boom bitch
Après un long dimanche, mais pas de fiançailles, nous voilà de retour !
Pour tout savoir sur les nouveautés de la version, c'est par .
dying to be born again
L'intrigue est de retour, pour vous jouer de mauvais tours... ou pas.
Dans tous les cas, c'est par .
paris versus the apocalypse
Quoi de mieux pour lutter contre l'apocalypse qu'un apéro ?
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quand on est un vrai
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the mighty bush : VOLONTÉ DÉCUPLÉE — insidieuse, il y a la voix qui contrôle tout; celle qui fouille les esprits, tire sur la corde sensible, oblige et abuse. celle-là qui murmure un ordre sacré.
et l'autre qui n'a pas d'autre choix, l'autre qui s'exécute. le petit pantin qui refuse et refuse et refuse, mais la voix calculatrice qui oblige. les fils invisibles sont tirés et personne ne le sait.
l'autre est marionnette et joue sa partie, dépité.
Allegeance : c'est un élément important; un pion dont on ne se débarrasse pas d'un mouvement du poignet. elle fait partie du mouvement, a fusionné avec la cause et partage les valeurs des révolutionnaires. mais comme toujours, ad c'est une solitaire. une môme qui a dû se battre pour être là où elle est. alors certes elle est polie et plus ou moins agréable, mais il ne faut pas croire que ses sourires signifient avec confiance. elle a des alliés, pas des amis.
these streets : elle sait que quelque chose, quelque part, s'est brisé. que tout a changé depuis, que tout a commencé à se fissurer et tomber en ruines. elle sait que rien ne tourne rond et que personne, nulle part, ne veut donner de réponses. elle sait que le mystère est complet et, qu'au fond, elle ne sait rien.
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Sujet: (m) do you miss me like i miss you? Mar 8 Nov - 21:12 ()
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des visages sans noms, des sourires sans formes, des question sans réponses - ils s'aglutinent tous pour entendre les conversations. elle peut voir d'ici les oreilles baladeuses qui se promènent comme si c'était tout à fait leur domaine. elle peut voir les rictus diaboliques, les murmures condescendants.
la mascarade qui se joue, ça l'agace, ça l'irrite.
elle n'y peut rien si ce genre de soirée, ça n'a jamais été son fort: adèle, elle est faite pour le terrain. pour les courses poursuite qui vont l'achever, son corps tout entier qui menace de l'abandonner, la main calme sur l'arme qui vise, qui tire, qui blesse. parfois qui tue. elle est machine et elle est mortelle. les soirées drapées de soie où son trente-et-un est exigé? ça n'a jamais vraiment été sa tasse de thé.

alors quand elle fait volte-face et frappe de plein fouet un autre inconnu, elle a le mouvement facile; une main posée sur l'épaule pour le stabiliser.
« désolée, rien de cass-- » elle a la voix qui craque sur la dernière syllabe comme si on lui avait coupé la respiration, juste avant que sa phrase ne s'achève. le point d'interrogation se perd dans sa gorge alors que ses yeux s’écarquillent, fixant violemment la silhouette qu'elle vient de bousculer.
c'est matt.
m
a
t
t.


elle pourrait repenser aux bons jours,
aux sourires,
aux rires.
elle pourrait repenser aux fois où ils faisaient n'importe quoi, où ils échangeaient un regard, une idée, puis partaient à l'aventure comme deux gamins qui ne voulaient pas grandir. ils sont différents, matt et adèle, mais ils s'entendent bien. ça a toujours été un problème, au fond. qu'ils soient complémentaires, qu'ils se comprennent dans les bons comme les mauvais jours. qu'il soit le noir de son blanc et qu'elle soit la nuit de son jour. ça a toujours posé problème parce qu'à trop bien s'entendre, on ne se dispute pas. on ne tire jamais sur les cordes sensibles.
on voit souvent l'explosion de loin et on ne dit rien.
elle n'a pas les mots faciles, adèle. elle les crache trop véhément ou ne dit rien du tout, quitte à perdre un ami. alors quand il l'a confronté à la révolution, quand il lui a dit, qu'est-ce que tu fous kal? c'est pas ta vie, ça. elle a joué son dernier joker, elle a pris son visage entre ses doigts délicats et elle l'a embrassé. parce qu'il tournait voyou, matt, parce qu'il était son ami et parce qu'elle le perdait et parce qu'elle n'a aucune idée de ce qu'il aurait fallu faire pour le garder.
alors elle l'a emmené avec elle, déchirant leur intimité si durement achevée, et s'est enfuie à la nuit tombée.

elle aurait pu l'appeler, s'excuser. mais ses désolés pèsent lourd dans l'air et elle déteste quand il faut les murmurer: son ventre fait un bruit étrange et son coeur se serre quand elle avoue sa faute. le sentiment est dégueulasse sur la langue, et elle préfère le ravaler que cracher son amertume aux gens. elle aurait pu l'appeler mais elle en l'a pas fait. alors elle a dû apprendre à vivre autrement; c'est dur de perdre un ami, surtout quand on ne sait pas s'en faire. elle a dû effacer des dizaines de messages inutiles sur la culture des abeilles et la taille de la plus grosse pastèque du monde et ce cocktail dont ils avaient parlé. elle a dû les lire, les relire, puis les supprimer dans un mouvement enragé parce que non, ad, t'as plus le droit. t'as tout gâché. alors tu sers les dents et t'arrêtes de pleurnicher.

ça a été dur mais elle l'a fait. et elle a fini par l'effacer. alors quand les deux grands yeux de matt la fixent en retour, elle a l'impression qu'elle va exploser ou pleurer ou courir. quelque soit le résultat, c'est sa fierté qui va en souffrir.
elle respire.
« hey. », et le mot délicat s'échappe avec hésitation de ses lèvres alors qu'elle le regarde, se dandinant sur place. c'est bizarre et inhabituel et elle veut juste se secouer, puis le secouer lui aussi. parce qu'ils étaient amis. ça s'oublie pas en quelques cris et quelques baisers, n'est-ce pas? elle en sait foutrement rien et ça l'inquiète.
« ça fait... longtemps. » et elle peut sentir toutes les couleurs qui quittent son visage à l'instant même où les mots courent hors de sa gorge et traversent la vallée de sa langue pour atteindre l'air tendu entre eux. longtemps. ce qu'elle peut être idiote, parfois.

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the mighty bush : technopathie : Depuis le grand retour, Matt peut contrôler les objets électroniques par la simple force de sa pensée. Il ne comprend pas exactement comment, ni pourquoi, mais il trouve ça bien utile, surtout lorsqu'il s'agit d'effacer des données compromettantes.
these streets : Dire que Matt ne sait rien est un euphémisme. En vérité, il se fiche un peu de ce qui est arrivé à Paris et, même s'il entend souvent parler de Lucifer & co dans son restaurant, il n'y prête pas la moindre attention.
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Sujet: Re: (m) do you miss me like i miss you? Mer 9 Nov - 21:53 ()

https://www.youtube.com/watch?v=FcSeHMYGm4Y
so i'll hit the lights & you lock the door
Tell me all of the things that you couldn't before

Il a le cœur qui bat trop fort et, tout ce qu’il sait, c’est qu’il faut qu’il sorte d’ici. Il faut qu’il se casse. Qu’il s’échappe de cette foule à laquelle il n’appartient pas. Il ne cherche pas des réponses, Matt. Il sait qu’il n’y en a pas, et, au fond, il sait qu’il ne vaut mieux pas qu’il y en ait. Quand on attend aussi longtemps pour connaître la vérité, on sait qu’elle sera automatiquement décevante. A la recherche de la vérité, Paris avait perdu la sienne. Alors, il se faufile entre les sourires et les faux semblants d’un monde qui n’arrive plus à distinguer l’or de la rouille. Il se faufile entre des personnes qu’il ne veut pas connaître. Toujours les mêmes visages. Toujours les mêmes questions, qui brulent, dans leurs yeux. Les réponses, elles, changent. Elles varient selon l’année et la personne. C’était un tas de conneries, cette convention. C’était ce qu’il disait à qui voulait l’entendre. Oui, mais, voilà, il était là. Il était là parce qu’une infime partie de lui voulait savoir. Une infime partie de lui voulait se persuader que, non, ce n’était pas de sa faute si son frère avait disparu. Qu’il n’avait rien fait de mal, et, surtout, qu’il n’aurait rien pu faire de plus. Sauf que là, à ce moment-là, il n’en peut plus. Il étouffe. Il a les doigts qui tremblent. Il faut qu’il sorte. Alors, il se faufile et il avance, les yeux rivés sur son paquet de cigarettes. Et soudain, c’est le choc. « désolée, rien de cass-- » Car soudain, elle est là, Kal. Elle est là et il la regarde, droit dans les yeux, parce qu’il arrive à peine à y croire et qu’il ne trouve pas les mots qu’il a arrêté de chercher depuis des années. Trois ans, exactement. Trois ans qu’ils s’évitaient avec succès. Trois ans qu’ils avaient arrêté d’essayer. Pourtant, il se souvient du dernier jour où il l’avait vu comme si c’était hier. Il avait toujours cru qu’ils crèveraient ensemble. Pas parce qu’il était amoureux d’elle, non, ils n’avaient jamais vraiment eu ce genre de sentiments l’un pour l’autre. Mais parce qu’il n’arrivait pas à se souvenir de ce à quoi ressemblait sa vie sans elle. Il l’avait toujours connue, Kal. Du moins, c’était ce qu’il se disait. Il y avait lui et il y avait Kal et ils s’envoyaient des sms bizarres qu’eux seuls comprenaient, parce qu’ils avaient leur langage mais à un moment, leur langage n’avait plus suffi et il avait fallu qu’ils trouvent autre chose, sauf qu’ils n’avaient pas eu le temps, alors ils avaient tout foutu en l’air. « hey. » Elle dit ça dans un souffle, mais lui, il n’entend plus que le son de sa voix. Elle lui a manqué mais il lui en veut. Il lui en veut de l’avoir laissé tomber comme ça. Et il s’en veut, aussi, de n’avoir pas cherché à la rattraper. Il a les regrets au creux de la gorge, piégés, avec les mots qu’il n’a jamais su lui dire. Parce qu’à l’époque, les mots, ils s’étaient transformés en cris, et les cris s’étaient brouillés dans le flou d’une nuit qu’ils regrettaient tous les deux. Il n’avait pas su le lui dire autrement qu’il ne voulait pas qu’elle parte, Kal. Qu’il ne voulait pas qu’elle crève pendant une émeute ou pendant un assaut. Sauf qu’elle était partie quand même. Et ça lui avait fait un mal de chien. « ça fait... longtemps. » Il a un sourire, amer, parce qu’il allait dire la même chose et qu’elle lui vole les mots qu’il a tant de mal à prononcer.  

Les gens, autour d’eux, étaient tous venus ici pour tenter de comprendre pourquoi leurs proches s’étaient envolés. Lui, il savait pourquoi Adèle avait disparu de sa vie. Il savait qu’il avait merdé. Il savait exactement où et quand ça s’était passé. Et il savait, qu’à partir de ce moment-là, ils n’avaient jamais pu revenir en arrière. Il avait fini par se faire une raison. Par se dire que la vie, avec Kal, c’était une autre époque, une époque révolue. Sauf que parfois, quand il rentrait chez lui, à 5 heures du mat, les poings en sang, il se souvenait de ce qu’elle lui avait dit, ce soir-là. Qu’il allait mal finir. Qu’il pourrait la rejoindre, sa putain de révolution. Que là, au moins, il avait une cause à défendre. Une raison de se battre. Sauf qu’elle était là, son erreur. Matt, il ne voulait pas de raison. Il voulait juste se battre. Alors il la regarde, comme pour s’assurer qu’elle est bien là, devant lui. Comme pour s’assurer qu’il ne rêve pas. Il la regarde et il ne sait pas exactement quoi lui dire, et le silence commence à se faire long. « Ouais. » C’est gênant. C’est gênant de n’avoir rien à dire à une personne à qui on confiait tout. Il y avait une époque où il connaissait le moindre détail de sa vie, et il y avait maintenant. Il y avait l’envie de dire quelque chose, parce qu’elle lui avait manqué, Kal. Son rire. Les conneries qu’elle lui disait. Les soirées qu’ils passaient chez lui à cuisiner de nouvelles recettes et à les rater, tout ça pour finir par commander une pizza. Mais, dans ses yeux, il y avait aussi l’envie de foutre le camp. De faire comme s’ils ne s’étaient pas revus. Et Matt, il avait la fuite dans le sang. Alors, il la regarde, pendant quelques secondes, et il hésite, parce que ça serait tellement plus facile de se barrer. Mais elle est là. Et il est là. Et il y a de l’amertume, dans sa voix. Mais il parle quand même. Parce qu’il refuse de la voir s’échapper encore une fois. « Content de voir que t’es toujours vivante. » Il n’a jamais été très doué, pour reconnaître ses torts à voix haute. Ni pour faire le premier pas, d’ailleurs. Mais cette fois, il n’a pas vraiment le choix. Parce que Kal, elle n’est pas habituée à faire des erreurs. Et lui, il essaye de lui faciliter la tâche. Parce que c’est leur dernière chance, et qu’elle le sait aussi bien que lui. Parce qu’il y a des mots qui doivent être dits. Mais pas ici, parce qu’ici, il étouffe. Dehors, dans la cour intérieur, qui se situe juste derrière eux. Et peut-être que, cette nuit, ils exploseront à nouveau. Peut-être que les dégâts qu'ils ont fait ne pourront pas être réparés. Il sort une cigarette de son paquet. « J’vais fumer, tu veux venir ? »





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et l'autre qui n'a pas d'autre choix, l'autre qui s'exécute. le petit pantin qui refuse et refuse et refuse, mais la voix calculatrice qui oblige. les fils invisibles sont tirés et personne ne le sait.
l'autre est marionnette et joue sa partie, dépité.
Allegeance : c'est un élément important; un pion dont on ne se débarrasse pas d'un mouvement du poignet. elle fait partie du mouvement, a fusionné avec la cause et partage les valeurs des révolutionnaires. mais comme toujours, ad c'est une solitaire. une môme qui a dû se battre pour être là où elle est. alors certes elle est polie et plus ou moins agréable, mais il ne faut pas croire que ses sourires signifient avec confiance. elle a des alliés, pas des amis.
these streets : elle sait que quelque chose, quelque part, s'est brisé. que tout a changé depuis, que tout a commencé à se fissurer et tomber en ruines. elle sait que rien ne tourne rond et que personne, nulle part, ne veut donner de réponses. elle sait que le mystère est complet et, qu'au fond, elle ne sait rien.
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Sujet: Re: (m) do you miss me like i miss you? Mar 15 Nov - 22:22 ()
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le problème entre matt et adèle, c'est qu'ils ne savent pas doser les trop-tard.

ad, c'était la petite fille qui tuait toute ses plantes à trop les arroser, parce qu'on ne lui avait pas appris à cesser de donner. dix-neuf ans et fraîche comme le printemps, on lui a mis entre les bras sa famille parce que maman valait mieux que ça. elle lui a dit: je suis désolée chérie. je t'aime. mais ma vie, elle est là-bas, elle est avec lui. t'es trop grande pour que je t'emmène de toute façon. mais je t'aime.
tu le sais que je t'aime, n'est-ce pas?

et le silence qui s'éternise parce que ça non plus, adèle ne sait pas. elle met toujours dans la même boîte: visiblement maman aimait de la mauvaise façon. être enfermée avec un homme qu'elle connaissait depuis longtemps n'était pas la solution. elle a forgé sa vie d'aventures sans lendemain et d'espoirs précaires. maman est partie après plusieurs essais. après plusieurs ratés.
la môme s'est mise, elle aussi, à jouer.
elle a commencé à donner, donner, donner, sans jamais savoir s'arrêter.
le soucis c'est qu'elle met toutes ses cartes sur la table, face visible, ou elle se couche sans autre forme de procès. il y a des jours où on peut voir tous ses discours ratés dans ses yeux fatigués et d'autres où elle est une peinture oubliée dont les traits ne laissent rien échapper.

quand elle y pense, peut-être que matt, c'était juste une expérience. qu'il était le papa de sa maman et qu'elle allait finir par l'abandonner. parce qu'amis et amours c'est pas vraiment différents; c'est une question de bonheur (éphémère) qu'on s'imagine chantant. on se dit que les beaux jours se caractérisent par des couleurs, des sons, des voix. mais ses jours à adèle, ils étaient de rouge de gris et de noir.
elle se noyait.
elle étouffait.
alors elle l'a embrassé.
elle l'a embrassé violemment pour faire sortir de lui des étincelles de joie supposées repeindre ses journées moroses et camoufler ses larmes salées. elle l'a embrassé parce que c'était plus facile que de dire, il m'a abandonné. ils finissent tous par se casser. pas toi.
pas toi.

au fond pour adèle, ce baiser c'était la dernière bouée du naufragé.

y'avait que de l'amertume sur sa peau, de la colère contre ses dents. des mouvements frénétiques, saccadés, qui alternaient entre désolé et je te hais. ils ne savent pas se parler et elle l'a su dès qu'il a commencé à lui hurler que non, la révolution ne changera rien. que paul est parti, qu'il le sera toujours demain. puis à quoi bon, il lui disait, qu'on te donne des réponses pré-fabriquées? il est mort et t'es misérable et tu te hais pour tout ça.
elle ne sait pas bien si on peut désapprendre quelqu'un comme cela; sentir son parfum à foison pour s'en priver. glisser ses doigts entre les siens pour éviter les mots glacés. elle n'est pas sûre, mais cette nui-là, elle a essayé.
et peut-être que c'est pour cela qu'elle a autant de mal à respirer quand elle le voit.

la grande différence entre matt et adèle, à ce moment-là, c'est qu'il n'avait besoin d'aucune raison pour faire saigner ses poings et frapper. il suffisait d'un peu de colère, d'un peu de rage. elle, elle en était vidée: les jours étaient trop durs et elle peinait à se lever. son combat? ça a longtemps été d'exister.

« ouais. » et elle sent le rire qui monte dans sa gorge; elle sent des griffes qui le font surgir contre son palais, des crocs enfoncés dans le fond de sa gorge, des coups de forcenés contre ses dents. le rire qui monte, monte, monte et grandit et manque d'exploser parce que tout ça, ce n'est pas eux. c'est comique (triste) et elle se voit déjà fuir de nouveau.
elle se souvient d'un soir, un peu après ça. elle était dans sa cuisine à essayer de faire la dernière recette qu'il lui avait envoyée. elle se souvient du massacre, de la fumée, de son téléphone entre ses doigts et du numéro affiché. elle se souvient. elle était le seul point fixe au milieu du désastre, le plat noir explosé sur le sol, la farine dans les cheveux et des coquilles d'oeuf sur ses manches. l'air paumé. l'air désespéré. (l'air irrespirable)
personne à appeler pour que la pizza soit amenée.
- ça a été dur de perdre un ami.

« content de voir que t’es toujours vivante. » la poupée penche doucement la tête vers la droite, un sourire un peu compliqué sur le coin de ses lèvres rosées. les mots de matt sont un peu acides, comme une lame de rasoir tout contre sa peau qui menace de la déchirer en deux. le soucis c'est qu'elle ne sait plus sur quel pied danser: ils ont changé. « t'as pas cherché à savoir non plus. » et ça elle le crache un peu vite, mais elle le fait avec son ton froid habituel. elle mord, kal. ce n'est plus vraiment un secret. « je suis contente de te voir. » elle cède finalement d'une petite voix étranglée, parce que c'est le genre de choses qu'adèle ne dit pas. sauf si elle a le choix. (ce qui n'est pas le cas.)

« j’vais fumer, tu veux venir ? » il lui dit et elle peut sentir toute la tension s'échapper d'elle dans un soupir: ce n'est pas son univers à la môme et cela ne l'a jamais été. elle a toujours été faite pour le macadam et les grandes allées, les grands espaces de bitume où il n'y a personne pour la retrouver.
l'entre-deux paumé où on peut apercevoir toutes les âmes que la vie a gâchées.
elle est plus qu'heureuse de quitter la soirée et le suit aisément vers l'extérieur, demandant d'un geste de la main une cigarette. elle ne fume pas souvent, adèle, mais elle sait qu'elle a besoin de la fumée salvatrice ce soir. que pour affronter l'explosion il va falloir un peu d'espoir et de conviction. elle n'a rien de ça, mais elle peut peut-être faire semblant en crachant du noir et de la fumée au visage de ses démons.

elle peut se jeter à l'eau, s'il le faut: elle se souvient qu'il fut un temps où matt était bouée sans qu'aucun baiser ne soit invoqué.
« tu sais, j'ai voulu appeler. quelques jours après. mais je pouvais pas, matt. t'étais en train de tomber dans un trou et je t'aurais suivi. sauf que moi, je suis pas comme toi. j'en serais jamais sortie. j'avais besoin de me battre. j'ai encore besoin de me battre. et je continue de penser que tu devrais aider. t'as pas l'air de croire que ça te concerne - » et elle braque ses deux grands yeux un peu vides, un peu brillants dans les siens. elle a les lèvres pincées et l'air peiné. c'est dur de s'exprimer. « - mais t'as été touché à l'instant où ton frère a disparu. et si tu ne te bats pas pour lui, tu devrais le faire pour toi. personne aura la paix avant ça. t'auras juste les poings ensanglantés et l'impression d'étouffer. » elle ne lui dit pas, juste comme moi. ça ne sert à rien: il sait.

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these streets : Dire que Matt ne sait rien est un euphémisme. En vérité, il se fiche un peu de ce qui est arrivé à Paris et, même s'il entend souvent parler de Lucifer & co dans son restaurant, il n'y prête pas la moindre attention.
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Sujet: Re: (m) do you miss me like i miss you? Mer 23 Nov - 0:07 ()

https://www.youtube.com/watch?v=tTDJjt-8t_I
I feel so weak but you call me strong
I can only see what was wrong

Il lui tend une cigarette et il allume la sienne. Ils sont dehors et ils n’entendent plus la soirée. La soirée, elle est loin, derrière la fumée qui s’échappe de ses lèvres. Ici, c’est une zone de guerre. Un champ de mines. A chaque pas qu’ils font, dans leur danse électrique, tout peut exploser. Elle le sait. Il le sait. Ici, il n’y a plus de faux semblant. Les masques tombent et se fracassent contre le sol. Elle le regarde et il la regarde et il y a un instant où il se demande comment ça va se finir. Il se la pose, la question de savoir s’ils ont détruit plus qu’ils ne peuvent réparer. Il se la pose et il a peur de deviner la réponse lorsqu’il croise son regard. C’est simple : il a l’impression d’avoir tout foutu en l’air, avec Adèle. Il a l’impression qu’elle ne pourra jamais être rien de plus qu’un souvenir. Et ça le tue, Matt, parce qu’il l’aime, Adèle. Il ne le lui dira jamais parce que c’est pas leur genre et qu’elle le sait, de toute façon, qu’il tient à elle comme on tient à sa famille. On le lui avait dit, pourtant, à Matt, que les gens, c’est pas comme des maisons. Qu’il peut pas juste s’installer là et dire qu’il est chez lui. Parce que les gens, ils partent, et ça, il le sait. Il le sait mieux que personne. Mais pas mieux qu’elle.

Ils sont dehors, et il y a du silence et il attend qu’elle le brise. Alors c’est ce qu’elle fait. Elle a les mots tranchants, Adèle. Tranchants de vérité. Vérité qu’il ne peut pas avouer. Avouer qu’il préfère les mensonges qu’il se raconte le soir, avant de fermer les yeux. Yeux écrasés par la fatigue. Fatigué de se battre et fatigué d’étouffer. C’est juste une mauvaise passe, qu’il se dit, Matt. Il se perd dans l’illusion qu’un jour, il réussira à reprendre le contrôle qu’il a perdu. Et là, il a le cœur qui bat un peu trop fort et la mâchoire qui se serre, parce qu’il y a peut-être un moment où il a envie de s’énerver. Peut-être que c’est quand il l’entend lui dire qu’il devrait se battre, comme elle, comme eux, la vox populi. Il l’entend lui rappeler qu’il fait partie de l’histoire, lui aussi.  Là, à ce moment-là, il a l’impression de revenir trois ans en arrière. Il a l’impression de revivre une soirée qu’il tentait d’oublier. Trois ans avaient passé, mais ils en étaient toujours au même point. Ils essayaient toujours de savoir qui avait raison et qui avait tort, sans vouloir laisser à l’autre le plaisir d’avoir le dernier mot. C’était égoïste et il le savait. Il n’avait jamais voulu la suivre dans ses délires révolutionnaires et elle ne lui avait jamais demandé pourquoi jusqu’à ce fameux soir où il avait refusé de le lui dire. Matt, il a jamais été aussi courageux qu’elle. Pendant qu’elle se battait pour obtenir des réponses, il se battait pour du vent, pour des promesses brisées et du deuil inachevé. Pas parce qu’il s’en foutait, de ces réponses. Mais plutôt parce qu’il en avait peur.  Alors il avançait à reculons. Non, il reculait. Il marchait à contre courant et il se battait contre la vie mais dans le vide. Mais au fond, elle avait beau affirmer le contraire, kal, elle faisait la même chose. Elle avait juste un meilleur prétexte derrière lequel se cacher. Alors, il a ses yeux dans les siens et la cigarette coincée entre les lèvres. Il hoche la tête, un peu mécaniquement, un peu sarcastiquement. Il a la rancœur sur le bout de la langue et il la laisse partir parce que maintenant, quitte à détruire les ruines qu'ils ont laissé derrière eux, il faut parler.  « Ok. Ok. Donc selon toi, j’dois aller brûler des voitures, ça sera plus productif ? » Ca part tout seul et il le regrette immédiatement dans un soupir. Il n’a pas envie de la revivre, cette fameuse nuit. Sauf qu’il a les regrets accumulés qui remontent à la surface dans une écume amère sur laquelle il n'a aucun contrôle. « Ecoute, kal, moi, j’ai jamais voulu t’entraîner nullepart. En fait, j’t’ai jamais rien demandé. Tu veux te battre ? Parfait. Tu veux gueuler jusqu’à la place de la République ? Vas-y. Tu veux foutre des bombes dans des métros, fais-toi plaisir. Mais me demande pas de te r’joindre. J’t’ai dit non y’a trois ans, j’ai pas changé d’avis. » C’est déconcertant, la facilité avec laquelle ils réussissent à s’écorcher.  Et ses mots, à lui,  ils brûlent. Ils sont teintés de colère et de cynisme, mais de peur aussi. Peur de la perdre. Peur de se perdre, aussi. Peur des adieux qu'ils n'ont jamais osé se dire. « Et toi non plus, visiblement. » C'est une phrase lâchée dans un souffle et c'est amer et hypocrite, le genre de phrase qu’on retient pendant longtemps et qu’on ne dit jamais. Mais, voilà, elle est sortie de ses lèvres en même temps que la fumée de sa cigarette et c’est pas une excuse mais, de toute façon, Matt et Adèle, ils vont toujours trop loin, et ils n’apprennent jamais.






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pretty face : emilia clarke.
julius caesar : (a) ultraviolences (aes) leo de riv et kimouille (g) matt
the mighty bush : VOLONTÉ DÉCUPLÉE — insidieuse, il y a la voix qui contrôle tout; celle qui fouille les esprits, tire sur la corde sensible, oblige et abuse. celle-là qui murmure un ordre sacré.
et l'autre qui n'a pas d'autre choix, l'autre qui s'exécute. le petit pantin qui refuse et refuse et refuse, mais la voix calculatrice qui oblige. les fils invisibles sont tirés et personne ne le sait.
l'autre est marionnette et joue sa partie, dépité.
Allegeance : c'est un élément important; un pion dont on ne se débarrasse pas d'un mouvement du poignet. elle fait partie du mouvement, a fusionné avec la cause et partage les valeurs des révolutionnaires. mais comme toujours, ad c'est une solitaire. une môme qui a dû se battre pour être là où elle est. alors certes elle est polie et plus ou moins agréable, mais il ne faut pas croire que ses sourires signifient avec confiance. elle a des alliés, pas des amis.
these streets : elle sait que quelque chose, quelque part, s'est brisé. que tout a changé depuis, que tout a commencé à se fissurer et tomber en ruines. elle sait que rien ne tourne rond et que personne, nulle part, ne veut donner de réponses. elle sait que le mystère est complet et, qu'au fond, elle ne sait rien.
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Revolutionnaires

Sujet: Re: (m) do you miss me like i miss you? Mar 20 Déc - 13:45 ()
friends can break your heart too
il dit lui, ok, d'accord, très bien.
puis il lui parle de voitures brûlées et d'actions productives. il lui raconte les choses qu'ils ont faites parce qu'ils étaient paumés et en colère. il lui parle de questions auxquelles personne ne donne de réponses et elle tire, un peu absente, un peu mal à l'aise, sur son bâton de nicotine. à la regarder, sa pauvre cigarette détient tous les secrets de l'univers. à la regarder, elle préfère s'enfumer les poumons plutôt que l'écouter parler de boum et de bang. mais ce n'est rien de plus qu'une drogue, rien d'autre qu'une addiction, un autre malaise, un autre fond. elle finit tous par les toucher, de toute façon.
« c'est mieux que casser la gueule d'inconnus sous prétexte que ta pauvre existence ne te suffit plus. » qu'elle répond, la voix égale. ce n'est pas un reproche qu'elle entoure autour de sa langue comme un secret acide. c'est un fait, qu'elle délivre d'une voix froide, presque calculée. son même air de salope placardé sur son visage comme l'emblème de sa connerie.
c'est toujours comme cela qu'elle parle, la môme: comme si elle ne détenait aucune réponse mais qu'à faire tanguer les mots dans sa bouche, peut-être qu'ils prendraient un air de miracle et répondraient à toutes leurs questions. elle n'a jamais été que ça, pas vrai? un point d'interrogation qui mourrait d'envie de se séparer de la boucle inutile pour n'être plus qu'un point final solitaire à la fin d'un livre bien rempli.

et puis il parle, encore, toujours. il soupire et il lui dit que lui? oh lui il ne veut pas l'embarquer où que ce soit. non, franchement, très peu pour lui. il a jamais rien demandé, matt. et elle ne peut pas le contredire: il ne demande pas. mais adèle, elle est comme ça. elle t'accompagne jusqu'au bout du monde et jusqu'au fond si elle pense que t'en as besoin. puis même si elle ne le pense pas, adèle c'est le genre à faire sans poser de question. si t'as envie de te jeter du haut d'un pont pour l'adrénaline, elle fera bien attention à te tenir la main. elle a l'air un peu coincée avec son air compliqué, mais au fond elle est plus simple que n'importe quelle autre fille: tant qu'on ne la surprend pas, elle dit oui. puis si c'est une mauvaise idée, adèle, elle sera toujours derrière pour essayer de tout arranger.
et peut-être que c'est son complexe de grande soeur parce que maman s'est cassée et c'est elle qui devait se débrouiller. peut-être. mais ce n'est pas parce qu'elle lui donnera un nom qu'il disparaîtra - alors elle n'en parle pas.

adèle, elle est du genre naïve. parce qu'elle donne et elle donne et elle donne. aux amis, à la famille, à ceux dont les noms s'effacent au petit matin. elle est l'arrosage automatique un peu hanté qui ne s'arrête jamais: et les plantes crèvent les unes après les autres parce qu'elle est juste trop, adèle. un océan déchaîné que personne ne peut vraiment dompter. le genre qui noie et qui agresse, qui observe les naufrages et qui coulent les amours. le genre détestable, amer et salé qui n'est beau qu'à distance.
« t'as jamais eu besoin de demander, matt. c'est pour ça qu'on est amis, non? » puis un sourire amer et ses lèvres rosées qui tirent sur sa cigarette, longtemps, avant qu'elle ne recrache quelques mots acides qui vont de paire avec la fumée : « je ne veux pas foutre le bordel. je veux juste comprendre pourquoi on m'a pris mon frère et on a tué ma meilleure amie. » puis elle se tourne vers lui, plus agacée que jamais. elle connaissait matt les yeux fermés : elle aurait pu, les paupières closes, prédire ses mots et ses gestes, décrire la couleur de ses yeux et ses petits tics qu'on ne remarque pas sans quelques mois d'entraînements. elle le connaissait parce qu'ils étaient amis, et parce qu'elle n'en avait pas des tonnes. mais maintenant? oh, maintenant. elle est face à un parfait inconnu, le sombre fantôme d'une ancienne connaissance: des années supplémentaires, des sourires plus durs, et le même foutu discours réchauffé auquel elle ne sait toujours pas répondre. « je ne veux pas foutre des bombes dans le métro et gueuler. je veux que quelqu'un se bouge et me donne les putains de réponses que j'attends depuis une éternité. je veux pouvoir dormir la nuit et arrêter de voir le cadavre de mary qui me demande ce qui se passe. mary tous les soirs qui pleuraient parce qu'on lui avait pris tout ce qui comptait. » elle reprend sa respiration, le regarde droit dans les yeux. elle a toujours cette mauvaise mine, la tornade sur le point de se déchaîner, quand elle a l'impression que quelque part, une injustice a été faite. puis elle esquisse un sourire, le genre lointain et mesquin qu'elle ne garde que pour les grandes occasions. le genre qui dit bien trop pour être accroché de la sorte - indécemment, sur les lèvres de la môme.
« je veux juste retrouver la paix. et je pense que quelques bombes pour faire bouger les choses, ce n'est pas cher payé. » et ça, elle le chuchote. ça glisse de ses lèvres comme un nuage grisâtre et les enveloppe tout doucement. comme un voile. elle ne lui avait jamais dit, jamais chuchoté, elle l'avait juste pensé de façon absente.

puis le cadavre de sa cigarette s'effondre sur le macadam et elle l'écrase, un peu violemment, du talon de sa chaussure avant de se tourner vers lui, silencieuse, les bras croisés sur la poitrine et l'air sauvage. « j'essaie pas de te convaincre de te battre, matt. tu le fais déjà. je voudrais juste que t'ais une raison de le faire. » tête penchée, sourire délicat, désolé. presque déjà battu. vachement, vachement fatigué.

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the mighty bush : technopathie : Depuis le grand retour, Matt peut contrôler les objets électroniques par la simple force de sa pensée. Il ne comprend pas exactement comment, ni pourquoi, mais il trouve ça bien utile, surtout lorsqu'il s'agit d'effacer des données compromettantes.
these streets : Dire que Matt ne sait rien est un euphémisme. En vérité, il se fiche un peu de ce qui est arrivé à Paris et, même s'il entend souvent parler de Lucifer & co dans son restaurant, il n'y prête pas la moindre attention.
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Sujet: Re: (m) do you miss me like i miss you? Mar 27 Déc - 17:36 ()

https://www.youtube.com/watch?v=TXaezgbE-Zg
so walk on by
i've got no reason to love you, but i do, i do, i do

Un champ de bataille s’est formé, entre Adèle et Matt. Lui, il a les yeux braqués sur les siens à chaque fois qu’elle ouvre la bouche pour l’écorcher. Elle, elle a le regard qui dévie et la voix qui s’efface. Leurs visages sont zébrés d’ombre et de lumière, comme s’ils cherchaient à se fondre dans le décor d’une ville qu’ils ne comprennent plus. C’est un combat à ciel ouvert. Les remarques sont brutales et font tomber les masques qu’ils se plaisent à porter. Matt et Adèle, ils ne parlent pas de leur douleur à voix haute. Pas ensemble, en tout cas. Ca reste un silence qu’ils n’arrivent pas à prononcer. Ils parlent avec des gestes. Ils se sont toujours dit qu’ils n’avaient pas besoin de mots pour se comprendre. C’est pas vrai, c’est plus vrai. Ils en ont besoin, des mots, là maintenant. Alors elle les lui dit.

Elle n’a pas la révolution dans les tripes. Elle a perdu. Elle a perdu comme lui, des gens à qui elle tenait. Et lui, il s’est barré. Elle s’est barrée aussi, remarquez. Mais c’est pas pareil. Parce qu’il aurait pu la rattraper et qu’ils auraient pu éviter l’explosion. Oui, mais voilà, elle lui a filé entre les doigts, et juste comme ça, elle n’était plus la personne à contacter en cas d’urgence. Adèle, un souvenir qui parle à voix haute et qui ouvre des plaies qu’il pensait définitivement refermées. Au jour le jour, il vivait en fuyant les conséquences de ce qu’il avait fait la veille. Hématomes et cicatrices, lueur à peine visible dans des yeux noirs, petit prince d’un royaume vide qui refuse de gouverner. Elle a raison. Il le sait.

Elle, elle lui livre les raisons de son engagement et il les prend, une à une. Son frère, qu’on lui a volé. Sa meilleure amie, qu’on a tué. Les réponses, qui n’arrivent pas, alors que les questions se multiplient. Les prières qui n’arrivent pas à destination. Les vœux qu’on fait, dans un murmure à peine perceptible. Alors on change de stratégie. Les murmures, on les transforme en cris. Et les prières, on les fabrique avec de la nitroglycérine. Lui, il est dos au mur et il n’a plus aucune issue. Parce qu’avec elle, ses mensonges et ses manœuvres, ça ne fonctionne pas. C’est comme ça, il ne peut rien lui cacher. Il essaye, pourtant, de se réfugier derrière un visage froid. Mais tout se décompose. Il a la même réaction qu’ont les animaux blessés. Il se défend. Ou plutôt, il se défendrait, s’il en avait la force. Mais de force, il n’en a plus, parce qu’il est fatigué de se battre avec elle. Ils sont amis. Sauf que les amis, ça reste. Alors, qu’est-ce qu’ils sont, au juste ? Aucune idée. Amis prisonniers d’une conversation inachevée, ils ont la rancœur au bout des lèvres. Regardez-les mener un combat perdu d’avance. Admirez la fatigue des mots qu’on recycle depuis trois ans. Contemplez-les, au milieu des particules en suspension qu’éclaire, ça et là, la lumière, ces deux gamins en quête de sens.

Le truc, c’est qu’il avait appris à faire sans Adèle. Et faire sans Adèle, c’était multiplier les conneries et les mauvaises fréquentations sans avoir peur de décevoir qui que ce soit. C’était n’avoir de compte à rendre à personne, pas même à lui. Elle avait raison, il le savait qu’elle avait raison. Elle essaye de l’aider, mais il a toujours la fierté du mec qui veut s’en sortir seul. Le mec qui se bat dans le vent, le mec qui n’a plus rien à perdre. Elle aussi, elle avait dû apprendre à faire sans lui. Sauf qu’elle s’en sortait mieux. Il faisait du sur place depuis trois ans. Quelque part, il l’enviait, d’avoir trouvé un but à sa douleur. Il l’enviait d’avoir un cap, parce que lui, il était à la dérive. Il était dans l’œil du cyclone, prisonnier de l’ouragan qu’il avait lui-même créé. Perdu.

Il y a quelques secondes de silence entre eux. Non, en vérité, il y a trois ans entre eux. Il y a elle, qui a avancé comme elle le pouvait. Et il y a lui, qui est tombé, Icare, au fond de l’océan. Il a beau courir pour rattraper le retard qu’il a accumulé, l’horizon est toujours aussi loin. Il fume. Il regarde ailleurs. Puis il les dit, les mots qu’elle attend, les mots qui libèrent. « J’suis désolé. » Ca y est, il ravale sa fierté. Il brandit le drapeau blanc. Il se rend. Il abandonne. Quelques secondes de silence, pour faire tomber les derniers remparts. « T’as raison. J’fais n’importe quoi. » Il a du mal à le reconnaître, qu’il a merdé, qu’il a changé. Il a du mal à l’admettre, que, peut-être, plus rien ne sera jamais pareil entre eux. S’il peut ravaler sa fierté, il ne peut pas se résoudre à la perdre. C’est au-dessus de ses forces. Il baisse les yeux. « Mais c’est dur, tu sais, de faire les bons choix quand t’es pas là. » Les bons choix, ça fait longtemps qu’il a arrêté d’y penser. Il se noie, mais il ne se débat plus. L’eau, elle s’est infiltrée dans ses poumons sans résistance. Adèle, c'est différent. Elle se tient droite et elle a le contrôle. Elle a l'air fatiguée, mais pas fatiguée de vivre. Fatiguée de lui, de l'esquiver et de le détester. Et, quand il la regarde, là, tout de suite, quand il braque son regard sur elle, il se dit que, peut-être, tout n'est pas perdu.  « Alors ouais, j’suis désolé. »







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