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 [Flashback] Young Beauty and the Strong Beast (Eric & Eliane)
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homecoming : 20/06/2018
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legends never die : Héraclès, le plus glorieux et le plus adulé des héros de la mythologie grecque est devenu le dieu de la force, de l'héroïsme et du courage. Fondateur des Jeux olympiques, il est aussi la divinité du sport et de l'effort. Dans la sphère privée, on le priait comme Alexikakos (celui qui protège du mal).
the mighty bush : Vitesse décuplée ► dieu du sport, fondateur des Jeux Olympiques, athlète accompli et guerrier aux réflexes foudroyants, Héraclès peut se mouvoir à la vitesse de l'éclair. Fureur divine ► héritage d'un passé héroïque plus sauvage que chevaleresque, Héraclès est capable d'entrer dans une rage dévastatrice heureusement contrôlée. Cette frénésie porte sa force et ses réflexes à des niveaux démesurés, mais le laisse exsangue une fois son énergie consumée.
weapon : [i]Massue d'Héraclès ►[/i] arme primitive que le héros a lui-même taillée dans un olivier sauvage. Instrument emblématique de ses nombreux exploits guerriers, cette massue a le pouvoir d'assommer n'importe quel surnaturel frappé au niveau du crâne.
Allegeance : Esprit libre et indomptable, Héraclès est fidèle à ses valeurs plus qu'à des groupes ou des individus. Déifié après une vie tumultueuse de mortel, il s'est toujours senti plus proche des fragiles humains que des dieux arrogants. C'est aujourd'hui un dieu repenti, justicier et protecteur, qui veille sur les humains et les encourage à exprimer leur potentiel.
Il voue un profond respect aux Templiers, ces gardiens qu'il voit en héros des temps modernes (bien qu'il désapprouve leur culte du secret), ainsi qu'à Vox Populi dans leur quête de vérité (mais il condamne la plupart de leurs actions violentes).
Au fil des siècles, Héraclès a également appris à aimer sa famille olympienne, et ne cherchera jamais à les détruire. Pour autant, il n'hésite pas à s'opposer aux actions néfastes de ses pairs et n'accorde aucun passe-droit.
these streets : Dieu grec isolé depuis le Grand Retour, ange du sport factice, collaborateur occasionnel des Templiers, agent d'Interpol récemment affecté à Paris, il n'est que vaguement au courant de tout. Le détail des événements, du jeu des ombres et des conflits individuels lui échappent encore, mais il entend bien combler son ignorance.
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Dieux

Sujet: [Flashback] Young Beauty and the Strong Beast (Eric & Eliane) Jeu 12 Juil - 22:07 ()
[Flashback] Young Beauty and the Strong Beast
☙ Héraclès & Hébé ❋ 2500 ans avant Eric & Eliane ❧

Cinq siècles avant notre ère : Héraclès, fils de Zeus et Alcmène, héros le plus populaire et le plus glorieux de son époque, est déifié après une vie de tumultes et de combats épiques. Loin d’accéder à la sagesse, le nouveau dieu se leste d’un orgueil à la mesure sa force incommensurable. Mortel, il prenait déjà le dessus sur d’autres dieux comme le sanglant Arès et le sombre Hadès. Divin, Héraclès se considère invincible et supérieur à tout ce qui existe. Dans son arrogance sans limite, seul Zeus mérite encore son respect. Non parce qu’il est le roi des dieux et de l’Olympe, mais parce qu’il est son père et en ce temps-là, les devoirs d’un fils sont profondément ancrés dans la culture et l’esprit grecs.

La légende raconte que la déesse de la Jeunesse et de la Vitalité, fille de Zeus et d’Héra, lui fut offerte comme épouse en récompense de ses exploits et gage de réconciliation avec la vindicative Héra. Les jeunes dieux formèrent un couple modèle et enfantèrent des jumeaux vaillants.
Une histoire trop belle pour l’Olympe et ses intrigues ? En effet.
Les chroniqueurs de la Grèce antique, comme tous les dieux à l’exception des trois concernés, n’ont jamais su que ce mariage faillit ne pas avoir lieu et provoquer une crise au sein du panthéon grec…


* * *

Entends ma supplique, Père ! Je suis le plus vaillant et le plus fort des dieux. Les temples érigés en mon honneur fleurissent comme les bourgeons dans le verger des Hespérides, précurseurs de fruits dorés et juteux. Mon corps invulnérable défend le mont Olympe, mes bras invincibles protègent les mortels. Je mérite meilleure épouse qu’une vulgaire échanson, une servante à l’apparence de fillette !

Héraclès lança un regard en coin sur Hébé, douce innocence en retrait des deux fortes têtes qui scellaient son destin.
Le regard volcanique du colosse impétueux fustigeait la déesse. Une moue de dégoût déformait ses lèvres charnues, s’ajoutant au mépris dont le héros déifié avait toujours fait montre envers elle.

Le grand Zeus fronça ses épais sourcils, sa voix aux tonalités inhumaine emplit la modeste salle où se tenait le conciliabule secret.

— Hébé est fille des souverains de l’Olympe, quelle meilleure épouse pourrait peupler tes mirobolants rêves de gloire ? L’ambroisie dont elle nous nourrit et le nectar dont elle nous abreuve sont nos ressources les plus précieuses, elles assurent notre jeunesse éternelle !

Héraclès bomba son torse noueux avec défi. Une force insensée gonflait chaque fibre de son corps divin, un orgueil démesuré dilatait ses veines comme si un torrent de folie coulait à l’intérieur.
Il parlait d’une voix haute et grave, sans toutefois rivaliser avec la puissance souveraine de l’unique roi des dieux.

J’exige une femme, une vraie, apte à combler l’éros et les moult désirs du champion de l’Olympe ! Seules les orgies débridées et les festivités grandioses de Dyonisos peuvent à présent satisfaire mes appétits hors du commun, Père, tu le sais bien !
Pour réchauffer mon lit je ne demande pas moins que la voluptueuse Aphrodite, dont la beauté et l’expérience incomparables ne feront pas honte à mes prouesses sans égal. J’écraserai sans peine son demi-homme de mari sous son enclume de métal, le boiteux tellement laid qu’il se cloître dans sa forge puante. Aphrodite et moi aurons les plus formidables enfants que l’Olympe ne connaîtra jamais, alliance de beauté enchanteresse et de force terrifiante, la perfection incarnée !


Des éclairs crépitèrent dans les yeux sévères de Zeus. Sa voix gronda avec la force du tonnerre.

Oh, le vieux lion se fâche. Sans doute est-il jaloux, et refuse que la plus belle d’entre toutes se délecte d’autres bras que les siens.

Fils impertinent ! rugit Zeus. Ose me faire affront une fois encore en exigeant de ton souverain, et tu subiras le même sort que Prométhée ! Oublie tes projets irréalistes et accepte la réalité. Héphaïstos et Arès nous ont déjà causé suffisamment de problèmes en se disputant Aphrodite, sans compter toutes ses aventures extra-conjugales. Il est hors de question d’en rajouter.

Héraclès éprouva l’envie de mentionner les nombreuses frasques du roi des dieux et les innombrables situations conflictuelles qu’elles avaient provoquées. Mais le héros se ravisa. Après tout, lui-même devait son existence à l’infidélité paternelle.

Si Aphrodite est une chasse gardée… alors permets-moi de soumettre Artémis la chasseresse. Je pourrai me divertir en la poursuivant à travers les forêts mystérieuses, loin des sentiers qu’empruntent les voyageurs et les bûcherons, parmi les nymphes et la faune sauvage. Sa nature farouche et combattive me plaît. Son talent à l’arc rivalise avec le mien. Nous nous battrons et nous aimerons passionnément. Agrotéra sera mon plus beau trophée, ma plus belle conquête !

Héraclès se fendit d’un rire outrecuidant. Un nouveau regard en coin arrosa Hébé de son mépris cuisant pour cette fragile créature.

Fille de Zeus et d’Héra, tu parles d’un pédigrée ! L’entière descendance d’Héra est faible et pathétique. J’ai connu maintes filles des montagnes à la croupe plus attirante que cette frêle déesse.

Ignores-tu qu’Artémis ne veut pas être mariée ? Que je lui ai déjà promis le droit de conserver sa virginité ?

Ce pacte ne tient plus depuis qu’elle a écarté ses cuisses de coureuse sous le bellâtre Endymion !

Zeus avança d’un pas décidé vers son insolent rejeton. Le terrible foudre aux éclats bleutés croissait dans sa main au rythme de sa colère royale.
L’air se densifiait dans la salle, les poils se hérissaient en prélude à l’orage sur le point d’éclater.

Imbécile ! Tu confonds Artémis avec Séléné, et tu espères qu’elle s’entiche de toi ? Tu ne connais rien de l’Olympe et c’est pourquoi, jusqu’à présent, j’ai fait preuve de clémence à ton égard. N’éprouve pas davantage ma patience, Héraclès ! Tu épouseras Hébé comme Héra et moi l’avons décidé, ce n’est pas discutable !

Les énormes poings d’Héraclès se serrèrent, prêts à frapper comme des marteaux de forge. La colère paternelle ne faisait qu’amplifier sa bravade.
L’atmosphère devenait lourde, électrique, prête à se déchirer sous les assauts violents d’un affrontement titanesque.
Père et fils se livraient à présent un combat muet, presque invisible. Le regard bleuté de Zeus foudroyait la rage volcanique qui flamboyait dans les yeux d’Héraclès.

Soit ! concéda finalement le dieu de la force. Je t’obéis, car je te dois la vie et mon immortalité. L’échanson sera mon épouse officielle, mais elle n’obtiendra de moi aucune attention. Je donnerai libre cours à mes envies à chacun de mes nombreux passages dans le monde des hommes. Kyrielle de jolies femmes aux lèvres gourmandes rêvent du glorieux Héraclès pour réchauffer leur corps en proie au désir, tous les éphèbes de l’Hellade me prient dans l’espoir de recevoir mon initiation. Je n’aurai que l’embarras du choix !

Héraclès rangea ses poings écrasants sur ses hanches tandis qu’il éclatait de rire. Un rire orgueilleux et insolent qu’accentuait son regard provocateur.
Le nouveau dieu ne renonçait pas facilement.

Malheureux, quelle folie t’a donc frappé ?! N’as-tu appris aucune leçon durant ta vie tourmentée de mortel ? Héra voit tout et sa fureur secouera le mont sacré si tu te conduis en époux infidèle, d’autant plus qu’elle adore Hébé ! J’aurais dû mettre plus d’intelligence et moins de force dans ma semence, le jour où je t’ai engendré !

Zeus posa une main miséricordieuse sur l’épaule puissante de son fils. Le foudre s’était évanoui et ses yeux avaient retrouvé leur éclat habituel. Sans doute le dieu volage reconnaissait-il en Héraclès certaines de ses propres passions et tentations.
Il s’exprimait sur un ton étrangement bas, proche de la confidence.

Tu devras réfréner tes ardeurs, Héraclès. Au moins quelques siècles, puis te montrer prudent…

Zeus jeta un regard suspicieux vers Hébé, témoin muette d’une conversation dont elle était pourtant l’objet principal.

Hébé, approche ! ordonna Zeus.

Le maître de l’Olympe attendit que la déesse fût suffisamment proche de son futur époux pour reprendre la parole. La lassitude se lisait sur les traits de son visage, ainsi qu’une possible tendresse lorsque ses yeux anciens comme le monde rencontrèrent ceux d’Hébé. Zeus restait une énigme, même pour les Olympiens originels. Ses paroles autant que ses gestes ne se laissaient pas interpréter facilement.

Tu es la fille des seigneurs de l’Olympe. Fais comprendre à ce béotien insolent et buté qu’il se montre indigne de toi, et non le contraire.

Zeus s’adressa alors aux futurs mariés avec une autorité qui n’admettait aucune contestation.

Lorsque nous nous reverrons, vous serez prêts et souriants pour votre mariage. D’ailleurs, en l’honneur de celui-ci et pour signifier les espoirs que nous portons en vous, Héraclès recevra la charge des éphèbes. Quant à toi, Hébé, une fois devenue femme tu seras la protectrice des jeunes mariées en plus de tes attributions actuelles.
Débrouillez-vous comme vous l’entendez, mais ne vous avisez surtout pas de fomenter une mauvaise surprise !


Zeus se retira promptement, ignorant Héraclès qui maugréait déjà dans sa barbe.
L’ancien héros (trop) adulé toisait sa promise avec l’œil d’un tigre prêt à fondre sur une jeune biche.

Le glorieux Héraclès, se contenter d’une pucelle et de nectar ?! Autant mourir. J’assommerai cette déesse inférieure et jetterai son corps dans le Tartare, si elle s’oppose à ma liberté et à l’assouvissement de mes désirs.

Héraclès n’avait toujours pas desserré ses énormes poings.
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@Eliane Lavalle

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Héraclès
A TRUE HERO ISN’T MEASURED BY THE SIZE OF HIS STRENGTH BUT BY THE STRENGTH OF HIS HEART ~ WHERE WE FALL ARE THE STEPPING STONES FOR OUR JOURNEY ~ THERE ARE ALL KINDS OF COURAGE IN THE WORLD, AND MOST OF IT TAKES PLACE FAR FROM BATTLEFIELDS.
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legends never die : Déesse de la jeunesse, de la vitalité et de la vigueur. Protectrice des jeunes mariées. Détentrice du délectable Nectar et conservatrice de la précieuse Ambroisie. Echanson des dieux sur Terre, ancien échanson des dieux sur l’Olympe, Hébé est également l’oreille à l’écoute, l’amie et la confidente de ces êtres d’un autre temps.
the mighty bush : Souffle de jouvence : D’un simple touché, Hébé peut rajeunir n’importe qui, octroyant vigueur et vitalité. Plus la jeunesse durera dans le temps, plus cela coûtera en énergie.
Guérison : Capacité de guérir les blessures d'une autre personne. L'intensité du pouvoir varie selon le statut du personnage. Selon la gravité des blessures, l'utilisation du pouvoir peut affaiblir son utilisateur.
Allegeance : Eliane soutient et aide anges et templiers, tout en restant en retrait. Elle reste cependant une déesse et, en tant que tel, elle garde secret son identité pour tout autre qui n’est pas comme elle. Cependant, elle a ses propres affinités divines et aspirations. C’est à celles-ci qu’Hébé est fidèle.
these streets : Hébé est au courant de tout et en sait bien plus que les anges et les démons. Ces derniers ignorent que les Dieux sont parmi eux et qu’ils les observent attentivement, mais le mot d’ordre est de conserver l’anonymat sur leur divine identité. Pour sa propre survie, son avenir et celui des siens, Hébé obéit, même si elle redoute toujours cette Prophétie et les conséquences qu’elle pourrait engendrer.
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Sujet: Re: [Flashback] Young Beauty and the Strong Beast (Eric & Eliane) Sam 14 Juil - 22:24 ()
[Flashback] Young Beauty and the Strong Beast
☙ Héraclès & Hébé ❋ 2500 ans avant Eric & Eliane ❧
Si vivante et rayonnante, si réjouie que le regard de son père se soit posé sur elle pour ces fiançailles, c’est avec un enthousiaste non dissimulé qu’Hébé rejoignit Zeus en compagnie de celui qui allait être son futur mari, Héraclès, l’héros populaire de leur ère. Hébé connaissait ces exploits inédits et malgré qu'il soit à l’origine d’une des importantes blessures de son frère adoré, Arès, qu’elle était consciente de ces innombrables infidélités, c’est un soleil qui entra dans la pièce. Pour cette occasion, la déesse ne portait rien de bien extraordinaire. Un fin et long chiton d’une blancheur inégalable. Cette tunique de lin avait été choisie avec soin. Hébé voulait se montrer au naturel. Choix personnel insouciant, prônant la beauté et la bonté de l'âme avant tout, au lieu de dévoiler ses atouts. Même si toute sa beauté ne pouvait être occultée, la Jeunesse ne portait pas ce nom pour rien. Puis, elle ne pouvait faire abstraction de ce corps d’athlète et de l’homme qu’on lui présentait. Homme qu’Hébé avait d’ailleurs déjà vu. Secrètement, sans qu'il la voit. Dès que sa mère lui avait fait part de leur intention d’être un gage de réconciliation entre elle-même et Héraclès par le biais du mariage, Hébé fut enchantée par cette optique. Avoir un si bon parti digne de la déesse qu’elle était, elle ne pouvait qu’être ravie. Tout de même curieuse, l’espiègle jeunette n’avait pas pu s’empêcher d’aller jeter un coup d’œil avant que l’héros devienne dieu. Il était plaisant et avec l'aura divine, aucun doute subsistait, son charisme, déjà impressionnant, lié à cette force surhumaine ne laisseraient pas insensible.

Ces quelques instants avant qu’il ne prononce un mot avaient été suffisants pour renforcer et confirmer l’attirance qu’Hébé avait ressenti lorsqu’elle avait vu Héraclès la toute première fois. Eros lui-même ne lui avait pas insufflé un tel trouble. Il avait à peine réussit à colorer ses joues et récolter quelques rires cristallins avant que la douce ne lui file entre les doigts, son visage dissimulé derrière la coupe d’or contenant l’élixir divin. Jeunesse trop candide face aux sentiments amoureux ou charnels. Jusqu’à Héraclès. Quelques regards avaient suffit à l’ébranler, éveillant les prémices d’une plénitude insoupçonnée en la déesse de la vigueur ; titre qu’elle avait tendance à oublier et à délaisser. Sauf que maintenant l’excitation première disparue complètement pour laisser place à l’incompréhension et la déception.

La chute fut brutale. Hébé déchanta à l’écoute des paroles de son promis, des insultes contre elle ! Ce n’était pas ainsi que la Jeunesse c’était imaginé sa rencontre avec le favori des mortels. Tant de véhémence et de négation la prirent au dépourvu et chaque regard incendiaire d’Héraclès effaroucha la pauvre biche qui recula de quelques pas malgré la défense de son père. Ne baissant pas les yeux, mais restant en retrait, Hébé retint tant bien que mal son malaise, sa surprise et son indignation face à ces rudes et injustes paroles lui étant destinées.

Me lier à cet homme? Ce n'est pas un homme, c'est un animal!

Là était le souhait de ses parents ? Hébé avait toujours eu du mal à voir entre les lignes et à deviner les volontés de Zeus. Cependant, sa mère, Héra, dont elle était très proche n’aurait jamais confié la prunelle de ses yeux à un aussi grossier personnage ! Fugace espoir qui s’évaporait à mesure que les insultes se profilaient et à la prononciation du mot orgie, salissant ses innocentes oreilles, Hébé détourna le regard de cet être qui lui inspirait de plus en plus de dégoût et qui la blessait. Elle ne devrait pourtant pas prendre ces paroles au sérieux, même si elles lui étaient violemment adressées, mais la Jeunesse est inexpérimentée et a toujours été surprotégé. C’était bien la première fois qu’on parlait d’elle de cette façon. Il y avait de quoi être déstabilisé et totalement désillusionné. Elle qui espérait naïvement pouvoir offrir sa virginité, l’un des plus précieux des présents qu’elle pouvait octroyer à un dieu. N’être qu’un, qu’à lui et à personne d’autre. Il était cependant clair à présent qu’un tel rustre ne pouvait être digne de ce moment unique avec elle et qu’il serait beaucoup moins enivrant et passionnant que dans ses songes.

Affectée, Hébé l’était. Néanmoins, elle ne fut aucunement offensée lorsqu’Héraclès associa sa femme idéale à Aphrodite. Un sourire narquois et un regard compatissant animèrent son visage. Posséder Aphrodite ne serait-ce qu’une nuit ? N’était-ce pas là le fantasme inavoué et espéré, tous hommes et dieux confondus ? Pour le coup, elle ne serait pas la seule à être déçue. Ce n’était pas les hommes qui choisissaient et s’emparaient de la belle, c’était elle. Le don était juste de leur faire croire le contraire. C’était normal. Quel homme pouvait rester de marbre face à la déesse de l’amour, de la sexualité, de la fécondité et de la beauté ? Ce n’était qu’un homme après tout.

En revanche, lorsqu’Héraclès mentionna Artémis… Là, Hébé tiqua. Aphrodite, c’était une chose, mais une autre déesse, elle passait pour une marchandise là ! Son amour-propre touché. Etait-elle si repoussante ?! Elle, la grâce éternelle, l’incarnation de la vitalité et la vigueur de la jeunesse ? Hébé n’en avait pas conscience et n’en avait jamais eu l’écho. Zeus lui-même l’avait nommé déesse de la jeunesse, charmé par sa beauté. Seulement, le doute s’immisça en elle au grès des paroles d’Héraclès louant les épanouissantes possibilités d’une vie commune aux côtés de la déesse de la chasse. Certes, Hébé était jeune, mais elle n’était pas une enfant ! Tout comme Artémis, sa vertu était intacte, elle n’était pas encore une femme. Malheureusement, sa garde-robe du jour et ses longs cheveux coiffés en un chignon ne faisaient qu’accentuer cette idée. Ses enivrantes courbes, sa douce peau d’albâtre, parfumée par la grisante odeur naturelle de la jeunesse aux pointes d’ambroisie et de nectar, n’étaient point mises en valeur. La jeunesse et la vitalité qu’elle dégageait naturellement, la grâce de ses gestes, la tendresse de son regard ou de son touché si on avait la chance de le ressentir et ce visage d’ange ! Cette bouille d’innocence et de bonté ; irrésistible créature qu’on a instinctivement envie de protéger au péril de sa vie, sans se douter qu’en réalité c’est elle qui vous sauvera. Toute cette féminité n’était que des bribes mystérieuses entraperçues à travers son aura.

L’impertinence du rire d’Héraclès sortie la soucieuse Jeunesse de ses incertitudes. Un imperceptible soupir de soulagement quitta les lèvres en apprenant la promesse de son père à Artémis. Quel paradoxe. Soulagée d’être la seule pour Héraclès alors qu’elle commence à le détester. C’était plus fort qu’elle. Elle ne s’en aperçu presque pas, perturbée par l’énormité que le dieu nouveau né venait de proclamer haut et fort. Il aurait plutôt du se taire. Alors que Zeus s’énervait contre lui, Hébé rit de la sottise du héros. Un éclat lumineux possiblement invisible face aux éclairs menaçants d’éclater. Comment pouvait-on confondre Séléné et Artémis ? Elle n’en revenait pas. Se pouvait-il qu’en plus d’être grossier son futur époux était ignare de ses pairs ? Il venait à peine de les rejoindre aussi. Il n’avait pas grandit parmi eux, mais au milieu de la populace. Il semblait plus se soucier de sa grandeur, de sa gloire, de ses exploits et de sa nouvelle réussite que des gens qui l’entouraient désormais. Clémente, Hébé esquissa un sourire bienveillant, ne se moquant pas d’avantage de cette méprise qu’elle pouvait comprendre.

Sa bonté allait la perdre. Bien trop gentille, Hébé faillit regretter de l’être face à celui qui ne la considérait même pas. Encore une proclamation salace ! Il en était si fier en plus ; défiant quiconque l’empêchant de dire ces souhaits et de les accomplir. Il n’y avait pas une once d’hésitation et Hébé en voulu à son père de ne pas rouspéter et de remettre plus à sa place cet obsédé. Elle ne pouvait pas dire qu’elle était surprise par ces propos. Pas ceux-là. Elle n’ignorait pas les frasques sexuelles et la collection d’aventures à la hauteur de celles de Zeus. Héraclès étaient aussi bien connu pour ces infidélités. Héra avait averti sa fille et lui avait donné plusieurs conseils dont certains assez radicaux auxquels Hébé espérait ne jamais avoir à faire. Peu sereine suite à cette conversation, ce fut au final Aphrodite qui rassura la Jeunesse et discuta longuement avec elle sur le sujet. Une discussion enrichissante qui lui permit de voir la déesse de l’amour sous un autre œil. Peut-être aurait-elle du lui demander d’autres conseils, car en plus de ces paroles déplacées, Héraclès critiquait une nouvelle fois son statut.

Insinuait-il donc qu’elle était une moins que rien ?! Son travail était l’un des plus honorables de l’Olympe et sa tâche de grande importance. Quel toupet ! N’avait-il donc aucune gêne ? Aucune once de décence ?! Aucun respect, aucune politesse et surtout aucune humilité ! Il respirait l'arrogance, l’égoïsme, le narcissisme et l’orgueil surdimensionné à plein nez! Comment avait-il pu réussir autant de belles et bonnes choses pour les humains en ayant un caractère aussi horrible? N'en voyait-il pas la laideur? Il devrait en avoir honte plutôt que de le crier haut et fort avec autant d'ardeur, de ténacité et de fierté. Ça en était ridicule… Alors pourquoi ressentait-elle toutefois de l'admiration? Malgré sa réticence croissante à vouloir accepter ce repoussant caractère, Hébé était impressionnée par cette force et cette persévérance qui émanaient de lui. Celles de se mesurer à quiconque, de tenir tête et de surmonter sa peur, si peur il y avait. D'essayer, de ne pas se démonter et de tenir bon quoiqu'il arrive. Ne pas avoir de regrets. De remarquables qualités que voilà. Quel dommage qu’Héraclès soit si aveuglé par ces nouveaux honneurs et cette adulation et qu'il ne voyait pas que c'était lui qui était indigne d'elle et non l'inverse. En se comportant de la sorte, il ne pouvait en être autrement.  

Ne suspectant pas les confidences entre père et fils, obéissante, Hébé s’approcha d’eux. Entendre clairement Zeus dire que c’était Héraclès l’indigne entre ces murs, suffit à lui redonner confiance. Aura récupérant de la vitalité, ce fut avec un sourire entendu qu’elle scella les paroles de son père. Mais lorsque ce dernier laissa les futurs mariés seuls, un silence de plomb régna dans la salle. Timide et peu habituée à s’adresser aux hommes qu’elle ne connaissait pas depuis sa naissance, Hébé n’avait ni l’art ni la manière de séduire ou de charmer la gente masculine – pas consciemment - et encore moins un qui avait eu une ribambelle de prétendantes et qui avait déjà été marié. Même si maintenant une toute nouvelle vie commençait, on n’oubliait pas un tel passé si facilement. En tout cas, Hébé n’en faisait pas abstraction. Avec maladresse, elle marcha autour d’Héraclès, comme un lion tourne autour de sa proie. A la différence près qu’elle n’en avait ni la sauvagerie ni la menace. Elle était telle la licorne ; pure, bénéfique et farouche. Elle était gracieuse, timide et hésitante. Ce fut pourtant sans hésitation qu’elle finit enfin par lui adresser la parole.

« Ainsi tu préfères épouser les âgées que la jeunesse même ? Tes anciens pairs seraient étonnés de ton choix, eux qui me vouent plus d’un culte. Ils prient nuits et jours pour que la jeunesse revigore leurs membres, leur octroyant force et vitalité. » Hébé finit par s’arrêter face à Héraclès, à une bonne distance. La biche redoutait tout de même le vrai lion. « Nombre de guerriers font partis de mes croyants. Ton mépris viendrait-il du fait que j’ai peut-être omis de répondre à l’une de tes prières ou plutôt à celles de tes frères d’armes ? Tu apprendras vite qu’on ne peut malheureusement répondre à toutes les demandes. »

Elle était déesse bien avant lui. Lui qui n’était qu’à moitié divin il y a encore peu de temps. Il devrait plutôt s’agenouiller et lui baiser les pieds. Sa mère aurait certainement souhaité qu’Hébé le lui fasse remarquer et l’exige, sauf que ce n’était pas dans la nature passive de sa fille.

« Mais puisque l’on va devenir mari et femme autant crever l’abcès tout de suite. Pourquoi as-tu une telle image de ma personne ? Je ne t’ai rien fait. La moindre des choses aurait été d’être respectueux. Je ne suis pas sourde, j’ai très bien entendu ta supplique envers père. Inutile d’ailleurs. Lorsque père et mère ont pris une décision, il est quasiment impossible de les faire changer d’avis. »

Hébé s’aventura à esquisser un sourire chaleureux, faisant l’effort de faire le premier pas. D’être aimable, gentille et tentant même de le faire sourire à son tour. Après tout, tout le monde avait des défauts et Hébé pouvait bien accepter les siens s’ils étaient dus à une possible déception ou une autre raison qu’elle ignorait et qu’il se montre par la suite un minimum gentil. Il fallait bien qu’ils s’entendent de toute façon. Hébé n’avait aucune envie de vivre l’immortalité entre disputes et souffrances mutuelles. Quoi de mieux que la communication et ensuite la confiance pour vivre ensemble, apprendre à se connaître et être soudés ? Elle ne perdait rien à essayer ! Une joie insouciante raviva la Jeunesse, contente de discuter avec un nouvel arrivé – c’est qu’ils ne recevaient pas tant de visites que cela et ce n’était pas tous les jours que de nouveaux dieux intégrés l’Olympe – et de s’enrichir tant socialement, spirituellement et culturellement ; tout ceci dans l’espoir également de découvrir d’autres facettes d’Héraclès. Des agréables cette fois-ci ! Et puis cela faisait également partie de son travail. L’échanson des dieux était l’oreille à l’écoute, l’amie et la confidente de ces divinités.

« Mère n’appréciera sans doute pas tes propos, mais elle oubliera vite si l’on s’entend bien. On peut commencer par apprendre à se connaître. Déjà comment te sens-tu depuis que tu es devenu dieu ? L’Olympe vu du ciel n’est pas trop dépaysant ? »
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@Eric Monfort

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Irrésistible Jeunesse
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When she laughed, she was beautiful.When she cried, she was beautiful, but when she was determined, she was sexy as hell.

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julius caesar : Lux Aeterna
legends never die : Héraclès, le plus glorieux et le plus adulé des héros de la mythologie grecque est devenu le dieu de la force, de l'héroïsme et du courage. Fondateur des Jeux olympiques, il est aussi la divinité du sport et de l'effort. Dans la sphère privée, on le priait comme Alexikakos (celui qui protège du mal).
the mighty bush : Vitesse décuplée ► dieu du sport, fondateur des Jeux Olympiques, athlète accompli et guerrier aux réflexes foudroyants, Héraclès peut se mouvoir à la vitesse de l'éclair. Fureur divine ► héritage d'un passé héroïque plus sauvage que chevaleresque, Héraclès est capable d'entrer dans une rage dévastatrice heureusement contrôlée. Cette frénésie porte sa force et ses réflexes à des niveaux démesurés, mais le laisse exsangue une fois son énergie consumée.
weapon : [i]Massue d'Héraclès ►[/i] arme primitive que le héros a lui-même taillée dans un olivier sauvage. Instrument emblématique de ses nombreux exploits guerriers, cette massue a le pouvoir d'assommer n'importe quel surnaturel frappé au niveau du crâne.
Allegeance : Esprit libre et indomptable, Héraclès est fidèle à ses valeurs plus qu'à des groupes ou des individus. Déifié après une vie tumultueuse de mortel, il s'est toujours senti plus proche des fragiles humains que des dieux arrogants. C'est aujourd'hui un dieu repenti, justicier et protecteur, qui veille sur les humains et les encourage à exprimer leur potentiel.
Il voue un profond respect aux Templiers, ces gardiens qu'il voit en héros des temps modernes (bien qu'il désapprouve leur culte du secret), ainsi qu'à Vox Populi dans leur quête de vérité (mais il condamne la plupart de leurs actions violentes).
Au fil des siècles, Héraclès a également appris à aimer sa famille olympienne, et ne cherchera jamais à les détruire. Pour autant, il n'hésite pas à s'opposer aux actions néfastes de ses pairs et n'accorde aucun passe-droit.
these streets : Dieu grec isolé depuis le Grand Retour, ange du sport factice, collaborateur occasionnel des Templiers, agent d'Interpol récemment affecté à Paris, il n'est que vaguement au courant de tout. Le détail des événements, du jeu des ombres et des conflits individuels lui échappent encore, mais il entend bien combler son ignorance.
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Dieux

Sujet: Re: [Flashback] Young Beauty and the Strong Beast (Eric & Eliane) Dim 15 Juil - 18:50 ()
[Flashback] Young Beauty and the Strong Beast
☙ Héraclès & Hébé ❋ 2500 ans avant Eric & Eliane ❧

Le dieu léonin observa Hébé décrire un cercle autour de lui avec l’œil dangereux du prédateur. Un coup de patte – le fracas d’un de ses poings surpuissants sur le crâne fragile – suffirait à détruire tous les projets d’avenir de la déesse juvénile.

Inconsciente de la menace mortelle qui pesait sur elle, Hébé brisa le silence avec une doucereuse voix féminine qui contrastait avec les sonorités rugissantes, impérieuses, de Zeus et son fils indomptable. Celui-ci écouta parler sa future épouse sans l’interrompre, mais le fragile respect de l’autorité paternelle s’effritait à chaque mot que ses oreilles captaient.
Finalement, Héraclès ne tint plus. Sa colère explosa avec la violence d’un dôme volcanique brisé par une soudaine montée de magma.

— Idiote et ignare, voilà ce que tu es ! Tu ne connais rien des hommes et des mortels ; j’ai vécu parmi eux, partagé leur amour et leur haine. Je connais le feu qui brûle dans leur cœur, la passion qui coule dans leurs veines. Ma semence a engendré plus de vies qu’il n’y a de dieux, mon bras a abattu plus de corps frétillants qu’il y a d’arbres dans une forêt. J’étais le plus grand héros parmi les hommes avant de devenir le plus puissant des dieux. Alors ne te fais aucune illusion sur ta supposée importance, déesse inférieure. Car un homme qui atteint un âge avancé n’a point vécu. Ce sont les faibles et les lâches qui supplient la jeunesse perdue, non les braves !

Héraclès leva ses bras massifs vers le ciel dans un geste théâtral. Le feu d’un orgueil dévorant illuminait ses yeux exorbités.

— Les guerriers ne demandent pas à vieillir : ils désirent vivre intensément et mériter la gloire éternelle. Ils ne tirent pas leur vigueur d’une insignifiante déesse qui leur est étrangère, mais du formidable courage qui gonfle leurs poitrines vaillantes, de la volonté inflexible qui irrigue leurs muscles saillants. Je te fais cette prédiction, échanson : bientôt la rumeur de mes exploits héroïques balaiera ton culte archaïque comme le glaive des forts fauche les têtes juvéniles de tes pitoyables dévots. L’ouragan de ma gloire secouera les fragiles colonnes de tes temples jusqu’à leur destruction totale. Je t’ai surpassé, vaincu avant même notre première rencontre. Mon culte dominera tous les autres ; c’est moi que les hommes prieront le plus, car je suis leur plus grand protecteur.

L’innocente déesse adressa à son futur époux un timide sourire, un geste chaleureux qui visait à calmer son impétueuse ardeur. L’effet fut celui d’un fagot de brindilles jeté dans un brasier.
Le regard volcanique d’Héraclès cibla directement Hébé avec l’intensité d’une fureur sauvage. La poitrine massive se soulevait et s’abaissait à un rythme inquiétant. Les muscles noueux de ses membres se bandaient en prélude à l’action. Partout sur le corps athlétique des gouttes de sueur perlaient telles des larmes en guise de mauvais présage.

D’un bond, Héraclès combla la distance qui séparait les divinités. Leurs visages étaient à présent si proches que chacun distinguait la richesse de couleurs et de motifs dans les iris de l’autre.
Un doigt accusateur se planta entre les seins d’Hébé, force insurmontable qui poussait la déesse vers le mur derrière elle.

— Regarde-toi, avec ton chiton informe et ton allure de vierge effarouchée ! Tu ressembles à une esclave et parles comme eux, invoquant tes maîtres au moindre écueil. Nul n’est plus méprisable qu’un esclave, car rien n’est plus précieux que la liberté. Par ailleurs…

Le dos d’Hébé rencontra la dureté d’un mur. La déesse était à présent acculée ; le monstrueux Héraclès aux larges épaules occupait tout son champ de vision.

— J’ai avisé les regards que tu me lances en secret, jeune fille.


Héraclès caressa la douce joue d’Hébé de ses doigts rugueux. Le visage buriné du colosse s’inclina avec circonspection ; il avança au point que son souffle se mêlât à la respiration irrégulière de la timide déesse. Les yeux furibonds brillaient d’une lueur différente, plus sauvage que féroce.
Sans préavis, la main libre de l’ancien héros se posa au sommet de la poitrine haletante d’Hébé. Elle s’y attarda quelques secondes, comme pour en prendre le pouls, puis entreprit une lente descente en zigzag.

Tiens donc, le relief est plus accidenté que son épaisse tunique laissait présager.

Avec la rudesse du berger qui presse le pis d’une chèvre pour en extraire le lait, Héraclès pinça à travers l’étoffe de lin l’extrémité durcie d’une mamelle divine entre ses doigts épais. Le tressaillement d’Hébé qui suivit lui inspira un grognement de satisfaction.
La main glissa sur le ventre plat, poursuivant son exploration jusqu’à l’intimité de la déesse.

Le rire tonitruant d’Héraclès éclata en réponse au cri aigu que poussa Hébé.
Il avait déjà retiré sa main intrépide, rompu la proximité de leurs visages.
Le dieu exultait.

— Ainsi, mon instinct ne m’avait guère trompé ! Ha ha ha ! La fille préférée d’Héra est une chienne en chaleur ! Je suis certain que personne n’a jamais osé te toucher, par crainte des représailles. Moi, vois-tu, je n’ai peur de rien.

À demi fermée, la main droite d’Héraclès vint encercler le cou d’Hébé pour la maintenir contre le mur.
L’expression insondable de son visage farouche ne donnait aucune indication sur ses intentions. L’éclat et la forme de ses prunelles se situaient quelque part entre l’alacrité et la démence.
Ses doigts libres s’insinuèrent sous l’encolure du chiton et commencèrent à tirer vers l’extérieur, sans précipitation, jusqu’à découvrir l’épaule nue de la déesse.

— En revanche, dit-il sèchement, j’ai vu trop de laideur au cours de mon existence mortelle pour m’imposer le spectacle affligeant de ton corps disgracieux.

Héraclès remit la robe en état, puis plongea son regard sombre dans les yeux d’Hébé. Une lueur sinistre dansait dans ses iris réduits à un maigre espace – les noires pupilles du dieu s’étaient dilatées de manière inquiétante.
Sa prise autour du cou d’Hébé s’était raffermie. Sa voix rauque soulignait la menace qui se concrétisait.

— Je ne désire pas qu’Héra apprécie mes propos, ni qu’elle m’oublie. Ohhh non, certainement pas. (Le ton monte crescendo.) Sais-tu ce que ta mère adorée m’a fait subir depuis le jour de ma naissance ? Bien sûr que tu le sais, tu es l’oreille des dieux et sa plus fidèle confidente. (Le ton s’élève encore d’un cran.) Cette vipère haineuse t’aime, comme j’aimais ma première épouse et nos chers enfants. (Héraclès ne parle plus, il rugit.) Tu veux savoir comment je me sens depuis mon apothéose ?!

Le nouveau dieu posa son large front incandescent sur celui d’Hébé, leurs nez s’alignèrent avant de se caler l’un contre l’autre.
Un rictus sinistre dévoila les rangées de dents serrées, une rage mauvaise déformait ses lèvres. Un incendie destructeur, mortel, ravageait les yeux sombres d’Héraclès en proie à la folie.

— Je sens mon sang bouillonner dans mes veines avec une énergie incomparable, je ressens dans mes entrailles la douleur d’infamies injustement commises, j’entends dans chaque recoin de mon crâne l’appel impérieux d’une juste vengeance !

Les doigts d’Héraclès, semblables à des tiges d’acier, se refermèrent subitement autour de la nuque délicate d’Hébé. La main était tellement énorme, le cou d’Hébé si fin, qu’une légère pression suffit à verrouiller son emprise indéfectible.

— C’est à cause de ta mère que j’ai pris la vie de Mégara, massacré nos Chalkoarai – mon propre sang ! Aujourd’hui, Héra va enfin éprouver les souffrances qu’elle m’a infligées !

Héraclès pivota subitement sur lui-même, tenant Hébé prisonnière à l’extrémité de son bras tendu.

— Tu parles de crever l’abcès… C’EST TOI QUE JE VAIS CREVER, FILLE MAUDITE D’HÉRA !

Le dieu de la force resserra l’étau qui enserrait le cou d’Hébé. Sans plus d’effort que s’il soulevait une plume, le monstre leva le bras noueux qui supportait le poids de la déesse.
Aucune force connue ne pouvait libérer la prisonnière de l’emprise mortelle. Aucun son ne pouvait sortir de sa gorge comprimée. Les membres graciles d’Hébé se débattaient inutilement dans le vide, hors de portée de tout appui.

Héraclès pouvait en finir dans la seconde. Il lui suffisait de briser la nuque fragile entre ses doigts puissants. Mais le dieu procédait avec la lenteur cruelle du lion qui étouffe le souffle d’une gazelle entre ses crocs, sentant la vie quitter sa proie seconde après seconde.
-  a game of shadows, shall we play ?  -

@Eliane Lavalle

_________________

Héraclès
A TRUE HERO ISN’T MEASURED BY THE SIZE OF HIS STRENGTH BUT BY THE STRENGTH OF HIS HEART ~ WHERE WE FALL ARE THE STEPPING STONES FOR OUR JOURNEY ~ THERE ARE ALL KINDS OF COURAGE IN THE WORLD, AND MOST OF IT TAKES PLACE FAR FROM BATTLEFIELDS.
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[Flashback] Young Beauty and the Strong Beast (Eric & Eliane)
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