boom bitch
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let the sky fall
Un accident d'avion, un trésor piégé et un équilibre mis à mal par l'arrivée de nouvelles forces dans le jeu d'ombres...
Voilà ce qui vous attend dans la nouvelle intrigue.
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Parfois, on a juste envie d'inaugurer un bâtiment tranquille. Malheureusement, on a souvent des invités surprise....
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 à nos amours passés | aymeric
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legends never die : démon du génie incompris et des fausses bonnes idées, prêtresse des solutions faciles et apôtre de la vérité qu'on ne veut pas entendre. lieutenant de discorde, ombre de malphas.
the mighty bush : Souffle de curiosité, ou plus couramment appelé curiosité mal placée. Pouvoir passif, il transforme son porteur en émetteur d’ondes poussant autrui à s’intéresser à tout et n’importe quoi, jusqu’à plein assouvissement de sa curiosité. La puissance du pouvoir dépend tout à la fois de son porteur – un émetteur timoré n’aura qu’une influence superficielle sur ceux qui l’entourent, au contraire d’une personne débordant de confiance en elle – et de l’exposition – plus une personne est exposée, plus la curiosité est intense. Les deux combinés peuvent créer de véritables obsessions… Dommage collatéral, ce souffle désinhibe : peu importe que les valeurs et les principes moraux soient implantés, gravés dans l’esprit de la victime, au bout d’un moment, ils céderont, tout simplement ; à moins d’être soustrait à temps de cette terrible influence.

Bien évidemment, Briffaut possède un souffle de curiosité naturellement puissant ; déjà en tant que démon, ensuite en tant que femme accomplie et particulièrement confiante. Peut-être même un peu trop, mais ça, c’est un autre sujet. Elle ne maîtrise pas son pouvoir, car passif, mais elle adore voir les autres y succomber : elle-même particulièrement curieuse, trouver des partenaires de jeu dans les recherches les plus improbables, voire carrément dangereuses, est une source inépuisable de distraction. Et elle adore voir ce que la curiosité mal placée peut provoquer en plein milieu d’un dîner de famille…
Allegeance : Malphas. Sa Mère, sa Reine, la Reine-mère. Depuis la destitution de Lucifer, Briffaut n'a plus à feindre la loyauté à Lucifer et agit librement ainsi qu'elle le veut sous la houlette de son Commandant.
these streets : Absolument tout : les anges, les démons, les dieux et leur mégalomanie galopante ; les révolutionnaires, les humains, les animaux, et les cafards qui leur survivront tous.
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Démons

Sujet: à nos amours passés | aymeric Jeu 14 Juin - 19:02 ()
Elle est d’une telle humeur qu’elle ne fait pas honte à sa réputation d’idiote du village.

Son sourire illumine son visage alors qu’elle traverse la rue d’un pas léger, un peu sautillant, qui fait virevolter autour de ses genoux sa jupe noire à volants. Il n’y a pas grand-monde, dans ces rues, et leur réputation les rendent infréquentables ; d’extérieur, une jeune femme au pied dansant et à l’allure si joliment mise détonne dans un tel décor mal famé. Le démon, lui, s’amuse de son allure de jeune première frivole inconsciente du danger, alors qu’elle rejoint nonchalamment le théâtre de l’Odéon.

Dire qu’elle ne l’a pas cherché serait un péché, même pour un démon. Elle connaît par cœur chaque endroit qu’il a l’habitude de fréquenter et a deviné ceux dont il ne parle pas ; de leur relation, elle a sans doute eu toutes les informations utiles pour une recherche à l’aveugle dans une ville aussi grande que Paris. Bien évidemment, elle aurait pu le suivre ; mais elle juge une telle méthode indigne d’elle. Briffaut aime le challenge. Elle aime les défis, et plus encore les accomplir haut la main ; comme ce jour-là, où elle le distingue, parmi les souvenirs d’un Paris d’antan.

Elle enlève ses escarpins avant qu’ils n’aient le temps de résonner entre les quatre murs blessés de l’endroit. Pieds nus, elle s’avance doucement vers lui, le nez en l’air, observant l’intérieur du théâtre dans lequel elle n’avait jamais mis les pieds auparavant. Tout ce qu’elle a pu apprendre sur les révolutionnaires lui a toujours été conté de leurs bouches, de ceux qu’elle a séduits, d’une façon ou d’une autre, qu’elle a manipulé, qu’elle a entraîné sur le terrain de la confiance. Bien sûr, chacun des révolutionnaires qu’elle a fréquentés a toujours parlé à demi-mots, mais ces demi-mots lui suffisent, car Briffaut est un limier aux talents perfectionnés par les siècles. Hanter est une seconde nature.

Le Grand Départ. Des coupures de journaux rassemblés sur un même tableau, traitant de ce phénomène inexpliqué ; les témoignages larmoyants, le désespoir fatigant, la catatonie déprimante exposés là, comme des poings levés contre le cruel tour du destin ou de quelque puissance de l’univers qui leur en voudrait tout particulièrement. Elle s’arrête devant un encart faisant état de la disparition de l’héritier de la famille Cartier, et songe à toutes ces apprenties héritières qu’un tel évènement a dû chambouler. Elle, par exemple, aurait sans doute fait comprendre au reste du monde sa profonde affliction de voir son plan d’avenir compromis à un si jeune âge. Elle sourit à cette idée. L’héritier, elle sait qu’il est revenu d’entre les morts, et sait également qu’il n’est pas habité par un démon. Quant à savoir qui, des anges ou des dieux, ont récupéré l’homme aux diamants, elle ne l’avait pas encore découvert.

Une petite enquête qui l’amusera sans doute, une fois que les plus grosses auront été résolues.

Aujourd’hui, elle n’est cependant pas là pour ça. Elle passe devant les autres tableaux fixés à des grilles de chantier et contemple la collection d’objets et de photos de la vieille Paris, celle qui nourrissait encore de l’innocence et de l’espoir pour le reste du monde, qui collait des cœurs sur ses cartes postales et accueillait une débauche de luxe et de vanité à nulle autre pareil. Elle voit le bâtiment d’Yves Saint-Laurent, et imagine Garance, derrière la baie vitrée de son bureau, dardant sur ce monde son œil nouveau de Reine des Enfers. Elle n’en sourit que davantage.

Les mains dans le dos, elle s’approche encore progressivement de lui. il ne l’a pas encore entendu ; de toute évidence, Briffaut est parvenue à contrôler le corps de Célestine suffisamment bien sur ce plan d’existence pour être discrète, même dans un tel environnement. Elle s’arrête juste derrière lui, dans son dos. Il est grand, une tête de plus qu’elle, et ses larges épaules, elle se souvient de la façon qu’elle avait de s’y accrocher. Ce torse, qu’elle devinait, sur lequel elle avait aimé dormir, sa tête posée là, tout contre son cœur ; ses bras, qui l’encerclaient parfois avec une force qui ne lui avait pas déplu. Elle s’y était sentie si bien, comme dans un cocon, presque en sécurité. Son sourire, rare, qu’elle adorait provoquer, parce qu’elle y parvenait enfin, et que c’était sa récompense, parce qu’elle le trouvait beau, si beau. Ses prunelles sombres et torturées dont elle imaginait les tourments et qu’elle caressait de doux mots, quand ils étaient bien trop tempétueux. Elle connaît par cœur les tatouages qui assombrissent sa peau, et pourrait les redessiner, là, comme ça, de mémoire.

Lui, elle l’avait séduit ; mais plus encore, elle l’avait aimé. Et elle l’aime encore, à sa façon ; parce qu’elle n’a pas mis fin à leur relation, parce que lui, l’avait fait. Elle l’avait accepté, en apparence, et un peu dans le principe aussi, parce qu’il était vrai que leur relation avait commencé à l’ennuyer un peu, mais elle n’avait pas été prête à ça. Prête à se faire larguer. Son ego en avait pris un coup. Et la démone n’était pas vraiment familière de ce genre de coup.

Elle l’avait laissé en paix, parce qu’elle avait eu d’autres chats à fouetter. Mais aujourd’hui, elle avait envie d’autre chose. De penser à autre chose qu’à une disparition, des anges énervés, une nouvelle Reine à la Cité de Dis et des dieux bannis de retour pour leur jouer un mauvais tour.

« Chaton ! » C’avait été le surnom qu’elle lui avait donné. Il n’a pas le temps de se retourner qu’elle se hisse sur la pointe des pieds, glisse ses bras le long de ses côtes et pose sa tête dans le creux de son épaule. « Je savais que je te trouverais là. »

@Aymeric G. Strauss
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the mighty bush : Contrôle de la douleur – Capacité à absorber comme à provoquer la douleur chez sa victime. C'est un pouvoir qui nécessite beaucoup d'énergie mais qui vit aussi au gré des humeurs de son propriétaire, l'obligeant à se maîtriser de son mieux. Il peut également transférer la douleur d'une personne à une autre... L'absorption de la douleur a tendance à laisser des marques sur ses propres nerfs tandis que le don de celle-ci va lui faire perdre de sa sensibilité.
Allegeance : Révolutionnaire, pour le meilleur et pour le pire. Il suivra ses frères jusque dans la Mort, s'il le faut. Il vit pour la Révolte, se bat pour la vérité. Aymeric est une constante dans l'univers rebelle, un roc qui ne bougera pas et auquel les autres peuvent se raccrocher quand ils ont besoin de se reposer, d'être réparé, voire même de retrouver la foi.
these streets : Il en sait ce que les citoyens les plus avisés savent, il sait qu'il se trame quelque chose, il sait que l'on ment aux parisiens et au reste du monde chaque jour. Il sait que certaines personnes ont des habilités particulières et connaît chacune des actions entreprises par les révolutionnaires. Il sait que le Maire n'est pas ce qu'il prétend être. Il sait qu'Ils découvriront le fin mot de l'histoire.
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Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric Sam 30 Juin - 20:07 ()
A nos amours passés
J't'ai maudite de trop t'aimer


A la mémoire des nos espoirs passés. La mine sombre et le regard métallique, la silhouette d'Aymeric se tient droite devant l'autel d'infortune de ce Paris d'autrefois. Et il soupire, la gueule pleine de regrets, à la recherche d'une vérité trop difficile à attraper... Ce n'est pas faute de lui courir après. De la mélancolie lui barbouille la tronche, à mesure qu'il contemple et qu'il se recueille. L'océan de souvenirs qui lui claque à la gueule par vagues n'épargne rien aux réminiscences de révolte et de violence. Les émeutes et les corps, dans les rues, les nuages de fumée lacrymogène et les toux presque sanglantes de ses compagnons de lutte. Il se rappelle, Aymeric, les hurlements du peuple et lui qui courait après le fantôme de sa sœur, qui courait comme il pouvait après un passé impossible à rattraper. Il se rappelle les premières réunions dans l'obscurité et, toujours, la rage qui leur collait à la peau. Sur quelques clichés au flou artistique, on devine sa carrure de géant et sa démarche d'alcoolique. Il se souvient l'incompréhension et la colère, noyées dans l'éthanol. Et puis le reste. Le reste, bien sûr, les sœurs Duval et les frères d'armes. Les premières nuits à gerber son manque. Et la rage. Et les cris. Et les répliques policières. Et puis la sobriété. Et le Grand Retour. L'incrédulité. Il se rappelle, le Grizzly, le regard paumé aux contours des photos un peu froissées. Il se rappelle de l'avoir cherchée, sa petite sœur bien aimée. Il se rappelle aussi l'arrivée de sa Blonde à Paris. Il se rappelle les dernières nuits, à gerber l'alcool ingéré. Il se rappelle le bordel, l'égarement, la souffrance. Les doutes, aussi, les siens et ceux de sa communauté, de son groupe. Il se souvient des discours du Maire et de toutes ces zones d'ombres impossibles à braver. Un éclair roux, qui se rappelle à la surface de ses incertitudes, qui lui fait froncer les sourcils. Oublier était plus facile, plus simple que de se rappeler et regretter. Oh, elle aussi, il l'avait aimée... Un grondement sourd lui échappe, pour effrayer le souvenir et l'obliger à se carapater... Il n'aime pas, cette bouffée étrange de nostalgie qui vient le prendre à la gorge, sans raison. Il n'aime pas, alors qu'il jurerait pouvoir sentir son odeur, son effluve entêtante. Il en aurait presque sa saveur dans la bouche.

« Chaton ! » Et le sursaut qui manque de le faire trembler, alors qu'il essaye de se retourner. Il a, c'est vrai, son parfum plein le museau. Il n'y a rien de magique, rien de prémonitoire. Il l'a sentie avant de l'entendre et de la ressentir, la terrible qui l'enlace et se coule à son dos. Célestine. « Je savais que je te trouverais là. » Le pire, c'est qu'il la croit. Et il se fige un peu, le géant, perdu entre ses spectres de regrets et une paire de bras qu'il connaît. Cette paire de bras là, il l'a aimée. Désespérément. Comme un putain de fou. C'est même pour ça qu'il l'a quittée, parce qu'il s'est surpris à trop l'aimer. Et qu'il ne pouvait pas, Aymeric, se protéger de ça... Il ne pouvait pas et il avait peur, de chuter. De rechuter, surtout. Il a eu la frousse de sa vie à trop la désirer, la rousse... Alors il est parti. C'était pas elle, c'était lui. Ils devraient rester amis. Il lui avait sorti toutes les conneries du registre, sans faillir ni défaillir. Bien sûr, ils ne sont pas restés amis, évidemment il a disparu dans la nuit. Affronter la distance était au dessus de ses forces et il lui en avait déjà fallu beaucoup pour se barrer comme un connard... Il a vécu longtemps avec le fantôme de la rouquine dans son plumard. Et voilà qu'elle est là, la belle échappée, à l'enlacer comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Il mentirait en affirmant qu'elle ne lui a pas manqué. Au moins un peu, sans doute beaucoup. Alors il soupire, encore. Lentement. Il soupire et il amène ses doigts de brute à la délicatesse de ses poignets diaphanes, décadenassant son étreinte pour détacher ses bras de sa carcasse. Son odeur danse la valse, en suspension dans l'air, jetant ses maléfices de sorcière. Et ça le bousille, un peu. Ça l'atteint plus qu'il ne l'avouera jamais, le clébard grincheux. Il se retourne, pourvu de cette même lenteur aux allures de délicatesse ou de maladresse. « Baby... » il murmure, le souffle hanté par ce vieux surnom. Et il y a ce sourire, ce sourire atroce et tendre qui lui barre la trogne, contre lequel il ne peut pas lutter, à mesure que les bouts de ses doigts se brûlent à caresser l'angle d'une joue, l'ombre d'une clavicule, le contour d'une épaule. « Qu'est-ce que tu fous là.. ? » La demande en interrogation légitime, un peu inquiète, vaguement protectrice. C'est qu'il n'aime pas l'imaginer déambuler dans des rues aussi malfamées, la douce. Trop belle pour la laideur du quartier, il en est persuadé. Et il recule, naturellement, essaye de sauver son âme de ses sortilèges en installant un pas ou deux de décence entre eux. « Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? » Tu me cherchais, n'est-ce pas?

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And I'm damned if I do and I'm damned if I don't So here's to drinks in the dark at the end of my road And I'm ready to suffer and I'm ready to hope It's a shot in the dark and right at my throat Looking for heaven, found the devil in me
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Bien évidemment, Briffaut possède un souffle de curiosité naturellement puissant ; déjà en tant que démon, ensuite en tant que femme accomplie et particulièrement confiante. Peut-être même un peu trop, mais ça, c’est un autre sujet. Elle ne maîtrise pas son pouvoir, car passif, mais elle adore voir les autres y succomber : elle-même particulièrement curieuse, trouver des partenaires de jeu dans les recherches les plus improbables, voire carrément dangereuses, est une source inépuisable de distraction. Et elle adore voir ce que la curiosité mal placée peut provoquer en plein milieu d’un dîner de famille…
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Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric Sam 1 Sep - 16:17 ()

Elle le laisse quitter son étreinte. Elle ne s’était pas attendue à une autre réaction, de toute façon. Il se retourne, et ses prunelles la scrute, et sentir son regard sur elle, de nouveau, après tout ce temps, la grise, la grise tellement. Parce qu’elle voit, dans ses yeux, qu’il n’a pas changé sa façon de la regarder. Parce qu’elle voit, dans son regard, toute la souffrance que provoque son apparition, sa réapparition, son intrusion dans sa vie.

Quand il l’avait quittée, il avait dégueulé toutes les conneries de rupture qu’on entendait à peu près dans toutes les histoires, celles qui veulent éviter de faire culpabiliser le quitté pour que le quittant puisse s’en aller sans lui-même s’en vouloir. Le genre de trucs infects à l’entente desquels elle levait les yeux au ciel. Elle-même en avait servi à nombre de ses conquêtes, mais au contraire des autres, elle ne s’en était jamais voulu, essentiellement parce qu’elle se foutait de savoir comment l’autre accueillerait la rupture. Elle rompait quand elle s’ennuyait, ça n’allait pas plus loin. Et puis, c’était comme ça : c’était son passe-temps. Séduire, triompher, abandonner. S’attacher un temps parce qu’elle était une amoureuse inconditionnelle de l’humanité, mais qu’elle restait malgré tout une créature qui était vouée à les faire plonger dans le péché. Ce qu’elle faisait si bien, par ailleurs. Les fausses bonnes idées, c’était son truc. Le péché de chair, juste un hobby.

Lui, pourtant, elle n’avait jamais cherché à le faire chuter. Elle n’a jamais cherché à l’embrouiller. Elle avait décidé de le séduire car ils s’étaient rencontrés quand il avait sa gueule de grand brun ténébreux mystérieux un peu trop porté sur l’alcool et bourru comme un âne, le genre qui laisse deviner qu’il n’est pas facilement séduit, et encore moins ouvert à l’amour, à cause de la vulnérabilité qu’il amène immanquablement avec lui. Et puis, surprise, il l’avait séduite. Sans le vouloir. Sa maladresse quand elle le taquinait. Ses attentions gênées quand elle lui avait filé leur premier rencard. Et puis sa douceur, qui jure si fort avec sa grande carcasse de motard, à leur première fois. Sa voix, quand il lui avait murmuré ses premiers mots d’amour. Ses yeux, quand il s’était déclaré pour la première fois. Dire qu’elle était tombée amoureuse est un grand mot ; mais elle avait été méchamment mordue.

Elle l’avait laissé partir, parce que c’était ce qu’il désirait et parce que c’était devenu un peu lassant. Mais le temps lui avait rappelé qu’elle s’était vraiment attachée à lui.

Elle n’a pas de scrupules à le toucher. Elle pose ses mains sur ses joues ombrées d’une barbe naissante, et caresse de ses pouces ses pommettes. Elle plonge son regard dans le sien et sonde son âme, et elle aime la sensation de pénétrer en lui juste par ce biais, comme autrefois. Elle peut lire en lui comme dans un livre ouvert. Elle voit le champ de ruine qu’elle a laissé dans son cœur, en s’y grattant une place trop grande pour lui. Elle voit le désir, là, un petit peu, qu’il a alors qu’il la voit devant lui. Et elle voit la tristesse, la douleur. Il était un homme fort, un grand garçon capable de soulever des montagnes ; mais la contrepartie était lourde pour lui, et s’être aussi bien fait tourner la tête par une fille telle que Célestine l’avait laissé en morceau. D’un certain côté, elle était fière de l’avoir si bien amoché par sa seule personne ; de l’autre, elle était triste qu’il en souffre autant. Parce qu’elle l’aime bien. Beaucoup, même.

« Je te cherchais. C’est un crime ? » Elle penche la tête sur le côté, affecte une petite moue boudeuse avant de reprendre son sourire de jeune fille. Ses mains glissent sur les épaules d’Aymeric, puis s’arrête sur ses pectoraux. Elle place sa main droite sur le cœur de l’homme, qu’elle sent battre sous ses doigts. Comme avant. « Je te dirais bien que j’avais un truc à te demander, mais tu devineras assez vite que j’ai tout inventé. » Elle hausse les épaules, comme si ça n’avait pas d’importance, qu’elle l’ait cherché tout exprès. « Je voulais te voir. Ça fait longtemps. » Quelques semaines. Un mois et demi, peut-être. Ou… un an ? Elle n’a jamais eu la notion du temps. Dans le Tréfonds, le temps ne passe pas de la même façon, et quand on est éternel, on s’en fout un peu, du temps.

Elle observe un instant sa main posée sur son cœur, avant de lever les yeux vers lui. Elle sait que sa franchise l’a toujours désarmé, comme la fois où elle lui a dit naturellement qu’elle en ferait bien son petit-déj’. C’était d’ailleurs la première chose qu’elle lui avait dite, après lui avoir proposé un verre – elle était quand même polie, un peu. Mais elle était comme ça : franche. « Tu me manquais trop. » Et c’était vrai. Ces derniers temps, elle n’avait pas eu l’occasion de jouer un peu à son jeu préféré, et le manque lui avait fait repenser à leur relation. Celle qu’elle qualifierait de parfaite, si elle devait la qualifier parmi toutes celles qu’elle a eue. Parfaite, parce qu’il l’était. Si elle y réfléchit, oui, Aymeric est carrément son type d’homme. En tout cas maintenant.

Parmi tous les autres, c’est lui qui est sorti du lot ; et lui qu’elle est venue retrouver pour respirer un peu. Commencer un nouveau défi maintenant n’a aucun intérêt, considérant les derniers évènements de son peuple. Alors, la voilà.

Et puis, c’est vrai, il lui manque bien trop.

Elle détache les mains de son corps et les place derrière son dos. « Je viens prendre des nouvelles, du coup. Savoir comment va ta vie. On devait rester amis, non ? » Elle lui adresse un coup d’œil espiègle, puis se met à vagabonder dans la pièce, les mains derrière le dos. Elle est toujours pieds nus. « Toujours en quête de réponses ? »

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Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric Mer 19 Sep - 23:47 ()
A nos amours passés
J't'ai maudite de trop t'aimer


Il y a l'odeur. Son odeur. Sa putain d'odeur. Partout. Partout où elle se promène, où elle s'arrête, où elle le hante encore, dans certains recoins de son appartement, dans la découverte d'une serviette oubliée dans un placard, d'un bout de tissus laissé derrière elle. Et . Juste là, devant lui. Trop près de lui. Ce foutu parfum qu'il ne peut plus que qualifier de divin alors que la rouquine se tient à portée de mains. Il ferme les yeux le Grizzly, juste une seconde, pour s'emplir de cette effluve maudite et laisser son cerveau de camé apprécier la dose qu'il s'offre, en désespoir de cause. C'est irréaliste, toute cette nostalgie qui lui éclate à la gueule. Et elle, ici. C'est une fichue hérésie. Elle est trop belle pour les ruelles, Célestine... Il n'a jamais arrêté de le lui dire.

« Je te cherchais. C’est un crime ? » Il percute que le temps ne s'est pas arrêté, paumé qu'il était dans sa contemplation, ce con. Doucement, il reprend conscience des doigts qui encadrent sa gueule, des yeux qui se sont perdus dans les siens. Et il ravale le soupir de satisfaction qui lui ronronne dans le fond de la gorge, il empêche ses doigts de s'enrouler autour de ses bras. Il reste immobile, le monstre, et il contemple en silence la fracture à la réalité qu'elle sait devenir à chaque fois qu'il lui sied. Elle, elle a toujours su le faire rêver. Et elle explique, doctement, qu'elle n'a aucun prétexte à sa visite si ce n'est son simple caprice. Son envie irrésistible de le retrouver, ce matin, au saut du lit sans doute. Ce n'est pas vraiment qu'il la croit, à ce sujet, c'est qu'il a été longtemps le spectateur de son incroyable spontanéité. « Je voulais te voir. Ça fait longtemps. » Un sourire se dessine, vaguement, sur ses lèvres rendues orphelines par sa seule sentence, tandis qu'il hoche du chef. Il sait, mais il a arrêté de compter. C'était mieux, comme ça, plus facile. Moins compliqué. Les choses compliquées n'ont de cesse de le faire fuir et de le fatiguer. À la lumière grise de l'endroit, la clarté de sa peau détonne et il se surprend à s'étonner, encore, de l'apparente fragilité de ces doigts qu'elle a abandonnés à son poitrail, de ces poignets délicats, de cette peau parfaite, au grain velouté. La sorcière est languide jusque dans le secret de ses articulations... Et il se rappelle la force et la sauvagerie qu'elle renferme, la brutalité de leurs ébats lorsque leurs humeurs n'étaient pas à la douceur. Il se rappelle le goût de sa sueur contre le bout de sa langue. Il fronce un peu les sourcils de la sentir si proche, de la savoir si naturellement à l'aise au creux de son espace vital. « Tu me manquais trop. », elle dit. Et il se rend bien compte que c'est réciproque. Qu'il est resté savamment à l'écart pour éviter toute tentation. Un soir d'énervement, il a pété son téléphone pour ne pas l'appeler. La pauvre machine a fini explosée au sol, éventrée, écrasée, martyrisée. Pour ne pas céder. Pour ne plus céder. Ne pas se rappeler comme elle était belle, comme elle était folle, comme elle l'avait dompté, lui qui était persuadé d'avoir vendu son âme à une blonde alcoolique. Qui l'a pourtant gravée elle dans sa peau, quelque part sur son corps, d'un symbole qui ne parle qu'à lui. Et qu'il a laissé là. Comme ça. Juste parce qu'il n'oublie pas.

La terrible recule enfin, lui rend l'usage de ses bronches, le fonctionnement de son encéphale malade. Je viens prendre des nouvelles, du coup. Savoir comment va ta vie. On devait rester amis, non ? » Il sourit, encore, haussant ses épaules de géant. C'est ce qu'il a dit, oui. Ils devaient rester amis. Comme si elle en avait quelque chose à foutre, de son amitié. Comme s'il ne s'était pas comporté comme un parfait enculé à la quitter sans autre raison que celle de l'aimer. C'est qu'il sait être particulièrement con, Aymeric, et qu'il s'est surpassé avec elle... Il l'observe dans sa valse invisible, surveille d'un œil ses pieds nus et les tessons de verre qui traînent ici et là. Elle n'a rien à foutre ici. C'est un monde auquel elle n'appartient pas. « Toujours en quête de réponses ? » Il grogne, feule presque, avant de se coller une clope au bec et de l'allumer d'un geste sec. « J'essaye de mieux poser mes questions... Il y aura bien quelqu'un pour me répondre. » il lâche, inspirant une profonde bouffée de nicotine en contemplant les murs, les panneaux emprunts de souvenirs, les photos en hommage aux fantômes. Mais l'heure n'est plus à l'introspection, il doit s'y résoudre, étirant une seconde sa carcasse pour retrouver de sa contenance avant de s'approcher de la sortie de quelques pas, s'arrêtant pour attendre la belle. « Remets tes chaussures... Je t'offre un verre dans un quartier un peu mieux fréquenté... » qu'il décrète, bien décidé à l'embarquer loin d'ici. « Tu ne vas quand même pas m'obliger à te porter ? » Il n'avait qu'à pas proposer.

« Y'a qu'avec toi que je prenais le temps de me promener... » Pensée à voix haute, qui le surprend un peu lui-même, tandis qu'il traverse les rues avec la petite silhouette perdue entre ses grands bras. Nul doute que ça la fait marrer, la rouquine, et que ça doit lui rappeler quelques soirées... Et puis c'est vrai, qu'ils aimaient se promener. Ses menottes entre ses mains de géant, à parler du monde pour elle et à l'écouter pour lui, jusqu'à échouer sur le bord du canal ou sur la terrasse d'un café, jusqu'à s'arrêter dans un hôtel ou escalader un toit pour contempler les étoiles. Ils ne s'ennuyaient jamais. « Ton altesse est arrivée. » il murmure en la déposant devant la terrasse d'un club de rock à l'enseigne tapageuse. Vaguement, le souvenir de sa moto laissée derrière lui lui revient, lui rappelle qu'il voulait marcher ce soir, qu'il avait besoin de prendre l'air. Qu'il sera servi, pour sa peine. Il la précède, glissant ses deux mètres entre le monde et sa belle, jusqu'à leur trouver une table, non loin de la scène où un groupe amateur reprend sans trop d'erreur de vieux classiques d'une autre époque. Et il se retient de lui dire que ça aurait été plus simple si elle avait appelé, si elle avait écrit, si elle avait demandé... Parce que c'est inutile. Parce qu'elle n'en fait qu'à sa tête, toujours, et qu'il y a un quelque chose de fascinant dans la façon dont les lumières du spectacle se reflètent dans ses cheveux. Il secoue la tête, désapprobateur d'une seconde, avant d'arrêter une serveuse. L'empêcheuse de tourner en rond commande ce qu'elle veut, il se rabat sur un double expresso pour ne pas avoir à capter la surprise en cas de pinte de limonade. C'est un grand gaillard, il lui arrive d'avoir très soif, mais sa carrure ne lui prête guère autre chose que des litres de bière ou des bouteilles de whisky... Et des fois, il n'a pas envie de voir la surprise, de lire le jugement. Des fois il veut juste du silence, un peu de paix, rien qu'il ne saurait trouver en l'agréable compagnie qui lui fait face. « Toi aussi » dit-il finalement, en réponse absurde à une déclaration prononcée il y a trop longtemps. « Toi aussi tu m'as manqué. » Terriblement. « J'ai été très occupé. Le boulot, beaucoup. Le concours. Le reste. » Les secrets, les complots. Archibald. Le reste. « Je ne pensais pas que tu voudrais me revoir. » Aussi. Surtout. Et puis lui non plus, il ne savait pas très bien s'il en avait envie. Non, très certainement. Mais c'est trop tard. Tellement trop tard, qu'il se dit, en plongeant dans son regard, la tête haute et le sourire goguenard.

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the mighty bush : Souffle de curiosité, ou plus couramment appelé curiosité mal placée. Pouvoir passif, il transforme son porteur en émetteur d’ondes poussant autrui à s’intéresser à tout et n’importe quoi, jusqu’à plein assouvissement de sa curiosité. La puissance du pouvoir dépend tout à la fois de son porteur – un émetteur timoré n’aura qu’une influence superficielle sur ceux qui l’entourent, au contraire d’une personne débordant de confiance en elle – et de l’exposition – plus une personne est exposée, plus la curiosité est intense. Les deux combinés peuvent créer de véritables obsessions… Dommage collatéral, ce souffle désinhibe : peu importe que les valeurs et les principes moraux soient implantés, gravés dans l’esprit de la victime, au bout d’un moment, ils céderont, tout simplement ; à moins d’être soustrait à temps de cette terrible influence.

Bien évidemment, Briffaut possède un souffle de curiosité naturellement puissant ; déjà en tant que démon, ensuite en tant que femme accomplie et particulièrement confiante. Peut-être même un peu trop, mais ça, c’est un autre sujet. Elle ne maîtrise pas son pouvoir, car passif, mais elle adore voir les autres y succomber : elle-même particulièrement curieuse, trouver des partenaires de jeu dans les recherches les plus improbables, voire carrément dangereuses, est une source inépuisable de distraction. Et elle adore voir ce que la curiosité mal placée peut provoquer en plein milieu d’un dîner de famille…
Allegeance : Malphas. Sa Mère, sa Reine, la Reine-mère. Depuis la destitution de Lucifer, Briffaut n'a plus à feindre la loyauté à Lucifer et agit librement ainsi qu'elle le veut sous la houlette de son Commandant.
these streets : Absolument tout : les anges, les démons, les dieux et leur mégalomanie galopante ; les révolutionnaires, les humains, les animaux, et les cafards qui leur survivront tous.
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Démons

Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric Jeu 20 Sep - 20:31 ()

Elle l’observe, du coin de l’œil. Elle l’observe et elle voit tous ces petits riens qu’elle connaît par cœur, tout ceux qui lui avaient permis, et lui permettent encore, de lire en lui comme dans un livre ouvert. Elle voit la tension de son corps, sa respiration qu’il doit contrôler pour ne pas la laisser se précipiter, la mâchoire qu’il contracte pour ne pas laisser ses lèvres s’entrouvrir et exhaler son soupir, ses prunelles qui la cherchent alors qu’elles auraient préféré la fuir. Elle devine sa langue, dans sa bouche close, qui s’assèche, et ses doigts qu’il tord pour tromper la tentation. Car c’est ce qu’elle est : une tentation.

Elle a un demi-sourire qui lui tord les lèvres, qui exprime tout à la fois sa satisfaction et son attendrissement.

Elle fait semblant de s’intéresser aux panneaux. Elle virevolte entre les tessons de verre et les pierres coupantes, avec l’instinct de celle qui a toujours dû faire attention à l’endroit où elle mettait les pieds. L’Enfer, c’était pareil. Le sol était jonché de toutes sortes de choses, comme autant d’épreuves supplémentaires, autant de punitions divines pour chaque péché non expié. Et il y en avait des tas, de choses. Plein de choses. Des choses qui coupaient, qui empalaient, qui charcutaient, qui lacéraient. Mais Aymeric l’ignore. Aymeric ne voit que ses orteils nus qui frôlent les morceaux aiguisés, et il y a le souci qui lui plie le coin de l’œil et lui forme une ride qu’elle trouve adorable.

« J'essaye de mieux poser mes questions... Il y aura bien quelqu'un pour me répondre. » Elle pirouette vers lui, et se tient là, à quelques mètres de lui, avec cette moue espiègle au bec et toute sa malignité dans l’œil. Et elle contemple son sourire, qu’elle a alors terriblement envie d’embrasser. Là, maintenant. Voler vers lui, attraper son visage entre ses doigts, encore, et l’embrasser, doucement, pour le capturer. Juste poser ses lèvres sur les siennes, comme avant, comme la première fois qu’il avait souri, et qu’elle l’avait effleuré de ses lèvres et lui avait dit : ton sourire a le goût d’un roudoudou. Elle l’avait scotché sur place, et elle avait ri, avant de le renverser dans le canapé et de se lover toute contre lui, la petite femme-enfant dans les bras de l’homme grizzli. Elle penche la tête sur le côté. « Remets tes chaussures... Je t'offre un verre dans un quartier un peu mieux fréquenté... » Ah, son besoin de protection. C’est adorable. S’il savait qu’elle peut très bien se défendre toute seule, la frêle créature aux os de verre, la petite terreur aux poings fragiles capables de traverser un mur. Qu’elle peut, si elle le veut, le mettre au tapis. Mais elle adore son instinct de protection. Elle adore le regard qu’il pose sur elle et sur leur environnement, et son bras qu’il passait autour de ses épaules lorsqu’il trouvait qu’un regard sur elle était un peu trop appuyé. Sa tête et le grondement qui roulait dans sa gorge quand il la trouvait dans un quartier mal fréquenté. Ou quand, simplement, elle débarquait chez lui, sans le prévenir, lui qui estimait vivre dans un quartier dangereux. Lui qui s’estimait dangereux.

Alors, elle ne dit rien. Elle ne lui répond pas qu’elle est une grande fille, qu’elle peut se défendre toute seule ; comme toujours, comme à lui seul, elle ne lui répond pas. Elle le laisse la protéger. Encore. « Tu ne vas quand même pas m'obliger à te porter ? » Elle arque un sourcil, son sourire s’accentue, elle s’avance en évitant soigneusement deux tessons de bouteille de bière, attrape ses chaussures, puis tend les bras vers lui, ouvrant et fermant ses mains deux fois. Et elle s’accroche à sa nuque lorsqu’il la soulève de terre.

Elle a le front niché dans son cou alors qu’ils sortent du théâtre. Elle observe les alentours, et il y a des regards étonnés, il y a des demi-sourires incrédules, il y a quelques chuchotements, mais ni l’un ni l’autre n’y prête vraiment attention. Lui, en tout cas, elle le sait, ne les voit même pas. Tout son corps est pressé contre le sien, elle n’a pas eu à se replier beaucoup sur elle-même pour rentrer complètement dans ses bras. Elle bat de l’un de ses pieds nus une mesure imaginaire, et regarde la rue défiler devant elle. Ses chaussures se balancent au bout de ses doigts abandonnés.

Elle avait eu beaucoup de caprices, avec lui. Elle lui en avait fait voir des vertes et des pas mûres. Elle lui avait fait faire des choses qu’il n’aurait jamais imaginé faire un jour. Et la porter en pleine rue était une nouvelle réussite, autant parce qu’il n’avait pas hésité à le faire qu’elle était persuadée que ça ne le gênait pas d’être, l’espace d’un instant, le centre d’attention du reste du monde de ces rues paumées. Distraitement, ses doigts tracent des cercles sur la base de sa nuque. Un geste mécanique, une vieille rengaine de leurs habitudes passées, lorsqu’ils regardaient un film avachis dans leur lit.

Leur lit. Ouais, leur lit.

« Y'a qu'avec toi que je prenais le temps de me promener... » Ca aussi, c’était l’une de ses réussites. Faire sortir le grizzli de sa caverne. L’emmener prendre la lumière du jour sur la figure. Lui faire découvrir les joies simples d’un pique-nique au parc des Buttes-Chaumont ou au pied du Sacré-Cœur. Une hérésie, non ? Qu’un démon apprenne à un humain à vivre… et pourtant. Leurs balades nocturnes le long de la Seine, la soudaine envie de Célestine de regarder les étoiles depuis le parvis de Notre-Dame, le petit-déjeuner aux premières lueurs de l’aube du côté du quartier Saint-Michel. Oui, que de bons souvenirs. « Ton altesse est arrivée. » Elle atterrit au sol avec toute la légèreté d’une princesse : il la maintient dans le dos, mais lorsque ses pieds effleurent le sol, elle se sent comme dans l’une de ces pubs de parfum shootées à l’héroïne. Elle embrasse l’endroit du regard, et l’ambiance lui plaît, lui plaît beaucoup : c’est ce genre d’endroits qu’elle a toujours préféré, là où on peut être ce qu’on veut, qui on veut, sans avoir à s’en justifier. Là où elle ne se sent pas en vitrine. Là où il y a de la vie, et pas juste une mascarade de ceux qui veulent se faire bien voir, dans un endroit sans âme où le service est figé, où les tables sont usées sous le vernis, où le barman fait la gueule. Ici, c’est tellement elle. C’est tellement lui.

Un endroit où on peut arriver dans les bras d’un homme et pieds nus sans que ça ne gêne personne.

Elle laisse tomber ses chaussures à côté de la table et s’installe au fond d’une chaise, croise ses jambes et pose un coude sur l’aluminium rouillé. Elle pose son menton sur sa main, et le dévisage. Elle a toujours un sourire au bec. Il hèle une serveuse, commande un double expresso. Elle le contemple encore un moment pendant que la serveuse attend sa commande, puis, rêveuse, elle lance : « Un diabolo grenadine. Au pichet. Et deux verres. » Un grand sourire lumineux en direction de la dame, qu’elle regarde vraiment cette fois-ci. « S’il vous plaît. » Son pied reprend la mesure de Paint it Black, instinctivement, et elle se met à fredonner l’air alors que quelques notes s’accrochent entre elles. Ah, l’audace. L’audace des jeunes années. Elle a toujours raffolé de ce genre d’audace, parce que ça a toujours donné du grain à moudre à son moulin.

Les fausses bonnes idées, comme emmener son ex à peine oubliée boire un verre, c’est son rayon.

« Toi aussi. » Elle ne dit rien. Elle attend. Les aveux, avec lui, c’est délicat, et c’est précieux. Ça se savoure. « Toi aussi tu m'as manqué. » Une seconde d’éternité. Ça lui gonfle le cœur, et l’ego tout à la fois. C’est un peu son trip, sa came, d’être désirée. Et c’est si bon quand c’est lui qui le ressent. « J'ai été très occupé. Le boulot, beaucoup. Le concours. Le reste. » Bien sûr, il ne dit pas tout. Elle le sait, elle le sent. C’est un révolutionnaire, il ne l’a jamais caché, et de fait, tout un pan de sa vie lui échappe. Elle a beau l’avoir suivi, l’avoir traqué, l’avoir manipulé, elle n’a réussi qu’à avoir des bribes, rien de bien important ; sans doute parce que les révolutionnaires, malgré leurs efforts, n’en savaient pas plus que la veille. Et puis, finalement, elle s’est laissée un peu trop emportée, sans doute… Il ne mérite pas vraiment d’être cuisiné comme un bon gros homard. « Je ne pensais pas que tu voudrais me revoir. »

Les musiciens enchaînent sur un autre classique, Hotel California, et s’en tirent plutôt bien. Tout en adaptant la mesure au battement de son pied, elle les écoute ; elle ne lui a pas répondu. Pas de suite. Elle a laissé à l’aveu terrible tout le temps de s’étirer en longueur, de résonner, de prendre forme, de prendre vie. « Moi non plus. » Elle assène. Elle est comme ça, Célestine : elle ne prend pas de pincettes. « Je t’ai même oublié. » Elle penche la tête sur le côté, toujours la tête dans la paume de sa main, et elle a un petit sourire aux lèvres. Pas méchant, mais pas vraiment gentil non plus. Celui qu’elle a, terrible, quand elle est déçue. « C’était quand même un peu connard de m’avoir plantée comme ça. J’avoue que mon ego en a pris un coup : d’habitude, c’est moi qui fais ça. » Elle rit. Un rire léger, qui casse son sourire précédent. « Mais tu es un homme d’exception, après tout. J’aurais dû me douter que ça m’arriverait avec toi. » Son visage s’est transformé. Passé cet instant ombrageux, il est de nouveau illuminé de son sourire indémodable. « Quand même, t’aurais pu m’épargner les excuses d’usage. C’est pas toi, c’est moi, c’est d’un ennui ! J’aurais préféré que tu me dises que je suis une salope à aux mœurs légères, ça aurait été plus sympa. » Elle sourit tant qu’elle en plisse les yeux. Dire des horreurs avec la gueule béate, c’est sa grande spécialité. « Mais, comme tu le vois, ça n’a pas réussi à me faire fuir. Encore moins à t’oublier complètement. »

La serveuse revient avec leur commande, et elle se sert un grand verre de diabolo grenadine qu’elle avale d’un trait sans aucune considération pour le gaz dont il est rempli. Elle ravale le rot assorti et change de jambe croisée. Elle semble réfléchir, ou donner l’occasion de réfléchir. Elle reprend une gorgée, après s’être resservie. Puis elle pousse un énorme soupir et s’avachit dans sa chaise. « Ah, je suis vraiment pas douée pour faire semblant de m’intéresser à ta vie. Ou tout du moins, au boulot, au concours et au… reste. » Elle tourne la tête vers lui : elle a la nuque collée au montant de sa chaise. « C’est trop triste pour moi. Trop morne. Sérieusement ! Le travail, déjà. La seule chose que je regrette dans le mien, c’est de ne pas encore avoir trouvé comment créer ma plante-vache. Mais le reste, c’est ennuyeux. Et tes motos sont passionnantes, mais sur le papier : c’est pas non plus palpitant, non ? Tu me connais, chaton… » Ce nom glisse sur sa langue, comme du velours. « Ce que je veux savoir, c'est toi. Ce qui te fait vivre. Ce qui te motive. Ce qui t’enivre. Ce que tu désires. » Une pause. Une longue pause, durant laquelle elle plonge son regard dans le sien, plus profondément qu’elle ne l’a fait jusqu’à maintenant. « Ce qui t’excites. » [/color]
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Dernière édition par Célestine Valmont le Dim 14 Oct - 18:35, édité 1 fois
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the mighty bush : Contrôle de la douleur – Capacité à absorber comme à provoquer la douleur chez sa victime. C'est un pouvoir qui nécessite beaucoup d'énergie mais qui vit aussi au gré des humeurs de son propriétaire, l'obligeant à se maîtriser de son mieux. Il peut également transférer la douleur d'une personne à une autre... L'absorption de la douleur a tendance à laisser des marques sur ses propres nerfs tandis que le don de celle-ci va lui faire perdre de sa sensibilité.
Allegeance : Révolutionnaire, pour le meilleur et pour le pire. Il suivra ses frères jusque dans la Mort, s'il le faut. Il vit pour la Révolte, se bat pour la vérité. Aymeric est une constante dans l'univers rebelle, un roc qui ne bougera pas et auquel les autres peuvent se raccrocher quand ils ont besoin de se reposer, d'être réparé, voire même de retrouver la foi.
these streets : Il en sait ce que les citoyens les plus avisés savent, il sait qu'il se trame quelque chose, il sait que l'on ment aux parisiens et au reste du monde chaque jour. Il sait que certaines personnes ont des habilités particulières et connaît chacune des actions entreprises par les révolutionnaires. Il sait que le Maire n'est pas ce qu'il prétend être. Il sait qu'Ils découvriront le fin mot de l'histoire.
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Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric Dim 14 Oct - 0:41 ()
A nos amours passés
J't'ai maudite de trop t'aimer


Il observe, silencieux. Ses pieds qui battent le rythme et le vide, ses lèvres mouvantes et les étincelles dans le fond de ses yeux qui pourraient rallumer les étoiles, comme le réclamait un poète mort. Son sourire, le nonchalant de ses postures, les sortilèges qui se cachent derrière chacun de ses mouvements. Il ne lâche rien des yeux, le Grizzly, se préparant à encaisser le venin qu'elle distille si bien, chaque fois qu'elle s'ennuie ou qu'elle en réclame davantage, chaque fois qu'elle est déçue. Sorcière gourmande, insatisfaite et capricieuse. Et elle vise en plein cœur, Célestine, ne rate jamais son coup. Jamais. Ni son cou, d'ailleurs, qui se rappelle encore ses lèvres, sa langue et ses murmures. Ses promesses. Avant qu'il ne disparaisse, en se comportant comme le dernier des connards.

« J’aurais préféré que tu me dises que je suis une salope à aux mœurs légères, ça aurait été plus sympa. » Et il pourrait le lui dire, oui, que c'est une salope aux mœurs légères, mais il l'a toujours su, dès le premier jour, et aurait été bien mal placé de le lui reprocher. Parce qu'il savait et qu'il avait sombré malgré tout. Parce qu'il est con, le Grizzly, et qu'il ne s'en est jamais vraiment caché. Et il observe encore, Aymeric, jusqu'au pichet de diabolo grenadine servi à leur table, la fumée opaque qui s'échappe de son café brûlant. Noir. Comme le creux qu'il se figure se faire entre ses organes et ses côtes, quelque part sur sa carcasse de titan. S'essaye à deviner le poids de ses sentences derrière ses atours d'ensorceleuse, se perd dans la contemplation d'une boucle contre laquelle la lumière reflète un rose qui lui rappelle quelques couchers de soleil, de ceux qu'il aura passé avec la rouquine entre ses bras trop musclés. La musique tabasse le silence qui s'étend un peu entre eux, s'étire doucement avant d'étouffer sous les mesures de Back in Black. Il y a un néon sur le mur qui indique en lettres capitales que le rock n'est pas mort, et ça l'interroge un peu, ça le distrait des lèvres, des courbes, des boucles et des yeux. Un peu. Parce qu'il y revient, le Clébard, la sondant d'un regard aux abysses chaleureuses. « Ah, je suis vraiment pas douée pour faire semblant de m’intéresser à ta vie. Ou tout du moins, au boulot, au concours et au… reste. » Il arque un sourcil, à peine, portant son café à ses lèvres derrière la muraille épaisse de sa barbe, préférant ne pas relever tout ce que sa gentille méchanceté ramène à la surface de son esprit, et avec elle tous les souvenirs qu'elle charrie. Il aurait presque oublié, lui, l'acidité et les pièges existentiels, les questions déplacées et l'honnêteté frontale. Il aurait pu omettre l'acidité de la friandise si elle ne se faisait pas un tel plaisir de la lui rappeler. Les mots semblent rebondir avec les notes que dégueulent la guitare électrique. Et il y a toujours ce creux, ce vide, dont les bords s'écartent, quelque part entre les traits d'encre noire qui recouvrent son corps. Un soupir lui échappe, sec, tandis qu'elle lui décrit par le menu tout le chiant de sa vie, tout l'insuffisant de son existence à la divertir. Elle s'ennuyait, il se dit, il n'est qu'une distraction de plus dans la vie-tornade qu'elle mène chaque jour de son existence. « Ce que je veux savoir, c'est toi. Ce qui te fait vivre. Ce qui te motive. Ce qui t’enivre. Ce que tu désires. » Et il est faible, le con, et il plonge, droit dans ses yeux, dans l'hypnose qu'elle lui inflige dans le moindre effort. Et il se penche, un peu. « Ce qui t’excites. » Il y a bien des rêves, des images, qui se bousculent un peu. Son corps à elle, nu sous le sien. Des cocktails molotov qui volent à travers la belle ville de Paris. Une bouteille de whisky à moitié vide posée sur le rebord d'une table de chevet. Ses boucles rousses étalées sur son oreiller. Le cri du peuple, en pleine révolte. Le rire des sœurs Duval. Une belle ligne droite pour dévorer l'asphalte. Le bruit d'une sirène exigeant qu'il aille lutter contre les flammes. Et ses cuisses, à la peau trop pâle. Alors il sourit, roublard, se redressant pour croiser les bras sur son torse, s'enfoncer dans sa chaise trop petite pour ses dimensions ahurissantes. « What do you want to hear, Babe ? », qu'il souffle, secouant doucement le museau. « Tu veux savoir ce qui m'intéresse, ou tu veux que je te parle de toi ? » Sa grande paluche s'empare de la céramique blanche, porte le liquide trop chaud à ses lèvres masculines et quelque peu cyniques, vaguement câlines, assurément assoiffées. D'elle, sûrement. « Que je te dise que toi, tu m'excites, que ça me bousille de te revoir comme ça ? Que je pourrais t'entraîner jusque dans les chiottes pour te prendre contre un mur, comme au bon vieux temps ? » Et il y a bien un filet de nostalgie qui lui empoisonne les veines et lui embaume le cerveau, lui rappelle la folie de leurs ébats, et la déraison de la vie en sa compagnie. Et comme elle était belle, au réveil. Et comme elle était sienne, avant. Avant qu'il ne prenne peur et décide de tout foutre en l'air. « Peut-être. » qu'il conclut, passant une main pensive dans sa barbe, détournant finalement son regard d'elle pour le fixer résolument à la scène et aux musiciens, à leurs mécaniques musicales et à leurs instruments qui luisent sous les néons et les projecteurs. Il songe, Aymeric, et sans doute même qu'il s'y perd. Que ça l'excite, un peu, que ça l'inquiète beaucoup. Parce qu'elle est toujours là, Célestine, face à lui et jusque dans les tréfonds de son esprit. Parce qu'elle est jamais vraiment partie.

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julius caesar : haileen.
legends never die : démon du génie incompris et des fausses bonnes idées, prêtresse des solutions faciles et apôtre de la vérité qu'on ne veut pas entendre. lieutenant de discorde, ombre de malphas.
the mighty bush : Souffle de curiosité, ou plus couramment appelé curiosité mal placée. Pouvoir passif, il transforme son porteur en émetteur d’ondes poussant autrui à s’intéresser à tout et n’importe quoi, jusqu’à plein assouvissement de sa curiosité. La puissance du pouvoir dépend tout à la fois de son porteur – un émetteur timoré n’aura qu’une influence superficielle sur ceux qui l’entourent, au contraire d’une personne débordant de confiance en elle – et de l’exposition – plus une personne est exposée, plus la curiosité est intense. Les deux combinés peuvent créer de véritables obsessions… Dommage collatéral, ce souffle désinhibe : peu importe que les valeurs et les principes moraux soient implantés, gravés dans l’esprit de la victime, au bout d’un moment, ils céderont, tout simplement ; à moins d’être soustrait à temps de cette terrible influence.

Bien évidemment, Briffaut possède un souffle de curiosité naturellement puissant ; déjà en tant que démon, ensuite en tant que femme accomplie et particulièrement confiante. Peut-être même un peu trop, mais ça, c’est un autre sujet. Elle ne maîtrise pas son pouvoir, car passif, mais elle adore voir les autres y succomber : elle-même particulièrement curieuse, trouver des partenaires de jeu dans les recherches les plus improbables, voire carrément dangereuses, est une source inépuisable de distraction. Et elle adore voir ce que la curiosité mal placée peut provoquer en plein milieu d’un dîner de famille…
Allegeance : Malphas. Sa Mère, sa Reine, la Reine-mère. Depuis la destitution de Lucifer, Briffaut n'a plus à feindre la loyauté à Lucifer et agit librement ainsi qu'elle le veut sous la houlette de son Commandant.
these streets : Absolument tout : les anges, les démons, les dieux et leur mégalomanie galopante ; les révolutionnaires, les humains, les animaux, et les cafards qui leur survivront tous.
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Démons

Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric Dim 14 Oct - 19:01 ()
« Je n’en attendais pas tant, mais je suis flattée. » Comme s’il venait de la complimenter, de lui dire qu’il la trouvait jolie, belle, extraordinaire. Elle se redresse, un genou sur sa chaise, se penche au-dessus de la table, s’y accoude, avance son buste jusqu’à ce qu’elle puisse toucher son visage de ses mains de poupée, et lui attrape le menton, enfonce ses doigts dans sa barbe, dans sa mâchoire, et lui tord brutalement le cou pour le forcer à croiser son regard, de nouveau. Regarde-moi. Elle a le sourire dévoreur, celui qui avale la lumière et la réalité tout autour. Elle a l’œil féroce, celui qui laisse miroiter tout un monde de tentations. « Te voilà enfin, mon amour. » Elle dit beaucoup de choses pour s’amuser, pour l’embêter. Mais ça, jamais. « Et puisque tu en parles… » Elle le lâche, la seconde suivante ses pieds nus frôlent le parquet mal ciré, sa main attrape le poignet de l’homme et, canalisant sa force démoniaque, serre suffisamment ses doigts araignées pour l’inciter à se lever, à la suivre ; dans un recoin sombre de l’endroit, dans l’angle de la scène, une banquette devant une table basse bon marché ; le rideau de velours noir râpé qui ne servait plus depuis bien longtemps qu’elle tire, masquant leur vue sur la scène, et inversement proportionnel ou égal ; lui, qu’elle traîne, qu’elle pousse sur la banquette, lui encore dont elle enfourche les genoux et capture la nuque entre ses mains ; lui, encore, dont elle respire l’odeur épicée de son corps, rappelant ses vieux souvenirs de ces jours et ces nuits passées perdue dans ses bras et dans ses draps, rappelant ses vieux souvenirs de bataille d’oreillers et d’étreintes infernales, rappelant ses vieux souvenirs de soirées télé et d’escapades nocturnes.

Lui, encore, dont elle dévore les lèvres sans autre forme de procès.

Elle a les doigts perdus dans ses cheveux et dans sa barbe, elle a les bras autour de son cou, elle a les jambes qui encadrent les siennes, son corps pressé contre le sien, et son corps qui réagit aussi vite qu’elle l’embrasse. C’est pire encore lorsqu’il lui répond, qu’elle sent ses grandes pattes s’écraser sur son dos, ses coudes lui enfoncer les côtes, l’écrasant davantage contre lui, et une décharge secoue son corps, et elle sourit, une microseconde, contre sa bouche, puis approfondit, encore, encore, ce baiser, encore, encore. Elle penche la tête sur le côté, assez pour leur donner plus de latitude dans leur étreinte, qui se fait impatiente, brutale, sauvage. Elle l’embrasse comme elle l’avait embrassé et comme il l’avait embrassée, si souvent, tellement souvent, dévorés d’envie et brûlants de désir, tous les deux, se percutant comme deux météores lancés à pleine vitesse sur leurs trajectoire destructrice. Elle l’embrasse, l’embrasse comme ils l’ont déjà tant fait. L’embrasse pour toutes ces fois où il ne l’a pas fait, parce qu’il s’est enfui. Elle l’embrasse, et le punit, tout à la fois. Elle l’embrasse, et reprend son dû.

Elle pourrait l’embrasser ainsi jusqu’à ce qu’il crève.

« Ces mots sur tes lèvres sont mon péché mignon. » Elle se lèche les lèvres comme un chat se pourlècherait les babines. Il n’y a que quelques centimètres entre eux, elle sent la respiration courte d’Aymeric sur son visage. Elle a encore son sourire carnassier. Ses doigts courent sur les tempes de l’homme, descendent sur ses joues, dessinent la ligne du creux de son cou, et elle sent sa peau frissonner à son contact. Oh, elle n’en mène pas plus large, mais c’est ce qu’elle adore le plus. Elle est aussi tendue qu’une corde d’arc et son souffle, dans sa gorge, est un peu laborieux. « Toujours pareil. Réticent à être toi-même. T’as donc tout oublié ? » Elle fait claquer sa langue contre son palais, et pose son index sur le nez de l’homme. « Ton travail, ton concours, le reste, garde ces platitudes pour les alcooliques anonymes et ta page Facebook. » Elle frôle de son doigt le front de l’homme et se penche, pour que ses lèvres soient tout juste à la portée de son oreille. « Ce qui m’intéresse, ta vie, c’est quand un de tes clients te balance les clés de sa moto et que t’as envie de lui défoncer la gueule pour ne pas t’avoir regardé en face. C’est quand t’as envie de faire sauter la mairie de Paris parce que t’en a ras le cul qu’ils nous prennent pour des cons. » Une pause. Il ne le voit pas, mais le sourire de Célestine se fait carnivore – et sans doute que ça se sent quand elle finit : « C’est quand tu me réponds que tu pourrais me prendre dans les toilettes de ce bar parce que je t’emmerde avec mon caractère de merde. » Elle s’écarte, caresse sa joue râpeuse de ses phalanges et hausse les épaules avec un nouveau sourire d’ingénue, en plissant un peu les yeux. « Ou parce que je l’ai bien cherché. »

Ses mains quittent son visage et elle se redresse, de sorte que leurs poitrines ne se touchent plus ; toujours à cheval sur ses genoux, elle glisse ses doigts le long de son bras et lui soulève une main. Elle y plaque la sienne, paume contre paume, et les observe un instant, en silence. Elle est si petite dans la sienne qu’il ne la voit même pas, de son côté ; même la largeur de ses doigts d’araignée ne dépasse pas celle de ses pattes d’ours. Ca l’avait toujours fascinée. Ses grandes mains. Sa carcasse de géant, dont il ne sait jamais quoi faire. Si emprunté et gauche, parfois. Ca l’avait attendrie, ça l’avait fait rire.

Il est le seul homme sur cette Terre qui a réussi à l’émouvoir juste en étant planté au beau milieu d’une foule indifférente.

Peu à peu, elle perd son sourire. Les souvenirs lui embrument la tête. Elle sent monter en elle une telle bouffée de nostalgie qu’elle en devient douloureuse. Elle avait été bien, avec lui. Vraiment bien. Pas juste bien comme avec les autres, avant qu’elle ne commence à s’ennuyer et qu’elle les largue sans autre forme de procès ; non, bien, comme si elle… comme si elle était chez elle. Elle avait passé plus de temps chez lui qu’elle n’avait occupé son appartement – il paraîtrait même que ses voisins ont souvent béni le silence que sa disparition dans ses bras avait apporté à l’immeuble. Et il était parti.

Lui avait-il brisé le cœur ? Non, Célestine pense qu’il lui en faut plus. Beaucoup plus.

A supposé qu’elle ait un cœur.

Elle glisse ses doigts entre les siens, les referment sur sa main. « Pourquoi t’es parti ? » Elle secoue la tête, un peu. Elle ne le regarde pas, elle a le regard perdu ailleurs, un peu dans le vague, pas vraiment sur leurs mains jointes. « Non, c’est pas la bonne question. » Elle baisse leurs mains entre eux. Contre le ventre de l’homme. Puis elle le regarde. Elle le regarde vraiment.

« Si c’était moi qui m’étais enfuie, tu l’aurais supporté ? »

@Aymeric G. Strauss
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the mighty bush : Contrôle de la douleur – Capacité à absorber comme à provoquer la douleur chez sa victime. C'est un pouvoir qui nécessite beaucoup d'énergie mais qui vit aussi au gré des humeurs de son propriétaire, l'obligeant à se maîtriser de son mieux. Il peut également transférer la douleur d'une personne à une autre... L'absorption de la douleur a tendance à laisser des marques sur ses propres nerfs tandis que le don de celle-ci va lui faire perdre de sa sensibilité.
Allegeance : Révolutionnaire, pour le meilleur et pour le pire. Il suivra ses frères jusque dans la Mort, s'il le faut. Il vit pour la Révolte, se bat pour la vérité. Aymeric est une constante dans l'univers rebelle, un roc qui ne bougera pas et auquel les autres peuvent se raccrocher quand ils ont besoin de se reposer, d'être réparé, voire même de retrouver la foi.
these streets : Il en sait ce que les citoyens les plus avisés savent, il sait qu'il se trame quelque chose, il sait que l'on ment aux parisiens et au reste du monde chaque jour. Il sait que certaines personnes ont des habilités particulières et connaît chacune des actions entreprises par les révolutionnaires. Il sait que le Maire n'est pas ce qu'il prétend être. Il sait qu'Ils découvriront le fin mot de l'histoire.
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Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric Mer 24 Oct - 23:31 ()
A nos amours passés
J't'ai maudite de trop t'aimer


Ou peut-être pas, qu'il aimerait lui dire. Là. Comme ça. Peut-être pas. Pour écorcher un peu de sa superbe, qu'elle trimballe partout. Et il a le regard fixé à la scène, le Grizzly, les prunelles d'acier qui suivent les doigts du guitariste, les accords en surabondance d'une vieille reprise d'un rock d'une autre époque. Mais elle est vorace, la Terrible, et exige sur l'heure son attention, enfonçant ses griffes dans sa barbe pour mieux le contraindre. « Te voilà enfin, mon amour. » Et il grogne entre ses babines, emprunt d'un flegme lourd. À la mesure de sa centaine de kilos qu'elle domestique avec une facilité effarante. Presque insultante. Les corps se suivent, dans une saccade de mouvements bien orchestrés, que seule l'habitude sait installer. Et elle est petite, Célestine, fragile, tandis qu'elle le trimballe à travers la salle pour l'attirer dans un recoin plus sombre que les autres. Le mâle n'a pas le temps de protester qu'il se retrouve le cul coincé dans le fond d'une banquette, la rouquine sur ses genoux, de la nostalgie plein les narines à mesure qu'elle s'approche, qu'elle effleure. Respire. Lui dérobe un peu de cet aura menaçant qui est le sien, dans lequel il s'enroule pour cultiver sa solitude. Sa sérénité. Ce truc qu'elle éclate, là, sans le moindre effort. Puis y'a ses lèvres. Ces lèvreslà. Celles qui s'emparent des siennes et lui cambriolent les bronches, lui braquent l'encéphale pour ne plus laisser qu'elle. Elle. Elle qu'il s'approprie, alors, brutalement. Il y a comme un électrochoc qui s'empare de ses nerfs, qui exige, qui réclame. Et ses bras s'enroulent autour d'Elle, la pressent contre son torse, l'attirent un peu plus près. Toujours plus près. Pour peu qu'il n'ait plus la place pour respirer, plus vraiment la place d'exister. Qu'importe. Peu importe. Si elle reste là. Si elle reste comme ça. Et il la dévore, cette bouche, cette rousse. Qu'il pourrait avaler toute entière, pour rassasier les appétits infernaux qu'elle fait naître au creux de ses tripes. Et il sait. Il sait bien, le clébard, qu'elle est en train de le faire chavirer. Qu'il n'y a plus d'équilibriste sur le fil du rasoir. Juste une chute. Immémoriale.

Alors peut-être bien que oui. Peut-être qu'il pourrait sombrer, rechuter, sans broncher, sans se plaindre. Il pourrait re-signer, comme un soldat qui n'en aurait pas assez bavé. Il pourrait, ouais, et l'envie se fait sentir à mesure que son corps se fait plus insistant, et qu'il sent le désir lui creuser des sillons brûlants le long des os. À fleur de peau. Un grognement pour seule respiration, quand il ne fait que la happer davantage. L'exiger. Puis y'a les souvenirs qui se bousculent, les images qui se succèdent, qui lui racontent déjà la suite de ce ballet écrit pour deux. Par eux. Pour deux. Eux deux, seulement. Le reste du monde peut fermer sa gueule doctement.

« Ces mots sur tes lèvres sont mon péché mignon. » Elle le tuera, un jour. Il le sait. Et il soupire, le monstre, malgré le souffle court et les membres tendus par l'envie. Il soupire et laisse ses bras tomber sur la banquette, la dévisageant d'un air interdit. Il y a toujours eu du jeu, entre eux. Et de la torture, un peu. Il a le poil hérissé à mesure qu'elle s'amuse de sa carcasse martyrisée, et qu'il pourrait la mordre. Un coup à l'épaule, pour rougir le blanc délicat de sa peau. Un autre à la gorge, qu'il sait sensible. Ses lèvres dégueulent un râle de frustration tandis qu'elle parle, qu'elle parle et qu'il ne l'écoute que d'une demie oreille, rompu à ses vieilles obsessions. Il y a un truc qui le fascine dans la façon dont son épiderme recouvre le ciselé de sa clavicule. Alors elle parle, c'est vrai, mais lui ne l'écoute plus qu'à moitié.  « C’est quand tu me réponds que tu pourrais me prendre dans les toilettes de ce bar parce que je t’emmerde avec mon caractère de merde.Ou parce que je l’ai bien cherché. » Les paluches du géant se calent au diaphane de ses cuisses, dessinant des arabesques distraites sur la porcelaine de sa peau. Qu'importe, qu'il ne dit pas. Parce qu'il s'en fout, au fond, et que tout ceci ne l'intéresse pas. Qu'il sait bien, comment elle l'aime, et comme elle aime le découvrir face à ses démons de passion. Il sait et ça ne change rien. Parce qu'elle est là, sur lui, et qu'elle lui rappelle la demie promesse qu'il lui a faite. En demie mensonge. Et elle lui échappe. Se redresse et instaure un calme étrange entre eux. Lui rend un peu de son souffle, un peu de son libre-arbitre. Il y a leurs mains, qui se frôlent et se comparent, dans le silence de questions qu'il ne comprend pas. Ou pas tout de suite. Il y a ses yeux, à lui, accrochés à ses traits, à elle. À cette mélancolie ô combien délicate qu'il perçoit derrière son masque habituel. Il s'y perd, lui. Sans vraiment chercher à garder le cap. Les doigts serrent, la petite menotte qu'elle a glissé entre ses griffes. « Si c’était moi qui m’étais enfuie, tu l’aurais supporté ? » Et il y a ses yeux, à elle. Le gouffre envoûtant de ses iris. Et tous les souvenirs. Les souvenirs, encore, et toujours, et encore plus. Une main relâche sa cuisse droite pour s'élever jusqu'à son minois, caresser une joue du bout du doigt. Elle est belle. Terriblement belle. Et il sourit, lui, avec ce soupçon de tristesse qui ne le quitte jamais vraiment. « Il n'y a pas grand chose que je ne sache pas supporter, tu sais. » Elle sait bien, même. Qu'il a tout enduré, sans jamais broncher. Son histoire familiale bancale. La révolte adolescente. La fuite en avant. L'alcool. La violence. La folie sousjacente qui le hante. Et sa blonde. Les enfers de l'addiction. Les errances nocturnes. La fatigue. Le grand départ. Et Andy, ses sortilèges, ses reproches. Les émeutes. La colère. La sauvagerie furieuse qui sommeille dans ses veines. La désintoxication. Et pire, la sobriété. La voir débarquer dans sa vie. Devoir la quitter. Il a tout supporté. Il a toujours tout supporté, même quand il gerbait en chialant comme un gosse dans ses chiottes, à dégobiller des litres de liquide acide après avoir trop bu. Après avoir essayé d'oublier. N'avoir jamais su. Mais il sourit, le con, il sourit à la rouquine et s'empare de sa mâchoire de ses doigts trop épais pour la rapprocher, la ramener à sa gueule sans un effort. « Mais ça ne veut pas dire que j'en n'aurais pas chié. » Et il abandonne les barrières, le Grizzly, et s'empare de ses lèvres sans vraiment s'annoncer. Sa langue avide de la sienne. Ses doigts qui se crispent un peu sur sa cuisse, qui réclament plus de peau, se glissent un peu sous la jupe. Et le rock, le rock qui bat la mesure et qui recouvre leurs soupirs, leurs grognements. Puis y a le cœur, le foutu palpitant qui se réveille et qui lui tabasse les cotes, qui lui hurlent qu'il n'est pas encore mort et qu'il en veut encore. Encore plus. Toujours plus. Et ça se précipite, et ça se fait possessif, là, au bout de ses doigts qui remontent un peu en direction de la hanche tandis que l'autre abandonne sa mâchoire pour se glisser à sa nuque et la presser contre lui. Il y a l'organe cardiaque qui perd le nord, sa gueule qui perd le souffle. Et il sait bien, Aymeric, qu'il se comporte comme un parfait connard. Mais il n'en peut plus de se la rappeler et de ne pas pouvoir la toucher. Il ne veut plus, attendre, parler, parlementer. Il a besoin de sombrer. D'oublier un peu. De revivre, pour une heure ou deux. Alors il s'accroche, il l'écorche, lui mord la lèvre inférieure en grondant à voix basse. « J'ai plus envie de parler. », qu'il souffle, se redressant pour mieux l'attirer contre lui, la main glissant le long de sa colonne vertébrale pour se plaquer à ses reins. Il se rappelle, Aymeric. Il se rappelle, elle et lui. Lui et elle. Il se rappelle. Et c'était bien.

- a game of shadows, shall we play ?  -

_________________
And I'm damned if I do and I'm damned if I don't So here's to drinks in the dark at the end of my road And I'm ready to suffer and I'm ready to hope It's a shot in the dark and right at my throat Looking for heaven, found the devil in me
REDEMPTION
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Sujet: Re: à nos amours passés | aymeric ()
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