lui avait fait si mal, si mal. Et tous ces trucs, toutes ces réactions, tous ces comportements qu’il avait, qui n’étaient pas siens mais en fait si, parce que c’était bien lui qui les ressentait, qui les accomplissait, et tous ces moments où il ne pouvait ignorer qu’il était humain, humain de jour en jour, toujours un peu plus. Reconnaître qu’il ne pouvait pas échapper tout cela, qu’il ne pouvait pas éviter tout cela, et qu’il devait vivre avec, faire avec. Qu’il devait composer avec.

C’est pour ça qu’il est là, ce soir, sobre, qu’il n’a rien pris ou rien bu, qu’il a traversé la salle de jeux sans même jeter un regard aux tables. Depuis le temps qu’il la voyait derrière le bar, il connaît à peu près ses horaires, mais malgré ça, il a ressenti un tel soulagement de voir qu’elle est là, effectivement là, vraiment là. Il ne s’est pas laissé une seconde pour réfléchir, et lui avait attrapé la main. Et sa chaleur dans la sienne lui faisait tout drôle, parce qu’il a l’impression qu’il a retrouvé quelque chose qui lui avait terriblement manqué.

« Je veux m’expliquer. S’il te plaît. »

L’ange et l’humain parlent d’une même voix : la volonté de Destin, l’incertitude de Maddox. Il ne lâche pas son regard, pas une seconde. Et il ne laisse qu’une seconde avant d’enchaîner.

« Je voulais t’embrasser. Je sais que je n’aurais pas dû te laisser en plan, comme ça, pour cette raison, mais je voulais t’embrasser… mais je ne voulais pas le faire en étant soûl. »

Il marque une pause. Son cœur cogne dans sa poitrine, il bat la chamade, il ne se sent pas vraiment bien et surtout, il se sent vraiment ridicule, misérable. Lui qui a toujours eu le courage de prendre des décisions difficiles et de les assumer perdait toute assurance devant cette femme qui l’avait rendu, une soirée, vulnérable, et qui, depuis, ne cessait de le hanter. Peut-être qu’il aurait pu s’y faire. peut-être qu’il aurait pu attendre que ça passe, et revenir un peu plus tard et être un connard, comme il savait si bien le faire, et la voir partir, comme tous les autres l’avaient un jour quitté, comme Vezadkiel lui avait tourné le dos. Il se disait qu’il avait l’habitude, après tout ça. Mais l’humain n’était pas d’accord. Il n’était pas d’accord, parce que c’était trop. Les dieux, sur Terre, menaçant leur équilibré et leur jeu d’échecs éternel. Le climat de défiance dans leurs rangs, et les démons qui en profitaient. Sabba, qui s’absentait de plus en plus et le saignait à blanc d’inquiétude lorsqu’elle rentrait à des heures indues ou le laissait sans nouvelles durant plusieurs jours. Et Astrid. Astrid, pour qui il avait eu si peur. C’était trop. Tout était trop. Et Estelle, Estelle il pouvait lui dire. Il pouvait faire sauter la barrière. Il pouvait faire quelque chose.

Il pouvait accomplir, ou se faire jeter. Et il en tremblait, mais il pouvait.

« C’est stupide, je m’en rends compte, mais tu mérites mieux qu’un mec qui t’embrasse en étant à moitié conscient de ce qu’il fait. J’ai vraiment… vraiment aimé cette soirée, avec toi, et je suis désolé de la façon dont elle s’est terminée. »

Voilà. Il a tout libéré d’une traite, il a l’impression d’avoir couru un marathon, mais c’est dit. Il lui lâche la main, mais après l’avoir posée sur le bar et tient la sienne pas loin d’elle ; leurs doigts ne sont séparés que d’un centimètre. Il s’appuie sur sa main sur le bar et enfin, rompt le contact visuel. Il n’a pas l’intention de s’enfuir, pas cette fois, mais il ne peut empêcher la crainte de le posséder.

« Maintenant, t’en fais ce que tu veux. »

L’archange peut être quitté : il ne ressent pas autant de sentiments. Mais l’humain, c’est une autre histoire. Une toute autre histoire.

@Estelle T. Delerne
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the mighty bush : Manipulation du destin : Capacité de réécrire l'histoire d'une personne, d'agencer les destins, de les lier et de les délier en un claquement de doigts. Lorsqu'elle l'utilise pour dévier le cours d'une vie, cela lui provoque une fatigue immense ainsi que des blessures ou handicaps physiques pendant une durée pouvant aller de plusieurs heures à quelques jours. De manière moins intense, il lui arrive régulièrement de simplement influencer le destin d'une personne sur une plus courte durée.
Souffle de connaissance : Capacité d'insuffler la connaissance de son destin à une personne par la pensée. En règle générale, elle choisit de ne montrer que quelques bribes de ce futur prévu, ce dernier n'étant pas définitivement scellé.
Manipulation de l'espace temps : Contrôle du temps (ralentir, accélérer, arrêter ou voyager dans celui-ci) ; mais aussi de l'espace par la téléportation. Ce pouvoir nécessite une intense concentration et l'affaiblit profondément lorsqu'elle l'utilise.
weapon : Balle du Destin : lancée sur le sol, elle paralyse tous ceux qui se trouvent dans un rayon de 10m là où la balle est tombée ; la paralysie dure quelques secondes, suffisamment pour laisser à la déesse Tyché le temps de manipuler le destin pour changer la situation. Lancée directement sur une personne, elle octroiera chance ou malchance pendant une bonne heure, selon le bon vouloir du lanceur. Elle trouve toujours un moyen de revenir à son propriétaire. - Compétence : Cercle d'Hermès
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Dieux

Sujet: Re: destins | estelle Mar 12 Juin - 10:02 ()
Destins


Elle avait senti une présence s'approcher. Installée derrière le bar, occupée à ranger quelques verres, elle avait plus ou moins vu de loin quelqu'un arriver vers elle. Certainement un client qui voulait commander à boire. Quand il avait été suffisamment proche, la brune avait fini par relever les yeux pour les poser sur ce qu'elle avait pris pour un simple client. Ah. Maddox. Voilà un moment qu'il n'était pas venu traîner par ici, lui qui pourtant était jadis pratiquement un habitué. Mais il n'était pas venu depuis longtemps. Pas depuis qu'ils avaient passé une soirée ensemble à vrai dire, en dehors de ce casino, dans une boîte de nuit, et qu'ils avaient partagé une unique danse. Alors, s'il ne venait plus au casino aussi souvent qu'il en avait l'habitude, et depuis cette soirée, elle en avait déduit que c'était certainement parce qu'il l'évitait. Soit. Elle n'avait pas cherché à reprendre contact. Ce n'était pas à elle de le faire. Ce n'était pas elle qui l'avait planté sur la piste. Elle, avait eu la politesse de lui annoncer qu'elle rentrait chez elle. Elle ne savait toujours pas pourquoi il avait réagi ainsi mais elle avait eu d'autres chats à fouetter entre temps...

Lasse de ne pas voir Zeus lever le petit doigt, elle avait rejoint la déesse de l'Anarchie et l'avait suivie dans son idée de détruire l'Assemblée Nationale. Elle l'avait aidée à soulever la foule, à les guider dans le bâtiment politique, à saccager la salle, à commencer à y mettre le feu. La police les avait escortés à l'extérieur et, voyant que ce n'était pas suffisant, elle avait fait ce qu'elle n'avait plus fait depuis longtemps. Elle avait changé un destin. Dévié le cours de la vie d'un pilote d'hélicoptère pour que celui-ci n'atterrisse sur l'Assemblée. Le bâtiment avait été en grande partie détruit, l'affaire avait fait du bruit. Très affaiblie par cette démonstration, elle en avait subi les conséquences. Avait dû se faire soigner par Hébé pour ne pas rester paralysée trop longtemps. Ses avant-bras, brûlés par l'effort, avaient mis plus longtemps à se guérir. Mais au moins avait-elle agi pour eux, pour que les humains croient de nouveau en eux, en une force supérieure. Elle avait bien sûre fait profil bas par la suite, pour ne pas se faire repérer. Et puis, les anciens dieux étaient revenus, amenés par ce crash d'avion. Et eux n'avaient que faire de se cacher, fou de rage et languissant d'une vengeance pour ceux qui les avaient enfermés aussi longtemps.

Plus les jours passaient et plus Tyché songeait qu'elle devrait faire comme eux. Ne plus se cacher. Révéler qui elle était au grand jour. Que les humains la prient de leur apporter la chance et un destin favorable plutôt que le malheur. Qu'ils la craignent un peu, qu'ils se montrent un peu miséricordieux, qu'ils se rendent compte qu'ils n'étaient pas grand chose et que c'était eux, les dieux, qui décidaient pour eux. Chaque jour, ce feu brûlait un peu plus ardemment en elle mais elle était parvenue à le contenir jusque-là. Parce qu'elle était tout de même incognito dans ce corps, à ce poste de serveuse. Mais elle le sentait, cela ne lui suffirait pas longtemps... Déjà, elle envisageait de s'élever et de n'être plus qu'une vulgaire serveuse. Commençait à déplacer ses pions pour atteindre son but. Mais pour l'heure, elle était toujours derrière le bar et Maddox venait de lui attraper la main en la suppliant. De... quoi ? Elle aurait pu se dégager. Il avait beau être un homme et avoir des mains plus fortes que les siennes, elle était une déesse et aurait pu se libérer sans le moindre effort. Elle ne le fit pas. Quelque chose dans son attitude différait des autres fois. Alors elle attendit, l'écouta. Le regard curieux bien qu'un peu méfiant.

Il voulait s'expliquer. Hum. Il était peut-être un peu tard, non ? Et elle se rendit alors compte de ce qui était différent. Il n'était pas dans un état second. Il semblait avoir pleinement conscience de ses mouvements, de ses paroles ; n'était pas sous l'emprise d'une quelconque substance qui aurait pu lui obscurcir les idées. Il était sobre. Elle eut à peine le temps de réaliser cette vérité avant qu'il n'enchaîne, lui révélant enfin pourquoi il l'avait abandonnée sur place ce soir-là. Il voulait l'embrasser. Oh. Comme un puzzle, les pièces finirent par s'assembler. Elle repassa mentalement leur soirée, ses réactions et finit par comprendre. Elle se trouva un peu idiote, aussi, de n'avoir pas réaliser tout de suite. C'était pourtant évident maintenant qu'il le disait... Mais elle était une déesse qui, malgré ces quelques années passées dans ce corps d'humaine, ne saisissait pas encore toutes les subtilités des émotions humaines. Pas plus que lui d'ailleurs, puisqu'il n'était lui non plus pas tout à fait humain...

Il avait donc voulu l'embrasser, mais pas en étant alcoolisé. Une seconde, ses sourcils se froncèrent. Et pourquoi non ? Pour la déesse joueuse qu'elle était, difficile d'imaginer se retenir. Qu'est-ce que cela pouvait bien faire, qu'il ait un peu bu ou non ? Maintenant qu'il le disait, elle ne pensait pas qu'elle l'aurait repoussé s'il avait suivi ses envies, ce soir-là. Parce qu'elle vivait l'instant présent et ne faisait elle aussi que servir ses désirs. Une seconde, elle lui en voulut de n'avoir pas assumé. Jusqu'à ce qu'il ne poursuive, la regardant droit dans les yeux en lui annonçant qu'elle méritait mieux qu'un tel comportement. La colère s'atténua. Même si elle pensait que c'était à elle de juger ce qu'elle méritait ou non, elle ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir voulu être... correct. Et toute rancœur se dissipa lorsqu'il lui avoua avoir aimé cette soirée, s'excusant de la manière dont elle s'était terminée. Ses pupilles claires finirent par le lâcher pour se poser sur leurs mains. Elle n'avait même pas réalisé qu'il tenait toujours la sienne. Libérée de ses mouvements, elle releva la tête vers lui comme il semblait ne plus savoir où se mettre maintenant qu'il avait terminé, qu'il s'était expliqué.

Elle faisait ce qu'elle voulait de cette déclaration. Mais c'était bien là le problème. Un maelstrom de sentiments et de sensations se mélangeaient à l'intérieur d'elle et elle ne savait pas trop les gérer, que penser, que faire ni que dire. Qu'attendait-il au juste ? Qu'espérait-il ? Maintenant qu'il venait de lui dévoiler tout ça, qu'est-ce qu'il voulait d'elle ? Qu'elle le pardonne ? Qu'elle lui saute au cou ? Elle n'en avait pas la moindre idée... Et si elle ne savait pas comment réagir, c'était probablement parce que beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts depuis cette soirée... Alors, elle eut la seule réaction qu'elle pouvait avoir. L'incompréhension.

    « Pourquoi maintenant ? Ça fait combien de temps Maddox... des semaines ? Pourquoi tu viens me dire ça maintenant ? »

Elle se retint d'ajouter un "Qu'est-ce que tu attends", jugeant que ce serait certainement trop brutal. Parce qu'elle ne lui en avait jamais vraiment voulu de l'avoir laissé là. Elle s'était bien amusée, jusqu'à ce qu'elle ne s'amuse plus, et la soirée s'était arrêtée là. Il n'y avait pas à chercher plus loin... si ?
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Tyché
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the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Sujet: Re: destins | estelle Jeu 14 Juin - 17:36 ()
Il renâcle, relève légèrement le menton. Ses doigts se crispent un peu, sur le comptoir. « Je voulais être honnête avec toi. Quitte à être correct… »

Bien sûr, il a imaginé toutes sortes de possibilités suite à ses aveux. Il a esquissé nombre de réactions, a supposé plusieurs styles de réponse. Bien sûr, l’incompréhension en faisait partie. L’incompréhension est son rayon : toutes ces prières qui se sont échouées parce qu’ils ne comprenaient pas, pourquoi Destin fais-tu ça, pourquoi m’infliges-tu ça, pourquoi ne m’écoutes-tu pas. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. Ses pairs, aussi, ne comprenaient pas. Ne comprenaient jamais. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. L’archange supportait, l’humain commençait à perdre patience. Pourquoi. Existerait-il un jour où il pourrait agir sans avoir à se justifier ? Existerait-il un jour où il sera libre d’être l’archange honnête et droit, capable de repentance ?

Justifier son intégrité là, à cet instant, pour un sujet si délicat, fait naître en lui un sentiment révulsion.

Et au-delà de cela, c’est tout ce qu’il voit qui l’empourpre. Qu’elle ne comprenne pas est une chose, il en est une autre d’avoir l’air aussi indifférente. Il a manqué de délicatesse, de politesse, il a merdé, oui, carrément, ce soir-là, en la plantant sur la piste de danse au nom d’un principe qui, apparemment, n’est pas aussi noble que l’humanité l’a si longtemps prétendu ; mais sa distance, ses questions, lui laissait entendre que ça n’avait aucune importance, pour elle.

Il était venu pour avouer sans attendre d’elle qu’elle y réponde favorablement, seulement guidé par le poids de ses remords et son besoin de soulager sa conscience, car pour lui, elle avait une importance. Elle avait représenté quelque chose, pour lui, avant cette soirée, et même pendant. Elle avait représenté quelque chose de suffisamment important, en tout cas, pour qu’il croie qu’elle mérite autre chose qu’un type alcoolisé lui volant un baiser par simple caprice. L’inverse, en revanche, ne semble pas vrai. Et il n’avait pas pensé que ça puisse le blesser. La douleur, dans son ventre, le prend par surprise, et il en conçoit une nouvelle vague d’humiliation qui lui fait serrer les dents. Être le bouc émissaire de la Cité d’Argent avait été un désagrément tout à fait supportable ; n’être rien, en revanche, était un coup de poignard porté en plein cœur.

Bon sang, que l’humain était un être frustrant, avec toutes ces émotions et ses caprices d’enfant gâté.

« J’imagine que tu me préfères défoncé, donc. » Il a le timbre glacial. Il retire sa main du comptoir, s’installe sur un tabouret et fait ce qu’il fait d’ordinaire : il commande un verre. Un whisky sur glace, pour commencer. Il attend, silencieux, qu’elle utilise les dernières minutes de son service pour obtenir ce qu’il attendait, et la paie sans même attendre qu’elle le lui demande. Puis il avale sa boisson, et la brûlure que l’alcool fait descendre le long de sa gorge anesthésie l’espace d’un instant l’acide qui lui ronge le ventre.

« Quant à tout ce temps, je pensais à peine à m’alimenter, pour la même raison que tu as été en arrêt maladie pendant quelques temps. » Il pointe la jambe de la jeune femme, qui avait été brûlée lors de l’inauguration du Panthéon. Ce jour-là, il l’a à peine entrevue et n’a appris sa blessure qu’après que la poussière soit un peu retombée. « Enfin, ce n’était pas moi le blessé, mais ma protégée. Elle était à l’hôpital. » Il pousse le vice jusqu’à lui demander un autre verre, avant que l’aiguille des secondes n’atteigne la dernière de son service. Il paie encore une fois sans demander son reste et avale une gorgée de whisky. « Et ma fille disparaît de plus en plus depuis le crash de l’avion et son miracle. Je sais qu’elle appartient aux révolutionnaires mais je ne peux ni le prouver, ni l’en protéger, parce qu’elle sait très bien se cacher. » Il tape du doigt le comptoir, et regarde l’heure. Elle n’est plus en service. De l’autre côté du bar, son remplaçant arrive déjà et il commande son troisième verre avant que le deuxième ne soit terminé. « Alors, effectivement, je n’ai pas vraiment songé à venir te dire que j’avais eu très envie de t’embrasser ce soir-là et que j’avais eu la délicatesse de ne pas vouloir le faire en étant complètement soûl. » Son ton est acerbe, et il sait très bien que ça va l’énerver. Comme toujours. Comme depuis le début de leur relation, quand il l’avait envoyée promener alors qu’elle ne faisait que se présenter à lui.

Bien vite, l’alcool commence à lui faire tourner la tête. Pas grand-chose, mais il est à jeun ; et par expérience, il sait que ça monte vite, dans ces circonstances. Ils allaient donc pouvoir avoir une relation normale, ce soir ; et peut-être que s’il avait envie de l’embrasser de nouveau, il le ferait. Puisqu’apparemment, ce genre de considération ne semble pas lui être d’une quelconque importance.

« Alors donc, dis-moi, Estelle. Maintenant que je suis de nouveau dans mon environnement naturel. Ta soirée fut-elle bonne ? J’imagine que tu as pu me remplacer aisément. » Il n’atténue même pas le sarcasme dans sa voix. De toute façon, il devra s’en justifier, alors peu importe son comportement, n’est-ce pas ? Pourquoi es-tu si méchant ? Parce que. Tiens, voilà ce qu’il devrait répondre. Parce que. Parce que, bordel de merde, foutez-moi la paix et allez emmerder quelqu’un d’autre.

@Estelle T. Delerne

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Souffle de connaissance : Capacité d'insuffler la connaissance de son destin à une personne par la pensée. En règle générale, elle choisit de ne montrer que quelques bribes de ce futur prévu, ce dernier n'étant pas définitivement scellé.
Manipulation de l'espace temps : Contrôle du temps (ralentir, accélérer, arrêter ou voyager dans celui-ci) ; mais aussi de l'espace par la téléportation. Ce pouvoir nécessite une intense concentration et l'affaiblit profondément lorsqu'elle l'utilise.
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Sujet: Re: destins | estelle Ven 15 Juin - 20:43 ()
Destins


Ce n'était pas de l'indifférence. Du moins, elle ne pensait pas. C'était que, réellement, elle ne savait pas comment réagir. Tout un tas de réflexions et de sensations se mêlaient en elle et, peu habituée depuis tous ces millénaires à en ressentir autant, elle ne savait pas comment les gérer. Ne savait pas lequel était plus fort que les autres. Lequel faire émerger. D'un côté, cela l'agaçait qu'il l'ait plantée alors qu'elle s'amusait bien. Qu'ils s'amusaient bien et passaient une bonne soirée. De l'autre, le moment était passé et elle ne lui en avait finalement pas voulu tant que ça quand elle était rentrée chez elle. Tyché n'était pas rancunière. Tout était question d'instant avec elle, elle se projetait si souvent dans le temps qu'elle préférait vivre le moment présent. Réagir à ce qui se passait là, maintenant. Elle ne pouvait pas être rancunière car pour elle, tout était question de hasard. Implacable, elle se fichait des motivations qui poussaient les uns et les autres à agir, se moquait de savoir s'ils méritaient ou non le destin qu'elle leur accordait. Elle décidait, et cela s'arrêtait là. Il n'y avait donc pas eu de rancune quand elle avait quitté Maddox ce soir-là, du moins pas suffisante pour perdurer jusqu'au lendemain. Mais peut-être ne pouvait-il pas comprendre cette facette de son caractère. De l'autre côté, il y avait l'incompréhension. Si elle trouvait peut-être louable qu'il veuille faire amende honorable, elle ne comprenait pas pourquoi il venait le faire après autant de temps. Parce qu'elle l'avait cherché, après cette soirée.

Le lendemain soir, à son service, ses yeux avaient inconsciemment cherchés les cheveux bruns, le regard bleu. Elle s'était attendue à le voir débarquer la mine renfrognée, comme si de rien n'était, ou s'excusant vaguement avant de passer autre chose. Mais il n'était pas venu. Pas plus que le surlendemain, ni les jours qui avaient suivi. Elle avait fini par se faire une raison, s'était dit qu'il ne souhaitait plus la voir, de peur qu'elle l'invite encore à danser peut-être ? Elle ne savait même pas. En tout cas, ses yeux avaient fini, petit à petit, à ne plus le chercher. Son absence était devenue une habitude, d'autant plus qu'elle avait eu nombre de choses à gérer, en dehors de son travail. Alors, parce qu'elle s'était résignée à ne peut-être plus le recroiser, à se dire que leur amitié avait été agréable le temps qu'elle avait durée, mais que visiblement il n'en voulait plus, pour toutes ces raisons, elle ne comprenait pas pourquoi il venait la voir si tard après les événements. Ce qu'il attendait d'elle en retour, ce qu'il espérait qu'elle lui dise, ou même ce qu'il redoutait. Alors non, ce n'était pas de l'indifférence. Elle ne savait même pas ce que c'était...

Si c'était possible, son incompréhension grandit plus encore lorsqu'il suggéra qu'elle le préférait alcoolisé. Pardon ? Tellement estomaquée par l'annonce, la brune n'eut pas la moindre réaction. Et on pouvait savoir comment il en était venu à cette conclusion ? Simplement parce qu'elle n'avait pas la réaction qu'il aurait souhaité ?! Sans un mot, elle l'observa prendre place sur le tabouret, commander un verre. Elle le lui servit, presque à contrecœur.  L'écouta tenter d'expliquer ce laps de temps, les événements - elle ne releva pas lorsqu'il désigna sa jambe, elle était une déesse, elle avait vu pire... -, ses inquiétudes sur sa protégée dont elle ne savait rien, sa fille qu'il pensait révolutionnaire. Est-ce que cela lui donnait une explication sur les semaines qui s'étaient écoulées depuis cette soirée ? La réponse était non. Mais, plus que son discours, ce fut son attitude qui la poussa vers la colère, la faisant s'enfoncer un peu plus de minutes en minutes, comme envahie par cette vague qui faisait s'accélérer un peu son cœur et la crispait. La goutte qui fit déborder le vase fut peut-être la dernière phrase. Lorsqu'il lui demanda si elle avait passé une bonne soirée - après tout ce qu'il venait de lui balancer -, et suggérant qu'elle avait pu le remplacer aisément. Alors voilà, elle comprenait. Elle comprenait pourquoi il se mettait dans un tel état suite à son manque de réaction, comment il avait pu en venir à des conclusions aussi idiote que celle dans laquelle il la voyait le préférer quand il était dans un état second. C'était la peur. La peur d'être remplaçable, d'être remplacé. Et une nouvelle fois, elle ne comprit pas d'où lui venait cette peur qu'elle pensait deviner. Elle sembla pourtant reprendre vie, après s'être statufiée le temps d'encaisser ses salves d'accusation.

    « Ça suffit. »

Le ton était sans appel. Glacial, implacable. Sa main, qui fit un geste vers son collègue pour le stopper avant qu'il ne lui serve son troisième verre, l'était tout autant. Il ne servit d'ailleurs pas Maddox, peut-être vaguement impressionné par le charisme que dégageait la déesse qu'elle était à cet instant. Se penchant par-dessus le comptoir, ses doigts vinrent emprisonner la mâchoire de Maddox. Même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu se dégager. Et à ce moment précis, elle se foutait bien de savoir qu'il allait peut-être se demander d'où une femme si svelte pouvait posséder une telle force dans la main, qu'il allait peut-être se mettre à douter du fait qu'elle n'était qu'une simple humaine. Penchée vers lui, le regard planté bien droit dans le sien, ses mots furent aussi impérieux que les précédents.

    « Arrête tes conneries. »


La brune garda ses pupilles claires dans les siennes une seconde, pour qu'il comprenne bien qu'elle était très sérieuse, et que ça ne l'amusait pas du tout. Et si Tyché ne s'amusait pas, ce n'était jamais bon signe...

    « Tu t'attendais à quoi ? A ce que je te remercie d'avoir été un preux chevalier qui n'a pas voulu se montrer en parfait goujat ? Bien, merci pour ta considération. A ce que je me réjouisse de te voir débarquer après tout ce temps ? C'est un peu tard pour ça. Parce que j'ai, moi aussi, passé une bonne soirée. Même si tu m'as planté en pleine danse. Et je vais te dire, je ne t'en ai même pas voulu parce qu'elle était vraiment chouette, cette soirée. Et après, tu n'es pas revenu. Je ne t'ai pas revu. Je peux comprendre que tu aies eu d'autres problèmes, j'en ai eu moi aussi figure-toi. Mais donner un signe de vie aurait été suffisant, peut-être, tu ne crois pas ? Sauf que voilà, rien. Alors pardonne-moi de ne pas t'accueillir avec la bouche en cœur le jour où tu te décides enfin à réapparaître. »


Comme elle se rendit compte que ses doigts s'étaient peu à peu resserrés au fur et à mesure qu'elle parlait, que leur étau s'était fait plus fort, plus brutal, elle finit par le relâcher. Inspira un grand coup pour essayer de se calmer. Parce que ça bouillonnait en elle, et ça menaçait de déborder et d'exploser. Ses yeux, d'habitude si malicieux et rieurs, jetaient aujourd'hui des éclairs.

    « Et ce n'est pas parce que je me pose des questions sur ta motivation à venir après tant de temps que ça veut dire que je te préfère défoncé. C'est n'importe quoi. Je pense avoir le droit de m'interroger, mais peut-être que ça t'énerve autant parce que tu ne l'as pas fait toi-même ? Sais-tu seulement pourquoi tu es venu me voir aujourd'hui, Maddox ? Et je ne veux pas dire après ces semaines où tu as été si occupé que tu n'as pas pu même envoyer un SMS mais bien, pourquoi aujourd'hui, ce soir, en ce jour ? Qu'est-ce qui t'a fait pensé "Oh tiens, c'est vrai que j'avais laissé Estelle l'autre soir" et qui t'a poussé à franchir la porte du casino ? Qu'est-ce que tu voulais en venant me voir ? »

Si sa dernière question lui avait parue trop brutale au premier abord, elle la lâchait à présent sans aucun remord. Parce qu'elle n'avait toujours pas eu de réponse, qu'elle ne comprenait toujours pas. Et elle ne savait pas pourquoi mais elle avait l'impression que ce serait en le brusquant un peu qu'elle les obtiendrait. Son instinct lui disait que le problème était là, que c'était dans cette direction qu'il fallait aller pour comprendre : et pourquoi il n'était pas venu avant, et pourquoi il avait réagi aussi violemment. Ou bien, elle faisait tout à fait fausse route et c'était un pur hasard qu'il soit venu ce soir. Mais elle connaissait le hasard, et elle ne pensait pas le reconnaître ici...
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the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Sujet: Re: destins | estelle Mar 3 Juil - 13:00 ()

Il l’observe. Il la regarde, il la laisse faire, il l’écoute. Ses doigts s’enfoncent dans sa mâchoire et il ne fait pas mine de vouloir s’en dégager, malgré la douleur ; la douleur qu’il reconnaît dans la force d’un surnaturel. Ses ongles s’enfoncent dans ses joues, et quand elle retire enfin ses doigts dans une espèce de vague sursaut de conscience, il touche du bout des siens les marques laissées dans la chair tendre. Il ne saigne pas, mais l’épiderme est à vivre, et il fait jouer sa mâchoire pour la débloquer. Pendant tout ce temps, son regard ne quitte pas le sien. Il l’écoute déblatérer son état d’esprit, il l’écoute l’agonir du venin de sa colère qu’il a déclenchée volontairement. Il se sent, comme un gamin, content de son petit effet, parce qu’il a obtenu ce qu’il voulait : une réaction. Une réaction de cette femme qui lui avait semblé si indifférente. Celle qui continue de lui demander pourquoi. Pourquoi il ne l’avait pas contactée. Pourquoi il ne se pointait que maintenant. Pourquoi, pourquoi, pourquoi.

Il laisse planer quelques secondes de silence quand enfin elle se tait, quand enfin elle lâche cette question qui semble résumer son état d’esprit : qu’attend-il d’elle ? Il l’observe. Il la regarde fulminer derrière son comptoir, attendant sa réponse. Il la regarde, il la contemple, et se dit qu’en fait, c’est la première fois qu’il fait face à Estelle dans son plein caractère. Estelle, dans toute sa splendeur. Estelle.

« C’est si inconcevable que je me comporte en ami ? Ou ce qui s’en rapproche. » Parce que c’est ça. Il est venu, parce qu’elle compte assez pour que le remord continue de le ronger jusqu’à ce qu’il s’excuse. Et il n’aime pas devoir le mettre en mots. Parce que ça veut dire que ce n’est pas un sentiment partagé. « Ou alors, nous n’avons pas la même conception de la chose. Je sais pas, mais m’excuser m’apparaissait au moins comme la chose à faire dans notre… situation. » Il ne la qualifie même pas. Pourquoi ? Elle le piétinera encore avec ses questions à répétition. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. « Quant à pourquoi maintenant ? Qu’est-ce que t’as pas compris dans j’étais à l’hôpital, je m’inquiète pour ma fille, et tout ce que j’ai bien pu te dire quelques minutes avant ? » Ses yeux étincellent comme la lame affûtée d’un couteau. Lui aussi, il ne s’amuse pas vraiment, dans cette histoire. Il ne s’amuse pas vraiment de voir qu’il a peut-être tout surestimer dans cette histoire. « Quant à t’envoyer un SMS, encore aurait-il fallu que j’aie ton numéro. Mais ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille, en fait. Peut-être qu’on n’est pas amis. Ou ce qui s’en rapproche. » Il se lève, contourne le comptoir et attrape la bouteille de whisky qui aurait dû lui servir un verre juste avant, qu’elle a avorté dans sa colère. C’est drôle, parce qu’en vrai, il n’aime pas vraiment le whisky. Juste pour l’emmerder, il fait comme si. Il avale son verre et le pose sur le comptoir ; la seconde suivante, il a attrapé son poignet, celui là même qui commandait cette main qui lui avait broyé le visage quelques instants auparavant. « Ou alors, tous ces concepts t’échappent pour la même raison que moi. Non ? »

Il est proche, très proche d’elle, il lui suffirait de se pencher pour l’embrasser. Mais il n’en éprouve plus la moindre envie. La lubie est passée. Douché dans son enthousiasme. Il l’observe, les prunelles plantées dans les siennes. Il n’a jamais vraiment prêté attention à Estelle de cette façon, pas parce qu’elle lui avait semblé inoffensive, mais parce qu’il avait toujours été trop à l’ouest pour s’en méfier ou pour s’interroger sur ce qu’elle aurait pu être. Il n’atterrissait au casino que lorsque le sentiment d’impuissance était devenu insupportable, ou lorsqu’il était trop remonté, trop en colère ou trop Maddox ; de fait, il n’avait jamais songé qu’elle aurait pu être, parce qu’il était toujours, toujours fatigué de se méfier de tout le monde, de chercher dans le regard des autres un signe, ce signe qui n’arrivait jamais, qu’il ou elle aurait pu être. Mais maintenant, il se dit qu’il aurait pu comprendre dès la première minute. Dès la première seconde.

Dès l’instant où elle était revenue alors qu’il l’avait envoyée chier avec la délicatesse d’un ivrogne renfrogné sur ses propres malheurs.

« C’est pour ça que t’es revenue, n’est-ce pas ? Parce que tu l’as senti. » Il resserre sa propre poigne sur le poignet d’Estelle, pas assez pour le briser, mais assez pour lui prouver à son tour sa propre force. Que s’il l’avait voulu, il aurait pu se dégager, tout à l’heure, de ses doigts crispés sur son visage. « Tu l’as senti. Ça a piqué ta curiosité. Alors t’es revenue. » Il se penche. Il sent son souffle sur son visage, dont les traits sont figés par le ressentiment. « Je te connais assez maintenant pour savoir que normalement, t’aurais pas dû. Même si je me suis trompé sur d’autres choses, ça, je sais que j’ai pas tort. N’est-ce pas ? Quelqu’un qui te rembarres, tu ne le revoies plus jamais. Ou tu le condamnes, non ? » Il ne sait pas ce qu’elle est. Un ange, un démon… une déesse. Et ça n’a pas vraiment d’importance, à ce moment. Il sait seulement qu’elle est revenue pour ça. Juste intéressée. Peut-être qu’en fait, il a été le seul à voir une amitié, un peu d’affection ou de respect entre eux. Peut-être qu’elle, elle s’est juste servie de lui, comme tous les autres. Ce ne serait pas étonnant. Encore une fois.

« Et toi, t’attends quoi de moi, hein ? »

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Souffle de connaissance : Capacité d'insuffler la connaissance de son destin à une personne par la pensée. En règle générale, elle choisit de ne montrer que quelques bribes de ce futur prévu, ce dernier n'étant pas définitivement scellé.
Manipulation de l'espace temps : Contrôle du temps (ralentir, accélérer, arrêter ou voyager dans celui-ci) ; mais aussi de l'espace par la téléportation. Ce pouvoir nécessite une intense concentration et l'affaiblit profondément lorsqu'elle l'utilise.
weapon : Balle du Destin : lancée sur le sol, elle paralyse tous ceux qui se trouvent dans un rayon de 10m là où la balle est tombée ; la paralysie dure quelques secondes, suffisamment pour laisser à la déesse Tyché le temps de manipuler le destin pour changer la situation. Lancée directement sur une personne, elle octroiera chance ou malchance pendant une bonne heure, selon le bon vouloir du lanceur. Elle trouve toujours un moyen de revenir à son propriétaire. - Compétence : Cercle d'Hermès
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Sujet: Re: destins | estelle Dim 8 Juil - 20:42 ()
Destins


Le port de tête se fit plus altier, le regard plus dur. Elle le toisa, de toute sa hauteur. Et même s'il était un peu plus grand qu'elle, son charisme de déesse et son égo lui donnèrent l'impression de le dominer. Leur proximité la dérangea soudainement. Cela n'avait plus rien à voir avec celle qu'ils avaient partagé lors de leur danse. Mais elle permettrait au moins au surnaturel d'entendre très clairement ce qu'elle s'apprêtait à lui répondre. Les mots claquèrent, surplombant les bruits parasites qui faisaient l'ambiance du casino. Cruels. Inhumains.

    « Je n'attends plus rien de toi Maddox. Tu viens de tout gâcher. »

Ses mâchoires se resserrèrent à la fin de sa phrase et il put peut-être remarquer la tension qui la parcourait à cet instant. Contrairement à lui, elle n'hésita pas à lui prouver qu'elle pouvait se dégager. Les doigts autour de son poignet l'enserraient avec force, c'était vrai, et l'humaine qui l'hébergeait en souffrit légèrement. Mais elle était une déesse et même si elle ne savait pas ce qu'était exactement Maddox, elle ne doutait pas de pouvoir le repousser. D'un mouvement du poignet elle se libéra de son étreinte, retrouvant sa liberté de mouvement. Son collègue barmaid choisit cet instant précis pour tousser de manière forcée. Sortant de sa transe, elle remarqua seulement alors qu'ils étaient observés et que des murmures commençaient à s'élever parmi les clients. Pas ici. Posant sa paume sur le torse de Maddox, elle le repoussa, attrapant l'un de ses poignets pour l'entraîner avec elle vers la porte située derrière eux, à l'extrémité du bar. Ouvrant violemment la porte battante, elle s'engouffra dans une pièce assez petite qui servait à stocker les cartons d'alcool à proximité du bar, au cas où ils viendraient à en manquer. Ses doigts ne lâchèrent Maddox que lorsque la porte se fut refermée et qu'elle fut sûre d'être à l'abri des oreilles et des regards indiscrets. Faisant volte-face, elle se retrouva nez-à-nez avec lui et constata que sa colère n'avait pas diminuée. Si ses yeux clairs lançaient des éclairs, sa voix resta dure tandis que les mots sifflaient entre ses lèvres.

    « T'as raison en fait, je pense pas qu'on n'ait jamais été amis. Parce que des vrais amis s'échangent leurs numéros, non ? Crois-le ou non, j'étais persuadée d'avoir le tien. Parce que si tu me l'avais demandé, je te l'aurais donné. Mais t'étais peut-être trop à côté de tes pompes et à l'ouest pour seulement penser à me poser la question. »

S'ils avaient pu tout de même avoir quelques discussions lorsqu'il était sobre depuis le temps qu'il fréquentait le casino, il restait vrai que la plupart du temps, quand elle le voyait, il était dans un état second. Il pouvait bien l'accuser de le préférer défoncé, il ne lui avait que rarement montré un autre visage. Peut-être parce que, dans son esprit, elle ne restait qu'une bonne copine qui pouvait lui filer de l'alcool. Elle ne savait pas mais ce n'était pas très flatteur en tout cas. Alors il pouvait bien lui faire des grands discours sur l'amitié et lui faire tous les reproches qu'il voulait, ce n'était pas elle qui venait le voir chaque fois complètement bourrée à se morfondre. C'était peut-être un peu de sa faute, effectivement. Il n'avait pas menti sur la marchandise en tout cas puisque c'était exactement de cette manière qu'ils s'étaient rencontrés. Il visait juste quand il supposait qu'en temps normal elle ne serait pas revenue vers lui.

    « Je l'ai senti oui. Je l'ai senti et c'est pour ça que je suis revenue, je ne m'en cache pas. Si je n'avais pas eu cette sensation, je t'aurai laissé cuver dans ton coin. Est-ce que ça change quelque chose à la suite ? Pas pour moi. Ça a attiré ma curiosité, sans aucun doute, mais ce n'est pas ça qui t'a défini à mes yeux. Pour preuve, je n'ai jamais fait la moindre allusion et je ne t'ai jamais posé la moindre question. Parce que ce que tu étais ne m'intéressait pas. Ça m'a attiré, oui, ça a sûrement donné une deuxième chance à cette première approche ratée, sûrement. Mais ça s'est arrêté là. Ce n'est pas ça qui a fait qu'on a sympathisé ni que les soirs me paraissaient un peu moins longs quand tu étais assis au bar. Ce n'est pas ça non plus qui a fait que j'ai apprécié ta compagnie et nos discussions. Notre danse, aussi... »

Et comme elle parlait, elle se rendit compte que la colère s'estompait et qu'un autre sentiment, plus amer, prenait sa place. L'étincelle haineuse s'éteignit dans ses yeux. Elle secoua négativement la tête, lâchant un soupir dépité. Ses pupilles claires revinrent chercher celles de Maddox. Elle les sonda une seconde, ne doutant pas qu'il pourrait y lire toute la déception qui l'envahissait.

    « Je l'ai déjà dit mais je t'en ai même pas voulu, quand tu m'as laissée ce soir-là. Par contre ce que t'es en train de faire, de dire et d'insinuer là... »

Elle ne put s'empêcher de secouer de nouveau la tête. Pour la première fois peut-être depuis qu'elle occupait le corps d'Estelle, elle se sentit mal. Il y avait cette boule au fond de sa gorge. Ses yeux qui piquaient. Elle ne supportait pas l'idée qu'il remette en cause tous les moments agréables qu'ils avaient pu partagés. Juste parce qu'elle n'avait pas réagi comme il l'aurait souhaité, ou parce qu'elle était revenue vers lui dans un premier temps uniquement pour sa condition de surnaturel. Tyché avait toujours été indépendante et plutôt solidaire et Maddox venait de lui rappeler pourquoi. Elle détestait devoir se conformer à ce qu'on pouvait attendre d'elle. Elle était, point. Si cela ne convenait pas, c'était pareil. Sauf que, quand les autres étaient importants, c'était plus difficile d'accepter qu'ils pouvaient, justement, ne pas vous accepter pour ce que vous étiez. Espérer toujours plus de vous, en demander toujours plus et ne jamais se contenter de ce que vous pouviez offrir. Qu'elle le veuille ou non, Maddox faisait partie des personnes pour lesquelles elle avait de l'estime depuis qu'elle était revenue dans ce corps. Sinon, elle n'aurait pas été aussi désabusée, non ? Reculant de quelques pas pour s'éloigner de lui, elle s'appuya sur la première étagère qui rencontra son dos et qui voulut bien la soutenir. Quel gâchis...
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nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Sujet: Re: destins | estelle Sam 1 Sep - 15:07 ()

« De vrais amis. » Il cherche dans son regard, il sonde jusqu’à son âme, et il ne voit que la colère, qui résonne en écho à la sienne. C’est une sensation très étrange. Etrange, parce que vain. Complètement vain. La colère est un sentiment vain, et là, maintenant, il la ressent comme une faiblesse. Et comme une arme, pour blesser l’autre. Mais elle le consume. Elle le consume, parce qu’il se sent trahi ; elle le consume, parce qu’il est blessé.

Il a le même réflexe qu’elle, quand l’autre barmaid attire leur attention : il regarde autour de lui, et sent enfler en lui son brasier personnel tandis qu’il se rend compte être leur objet d’attention. Avant qu’il n’ait le temps de réagir, Estelle le traîne dans la réserve et claque la porte derrière lui. Il y fait sombre, et elle oblige à la proximité. Quand il se retourne, elle est à quelques centimètres de lui, et ses prunelles incandescentes lui brûlent le visage. Et elle parle. Et à mesure que ses mots sortent de sa bouche, il voit sa colère à elle s’essouffler. Il voit son regard perdre de ses flammes, il voit les traits de son visage s’affaisser. Et il voit la déception. La déception, c’est ce qu’il connaît et reconnaît le mieux. La déception, c’est ce sentiment qu’il voit si souvent se peindre sur le visage de son interlocuteur. Les Templiers, qui le contemplent avec déception et mépris mélangés, tandis que sa réputation le précède, et qu’ils estiment avoir été dupés par Destin. Les anges, ses confrères, qui ne croient pas en lui, qui ne croient plus en lui. Et même sa fille, parfois, qui le poignarde au cœur quand la déception s’empare d’elle. Et Estelle, désormais.

Et lui-même, peut-être, est déçu.

« OK. » Il croise les bras sur sa poitrine, et son regard embrasse la pièce tandis qu’il rassemble ses pensées. Dans son ventre, il y a encore des flammes sur des braises, mais ce n’est plus la même chose. C’est un truc qui le ronge, parce que le sentiment de trahison reste encore accroché à ses tripes. C’est maintenant qu’il se rend compte que son passé d’archange, qui ne l’avait jamais dérangé Là-haut, est devenu un poids dans son humanité. Il est là, dans ses pensées et dans son cœur, et joue un premier rôle dans la mascarade qu’est devenu son existence : il nargue, il beugle, il s’accroche à ses épaules et le fait basculer dans un univers chaotique où ses émotions règnent. Le mépris, le rejet, le ressentiment, la rancœur, sa réputation et son exclusion. Le seul ange en qui il avait confiance, qu’on lui a arraché. Son lieutenant, qui l’avait abandonné. Et même son frère, pas toujours d’accord avec lui. Là-haut, ça n’avait jamais eu d’importance.

Maintenant, c’est différent.

« Je crois qu’on a merdé tous les deux. Je crois qu’on n’est vraiment pas fait pour être humain. » Il en parle comme d’un fait établi, car désormais, il en a la certitude. Il ne cherche même pas à la piéger, pour savoir à quel camp elle appartient ; non, il ne fait qu’établir qu’ils se sont tous les deux plantés. « Toi aussi, tu aurais pu faire ces choses que tu me reproches de ne pas avoir faites. Et tu aurais pu aussi me sortir de ça. » Il désigne les cartons autour de lui, et par extension l’alcool qu’ils contiennent. « Mais c'était pas ton rôle. J’ai pété les plombs et j’ai trouvé que ça pour ne pas devenir complètement fou. Alors, oui, tu m’as toujours vu complètement à l’ouest et je m’excuse de t’avoir accusé de me préférer défoncé. C’était entièrement ma faute. » Il a la mâchoire toujours contractée, il ne digère toujours pas le sentiment d’avoir été trahi. Comme il ne digère pas d’avoir agi comme un abruti.

Car c’est ça, en réalité. Un caprice. Un putain de caprice. Parce qu’elle n’a pas accepté ses excuses, comme il s’y était attendu, et qu’au contraire, elle lui avait reproché de ne pas être venu plus tôt. Mais là aussi, il avait ses raisons ! Qui, des deux, en réalité, avait été le plus lésé dans cette histoire ? Ou peut-être l’étaient-ils autant tous les deux. Déçus tous les deux par le comportement de l’autre.

Il lève les yeux et cherche son regard. Elle ne l’a pas détourné de lui. « En fait… Je crois que c’est la première discussion sérieuse qu’on a ensemble. » Il se rappelle tout ce qu’ils avaient vécus ensemble, ces moments où, même ivre, il avait aimé être en sa compagnie. Où il s’était comporté comme il en avait envie, parfois comme un parfait abruti – souvent en vérité –, mais des moments qui comptaient. Qui comptent encore. Mais aucune de ces fois-là, ils n’avaient vraiment parlé à cœur ouvert. Et c’est là, à cet instant, qu’il se rend compte qu’il se fiche, lui aussi, de savoir à quels surnaturels elle appartient.

« Je te propose un truc. Maintenant qu’on sait tous les deux qu’on ne vient pas de ce monde, on recommence sur ces bases. » Une pause. « Ou on en reste là et on se prend la tête comme on est sans doute censés le faire, car j’ai le sentiment que tu n’es pas des miens. » Il est un peu plus calme, sa respiration s’est apaisée. Bien sûr, la méfiance n’a pas disparu, pas plus que les braises de son ressentiment. Mais, au moins, il n’est plus en colère. Peut-être un peu froid, mais plus aussi brûlant de rage.

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Souffle de connaissance : Capacité d'insuffler la connaissance de son destin à une personne par la pensée. En règle générale, elle choisit de ne montrer que quelques bribes de ce futur prévu, ce dernier n'étant pas définitivement scellé.
Manipulation de l'espace temps : Contrôle du temps (ralentir, accélérer, arrêter ou voyager dans celui-ci) ; mais aussi de l'espace par la téléportation. Ce pouvoir nécessite une intense concentration et l'affaiblit profondément lorsqu'elle l'utilise.
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Sujet: Re: destins | estelle Ven 7 Sep - 23:54 ()
Destins


Elle était étrange, cette sensation. Ça creusait le cœur. Ça le crevait aussi. Ça bouffait les tripes. Ça les tordait aussi. Et elle détestait ça. Elle détestait se sentir si mal. Se sentir si faible. Si humaine. Il n'y avait que les humains qui ressentaient autant. Il n'y avait que les humains qui souffraient autant. Et Dieu savait qu'elle n'était pas une humaine. Elle était Tyché. La grande Tyché. La déesse du destin, celle qui décidait, de tout et pour tous. Elle décidait, sans savoir si cela plairait, si cela rendrait heureux ou malheureux. Parce qu'elle se fichait de savoir. Il n'y avait pas d'histoire de mérite, de valeur ou de karma. Il n'y avait que ses choix, implacables, impitoyables, impassibles et même cruels parfois. Parce que les sentiments n'entraient pas en compte dans l'équation. Le destin était aveugle et sourd aux prières et aux supplications. Il se déroulait, comme elle le décidait. Et cela lui allait très bien comme ça. Elle n'avait pas à se soucier de ce qu'on pouvait penser d'elle. Qu'on l'aime, qu'on la craigne ou qu'on la haïsse. Tant qu'on la reconnaissait et qu'on la vénérait quand elle apportait la chance. Ce ne pouvait pas toujours être le cas, évidemment. Mais alors, elle se fichait des humains qui pleuraient et l'imploraient de les épargner, se confortant dans l'idée qu'elle n'était pas là pour faire leur bonheur à tous mais pour guider la barque de ce monde. Et il lui était de plus en plus difficile d'agir ainsi. Parce qu'elle était dans le corps d'une humaine qui subissait tous les assauts de ces vagues d'émotions. Dont les muscles, les nerfs et le cœur se contractaient quand ça n'allait pas. Dont le souffle, les mots et les pensées se coupaient quand la colère la quittait. Et c'était ça, cette sensation. Comme un vertige, une chute libre. Parce qu'elle venait d'expulser au visage de Maddox ce qui la rongeait et qui n'avait cessé de grandir depuis ces quelques minutes où tout avait dérapé. Et si elle était effectivement déçue de la tournure que prenait sa relation avec lui, elle se sentait à présent étrangement vide. Fatiguée et lasse.

Elle resta d'ailleurs parfaitement silencieuse après son petit discours, ne voyant pas bien ce qu'elle aurait pu ajouter de plus. Muette, elle se contentait de contempler le fil de leur amitié qui s'étiolait comme les secondes passaient, l'éloignement qui se créait. Lorsque lui reprit la parole, elle ne réagit pas immédiatement. Pourtant, il avait bougrement raison. Ils n'étaient pas faits pour être humains. Ça aurait même pu être drôle si elle n'avait pas eu le cœur si lourd. Pas de rictus donc, seul son stoïcisme transparaissait. Elle n'eut pas plus de réaction quand il retourna ses reproches contre elle, l'accusant de ne l'avoir pas aidé. La seule pensée qui lui vint fut : en quel honneur ? Et une petite voix pernicieuse lui souffla : parce qu'ils étaient censés être amis. Hum. Un partout. Mais déjà il lui ôtait cette culpabilité en assurant que ce n'était à elle de le sortir de là. Il avait beau le dire, maintenant qu'elle y réfléchissait, si, elle aurait pu essayer de l'aider. Sauf qu'elle ne savait pas. Ce que c'était qu'être un vrai et profond ami. Comment aurait-elle pu le savoir ? Elle avait foulé cette Terre des milliers d'années en ayant toujours eu beaucoup de mal à se lier à quiconque. Et le voilà qui s'excusait d'avoir insinué qu'elle pouvait le préférer dans un état second. Et elle voyait à son visage crispé qu'il était difficile pour lui de sortir ces mots. De les assumer. Elle n'aurait sûrement pas fait mieux à sa place... Pour toute réponse, la brune se contenta de hocher vaguement la tête. Si la colère avait pratiquement disparu, l'amertume avait plus de mal à s'effacer. Ce goût âcre lui restait au fond de la gorge et elle ne savait pas si ou quand il pourrait partir. Pourtant, il s'atténua, un peu, quand les yeux clairs de Maddox croisèrent les siens.

Leur première discussion sérieuse. Durant une seconde, elle s'échappa, retraçant toutes celles qu'ils avaient pu avoir. Des premières, agressives, aux dernières, plus légères, badines. Et elle se rappelait comme elle les avait appréciées. Comme elles l'avaient aidé à supporter ce travail qui était presque dégradant pour elle. Comme les heures derrière ce bar étaient passées beaucoup plus vite quand il y était assis. Mais il avait raison. Il n'y en avait jamais vraiment eu de sérieuses. Pour se dire quoi ? Elle n'était pas censée savoir qu'il était plus qu'un humain. Et lui ne savait pas qu'elle n'était pas qu'une humaine. Ce n'était plus le cas. Elle ne savait pas si c'était une bonne chose ou non. Si c'était dangereux ou non, mais c'était là. A présent ils savaient, tous les deux. Pas dans les détails, mais le principal. Ils étaient plus que ce qu'ils ne paraissaient. Cela n'avait rien changé jusque-là pour elle. Et pour lui ? A sa grande surprise, non. Du moins, c'était ce que laisser supposer sa proposition. Il suggérait de repartir de zéro. Plus ou moins. En ayant en tête ce qu'ils savaient à présent. Ou ils se faisaient la guerre, comme ils auraient certainement du le faire. Un geste. La poupée brune se ranima.

    « Je n'ai pas envie de me battre avec toi Maddox. »

C'était sorti sans qu'elle n'ait le temps de le réfléchir. Impulsif. Véritable. Elle ne voulait pas se chamailler avec lui sous prétexte qu'ils n'appartenaient pas au même camp. Elle se garda d'ailleurs bien d'évoquer ce sujet. Elle ne savait pas ce qu'il était, à quel camp il appartenait. Elle pouvait déjà affirmer qu'il n'était pas un dieu maudit, l'ayant côté avant le deuxième Grand Retour. Pourtant, elle ne pensait pas qu'il appartenait à son panthéon. Elle ne pouvait pas en être sûre mais quelque chose le lui disait. Elle le sentait. Ange ou démon alors. C'était ce qu'elle avait toujours imaginé. Mais jamais elle n'avait eu envie de lui demander. Qu'est-ce que ça aurait changé ? Pas grand chose. Encore chancelante, elle resta appuyée contre son étagère bienfaitrice, restant là à le fixer quelques secondes encore. S'interrogeant.

    « Recommençons. Sans mensonges. Toi comme moi savons maintenant - presque - ce que nous sommes. Ce que nous ne sommes pas en tout cas. Et parce que nous ne le sommes pas, j'avoue sans honte que je ne sais pas ce que nous devons faire à présent. Comment le faire. J'aimerais effacer le souvenir de cette violence qu'on vient de vivre mais c'est encore là. Et je ne suis pas sûre que ça disparaîtra simplement parce que j'en ai envie. Je ne suis pas humaine, ni faite pour l'être, certainement. N'empêche, je viens de ressentir des choses et de me les prendre en pleine tête et je ne pensais pas que ça aurait pu m'affecter à ce point. Que ça aurait pu me faire me sentir aussi... mal. »

Une grimace lui tordit les lèvres comme elle devinait encore l'aigreur sous-jacente. Comme une plaie qu'on aimerait vite soigner mais qui restait, pour l'heure, à vif. Son visage se baissa comme elle secouait doucement la tête, remuant ses boucles brunes avant de se mettre à fixer le sol. Un ricanement s'échappa de ses lèvres, caustique.

    « Qu'est-ce que c'est compliqué les humains... »

Et comme un sourire penaud reprenait place sur le coin de sa bouche, elle releva son regard vers lui. A présent, elle se sentait ridicule. Ridiculement humaine. Dans un geste nerveux, elle se frotta le bras d'une main, coulant vers Maddox des pupilles emplies d'espérance à laquelle se mêlaient toutes ses incertitudes.

    « Si tu as la moindre idée pour faire partir... tout ça, et qu'on puisse réellement repartir sur des bases saines, je suis preneuse... »

Mais peut-être n'aurait-il pas plus de solutions qu'elle, auquel cas elle craignait que seul le temps pourrait étouffer cette sensation désagréable qui l'étreignait encore.
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the mighty bush : résurrection d'âme. général des légions angéliques, il est de ceux qui proposent le choix aux humains en mort imminente, qui remplit les rangs de la Cité d'Argent. Il profite de l'instant pour choisir ses anges ; les siens, qu'il appelle les Gardiens. Il recueille les âmes des mortels en expérience de mort imminente et leur propose un choix : mourir, ou se réincarner en ange. C'est un nettoyeur d'âme, un recruteur.

nécromancie. les morts le hantent. Il ignore d'où provient ce pouvoir, il ne l'a jamais possédé, et ignore encore moins comment l'utiliser - les souvenirs des autres, il ne les possède que par pur accident. Peut-être est-ce une punition pour tout ceux qu'il a sacrifié au nom de ses desseins humanitaires, peut-être est-ce une justice, un bon vieux retour de karma. Dieu n'est pas là pour lui répondre.
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Sujet: Re: destins | estelle Ven 5 Oct - 23:11 ()

« Qu'est-ce que c'est compliqué les humains... »
« Je ne te le fais pas dire. » Il marque une pause, arque un sourcil et soupire. « Je ne me ferais jamais à leurs expressions non plus, je crois. »

Elle est aussi larguée que lui. Aussi tributaire d’un cœur qu’ils n’ont jamais connu, aussi victime d’une âme trop lourde, aussi soumise aux caprices d’un caractère qu’ils découvraient. Quatre ans, et ils sont toujours dans l’incapacité de gérer ce qu’ils n’ont jamais appris en une éternité. Pas foutus d’être maîtres d’eux-mêmes. Lui, il l’avait noyé dans l’alcool et l’avait perdu dans les jeux de hasard. Parfois même dans de la drogue – ça avait été marrant deux ou trois fois, mais la descente a été sacrément dure – ; mais elle ? Il ne sait pas. Parce qu’il ne le lui a jamais demandé.

« Si tu as la moindre idée pour faire partir... tout ça, et qu'on puisse réellement repartir sur des bases saines, je suis preneuse... »
« Pas la moindre. J’ai tout essayé – t’as vu où m’a mené l’une de mes solutions – mais, rien. Quelqu’un a fini par me dire qu’il n’y avait que le temps. » Il balaie négligemment d’un geste cette supposition. « Le temps, comme si on en avait pas assez mangé. Et c’est d’autant plus incompréhensible que le temps, eux, ils en manquent. Tout le temps. » Il se fige, puis lève les yeux au ciel. « Belle ironie. »

Il fait tourner la chevalière de Maddox, frappée d’un C majuscule ouvragé, autour de son doigt. Bien qu’elle appartienne à l’identité de l’humain dont il a pris la place, il ne s’est jamais résolu à la laisser sur la table de chevet ; une façon de rendre hommage à l’homme qui n’a rien demandé et qui a été gentiment remplacé par un archange, par caprice d’une quelconque force supérieure.

« Cette chevalière me rappelle la dette que j’ai envers Maddox. Je me sens obligé de parvenir à vivre comme un humain, comme lui, pour faire perdurer son esprit. Tu devines que les résultats n’ont pas été très concluants. » Il passe une main nerveuse dans ses cheveux. Il se rappelle que c'est un tic de Maddox, dont il a hérité. « Je ne comprends ni l’affection, ni la colère, ni le chagrin, même après quatre ans dans ce monde. Mais j’ai bien compris qu’on est condamné à vivre avec. »

Le silence n’est pas oppressant. Il est même presque réconfortant, parce qu’il sent la tension disparaître, peu à peu, comme un fil d’une pelote de laine qu’on déroule. Du doigt, il suit négligemment les angles des cartons, et ses prunelles s’arrêtent de temps en temps sur le nom des produits étalés sur les flancs, pendant que ces secondes silencieuses s’égrènent entre eux. C’est comme une ardoise qu’on efface, ces secondes. Leur ardoise.

« Je veux te proposer quelque chose. »

Il ignore si c’est une bonne idée. Il ignore où ça les mènera. Peut-être qu’ils se retrouveront dans une impasse de ce genre, avec une échappatoire ; peut-être qu’ils se retrouveront dans une véritable impasse ; ou peut-être qu’ils se retrouveront sur une nouvelle piste, une nouvelle route, quelque chose qui déboucherait quelque part. Ca, à défaut de parvenir à contrôler son cœur, Absolem savait faire. C’est sa mission. Son devoir. Ce pour quoi il a été créé. Il sait faire ; il l’a toujours fait. Provoquer. Provoquer une réaction en chaîne, aviser, changer les plans, rebondir, obtenir ce qu’il cherche, ou trouver autre chose. Et continuer à avancer. Toujours. C’est vrai que parfois, il n’a pas donné de seconde chance. Mais selon les humains, tout le monde y a droit.

« On n’a pas la moindre idée de comment faire pour être humains. Et si on apprenait ensemble ? »

Ca avait l’air complètement fou, dis comme ça. Le genre de truc que personne ne prend au sérieux. Les palabres d’un pauvre hère qui ne sait plus ce qu’il dit. Mais chez eux, c’est une réalité. Et pourquoi pas, après tout ? Ils tâtaient tous deux des sentiments qui les dépassaient, et venaient tout juste d’en faire les frais. Ils étaient aussi épuisés l’un que l’autre.

« Sincèrement, là, maintenant, je me fiche un peu de savoir à quel camp tu appartiens. Ca ne fera que… compliquer les choses. Ca a été assez éprouvant comme ça, et je… » Une pause. « Je ne veux pas continuer à me battre contre toi, moi non plus. C’est assez pénible de le faire avec ceux dont je connais l’origine, et avec le reste des humains qui sont trop… humains, justement, pour en rajouter. Et puis, on… on était bien, quand on était juste humains. Alors, tu seras Estelle, et je serais Maddox. Rien de plus. »

Il laisse planer un moment de silence. Lui-même réfléchit à ce qu’il vient de dire, mais il a envisagé toutes les possibilités. Il maîtrise la situation dans tous ses tenants et ses aboutissants. Reste à savoir ce qu’il se passera entre le début et la fin… Puisque Absolem ne peut plus maîtriser le destin de l’Humanité, il maîtrisera au moins le sien.

« Apprenons à être des amis. Ça te tente ? »

@Estelle T. Delerne

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Sujet: Re: destins | estelle Ven 2 Nov - 16:42 ()
Destins


Il ne savait pas. Pas plus qu'elle. Il ne savait pas comment ils pouvaient faire pour se débarrasser de ces sensations qu'ils venaient de faire surgir, comment effacer ces impressions qui leur enserraient les chairs, comment, sans oublier, utiliser ce qu'ils venaient de vivre pour recommencer, comment faire pour bâtir cette amitié qu'ils décidaient maintenant qu'ils savaient qu'ils étaient tous deux surnaturels. Il n'y avait que le temps, disait-il. Ce même temps, traitre, qui s'écoulait trop vivement, qui faisait défiler les jours et les années. Cela faisait déjà quatre ans qu'elle occupait ce corps. Et pourtant, aux vues de ce qu'elle avait déjà vécu, cela lui paraissait comme des secondes. Elle ne s'était toujours pas habituée, ne savait pas comment réagir, quelles étaient les bonnes attitudes à adopter. Peut-être n'y en avait-il pas, tout simplement. Et il faudrait compter sur ce temps qui s’égrainait pour chasser ces mauvais ressentis ? Pourtant ils le constataient, jusque-là, le temps n'avait fait que les séparer. Il n'était pas venu la voir après leur danse au bar, pourtant il lui semblait que ces quelques jours écoulés avaient suffi à creuser un fossé entre deux. Alors, si aujourd'hui ils décidaient de laisser faire le temps, n'en serait-il pas de même ? Est-ce qu'ils ne finiraient pas tout simplement par s'éloigner ? Les mots crachés et leur douleur seraient occultés, effectivement, mais elle craignait qu'il n'en soit de même pour leur proximité. Heureusement, Maddox ne semblait pas convaincu lui non plus par cette méthode. Ce n'était qu'une belle ironie, il avait raison.

Comme il l'évoquait, ses yeux se portèrent sur la chevalière qu'il portait au doigt. Elle lui venait de Maddox, du vrai Maddox. Et comme il parlait, elle comprenait qu'il la gardait aux doigts pour se rappeler et honorer la vie de l'humain qu'il avait prise en arrivant. Elle l'avait toujours vu avec, c'était vrai. Pourtant, il jugeait qu'il avait échoué. Parce qu'il n'arrivait pas à vivre comme lui, comme un humain. Parce que, s'ils ressentaient les mêmes choses, il ne les comprenait pas. Les sentiments n'étaient que des mots qu'il avait du mal à interpréter. Il en était de même pour elle à la différence près qu'elle ne se sentait pas vraiment investie d'une mission en ce qui concernait Estelle. A moins que ? Il était vrai que quand elle avait pris sa possession, la pauvrette vivait sous les ponts, sans le sous et sans réels amis. Elle ne savait même pas si elle avait une famille toujours vivante. Elle l'avait pourtant sortie de là, trouvé un travail puis un appart. Pour elle-même, mais peut-être aussi pour l'humaine. Lui donner une revanche sur la triste vie qu'elle avait eu jusque-là. Elle ne savait pourtant pas si elle avait été heureuse ou non, pourquoi pas ? Elle avait rencontré quelques âmes qui avaient croisé Estelle par le passé et elle avait cru comprendre que c'était une bonne âme. Aussi Tyché tentait-elle de lui offrir une meilleure vie, un peu de réconfort. A moins que ce ne soit parce qu'elle-même ne supportait pas de vivre aussi diminuée, pas alors qu'elle était une déesse. Elle était restée pourtant, les premiers mois. Elle était restée dans la rue pour essayer de comprendre le mode de vie de cette jeune femme mais elle avait fini par en sortir. Parce que ce n'était pas elle, tout simplement. Ses raisons étaient-elles bonnes ou mauvaises, elle n'en savait rien. Toujours était-il, elle n'avait pas l'impression de subir autant que Maddox le souvenir de l'humain qui avait habité ce corps, quand bien même elle croisait son visage chaque matin dans le miroir. C'était peut-être pour ça aussi qu'il avait fini dans des états pas possibles, peut-être supportait-il moins bien qu'elle d'avoir arraché cette vie. Elle le lui demanderait peut-être, plus tard. Pour l'heure, il la sortait de ses pensées comme il annonçait vouloir lui proposer quelque chose.

Il lui proposait d'apprendre à être humains, ensemble. D'autres à sa place auraient écarquillé les yeux ou se seraient mis à rire en trouvant l'idée saugrenue ; d'autres encore auraient levé les yeux au ciel en arguant que c'était impossible, pas après ce qu'ils venaient de se dire, pas sans savoir leurs réelles identités. Il en fut autrement pour Tyché. Une nouvelle lueur d'intérêt s'alluma dans ses prunelles. Elle trouvait l'idée intéressante. Elle ne savait pas si cela serait possible, s'ils pourraient vraiment le faire mais ça se tentait. Ce serait peut-être difficile. Comme il le rappelait, ils ne savaient pas à quel camp l'autre appartenait. Et si elle s'en fichait royalement, elle pouvait comprendre que cela pouvait avoir de l'importance pour lui. Puisqu'elle le soupçonnait ange ou démon, elle savait pertinent qu'elle serait, quoiqu'il arrive, son ennemie. Si l'on suivait les raisonnements simples en tout cas. La réalité était un peu plus subtile que ça... Mais découvrir qu'elle était un peu plus que ce qu'elle ne paraissait avait été éprouvant pour lui et il... quoi ? Elle resta suspendue une seconde à ses lèvres, attentive, jusqu'à ce qu'il ne lâche qu'il ne voulait pas se battre lui non plus. Parce qu'il se battait déjà suffisamment avec les autres, et qu'ils étaient bien, quand ils n'étaient que Maddox et Estelle. Un mince sourire finit par réapparaître sur ses lèvres. Les terribles sensations qui l'avaient assaillie plus tôt, si elles n'avaient pas encore complètement disparues, s'estompaient et elle voyait une petite lueur d'espoir pour eux, pour leur amitié. Tout n'était peut-être pas gâché finalement. Il lui proposait d'apprendre à être amis. La brune resta encore immobile une seconde. Non pas qu'elle hésitait mais elle se laissait le temps de ressentir. De déceler la légèreté qui arrivait après toute cette lourdeur. Le calme après la tempête. Elle finit par laisser échapper un soupir qui expulsait définitivement les dernières traces de rancœur. Et soudain, elle se sentit un peu mieux. Plus sereine. Un peu plus joyeuse aussi. Peu à peu, son cœur se faisait plus léger, son sourire plus franc. Et, enhardie par cette nouvelle sensation qui l'envahissait, elle trouva le courage de se décoller de son étagère, n'ayant plus besoin d'être supportée par elle. Un pas, puis deux, avant de se retrouver face à Maddox.

    « Je suis pas sûre que c'est ce qu'auraient fait des amis mais... je tente. »

Elle sonda son regard pour s'assurer qu'il ne gardait plus aucune rancune et, sans en avoir vu la trace, elle finit par franchir le dernier pas pour passer ses bras autour de son cou et l'étreindre. Quelques secondes, pas plus. Elle se reculait déjà, maladroite. Comme elle l'avait dit, elle n'était pas sûre que son geste était la bonne chose à faire. Mais elle avait l'impression qu'ils avaient besoin de plus que des mots pour effacer définitivement ces dernières minutes. Un contact physique lui avait semblé la bonne chose à faire mais, maintenant qu'elle se séparait de lui, elle trouvait cela un peu étrange quand même. Il était peut-être finalement un peu tôt... Se mordillant vaguement la lèvre elle haussa les épaules, comme pour s'excuser de sa gaucherie.

    « J'imagine qu'on peut peut-être commencer par s'échanger nos téléphones. Ce ne fera que rattraper un malheureux oubli qui n'aurait pas du se produire. »

Parce qu'elle le côtoyait tellement souvent ici qu'elle pensait sincèrement qu'ils avaient le numéro de l'autre. Mais puisqu'elle avait appris aujourd'hui que ce n'était pas le cas, elle comptait bien rattraper cette erreur.

    « Et je te paie un verre. Sans alcool, si tu préfères. Ou avec... Comme tu veux. »

Ce n'était pas encore gagné. Elle espérait qu'elle n'allait pas enchaîner les bourdes longtemps, sinon Maddox allait bien vite regretter de lui avoir proposé son amitié ! Elle voulait lui montrer qu'elle n'avait pas besoin qu'il soit saoul pour qu'ils puissent discuter. Mais elle ne voulait pas non plus l'empêcher de prendre un remontant après ce qu'ils venaient de vivre. C'était d'ailleurs ce qu'elle-même comptait faire. Déjà, elle s'avançait vers la sortie de la réserve mais, avant de franchir la porte, elle se tourna vers Maddox. Si son sourire restait, elle n'en était pas moins sérieuse, le fantôme de leur dispute planant encore non loin.

    « Et, Maddox... Que ce soit parce que tu me laisses en plan pour éviter de m'embrasser, ou pour n'importe quelle raison... ne restons pas sans nous donner de nouvelles, d'accord ? J'ai l'impression que ça passe aussi par là, l'amitié. »

Et pour lui prouver définitivement qu'elle ne lui en voulait pas pour... tout ça, elle lui décocha un sourire un peu plus large, un peu plus franc, la lueur d'espièglerie ayant retrouvé sa place au fond de son regard. La boucle était bouclée. Maintenant, ils pouvaient aller boire un verre et tenter de construire leur nouvelle amitié.
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Sujet: Re: destins | estelle ()
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destins | estelle
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