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Un accident d'avion, un trésor piégé et un équilibre mis à mal par l'arrivée de nouvelles forces dans le jeu d'ombres...
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the mighty bush : Persuasion, sifflant les horreurs pour mieux plier aux volontés. Utile pour glaner, récolter, insuffler de quelconques croyances et idées perfides. Indispensable pour entretenir un culte quelconque, être adulé, rendre captif les quidams égarés, les tenir en haleine par des persuasions de bien être.
Souffle de connaissances, voix infime qui s'infiltre, murmure quelques vérités et souvenirs, transmission d'éléments intentionnellement succincts, souvent incomplets, font travailler les esprits.
Profanation, bouffer le sacre en un festin exquis, dégueulant des relents infernaux dans les lieux saints afin de mieux les éteindre, entravant les anges dans la géhenne pour élever les suppôts démoniaques et leurs pouvoirs.
weapon : Connaissance accrue des cultes et autres magouilles, les phalanges habiles pour tracer les sceaux de Salomon et Enochien, ainsi qu'un cercle d'Hermès hostile. Relique biblique, bâton de Moïse changeant l'eau en ondine purpurine, première plaie d'Egypte assoifant par son cruor.
Allegeance : Loyauté apposée envers Dis et ses entrailles dégueulasses, ne croyant désormais plus en un Lucifer déchu au profit d'une Reine perfide, marchant dans l'ombre de Malphas.
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Sujet: noircir ce qui rayonne | Melgaphas Jeu 11 Oct 2018 - 18:49 ()
noircir ce qui rayonne
malphas & melgalath

« There's a look on your face I would like to knock out. See the sin in your grin and the shape of your mouth. All I want is to see you in terrible pain. »
Rouge. Il inonde, pare, tente de dominer, évince le gris pour son monochrome morbide. Cruor infâme, qui dégueule dans les atrocités. Fragrance âcre qui s'élève, embaume les naseaux. Chairs mortes. Antre des horreurs dans un sous sol égaré à l'abri des mirettes, d'une bâtisse abandonnée autrefois antre de délices aux crustacés en spécialité, éclairé par quelques flammes chaleureuses, en un campement hasardeux. Parodie ridicule de Dis et ses tourments incessants. Et il fait peut-être nuit, peut-être jour. Abstraction dominante où le monde externe ne fut plus que détail insignifiant. Des jours sont passés.

Les obsessions demeurent, prolifèrent, grandissent pour mieux bouffer. Aliénations. Il s'égare Culte, la gueule paumée dans une lubie crasse, oubliant l'univers, coupé du monde pour mieux étudier, enregistrer, glaner. Curiosité malsaine, poussé par un besoin plus que viscéral d'apposer les doigts sur la faille tant attendue, sur l'espoir terrible de parvenir à évincer. Qu'importe si l'impassibilité coutumière fut évincée, ravalée au profit d'une science qu'il fallut vérifier. Divinités immortelles. Il n'en eut jamais cru un mot.

Les ombres se mouvent, dans les danses flamboyantes de l'incandescence des lueurs. Elle git, la proie, du moins ce qu'il en reste. Mâle divinisé, ne sifflant que quelques râles malgré la langue arrachée, la carcasse captive au beau milieu d'un cercle d'hermès gravé à même le sol en quelques sillons, le carmin s'y gorgeant pour mieux en faire ressortir le tracé. D'humanoïde, il n'en eut plus grand chose, relégué au rang d'expérience morbide et nauséeuse. Abomination et petite chose infâme. Ô qu'il eut été malmené, pauvre impie qui serait presque pris en pitié, les divers outils du crime parant encore de leurs éclats éteint par l'ondine purpurine. Tout. Il eut tout testé Melgalath, de l'ablation de quelques membres superflus, aux brûlures, à l'étouffement, aux balles en divers métaux dans le poitrail, jusqu'à graver des insanités sur ses os, égaré dans un élan perfide de vouloir probablement un peu trop faire durer le plaisir, par pur mépris, avant d'essayer des méthodes radicalement plus délétères.

Crissement. Le métal glacé frôle le sol, menace. Elle est si belle l'épée, la poigne sertie de gemmes et d'ornements, espérant qu'elle fut détentrice d'un ultime coup. Tranchant fatal. Délicieuse utopie. Il dégueule, Culte, de son aura profane, de sa propre crasse qui en devint trop étouffante en cet espace étriqué, paré à bouffer l'autre après l'avoir dressé et fait plier. Il se déploie l'infâme, les iris abyssales et la gueule barbouillée d'un même cruor qui lui imbibe la chemise qui fut jadis immaculée. La lame se dresse. Fini de jouer. Le chef tombe, roule une seconde, laissant pisser les derniers relents carmin.

Alors il s'assied, Culte, les paumes autour de la poignée d'argent assassine. Et l'autre s'éteint, l'essence bouffée par le néant ou toute autre connerie semblable à un lieu persiflé par les quelques légendes qu'ils eurent inculqués. Il attend, Melgalath, peut-être des heures, il ne sait plus, pour être certain que la carcasse désarticulée n'émettent plus aucun signe de vie. Alors vint enfin le rictus, les babines fendues laissant échapper quelques ricanements aliénés. Victoire au goût particulièrement exquis. Aujourd'hui, un dieu est tombé. Pour de bon.
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the mighty bush : Discorde évidence de la semeuse de zizanie. Prestidigitation le talent de l'empêcheuse de tourner en rond Catalyseur la puissance de la maîtresse des conflits
weapon : Faux de la Mort, Dague du Paradis.
Allegeance : Nouvellement couronnée, Malphas entend rétablir l'ordre parmi les rangs démoniaques, avant que ses pulsions de Discorde ne la rattrapent. Dans ce nouveau Paris, terrassé par les révélations, le Jeu de l'Ombre est devenu une partie d'échec exaltante pour celle qui collecte les coups d'avance dans le seul espoir de voir le monde à genoux.
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Sujet: Re: noircir ce qui rayonne | Melgaphas Sam 13 Oct 2018 - 23:17 ()
Noircir ce qui rayonne
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La nuit est encore jeune et le visage habituellement serein froissé d'une inquiétude millénaire, pourtant niché dans le creux d'un livre qu'elle parcourt paresseusement. Un verre au contenu carmin entre les griffes, les jambes sagement ramenées contre son torse, Discorde s'accorde quelques instants d'une paix somme toute factice, ses sourcils froncés par dessus les pages d'un ouvrage qu'elle peine à déchiffrer, son grec ancien quelque peu perdu avec ses millénaires d'existence, éprouvant certaines difficultés à s'y retrouver dans les courbes du boustrophédon d'un autre temps qu'elle examine avec calme. L'objet en luimême est de belle facture, une couverture moderne en cuir recouvrant les reliques d'une époque lointaine qu'elle a fait dérober dans une grande librairie outreatlantique dans l'idée de faire un cadeau à un démon qui demeure sourd à ses appels. De vagues nouvelles, il y a des jours de cela, et depuis plus rien. Elle s'est tue, d'abord, le laissant à ses quêtes imaginaires et obsessionnelles, prenant le parti de lui faire confiance sur ses errances et ses découvertes... Puis elle a grondé, grogné, tenté d'appeler. Invoqué, même, et sans réponse de sa part. Elle se refuse, pourtant, à l'accuser d'un abandon qu'il n'aurait pas décidé de lui infliger quand bien même tout son être hurle une révolte capricieuse dans un silence de plomb. Il n'est pas là, Culte. Il ne répond pas.

Puis elle apparaît, soudain. Camelia, la truffe basse et le regard sombre. Un soupir s'évade des lèvres de la Reine tandis qu'elle dévisage Valère. « J'ai compris. », elle dit, la congédiant d'un geste de la main distrait. Elle sait.

*

La silhouette est enfermée dans un jean solide, un pull noir laissant apparaître ses épaules, une paire de bottes à ses pieds. Et elle a marché, à travers Paris et jusque dans des quartiers oubliés des humains. Elle a traqué son aura, son essence, la marque qu'il laisse partout où il va. Partout où il s'en va. Dans un claquement de talons, ses pas s'arrêtent face à la devanture bleu désuet d'un restaurant affichant une énorme langoustine sur son enseigne, éclairé par quelques néons qui reçoivent de l'électricité par elle ne sait quel miracle. Et elle est là, devant, s'échappant d'entre les portes branlantes aux vitres fissurées. La déchéance. Elle en connaît l'odeur et la saveur, la reconnaîtrait entre mille. Son museau se fronce, lentement, tandis qu'elle balance sa cigarette au sol d'un geste las, secouant la tête. « Voyons quelle lubie t'a encore frappée... »

Les portes grincent derrière elle, et ses pas résonnent dans l'immensité de la salle au mobilier fatigué, saccagé, qui jonche le sol. Elle se ballade, Malphas, au milieu de la laideur et de la poussière, promenant sa silhouette de danseuse dans une valse étrange dont elle seule connaît le secret, traverse les cuisines recouvertes de mousse, laisse ses doigts glisser contre un comptoir en inox usé. Culte et sa déchéance s'enfoncent davantage dans les tréfonds de ses narines, remontent les canaux olfactifs pour mieux lui défoncer la cervelle, l'embrumer de questions et d'inquiétudes diffuses qui la mènent jusqu'à une porte, une volée de marche qu'elle descend sans se presser pour finalement le trouver. Et son œuvre avec lui. Alors le monde entier se tait. Elle observe, Malphas. Les traces de sang, l'odeur de souffre, le goût de la souffrance qui monopolise le bout de sa langue et les membres exsangues qui tapissent le sol là où le sang s'étend en couverture pour le pauvre reste de carcasse qui trône en son centre. Massacré. Profané. Et lui. Lui recouvert d'hémoglobine, l'échine courbée, la silhouette immobile. Lui dont elle s'approche, lentement, pour s'agenouiller dans son dos, posant deux mains sur ses épaules et son nez à l'arrière de son crâne, inspirant doucement le reste de fragrance propre qu'il lui reste par delà les effluves de son tableau de maître. Les genoux échouent de chaque côté de ses hanches, s'approchant un peu plus pour ceindre son torse d'un bras, les lèvres à son oreille. « Qu'as-tu fait ? », elle souffle, raffermissant son emprise malgré tout. « Je me suis inquiétée. » Grondement chargé d'autorité, de menaces sous-jacentes qui ne craignent rien de ses humeurs délabrées. Et les accusations sont là, en deçà de la curiosité, en entrelacs d'impatience et de culpabilité, à mesure qu'elle s'accroche un peu plus, plante ses griffes qui transpercent le tissus et s'agrippent à la peau qui recouvre fièrement une côte. Oh, elle est contrariée, la Reine, les mâchoires crispées quand le timbre est tendre et velouté.

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Souffle de connaissances, voix infime qui s'infiltre, murmure quelques vérités et souvenirs, transmission d'éléments intentionnellement succincts, souvent incomplets, font travailler les esprits.
Profanation, bouffer le sacre en un festin exquis, dégueulant des relents infernaux dans les lieux saints afin de mieux les éteindre, entravant les anges dans la géhenne pour élever les suppôts démoniaques et leurs pouvoirs.
weapon : Connaissance accrue des cultes et autres magouilles, les phalanges habiles pour tracer les sceaux de Salomon et Enochien, ainsi qu'un cercle d'Hermès hostile. Relique biblique, bâton de Moïse changeant l'eau en ondine purpurine, première plaie d'Egypte assoifant par son cruor.
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Sujet: Re: noircir ce qui rayonne | Melgaphas Dim 14 Oct 2018 - 17:07 ()
noircir ce qui rayonne
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« There's a look on your face I would like to knock out. See the sin in your grin and the shape of your mouth. All I want is to see you in terrible pain. »
Il y a le goût ferreux de la victoire aux bords des labres, en quelques ricanements solitaires raisonnant entre les quatre murs, gagné par une euphorie au fil des trop longues minutes ou peut-être heures, tandis que l'autre, proie, demeure poupée désincarnée, désarticulée. La langue passe sur la tranche des crocs, en une satisfaction exquise. Il eut peut-être été trop loin Melgalath, dans ses excès et ses lubies délirantes, le grain ancré de vouloir tous les voir tomber et disparaître, de rendre un terrain de jeu qui ne fut plus le leur, à vouloir bouffer les fois bancales et devenues hasardeuses. Quitte à se faire barbare.

Elle apparaît, la bride infime et lointaine en approche, l'essence terrible qui s'infiltre dans ses zones de confort et sa crasse noirâtre encombrant la pièce. Un sourcil se dresse, l'échine se fondant dans l'autre qui s'immisce, s'impose, prend possession, à mi-chemin entre l'inquiétude crasse et le reproche, sentant qu'elle dégueulait de contrariété Malphas. Et il saisit, Culte, que le temps eut été trop rapide à filer, les jours devenus infimes sur toute une éternité endossée. La lame se pose sur le sol, le faciès s'écartant pour mieux lui laisser la gorge et un libre accès à sa carotide où se perdaient quelques palpitations sanguines.

« Les jours se sont écoulés plus vite que je ne le pensais. » Le souffle se perd en guise d'excuses, les babines rauques et trop sèches. « Tu es là trop tôt. » Qu'il grogne, Culte, contrarié d'être pris sur le fait, d'être ôté des effets de surprises et mises en scène coutumières, manie qui deviendrait obsessionnelle dans ses névroses et besoin de millimétrer. Désormais à des années lumière d'une prestance machinale, la carne recroquevillé, rougie, salie et la gueule ravagée par les quelques jours d'amusement, loin d'avoir pris le temps d'entretenir un tant soi peu une carcasse trop frêle et humanoïde, fatigue et faiblesses prédominante, apposées par le violacé de cernes sous les billes obsidiennes et un poil rugueux sur le menton. « Soit. » Soupir, sentant les griffes de l'autre se frayer un chemin jusqu'à la carne, tandis que les iris ravalent leurs ombres pour mieux trouver leur or éteint.

« Passons aux nouvelles réjouissantes. » La couenne s'échappe, déchire la proximité à peine trouvée en un vide trop profond, pour se relever, ravalant le fébrile pour mieux régner et capturer ses saphirs, hypnotiser. Les babines se fendent, carnassières, dégueulasses, la gueule rendue macabre par le contexte abominable. « Qu'est-ce que tu vois ? » Sifflement, laissant l'autre à ses théories, contempler une œuvre aussi abjecte et répugnante que magnifique. La lame retrouve une paume, rôdant une ultime fois, avant qu'elle n'empale un myocarde qui ne vibrait plus, transpirait déjà ses décompositions putrides à la fragrance de viande rance. « Je n'avais aucune information à en tirer, omis le taux de résistance. » Parce qu'il n'eut pas su grand chose, le dieu ignare et rendu captif, la langue agaçante qui ne faisait que babiller leurs soi-disant grandeur ou supériorités, tranchée trop vite par agacement. « Ils n'ont d'immortels que le nom, leurs carcasses ont des failles elles aussi. » Le murmure se perd, à la manière d'un secret encore trop honteux et capital qui ne put parvenir aux oreilles de n'importe quel quidam.
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Sujet: Re: noircir ce qui rayonne | Melgaphas Mar 16 Oct 2018 - 23:17 ()
Noircir ce qui rayonne
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De ceux qui rêvent du jugement dernier, la Garce ne veut rien savoir, tandis qu'elle dévisage en silence sa terrible moitié, le menton ancré à son épaule, le regard sombre. Culte l'invincible. Dégueulasse. Abîmé. Il est faible, peut-être, ou en déséquilibre sur le fil trop fragile de sa propre existence. Dyspnée. De le voir vaciller. De l'imaginer s'effondrer. Là. Devant elle. Alors elle resserre un peu l'étau de ses bras autour de sa carcasse branlante, gronde tout bas de l'entendre lui reprocher son arrivée trop prompte à son goût. Une main remonte en tarentule le long de son torse, le bras frôlant les côtes, pour mieux s'écorcher un doigt contre le rugueux d'une joue. Et elle s'empêche, Discorde, de planter ses griffes au diaphane de sa peau, de creuser le violacé de ses cernes du bout de l'ongle. Pour lui faire payer. Pour lui donner une leçon. Ses instincts protecteurs crucifiés à sa cage thoracique, la bestiole siffle et se redresse lorsque le gosse s'échappe et l'abandonne pour tenter d'afficher une superbe qui lui file entre les doigts.

« Passons aux nouvelles réjouissantes. » La gueule se penche sur le côté, doucement, observe l'autre comme elle contemplerait un animal blessé. Les yeux plissés. Les lèvres closes. Parce qu'elle n'est pas sure de vouloir savoir ce qui l'a poussé à se mettre dans cet état, lui habituellement si maniéré, rompu à un contrôle millimétré, au point de risquer d'y perdre le Nord. Elle sait, bien sûr, qu'il a ses ténèbres et ses faiblesse, les connaît trop bien d'avoir vogué trop près d'elle. Si souvent. Et elle a dû montrer les crocs, à de nombreuses reprises, pour le sortir de l'embarras de ses excès. Mais elles sont rares, terriblement rares, les fois où elle a eu le déplaisir de le voir dans cet état-là. La contrariété fige dans le marbre ses traits de poupée à mesure qu'elle le contemple se faire le metteur en scène d'une vaste mascarade. Fier, peut-être. Au bord de l'évanouissement, tout aussi certainement. « Qu'est-ce que tu vois ? » Ce qu'il reste de toi. Mais elle consent, la Garce, à participer un peu, daigne le lâcher des yeux un instant pour laisser ses prunelles survoler le massacre, s'accrocher ça et là à un bout de viscères ou un bras, un lobe du foie et – un peu plus loin – ce qui lui semble être une rotule. Les dessins qu'elle devine dans le sang, peinturluré pour la beauté du geste davantage que pour le sacré. Et les pas de Melgalath, autour de la carcasse, les mille et un pas qui ont été les siens, autour de son œuvre, tandis qu'il marmonnait dans sa barbe quelques théories qu'elle ne peut que raccrocher aux Dieux. Elle a vu, son regard, chaque fois qu'ils les ont évoqués. Mais elle n'a rien fait. Et l'autre se fait une brochette cardiaque d'un air nonchalant.

« Je n'avais aucune information à en tirer, omis le taux de résistance.
- Évidemment. », elle crache entre ses lèvres. Imaginant, déjà, l'enlèvement, la retraite dans ce curieux restaurant. Et les premières heures, perdues dans la violence, la résistance d'une créature divine qui n'a pas été construite pour la captivité. Et lui, l'autre, paumé à son délire, tout à son acharnement, trop fier pour invoquer, trop obsédé pour s'interroger. Et elle, quelque part dans Paris, à ne rien se douter de la guerre qu'il pourrait avoir déclenché en enlevant un dieu un peu trop vénéré. Au moins par les siens.  « Ils n'ont d'immortels que le nom, leurs carcasses ont des failles elles aussi. » Alors elle se retient de lui dire qu'elle s'en doutait et se contente d'observer en silence le spectacle. La réalité. Lui qui éclaire le monde lorsqu'elle doute et appose des certitudes sur ses questionnements. Lui qui la rassure dans ses vertiges millénaires et lui apporte la preuve de ce qu'ils pourront encore gagner cette guerre. Lui, avec sa gueule de damné, ses cernes creusés, ses joues mal rasées et son air hagard. Ses fringues sales. Ses cheveux anormalement négligés, presque gras. « Assez. » Un battement de cil et ses doigts qui s'accrochent à son épaule en serres impitoyables. « Assis. », elle dit, le poussant sans douceur ni violence dans le fauteuil qui vient d'apparaître dans son dos. Faute de meilleure idée, faute de savoir s'en amuser, c'est le chesterfield de sa chambre qui se retrouve île de confort dans l'océan d'hémoglobine. Et les griffes enserrent le menton, redressent le museau. Elle toise, la blonde, les mâchoires crispées et la prunelle accusatrice. Parce qu'elle n'aime pas, elle. Ça. Le voir ainsi. Ne supporte pas de le voir faiblir, même un peu, de crainte de le voir s'évaporer. Alors elle inspecte, vérifie la vivacité de la chose qui lui fait face. « Je suppose que tu es fier de toi ? » elle demande, un sourcil arqué, mauvais. « Tu peux. » Et de le relâcher, se détournant pour mieux croiser les bras sur sa poitrine, donner un coup de pied dans une vertèbre ou un bout de fémur. À ce stade, elle n'est plus très sûre de bien identifier tous les morceaux de la divinité sacrifiée. « C'est un bel exploit que de démontrer par preuve empirique qu'ils sont presque aussi limités que nous concernant leur hôte... De prouver que nous pouvons les vaincre. » Un silence, une seconde, un froncement de lèvres, moue songeuse et vaguement contrariée, tandis qu'elle s'attelle à ne plus le regarder. « Ou du moins les renvoyer d'où ils viennent. » C'est qu'elle a le souci de l'annihilation, la Connasse, du mal bien fait et des erreurs sans lendemain. Il a les traits hantés jusque dans le trépas, le décapité, la bouche qui semble encore frémissante des cris qu'elle a poussés. Un ongle se promène sur le front, suit la ligne du nez sans clore les paupières sur les orbes exorbitées, dessine la courbe d'une mâchoire dans une caresse hérétique. Et elle a de l'hémoglobine plein l'index lorsqu'elle se relève, le collant entre ses lèvres pour le suçoter d'un air songeur. « Merci. » qu'elle dit, commençant à chercher les fringues, les poches, les éléments d'identité nécessaires au ménage auquel il est en train de l'obliger. S'agenouillant et se relevant encore et encore à travers la pièce pour ramasser les indices en petit poucet d'une existence déjà terminée. Toujours occupée à L'ignorer. « Depuis quand est-ce que tu n'as pas bouffé ? » Elle a une idée, à l'odeur, du temps depuis lequel il ne s'est pas douché.

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Sujet: Re: noircir ce qui rayonne | Melgaphas Mer 17 Oct 2018 - 12:56 ()
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« There's a look on your face I would like to knock out. See the sin in your grin and the shape of your mouth. All I want is to see you in terrible pain. »
Elle pue, l'autre, le scepticisme et la méfiance, enregistrant d'avantage ses mirettes accusatrices plutôt qu'une quelconque once de folie victorieuse qu'il eut un tant soi peu espéré. Et il sait, Culte, se redressant un peu plus pour tenter de paraître, d'évincer le bancal non loin de la rupture pour s'imposer, bouffé par l'épuisement, n'ayant pourtant pas le culot de tenter de persuader, pas avec elle. Parce qu'elle le connait trop. Discorde devenue charognard avisée, les serres aiguisées prêtes à fondre sur une carcasse faiblarde. Contrariété qui s'immisce, s'implante, la mâchoire infiniment crispée, il détestait, Melgalath, étaler les faiblesses, d'avantage lorsqu'elles furent liées à la fragilité d'un hôte ô combien contraignant, l'égo entaché au même titre que sa gueule.  

Le fauteuil vint pourtant presque à point, reconnaissant l'objet qui l'eut accueilli à de trop nombreuses reprises, emprunté à une chambre, la carne s'y pliant, peut-être trop aisément sous l'impulsion, pour mieux épouser son moelleux cotonneux, le savourant à peine. Au même titre que les quelques éloges qui se glissent, dégueulant d'une fausse bienveillance. Félicitations amères. Reconnaissance crasse. Les sourcils demeurent froncés, soupçonnant quelques reproches de par les aliénations obsessives. « Mais? » Que les babines anticipent, enchainent, le rictus définitivement évincé. Parce qu'il y eut un "mais", une condition, un contrecoup, lisible et transpirant par son esquive calculée, suivant sa garce du regard sans même songer la relâcher, attendant qu'elle persifle la suite.

L'interrogation est éludée, esquivée pour quelques instants encore, bien que la réponse fut trop évidente. Il crevait de faim, Culte, d'avantage de soif, fébrile et ravalant ses vertiges. Parce que son œuvre ne fut pas simple au delà des excès, parce que l'autre, réduit à l'état de marionnette, eut été résistant avant de plier. Carnage guère enfantin, relevant d'avantage de l'exploit. Les griffes saisissent un poignet qui passe à proximité dans une tentative hasardeuse et ridicule de faire le ménage, capturant son attention, lui imposant une confrontation. L'échine demeure dans son trône en décalage avec le décors, peu désireuse de s'en détacher, quand bien même elle en serait encore capable. « Je m'en remettrai. » Promesse, transpirant l'assurance pour mieux rassurer. Il en fallut plus pour l'éradiquer, l'infâme, pour le renvoyer dans les tréfonds d'une Dis maternelle et rassurante, pour la laisser, elle, à ses solitudes et ses desseins terribles. « Ne me sous-estime pas. » Qu'il ricane amèrement, relâchant l'emprise après avoir embrasser distraitement le dos de sa main.

« Ne te fatigue pas à vouloir couvrir mes crasses. » Les babines soufflent, croisant les jambes pour mieux extirper une cigarette qui s'allume dans la gueule, gobant quelques vapeurs blafardes le temps d'une bouffée qui passait difficilement. Bâtonnet délétère qui finit par trouver le sol, lancé du haut du siège, épouse le tracé du sceau qui fut imprégné d'un alcool trop inflammable bien plus tôt, se mêlant à l'ondine purpurine. « J'ai pensé à tout. » Les flammes jaillissent, dégueulent, s'impose en une parodie d'Enfer entre quatre murs pour mieux bouffer les preuves et les réduire en cendres. Précautionneux, loin de vouloir être jugé comme déclencheur d'abominables hostilités et d'une guerre sanglante pour une expérience ô combien fructueuse. Il y eut toujours ce quelque chose de grisant, dans les incendies et l'incandescence qui danse, les iris fascinées.
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the mighty bush : Discorde évidence de la semeuse de zizanie. Prestidigitation le talent de l'empêcheuse de tourner en rond Catalyseur la puissance de la maîtresse des conflits
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Sujet: Re: noircir ce qui rayonne | Melgaphas Hier à 13:00 ()
Noircir ce qui rayonne
Nos existences en clair obscur


Mais il y a tellement de choses qu'elle pourrait lui reprocher, au flanc de son éclatante victoire. Presque ternie par le rouge qui le crasse, le noir qui l'écrase, la fatigue qui le contraint et l'affaiblit, quelque soit la façade qu'il affiche. Elle ne dit rien, pourtant, s'abandonne à ses recherches, ses automatismes. Et il y a des doigts qui se referment autour de son poignet. Stagnation, glaciale, avant de daigner se retourner, plantant à son regard deux prunelles dévorées par l'obscurité.  « Je m'en remettrai. » Ne me touche pas., manque-t-elle de feuler, trop sauvage, trop violente et trop énervée pour risquer de le voir s'écorcher à ses contours. Le reste n'est qu'un bourdonnement désagréable à ses oreilles contrariées, tandis qu'il la relâche et qu'elle s'évade, reprenant ses errances à travers le puzzle cadavérique de la divinité massacrée. Alors elle ne l'entend pas, lorsqu'il lui indique de ne pas se fatiguer, ne prête pas attention à lui, tandis qu'il allume sa cigarette. Il n'y a que les mots, les mots terribles et inconscients, qui sortent de sa bouche lorsqu'il déclare un incendie dans la pièce où il se trouve. « J'ai pensé à tout. » Et le sang de Discorde ne fait qu'un tour. Les flammes jaillissent, dégueulent de toute part dans un grondement animal, organique. Elle se redresse, la blonde, récupère d'un geste sec les quelques éléments amassés à travers la pièce, balancés en son centre pour plus de commodité. Et jette son butin contre le torse d'un Culte trop persuadé de son génie. « Tu as pensé à tout ? » elle lâche, cinglante, les traits crispés par la colère. « Tu crois que tu as pensé à tout, surtout. » Et peut-être qu'elle gueule, pour parler plus fort que l'incendie qui grésille dans tous les coins de la pièce, qui fait déjà geindre les murs, craquer le sol. Peut-être qu'elle se fait violence pour ne pas lui balancer ses griffes à la gorge, l'attraper par la nuque, le soumettre comme une bête. Ses réflexes les plus vils n'ont pas de place dans l'urgence disparate qui est la sienne. « D'abord, les dents d'un cadavre restent intactes même après un incendie. » Et elle se balade, enjambe les flammes en abandonnant l'espoir de préserver sa tenue des mauvaises idées de l'autre. « S'il y a des anges et même des démons dans la police, il y a forcément des dieux quelque part. » Elle avance, explique, retrouve le crâne déjà abîmé pour mieux le visualiser et l'emporter dans ses terribles sortilèges, disparu pour le commun des mortels, abandonné à un recoin discret de la planète dont elle seule a le secret. « Ensuite, il me semble que tu n'as pas pensé à informer ta reine de tes projets. » Le reproche n'a rien de voilé. L'inquiétude est palpable, visqueuse et perverse, mais l'offense ne s'arrête pas là, la marque jusque dans son règne, dans le système qu'elle entend construire et auquel il a juré de participer. Royauté bafouée, confiance griffée. Il sait, pourtant. Il sait comme le sujet est sensible, important, comme les démons ont commencé à s'organiser autour de la question divine. Mais Culte est intangible, d'une intelligence rare, persuadé d'avoir raison. Amoureux de la mise en scène, marionnette de ses obsessions. Il voulait vaincre pour mieux lui présenter le tableau parfait d'une victoire superbement acquise. Et elle le contemple avec de la déception en nuances des ténèbres qui lui dévorent le fond de l’œil. « Ne sois pas trop fier de ta bêtise. » Elle secoue du chef, contournant le fauteuil de cuir avant que l'incendie ne l'atteigne pour mieux poser une main sur le dossier, l'autre à la nuque du gosse. « Tu n'as pensé les choses qu'à moitié. » Ils disparaissent dans un soupir, un appel d'air, un souffle à peine expiré.

Et ça résonne, dans l'immense salle de bain, lorsqu'ils apparaissent et que le chesterfield retrouve son appartement, même dans la mauvaise pièce. Malphas ne dit rien, de prime abord, se dirigeant vers la baignoire pour en ouvrir le robinet, déverser une eau chaude et claire. Se tait davantage lorsqu'elle se tourne vers le meuble, ignorant son occupant pour récupérer les papiers et autres trésors sauvés des flammes, qu'elle emporte dans sa chambre, pièce adjacente, pour les abandonner à son bureau. Et elle revient, avant que Melgalath ait pu avoir eu la mauvaise idée de se lever, gardant ses lèvres closes pour ne pas continuer de l’accabler. Il est trop tard, elle le sait. Trop tard pour les cris, les hurlements, les reproches. Et il n'est pas en état de les supporter, pas assez en forme pour pouvoir encaisser tout ce qu'elle pourrait lui imposer. Ravalant les soupirs, gardant les crocs crispés, la reine rajoute à l'ondée quelques produits à l'odeur agréable avant de se tourner vers sa proie. Il n'y a plus de place au dialogue, quand tout dans sa posture et dans ses prunelles redevenues bleues lui hurle ses accusations silencieuses et ses déceptions viscérales. Alors elle se penche, l'aide à se lever, à ôter ses vêtements collés à la peau par le sang. L'accompagne jusqu'à la baignoire et disparaît si tôt qu'elle le sait installé pour reparaître, un peu après, avec une bouteille d'eau fraîche qu'elle dépose sur le rebord en faïence. Et elle ne dit toujours rien, la Reine, ravale ses colères, son écœurement, l'angoisse qu'il a osé instiller dans ses veines. Les bottes ravagées par le feu sont ôtées avec lassitude, de même que le pantalon, et bientôt le reste de la tenue, pour mieux enrouler son corps dans un kimono de soie rouge. Une couleur similaire aux fringues crasses et usées qui crèvent encore à ses pieds, qu'elle fait disparaître d'un geste de la main distrait. Et sa carcasse se coule au fond du trône de cuir qui accueillait la silhouette de l'autre une poignée de minutes plus tôt, s'y installe en silence, la tête haute et les jambes croisées. C'est qu'elle surveille, la Terrible, les yeux fixés au recoin de la baignoire pour ne pas avoir à le regarder, une partie de l'esprit occupée à le maudire quand l'autre réfléchit encore à ce qu'il faut retenir de ses excès, ce qu'il faut tirer de cette victoire aux aboutissements incomplets.

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the mighty bush : Persuasion, sifflant les horreurs pour mieux plier aux volontés. Utile pour glaner, récolter, insuffler de quelconques croyances et idées perfides. Indispensable pour entretenir un culte quelconque, être adulé, rendre captif les quidams égarés, les tenir en haleine par des persuasions de bien être.
Souffle de connaissances, voix infime qui s'infiltre, murmure quelques vérités et souvenirs, transmission d'éléments intentionnellement succincts, souvent incomplets, font travailler les esprits.
Profanation, bouffer le sacre en un festin exquis, dégueulant des relents infernaux dans les lieux saints afin de mieux les éteindre, entravant les anges dans la géhenne pour élever les suppôts démoniaques et leurs pouvoirs.
weapon : Connaissance accrue des cultes et autres magouilles, les phalanges habiles pour tracer les sceaux de Salomon et Enochien, ainsi qu'un cercle d'Hermès hostile. Relique biblique, bâton de Moïse changeant l'eau en ondine purpurine, première plaie d'Egypte assoifant par son cruor.
Allegeance : Loyauté apposée envers Dis et ses entrailles dégueulasses, ne croyant désormais plus en un Lucifer déchu au profit d'une Reine perfide, marchant dans l'ombre de Malphas.
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Sujet: Re: noircir ce qui rayonne | Melgaphas Aujourd'hui à 14:09 ()
noircir ce qui rayonne
malphas & melgalath

« There's a look on your face I would like to knock out. See the sin in your grin and the shape of your mouth. All I want is to see you in terrible pain. »
Ça grogne, bestiaux monstrueux aux babines relevées, se font réciproques de cet autre qui devint trop immersive, qui entacherait une œuvre millimétrée, prend de court, dégueule son mécontentement et ses reproches. Et il sait, Culte, qu'il eut mieux valut qu'elle reste le museau loin de ses aliénations, qu'elle ne contemple que la réussite terrible, la chute d'une tragédie grecque ô combien grandiose, tracée au préalable, avant qu'elle ne s'immisce, raye quelques lignes et l'épitaphe. Elle, terrible dans son trône, se dressant pour mieux régner, féline, et la tête cadavérique jetées à ses pieds, en trophée, en preuve, puis la carne prédatrices trop fière, dressée et évincée de ses excès. Gâchis. Terrible gâchis.

Contrariété jumelle, confrontant l'autre sans faillir, trop bien conscient qu'il ne fit pas le poids, Melgalath, l'humanité branlante, bouffée, d'avantage par un air qui se raréfie à cause d'un apothéose précipité, détestant le fait qu'elle le prit soudainement pour un môme incapable. Il bout, l'infâme, crevant d'envie d'ouvrir les labres, de persifler son venin, de gronder un peu plus fort, d'étendre d'avantage sa crasse profane. Et puis il y a l'épuisement, la faiblesse, la migraine fulgurante et les vertiges mordants prédisant le malaise et la rupture s'il venait à se déployer d'avantage, peu désireux de sur-enchérir, d'entrer dans des affrontements futiles. Alors vint la capitulation, pour l'instant, la laissant déambuler avant de disparaître en un battement de paupières.

Décors aux antipodes de l'antre étriquée des derniers jours, plissant les yeux aux lueurs jugées trop vives, l'iris bouffée par l'encre. Le mutisme demeure, suivant les gestes de l'autre, se dressant du siège dans une fébrilité amère, gagnant le cristallin de l'eau qui glane la crasse pour mieux prendre une teinte rosée. Il plonge, Culte, la gueule ravagée dans l'antre aqueuse pour mieux la nettoyer, retrouvant sa pâleur, remontant en un soupire qui s'échappe, prend une teinte de râle bienfaiteur, la carne prise d'un bien-être salvateur dans les vapeurs d'une onde chaleureuse. Les minutes filent, l'épuisement entachant la lourdeur imposée par Malphas qui rôde, épie, surveille détestablement, comme s'il allait filer. Comme s'il allait se briser.

« Tu le savais. » Qu'il siffle soudain, venimeux, le timbre rauque. Elle savait, Discorde. Qu'il eut traqué un dieu. Qu'il en eut capturé un entre les griffes, qu'il ne put pas le laisser filer après lui avoir fait dégueuler le contenu de sa cervelle par les lippes. Même s'il y eu une parfaite déraison, à pousser le vice, une obsession pernicieuse de mieux le bouffer sans quémander, laisser sa carcasse s'épuiser, trop plongé pour voir le temps filer. « Tu penses sérieusement que le relâcher après lui avoir retourné le cerveau et tiré toutes ses informations, ô combien inutiles, aurait été plus judicieux ? Il avait une langue à l'origine. Un mort ne parle pas. » Le griffes happent la bouteille d'ondine, la portant aux lippes, sifflant quelques gorgées aux apparences parcimonieuses, le feu de la soif apaisé au fil de l'écoulement.

« Ne mets pas le compte de mes actes sur les reproches de mon absence et de mon état. » Parce qu'il y eut de ça, le silence trop long, parce qu'il en serait probablement autrement si ça avait été un autre, s'il n'avait pas été lui, si elle n'avait pas vu sa gueule ravagée. Et l'air devient intenable, à se bouffer mutuellement à distance, alors qu'il rêve de se blottir entre ses côtes femelles pour mieux s'assoupir en un nid. Les paupières se ferment, une seconde, peut-être plus, peut-être trop, le faciès en arrière et la faïence en oreiller, adulant les ténèbres procurés.
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